"saison" poems
Voici que la saison décline,
L'ombre grandit, l'azur décroît,
Le vent fraîchit sur la colline,
L'oiseau frissonne, l'herbe a froid.
Août contre septembre lutte ;
L'océan n'a plus d'alcyon ;
Chaque jour perd une minute,
Chaque aurore pleure un rayon.
La mouche, comme prise au piège,
Est immobile à mon plafond ;
Et comme un blanc flocon de neige,
Petit à petit, l'été fond.
2.6k
Oh God … please …. NO!
**NO!
NO!
NO!**
The last **** thing that I need right now is that ******* manic depressive poet writing yet another painfully boring trip down
MISERY LANE
Oh …. How he loves his retrospective analysis.
Ok …. So you had it hard!
So what!
So ******* what!
You are not the only person on the ******* planet who had a **** upbringing.
Get over yourself!
You are beginning to bore your readers!
I honestly don’t think that I can bear any more self indulgent tales of abuse, segregation and bullying.
*It's just so
dernière saison.*
Nov 30, 2010
Nov 30, 2010 at 5:18 AM UTC
L’épicerie «Mozabite» d’Akbou
S’il y a un lieu dont je me souviens,
C’est de l’épicerie d’Akbou,
située dans la rue centrale.
J’y accompagnais mes parents,
et pénétrais dans cette échoppe
avec tous mes sens en éveil,
surtout pour humer les senteurs mêlées
des jarres d’olive et de piments rouges.
L’épicier était Mozabite,
avec des pantalons bouffants.
Le roi des commerçants du lieu,
car dans l’espace resserré
jamais rien ne vous y manquait
dans cet incroyable fatras
où le «Mozabite» faisait ses choix.
vous tirant toujours d’embarras.
Il y avait des tonneaux d’olives
vertes ou noires dans leur saumure
avec ce goût qu’elles ont : «là-bas.»
et puis ces senteurs mélangées
de menthe, paprika, cumin
des parfums de fleur d’oranger.
et à la belle saison des dattes
pendaient les «reines» : «Deglet Nour»
Parmi toutes ces friandises
Il en est deux qui pincent mon coeur
Cette galette ronde et si tendre
la «Kesra» plus tendre que le pain.
et les sacs remplis de semoules
qui sont la base du «Couscous» Kabyle
Alors que l’agneau est son prince
Merci à l’épicier d’Akbou
qui sut si bien aiguiser nos sens.
Paul d’Aubin (Paul Arrighi)
Toulouse - février 2014.
Feb 22, 2014
Feb 22, 2014 at 5:03 PM UTC
Notre ami, le Mouflon
Parfois ses cornes tire-bouchon e font ressembler le mâle à un faune farceur,
Peu haut sur pattes mais véloce, le Mouflon se révèle un remarquable Athlète bondissant de rochers en rochers,
Escaladant les rocs avec effronterie, il se rend parfois en été ou lorsque la nourriture se fait rare, au cœur des clairières et dans le creux des vals
Pour goûter avec gourmandise ces mets de choix que sont pour lui les baies, glands, faînes, châtaignes et surtout les mannes du frêne à fleurs,
Le Mouflon est, avant tout animal des cimes et des à-pics ; il est aimant de tous les lieux inaccessibles sans le secours de jumelles ou de téléobjectifs.
Pour Mouflons et Mouflonnes, la saison de l’amour est l’automne ce qui révèle un goût de seigneur,
Car la vêture des clairières est alors rougeoyante de beauté, à l’instar de tapis persans,
Le Mouflon ne serait-il pas animal sauvage certes mais romantique car il se plait à admirer l’encolure des Mouflonnes, qui s’harmonise si bien avec les couleurs automnales ;
Mais pour les Mouflons, le plaisir d’amour doit rester subtil et ne pas verser dans ces luttes meurtrières : l’ami Mouflon est un épicurien qui donne leçon de sagesse à tous les jaloux.
Le Mouflon fut longtemps, le maître des Montagnes et du maquis Corse qu'il ne partageait qu'avec l’aigle royal, les sangliers les plus hardis et quelques bandits ou patriotes traqués,
Mais trop chassé par certains Hommes, dépourvus de sagesse et à la gâchette trop faciles, il faillit disparaître de son île emblématique.
Aujourd'hui il revient de l'île sœur, la Sardaigne, mais reste encore plus caché dans quelques massifs impénétrables comme le «Monte Cinto» et les «aiguilles de Bavella».
C’est ainsi que la Corse retrouve l'un de ses plus beaux animaux dont le nom de ses enfants, "I Muvrini", a fait le tour des scènes du Monde pour magnifier son emblème et sa terre nourricière, la Corse.
Paul Arrighi
Mar 23, 2014
Mar 23, 2014 at 1:31 PM UTC
C'est le moment crépusculaire.
J'admire, assis sous un portail,
Ce reste de jour dont s'éclaire
La dernière heure du travail.
Dans les terres, de nuit baignées,
Je contemple, ému, les haillons
D'un vieillard qui jette à poignées
La moisson future aux sillons.
Sa haute silhouette noire
Domine les profonds labours.
On sent à quel point il doit croire
À la fuite utile des jours.
Il marche dans la plaine immense,
Va, vient, lance la graine au ****
Rouvre sa main, et recommence,
Et je médite, obscur témoin,
Pendant que, déployant ses voiles,
L'ombre, où se mêle une rumeur,
Semble élargir jusqu'aux étoiles
Le geste auguste du semeur.
1.4k
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle (*)
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l'un fut de la chapelle
Et l'autre s'y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au coeur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle
L'autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel
À le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle
Lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
Il coule il coule il se mêle
À la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle
La rose et le réséda.
* La France.
1.4k
If my memory serves, Satan dear
I once went to Hell for a year
Attempted in vain
To find love with Verlaine
And now that’s all done, I’m a seer!
Feb 4, 2016
Feb 4, 2016 at 3:15 PM UTC
Si d'un mort qui pourri repose
Nature engendre quelque chose,
Et si la generation
Se fait de la corruption,
Une vigne prendra naissance
De l'estomac et de la pance
Du bon Rabelais, qui boivoit
Tousjours ce pendant qu'il vivoit
La fosse de sa grande gueule
Eust plus beu de vin toute seule
(L'epuisant du nez en deus cous)
Qu'un porc ne hume de lait dous,
Qu'Iris de fleuves, ne qu'encore
De vagues le rivage more.
Jamais le Soleil ne l'a veu
s Tant fût-il matin, qu'il n'eut beu,
Et jamais au soir la nuit noire
Tant fut **** ne l'a veu sans boire.
Car, alteré, sans nul sejour
Le gallant boivoit nuit et jour.
Mais quand l'ardante Canicule
Ramenoit la saison qui brule,
Demi-nus se troussoit les bras,
Et se couchoit tout plat à bas
Sur la jonchée, entre les taces :
Et parmi des escuelles grasses
Sans nulle honte se touillant,
Alloit dans le vin barbouillant
Comme une grenouille en sa fange
Puis ivre chantoit la louange
De son ami le bon Bacus,
Comme sous lui furent vaincus
Les Thebains, et comme sa mere
Trop chaudement receut son pere,
Qui en lieu de faire cela
Las ! toute vive la brula.
Il chantoit la grande massue,
Et la jument de Gargantüe,
Son fils Panurge, et les païs
Des Papimanes ébaïs :
Et chantoit les Iles Hieres
Et frere Jan des autonnieres,
Et d'Episteme les combas :
Mais la mort qui ne boivoit pas
Tira le beuveur de ce monde,
Et ores le fait boire en l'onde
Qui fuit trouble dans le giron
Du large fleuve d'Acheron.
Or toi quiconques sois qui passes
Sur sa fosse repen des taces,
Repen du bril, et des flacons,
Des cervelas et des jambons,
Car si encor dessous la lame
Quelque sentiment a son ame,
Il les aime mieux que les Lis,
Tant soient ils fraichement cueillis.
1.3k
J'ai bien assez vécu, puisque dans mes douleurs
Je marche, sans trouver de bras qui me secourent,
Puisque je ris à peine aux enfants qui m'entourent,
Puisque je ne suis plus réjoui par les fleurs ;
Puisqu'au printemps, quand Dieu met la nature en fête,
J'assiste, esprit sans joie, à ce splendide amour ;
Puisque je suis à l'heure où l'homme fuit le jour,
Hélas ! et sent de tout la tristesse secrète ;
Puisque l'espoir serein dans mon âme est vaincu ;
Puisqu'en cette saison des parfums et des roses,
Ô ma fille ! j'aspire à l'ombre où tu reposes,
Puisque mon coeur est mort, j'ai bien assez vécu.
Je n'ai pas refusé ma tâche sur la terre.
Mon sillon ? Le voilà. Ma gerbe ? La voici.
J'ai vécu souriant, toujours plus adouci,
Debout, mais incliné du côté du mystère.
J'ai fait ce que j'ai pu ; j'ai servi, j'ai veillé,
Et j'ai vu bien souvent qu'on riait de ma peine.
Je me suis étonné d'être un objet de haine,
Ayant beaucoup souffert et beaucoup travaillé.
Dans ce bagne terrestre où ne s'ouvre aucune aile,
Sans me plaindre, saignant, et tombant sur les mains,
Morne, épuisé, raillé par les forçats humains,
J'ai porté mon chaînon de la chaîne éternelle.
Maintenant, mon regard ne s'ouvre qu'à demi ;
Je ne me tourne plus même quand on me nomme ;
Je suis plein de stupeur et d'ennui, comme un homme
Qui se lève avant l'aube et qui n'a pas dormi.
Je ne daigne plus même, en ma sombre paresse,
Répondre à l'envieux dont la bouche me nuit.
Ô Seigneur ! ouvrez-moi les portes de la nuit,
Afin que je m'en aille et que je disparaisse !
1.2k
Hourra, Hourra; élégie à notre automne chéri
Cher automne, tu es vraiment notre saison chérie,
tu portes la couleur dorée des pêches et des prunes,
avec quelques reflets des raisins de Moissac,
alors que les feuillages roux te font un tapis d’or.
Pendant que dame châtaigne crépite dans les feux.
Tu es la saison chère des amours romantiques,
et des êtres esseulés, chauffant leurs cœurs
à tes lumières tamisées, à tes tons délicats
et à tes vêtures de velours et de soie.
Automne, tu es Femme splendide qui le sait et en joue ;
de celles que dont l’on n’oublie jamais leurs chevelures rousses.
Cher automne, tu flamboies, partout où l’on te trouve,
des châtaigniers de Corse, aux eaux de la Volga.
Ta couleur préférée est le roux mordoré
avec quelques nuances de soleil flamboyant,
sans jamais oublier le marron des châtaignes.
Automne, tu es par excellence la saison d’intellectualité,
où poètes et penseurs trouvent l’inspiration,
propice à leurs créations et suscitant leurs rêves.
Tu nous tends le miroir de nos contemplations
rendant l’esprit aux vraies priorités, qui sont spirituelles.
Ton ciel devient tapisserie avant que le soir tombe,
tant soleil, nuages et lune jouent un ballet de feu.
Il reste en toi assez du bouillonnement de l’été
et des excès grandioses de la saison brûleuse,
peu à peu refroidie, par Eole qui pointe,
aux jours qui rétrécissent comme des larmes
Mais ce n’est qu’en fin d’automne que tes atours déclinent,
avec quelques journées d’une telle beauté,
que notre cœur se serre à devoir te laisser,
peu à peu t’engourdir dans ce linceul d’hiver,
d’où le printemps demain t’éveillera encor,
rêvant déjà de la venue de nouveaux beaux automnes.
Paul Arrighi
Oct 2, 2016
Oct 2, 2016 at 12:38 PM UTC
Fable V, Livre II.
Plus galant que sensé, Colin voulut jadis
Réunir dans son champ l'agréable à l'utile,
Et cultiver les fleurs au milieu des épis,
Rien n'était, à son gré, plus sage et plus facile.
Parmi les blés, dans la saison,
Il va donc semant à foison
Bluets, coquelicots, et mainte fleur pareille
Qu'on voit égayer nos guérets,
Quand Flore, en passant chez Cérès,
A laissé pencher sa corbeille.
Dans peu, se disait-il, que mon champ sera beau !
Avant l'ample récolte au moissonneur promise,
Que de bouquets pour Suzette, pour Lise,
Pour les fillettes du hameau !
Partant que de baisers ! oui, cadeau pour cadeau ;
Ou rien pour rien, c'est ma devise.
Le doux printemps paraît enfin :
Le bluet naît avec la rose.
En mai, le bonheur de Colin
Faisait envie à maint voisin ;
En août ce fut tout autre chose.
Tandis qu'il n'était pas d'endroits
Où la moisson ne fût certaine ;
Que les trésors de Beauce au **** doraient la plaine,
Et que le laboureur n'avait plus d'autre peine
Que celle de trouver ses greniers trop étroits ;
Trop **** désabusé de ses projets futiles,
D'un œil obscurci par les pleurs,
Colin, dans ses sillons stérilement fertiles,
Cherche en vain les épis étouffés sous les fleurs.
Vous qui dans ses travaux guidez la faible enfance,
Ceci vous regarde, je crois ;
Chez vous, on apprend à la fois
Le latin, la musique, et l'algèbre, et la danse.
C'est trop. Heureusement savons-nous, mes amis,
Que le Rollin du jour n'est pas de cet avis.
Enseigner moins, mais mieux, oui, tel est son système
Colin, vous dit-il sagement,
Ne cultivons que le froment,
Le bluet viendra de lui-même.
1.2k
The blind beggar plays
to the tune of the river,
a Parisian lullaby;
une ode à la Seine
to deliver.
Oh, quickened street,
oh, passing joy;
my concrete slab,
my Helen of Troy.
Please stay with me now,
my dear wine-soaked friend,
do not linger on beginnings;
nor focus upon
the end.
We’ll sing over coffee
just to welcome November,
a Parisian ensemble;
une chanson pour la saison,
dying ember.
Oh, rainy skies,
oh, painted prize;
my lucid dream,
set before my eyes.
Please stay with me now,
my idealised sight,
do not lend to compromise;
in these foreign streets
of no plight.
And the blind beggar still plays
that tune of the river,
a Parisian lullaby;
une ode à la Seine,
et chaleur pour l’hiver.
Oct 25, 2013
Oct 25, 2013 at 12:01 PM UTC
Le Poirier de la "Casalonga"
Il était long comme l'espoir,
Lové sur le mur de granit
Qu’il entourait de ses grands bras.
Il semblait un serpent narquois,
Et n'était certes pas très beau,
Mais, bien le meilleur des poiriers.
Quand venaient les jours de Juillet
Les poires commençaient à tomber,
D’abord, bien vertes de couleur ;
Puis, aux premières journées d'août,
Les tendres et jaunes à croquer
Comme de grandes plaines de blé.
L'on pouvait entendre tomber
Ses poires avec un bruit mat,
Qui pleuvaient drues, même la nuit
Et tapissaient le sol herbeux.
C'était la saison des gâteaux,
Des confitures et des compotes.
Les abeilles venaient butiner
Les poires qui jonchaient le sol
Et voletaient autour des mains
Des gourmets venant soupeser
Les plus fermes et les moins brisées.
Qui tombaient parfois de bien haut.
Cher Poirier, vaillant ouvrier,
Aux branches tant ployées de fruits
Que tu en paraissais voûté,
Tu nous donnais sans rechigner
Tant de poires, au parfum vanille
Bien plus que nous pouvions manger.
Paul Arrighi ( Corse /Corsica)
Aug 11, 2016
Aug 11, 2016 at 8:20 AM UTC
Je ne sens plus le poids du temps ; le vol de l'heure
D'une aile égale et douce en s'écoulant m'effleure ;
Je voudrais chaque soir que le jour avancé
Fût encore au matin à peine commencé ;
Ou plutôt que le jour naisse ou meurt dans l'ombre,
Que le ciel du vallon soit rayonnant ou sombre,
Que l'alouette chante ou non à mon réveil.
Mon cœur ne dépend plus d'un rayon de soleil,
De la saison qui fuit, du nuage qui passe ;
Son bonheur est en lui ; toute heure, toute place.
Toute saison, tout ciel, sont bons quand on est deux ;
Qu'importe aux cœurs unis ce qui change autour d'eux ?
L'un à l'autre ils se font leur temps, leur ciel, leur monde ;
L'heure qui fuit revient plus pleine et plus féconde,
Leur cœur intarissable, et l'un à l'autre ouvert,
Leur est un firmament qui n'est jamais couvert.
Ils y plongent sans ombre, ils y lisent sans voile.
Un horizon nouveau sans cesse s'y dévoile ;
Du mot de chaque ami le retentissement
Éveille au sein de l'autre un même sentiment ;
La parole dont l'un révèle sa pensée
Sur les lèvres de l'autre est déjà commencée ;
Le geste aide le mot, l'œil explique le cœur,
L'âme coule toujours et n'a plus de langueur ;
D'un univers nouveau l'impression commune
Vibre à la fois, s'y fond, et ne fait bientôt qu'une ;
Dans cet autre soi-même, où tout va retentir,
On se regarde vivre, on s'écoute sentir ;
En laissant échapper sa pensée ingénue,
On s'explique, on se crée une langue inconnue ;
En entendant le mot que l'on cherchait en soi,
On se comprend soi-même, on rêve, on dit : c'est moi !
Dans sa vivante image on trouve son emblème,
On admire le monde à travers ce qu'on aime ;
Et la vie appuyée, appuyant tour à tour,
Est un fardeau sacré qu'on porte avec amour !
De la Grotte, 20 septembre 1793.
1.1k
Parlons du charme pittoresque de l’automne
Des cloches de l’Angélus qui carillonnent
Des fleurs autrefois jolies et fortes, sur le gazon
Oh ! Automne, tu es une très belle saison!
Parlons des pétales et sépales tombés du ciel
Où les arbres sont médusés et presque dévêtus
Et les oiseaux stupéfaits sont tombés des nues
Oh ! Automne, j’aime ton sourire doux et naturel.
La saison de l’automne a un charme sensationnel
Une fraîcheur tiède et confortable et un ton solennel
C’est l’or du soir qui tombe toute la sainte journée.
Ce sont les feuilles et fleurs multicolores sur le tapis
Oh ! Automne, tu nous donnes beaucoup à imaginer
Et nous montres comment mirer des moments polis.
P.S. Ce poème est dédié à Victor Hugo.
Copyright © Octobre 2024, Hébert Logerie, Tous droits réservés.
Hébert Logerie est l’auteur de nombreux recueils de poésie.
Oct 28, 2024
Oct 28, 2024 at 3:36 PM UTC
Hier, c’était ton anniversaire de naissance
Par contre, ta journée était surchargée par inadvertance
Cependant, je suis allé au jardin
De mon cœur ce beau matin
Où j’ai cueilli une rose invisible qui pourrait t’apporter :
Bonheur, joie, santé, humeur et un printemps prématuré.
J’ai rasé ma barbe et moustache pour te plaire
De tout mon cœur, je te souhaite un heureux anniversaire
Oh ! Je voudrais te charmer jusqu’à la tombée de la nuit
Quand l’arc-en-ciel aura franchi l’orifice inouï
Vers un autre horizon, pour une autre saison
Veuilles accueillir cette rose, ce poème, cette chanson.
P.S. : Ce poème est dédié à une chère amie.
Translation in French of 'An Invisible Rose For Your Birthday'.
Copyright © Août 2025 Hébert Logerie, Tous droits réservés.
Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs recueils de poésie.
Aug 6, 2025
Aug 6, 2025 at 6:49 PM UTC
J'ay varié ma vie en devidant la trame
Que Clothon me filoit entre malade et sain,
Maintenant la santé se logeoit en mon sein,
Tantost la maladie extreme fleau de l'ame.
La goutte ja vieillard me bourrela les veines,
Les muscles et les nerfs, execrable douleur,
Montrant en cent façons par cent diverses peines
Que l'homme n'est sinon le subject de malheur.
L'un meurt en son printemps, l'autre attend la vieillesse,
Le trespas est tout un, les accidens divers :
Le vray tresor de l'homme est la verte jeunesse,
Le reste de nos ans ne sont que des hivers.
Pour long temps conserver telle richesse entiere
Ne force ta nature, ains ensuy la raison,
Fuy l'amour et le vin, des vices la matiere,
Grand loyer t'en demeure en la vieille saison.
La jeunesse des Dieux aux hommes n'est donnee
Pour gouspiller sa fleur, ainsi qu'on void fanir
La rose par le chauld, ainsi mal gouvernee
La jeunesse s'enfuit sans jamais revenir.
933
Il fait du soleil
Il pleut, il tonne
C’est l’automne
Du réveil au sommeil.
Les feuilles sont sèches et passives
Et les fleurs mortes et inactives
Plus **** c’est la neige
Les voisins de l’auberge
Voient passer les cerfs
Toute la sainte journée
Et pendant toute la soirée
On sent changer les nerfs
Pour accueillir la nouvelle saison
Où l’on est **** de la moisson.
On peut entendre de très ****
Le vent qui fredonne dans les foins
Les vibrations ne sont pas monotones
Puisque les colibris des mornes
Font sentir leur présence spectaculaire
Et les poètes aux jardins imaginaires
Décrivent tout ce qui se passe
Dans la contrée où la masse
Demeure insensible et ignorante
Et où les élus corrompus se vantent.
Il fait du soleil
Il pleut, il tonne
C’est l’automne
Du réveil au sommeil.
P.S. Traduction de ‘ The Ancient Canticles Of Autumn’.
Copyright © Novembre 2024, Hébert Logerie, Tous droits réservés
Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs livres de poésie.
Nov 24, 2024
Nov 24, 2024 at 10:44 PM UTC
Le navire est venu à cheval, à une heure inexacte
Notre frère-matelot, du Panthéon des Poètes, était à son bord
Jean Pierre Basilic Dantor Frankétienne D’argent
Qui écrivait, à la hâte, le dernier acte
Se trouvait par hasard, miraculeusement sur le port
Il est monté, il est parti sans parler, sans argent
Sans ses chefs d’œuvre, sans une petite maison
C’est la vie, on part à toute saison.
Kalfou te kindeng miwo, miba ye.
Franckétienne n’est pas disparu
Il est quelque part, à Ravine-Sèche, dans les rues
Son inspiration est dans ‘l’émission le Point’
Nous n’avons pas d’autres choix que de prendre soin
De sa mémoire, de son invention et de son imagination
Franckétienne était un génie Haïtien, poète, dramaturge, spiraliste
Ministre de la culture, faiseur de mots, chanteur, peintre et artiste
Son nom était une longue phrase
Et ses paroles faisaient rire jusqu'à l’extase.
Kalfou te kindeng miwo, miba ye.
De son vivant, il n’avait pas obtenu sa petite maison
C’était un génie légendaire qui a défié l’imagination
La dictature, l’ordinaire, l’inordinaire et l’abstraction
En devenant un mapou, un baobab. Dirait Wendell
Quel potomitan! Quelle cathédrale! Quelle citadelle!
Pour paraphraser le fils du directeur de Mac Donald
« S’il arrive que tu tombes, apprends vite à chevaucher
Ta chute, que ta chute devienne un cheval, ton cheval
Pour continuer le voyage », la randonnée.
Kalfou te kindeng miwo, miba ye.
« Chaque minute compte après cinquante ans »
Disait Franckétienne, puisqu’on peut partir
A n’importe quelle heure, à n’importe quel instant
‘Galaxie plomb gaillé’, pas trop **** du nadir
Une trace invisible sur la tète à la Valentino ou à la Tino Rossi
Frankétienne s’en est allé, l’artiste est parti
Il demeure plus que jamais un Être nouveau
Le géant, l’écrivain, le comédien, le créateur des mots
Est habillé en bretelle comme un gros blanc nègre
Pas comme un monstre de Dr. Frankenstein. Comme une pègre
Le navire est venu à cheval, c’est la mort
Qui nous menace comme si nous avions tort
Nous pleurons maintenant comme la mère
Pour cet octogénaire avancé, pour ce prince de lumière.
Kalfou te kindeng miwo, miba ye.
P.S. Un Hommage à Franckétienne et famille, à Wendell Théodore
Et compagnie, à Radio Métropole et à tous les Haïtiens conséquents.
J’offre mes sincères condoléances à tous. Sit ei terra levis!
Copyright © Février 2025, Hébert Logerie, Tous droits réservés
Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs recueils de poésie.
Feb 24, 2025
Feb 24, 2025 at 7:38 AM UTC
J'adore le mois de février,
Le mois le plus court et le plus froid de la saison,
Pour toute une série d’étranges raisons.
Et pourtant, on a l'impression que février est le mois le plus long,
Pour les événements qui se produisent au hasard,
Au milieu des tempêtes perfides et hivernales
Presque tout est gelé et solide près de la nichée
Des aigles américains à tête blanche,
Sauf les masques de Mardi Gras sous les planches.
Février est la saison de l'amour,
Le mois de la Saint Valentin,
Une crique paradisiaque par excellence,
Où les amoureux se réfugient. Pur, immaculé,
Neigeux, court, sombre et charmant ; Février est
Maintenant le mois de célébration de l'histoire des Noirs,
On se demande comment et pourquoi
Nous obtenons le plus court. C'est une autre histoire
Que nous devrions laisser aux mouettes nomades
Pour déchiffrer. Pas de baigneurs sur les plages de sable,
Sauf quelques oiseaux perchés sur les pauvres branches,
**** des berceaux des pygargues à tête blanche.
Février est un mois de contraste kaléidoscopique,
Là où les chutes de neige se produisent d’une façon typique,
Et où les amoureux fous rêvent de chaleur sous un paradis
Plein d’espoir, d’amour, de beauté, de glace et de pluie.
Copyright © Janvier 2022, Hébert Logerie, Tous droits réservés.
Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs recueils de poèmes.
Feb 4, 2025
Feb 4, 2025 at 1:00 AM UTC
I.
Le nez rouge, la face blême,
Sur un pupitre de glaçons,
L'Hiver exécute son thème
Dans le quatuor des saisons.
Il chante d'une voix peu sûre
Des airs vieillots et chevrotants ;
Son pied glacé bat la mesure
Et la semelle en même temps ;
Et comme Haendel, dont la perruque
Perdait sa farine en tremblant,
Il fait envoler de sa nuque
La neige qui la poudre à blanc.
II.
Dans le bassin des Tuileries,
Le cygne s'est pris en nageant,
Et les arbres, comme aux féeries,
Sont en filigrane d'argent.
Les vases ont des fleurs de givre,
Sous la charmille aux blancs réseaux ;
Et sur la neige on voit se suivre
Les pas étoilés des oiseaux.
Au piédestal où, court-vêtue,
Vénus coudoyait Phocion,
L'Hiver a posé pour statue
La Frileuse de Clodion.
III.
Les femmes passent sous les arbres
En martre, hermine et menu-vair,
Et les déesses, frileux marbres,
Ont pris aussi l'habit d'hiver.
La Vénus Anadyomène
Est en pelisse à capuchon ;
Flore, que la brise malmène,
Plonge ses mains dans son manchon.
Et pour la saison, les bergères
De Coysevox et de Coustou,
Trouvant leurs écharpes légères,
Ont des boas autour du cou.
IV.
Sur la mode Parisienne
Le Nord pose ses manteaux lourds,
Comme sur une Athénienne
Un Scythe étendrait sa peau d'ours.
Partout se mélange aux parures
Dont Palmyre habille l'Hiver,
Le faste russe des fourrures
Que parfume le vétyver.
Et le Plaisir rit dans l'alcôve
Quand, au milieu des Amours nus,
Des poils roux d'une bête fauve
Sort le torse blanc de Vénus.
V.
Sous le voile qui vous protège,
Défiant les regards jaloux,
Si vous sortez par cette neige,
Redoutez vos pieds andalous ;
La neige saisit comme un moule
L'empreinte de ce pied mignon
Qui, sur le tapis blanc qu'il foule,
Signe, à chaque pas, votre nom.
Ainsi guidé, l'époux morose
Peut parvenir au nid caché
Où, de froid la joue encor rose,
A l'Amour s'enlace Psyché.
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Les marronniers de la terrasse
Vont bientôt fleurir, à Saint-Jean,
La villa d'où la vue embrasse
Tant de monts bleus coiffés d'argent.
La feuille, hier encor pliée
Dans son étroit corset d'hiver,
Met sur la branche déliée
Les premières touches de vert.
Mais en vain le soleil excite
La sève des rameaux trop lents ;
La fleur retardataire hésite
A faire voir ses thyrses blancs.
Pourtant le pêcher est tout rose,
Comme un désir de la pudeur,
Et le pommier, que l'aube arrose,
S'épanouit dans sa candeur.
La véronique s'aventure
Près des boutons d'or dans les prés,
Les caresses de la nature
Hâtent les germes rassurés.
Il me faut retourner encore
Au cercle d'enfer où je vis ;
Marronniers, pressez-vous d'éclore
Et d'éblouir mes yeux ravis.
Vous pouvez sortir pour la fête
Vos girandoles sans péril,
Un ciel bleu luit sur votre faîte
Et déjà mai talonne avril.
Par pitié, donnez cette joie
Au poète dans ses douleurs,
Qu'avant de s'en aller, il voie
Vos feux d'artifice de fleurs.
Grands marronniers de la terrasse,
Si fiers de vos splendeurs d'été,
Montrez-vous à moi dans la grâce
Qui précède votre beauté.
Je connais vos riches livrées,
Quand octobre, ouvrant son essor,
Vous met des tuniques pourprées,
Vous pose des couronnes d'or.
Je vous ai vus, blanches ramées,
Pareils aux dessins que le froid
Aux vitres d'argent étamées
Trace, la nuit, avec son doigt.
Je sais tous vos aspects superbes,
Arbres géants, vieux marronniers,
Mais j'ignore vos fraîches gerbes
Et vos arômes printaniers.
Adieu, je pars lassé d'attendre ;
Gardez vos bouquets éclatants !
Une autre fleur suave et tendre,
Seule à mes yeux fait le printemps.
Que mai remporte sa corbeille !
Il me suffit de cette fleur ;
Toujours pour l'âme et pour l'abeille
Elle a du miel pur dans le coeur.
Par le ciel d'azur ou de brume
Par la chaude ou froide saison,
Elle sourit, charme et parfume,
Violette de la maison !
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thursday, july 21th 2016
Le même endroit, la même saison
Le même regard, la même passion
Je me demande comment tu fais
Pour réveiller des sentiments oubliés
Cet envoûtement est peut-être propre aux soirées d'été
Je pense plutôt qu'il faut t'accuser
Il s'est produit quelque chose de beau, de lent
D'immatériel et de sincère apparemment
Tes iris paraissent neutres et insensibles,
Moi j'y lis toute l'attention possible
Que tu voues au Monde et à l'univers
En espérant en faire partie, moi, ta prisonnière
Sep 23, 2017
Sep 23, 2017 at 2:02 PM UTC
S'il est un charmant gazon
Que le ciel arrose,
Où brille en toute saison
Quelque fleur éclose,
Où l'on cueille à pleine main
Lys, chèvrefeuille et jasmin,
J'en veux faire le chemin
Où ton pied se pose !
S'il est un sein bien aimant
Dont l'honneur dispose,
Dont le ferme dévouement
N'ait rien de morose,
Si toujours ce noble sein
Bat pour un digne dessein,
J'en veux faire le coussin
Où ton front se pose !
S'il est un rêve d'amour
Parfumé de rose,
Où l'on trouve chaque jour
Quelque douce chose,
Un rêve que Dieu bénit,
Où l'âme à l'âme s'unit,
Oh ! j'en veux faire le nid
Où ton cœur se pose !
Le 18 février 1834.
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