Hello Poetry
Submit your work and get some sparkles! Create free account
"chagrins" poems
Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire J'ai vu tous les soleils y venir se mirer S'y jeter à mourir tous les désespérés Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire À l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent L'été taille la nue au tablier des anges Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit Tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée Sept glaives ont percé le prisme des couleurs Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs L'iris troué de noir plus bleu d'être endeuillé Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche Par où se reproduit le miracle des Rois Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois Le manteau de Marie accroché dans la crèche Une bouche suffit au mois de Mai des mots Pour toutes les chansons et pour tous les hélas Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux L'enfant accaparé par les belles images Écarquille les siens moins démesurément Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où Des insectes défont leurs amours violentes Je suis pris au filet des étoiles filantes Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'août J'ai retiré ce radium de la pechblende Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu Ô paradis cent fois retrouvé reperdu Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent Moi je voyais briller au-dessus de la mer Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa.
0
5.8k
Les yeux d'Elsa
Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire J'ai vu tous les soleils y venir se mirer S'y jeter à mourir tous les désespérés Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire À l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent L'été taille la nue au tablier des anges Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit Tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée Sept glaives ont percé le prisme des couleurs Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs L'iris troué de noir plus bleu d'être endeuillé Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche Par où se reproduit le miracle des Rois Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois Le manteau de Marie accroché dans la crèche Une bouche suffit au mois de Mai des mots Pour toutes les chansons et pour tous les hélas Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux L'enfant accaparé par les belles images Écarquille les siens moins démesurément Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où Des insectes défont leurs amours violentes Je suis pris au filet des étoiles filantes Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'août J'ai retiré ce radium de la pechblende Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu Ô paradis cent fois retrouvé reperdu Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent Moi je voyais briller au-dessus de la mer Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa.
Continue reading...
40
dahil wara katapusan an duon san mga mata mabubuhay akong minamatay san dating kaaway ko sa lawas na ini sa lawas na ini naghambog an talawon pinapagubtik an kaaluhan na nagpapamuda muda na nagpupukaw saakon gurugab-i kendi na nagpapahibi mesias na naghahala-hala magiging madalas an pagsid-ip niya sa bintana para laen ko makita an liwanag malaog siya sa kahon ko laen para magkawat kundi dagdagan an pagub-at makasakat an pagbagsak siya na ako masurat tula. ~Written by Melton Balicano (a bikol dialect) since these eyes have been weighed down on unending i shall live while being slain by an old foe in this body this body where the craven had once boasted surging chagrins that blaspheme blasphemy that rouses this corpse in the dark treats that shed tears a messiah that taunts. he shall constantly peep through the window so that I see no light he will break in my casket not to thieve but to burden further the downfall shall rise then he becomes me penning a poem. ~a translation of Balicano's masterpiece Glenn Sentes
0
Mar 6, 2013
Mar 6, 2013 at 7:59 PM UTC
Sepsis
Les ondes de la mer me caressent doucement. Je me sens si heureux chaque seconde de mon être Et j’oublie mes chagrins si divers légèrement. Tout ce qu’on veut maintenant est s’unir aux belles-lettres En quoi notre destin fut écrit autrefois, Où les chemins de la vie sont toujours dégagés Et nous sommes libérés des regrets, des outrages Qui empêchent notre envie de partout voyager. Nous manquons seulement de courage de fuir - De nos craintes, vexations, amertumes et avis... En étant caressés par les ondes de la mer Commençons de nouveau: nouveau seuil de la vie.
0
Feb 6, 2017
Feb 6, 2017 at 2:34 PM UTC
Les ondes
Au bord du canal Saint-Martin (Paris Xème) Au bord du canal saint Martin, des mouettes piaillent au matin et les pigeons avec entrain, fondent sur les miettes de pain. Au bord du canal saint Martin, des promeneurs vont leur chemin, sous les marronniers immobiles, et s'arrêtent parfois «Chez Prune», Au bord du canal Saint-Martin, il y a des chats efflanqués, et des matous dodelinant, captant le regard des passants. Au bord du canal saint Martin, y' a des junkies à la dérive, et des bobos un peu frimeurs, longeant ses quais en leur verdeur. Au bord du canal saint Martin, des sans-logis errent en vain s’abandonnant au «sans souci», pour faire taire tous leurs ennuis. Au bord du canal saint Martin, l'on voit flotter quelques écluses, que les flâneurs et «songe creux», traversent et retraversent, sans fin, Au bord du canal saint Martin, il est aussi bien des canards dont plumage et mouvements, captent les regards des enfants. Au bord du canal saint Martin l'on aperçoit les «roubaisiennes», des pêcheurs du dimanche soir ' jouant à la pêche aux goujons. Au bord du canal saint Martin y a de l'espoir et des chagrins, des amoureux, mains dans les mains, des esseulés, dès le matin, Au bord du canal saint Martin, c'est tout près de l'hôtel du Nord, de la dégaine d'Arletty, qui tourne la tête aux titis. Au bord du canal saint Martin ce n’est pas soleil tous les matins, et faut parfois être malin, pour la bectance quand il fait faim. Au bord du canal. Saint Martin, paraitre sérieux semble vain tant les feuilles dorées tournoient et l’automne se fait câlin. Paul Arrighi
0
Oct 31, 2013
Oct 31, 2013 at 11:31 AM UTC
Au bord du canal Saint-Martin (Paris Xème)
Au bord du canal Saint-Martin (Paris Xème) Au bord du canal saint Martin, des mouettes piaillent au matin et les pigeons avec entrain, fondent sur les miettes de pain. Au bord du canal saint Martin, des promeneurs vont leur chemin, sous les marronniers immobiles, et s'arrêtent parfois «Chez Prune», Au bord du canal Saint-Martin, il y a des chats efflanqués, et des matous dodelinant, captant le regard des passants. Au bord du canal saint Martin, y' a des junkies à la dérive, et des bobos un peu frimeurs, longeant ses quais en leur verdeur. Au bord du canal saint Martin, des sans-logis errent en vain s’abandonnant au «sans souci», pour faire taire tous leurs ennuis. Au bord du canal saint Martin, l'on voit flotter quelques écluses, que les flâneurs et «songe creux», traversent et retraversent, sans fin, Au bord du canal saint Martin, il est aussi bien des canards dont plumage et mouvements, captent les regards des enfants. Au bord du canal saint Martin l'on aperçoit les «roubaisiennes», des pêcheurs du dimanche soir ' jouant à la pêche aux goujons. Au bord du canal saint Martin y a de l'espoir et des chagrins, des amoureux, mains dans les mains, des esseulés, dès le matin, Au bord du canal saint Martin, c'est tout près de l'hôtel du Nord, de la dégaine d'Arletty, qui tourne la tête aux titis. Au bord du canal saint Martin ce n’est pas soleil tous les matins, et faut parfois être malin, pour la bectance quand il fait faim. Au bord du canal. Saint Martin, paraitre sérieux semble vain tant les feuilles dorées tournoient et l’automne se fait câlin. Paul Arrighi
Continue reading...
51
Waiting a charade for a lifetime, that does not cease to breathe or reap, that merely glutted. Gloating away in chagrins of Purple apples and Silver grapes. Enwrapped, uncertain, and detached there's no more thread to be broken any more on the sweaty rope that my life hangs onto.
0
Dec 9, 2014
Dec 9, 2014 at 7:23 PM UTC
Poisonous Blemished Apples and Silvery Grape Highs
J'ai dit à mon cœur, à mon faible cœur : N'est-ce point assez d'aimer sa maîtresse ? Et ne vois-tu pas que changer sans cesse, C'est perdre en désirs le temps du bonheur ? Il m'a répondu : Ce n'est point assez, Ce n'est point assez d'aimer sa maîtresse ; Et ne vois-tu pas que changer sans cesse Nous rend doux et chers les plaisirs passés ? J'ai dit à mon cœur, à mon faible cœur : N'est-ce point assez de tant de tristesse ? Et ne vois-tu pas que changer sans cesse, C'est à chaque pas trouver la douleur ? Il m'a répondu : Ce n'est point assez, Ce n'est point assez de tant de tristesse ; Et ne vois-tu pas que changer sans cesse Nous rend doux et chers les chagrins passés ?
0
1.2k
Chanson - J'ai dit à mon cœur
La beauté d'un lever de soleil , la beauté d'un diamant , la beauté de l'océan . Même la beauté de cet univers ne pouvait être comparé à ce sourire , ce sourire gracieux pourrait commencer un battement de coeur, ses sourires pourraient réchauffer le cœur le plus froid de l'humanité. Votre sourire est la perfection , vos sourires est la plus brillante , Je pourrais survivre si elle était seule avec votre sourire. Votre sourire apporter une joie mille, votre sourire épargnez-moi un mal de coeur, votre sourire me épargne de chagrins , sans votre sourire, le monde ne serait pas un meilleur endroit .
0
May 7, 2015
May 7, 2015 at 11:51 AM UTC
Le Sourire
Je ne veux plus aimer que ma mère Marie. Tous les autres amours sont de commandement. Nécessaires qu'ils sont, ma mère seulement Pourra les allumer aux coeurs qui l'ont chérie. C'est pour Elle qu'il faut chérir mes ennemis, C'est par Elle que j'ai voué ce sacrifice, Et la douceur de coeur et le zèle au service, Comme je la priais, Elle les a permis ... C'est par Elle que j'ai voulu de ces chagrins, C'est pour Elle que j'ai mon coeur dans les Cinq Plaies, Et tous ces bons efforts vers les croix et les claies, Comme je l'invoquais, Elle en ceignit mes reins. Je ne veux plus penser qu'à ma mère Marie, Siège, de la Sagesse et source des pardons, Mère de France aussi, de qui nous attendons Inébranlablement l'honneur de la patrie. Marie Immaculée, amour essentiel, Logique de la foi cordiale et vivace, En vous aimant qu'est-il de bon que je ne fasse, En vous aimant du seul amour, Porte du ciel ?
0
1.1k
Je ne veux plus aimer que ma mère Marie
Is it strange, do you think, that today has been so terrible and I still have a smile on my face? Believe me, even I think it strange considering that the blueboy was content to submit falsehoods in his effort to fill this city’s coffers with my children’s Christmas presents before they’ve even been thought of Even I think it odd that despite a myriad of disasters, including a coffee-fart that moistened the seat of my trousers and sent me scurrying for the john, and subsequently the exit, I’m still able to grin. Despite my chagrins, in light of a day filled with folly bordering on misery, the silvery sliver of hope shows through. I’m standing at that crossroad waiting for The Devil to appear, and I can tell that Ol’ Scratch is close, close enough that I can feel his gaze inside this, a Wednesday, a “one of those days”. When the oldest kid has puked his bed, and I’ve got one more mess to clean up besides the one in my drawers, but my shine won’t dull, no matter the ache in my skull. ‘Cause when Pitch is asking me: “Boy, what’chu gonna do? I’ve been havin’ a fine time messin’ wit’chu!” I’ll say to Ol’ Pitch, that sonofabitch… “My fine, forked-tongued, fiend, you can’t have no more of me, for I’m hollerin’ down old dogs, you see? Them dogs’ll run and hide, I’ve got a fine crew by my side into Thursday we will ride and leave this ****** day behind!” This is why I still smile, because in just a little while I get to have my rest My lover’s head upon my chest, my children in their nests. Of tomorrow I’ll dream deep while in the dark, I sleep pondering possibilities, probabilities, and simply other reasons to… smile. -JBClaywell ©P&ZPublications
0
Nov 11, 2015
Nov 11, 2015 at 7:54 PM UTC
The Very Bad Day Indeed
Is it strange, do you think, that today has been so terrible and I still have a smile on my face? Believe me, even I think it strange considering that the blueboy was content to submit falsehoods in his effort to fill this city’s coffers with my children’s Christmas presents before they’ve even been thought of Even I think it odd that despite a myriad of disasters, including a coffee-fart that moistened the seat of my trousers and sent me scurrying for the john, and subsequently the exit, I’m still able to grin. Despite my chagrins, in light of a day filled with folly bordering on misery, the silvery sliver of hope shows through. I’m standing at that crossroad waiting for The Devil to appear, and I can tell that Ol’ Scratch is close, close enough that I can feel his gaze inside this, a Wednesday, a “one of those days”. When the oldest kid has puked his bed, and I’ve got one more mess to clean up besides the one in my drawers, but my shine won’t dull, no matter the ache in my skull. ‘Cause when Pitch is asking me: “Boy, what’chu gonna do? I’ve been havin’ a fine time messin’ wit’chu!” I’ll say to Ol’ Pitch, that sonofabitch… “My fine, forked-tongued, fiend, you can’t have no more of me, for I’m hollerin’ down old dogs, you see? Them dogs’ll run and hide, I’ve got a fine crew by my side into Thursday we will ride and leave this ****** day behind!” This is why I still smile, because in just a little while I get to have my rest My lover’s head upon my chest, my children in their nests. Of tomorrow I’ll dream deep while in the dark, I sleep pondering possibilities, probabilities, and simply other reasons to… smile. -JBClaywell ©P&ZPublications
Continue reading...
82
J'avais toujours rêvé le bonheur en ménage, Comme un port où le cœur, trop longtemps agité, Vient trouver, à la fin d'un long pèlerinage, Un dernier jour de calme et de sérénité. Une femme modeste, à peu près de mon âge Et deux petits enfants jouant à son côté ; Un cercle peu nombreux d'amis du voisinage, Et de joyeux propos dans les beaux soirs d'été. J'abandonnais l'amour à la jeunesse ardente Je voulais une amie, une âme confidente, Où cacher mes chagrins, qu'elle seule aurait lus ; Le ciel m'a donné plus que je n'osais prétendre ; L'amitié, par le temps, a pris un nom plus tendre, Et l'amour arriva qu'on ne l'attendait plus.
0
700
Sonnet à mon ami R
Quand l'horloge a sonné le moment du départ, Aucune larme, ami, n'a voilé ton regard ! Tu m'as pressé la main... j'ai cru voir un sourire Se mêler à l'adieu que tu venais me dire ; Car pour ton cœur, tranquille en pensant au retour, Ce n'était point partir que s'éloigner un jour. Et que m'importe à moi que la nuit te ramène !... Il fait jour et tu pars ! Du coursier qui t'entraîne Tu déchires les flancs, en disant : « Au revoir ! » Mais aujourd'hui me reste avant d'être à ce soir ! À ton dernier regard, pour moi, le temps s'arrête. Un livre est sous mes yeux, mais mon âme distraite S'en retourne vers toi ; car nos âmes sont sœurs, Et j'ai souvent rêvé qu'en des mondes meilleurs, En des pays lointains, ou dans les cieux peut-être... Je vivais de ta vie, et nous n'étions qu'un être ; Mais Dieu brisa notre âme, et de chaque moitié Il a créé nos cœurs, permettant par pitié Qu'ils pussent se revoir et s'aimer sur la terre, Où l'amour leur rendrait leur nature première. Des pleurs que je répands, tout homme se rirait : Les chagrins passagers vous cachent leur secret. Vos cœurs ont des transports et n'ont point de faiblesse ; Vous pleurez d'un malheur, pleurez-vous de tristesse ? Vous ne connaissez pas ces noirs pressentiments, Ces rêves où l'esprit, se forgeant des tourments, Cherche dans notre amour un sinistre présage, Comme un soleil trop vif laisse prévoir l'orage ! Reviens d'un seul regard me rendre mon ciel pur, Reviens, parle, souris, et mon bonheur est sûr. Aux accents de ta voix s'éloigne la tempête ; Sur ton sein palpitant, je repose ma tête... Berce, endors mes terreurs par un doux chant d'amour, Et laisse-moi sourire et pleurer tour à tour. Sans crainte, de la mort je serais menacée, Je mourrais dans tes bras et sur ton cœur pressée ! Mais si tu succombais... alors, sans désespoir, Comme toi, ce matin, je dirais : « À ce soir ! De quelques courts instants ton âme me devance, Attends-moi dans les cieux, ce n'est qu'un jour d'absence ! »
0
689
Un jour d'absence
Quand l'horloge a sonné le moment du départ, Aucune larme, ami, n'a voilé ton regard ! Tu m'as pressé la main... j'ai cru voir un sourire Se mêler à l'adieu que tu venais me dire ; Car pour ton cœur, tranquille en pensant au retour, Ce n'était point partir que s'éloigner un jour. Et que m'importe à moi que la nuit te ramène !... Il fait jour et tu pars ! Du coursier qui t'entraîne Tu déchires les flancs, en disant : « Au revoir ! » Mais aujourd'hui me reste avant d'être à ce soir ! À ton dernier regard, pour moi, le temps s'arrête. Un livre est sous mes yeux, mais mon âme distraite S'en retourne vers toi ; car nos âmes sont sœurs, Et j'ai souvent rêvé qu'en des mondes meilleurs, En des pays lointains, ou dans les cieux peut-être... Je vivais de ta vie, et nous n'étions qu'un être ; Mais Dieu brisa notre âme, et de chaque moitié Il a créé nos cœurs, permettant par pitié Qu'ils pussent se revoir et s'aimer sur la terre, Où l'amour leur rendrait leur nature première. Des pleurs que je répands, tout homme se rirait : Les chagrins passagers vous cachent leur secret. Vos cœurs ont des transports et n'ont point de faiblesse ; Vous pleurez d'un malheur, pleurez-vous de tristesse ? Vous ne connaissez pas ces noirs pressentiments, Ces rêves où l'esprit, se forgeant des tourments, Cherche dans notre amour un sinistre présage, Comme un soleil trop vif laisse prévoir l'orage ! Reviens d'un seul regard me rendre mon ciel pur, Reviens, parle, souris, et mon bonheur est sûr. Aux accents de ta voix s'éloigne la tempête ; Sur ton sein palpitant, je repose ma tête... Berce, endors mes terreurs par un doux chant d'amour, Et laisse-moi sourire et pleurer tour à tour. Sans crainte, de la mort je serais menacée, Je mourrais dans tes bras et sur ton cœur pressée ! Mais si tu succombais... alors, sans désespoir, Comme toi, ce matin, je dirais : « À ce soir ! De quelques courts instants ton âme me devance, Attends-moi dans les cieux, ce n'est qu'un jour d'absence ! »
Continue reading...
40
you are also passing through my heart like the other rains; the way we walk is a knife-cut is it wothy of this passion? chagrins pace back and forth in my heart i stand like some soil, like a sea, a colour whose memories will remain the same forever... i open you like a wardrobe from which dresses run out when i open its door, only agony comes out of you. agony does not stay out of love both in alliance and after getting divorce, a part of man hurts. is it easy to be able to look at the backside of the walls? i prefer suffering in your absence to suffering when i was near you. Koray Feyiz (Translated from Turkish by Baki Yiğit)
0
Oct 18, 2016
Oct 18, 2016 at 5:57 PM UTC
THE WAY WE WALK IS A KNIFE-CUT
Un silence profond. Pour un instant tout mouvement cesse et mon esprit achève le sommet de la solitude. Et puis tout à coup le bruit recommence comme un ruisseau brédouillant. Le vacarme assourdissant remue les enchevetrêments de mes pensées. jusqu'à ce que. . . jusqu'à ce que. . . jusqu'à ce que la paix revienne. Et c’est une situation qui se répètent sans cesse. Comme un robinet qui coule. Les gouttes de la mémoire. Les gouttes des espoirs. Le bruit exaspérant, épouvantable qui monte, qui fait revenir des expériences qu’on a cru bien cachées. Et après recommence la lutte., la bataille entre les souvenirs joyeux et les chagrins. Et au moment où je me sens crevé . . . un silence profond
0
Feb 25, 2019
Feb 25, 2019 at 7:00 PM UTC
Un Silence Profond
Quand je me sens mourir du poids de ma pensée, Quand sur moi tout mon sort assemble sa rigueur, D'un courage inutile affranchie et lassée, Je me sauve avec toi dans le fond de mon cœur ! Tu grondes ma tristesse, et, triste de mes larmes, De tes plus doux accents tu me redis les charmes : J'espère ! ... car ta voix, plus forte que mon sort, De mes chagrins profonds triomphe sans effort. Je ne sais ; mais je crois qu'à tes regrets rendue, Dans ces seuls entretiens tu m'as tout entendue. Tu ne dis pas : « Ce soir ! » Tu ne dis pas : « Demain ! » Non, mais tu dis : « Toujours ! » en pleurant sur ma main.
0
542
L'absence
Dans des vers immortels que vous savez sans doute, Dante acceptant d'un prince et le toit et l'appui, Des chagrins de l'exil abreuvé goutte à goutte, Nous a montré son coeur tout plein d'un sombre ennui ; Et combien est amer, pour celui qui le goûte, Le pain de l'étranger, et tout ce qu'il en coûte De monter et descendre à l'escalier d'autrui... Moi, qui ne le vaux pas, j'ai trouvé mieux que lui. Ici, malgré ces vers de funèbre présage, J'ai trouvé le pain bon, et meilleur le visage, Et l'opulent bien-être et les plaisirs permis. C'est que Dante, égaré dans des sphères trop hautes, Avait un protecteur, et que moi j'ai des hôtes ; C'est qu'il avait un maître et que j'ai des amis.
0
483
Ospitalita
Me demander si du plus froid des cœurs J'ai cru fléchir la longue indifférence ; Au seul plaisir si donnant quelques pleurs J'ai cru jouir du prix de ma constance ; Si, me berçant d'un penser si flatteur. Avec la peine un moment j'ai fait trêve ; Me demander si je crois au bonheur, C'est me demander si je rêve. Me demander si j'ai désespéré De voir finir les chagrins que j'endure ; Me demander si mon cœur déchiré À chaque instant sent croître sa blessure ; Si chaque jour, pour moi plus douloureux, Ajoute encore aux ennuis de la veille ; Me demander si je suis malheureux, C'est me demander si je veille. Me demander si, fier de mon tourment, Je viens baiser la main qui me déchire ; Si je désire autre soulagement Que de mourir d'un aussi doux martyre ; Si, moins l'espoir en amour m'est donné, Plus constamment en amour je persiste ; Me demander si j'aime encor Daphné, C'est me demander si j'existe. Écrit en 1790.
0
449
Les questions
Ces vers, je les dédie aux amis inconnus, À vous, les étrangers en qui je sens des proches, Rivaux de ceux que j'aime et qui m'aiment le plus, Frères envers qui seuls mon coeur est sans reproches Et dont les coeurs au mien sont librement venus. Comme on voit les ramiers sevrés de leurs volières Rapporter sans faillir, par les cieux infinis, Un cher message aux mains qui leur sont familières, Nos poèmes parfois nous reviennent bénis, Chauds d'un accueil lointain d'âmes hospitalières. Et quel triomphe alors ! Quelle félicité Orgueilleuse, mais tendre et pure, nous inonde, Quand répond à nos voix leur écho suscité, Par delà le vulgaire, en l'invisible monde Où les fiers et les doux se sont fait leur cité ! Et nous la méritons, cette ivresse suprême, Car si l'humanité tolère encor nos chants, C'est que notre élégie est son propre poème, Et que seuls nous savons, sur des rythmes touchants, En lui parlant de nous lui parler d'elle-même. Parfois un vers, complice intime, vient rouvrir Quelque plaie où le feu désire qu'on l'attise ; Parfois un mot, le nom de ce qui fait souffrir, Tombe comme une larme à la place précise Où le coeur méconnu l'attendait pour guérir. Peut-être un de mes vers est-il venu vous rendre Dans un éclair brûlant vos chagrins tout entiers, Ou, par le seul vrai mot qui se faisait attendre, Vous ai-je dit le nom de ce que vous sentiez, Sans vous nommer les yeux où j'avais dû l'apprendre. Vous qui n'aurez cherché dans mon propre tourment Que la sainte beauté de la douleur humaine, Qui, pour la profondeur de mes soupirs m'aimant, Sans avoir à descendre où j'ai conçu ma peine, Les aurez entendus dans le ciel seulement ; Vous qui m'aurez donné le pardon sans le blâme, N'ayant connu mes torts que par mon repentir, Mes terrestres amours que par leur pure flamme, Pour qui je me fais juste et noble sans mentir, Dans un rêve où la vie est plus conforme à l'âme ! Chers passants, ne prenez de moi-même qu'un peu, Le peu qui vous a plu parce qu'il vous ressemble ; Mais de nous rencontrer ne formons point le voeu : Le vrai de l'amitié, c'est de sentir ensemble ; Le reste en est fragile, épargnons-nous l'adieu.
0
450
Aux amis inconnus
Ces vers, je les dédie aux amis inconnus, À vous, les étrangers en qui je sens des proches, Rivaux de ceux que j'aime et qui m'aiment le plus, Frères envers qui seuls mon coeur est sans reproches Et dont les coeurs au mien sont librement venus. Comme on voit les ramiers sevrés de leurs volières Rapporter sans faillir, par les cieux infinis, Un cher message aux mains qui leur sont familières, Nos poèmes parfois nous reviennent bénis, Chauds d'un accueil lointain d'âmes hospitalières. Et quel triomphe alors ! Quelle félicité Orgueilleuse, mais tendre et pure, nous inonde, Quand répond à nos voix leur écho suscité, Par delà le vulgaire, en l'invisible monde Où les fiers et les doux se sont fait leur cité ! Et nous la méritons, cette ivresse suprême, Car si l'humanité tolère encor nos chants, C'est que notre élégie est son propre poème, Et que seuls nous savons, sur des rythmes touchants, En lui parlant de nous lui parler d'elle-même. Parfois un vers, complice intime, vient rouvrir Quelque plaie où le feu désire qu'on l'attise ; Parfois un mot, le nom de ce qui fait souffrir, Tombe comme une larme à la place précise Où le coeur méconnu l'attendait pour guérir. Peut-être un de mes vers est-il venu vous rendre Dans un éclair brûlant vos chagrins tout entiers, Ou, par le seul vrai mot qui se faisait attendre, Vous ai-je dit le nom de ce que vous sentiez, Sans vous nommer les yeux où j'avais dû l'apprendre. Vous qui n'aurez cherché dans mon propre tourment Que la sainte beauté de la douleur humaine, Qui, pour la profondeur de mes soupirs m'aimant, Sans avoir à descendre où j'ai conçu ma peine, Les aurez entendus dans le ciel seulement ; Vous qui m'aurez donné le pardon sans le blâme, N'ayant connu mes torts que par mon repentir, Mes terrestres amours que par leur pure flamme, Pour qui je me fais juste et noble sans mentir, Dans un rêve où la vie est plus conforme à l'âme ! Chers passants, ne prenez de moi-même qu'un peu, Le peu qui vous a plu parce qu'il vous ressemble ; Mais de nous rencontrer ne formons point le voeu : Le vrai de l'amitié, c'est de sentir ensemble ; Le reste en est fragile, épargnons-nous l'adieu.
Continue reading...
45
Oh how I wonder, How Napoleon felt on that ship, Seeing the coast of his beloved France recede into the distance, Never to be seen again? How did it feel, When the Emperor stared out, Upon the ocean and horizon The salted spray that kissed St Helena, Also kissing his brow? In those last days, Did he recall his beloved France? Did he visit his men and subjects, Did he see it in his mind? In those final hours, Did he hear the people chant, Liberté, Egalité, Fraternité! Did he hear his army sing Le Chant du Départ one final time? Upon the arrival of that grande finale, The final moment, The End, Did he think of François and Léon as much as Josephine? Did he feel that laurel-wreath upon his head one last time? Was he scared?
0
Sep 29, 2024
Sep 29, 2024 at 9:48 PM UTC
Mes chagrins les plus profonds
Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées, Des montagnes, des bois, des nuages, des mers, Par delà le soleil, par delà les éthers, Par delà les confins des sphères étoilées, Mon esprit, tu te meus avec agilité, Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde, Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde Avec une indicible et mâle volupté. Envole-toi bien **** de ces miasmes morbides ; Va te purifier dans l'air supérieur, Et bois, comme une pure et divine liqueur, Le feu clair qui remplit les espaces limpides. Derrière les ennuis et les vastes chagrins Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse, Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse S'élancer vers les champs lumineux et sereins ; Celui dont les pensers, comme des alouettes, Vers les cieux le matin prennent un libre essor, - Qui plane sur la vie, et comprend sans effort Le langage des fleurs et des choses muettes !
0
375
Élévation
Souvent, à la clarté rouge d'un réverbère Dont le vent bat la flamme et tourmente le verre, Au coeur d'un vieux faubourg, labyrinthe fangeux Où l'humanité grouille en ferments orageux, On voit un chiffonnier qui vient, hochant la tête Butant, et se cognant aux murs comme un poète, Et sans prendre souci des mouchards, ses sujets, Épanche tout son coeur en glorieux projets. Il prête des serments, dicte des lois sublimes, Terrasse les méchants, relève les victimes, Et sous le firmament comme un dais suspendu S'enivre des splendeurs de sa propre vertu. Oui, ces gens harcelés de chagrins de ménage, Moulus par le travail et tourmentés par l'âge, Éreintés et pliant sous un tas de débris, Vomissement confus de l'énorme Paris, Reviennent, parfumés d'une odeur de futailles, Suivis de compagnons, blanchis dans les batailles Dont la moustache pend comme les vieux drapeaux. Les bannières, les fleurs et les arcs triomphaux Se dressent devant eux, solennelle magie ! Et dans l'étourdissante et lumineuse orgie Des clairons, du soleil, des cris et du tambour, Ils apportent la gloire au peuple ivre d'amour ! C'est ainsi qu'à travers l'Humanité frivole Le vin roule de l'or, éblouissant Pactole ; Par le gosier de l'homme il chante ses exploits Et règne par ses dons ainsi que les vrais rois. Pour noyer la rancoeur et bercer l'indolence De tous ces vieux maudits qui meurent en silence, Dieu, touché de remords, avait fait le sommeil ; L'Homme ajouta le Vin, fils sacré du Soleil !
0
373
Le vin des chiffonniers
Souvent, à la clarté rouge d'un réverbère Dont le vent bat la flamme et tourmente le verre, Au coeur d'un vieux faubourg, labyrinthe fangeux Où l'humanité grouille en ferments orageux, On voit un chiffonnier qui vient, hochant la tête Butant, et se cognant aux murs comme un poète, Et sans prendre souci des mouchards, ses sujets, Épanche tout son coeur en glorieux projets. Il prête des serments, dicte des lois sublimes, Terrasse les méchants, relève les victimes, Et sous le firmament comme un dais suspendu S'enivre des splendeurs de sa propre vertu. Oui, ces gens harcelés de chagrins de ménage, Moulus par le travail et tourmentés par l'âge, Éreintés et pliant sous un tas de débris, Vomissement confus de l'énorme Paris, Reviennent, parfumés d'une odeur de futailles, Suivis de compagnons, blanchis dans les batailles Dont la moustache pend comme les vieux drapeaux. Les bannières, les fleurs et les arcs triomphaux Se dressent devant eux, solennelle magie ! Et dans l'étourdissante et lumineuse orgie Des clairons, du soleil, des cris et du tambour, Ils apportent la gloire au peuple ivre d'amour ! C'est ainsi qu'à travers l'Humanité frivole Le vin roule de l'or, éblouissant Pactole ; Par le gosier de l'homme il chante ses exploits Et règne par ses dons ainsi que les vrais rois. Pour noyer la rancoeur et bercer l'indolence De tous ces vieux maudits qui meurent en silence, Dieu, touché de remords, avait fait le sommeil ; L'Homme ajouta le Vin, fils sacré du Soleil !
Continue reading...
32
L'orage de tes jours a passé sur ma vie ; J'ai plié sous ton sort, j'ai pleuré de tes pleurs ; Où ton âme a monté mon âme l'a suivie ; Pour aider tes chagrins, j'en ai fait mes douleurs. Mais, que peut l'amitié ? l'amour prend toute une âme ! Je n'ai rien obtenu ; rien changé ; rien guéri : L'onde ne verdit plus ce qu'a séché la flamme, Et le cœur poignardé reste froid et meurtri. Moi, je ne suis pas morte : allons ! moi, j'aime encore ; J'écarte devant toi les ombres du chemin : Comme un pâle reflet descendu de l'aurore, Moi, j'éclaire tes yeux ; moi, j'échauffe ta main. Le malade assoupi ne sent pas de la brise L'haleine ravivante étancher ses sueurs ; Mais un songe a fléchi la fièvre qui le brise ; Dors ! ma vie est le songe où Dieu met ses lueurs. Comme un ange accablé qui n'étend plus ses ailes, Enferme ses rayons dans sa blanche beauté, Cache ton auréole aux vives étincelles : Moi je suis l'humble lampe émue à ton côté.
0
342
Dors
Sur les lagunes. Tra la, tra la, la, la, la laire ! Qui ne connaît pas ce motif ? A nos mamans il a su plaire, Tendre et *** moqueur et plaintif : L'air du Carnaval de Venise, Sur les canaux jadis chanté Et qu'un soupir de folle brise Dans le ballet a transporté ! Il me semble, quand on le joue, Voir glisser dans son bleu sillon Une gondole avec sa proue Faite en manche de violon. Sur une gamme chromatique, Le sein de perles ruisselant, La Vénus de l'Adriatique Sort de l'eau son corps rose et blanc. Les dômes sur l'azur des ondes, Suivant la phrase au pur contour, S'enflent comme des gorges rondes Que soulève un soupir d'amour. L'esquif aborde et me dépose, Jetant son amarre au pilier, Devant une façade rose, Sur le marbre d'un escalier. Avec ses palais, ses gondoles, Ses mascarades sur la mer, Ses doux chagrins, ses gaités folles, Tout Venise vit dans cet air. Une frêle corde qui vibre Refait sur un pizzicato, Comme autrefois joyeuse et libre, La ville de Canaletto !
0
335
Sur le Carnaval de Venise II
Les turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil. Chio, l'île des vins, n'est plus qu'un sombre écueil, Chio, qu'ombrageaient les charmilles, Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois, Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois Un chœur dansant de jeunes filles. Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis, Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis, Courbait sa tête humiliée ; Il avait pour asile, il avait pour appui Une blanche aubépine, une fleur, comme lui Dans le grand ravage oubliée. Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux ! Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus Comme le ciel et comme l'onde, Pour que dans leur azur, de larmes orageux, Passe le vif éclair de la joie et des jeux, Pour relever ta tête blonde, Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner Pour rattacher gaîment et gaîment ramener En boucles sur ta blanche épaule Ces cheveux, qui du fer n'ont pas subi l'affront, Et qui pleurent épars autour de ton beau front, Comme les feuilles sur le saule ? Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ? Est-ce d'avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus, Qui d'Iran borde le puits sombre ? Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand, Qu'un cheval au galop met, toujours en courant, Cent ans à sortir de son ombre ? Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois, Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois, Plus éclatant que les cymbales ? Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l'oiseau merveilleux ? - Ami, dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus, Je veux de la poudre et des balles. Du 8 au 10 juillet 1828.
0
338
L'enfant (Hugo)
Les turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil. Chio, l'île des vins, n'est plus qu'un sombre écueil, Chio, qu'ombrageaient les charmilles, Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois, Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois Un chœur dansant de jeunes filles. Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis, Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis, Courbait sa tête humiliée ; Il avait pour asile, il avait pour appui Une blanche aubépine, une fleur, comme lui Dans le grand ravage oubliée. Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux ! Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus Comme le ciel et comme l'onde, Pour que dans leur azur, de larmes orageux, Passe le vif éclair de la joie et des jeux, Pour relever ta tête blonde, Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner Pour rattacher gaîment et gaîment ramener En boucles sur ta blanche épaule Ces cheveux, qui du fer n'ont pas subi l'affront, Et qui pleurent épars autour de ton beau front, Comme les feuilles sur le saule ? Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ? Est-ce d'avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus, Qui d'Iran borde le puits sombre ? Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand, Qu'un cheval au galop met, toujours en courant, Cent ans à sortir de son ombre ? Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois, Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois, Plus éclatant que les cymbales ? Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l'oiseau merveilleux ? - Ami, dit l'enfant grec, dit l'enfant aux yeux bleus, Je veux de la poudre et des balles. Du 8 au 10 juillet 1828.
Continue reading...
37
Sonnet. Les lignes du labour dans les champs en automne Fatiguent l'œil, qu'à peine un toit fumant distrait, Et la voûte du ciel tout entière apparaît, Bornant d'un cercle nu la plaine monotone. En des âges perdus dont la vieillesse étonne Là même a dû grandir une vierge forêt, Où le chant des oiseaux sonore et pur vibrait, Avec l'hymne qu'au vent le clair feuillage entonne ! Les poètes chagrins redemandent aux bras Qui font ce plat désert sous des rayons sans voile La verte nuit des bois que le soleil étoile ; Ils pleurent, oubliant, dans leurs soupirs ingrats, Que des mornes sillons sort le pain qui féconde Leurs cerveaux, dont le rêve est plus beau que le monde !
0
288
Chagrin d'automne
Sonnet. Le soldat frappé tombe en poussant de grands cris ; On l'emporte ; le baume assainit la blessure, Elle se ferme un jour ; il marche, il se rassure, Et, par un beau soleil, il croit ses maux guéris. Mais, au premier retour d'un ciel humide et gris, De l'ancienne douleur il ressent la morsure ; Alors la guérison ne lui paraît pas sûre, Le souvenir du fer gît dans ses flancs meurtris. Ainsi, selon le temps qu'il fait dans ma pensée, À la place où mon âme autrefois fut blessée Il est un renouveau d'angoisses que je crains ; Une larme, un chant triste, un seul mot dans un livre, Nuage au ciel limpide où je me plais à vivre, Me fait sentir au cœur la dent des vieux chagrins.
0
278
Les blessures