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"brun" poems
drømmesind   februar måned - langt væk og lige om lidt før mig tilbage gennem tågen, gennem tankerne     minder; knyttet til sanserne (det duftede af noget bestemt, vi lyttede til denne her kunstner, det var koldt) og noget helt ubeskriveligt. en stemning tilbageblik, koldt    vinterferien: amsterdam, håndcreme, agnes obel, earl grey og støvet lugt i bygningen, helt bestemt væremåde, kold brun og mørkegrå og hvid og mintsmag et koldt hjem vejrmøller    at vågne fra en dyb søvn søndagssind
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Nov 15, 2015
Nov 15, 2015 at 4:42 AM UTC
sindstilstande
WHITE DOWN White down so high  and yet so lowly, soft, your flecks of light where brown turf darkens  damp, so innocently growing 'spite the weather; torn clouds, against the blue or grey, beside you green of moss stone, heather,  grasses, hay, Not lauded,  given honours like the rose but there the mountain knows your sweet repose.  M. A. Waddicor 10th sept 2011. Translated into Norwegian... MYRULL   Kvite dun så høgt på strå og likevel så kravlaus, mjuk.   Lysa dine logar der torva mørknar fuktig, brun.   Du veks uskuldig, rein trass uvêr, rivne skyer mot det blå og grå.   Ved sida di er grøne mosen, stein, lyng, gras og vier.   Ikkje lovprisa eller gjeve heidersteikn, som rosa bar; men fjellet kjenner til din vakre kvilestad.               M. A. Waddicor/ Gjendikting ved Åse Lilleskare Faugstad COTTON GRASS YOU WAVE Waving at the sky, you tufts of downy white, your presence in the marsh, or standing on the cracked dry earth, the bottom of a bog. So delicate you are, in such a place, where winter blizzards blow, and icy waters, snow,  cover your bed.  Yet there you always are,  a faithful friend to travellers, a light where grey skies dull, a flag to show where not to go  in rain. As pretty as a poem tossed  on hardy stems not pictured in a painting yet as dainty, beautiful  and free,  as any bloom can be.  M. Ann Waddicor  10th September 2011.
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Jan 1, 2016
Jan 1, 2016 at 7:47 AM UTC
Cotton grass poems/ Myrull poem
That song you sung as you drove South towards home, six hours or so The distance between us stretching As the road unwound to the night ahead I knew it by Cindi Lauper, you by Ane Brun Yet sooner or later that day will come Where all that you'll see in those same sad eyes Is a fading rainbow of grey and blue Your heart to me, so beautifully profound So oft resembled a puzzled word-search Where my dreams and reality never collide Complex and scattered yet meaning within And how i'd long to find my own name there Between love and desire across its central core All this time, there it was but broken in two Like a fractured rainbow of grey and blue
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Mar 28, 2017
Mar 28, 2017 at 5:56 PM UTC
Rainbows of Grey & Blue
Noirs de loupes, grêlés, les yeux cerclés de bagues Vertes, leurs doigts boulus crispés à leurs fémurs, Le sinciput plaqué de hargnosités vagues Comme les floraisons lépreuses des vieux murs ; Ils ont greffé dans des amours épileptiques Leur fantasque ossature aux grands squelettes noirs De leurs chaises ; leurs pieds aux barreaux rachitiques S'entrelacent pour les matins et pour les soirs ! Ces vieillards ont toujours fait tresse avec leurs sièges, Sentant les soleils vifs percaliser leur peau, Ou, les yeux à la vitre où se fanent les neiges, Tremblant du tremblement douloureux du crapaud. Et les Sièges leur ont des bontés : culottée De brun, la paille cède aux angles de leurs reins ; L'âme des vieux soleils s'allume, emmaillotée Dans ces tresses d'épis où fermentaient les grains. Et les Assis, genoux aux dents, verts pianistes, Les dix doigts sous leur siège aux rumeurs de tambour, S'écoutent clapoter des barcarolles tristes, Et leurs caboches vont dans des roulis d'amour. - Oh ! ne les faites pas lever ! C'est le naufrage... Ils surgissent, grondant comme des chats giflés, Ouvrant lentement leurs omoplates, ô rage ! Tout leur pantalon bouffe à leurs reins boursouflés. Et vous les écoutez, cognant leurs têtes chauves, Aux murs sombres, plaquant et plaquant leurs pieds tors, Et leurs boutons d'habit sont des prunelles fauves Qui vous accrochent l'oeil du fond des corridors ! Puis ils ont une main invisible qui tue : Au retour, leur regard filtre ce venin noir Qui charge l'oeil souffrant de la chienne battue, Et vous suez, pris dans un atroce entonnoir. Rassis, les poings noyés dans des manchettes sales, Ils songent à ceux-là qui les ont fait lever Et, de l'aurore au soir, des grappes d'amygdales Sous leurs mentons chétifs s'agitent à crever. Quand l'austère sommeil a baissé leurs visières, Ils rêvent sur leur bras de sièges fécondés, De vrais petits amours de chaises en lisière Par lesquelles de fiers bureaux seront bordés ; Des fleurs d'encre crachant des pollens en virgule Les bercent, le long des calices accroupis Tels qu'au fil des glaïeuls le vol des libellules - Et leur membre s'agace à des barbes d'épis.
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Les assis
Noirs de loupes, grêlés, les yeux cerclés de bagues Vertes, leurs doigts boulus crispés à leurs fémurs, Le sinciput plaqué de hargnosités vagues Comme les floraisons lépreuses des vieux murs ; Ils ont greffé dans des amours épileptiques Leur fantasque ossature aux grands squelettes noirs De leurs chaises ; leurs pieds aux barreaux rachitiques S'entrelacent pour les matins et pour les soirs ! Ces vieillards ont toujours fait tresse avec leurs sièges, Sentant les soleils vifs percaliser leur peau, Ou, les yeux à la vitre où se fanent les neiges, Tremblant du tremblement douloureux du crapaud. Et les Sièges leur ont des bontés : culottée De brun, la paille cède aux angles de leurs reins ; L'âme des vieux soleils s'allume, emmaillotée Dans ces tresses d'épis où fermentaient les grains. Et les Assis, genoux aux dents, verts pianistes, Les dix doigts sous leur siège aux rumeurs de tambour, S'écoutent clapoter des barcarolles tristes, Et leurs caboches vont dans des roulis d'amour. - Oh ! ne les faites pas lever ! C'est le naufrage... Ils surgissent, grondant comme des chats giflés, Ouvrant lentement leurs omoplates, ô rage ! Tout leur pantalon bouffe à leurs reins boursouflés. Et vous les écoutez, cognant leurs têtes chauves, Aux murs sombres, plaquant et plaquant leurs pieds tors, Et leurs boutons d'habit sont des prunelles fauves Qui vous accrochent l'oeil du fond des corridors ! Puis ils ont une main invisible qui tue : Au retour, leur regard filtre ce venin noir Qui charge l'oeil souffrant de la chienne battue, Et vous suez, pris dans un atroce entonnoir. Rassis, les poings noyés dans des manchettes sales, Ils songent à ceux-là qui les ont fait lever Et, de l'aurore au soir, des grappes d'amygdales Sous leurs mentons chétifs s'agitent à crever. Quand l'austère sommeil a baissé leurs visières, Ils rêvent sur leur bras de sièges fécondés, De vrais petits amours de chaises en lisière Par lesquelles de fiers bureaux seront bordés ; Des fleurs d'encre crachant des pollens en virgule Les bercent, le long des calices accroupis Tels qu'au fil des glaïeuls le vol des libellules - Et leur membre s'agace à des barbes d'épis.
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Listened to a song by Ane Brun "Do you remember" The words are spectacular Do you remember the early morning When we went back to bed We found our first positions And every muscle rested... How often the thought of that Grabbing the moment while still warm Diving back into bed Back to where we left off Magical
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Mar 12, 2013
Mar 12, 2013 at 8:52 PM UTC
First positions
Boop de booboop Scloop beep boop Brun duh dee doodee Do doot scloop boop Brrrrrrrrrrrrrrrrrrrrroo (roll your tongue (if you can(I heard not everyone can roll their tongue))) Dut dut digga digga yut doo Bigga Bigga Doot zoot beeboop Boop de booboop
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Mar 15, 2015
Mar 15, 2015 at 6:35 AM UTC
Boop
Zut alors, si le soleil quitte ces bords ! Fuis, clair déluge ! Voici l'ombre des routes. Dans les saules, dans la vieille cour d'honneur, L'orage d'abord jette ses larges gouttes. Ô cent agneaux, de l'idylle soldats blonds, Des aqueducs, des bruyères amaigries, Fuyez ! plaine, déserts, prairie, horizons Sont à la toilette rouge de l'orage ! Chien noir, brun pasteur dont le manteau s'engouffre, Fuyez l'heure des éclairs supérieurs ; Blond troupeau, quand voici nager ombre et soufre, Tâchez de descendre à des retraits meilleurs. Mais moi, Seigneur ! voici que mon esprit vole, Après les cieux glacés de rouge, sous les Nuages célestes qui courent et volent Sur cent Solognes longues comme un railway. Voilà mille loups, mille graines sauvages Qu'emporte, non sans aimer les liserons, Cette religieuse après-midi d'orage Sur l'Europe ancienne où cent hordes iront ! Après, le clair de lune ! partout la lande, Rougis et leurs fronts aux cieux noirs, les guerriers Chevauchent lentement leurs pâles coursiers ! Les cailloux sonnent sous cette fière bande ! - Et verrai-je le bois jaune et le val clair, L'Epouse aux yeux bleus, l'homme au front rouge, ô Gaule, Et le blanc Agneau Pascal, à leurs pieds chers, - Michel et Christine, - et Christ ! - fin de l'Idylle.
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Michel et Christine
Sometimes ... Its best to let go to fall apart to shatter to brun down to ashes but then it's bestest to rebulid to rise to put things together piece by piece beautifully removing the ugly bits remolding, reconstructing.. to make melody out of sorrow and smile out of pain !!
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Jan 4, 2016
Jan 4, 2016 at 2:30 PM UTC
Sometimes ...
I can lick down telephone poles and lick down street signs come sit in my chair I can crush your house down with my brun thunder thighs come sit in my chair I can to be the dancing wind in this wonder water storm come sit in my chair We can exchange wings; I can be a catastrophic butterfly
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Feb 3, 2013
Feb 3, 2013 at 10:33 AM UTC
Caged Butterfly
HUNGER When I think of you I marvel at your fragility, How little you sustain yourself with. If I could do what I would, I would, I would bring you coq au vin with carrots glazed in brown sugar, And onions glaces a brun, ringed with pommes duchesse; And saffron pistachio rissotto with lobster ravioli Bathed in a tomato champagne reduction sauce; Or salmon poached in Alsatian Riesling, Smothered in a rich Hollandaise, on a queen-sized bed of spinach. I'd fatten you up, Feed your body; But of course it isn’t proteins, calories, fats, carbohydrates That you quest for: That would be so easy.
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Sep 14, 2016
Sep 14, 2016 at 5:33 PM UTC
Hunger
jeg beder dig om at skimte kaffen og en brun sø tager form i din øjenkrog - du indrømmer at det er nattens blod eller din sjæl i kondenseret skikkelse jeg smiler marront og sætter mit aftryk i ørkenen; din sandpapirspande jeg tager afsked og ser dig kaste dig med grøn længsel ud i ensomheden
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Dec 5, 2014
Dec 5, 2014 at 4:57 AM UTC
Marron
The Gloomy hair river and eyes coal black; In eclipse of half moon night, its too quite to wisper. Vegabond my sleep disappeared. Light cold winter and my poor love; the  old blanket which, I am dyingly search for. Rambler my sleep turns to subliming. The dream hives is now break parts, so i listen to ears, songs of night birds. Gypsy my sleep fadded wonder. I wraped my sheet with tight grips; and she gives her sympathy by mild warming, saying that you lost your sleep forever. Where is the words for the pain, touch of nicotine turn my lips brun. ......Oho my sleep come bake to me, .....Oho my dream plsease be return.
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Jan 12, 2018
Jan 12, 2018 at 6:05 PM UTC
Lost Sleep
LET'S GET DRUNK AT MIDNIGHT LISTEN TO OUR FAVORITE SONGS AND KISS SO MUCH THAT OUR LIPS BRUN.
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Jul 6, 2015
Jul 6, 2015 at 2:51 AM UTC
BRUN
*** var ligesom hendes billeder. Underbukser og bare bryster som *** stod der i dørkammen. Ikke ude på noget udover at høre om jeg ville have mælk i kaffen. Bare der med lettere brun hud og få blå mærker. Og håret i en hårklemme så jeg kunne se hendes lige skuldre og lige kraveben der rakte ud fra hendes hals til arme. Klare, let puffede øjne og varme kinder af nattesøvn. Og blikket på mig. Jeg tror ikke på kærlighed ved første blik. Men jeg tror på kærlighed. Og i det blik. Øjeblik. Blev jeg forelsket.
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Oct 14, 2017
Oct 14, 2017 at 5:12 AM UTC
En lørdag morgen
Sonnet. Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux ; Retiens les griffes de ta patte, Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux, Mêlés de métal et d'agate. Lorsque mes doigts caressent à loisir Ta tête et ton dos élastique, Et que ma main s'enivre du plaisir De palper ton corps électrique, Je vois ma femme en esprit. Son regard, Comme le tien, aimable bête Profond et froid, coupe et fend comme un dard, Et, des pieds jusques à la tête, Un air subtil, un dangereux parfum Nagent autour de son corps brun.
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Le chat (I)
II. Le jour s'enfuit des cieux ; sous leur transparent voile De moments en moments se hasarde une étoile ; La nuit, pas à pas, monte au trône obscur des soirs ; Un coin du ciel est brun, l'autre lutte avec l'ombre, Et déjà, succédant au couchant rouge et sombre, Le crépuscule gris meurt sur les coteaux noirs. Et là-bas, allumant ses vitres étoilées, Avec sa cathédrale aux flèches dentelées, Les tours de son palais, les tours de sa prison, Avec ses hauts clochers, sa bastille obscurcie, Posée au bord du ciel comme une longue scie, La ville aux mille toits découpe l'horizon. Oh ! qui m'emportera sur quelque tour sublime D'où la cité sous moi s'ouvre comme un abîme ! Que j'entende, écoutant la ville où nous rampons, Mourir sa vaste voix, qui semble un cri de veuve, Et qui, le jour, gémit plus haut que le grand fleuve, Le grand fleuve irrité luttant contre les ponts ! Que je voie, à mes yeux en fuyant apparues, Les étoiles des chars se croiser dans les rues, Et serpenter le peuple en l'étroit carrefour, Et tarir la fumée au bout des cheminées, Et, glissant sur le front des maisons blasonnées, Cent clartés naître, luire et passer tour à tour ! Que la vieille cité, devant moi, sur sa couche S'étende, qu'un soupir s'échappe de sa bouche, Comme si de fatigue on l'entendait gémir ! Que, veillant seul, debout sur son front que je foule, Avec mille bruits sourds d'océan et de foule, Je regarde à mes pieds la géante dormir ! Juillet 1828.
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Soleils couchants (II)
II. Le jour s'enfuit des cieux ; sous leur transparent voile De moments en moments se hasarde une étoile ; La nuit, pas à pas, monte au trône obscur des soirs ; Un coin du ciel est brun, l'autre lutte avec l'ombre, Et déjà, succédant au couchant rouge et sombre, Le crépuscule gris meurt sur les coteaux noirs. Et là-bas, allumant ses vitres étoilées, Avec sa cathédrale aux flèches dentelées, Les tours de son palais, les tours de sa prison, Avec ses hauts clochers, sa bastille obscurcie, Posée au bord du ciel comme une longue scie, La ville aux mille toits découpe l'horizon. Oh ! qui m'emportera sur quelque tour sublime D'où la cité sous moi s'ouvre comme un abîme ! Que j'entende, écoutant la ville où nous rampons, Mourir sa vaste voix, qui semble un cri de veuve, Et qui, le jour, gémit plus haut que le grand fleuve, Le grand fleuve irrité luttant contre les ponts ! Que je voie, à mes yeux en fuyant apparues, Les étoiles des chars se croiser dans les rues, Et serpenter le peuple en l'étroit carrefour, Et tarir la fumée au bout des cheminées, Et, glissant sur le front des maisons blasonnées, Cent clartés naître, luire et passer tour à tour ! Que la vieille cité, devant moi, sur sa couche S'étende, qu'un soupir s'échappe de sa bouche, Comme si de fatigue on l'entendait gémir ! Que, veillant seul, debout sur son front que je foule, Avec mille bruits sourds d'océan et de foule, Je regarde à mes pieds la géante dormir ! Juillet 1828.
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Ma muse est un esprit inclassable, Grouillant et bigarré, une matrone Sans trône et sans couronne, Provocante et tumultueuse Hors académie Hors norme Haute en couleur Sempiternellement décalée Elle danse sa rumba folle Et distille ses petites gâteries Contre vents et marées A contre-courant Des us et des coutumes . Et quand je dis "Moteur !" Ma Dame ne joue pas, elle ne feint pas Elle ne pose pas : Mon étoile s'endort en tremblant Lumineuse et transparente, Et j 'essaie de la peindre telle quelle, Imparfaite et mortelle en aquarelle Je joue avec la quantité de l 'eau et les pigments Mais l 'esprit fantasque de ma muse Fait souffler le chaud et le froid. Et pour me figurer sur ma palette Toute sa verve satirique et pamphlétaire J 'ai beau essayer le bleu Winsor et le rouge indien Alterner le sienne naturel et brûlé, L'auréoline avec un peu de garance rose, Le bleu de cobalt avec un brun Van Dyck, Le rouge cadmium, l 'auréoline et le vert Winsor, L 'auréoline, le bleu de cobalt et le rouge indien, L 'auréoline, le cramoisi d'alizarine et le vert émeraude, Aucun de ces mélanges de base orange ne m'inonde de la transe De la couleur chair de son esprit brut, Métamorphose ambulante Libre et éruptive, enragée, Diverse et multiple, engagée Aux limites de la bienséance et de la bien-pensance. Et à défaut de portrait politiquement correct Je me délecte de sa cape bleu-majorelle Grinçante et jubilatoire Cousue de joie, morgue et amour. Chair est la couleur de l 'esprit brut de ma muse apatride Quand elle dort, elle est aux anges Et les rêves funambules forment sa cour et entonnent En jouissant doucement leur ballet équestre.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:00 AM UTC
Chair est la couleur de l 'esprit brut de ma muse apatride
Ma muse est un esprit inclassable, Grouillant et bigarré, une matrone Sans trône et sans couronne, Provocante et tumultueuse Hors académie Hors norme Haute en couleur Sempiternellement décalée Elle danse sa rumba folle Et distille ses petites gâteries Contre vents et marées A contre-courant Des us et des coutumes . Et quand je dis "Moteur !" Ma Dame ne joue pas, elle ne feint pas Elle ne pose pas : Mon étoile s'endort en tremblant Lumineuse et transparente, Et j 'essaie de la peindre telle quelle, Imparfaite et mortelle en aquarelle Je joue avec la quantité de l 'eau et les pigments Mais l 'esprit fantasque de ma muse Fait souffler le chaud et le froid. Et pour me figurer sur ma palette Toute sa verve satirique et pamphlétaire J 'ai beau essayer le bleu Winsor et le rouge indien Alterner le sienne naturel et brûlé, L'auréoline avec un peu de garance rose, Le bleu de cobalt avec un brun Van Dyck, Le rouge cadmium, l 'auréoline et le vert Winsor, L 'auréoline, le bleu de cobalt et le rouge indien, L 'auréoline, le cramoisi d'alizarine et le vert émeraude, Aucun de ces mélanges de base orange ne m'inonde de la transe De la couleur chair de son esprit brut, Métamorphose ambulante Libre et éruptive, enragée, Diverse et multiple, engagée Aux limites de la bienséance et de la bien-pensance. Et à défaut de portrait politiquement correct Je me délecte de sa cape bleu-majorelle Grinçante et jubilatoire Cousue de joie, morgue et amour. Chair est la couleur de l 'esprit brut de ma muse apatride Quand elle dort, elle est aux anges Et les rêves funambules forment sa cour et entonnent En jouissant doucement leur ballet équestre.
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Je veux mourir pour tes beautés, Maîtresse, Pour ce bel oeil, qui me prit à son hain, Pour ce doux ris, pour ce baiser tout plein D'ambre et de musc, baiser d'une Déesse. Je veux mourir pour cette blonde tresse, Pour l'embonpoint de ce trop chaste sein, Pour la rigueur de cette douce main, Qui tout d'un coup me guérit et me blesse. Je veux mourir pour le brun de ce teint, Pour cette voix, dont le beau chant m'étreint Si fort le coeur que seul il en dispose. Je veux mourir ès amoureux combats, Soûlant l'amour, qu'au sang je porte enclose, Toute une nuit au milieu de tes, bras.
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Je veux mourir pour tes beautés, Maîtresse
Mugissement des boeufs, au temps du doux Virgile, Comme aujourd'hui, le soir, quand fuit la nuit agile, Ou, le matin, quand l'aube aux champs extasiés Verse à flots la rosée et le jour, vous disiez : Mûrissez, blés mouvants ! prés, emplissez-vous d'herbes ! Que la terre, agitant son panache de gerbes, Chante dans l'onde d'or d'une riche moisson ! Vis, bête ; vis, caillou ; vis, homme ; vis, buisson ! A l'heure où le soleil se couche, où l'herbe est pleine Des grands fantômes noirs des arbres de la plaine Jusqu'aux lointains coteaux rampant et grandissant, Quand le brun laboureur des collines descend Et retourne à son toit d'où sort une fumée, Que la soif de revoir sa femme bien-aimée Et l'enfant qu'en ses bras hier il réchauffait, Que ce désir, croissant à chaque pas qu'il fait, Imite dans son coeur l'allongement de l'ombre ! Êtres ! choses ! vivez ! sans peur, sans deuil, sans nombre ! Que tout s'épanouisse en sourire vermeil ! Que l'homme ait le repos et le boeuf le sommeil ! Vivez ! croissez ! semez le grain à l'aventure ! Qu'on sente frissonner dans toute la nature, Sous la feuille des nids, au seuil blanc des maisons, Dans l'obscur tremblement des profonds horizons, Un vaste emportement d'aimer, dans l'herbe verte, Dans l'antre, dans l'étang, dans la clairière ouverte, D'aimer sans fin, d'aimer toujours, d'aimer encor, Sous la sérénité des sombres astres d'or ! Faites tressaillir l'air, le flot, l'aile, la bouche, Ô palpitations du grand amour farouche ! Qu'on sente le baiser de l'être illimité ! Et paix, vertu, bonheur, espérance, bonté, Ô fruits divins, tombez des branches éternelles ! Ainsi vous parliez, voix, grandes voix solennelles ; Et Virgile écoutait comme j'écoute, et l'eau Voyait passer le cygne auguste, et le bouleau Le vent, et le rocher l'écume, et le ciel sombre L'homme... - Ô nature ! abîme ! immensité de l'ombre !
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Mugitusque boum
Mugissement des boeufs, au temps du doux Virgile, Comme aujourd'hui, le soir, quand fuit la nuit agile, Ou, le matin, quand l'aube aux champs extasiés Verse à flots la rosée et le jour, vous disiez : Mûrissez, blés mouvants ! prés, emplissez-vous d'herbes ! Que la terre, agitant son panache de gerbes, Chante dans l'onde d'or d'une riche moisson ! Vis, bête ; vis, caillou ; vis, homme ; vis, buisson ! A l'heure où le soleil se couche, où l'herbe est pleine Des grands fantômes noirs des arbres de la plaine Jusqu'aux lointains coteaux rampant et grandissant, Quand le brun laboureur des collines descend Et retourne à son toit d'où sort une fumée, Que la soif de revoir sa femme bien-aimée Et l'enfant qu'en ses bras hier il réchauffait, Que ce désir, croissant à chaque pas qu'il fait, Imite dans son coeur l'allongement de l'ombre ! Êtres ! choses ! vivez ! sans peur, sans deuil, sans nombre ! Que tout s'épanouisse en sourire vermeil ! Que l'homme ait le repos et le boeuf le sommeil ! Vivez ! croissez ! semez le grain à l'aventure ! Qu'on sente frissonner dans toute la nature, Sous la feuille des nids, au seuil blanc des maisons, Dans l'obscur tremblement des profonds horizons, Un vaste emportement d'aimer, dans l'herbe verte, Dans l'antre, dans l'étang, dans la clairière ouverte, D'aimer sans fin, d'aimer toujours, d'aimer encor, Sous la sérénité des sombres astres d'or ! Faites tressaillir l'air, le flot, l'aile, la bouche, Ô palpitations du grand amour farouche ! Qu'on sente le baiser de l'être illimité ! Et paix, vertu, bonheur, espérance, bonté, Ô fruits divins, tombez des branches éternelles ! Ainsi vous parliez, voix, grandes voix solennelles ; Et Virgile écoutait comme j'écoute, et l'eau Voyait passer le cygne auguste, et le bouleau Le vent, et le rocher l'écume, et le ciel sombre L'homme... - Ô nature ! abîme ! immensité de l'ombre !
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La très-chère était nue, et, connaissant mon coeur, Elle n'avait gardé que ses bijoux sonores, Dont le riche attirail lui donnait l'air vainqueur Qu'ont dans leurs jours heureux les esclaves des Maures. Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur, Ce monde rayonnant de métal et de pierre Me ravit en extase, et j'aime à la fureur Les choses où le son se mêle à la lumière. Elle était donc couchée et se laissait aimer, Et du haut du divan elle souriait d'aise A mon amour profond et doux comme la mer, Qui vers elle montait comme vers sa falaise. Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté, D'un air vague et rêveur elle essayait des poses, Et la candeur unie à la lubricité Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ; Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins, Polis comme de l'huile, onduleux comme un cygne, Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ; Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne, S'avançaient, plus câlins que les Anges du mal, Pour troubler le repos où mon âme était mise, Et pour la déranger du rocher de cristal Où, calme et solitaire, elle s'était assise. Je croyais voir unis par un nouveau dessin Les hanches de l'Antiope au buste d'un imberbe, Tant sa taille faisait ressortir son bassin. Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe ! Et la lampe s'étant résignée à mourir, Comme le foyer seul illuminait la chambre, Chaque fois qu'il poussait un flamboyant soupir, Il inondait de sang cette peau couleur d'ambre !
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Les bijoux
La très-chère était nue, et, connaissant mon coeur, Elle n'avait gardé que ses bijoux sonores, Dont le riche attirail lui donnait l'air vainqueur Qu'ont dans leurs jours heureux les esclaves des Maures. Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur, Ce monde rayonnant de métal et de pierre Me ravit en extase, et j'aime à la fureur Les choses où le son se mêle à la lumière. Elle était donc couchée et se laissait aimer, Et du haut du divan elle souriait d'aise A mon amour profond et doux comme la mer, Qui vers elle montait comme vers sa falaise. Les yeux fixés sur moi, comme un tigre dompté, D'un air vague et rêveur elle essayait des poses, Et la candeur unie à la lubricité Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ; Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins, Polis comme de l'huile, onduleux comme un cygne, Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ; Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne, S'avançaient, plus câlins que les Anges du mal, Pour troubler le repos où mon âme était mise, Et pour la déranger du rocher de cristal Où, calme et solitaire, elle s'était assise. Je croyais voir unis par un nouveau dessin Les hanches de l'Antiope au buste d'un imberbe, Tant sa taille faisait ressortir son bassin. Sur ce teint fauve et brun, le fard était superbe ! Et la lampe s'étant résignée à mourir, Comme le foyer seul illuminait la chambre, Chaque fois qu'il poussait un flamboyant soupir, Il inondait de sang cette peau couleur d'ambre !
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