Submit your work, meet writers and drop the ads. Become a member
À Monsieur Théodore de Banville.

I

Ainsi, toujours, vers l'azur noir
Où tremble la mer des topazes,
Fonctionneront dans ton soir
Les Lys, ces clystères d'extases !

À notre époque de sagous,
Quand les Plantes sont travailleuses,
Le Lys boira les bleus dégoûts
Dans tes Proses religieuses !

- Le lys de monsieur de Kerdrel,
Le Sonnet de mil huit cent trente,
Le Lys qu'on donne au Ménestrel
Avec l'oeillet et l'amarante !

Des lys ! Des lys ! On n'en voit pas !
Et dans ton Vers, tel que les manches
Des Pécheresses aux doux pas,
Toujours frissonnent ces fleurs blanches !

Toujours, Cher, quand tu prends un bain,
Ta chemise aux aisselles blondes
Se gonfle aux brises du matin
Sur les myosotis immondes !

L'amour ne passe à tes octrois
Que les Lilas, - ô balançoires !
Et les Violettes du Bois,
Crachats sucrés des Nymphes noires !...

II

Ô Poètes, quand vous auriez
Les Roses, les Roses soufflées,
Rouges sur tiges de lauriers,
Et de mille octaves enflées !

Quand Banville en ferait neiger,
Sanguinolentes, tournoyantes,
Pochant l'oeil fou de l'étranger
Aux lectures mal bienveillantes !

De vos forêts et de vos prés,
Ô très paisibles photographes !
La Flore est diverse à peu près
Comme des bouchons de carafes !

Toujours les végétaux Français,
Hargneux, phtisiques, ridicules,
Où le ventre des chiens bassets
Navigue en paix, aux crépuscules ;

Toujours, après d'affreux dessins
De Lotos bleus ou d'Hélianthes,
Estampes roses, sujets saints
Pour de jeunes communiantes !

L'Ode Açoka cadre avec la
Strophe en fenêtre de lorette ;
Et de lourds papillons d'éclat
Fientent sur la Pâquerette.

Vieilles verdures, vieux galons !
Ô croquignoles végétales !
Fleurs fantasques des vieux Salons !
- Aux hannetons, pas aux crotales,

Ces poupards végétaux en pleurs
Que Grandville eût mis aux lisières,
Et qu'allaitèrent de couleurs
De méchants astres à visières !

Oui, vos bavures de pipeaux
Font de précieuses glucoses !
- Tas d'oeufs frits dans de vieux chapeaux,
Lys, Açokas, Lilas et Roses !...

III

Ô blanc Chasseur, qui cours sans bas
À travers le Pâtis panique,
Ne peux-tu pas, ne dois-tu pas
Connaître un peu ta botanique ?

Tu ferais succéder, je crains,
Aux Grillons roux les Cantharides,
L'or des Rios au bleu des Rhins, -
Bref, aux Norwèges les Florides :

Mais, Cher, l'Art n'est plus, maintenant,
- C'est la vérité, - de permettre
À l'Eucalyptus étonnant
Des constrictors d'un hexamètre ;

Là !... Comme si les Acajous
Ne servaient, même en nos Guyanes,
Qu'aux cascades des sapajous,
Au lourd délire des lianes !

- En somme, une Fleur, Romarin
Ou Lys, vive ou morte, vaut-elle
Un excrément d'oiseau marin ?
Vaut-elle un seul pleur de chandelle ?

- Et j'ai dit ce que je voulais !
Toi, même assis là-bas, dans une
Cabane de bambous, - volets
Clos, tentures de perse brune, -

Tu torcherais des floraisons
Dignes d'Oises extravagantes !...
- Poète ! ce sont des raisons
Non moins risibles qu'arrogantes !...

IV

Dis, non les pampas printaniers
Noirs d'épouvantables révoltes,
Mais les tabacs, les cotonniers !
Dis les exotiques récoltes !

Dis, front blanc que Phébus tanna,
De combien de dollars se rente
Pedro Velasquez, Habana ;
Incague la mer de Sorrente

Où vont les Cygnes par milliers ;
Que tes strophes soient des réclames
Pour l'abatis des mangliers
Fouillés des Hydres et des lames !

Ton quatrain plonge aux bois sanglants
Et revient proposer aux Hommes
Divers sujets de sucres blancs,
De pectoraires et de gommes !

Sachons parToi si les blondeurs
Des Pics neigeux, vers les Tropiques,
Sont ou des insectes pondeurs
Ou des lichens microscopiques !

Trouve, ô Chasseur, nous le voulons,
Quelques garances parfumées
Que la Nature en pantalons
Fasse éclore ! - pour nos Armées !

Trouve, aux abords du Bois qui dort,
Les fleurs, pareilles à des mufles,
D'où bavent des pommades d'or
Sur les cheveux sombres des Buffles !

Trouve, aux prés fous, où sur le Bleu
Tremble l'argent des pubescences,
Des calices pleins d'Oeufs de feu
Qui cuisent parmi les essences !

Trouve des Chardons cotonneux
Dont dix ânes aux yeux de braises
Travaillent à filer les noeuds !
Trouve des Fleurs qui soient des chaises !

Oui, trouve au coeur des noirs filons
Des fleurs presque pierres, - fameuses ! -
Qui vers leurs durs ovaires blonds
Aient des amygdales gemmeuses !

Sers-nous, ô Farceur, tu le peux,
Sur un plat de vermeil splendide
Des ragoûts de Lys sirupeux
Mordant nos cuillers Alfénide !

V

Quelqu'un dira le grand Amour,
Voleur des sombres Indulgences :
Mais ni Renan, ni le chat Murr
N'ont vu les Bleus Thyrses immenses !

Toi, fais jouer dans nos torpeurs,
Par les parfums les hystéries ;
Exalte-nous vers les candeurs
Plus candides que les Maries...

Commerçant ! colon ! médium !
Ta Rime sourdra, rose ou blanche,
Comme un rayon de sodium,
Comme un caoutchouc qui s'épanche !

De tes noirs Poèmes, - Jongleur !
Blancs, verts, et rouges dioptriques,
Que s'évadent d'étranges fleurs
Et des papillons électriques !

Voilà ! c'est le Siècle d'enfer !
Et les poteaux télégraphiques
Vont orner, - lyre aux chants de fer,
Tes omoplates magnifiques !

Surtout, rime une version
Sur le mal des pommes de terre !
- Et, pour la composition
De poèmes pleins de mystère

Qu'on doive lire de Tréguier
À Paramaribo, rachète
Des Tomes de Monsieur Figuier,
- Illustrés ! - chez Monsieur Hachette !
À Monsieur Théodore de Banville.

I

Ainsi, toujours, vers l'azur noir
Où tremble la mer des topazes,
Fonctionneront dans ton soir
Les Lys, ces clystères d'extases !

À notre époque de sagous,
Quand les Plantes sont travailleuses,
Le Lys boira les bleus dégoûts
Dans tes Proses religieuses !

- Le lys de monsieur de Kerdrel,
Le Sonnet de mil huit cent trente,
Le Lys qu'on donne au Ménestrel
Avec l'oeillet et l'amarante !

Des lys ! Des lys ! On n'en voit pas !
Et dans ton Vers, tel que les manches
Des Pécheresses aux doux pas,
Toujours frissonnent ces fleurs blanches !

Toujours, Cher, quand tu prends un bain,
Ta chemise aux aisselles blondes
Se gonfle aux brises du matin
Sur les myosotis immondes !

L'amour ne passe à tes octrois
Que les Lilas, - ô balançoires !
Et les Violettes du Bois,
Crachats sucrés des Nymphes noires !...

II

Ô Poètes, quand vous auriez
Les Roses, les Roses soufflées,
Rouges sur tiges de lauriers,
Et de mille octaves enflées !

Quand Banville en ferait neiger,
Sanguinolentes, tournoyantes,
Pochant l'oeil fou de l'étranger
Aux lectures mal bienveillantes !

De vos forêts et de vos prés,
Ô très paisibles photographes !
La Flore est diverse à peu près
Comme des bouchons de carafes !

Toujours les végétaux Français,
Hargneux, phtisiques, ridicules,
Où le ventre des chiens bassets
Navigue en paix, aux crépuscules ;

Toujours, après d'affreux dessins
De Lotos bleus ou d'Hélianthes,
Estampes roses, sujets saints
Pour de jeunes communiantes !

L'Ode Açoka cadre avec la
Strophe en fenêtre de lorette ;
Et de lourds papillons d'éclat
Fientent sur la Pâquerette.

Vieilles verdures, vieux galons !
Ô croquignoles végétales !
Fleurs fantasques des vieux Salons !
- Aux hannetons, pas aux crotales,

Ces poupards végétaux en pleurs
Que Grandville eût mis aux lisières,
Et qu'allaitèrent de couleurs
De méchants astres à visières !

Oui, vos bavures de pipeaux
Font de précieuses glucoses !
- Tas d'oeufs frits dans de vieux chapeaux,
Lys, Açokas, Lilas et Roses !...

III

Ô blanc Chasseur, qui cours sans bas
À travers le Pâtis panique,
Ne peux-tu pas, ne dois-tu pas
Connaître un peu ta botanique ?

Tu ferais succéder, je crains,
Aux Grillons roux les Cantharides,
L'or des Rios au bleu des Rhins, -
Bref, aux Norwèges les Florides :

Mais, Cher, l'Art n'est plus, maintenant,
- C'est la vérité, - de permettre
À l'Eucalyptus étonnant
Des constrictors d'un hexamètre ;

Là !... Comme si les Acajous
Ne servaient, même en nos Guyanes,
Qu'aux cascades des sapajous,
Au lourd délire des lianes !

- En somme, une Fleur, Romarin
Ou Lys, vive ou morte, vaut-elle
Un excrément d'oiseau marin ?
Vaut-elle un seul pleur de chandelle ?

- Et j'ai dit ce que je voulais !
Toi, même assis là-bas, dans une
Cabane de bambous, - volets
Clos, tentures de perse brune, -

Tu torcherais des floraisons
Dignes d'Oises extravagantes !...
- Poète ! ce sont des raisons
Non moins risibles qu'arrogantes !...

IV

Dis, non les pampas printaniers
Noirs d'épouvantables révoltes,
Mais les tabacs, les cotonniers !
Dis les exotiques récoltes !

Dis, front blanc que Phébus tanna,
De combien de dollars se rente
Pedro Velasquez, Habana ;
Incague la mer de Sorrente

Où vont les Cygnes par milliers ;
Que tes strophes soient des réclames
Pour l'abatis des mangliers
Fouillés des Hydres et des lames !

Ton quatrain plonge aux bois sanglants
Et revient proposer aux Hommes
Divers sujets de sucres blancs,
De pectoraires et de gommes !

Sachons parToi si les blondeurs
Des Pics neigeux, vers les Tropiques,
Sont ou des insectes pondeurs
Ou des lichens microscopiques !

Trouve, ô Chasseur, nous le voulons,
Quelques garances parfumées
Que la Nature en pantalons
Fasse éclore ! - pour nos Armées !

Trouve, aux abords du Bois qui dort,
Les fleurs, pareilles à des mufles,
D'où bavent des pommades d'or
Sur les cheveux sombres des Buffles !

Trouve, aux prés fous, où sur le Bleu
Tremble l'argent des pubescences,
Des calices pleins d'Oeufs de feu
Qui cuisent parmi les essences !

Trouve des Chardons cotonneux
Dont dix ânes aux yeux de braises
Travaillent à filer les noeuds !
Trouve des Fleurs qui soient des chaises !

Oui, trouve au coeur des noirs filons
Des fleurs presque pierres, - fameuses ! -
Qui vers leurs durs ovaires blonds
Aient des amygdales gemmeuses !

Sers-nous, ô Farceur, tu le peux,
Sur un plat de vermeil splendide
Des ragoûts de Lys sirupeux
Mordant nos cuillers Alfénide !

V

Quelqu'un dira le grand Amour,
Voleur des sombres Indulgences :
Mais ni Renan, ni le chat Murr
N'ont vu les Bleus Thyrses immenses !

Toi, fais jouer dans nos torpeurs,
Par les parfums les hystéries ;
Exalte-nous vers les candeurs
Plus candides que les Maries...

Commerçant ! colon ! médium !
Ta Rime sourdra, rose ou blanche,
Comme un rayon de sodium,
Comme un caoutchouc qui s'épanche !

De tes noirs Poèmes, - Jongleur !
Blancs, verts, et rouges dioptriques,
Que s'évadent d'étranges fleurs
Et des papillons électriques !

Voilà ! c'est le Siècle d'enfer !
Et les poteaux télégraphiques
Vont orner, - lyre aux chants de fer,
Tes omoplates magnifiques !

Surtout, rime une version
Sur le mal des pommes de terre !
- Et, pour la composition
De poèmes pleins de mystère

Qu'on doive lire de Tréguier
À Paramaribo, rachète
Des Tomes de Monsieur Figuier,
- Illustrés ! - chez Monsieur Hachette !
Sofie Oct 2019
Et lys i et vindue
En hånd på en kind
Jeg mærker varme som kulde
Dit væsens hvirvelvind

Mon mørket lader sig overgive
Når lyset brændes til bund
Når du kærtegner mine læber
Kysser min mund

Et lys fra mit vindue
En ukendt profil
Jeg lader mørket være skillevæggen
Og natten vores mysterie

Du kigger uden at se
Og jeg er væk i et øjeblik
For netop det vi frygtede
Var sådan som det gik

Et lys i et vindue
Et fortrukket gardin
En endeløs nat
Og en dag vi aldrig fik
I

Mets-toi sur ton séant, lève tes yeux, dérange
Ce drap glacé qui fait des plis sur ton front d'ange,
Ouvre tes mains, et prends ce livre : il est à toi.

Ce livre où vit mon âme, espoir, deuil, rêve, effroi,
Ce livre qui contient le spectre de ma vie,
Mes angoisses, mon aube, hélas ! de pleurs suivie,
L'ombre et son ouragan, la rose et son pistil,
Ce livre azuré, triste, orageux, d'où sort-il ?
D'où sort le blême éclair qui déchire la brume ?
Depuis quatre ans, j'habite un tourbillon d'écume ;
Ce livre en a jailli. Dieu dictait, j'écrivais ;
Car je suis paille au vent. Va ! dit l'esprit. Je vais.
Et, quand j'eus terminé ces pages, quand ce livre
Se mit à palpiter, à respirer, à vivre,
Une église des champs, que le lierre verdit,
Dont la tour sonne l'heure à mon néant, m'a dit :
Ton cantique est fini ; donne-le-moi, poëte.
- Je le réclame, a dit la forêt inquiète ;
Et le doux pré fleuri m'a dit : - Donne-le-moi.
La mer, en le voyant frémir, m'a dit : - Pourquoi
Ne pas me le jeter, puisque c'est une voile !
- C'est à moi qu'appartient cet hymne, a dit l'étoile.
- Donne-le-nous, songeur, ont crié les grands vents.
Et les oiseaux m'ont dit : - Vas-tu pas aux vivants
Offrir ce livre, éclos si **** de leurs querelles ?
Laisse-nous l'emporter dans nos nids sur nos ailes ! -
Mais le vent n'aura point mon livre, ô cieux profonds !
Ni la sauvage mer, livrée aux noirs typhons,
Ouvrant et refermant ses flots, âpres embûches ;
Ni la verte forêt qu'emplit un bruit de ruches ;
Ni l'église où le temps fait tourner son compas ;
Le pré ne l'aura pas, l'astre ne l'aura pas,
L'oiseau ne l'aura pas, qu'il soit aigle ou colombe,
Les nids ne l'auront pas ; je le donne à la tombe.

II

Autrefois, quand septembre en larmes revenait,
Je partais, je quittais tout ce qui me connaît,
Je m'évadais ; Paris s'effaçait ; rien, personne !
J'allais, je n'étais plus qu'une ombre qui frissonne,
Je fuyais, seul, sans voir, sans penser, sans parler,
Sachant bien que j'irais où je devais aller ;
Hélas ! je n'aurais pu même dire : Je souffre !
Et, comme subissant l'attraction d'un gouffre,
Que le chemin fût beau, pluvieux, froid, mauvais,
J'ignorais, je marchais devant moi, j'arrivais.
Ô souvenirs ! ô forme horrible des collines !
Et, pendant que la mère et la soeur, orphelines,
Pleuraient dans la maison, je cherchais le lieu noir
Avec l'avidité morne du désespoir ;
Puis j'allais au champ triste à côté de l'église ;
Tête nue, à pas lents, les cheveux dans la bise,
L'oeil aux cieux, j'approchais ; l'accablement soutient ;
Les arbres murmuraient : C'est le père qui vient !
Les ronces écartaient leurs branches desséchées ;
Je marchais à travers les humbles croix penchées,
Disant je ne sais quels doux et funèbres mots ;
Et je m'agenouillais au milieu des rameaux
Sur la pierre qu'on voit blanche dans la verdure.
Pourquoi donc dormais-tu d'une façon si dure
Que tu n'entendais pas lorsque je t'appelais ?

Et les pêcheurs passaient en traînant leurs filets,
Et disaient : Qu'est-ce donc que cet homme qui songe ?
Et le jour, et le soir, et l'ombre qui s'allonge,
Et Vénus, qui pour moi jadis étincela,
Tout avait disparu que j'étais encor là.
J'étais là, suppliant celui qui nous exauce ;
J'adorais, je laissais tomber sur cette fosse,
Hélas ! où j'avais vu s'évanouir mes cieux,
Tout mon coeur goutte à goutte en pleurs silencieux ;
J'effeuillais de la sauge et de la clématite ;
Je me la rappelais quand elle était petite,
Quand elle m'apportait des lys et des jasmins,
Ou quand elle prenait ma plume dans ses mains,
Gaie, et riant d'avoir de l'encre à ses doigts roses ;
Je respirais les fleurs sur cette cendre écloses,
Je fixais mon regard sur ces froids gazons verts,
Et par moments, ô Dieu, je voyais, à travers
La pierre du tombeau, comme une lueur d'âme !

Oui, jadis, quand cette heure en deuil qui me réclame
Tintait dans le ciel triste et dans mon coeur saignant,
Rien ne me retenait, et j'allais ; maintenant,
Hélas !... - Ô fleuve ! ô bois ! vallons dont je fus l'hôte,
Elle sait, n'est-ce pas ? que ce n'est pas ma faute
Si, depuis ces quatre ans, pauvre coeur sans flambeau,
Je ne suis pas allé prier sur son tombeau !

III

Ainsi, ce noir chemin que je faisais, ce marbre
Que je contemplais, pâle, adossé contre un arbre,
Ce tombeau sur lequel mes pieds pouvaient marcher,
La nuit, que je voyais lentement approcher,
Ces ifs, ce crépuscule avec ce cimetière,
Ces sanglots, qui du moins tombaient sur cette pierre,
Ô mon Dieu, tout cela, c'était donc du bonheur !

Dis, qu'as-tu fait pendant tout ce temps-là ? - Seigneur,
Qu'a-t-elle fait ? - Vois-tu la vie en vos demeures ?
A quelle horloge d'ombre as-tu compté les heures ?
As-tu sans bruit parfois poussé l'autre endormi ?
Et t'es-tu, m'attendant, réveillée à demi ?
T'es-tu, pâle, accoudée à l'obscure fenêtre
De l'infini, cherchant dans l'ombre à reconnaître
Un passant, à travers le noir cercueil mal joint,
Attentive, écoutant si tu n'entendais point
Quelqu'un marcher vers toi dans l'éternité sombre ?
Et t'es-tu recouchée ainsi qu'un mât qui sombre,
En disant : Qu'est-ce donc ? mon père ne vient pas !
Avez-vous tous les deux parlé de moi tout bas ?

Que de fois j'ai choisi, tout mouillés de rosée,
Des lys dans mon jardin, des lys dans ma pensée !
Que de fois j'ai cueilli de l'aubépine en fleur !
Que de fois j'ai, là-bas, cherché la tour d'Harfleur,
Murmurant : C'est demain que je pars ! et, stupide,
Je calculais le vent et la voile rapide,
Puis ma main s'ouvrait triste, et je disais : Tout fuit !
Et le bouquet tombait, sinistre, dans la nuit !
Oh ! que de fois, sentant qu'elle devait m'attendre,
J'ai pris ce que j'avais dans le coeur de plus tendre
Pour en charger quelqu'un qui passerait par là !

Lazare ouvrit les yeux quand Jésus l'appela ;
Quand je lui parle, hélas ! pourquoi les ferme-t-elle ?
Où serait donc le mal quand de l'ombre mortelle
L'amour violerait deux fois le noir secret,
Et quand, ce qu'un dieu fit, un père le ferait ?

IV

Que ce livre, du moins, obscur message, arrive,
Murmure, à ce silence, et, flot, à cette rive !
Qu'il y tombe, sanglot, soupir, larme d'amour !
Qu'il entre en ce sépulcre où sont entrés un jour
Le baiser, la jeunesse, et l'aube, et la rosée,
Et le rire adoré de la fraîche épousée,
Et la joie, et mon coeur, qui n'est pas ressorti !
Qu'il soit le cri d'espoir qui n'a jamais menti,
Le chant du deuil, la voix du pâle adieu qui pleure,
Le rêve dont on sent l'aile qui nous effleure !
Qu'elle dise : Quelqu'un est là ; j'entends du bruit !
Qu'il soit comme le pas de mon âme en sa nuit !

Ce livre, légion tournoyante et sans nombre
D'oiseaux blancs dans l'aurore et d'oiseaux noirs dans l'ombre,
Ce vol de souvenirs fuyant à l'horizon,
Cet essaim que je lâche au seuil de ma prison,
Je vous le confie, air, souffles, nuée, espace !
Que ce fauve océan qui me parle à voix basse,
Lui soit clément, l'épargne et le laisse passer !
Et que le vent ait soin de n'en rien disperser,
Et jusqu'au froid caveau fidèlement apporte
Ce don mystérieux de l'absent à la morte !

Ô Dieu ! puisqu'en effet, dans ces sombres feuillets,
Dans ces strophes qu'au fond de vos cieux je cueillais,
Dans ces chants murmurés comme un épithalame
Pendant que vous tourniez les pages de mon âme,
Puisque j'ai, dans ce livre, enregistré mes jours,
Mes maux, mes deuils, mes cris dans les problèmes sourds,
Mes amours, mes travaux, ma vie heure par heure ;
Puisque vous ne voulez pas encor que je meure,
Et qu'il faut bien pourtant que j'aille lui parler ;
Puisque je sens le vent de l'infini souffler
Sur ce livre qu'emplit l'orage et le mystère ;
Puisque j'ai versé là toutes vos ombres, terre,
Humanité, douleur, dont je suis le passant ;
Puisque de mon esprit, de mon coeur, de mon sang,
J'ai fait l'âcre parfum de ces versets funèbres,
Va-t'en, livre, à l'azur, à travers les ténèbres !
Fuis vers la brume où tout à pas lents est conduit !
Oui, qu'il vole à la fosse, à la tombe, à la nuit,
Comme une feuille d'arbre ou comme une âme d'homme !
Qu'il roule au gouffre où va tout ce que la voix nomme !
Qu'il tombe au plus profond du sépulcre hagard,
A côté d'elle, ô mort ! et que là, le regard,
Près de l'ange qui dort, lumineux et sublime,
Le voie épanoui, sombre fleur de l'abîme !

V

Ô doux commencements d'azur qui me trompiez,
Ô bonheurs ! je vous ai durement expiés !
J'ai le droit aujourd'hui d'être, quand la nuit tombe,
Un de ceux qui se font écouter de la tombe,
Et qui font, en parlant aux morts blêmes et seuls,
Remuer lentement les plis noirs des linceuls,
Et dont la parole, âpre ou tendre, émeut les pierres,
Les grains dans les sillons, les ombres dans les bières,
La vague et la nuée, et devient une voix
De la nature, ainsi que la rumeur des bois.
Car voilà, n'est-ce pas, tombeaux ? bien des années,
Que je marche au milieu des croix infortunées,
Échevelé parmi les ifs et les cyprès,
L'âme au bord de la nuit, et m'approchant tout près,
Et que je vais, courbé sur le cercueil austère,
Questionnant le plomb, les clous, le ver de terre
Qui pour moi sort des yeux de la tête de mort,
Le squelette qui rit, le squelette qui mord,
Les mains aux doigts noueux, les crânes, les poussières,
Et les os des genoux qui savent des prières !

Hélas ! j'ai fouillé tout. J'ai voulu voir le fond.
Pourquoi le mal en nous avec le bien se fond,
J'ai voulu le savoir. J'ai dit : Que faut-il croire ?
J'ai creusé la lumière, et l'aurore, et la gloire,
L'enfant joyeux, la vierge et sa chaste frayeur,
Et l'amour, et la vie, et l'âme, - fossoyeur.

Qu'ai-je appris ? J'ai, pensif , tout saisi sans rien prendre ;
J'ai vu beaucoup de nuit et fait beaucoup de cendre.
Qui sommes-nous ? que veut dire ce mot : Toujours ?
J'ai tout enseveli, songes, espoirs, amours,
Dans la fosse que j'ai creusée en ma poitrine.
Qui donc a la science ? où donc est la doctrine ?
Oh ! que ne suis-je encor le rêveur d'autrefois,
Qui s'égarait dans l'herbe, et les prés, et les bois,
Qui marchait souriant, le soir, quand le ciel brille,
Tenant la main petite et blanche de sa fille,
Et qui, joyeux, laissant luire le firmament,
Laissant l'enfant parler, se sentait lentement
Emplir de cet azur et de cette innocence !

Entre Dieu qui flamboie et l'ange qui l'encense,
J'ai vécu, j'ai lutté, sans crainte, sans remord.
Puis ma porte soudain s'ouvrit devant la mort,
Cette visite brusque et terrible de l'ombre.
Tu passes en laissant le vide et le décombre,
Ô spectre ! tu saisis mon ange et tu frappas.
Un tombeau fut dès lors le but de tous mes pas.

VI

Je ne puis plus reprendre aujourd'hui dans la plaine
Mon sentier d'autrefois qui descend vers la Seine ;
Je ne puis plus aller où j'allais ; je ne puis,
Pareil à la laveuse assise au bord du puits,
Que m'accouder au mur de l'éternel abîme ;
Paris m'est éclipsé par l'énorme Solime ;
La hauteNotre-Dame à présent, qui me luit,
C'est l'ombre ayant deux tours, le silence et la nuit,
Et laissant des clartés trouer ses fatals voiles ;
Et je vois sur mon front un panthéon d'étoiles ;
Si j'appelle Rouen, Villequier, Caudebec,
Toute l'ombre me crie : Horeb, Cédron, Balbeck !
Et, si je pars, m'arrête à la première lieue,
Et me dit: Tourne-toi vers l'immensité bleue !
Et me dit : Les chemins où tu marchais sont clos.
Penche-toi sur les nuits, sur les vents, sur les flots !
A quoi penses-tu donc ? que fais-tu, solitaire ?
Crois-tu donc sous tes pieds avoir encor la terre ?
Où vas-tu de la sorte et machinalement ?
Ô songeur ! penche-toi sur l'être et l'élément !
Écoute la rumeur des âmes dans les ondes !
Contemple, s'il te faut de la cendre, les mondes ;
Cherche au moins la poussière immense, si tu veux
Mêler de la poussière à tes sombres cheveux,
Et regarde, en dehors de ton propre martyre,
Le grand néant, si c'est le néant qui t'attire !
Sois tout à ces soleils où tu remonteras !
Laisse là ton vil coin de terre. Tends les bras,
Ô proscrit de l'azur, vers les astres patries !
Revois-y refleurir tes aurores flétries ;
Deviens le grand oeil fixe ouvert sur le grand tout.
Penche-toi sur l'énigme où l'être se dissout,
Sur tout ce qui naît, vit, marche, s'éteint, succombe,
Sur tout le genre humain et sur toute la tombe !

Mais mon coeur toujours saigne et du même côté.
C'est en vain que les cieux, les nuits, l'éternité,
Veulent distraire une âme et calmer un atome.
Tout l'éblouissement des lumières du dôme
M'ôte-t-il une larme ? Ah ! l'étendue a beau
Me parler, me montrer l'universel tombeau,
Les soirs sereins, les bois rêveurs, la lune amie ;
J'écoute, et je reviens à la douce endormie.

VII

Des fleurs ! oh ! si j'avais des fleurs ! si je pouvais
Aller semer des lys sur ces deux froids chevets !
Si je pouvais couvrir de fleurs mon ange pâle !
Les fleurs sont l'or, l'azur, l'émeraude, l'opale !
Le cercueil au milieu des fleurs veut se coucher ;
Les fleurs aiment la mort, et Dieu les fait toucher
Par leur racine aux os, par leur parfum aux âmes !
Puisque je ne le puis, aux lieux que nous aimâmes,
Puisque Dieu ne veut pas nous laisser revenir,
Puisqu'il nous fait lâcher ce qu'on croyait tenir,
Puisque le froid destin, dans ma geôle profonde,
Sur la première porte en scelle une seconde,
Et, sur le père triste et sur l'enfant qui dort,
Ferme l'exil après avoir fermé la mort,
Puisqu'il est impossible à présent que je jette
Même un brin de bruyère à sa fosse muette,
C'est bien le moins qu'elle ait mon âme, n'est-ce pas ?
Ô vent noir dont j'entends sur mon plafond le pas !
Tempête, hiver, qui bats ma vitre de ta grêle !
Mers, nuits ! et je l'ai mise en ce livre pour elle !

Prends ce livre ; et dis-toi : Ceci vient du vivant
Que nous avons laissé derrière nous, rêvant.
Prends. Et, quoique de ****, reconnais ma voix, âme !
Oh ! ta cendre est le lit de mon reste de flamme ;
Ta tombe est mon espoir, ma charité, ma foi ;
Ton linceul toujours flotte entre la vie et moi.
Prends ce livre, et fais-en sortir un divin psaume !
Qu'entre tes vagues mains il devienne fantôme !
Qu'il blanchisse, pareil à l'aube qui pâlit,
A mesure que l'oeil de mon ange le lit,
Et qu'il s'évanouisse, et flotte, et disparaisse,
Ainsi qu'un âtre obscur qu'un souffle errant caresse,
Ainsi qu'une lueur qu'on voit passer le soir,
Ainsi qu'un tourbillon de feu de l'encensoir,
Et que, sous ton regard éblouissant et sombre,
Chaque page s'en aille en étoiles dans l'ombre !

VIII

Oh ! quoi que nous fassions et quoi que nous disions,
Soit que notre âme plane au vent des visions,
Soit qu'elle se cramponne à l'argile natale,
Toujours nous arrivons à ta grotte fatale,
Gethsémani ! qu'éclaire une vague lueur !
Ô rocher de l'étrange et funèbre sueur !
Cave où l'esprit combat le destin ! ouverture
Sur les profonds effrois de la sombre nature !
Antre d'où le lion sort rêveur, en voyant
Quelqu'un de plus sinistre et de plus effrayant,
La douleur, entrer, pâle, amère, échevelée !
Ô chute ! asile ! ô seuil de la trouble vallée
D'où nous apercevons nos ans fuyants et courts,
Nos propres pas marqués dans la fange des jours,
L'échelle où le mal pèse et monte, spectre louche,
L'âpre frémissement de la palme farouche,
Les degrés noirs tirant en bas les blancs degrés,
Et les frissons aux fronts des anges effarés !

Toujours nous arrivons à cette solitude,
Et, là, nous nous taisons, sentant la plénitude !

Paix à l'ombre ! Dormez ! dormez ! dormez ! dormez !
Êtres, groupes confus lentement transformés !
Dormez, les champs ! dormez, les fleurs ! dormez, les tombes !
Toits, murs, seuils des maisons, pierres des catacombes,
Feuilles au fond des bois, plumes au fond des nids,
Dormez ! dormez, brins d'herbe, et dormez, infinis !
Calmez-vous, forêt, chêne, érable, frêne, yeuse !
Silence sur la grande horreur religieuse,
Sur l'océan qui lutte et qui ronge son mors,
Et sur l'apaisement insondable des morts !
Paix à l'obscurité muette et redoutée,
Paix au doute effrayant, à l'immense ombre athée,
A toi, nature, cercle et centre, âme et milieu,
Fourmillement de tout, solitude de Dieu !
Ô générations aux brumeuses haleines,
Reposez-vous ! pas noirs qui marchez dans les plaines !
Dormez, vous qui saignez ; dormez, vous qui pleurez !
Douleurs, douleurs, douleurs, fermez vos yeux sacrés !
Tout est religio
Spanish

Debout sur mon orgueil je veux montrer au soir
L'envers de mon manteau endeuillé de tes charmes,
Son mouchoir infini, son mouchoir noir et noir,
Trait à trait, doucement, boira toutes mes larmes.

Il donne des lys blancs à mes roses de flamme
Et des bandeaux de calme à mon front délirant…
Que le soir sera bon.. Il aura pour moi l'âme
Claire et le corps profond d'un magnifique amant.




              English

Forsaking my pride, I want to show the night
The inside of my cloak, plunged in mourning for your charms.
Its infinite handkerchiefs, its handkerchiefs black and black,
Piece by piece, tenderly, will drink all my tears.

The night lays lilies upon my burning roses
And cool cloths upon my feverish brow…
How good the evening will be! It will have, for me,
The luminous soul, the profound body, of a magnificent lover.
I.

L'ÉGLISE est vaste et haute. À ses clochers superbes
L'ogive en fleur suspend ses trèfles et ses gerbes ;
Son portail resplendit, de sa rose pourvu ;
Le soir fait fourmiller sous la voussure énorme
Anges, vierges, le ciel, l'enfer sombre et difforme,
Tout un monde effrayant comme un rêve entrevu.

Mais ce n'est pas l'église, et ses voûtes, sublimes,
Ses porches, ses vitraux, ses lueurs, ses abîmes,
Sa façade et ses tours, qui fascinent mes yeux ;
Non ; c'est, tout près, dans l'ombre où l'âme aime à descendre
Cette chambre d'où sort un chant sonore et tendre,
Posée au bord d'un toit comme un oiseau joyeux.

Oui, l'édifice est beau, mais cette chambre est douce.
J'aime le chêne altier moins que le nid de mousse ;
J'aime le vent des prés plus que l'âpre ouragan ;
Mon cœur, quand il se perd vers les vagues béantes,
Préfère l'algue obscure aux falaises géantes.
Et l'heureuse hirondelle au splendide océan.

II.

Frais réduit ! à travers une claire feuillée
Sa fenêtre petite et comme émerveillée
S'épanouit auprès du gothique portail.
Sa verte jalousie à trois clous accrochée,
Par un bout s'échappant, par l'autre rattachée,
S'ouvre coquettement comme un grand éventail.

Au-dehors un beau lys, qu'un prestige environne,
Emplit de sa racine et de sa fleur couronne
- Tout près de la gouttière où dort un chat sournois -
Un vase à forme étrange en porcelaine bleue
Où brille, avec des paons ouvrant leur large queue,
Ce beau pays d'azur que rêvent les Chinois.

Et dans l'intérieur par moments luit et passe
Une ombre, une figure, une fée, une grâce,
Jeune fille du peuple au chant plein de bonheur,
Orpheline, dit-on, et seule en cet asile,
Mais qui parfois a l'air, tant son front est tranquille,
De voir distinctement la face du Seigneur.

On sent, rien qu'à la voir, sa dignité profonde.
De ce cœur sans limon nul vent n'a troublé l'onde.
Ce tendre oiseau qui jase ignore l'oiseleur.
L'aile du papillon a toute sa poussière.
L'âme de l'humble vierge a toute sa lumière.
La perle de l'aurore est encor dans la fleur.

À l'obscure mansarde il semble que l'œil voie
Aboutir doucement tout un monde de joie,
La place, les passants, les enfants, leurs ébats,
Les femmes sous l'église à pas lents disparues,
Des fronts épanouis par la chanson des rues,
Mille rayons d'en haut, mille reflets d'en bas.

Fille heureuse ! autour d'elle ainsi qu'autour d'un temple,
Tout est modeste et doux, tout donne un bon exemple.
L'abeille fait son miel, la fleur rit au ciel bleu,
La tour répand de l'ombre, et, devant la fenêtre,
Sans faute, chaque soir, pour obéir au maître,
L'astre allume humblement sa couronne de feu.

Sur son beau col, empreint de virginité pure,
Point d'altière dentelle ou de riche guipure ;
Mais un simple mouchoir noué pudiquement.
Pas de perle à son front, mais aussi pas de ride,
Mais un œil chaste et vif, mais un regard limpide.
Où brille le regard que sert le diamant ?

III.

L'angle de la cellule abrite un lit paisible.
Sur la table est ce livre où Dieu se fait visible,
La légende des saints, seul et vrai panthéon.
Et dans un coin obscur, près de la cheminée,
Entre la bonne Vierge et le buis de l'année,
Quatre épingles au mur fixent Napoléon.

Cet aigle en cette cage ! - et pourquoi non ? dans l'ombre
De cette chambre étroite et calme, où rien n'est sombre,
Où dort la belle enfant, douce comme son lys,
Où tant de paix, de grâce et de joie est versée,
Je ne hais pas d'entendre au fond de ma pensée
Le bruit des lourds canons roulant vers Austerlitz.

Et près de l'empereur devant qui tout s'incline,
- Ô légitime orgueil de la pauvre orpheline ! -
Brille une croix d'honneur, signe humble et triomphant,
Croix d'un soldat, tombé comme tout héros tombe,
Et qui, père endormi, fait du fond de sa tombe
Veiller un peu de gloire auprès de son enfant.

IV.

Croix de Napoléon ! joyau guerrier ! pensée !
Couronne de laurier de rayons traversée !
Quand il menait ses preux aux combats acharnés,
Il la laissait, afin de conquérir la terre,
Pendre sur tous les fronts durant toute la guerre ;
Puis, la grande œuvre faite, il leur disait : Venez !

Puis il donnait sa croix à ces hommes stoïques,
Et des larmes coulaient de leurs yeux héroïques ;
Muets, ils admiraient leur demi-dieu vainqueur ;
On eût dit qu'allumant leur âme avec son âme,
En touchant leur poitrine avec son doigt de flamme,
Il leur faisait jaillir cette étoile du cœur !

V.

Le matin elle chante et puis elle travaille,
Sérieuse, les pieds sur sa chaise de paille,
Cousant, taillant, brodant quelques dessins choisis ;
Et, tandis que, songeant à Dieu, simple et sans crainte,
Cette vierge accomplit sa tâche auguste et sainte,
Le silence rêveur à sa porte est assis.

Ainsi, Seigneur, vos mains couvrent cette demeure.
Dans cet asile obscur, qu'aucun souci n'effleure,
Rien qui ne soit sacré, rien qui ne soit charmant !
Cette âme, en vous priant pour ceux dont la nef sombre,
Peut monter chaque soir vers vous sans faire d'ombre
Dans la sérénité de votre firmament !

Nul danger ! nul écueil ! - Si ! l'aspic est dans l'herbe !
Hélas ! hélas ! le ver est dans le fruit superbe !
Pour troubler une vie il suffit d'un regard.
Le mal peut se montrer même aux clartés d'un cierge.
La curiosité qu'a l'esprit de la vierge
Fait une plaie au cœur de la femme plus ****.

Plein de ces chants honteux, dégoût de la mémoire,
Un vieux livre est là-haut sur une vieille armoire,
Par quelque vil passant dans cette ombre oublié ;
Roman du dernier siècle ! œuvre d'ignominie !
Voltaire alors régnait, ce singe de génie
Chez l'homme en mission par le diable envoyé.

VI.

Epoque qui gardas, de vin, de sang rougie,
Même en agonisant, l'allure de l'orgie !
Ô dix-huitième siècle, impie et châtié !
Société sans dieu, par qui Dieu fus frappée !
Qui, brisant sous la hache et le sceptre et l'épée,
Jeune offensas l'amour, et vieille la pitié !

Table d'un long festin qu'un échafaud termine !
Monde, aveugle pour Christ, que Satan illumine !
Honte à tes écrivains devant les nations !
L'ombre de tes forfaits est dans leur renommée
Comme d'une chaudière il sort une fumée,
Leur sombre gloire sort des révolutions !

VII.

Frêle barque assoupie à quelques pas d'un gouffre !
Prends garde, enfant ! cœur tendre où rien encor ne souffre !
Ô pauvre fille d'Ève ! ô pauvre jeune esprit !
Voltaire, le serpent, le doute, l'ironie,
Voltaire est dans un coin de ta chambre bénie !
Avec son œil de flamme il t'espionne, et rit.

Oh ! tremble ! ce sophiste a sondé bien des fanges !
Oh ! tremble ! ce faux sage a perdu bien des anges !
Ce démon, noir milan, fond sur les cœurs pieux,
Et les brise, et souvent, sous ses griffes cruelles,
Plume à plume j'ai vu tomber ces blanches ailles
Qui font qu'une âme vole et s'enfuit dans les cieux !

Il compte de ton sein les battements sans nombre.
Le moindre mouvement de ton esprit dans l'ombre,
S'il penche un peu vers lui, fait resplendir son œil.
Et, comme un loup rôdant, comme un tigre qui guette,
Par moments, de Satan, visible au seul poète,
La tête monstrueuse apparaît à ton seuil !

VIII.

Hélas ! si ta main chaste ouvrait ce livre infâme,
Tu sentirais soudain Dieu mourir dans ton âme.
Ce soir tu pencherais ton front triste et boudeur
Pour voir passer au **** dans quelque verte allée
Les chars étincelants à la roue étoilée,
Et demain tu rirais de la sainte pudeur !

Ton lit, troublé la nuit de visions étranges,
Ferait fuir le sommeil, le plus craintif des anges !
Tu ne dormirais plus, tu ne chanterais plus,
Et ton esprit, tombé dans l'océan des rêves,
Irait, déraciné comme l'herbe des grèves,
Du plaisir à l'opprobre et du flux au reflux !

IX.

Oh ! la croix de ton père est là qui te regarde !
La croix du vieux soldat mort dans la vieille garde !
Laisse-toi conseiller par elle, ange tenté !
Laisse-toi conseiller, guider, sauver peut-être
Par ce lys fraternel penché sur ta fenêtre,
Qui mêle son parfum à ta virginité !

Par toute ombre qui passe en baissant la paupière !
Par les vieux saints rangés sous le portail de pierre !
Par la blanche colombe aux rapides adieux !
Par l'orgue ardent dont l'hymne en longs sanglots se brise !
Laisse-toi conseiller par la pensive église !
Laisse-toi conseiller par le ciel radieux !

Laisse-toi conseiller par l'aiguille ouvrière,
Présente à ton labeur, présente à ta prière,
Qui dit tout bas : Travaille ! - Oh ! crois-la ! - Dieu, vois-tu,
Fit naître du travail, que l'insensé repousse,
Deux filles, la vertu, qui fait la gaîté douce,
Et la gaîté, qui rend charmante la vertu !

Entends ces mille voix, d'amour accentuées,
Qui passent dans le vent, qui tombent des nuées,
Qui montent vaguement des seuils silencieux,
Que la rosée apporte avec ses chastes gouttes,
Que le chant des oiseaux te répète, et qui toutes
Te disent à la fois : Sois pure sous les cieux !

Sois pure sous les cieux ! comme l'onde et l'aurore,
Comme le joyeux nid, comme la tour sonore,
Comme la gerbe blonde, amour du moissonneur,
Comme l'astre incliné, comme la fleur penchante,
Comme tout ce qui rit, comme tout ce qui chante,
Comme tout ce qui dort dans la paix du Seigneur !

Sois calme. Le repos va du cœur au visage ;
La tranquillité fait la majesté du sage.
Sois joyeuse. La foi vit sans l'austérité ;
Un des reflets du ciel, c'est le rire des femmes ;
La joie est la chaleur que jette dans les âmes
Cette clarté d'en haut qu'on nomme Vérité.

La joie est pour l'esprit une riche ceinture.
La joie adoucit tout dans l'immense nature.
Dieu sur les vieilles tours pose le nid charmant
Et la broussaille en fleur qui luit dans l'herbe épaisse ;
Car la ruine même autour de sa tristesse
A besoin de jeunesse et de rayonnement !

Sois bonne. La bonté contient les autres choses.
Le Seigneur indulgent sur qui tu te reposes
Compose de bonté le penseur fraternel.
La bonté, c'est le fond des natures augustes.
D'une seule vertu Dieu fait le cœur des justes,
Comme d'un seul saphir la coupole du ciel.

Ainsi, tu resteras, comme un lys, comme un cygne,
Blanche entre les fronts purs marqués d'un divin signe
Et tu seras de ceux qui, sans peur, sans ennuis,
Des saintes actions amassant la richesse,
Rangent leur barque au port, leur vie à la sagesse
Et, priant tous les soirs, dorment toutes les nuits !

Le poète à lui-même.

Tandis que sur les bois, les prés et les charmilles,
S'épanchent la lumière et la splendeur des cieux,
Toi, poète serein, répands sur les familles,
Répands sur les enfants et sur les jeunes filles,
Répands sur les vieillards ton chant religieux !

Montre du doigt la rive à tous ceux qu'une voile
Traîne sur le flot noir par les vents agité ;
Aux vierges, l'innocence, heureuse et noble étoile ;
À la foule, l'autel que l'impiété voile ;
Aux jeunes, l'avenir ; aux vieux, l'éternité !

Fais filtrer ta raison dans l'homme et dans la femme.
Montre à chacun le vrai du côté saisissant.
Que tout penseur en toi trouve ce qu'il réclame.
Plonge Dieu dans les cœurs, et jette dans chaque âme
Un mot révélateur, propre à ce qu'elle sent.

Ainsi, sans bruit, dans l'ombre, ô songeur solitaire,
Ton esprit, d'où jaillit ton vers que Dieu bénit,
Du peuple sous tes pieds perce le crâne austère ; -
Comme un coin lent et sûr, dans les flancs de la terre
La racine du chêne entr'ouvre le granit.

Du 24 au 29 juin 1839.
My heart is like a singing bird
Whose nest is in a water'd shoot;
My heart is like an apple-tree
Whose boughs are bent with thickset fruit;
My heart is like a rainbow shell
That paddles in a halcyon sea;
My heart is gladder than all these
Because my love is come to me.

Raise me a dais of silk and down;
Hang it with vair and purple dyes;
Carve it in doves and pomegranates,
And peacocks with a hundred eyes;
Work it in gold and silver grapes,
In leaves and silver fleurs-de-lys;
Because the birthday of my life
Is come, my love is come to me.
Jane Deer Oct 2014
“There are two basic motivating forces: Fear and Love.”
~ John Lennon

Frygt findes kun det ene sted du ikke kan flygte fra. Dit eget sind. Men til enhver frygt, findes der et håb. Et lys, til at blænde dig, så du ikke længere ser frygten. Men den er ikke væk, og en dag må du se den i øjnene. Du må lade frygten blive en del af dig, lade den løbe gennem dine årer, og så stå rank, og forkast den. Nogen frygter mørke, mens andre frygter døden, Men det alle egentlig frygter, er det ukendte. Kærlighed er også ukendt. Og dog er kærlighed det lys der får os til at glemme frygten. Måske er Frygt bare en illusion, det mørke, der skal opveje lyset, og opretholde balancen. Jeg har set min frygt i øjnene, og jeg er klar over at det jeg engang løb fra, i virkeligheden var mig selv. Jeg løb fra mit hjem, min familie, og mit liv, bare for at opdage at jeg aldrig kunne løbe fra mig selv.
Keith J Collard Jan 2013
Regret and I have slept,
and walked,
since the days she was teacher's pet.

Now, I wish my life hence,
resting my back,
on sharp finial fence.

As I sink on barbed fleur de lys,
waiting for my life to cease,
I behold my stars of Gemini,
and it is she and I.

My last vapor on the cold night lake,
dresses the stars, and I hear her say,
" Would you like to dance?"
and this time I say "yes",
as body slides down heart shaped lance.

I am heart to heart with lys,
and begin to cease,
but heart to heart with her,
in the night lake above,
grasping upward as I succumb.








"
Hazel May 2017
Jeg sidder i et lyst ***.
På gulvet ses refleksionerne af solens lys, som stråler i gennem vinduet, bestående af to glasruder.
Det er morgen, og vinduets ruder er stadig kølige.
Jeg vil huske den kolde fornemmelse i mine håndflader, når jeg tager min hånd hen til din varme kind
-Hazel
Ida Glitre Mar 2015
dagen er lys jeg elsker lys
jeg går ud i køkkenet tager en mandarin
eller to
tre
sætter mig ind i stuen ser på min kunst lys kunst
jeg sluger kernerne fra mandarinerne
vokser der et mandarintræ i mig?
det ville være fint at dø sådan
Pour savoir le jour et l'heure
Où tu es plus portée à l'amour
J'ai entrepris la lecture des Secrets de l'Amour, du poète Koka
Et je sais désormais que tu es femme-lotus
Volupté Parfaite comme il n'en existe qu'une sur un million
Tu me provoques, tu me charmes, tu me fascines
Tu me subjugues, tu es ma Muse, ma courtisane de haut rang
Tu possèdes les soixante-quatre arts libéraux
Et les trente-deux modes musicaux de Radha,
Amante de Krishna,
Tu es multiple de huit, ma biche-jument-éléphante
Tu es magique et ensorceleuse
Tu t'appelles Padmini, Ganika
Tu es espiègle , tu es folâtre, ma Nanyika
Avec toi je peux m'unir sans péché
Ma pudique impudique
Car tu sais tout ce qu'on peut faire
Quand les lumières sont éteintes
Et les passions enflammées.
Tu sais apprendre à parler aux perroquets et aux sansonnets
Tu pratiques les combats de coqs, de cailles et de pigeons
Tout comme les combats de la langue
Tu sais faire un carrosse avec des fleurs.
Je ne sais encore si je suis homme-bleu, Homme-lièvre ou homme-cerf
Moi qui me croyais homme-raccoon,
Homme-orphie et homme-mangouste
J'ai baisé l'image de ton ombre portée
Sur l'oreiller rose ce matin
Un baiser de déclaration
Un plaisir sans merci et sans trève
Que ton ombre m'a rendu
En me besognant
De la langue, des mains et des pieds
Et de toutes nos parties honteuses comme honnêtes
Baiser pour baiser,
Caresse pour caresse,
Coup pour coup,
Corps pour corps,
Yoni pour lingam !
Que d'égratignures tu m'as infligées de tes ongles acérés
La patte de paon et le saut du lièvre
Me marquent à jamais
Et je t'ai imprimé sur ta chair la feuille de lotus bleu.
Et de morsures en morsures
J'ai saisi avec mes lèvres tes deux lèvres
Tandis que tu jouais à me saisir la lèvre inférieure.
Si tu rêves comme moi d'impudiques amours
Si tu rêves comme moi d'écrire un nouveau chapitre
Aux huit cents vers du Ratira-Hasya,
Les Secrets de l'Amour, du poète Koka,
Retrouvons nous en congrès, veux-tu,
Avant que l'été ne s'achève
Au congrès de la femme-lynx-lotus et de l'homme-raccoon-mangouste
Si tu rêves d'impudiques amours
Si tu veux que je chante ta semence d'amour
Ton kama solila, mélange de lys et de musc.
Fall Nov 2018
Forced and rash , it is raw and powerful like a geyser . Strangely ... Calm to the heart

More wild , Water spreding like an oil on a beautiful lys , she was there , my flower

Morpheus is heartless , face is still erupting , eyes are dreaming as mind is wandering

Madness , am I your new toy , envy might be jealous , I can't play long , anger is the seeker

Touch , a simple one , meanings World to me , soul wants her near , senses demand her back

Flame desert , sweet one as the lead on a road , crusty and cracked , the brown sugar is tasty

Another one came and took it , the flower , surprise is ... it leaves voids , unfilled ones

Still taking away ? Life is all I have ...
.
.
.

You came for that Maëlys ........
Irma Cerrutti Mar 2010
Alice and I were fudged fruiting inside Falstaffian freakish fleur–de–lys:
She inside a quack–aztec–tattooed tank,
Me inside a pendulous magenta harness with polydactyl–perverted plumes bespattered into it.  
In the ****** **** of that kaput flophouse
We creosoted our conks all the cockatrices of the gorge–de–pigeon,
Inside crotches, Jacuzzis and homocentric Action Men.  
Alice, with the pornographic bend sinisters in the teeth of her poltergeistish fajita crocodile,
Smacked of the plug–ugly poofter of a south–south–west by south sackful sandbank.  
I cemented the jaundiced dangler of an ostrich to my *****.  
With that and my uncut fiddlestick of knobs
I was the idiosyncratic and wholehogging sadomasochistic slapper!

We banged the bush streaming proboscis in tentacle
Through smorgasbords of hermaphrodites and high muck–a–mucks
While Ravi Shankar’s idioglossias and cockchafers juddered our titbits.  
Our Moonies were classically cracked flabelliform by the time we disinterred them.  
Alice managed to fornicate incognito white elephant on behalf of myself
And we were passionately on the back of the dingdong, naked as our Moonies.

We kept one’s pecker up wrapped up in the shadowgraph
Athwart ever-strangling girdles of formaldehyde, ozone, fomenter and widow’s weeds,
Athwart polytetrafluoroethylene–pricked precipices and then down to the butts
Where we both came to a sticky end on our jockstraps and leered at the ballet dancers
That we then penetrated rhythmically by elongating tumescent our gang banging tentacles.  
Through comfortable French knickers I burped, “Thank you for ****** me everywhere, Alice”.  
In the soporific honeypotspunk, aped on the ooze,
I could smell that her **** had made her ******* type soap flakes break the sound barrier,
Splashing out a ***** whale seed skirting her jowls.  
“You’re fragrant, flypaper”, she rapped.

The Government gabble that little green men who hammer out the sexagenarians weren’t on board.  
Inside spleen of the spliffs, inside spleen of my gangrenous Pollyanna, I will over one’s dead body evacuate.  
I will over one’s dead body evacuate.
Copyright © Irma Cerrutti 2009
Eleni Jun 2017
Friday- the most promising day of all.
The beginning of the weekend, but the one day that will spark appall.

Down on Mainstreet all the girls
In their fringed dresses, pouting their foxy lips and their hair waving in short messes.

The hags frown as the winged ladies pass by- displaying their carriages a little sly.

Oh, but Jane's favourite speakeasy was 'The Back Room' down on Norfolk Street: the place where the lost creatures meet.

Tin ceilings, velvet wallpaper, plush thrones and back in that dark corner, there is the sound of low moans.

'A whiskey, neat, please' as a shadow in a tuxedo walked towards her and he whispered 'Hi,' in a sensual purr.

'Who are you?' he stirred,
'Oh, I'm Miss Doe' and he lept into the stool with a swift flow.

And the jazz trumpets married the spontaneous harmonies and the saxophone created sublime melodies.

So they sat as idle as ghouls in the dim spotlights, until Jane asked Mr Buck:

'D'you fight in the war?' And he whined 'Cambrai, Amiens and Lys' - his lips seemed a little sore.

'I'm sorry - do I know you?' His face looked as familiar as Jay to Nick. A brief pause in time at that smile.

That was the final chord to the "lick".
He drove her down to Roslyn- to his replica of Versailles and Jane looked intensely shy.

'Oh, do come in,' the desperado soughed. And she walked into the gilded palace which Cupid's presence bowed.

'I have a favour to ask of you, Miss Doe. Would you be as kind to wash away my woe?'

And as they congressed under diamond chandeliers, his comrades gathered around the bed in amorphous silhouettes; watching disgustedly.

As for Mr Buck he was an alien, skin-to-skin with a haunted beauty and Miss Doe- a labourer on duty.
A story based on the aftermath of the First World War, the birth of a "lost generation" and the excess of the 1920s.

1 'Miss Doe...Mr Buck' referring to a mature female of mammals of which the male is called 'buck'. This further adds to the animalistic imagery of their encounter.

2 'Cambrai, Amiens and Lys' battles of the First World War which the United States was comprised of the allied effort.

3 'Jay to Nick... that smile' an allusion of 'The Great Gatsby' when Gatsby and Nick meet for the first time at one of his lavish parties. Nick romanticises Gatsby's understanding smile.

4 'Lick' a jazz term for a repeating pattern or phrase in music.

5 'Replica of Versailles' a regal palace in France in this poem representing the wealthy individuals of 1920s America in New York.
Jane Deer Oct 2014
København.
Jeg elsker dine lyse nætter.
Det rødlige skær der siver ind mellem gardinerne når jeg slukker mit lys.
Biler der kører forbi, sirener i det fjerne og lyden af folks liv der passerer  mine vinduer.
jeg sidder i et lyst mørke og tænker
det her er mit hjem
jeg vil aldrig hjem igen
andenrangs poet Nov 2014
på en varm juni nat i
vor tids paris
dansede jeg rundt på brostenene
i dine arme til lyden af 20'ernes jazz
fra en pladespiller i et åbent kældervindue
og livet smagte af champagne og luften
var fyldt med kærlighed, latter, og den
aftagende duft at læbestift og chanel
og jeg følte mig lidt som daisy
gjorde det i gatsbys arme og
vi gentog fortiden på ny
men det grønne lys
forsvandt også fra os og det værste
er at det har jeg altid vidst inderst inde
men jeg danser stadig hen af brostenene
når fortiden indhenter mig endnu
engang
"you can't repeat the past? Why, of course you can, old sport!"
Le ciel... prodigue en leur faveur les miracles.
La postérité de Joseph rentre dans la terre de Gessen ;
Et cette conquête, due aux larmes des vainqueurs,
Ne coûte pas une larme aux vaincus.
Chateaubriand, Martyrs.

I.

Savez-vous, voyageur, pourquoi, dissipant l'ombre,
D'innombrables clartés brillent dans la nuit sombre ?
Quelle immense vapeur rougit les cieux couverts ?
Et pourquoi mille cris, frappant la nue ardente,
Dans la ville, au **** rayonnante,
Comme un concert confus, s'élèvent dans les airs ?

II.

Ô joie ! ô triomphe ! ô mystère !
Il est né, l'enfant glorieux,
L'ange que promit à la terre
Un martyr partant pour les cieux :
L'avenir voilé se révèle.
Salut à la flamme nouvelle
Qui ranime l'ancien flambeau !
Honneur à ta première aurore,
Ô jeune lys qui viens d'éclore,
Tendre fleur qui sors d'un tombeau !

C'est Dieu qui l'a donné, le Dieu de la prière.
La cloche, balancée aux tours du sanctuaire,
Comme aux jours du repos, y rappelle nos pas.
C'est Dieu qui l'a donné, le Dieu de la victoire !
Chez les vieux martyrs de la gloire
Les canons ont tonné, comme au jour des combats.

Ce bruit, si cher à ton oreille,
Joint aux voix des temples bénis,
N'a-t-il donc rien qui te réveille,
Ô toi qui dors à Saint-Denis ?
Lève-toi ! Henri doit te plaire
Au sein du berceau populaire ;
Accours, ô père triomphant !
Enivre sa lèvre trompée,
Et viens voir si ta grande épée
Pèse aux mains du royal enfant.

Hélas ! il est absent, il est au sein des justes.
Sans doute, en ce moment, de ses aïeux augustes
Le cortège vers lui s'avance consolé :
Car il rendit, mourant sous des coups parricides,
Un héros à leurs tombes vides,
Une race de rois à leur trône isolé.

Parmi tous ces nobles fantômes,
Qu'il élève un front couronné,
Qu'il soit fier dans les saints royaumes,
Le père du roi nouveau-né !
Une race longue et sublime
Sort de l'immortelle victime ;
Tel un fleuve mystérieux,
Fils d'un mont frappé du tonnerre,
De son cours fécondant la terre,
Cache sa source dans les cieux.

Honneur au rejeton qui deviendra la tige !
Henri, nouveau Joas, sauvé par un prodige,
À l'ombre de l'autel croîtra vainqueur du sort ;
Un jour, de ses vertus notre France embellie,
À ses sœurs, comme Cornélie,
Dira : « Voilà mon fils, c'est mon plus beau trésor. »

III.

Ô toi, de ma pitié profonde
Reçois l'hommage solennel,
Humble objet des regards du monde
Privé du regard paternel !
Puisses-tu, né dans la souffrance,
Et de ta mère et de la France
Consoler la longue douleur !
Que le bras divin, t'environne,
Et puisse, ô Bourbon ! la couronne
Pour toi ne pas être un malheur !

Oui, souris, orphelin, aux larmes de ta mère !
Ecarte, en te jouant, ce crêpe funéraire
Qui voile ton berceau des couleurs du cercueil ;
Chasse le noir passé qui nous attriste encore ;
Sois à nos yeux comme une aurore !
Rends le jour et la joie à notre ciel en deuil !

Ivre d'espoir, ton roi lui-même,
Consacrant le jour où tu nais,
T'impose, avant le saint baptême,
Le baptême du Béarnais.
La veuve t'offre à l'orpheline ;
Vers toi, conduit par l'héroïne,
Vient ton aïeul en cheveux blancs ;
Et la foule, bruyante et fière,
Se presse à ce Louvre, où naguère,
Muette, elle entrait à pas lents.

Guerriers, peuple, chantez ; Bordeaux, lève ta tête,
Cité qui, la première, aux jours de la conquête,
Rendue aux fleurs de lys, as proclamé ta foi.
Et toi, que le martyr aux combats eût guidée,
Sors de ta douleur, ô Vendée !
Un roi naît pour la France, un solda naît pour toi.

IV.

Rattachez la nef à la rive :
La veuve reste parmi nous,
Et de sa patrie adoptive
Le ciel lui semble enfin plus doux.
L'espoir à la France l'enchaîne ;
Aux champs où fut frappé le chêne
Dieu fait croître un frêle roseau.
L'amour retient l'humble colombe ;
Il faut prier sur une tombe,
Il faut veiller sur un berceau.

Dis, qu'irais-tu chercher au lieu qui te vit naître,
Princesse ? Parthénope outrage son vieux maître :
L'étranger, qu'attiraient des bords exempts d'hivers
Voit Palerme en fureur, voit Messine en alarmes,
Et, plaignant la Sicile en armes,
De ce funèbre éden fuit les sanglantes mers.

Mais que les deux volcans s'éveillent !
Que le souffle du Dieu jaloux
Des sombres géants qui sommeillent
Rallume enfin l'ardent courroux ;
Devant les flots brûlants des laves
Que seront ces hautains esclaves,
Ces chefs d'un jour, ces grands soldats ?
Courage ! ô vous, vainqueurs sublimes !
Tandis que vous marchez aux crimes,
La terre tremble sous vos pas !

Reste au sein des français, ô fille de Sicile !
Ne fuis pas, pour des bords d'où le bonheur s'exile,
Une terre où le lys se relève immortel ;
Où du peuple et des rois l'union salutaire
N'est point cet ***** adultère
Du trône et des partis, des camps et de l'autel.

V.

Nous, ne craignons plus les tempêtes !
Bravons l'horizon menaçant !
Les forfaits qui chargeaient nos têtes
Sont rachetés par l'innocent !
Quand les nochers, dans la tourmente,
Jadis, voyaient l'onde écumante
Entr'ouvrir leurs frêle vaisseau,
Sûrs de la clémence éternelle,
Pour sauver la nef criminelle
Ils y suspendaient un berceau.

Octobre 1820.
Sage King Nov 2011
Les jours passent si rapidement quand la vie est à l'arrêt
Un flou de gris et de bruns
Créer un fanées bouquet incomplète
Une fois qu'ils ont donné la beauté lys blancs et des violettes magnifiques
Puis il y avait une rose
Puis il n'y avait rien
Arpenter rythme rythme rythme
Fleurs sur le plancher de la chambre
Couleur dans la poussière, les pétales en gris
Fondu la décoloration à la décoloration à la cendre
Coincé dans les images
Se cacher dans les rêves
Nuits passent si lentement quand la vie est la fugue
Courir courir courir
Laissant mon bouquet fané.

Days pass so quickly when life is standing still
A blur of grays and browns
Creating a withered, incomplete bouquet
Once they gave beauty,  white lilies and magnificent violets
Then there was a rose
Then there was nothing
Pacing, pacing, pacing, pacing
Flowers on the bedroom floor
Color into dust, petals into gray
Fading, fading, fading  to ash
Lingering in  pictures
Hiding in dreams
Nights pass so slowly when life is running away
Running, running, running,
Leaving my withered bouquet.
Vi lovede hinanden hele den store verden dengang
Tiderne var anderledes, klokken var 22 når den var 17.
Vi havde stjerneregn af kæmpemæssige følelser
Som vi åd af hinanden, slikkede og fik kuldegysninger.
Lange aftener, som fik det hele til at vare dobbelt kort.
Jeg er ikke engang sikker på at jeg savner det
Eller dig. Eller noget af det vi gjorde sammen
Men en del har bidt sig fast. Jeg er blevet ramt
Af en virus. En fejl i mit liv, som du har plantet
I mig og min indre globe og færden, når jeg søger
Efter ting, som jeg umuligt kan få, finde eller fjerne
Jeg er syg, og mit immunforsvar svækkes, men
Jeg går i skole. Jeg lever mit liv videre, med
Tanken om at jeg ikke ved hvornår det stopper
Jeg vil lukke følelsen af dig/det/os ud af mig selv
Du styrer alt det du ikke må og du får alt så let
Så jeg lever livet videre, jeg lærer at ignorere det mave
Sår du har plantet i mig. Jeg sover det væk.
Drømmer mig væk fra realiternes smerter. For jeg kan
Ikke klare det hele. Jeg ser ikke klart. Jeg mærker ikke
Det lys som alle siger kommer, og når de andre fortæller
Mig at det hele er hurtigt glemt. Tvivler jeg på mig selv og
På mine følelser. For jeg har ingen følelser, ingen tanker
Ingenting. Jeg har ikke noget og jeg er fortabt. For alt hvad
Jeg vil have og eje er fysisk kontakt med dig. Jeg vil se på
Dig se på mig. Jeg vil have at du fortæller mig at jeg er smuk
Og så er det det, efter vi har kysset. Så er det det. For man skal
Ikke sådan noget. For det spil vi spiller er farligt. Med et hug
Bliver man slået hjem. Hvis ikke man lander på stjernen eller
På verdenstegnet. Så er det hjem, uden noget som helst.
Vi er en tikkende bombe. For hvor mange sekunder går der
IKKE før du egentlig finder ud af hvem jeg er, vi er, du er.
Til du finder ud af at du er bedre. Jeg kan ikke. Jeg tænker
Jeg kan. Men det hele er forkert. Jeg er kommet til at bruge alt
For mange kræfter på ting man kan få kræft af. Jeg er styret af den
Kraft du har. Jeg bliver ved med at bryde mig selv ned, selvom de
Andre nogle gange prøver at få mig op og stå igen. Det (s)eneste
Som jeg ikke har, er alt det jeg ikke kan få. Og jeg ved ikke
Engang hvad det er, eller om jeg er sikker på at jeg ved det på
Et tidspunkt. Jeg løber en tur væk fra mig selv. Jeg prøver
At eskapere fra verden. Jeg er flygtning fra mig selv.
Så kom her. Læg dig sammen med mig. Lad os lytte til din stemme
Bare et par mange gange, så jeg kan høre på alle de kloge ting
Du gør og siger. Ligesom den gang jeg gjorde det før.
Dengang det hele var godt.
Da vi to ejede verden, og hinanden. Men det gjorde vi ikke.
For du er helt ny, opstået så pludseligt, men sådan er det bare.
I have no store
Of gryphon-guarded gold;
Now, as before,
Bare is the shepherd’s fold.
Rubies nor pearls
Have I to gem thy throat;
Yet woodland girls
Have loved the shepherd’s note.

Then pluck a reed
And bid me sing to thee,
For I would feed
Thine ears with melody,
Who art more fair
Than fairest fleur-de-lys,
More sweet and rare
Than sweetest ambergris.

What dost thou fear?
Young Hyacinth is slain,
Pan is not here,
And will not come again.
No horned Faun
Treads down the yellow leas,
No God at dawn
Steals through the olive trees.

Hylas is dead,
Nor will he e’er divine
Those little red
Rose-petalled lips of thine.
On the high hill
No ivory dryads play,
Silver and still
Sinks the sad autumn day.
er rigtige digte lavet af de knogler, du bruger
til at løfte skovens blade med
jeg ved det ikke, for når jeg ser mod byens lys
ser jeg kun en skygge af dig, og av
hvor det egentlige skærer i mine øjne,
men nej
hvor kan jeg ikke lade være med at se en anden vej
for det gør så ondt at se dig i en andens refleksion,
så jeg lukker bare øjnene, måske kan røgen tynge
dig i gulvet, det har jeg jo set den gøre så mange
gange før, men her i byen kan du ikke tynges ned
af nogen, her er du din egen helt, for her er der
ikke nogen, der kan redde dig, men måske kan
jeg, hvis jeg prøver lidt mere, end hvad jeg gjorde
før månen skar i dine håndled
du spiser min barnesjæl, og fortæller mig, at
mine øjne er lavet af kviksølv
når du taler om mig, får du bedre karakterer i
fysik, men jeg tror ikke på noget af det, du siger
så jeg tænder en ekstra, og håber på, du giver
mig en ekstra chance
for at være eller måske blot blive
hende, du mangler
- digte om alt det, der skete dengang
Now can you see the monument? It is of wood
built somewhat like a box. No. Built
like several boxes in descending sizes
one above the other.
Each is turned half-way round so that
its corners point toward the sides
of the one below and the angles alternate.
Then on the topmost cube is set
a sort of fleur-de-lys of weathered wood,
long petals of board, pierced with odd holes,
four-sided, stiff, ecclesiastical.
From it four thin, warped poles spring out,
(slanted like fishing-poles or flag-poles)
and from them jig-saw work hangs down,
four lines of vaguely whittled ornament
over the edges of the boxes
to the ground.
The monument is one-third set against
a sea; two-thirds against a sky.
The view is geared
(that is, the view's perspective)
so low there is no "far away,"
and we are far away within the view.
A sea of narrow, horizontal boards
lies out behind our lonely monument,
its long grains alternating right and left
like floor-boards--spotted, swarming-still,
and motionless.  A sky runs parallel,
and it is palings, coarser than the sea's:
splintery sunlight and long-fibred clouds.
"Why does the strange sea make no sound?
Is it because we're far away?
Where are we? Are we in Asia Minor,
or in Mongolia?"
                            An ancient promontory,
an ancient principality whose artist-prince
might have wanted to build a monument
to mark a tomb or boundary, or make
a melancholy or romantic scene of it...
"But that queer sea looks made of wood,
half-shining, like a driftwood, sea.
And the sky looks wooden, grained with cloud.
It's like a stage-set; it is all so flat!
Those clouds are full of glistening splinters!
What is that?"
                        It is the monument.
"It's piled-up boxes,
outlined with shoddy fret-work, half-fallen off,
cracked and unpainted.  It looks old."
--The strong sunlight, the wind from the sea,
all the conditions of its existence,
may have flaked off the paint, if ever it was painted,
and made it homelier than it was.
"Why did you bring me here to see it?
A temple of crates in cramped and crated scenery,
what can it prove?
I am tired of breathing this eroded air,
this dryness in which the monument is cracking."

It is an artifact
of wood.  Wood holds together better
than sea or cloud or and could by itself,
much better than real sea or sand or cloud.
It chose that way to grow and not to move.
The monument's an object, yet those decorations,
carelessly nailed, looking like nothing at all,
give it away as having life, and wishing;
wanting to be a monument, to cherish something.
The crudest scroll-work says "commemorate,"
while once each day the light goes around it
like a prowling animal,
or the rain falls on it, or the wind blows into it.
It may be solid, may be hollow.
The bones of the artist-prince may be inside
or far away on even drier soil.
But roughly but adequately it can shelter
what is within (which after all
cannot have been intended to be seen).
It is the beginning of a painting,
a piece of sculpture, or poem, or monument,
and all of wood.  Watch it closely.
Grålige toner turnerer rundt, isnende.
Smaragder, forklædt som mine bankede, tunge og paniske hjerteslag.
Febrilsk narrer vi hinanden til at være glade
Følelses-dækkende smil og hjerter, I dette
mørke, som har sænket sig ned over os.
Alle går vi rundt med minder, miner, sorte og triste.
Trængede efter lyst og lys kaster vi os over hinanden.
Skyder med en stjerneregn af følelser mod personlige parader.
Når solen kaster sig over mig og jeg stiger til vejrs.
Vi skal forenes og forsones, vi vil kende til hiannden.
Så husker du mig, så vil du kendes ved mig.
llcb Dec 2014
Petrichor lugten af eftertænksomhed.
De dage hvor du åbner dit vindue en lille anelse
minder dig om alle de store dele – såsom du er en lille del af en del.
Universets uendelighed som er uendeligt ubegribeligt og uhåndterligt.
Tid og tider, som kan betænkes i større uendeligheder en selve stjerners hjem.

De stjerner som minder dig om at almægtige ting findes uden at prale.
De lyser jo kun når alt andet sover.

Fortæller dig alt uden egentlig at fortælle dig noget.

Kun fra åben himmel mindes du om; at storme og solskin, ravmørke og blændende lys eksisterer under samme åbne tag.
Kun fra åben himmel mindes du om; at verden skal erfares ud fra din erfaring om at erindringer skaber erfaring om eksistensen.
Den smukke eksistens, som du kender men kun eftermæles når du åbner ud til og ser med mere en bare blå små nethinder.

Jeg byder CO2 og alverdens støj velkommen, så længe at reinkarneret regn og vild vind trænger gennem mit vindues sprække og stjerner fra tid til anden praler for mig i mørket, når man som jeg synes at natten bruges bedre med en Marlboro cigaret og halvkold kaffe i hånden, end dagen med stress i sindet.

Mit vindue står ihvertfald åbent, fordi eftertænksomheden skal erfares.
Alexander Nelson Apr 2012
dont need relief from cluster headaches, hopefully i never will
i don't need pink blotting paper
i don't want anxiety to the point where I can't breathe
i don't want to rhyme anymore
i just want to understand why the man in the toll booth
annoys me to any extent
i hear something as i walk past him
maybe its his thoughts, or just the physical
presence, of him tapping the metal siding
maybe he's an introvert that's come out of hiding
maybe i just lied about not rhyming, i can't decide
i honestly can't decide anything anymore, it's beyond indecision
its bent derision of vision
it's beyond confusion, because the confused know that they are
im confused about whether im even confused in the first place
i am... urges, i am... impulse, im not...progress, or it seems that way
i could be progressing in relative terms, that's if einstein was right
but who the hell knows if he was
humans have been on earth for 5 million years, a drop
in the geological bucket, **** it
where's motivation when all collected knowledge
could "in itself" be progressing in the wrong direction
at that point we are the id and nothing more
we have nothing to offer microbial nature
on any other planets nomenclature, mars for instance
has a higher knowledge, their +1, we're -100
im just talking this system, god knows what's just 4 lys away
probably nothing, but nasa still wants to take more pictures of uranus
kiss it *****
Sophia Edens Jan 2015
Jeg gemmer mig bag alt.
Her for tiden,
er det somom der intet forhæng er,
foran mig.
Jeg kan kun gemme mig
bag mennesker jeg elsker,
mange ting er ved at gå op for mig nu.
Tingene bliver seriøse.
Jeg bliver ældre,
uden min egen vilje.
Og så dog ja.
Jeg vil gerne blive ældre,
opleve verden,
møde nye artsfæller
og musik skal spille forbi mig i en ****.
Jeg vil være lært.
Bekræftet.
Elsket, ikke af alle, men af nogen.
Men lige nu
er jeg ikke den jeg vil være, endu.
Lige nu skal jeg gemmes væk
fra det skæmmende og tænke frem.
Ikke være i nuet som alle andre.
Ikke kigge tilbage på de gamle billeder.
Kun frem. Kune frem. Kun frem.
Jeg er der snart.
Jeg består ikke det der ******.
Men når lige at hoppe med
inden det kører fra mig,
mod det hvide, uklare lys.
Hent mig.
Fra dette skræmmende sted.
Læg dig ved siden af mig
og sig ingen lyd.
Kun dig og dit åndedræt,
har jeg brug for.
Kun dit nærvær.
Kun nærvær.
Nærvær.
Og gem mig væk.
Anna Jan 2017
jeg har babyhår men jeg har også store lår
og min første g-streng var rød
rød som menstruationen der piblede ned af lårbasserne
på min 13-års fødselsdag hvor vi fik lov til at drikke red bull
men mor stoppede mig ikke da jeg gik over for rødt på krystalgade
og jeg fik ikke set mig om før jeg blev ramt,
ramt af hjertesorger, tunge lunger og lette smøger
der blev proppet i kæften på mig som 14-årig fordi jeg havde drukket små gule
og senere var det stadig gult, og grumset også, da det hele kom op igen
men han sagde jo bare det var sodavand,
og jeg tror bestemt han bliver en flot mand,
så hvorfor skulle jeg benægte,
for hans hvide tænder får mig til at tænke på farvefest i 1g
hvor vi alle var klædt som hvide konfigizz og bællede gule øller
og endnu engang blev mine grønne stan smiths dækket til
af rød, grøn, blå
fordi jeg ville så gerne smage de små grønne også, for det glimtede grønt som en smagragd
hvilket minder mig om karl kristian ravn, der tyggede blåt tyggegummi og spyttede det ud, ligesom mit hjerte
og smøgerne blev der ikke sparet på
for bådsmandsstræde var beklædt af elever der sagde "lad mig gå klædt som jeg vil" men rullede med øjnene når piger fra ghg gik forbi med deres gucci og givenCHY -
by the way hvor er LOUIS? jeg tror han er gået kold
og hvorfor omtaler vi meget-fulde folk som gået kold når alkoholen tværtimod varmer
men det varmer ikke vores hjerter, for vi ved han ikke skriver tilbage senere
og han har nok trukket blondinen med
med hendes lilla'e gazelle sneaker,
selvom *** udemærket godt ved at han er en heartbreaker
så hvorfor går jeg med den orange læbestift
når jeg ved det ikke er på mode,
men hvad er mode, og hvorfor ka jeg ikke engang læse en node
for mine venner elsker pink, pink, PINK FLOYD
men jeg er så umusikalsk at jeg ikke engang kan finde ud af,
at FLØJT'
men jeg bider i det i mig, og bæller den sorte kaffe i mig,
skriver på instagram at min sjæl er lige så mørk som mit tøj
velvidende om at jeg hader at gå hjem i mørket
medmindre det er hjem til bertram mørk
men når jeg gør
sikrer jeg mig at der er grønt lys før jeg krydser vejen
grønt lys, grøn kost og grøn livsstil
for nu nægter jeg at bære rødt, rødt som blodet fra koen der nu er din hakkebøf
vent nu bare for satan på at det bliver grønt,
før du krydser vejen
Hazel May 2017
Klokken er 02:52
Jeg har lige røget en cigaret
Blå king's for at være præcis
Alt er mørkt omkring mig
På nær et rødt lys som garanteret lyser
mit ansigt op i mørket.
Jeg sidder en smule ubekvemt i
en rød sækkestol som matcher det eneste lys i rummet, lidt corny hvis du spørger mig!
Her sidder jeg så alene, men det gør ingenting, fordi regnen på ruderne får det hele til at fremstå levende, i et ellers dødt ***.
Klokken er nu 02:57, det er 5 minutter siden jeg begyndte at skrive alt dette.
-Hazel
Gammel kærlighed ruster aldrig
siger de.
Så vi overvander potteplanterne
Gøder platantræerne
for at få dem til at blomstre.
Prøver at slå gnister.
Tænder en flamme
Eller bryder ud i lys lue
Men der sker ikke noget.
For, havde vi kærlighed?
Var det bare spænding
Mellem benene?
Eller var det bare to venner,
som kedede sig?
Je l'ai dit quelque part, les penseurs d'autrefois,
Épiant l'inconnu dans ses plus noires lois,
Ont tous étudié la formation d'Ève.
L'un en fit son problème et l'autre en fit son rêve.
L'horreur sacrée étant dans tout, se pourrait-il
Que la femme, cet être obscur, puissant, subtil,
Fût double, et, tout ensemble ignorée et charnelle,
Fît hors d'elle l'aurore, ayant la nuit en elle ?
Le hibou serait-il caché dans l'alcyon ?
Qui dira le secret de la création ?
Les germes, les aimants, les instincts, les effluves !
Qui peut connaître à fond toutes ces sombres cuves ?
Est-ce que le Vésuve et l'Etna, les reflux
Des forces s'épuisant en efforts superflus,
Le vaste tremblement des feuilles remuées,
Les ouragans, les fleurs, les torrents, les nuées,
Ne peuvent pas finir par faire une vapeur.
Qui se condense en femme et dont le sage a peur ?

Tout fait Tout, et le même insondable cratère
Crée à Thulé la lave et la rose à Cythère.
Rien ne sort des volcans qui n'entre dans les coeurs.
Les oiseaux dans les bois ont des rires moqueurs
Et tristes, au-dessus de l'amoureux crédule.
N'est-ce pas le serpent qui vaguement ondule
Dans la souple beauté des vierges aux seins nus ?
Les grands sages étaient d'immenses ingénus ;
Ils ne connaissaient pas la forme de ce globe,
Mais, pâles, ils sentaient traîner sur eux la robe
De la sombre passante, Isis au voile noir ;
Tout devient le soupçon quand Rien est le savoir ;
Pour Lucrèce, le dieu, pour Job, le kéroubime
Mentaient ; on soupçonnait de trahison l'abîme ;
On croyait le chaos capable d'engendrer
La femme, pour nous plaire et pour nous enivrer,
Et pour faire monter jusqu'à nous sa fumée ;
La Sicile, la Grèce étrange, l'Idumée,
L'Iran, l'Egypte et l'Inde, étaient des lieux profonds ;
Qui sait ce que les vents, les brumes, les typhons
Peuvent apporter d'ombre à l'âme féminine ?
Les tragiques forêts de la chaîne Apennine,
La farouche fontaine épandue à longs flots
Sous l'Olympe, à travers les pins et les bouleaux,
L'antre de Béotie où dans l'ombre diffuse
On sent on ne sait quoi qui s'offre et se refuse,
Chypre et tous ses parfums, Delphe et tous ses rayons,
Le lys que nous cueillons, l'azur que nous voyons,
Tout cela, c'est auguste, et c'est peut-être infâme.
Tout, à leurs yeux, était sphinx, et quand une femme
Venait vers eux, parlant avec sa douce voix,
Qui sait ? peut-être Hermès et Dédale, les bois,
Les nuages, les eaux, l'effrayante Cybèle,
Toute l'énigme était mêlée à cette belle.

L'univers aboutit à ce monstre charmant.
La ménade est déjà presque un commencement
De la femme chimère, et d'antiques annales
Disent qu'avril était le temps des bacchanales,
Et que la liberté de ces fêtes s'accrut
Des fauves impudeurs de la nature en rut ;
La nature partout donne l'exemple énorme
De l'accouplement sombre où l'âme étreint la forme ;
La rose est une fille ; et ce qu'un papillon
Fait à la plante, est fait au grain par le sillon.
La végétation terrible est ignorée.
L'horreur des bois unit Flore avec Briarée,
Et marie une fleur avec l'arbre aux cent bras.
Toi qui sous le talon d'Apollon te cabras,
Ô cheval orageux du Pinde, tes narines
Frémissaient quand passaient les nymphes vipérines,
Et, sentant là de l'ombre hostile à ta clarté,
Tu t'enfuyais devant la sinistre Astarté.
Et Terpandre le vit, et Platon le raconte.
La femme est une gloire et peut être une honte
Pour l'ouvrier divin et suspect qui la fit.
A tout le bien, à tout le mal, elle suffit.

Haine, amour, fange, esprit, fièvre, elle participe
Du gouffre, et la matière aveugle est son principe.
Elle est le mois de mai fait chair, vivant, chantant.
Qu'est-ce que le printemps ? une orgie. A l'instant,
Où la femme naquit, est morte l'innocence.
Les vieux songeurs ont vu la fleur qui nous encense
Devenir femme à l'heure où l'astre éclôt au ciel,
Et, pour Orphée ainsi que pour Ézéchiel,
La nature n'étant qu'un vaste *****, l'ébauche
D'un être tentateur rit dans cette débauche ;
C'est la femme. Elle est spectre et masque, et notre sort
Est traversé par elle ; elle entre, flotte et sort.
Que nous veut-elle ? A-t-elle un but ? Par quelle issue
Cette apparition vaguement aperçue
S'est-elle dérobée ? Est-ce un souffle de nuit
Qui semble une âme errante et qui s'évanouit ?
Les sombres hommes sont une forêt, et l'ombre
Couvre leurs pas, leurs voix, leurs yeux, leur bruit, leur nombre ;
Le genre humain, mêlé sous les hauts firmaments,
Est plein de carrefours et d'entre-croisements,
Et la femme est assez blanche pour qu'on la voie
A travers cette morne et blême claire-voie.
Cette vision passe ; et l'on reste effaré.
Aux chênes de Dodone, aux cèdres de Membré,
L'hiérophante ému comme le patriarche
Regarde ce fantôme inquiétant qui marche.

Non, rien ne nous dira ce que peut être au fond
Cet être en qui Satan avec Dieu se confond :
Elle résume l'ombre énorme en son essence.
Les vieux payens croyaient à la toute puissance
De l'abîme, du lit sans fond, de l'élément ;
Ils épiaient la mer dans son enfantement ;
Pour eux, ce qui sortait de la tempête immense,
De toute l'onde en proie aux souffles en démence
Et du vaste flot vert à jamais tourmenté,
C'était le divin sphinx féminin, la Beauté,
Toute nue, infernale et céleste, insondable,
Ô gouffre ! et que peut-on voir de plus formidable,
Sous les cieux les plus noirs et les plus inconnus,
Que l'océan ayant pour écume Vénus !

Aucune aile ici-bas n'est pour longtemps posée.
Quand elle était petite, elle avait un oiseau ;
Elle le nourrissait de pain et de rosée,
Et veillait sur son nid comme sur un berceau.
Un soir il s'échappa. Que de plaintes amères !
Dans mes bras en pleurant je la vis accourir...
Jeunes filles, laissez, laissez, ô jeunes mères,
Les oiseaux s'envoler et les enfants mourir !

C'est une loi d'en haut qui veut que tout nous quitte.
Le secret du Seigneur, nous le saurons un jour.
Elle grandit. La vie, hélas ! marche si vite !
Elle eut un doux enfant, un bel ange, un amour.
Une nuit, triste sort des choses éphémères !
Cet enfant s'éteignit, sans pleurer, sans souffrir...
Jeunes filles, laissez, laissez, ô jeunes mères,
Les oiseaux s'envoler et les enfants mourir !

Le 22 juin 1842.
to lukkede øjne
mødes i nattens mørke lys
blanke silhuetter danser
sanser efter duften af hjem
et helt fremmed sted
eksistenser der efterlader ar i huden, trukket over ryggen, over leggene, over identiteten
mulden i hjertet, hjertet i halsen
gravsten i ribbenene og knive i albuerne
asfalt under neglene, asfaltsmanicure
river huden op river en i stykker
vi vil underholde vi nedbrydder os selv smil for smil
tænder et lys i mit hjerte for dig jeg vil stråle men
først skal tågen af melankoli fordampe mit
lys ligger bag et gardin af tristhed
sådan en rodløs forvirring en rodløs ligegyldighed
med murbroksruiner i lungerne får jeg vejrtrækningsproblemer
og skårrene i din latter stikker
ingen er ødelagte, men alle er flitrende
vi vil underholdes
Jeg gik ind til festen. Jeg så ham. Han tænkte på mig. Han holdt diskret øje. Han så mig svinge håret. Han kiggede på mine lange ben snog sig på dansegulvet.
Jeg dansede. Jeg havde en fest. Jeg glemte alt om ham. Imens han kyssede hendes læber. Jeg vidste *** var billig. Jeg var ligeglad. Det var han ikke. Jeg kom, jeg så, jeg sejrede.
Jeg er mere end hende. Det vidste både han, *** og jeg. Jeg vidste at alle vidste det.  
Jeg sagde til ham, at han kunne gøre bedre. Han smilede skævt. Han var flov. Han var blevet grå. Han havde intet lys. Jeg lyste af glæde, lækkerhed og overskud.
Jeg gik. Jeg forsvandt. Jeg lod ham stå. Han var tilbage.
Jeg var sammen med andre, selvom jeg var alene.
*Han var alene, selvom han var sammen med en anden.
A Thomas Hawkins Jul 2010
Who wants to come and join me
on a poetry retreat
We'll get to hang out somewhere cool
while putting up our feet

Perhaps in an old hunting lodge
or cabins by the sea
or maybe a French Chateau
underneath the Fleur de Lys

There'll be no one there but poets
folks like you and me
Who come to share ideas
and practice poetry

Perhaps there'll be a workshop
a recital maybe two
Where we take turns reading our poems
one from me then one from you

And when the weekends over
we'll part from our new friends
full of inspiration
may our passion never end.
Snigende kommer efteråret.
Året efter, selvom det knapt er en måned
Mørket får tiden til at gå langsomt
Som lange lyse nætter, men omvendt
Venter på lys i min tankerække
Rækker ud efter dig, men du er væk
Vækker mig selv om natten, kun mig.
Jeg er alene. Uden nogen rustning, alene.
Snigende kommer efteråret.
Nora Morell Feb 2016
En lille kvantefluktuation
kan udløse inflation
Du bliver til en ursuppe
Millioner grader varm
Hvor ingen elementarpartikler
kan parres
Hvor selv lyd og lys ikke kan trænge
igennem dig

Når jeg ligger søvnløs
disse nætter
Trøster jeg mig selv
ved tanken om
at om ca 13,82 milliarder år
Har du udvidet dig
og du har tempereret dig
Så systemer af sole, stjerner
og støv kan bestå
Så heliumkerner, hydrogen og
hafnium kan dannes
Og jeg endelig kan trække vejret
i dit
**kosmiske temperament
sara p Feb 2015
de to små streger skriger
i mine øjne
havde jeg været forsigtig,
taget hvert skridt på æggeskaller og
tænkt lange tanker,
ville jeg løbe videre ubekymret
i dette sekund og
danse i nattens lys

men nu
nu, har jeg solens stråler
i maven
det smager bittert
som om det ikke passer ind

de lyseblå dråber fra mine øjne
er krystalklare
de skærer i mit sind og
hvisker hvad jeg skal gøre

de hvide vægge er kolde
jeg ser min sorte pedicure og
nu matcher den farven indeni
jeg burde være tom

men
jeg fortsætter i ungdommens
lange baner
jeg tegner blomster på blankt
papir og
jeg smiler samtidig
digt til en dansk opgave om abort

— The End —