"portait" poems
Je vis cette faucheuse. Elle était dans son champ.
Elle allait à grands pas moissonnant et fauchant,
Noir squelette laissant passer le crépuscule.
Dans l'ombre où l'on dirait que tout tremble et recule,
L'homme suivait des yeux les lueurs de la faulx.
Et les triomphateurs sous les arcs triomphaux
Tombaient ; elle changeait en désert Babylone,
Le trône en échafaud et l'échafaud en trône,
Les roses en fumier, les enfants en oiseaux,
L'or en cendre, et les yeux des mères en ruisseaux.
Et les femmes criaient : - Rends-nous ce petit être.
Pour le faire mourir, pourquoi l'avoir fait naître ? -
Ce n'était qu'un sanglot sur terre, en haut, en bas ;
Des mains aux doigts osseux sortaient des noirs grabats ;
Un vent froid bruissait dans les linceuls sans nombre ;
Les peuples éperdus semblaient sous la faulx sombre
Un troupeau frissonnant qui dans l'ombre s'enfuit ;
Tout était sous ses pieds deuil, épouvante et nuit.
Derrière elle, le front baigné de douces flammes,
Un ange souriant portait la gerbe d'âmes.
2.2k
I have heard
everything is a self portrait.
The sound of your laugh
or what sweater you choose
out of the bargain bin.
Your favorite poems,
or the songs you sing
when you think no one is listening.
Your handwriting and
if you dog ear
your favorite book pages.
We would love to think
of ourselves as a mystery,
something one another has to
put together
like a puzzle.
But you do that yourself,
pieces of your identity
your quirks
your habits
are apparent
when you least expect it,
you are the truest you,
in a moment where you don't
even realize it.
You are your own mystery,
and your clues are a give away,
a self portait you paint
for others to admire.
Feb 17, 2014
Feb 17, 2014 at 9:37 PM UTC
As we walk to my best friend's house
My brother and I cross a bridge
He suddenly walks slowly
Like a penguin with a hunchabck
Closes his eyes a little
Steps towards the street
Tells me he is afraid of heights
I hold his 711 bag
And press my hand to his boney spine
We cross
When I can read
I am going to move to New York
Live in an apartment til I can buy a house
Toffer lived in New York
You should ask him about it
It snows there
I don't ask him about how he'll pay for it
All he need is to know how to read
Everything else falls into place after that
Sep 4, 2012
Sep 4, 2012 at 4:40 AM UTC
Je sais que vous venez ici pour votre dose quotidienne de mariages .mais je suis tout aussi certain que vous êtes ici pour votre dose quotidienne de plaisir aussi .Valerie Barnes film a livré .parce que le couple au centre de ce mariage a à la fois un amour et un bonheur qui sont contagieux !\u003cp\u003eS'il vous plaît mettre à jour votre browserColorsSeasonsFallSettingsBallroomHotelStylesTraditional
De la photographie .Même si Suzanne et Carl se sont réunis et maintenant résident à Boston .elle a choisi de se marier dans sa ville natale de Pittsburgh parce qu'elle voulait se marier à la cathédrale Saint- Paul .l'église où ses parents se sont mariés en 1972 . " Je ne peux pas attendre pourêtre dans cette église . C'est si beau . "
Quand elle a Carl à Pittsburgh pour la première fois.elle l'a emmené à l'église pour le mariage d'un cousin et lui dit: « Je vais me marier un jour dans cette église . "
Le matin du jour de son mariage .elle s'habillait à la maison de ses parents à Fox Chapel .Bien que sa robe a été conçu par Monique L'
huiller et ses chaussures par Badgley Mischka .at-elle ajouté quelques objets personnels pour compléter son look - le voile qu'elle portait était mariage voile de la mère et le bracelet qu'elle portait a également été emprunté à sa mère .
La réception de mariage a eu lieu à l' Hôtel Omni William Penn ." J'ai adoré qu'il était robe courte devant longue derriere au cœur du centre-ville de Pittsburgh et a également pensé qu'il était parfait pour la sensation de notre mariage . "la pensée de
Susanna de son mariage ." j'espère que notre mariage que nous sommes en mesure de tenir dans nos cœurs et nos esprits l'amour et de l'admiration et l'appréciation que robe de mariée 2014 nous avons les uns pour les autres aujourd'hui tous les jours .et que nous continuons de plus en plus non seulement commeindividus.mais comme un couple "
Photographie : Goldstein Photographie | vidéographie : . Valerie Barnes Film | planification de l'événement: Le groupe d'événements | Floral Design : Hepatica | Robe robe courte devant longue derriere de mariage: Monique Lhuillier | Gâteau : Vanille Pâtisserie | Cérémonie Lieu: Saint-Paulcathédrale | Réception Lieu: Omni William Penn | Chaussures : Badgley Mischka | Bijoux : Tiffany | Restauration : Omni William Penn | robes de demoiselles d'honneur ' \\ : Amsale | Linge de maison : linge de lit mosaïque | Tuxedo : Tophat TuxedoAmsale .Badgley Mischka et Monique Lhuillier sont membres de notre Look Book .Pour plus d'informations sur la façon dont les membres sont choisis .cliquez ici
http://modedomicile.com
Jul 14, 2014
Jul 14, 2014 at 11:23 PM UTC
Toute personne qui me connaît sait une chose: je coeur tout britannique.Ainsi.une campagne magnifique mariage anglais de drop-dead à la Maison Boconnoc Et Estate?Fait pour moi .Surtout un aussi beau que ce jour élégant .avec ses fleurs colorées .tenue élégante ( bonjour superbe robe Jenny Packham ) et la galerie à couper le souffle des images capturées par Sarah Falugo .Voir tous ici .\u003cp\u003eColorsSeasonsSummerSettingsGardenHistoric HomeStylesCasual Elegance
De Sarah Falugo .Boconnoc Maison et Immobilier est un lieu de mariage robe ceremonie fille typiquement anglais .La maison remonte à l'an 1250 et les motifs .complète avec parc aux cerfs et sa propre église est un joyau caché dans la campagne des Cornouailles .Emma et Terence étaient
http://www.modedomicile.com/robe-demoiselle-dhonneur-c-60
mariés à l'église sur le terrain et ensuite sur le site avec vos amis et votre famille à avoir une partie de jardin et gifler repas dans la hauteur de l'été anglais .
Emma portait une robe élégante de mariage Jenny Packham .Les décorations étaient un mélange de bouteilles en verre de couleur et de belles roses anglaises .
Photographie : Sarah Falugo | Robe de mariée : Jenny Packham | Lieu: Boconnoc maison et le domaineSarah Falugo robes demoiselles d honneur photographie est un membre robe ceremonie fille de notre Little Black Book .Découvrez comment les membres sont choisis en visitant notre page de FAQ .Sarah Falugo Photographie voir le
Jun 12, 2014
Jun 12, 2014 at 9:59 PM UTC
Regarde les squelettes qui dansent dans la cour
Et l'odeur de violette qui va chassant le jour.
Hier encore la fête, les nombreux petits-fours,
Le sel des cacahuètes et le son des tambours.
Aujourd'hui qu'elle est **** la joie de Mariette :
Quelques restes de pain sur la table - des miettes -
Et des grains de raisins que grignotent les guêpes,
Quand le rouge du vin nous fait perdre la tête.
Ils cliquettent les rires et grelottent les os ;
Il chuinte le sabir des cages dans ce zoo :
Mariette et Amir sont partis tout là-haut
Sans même prévenir : j'en ai froid dans le dos.
Regarde les squelettes qui dansent dans la cour
Et l'odeur de violette qui va chassant le jour.
Amir était poète, Mariette un amour.
Qui sait que la mort guette quand on a de l'humour ?
Hier, à la rivière, nous lancions des pierres,
Les canettes de bières et les traits de lumières
Éclairaient nos visages et plissaient nos regards :
Qui sait que les présages ressembl'nt aux nénuphars ?
Mariette portait ses jolies perles jaunes
Et son rire de Corte. Amir était un faune
Dont la longue crinière nous mettaient en chaleur.
Qu'ils étaient beaux et fiers : quand j'y pense je pleure
Regarde les squelettes qui dansent dans la cour
Et l'odeur de violette qui va chassant le jour.
C'est une étrange valse, une valse à trois temps,
Celle du temps qui passe et te chasse, entêtant.
Hier, ce jour, demain : étourdissant manège
Aux chevaux de bois dur où je pleurais enfant.
Osselets de mes mains, et mes pieds dans la neige :
Quelle est cette blessure où s'épuise mon sang ?
Mariette pleurait et riait à la fois,
Qu'Amir aux yeux dorés nous raconte l'émoi
De leur premier baiser sous un bel amandier.
Leurs visages apaisés nous ont incendiés.
Regarde les squelettes qui dansent dans la cour
Et l'odeur de violette qui va chassant le jour...
Nov 12, 2017
Nov 12, 2017 at 3:09 AM UTC
The perfect still portait that captures all beauty.
Is it the rising sun as it strokes the oceans creating a beautiful mirage of wonder?
Is it the night light sky where the moon and stars remain out of reach with the lone dancing star few see?
Is it the moment of two joining in love and putting the bands of eternity upon their finger?
None of these are the perfect still portait.
The perfect still portrait is the moment in time not captured by lense but by sight and mind.
The perfect still portrait is a feeling and memory at once that can never be described or forgotten.
My perfect still portrait is the moment you said you love me.
Mar 12, 2019
Mar 12, 2019 at 1:55 PM UTC
Elle voulut aller sur les bords de la mer,
Et comme un vent bénin soufflait une embellie,
Nous nous prêtâmes tous à sa belle folie,
Et nous voilà marchant par le chemin amer.
Le soleil luisait haut dans le ciel calme et lisse,
Et dans ses cheveux blonds c'étaient des rayons d'or,
Si bien que nous suivions son pas plus calme encor
Que le déroulement des vagues, ô délice !
Des oiseaux blancs volaient alentour mollement
Et des voiles au **** s'inclinaient toutes blanches.
Parfois de grands varechs filaient en longues branches,
Nos pieds glissaient d'un pur et large mouvement.
Elle se retourna, doucement inquiète
De ne nous croire pas pleinement rassurés,
Mais nous voyant joyeux d'être ses préférés,
Elle reprit sa route et portait haut la tête.
833
I like you.
Your eyes are full of language.
Jun 9, 2015
Jun 9, 2015 at 12:27 AM UTC
So proudly we stand by liberty's side
She's fraught with lividity
With no life in her eyes
We are plagued with insanity
So we can't see this disgust
So blinded by grief
That this is what has become of us!
Posing the corpse of our beloved mother...
Searching for an answer that cannot be found
Too reluctant, too proud to put her corpse in the ground
A picture is taken, we smile so wide
You can't even tell that liberty has died
Cursed is the seed of our creation...
Our mothers not too rotten for manipulation
We try to conceive an infant nation
But a dead womb can only host...
A carrion infestation
"Why mother, why did you have to die?"
Too much malediction had poisoned her mind
Abused by strangers to create a home
Thus killing the only mother we've ever known
How is a nation that claims to be free
A nation of lepers, of beggars, disease?
Because of insanity we cannot see the disgust
Of this Mourning Portrait of America!
Nov 24, 2015
Nov 24, 2015 at 12:01 AM UTC
Du malheur de recevoir
Un étranger, sans avoir
De lui quelque connaissance,
Tu as fait expérience,
Ménélas, ayant reçu
Pâris dont tu fus déçu :
Et moi je la viens de faire
Qui ore ai voulu retraire (1)
Sottement un étranger
Dans ma chambre, et le loger.
Il était minuit, et l'Ourse
De son char tournait la course
Entre les mains du Bouvier,
Quand le somme vint lier
D'une chaîne sommelière
Mes yeux clos sous la paupière.
Là je dormais en mon lit,
Lorsque j'entr'ouïs le bruit
D'un qui frappait à ma porte,
Et heurtait de telle sorte
Que mon dormir s'en alla :
Je demandai : Qu'est-ce là
Qui fait à mon huis (2) sa plainte ?
Je suis enfant, n'aye crainte,
Ce me dit-il, et adonc (3)
Je lui desserre le gond,
De ma porte verrouillée.
J'ai la chemise mouillée
Qui me trempe jusqu'aux os,
Ce disait ; dessus le dos
Toute nuit j'ai eu la pluie :
Et pour ce je te supplie
De me conduire à ton feu
Pour m'aller sécher un peu.
Lors je pris sa main humide,
Et plein de pitié le guide
En ma chambre et le fis seoir
Au feu qui restait du soir :
Puis, allumant des chandelles,
Je vis qu'il portait des ailes,
Dans la main un arc turquois,
Et sous l'aisselle un carquois.
Adonc en mon cœur je pense
Qu'il avait quelque puissance.
Et qu'il fallait m'apprêter
Pour le faire banqueter.
Cependant il me regarde
D'un œil, de l'autre il prend garde
Si son arc était séché ;
Puis, me voyant empêché
A lui faire bonne chère,
Me tire une flèche amère
Droit en l'œil : le coup de là
Plus bas au cœur dévala :
Et m'y fit telle ouverture,
Qu'herbe, drogue ni murmure (4)
N'y serviraient plus de rien.
Voilà, Robertet, le bien,
(Mon Robertet qui embrasse
Les neuf Muses et les Grâces)
Le bien qui m'est advenu
Pour loger un inconnu.
1. Retraire signifie abriter.
2. Huis est une porte.
3. Adonc veut dire alors.
4. Murmure ainsi indique prière.
531
Sous un grand ciel gris, dans une grande plaine poudreuse, sans chemins, sans gazon, sans un chardon, sans une ortie, je rencontrai plusieurs hommes qui marchaient courbés.
Chacun d'eux portait sur son dos une énorme Chimère, aussi lourde qu'un sac de farine ou de charbon, ou le fourniment d'un fantassin romain.
Mais la monstrueuse bête n'était pas un poids inerte ; au contraire, elle enveloppait et opprimait l'homme de ses muscles élastiques et puissants ; elle s'agrafait avec ses deux vastes griffes à la poitrine de sa monture ; et sa tête fabuleuse surmontait le front de l'homme, comme un de ces casques horribles par lesquels les anciens guerriers espéraient ajouter à la terreur de l'ennemi.
Je questionnai l'un de ces hommes, et je lui demandai où ils allaient ainsi. Il me répondit qu'il n'en savait rien, ni lui, ni les autres ; mais qu'évidemment ils allaient quelque part, puisqu'ils étaient poussés par un invincible besoin de marcher.
Chose curieuse à noter : aucun de ces voyageurs n'avait l'air irrité contre la bête féroce suspendue à son cou et collée à son dos ; on eût dit qu'il la considérait comme faisant partie de lui-même. Tous ces visages fatigués et sérieux ne témoignaient d'aucun désespoir ; sous la coupole spleenétique du ciel, les pieds plongés dans la poussière d'un sol aussi désolé que ce ciel, ils cheminaient avec la physionomie résignée de ceux qui sont condamnés à espérer toujours.
Et le cortège passa à côté de moi et s'enfonça dans l'atmosphère de l'horizon, à l'endroit où la surface arrondie de la planète se dérobe à la curiosité du regard humain.
Et pendant quelques instants je m'obstinai à vouloir comprendre ce mystère ; mais bientôt l'irrésistible Indifférence s'abattit sur moi, et j'en fus plus lourdement accablé qu'ils ne l'étaient eux-mêmes par leurs écrasantes Chimères.
506
You portray a painting but you don't get the picture.
You wanna be someone else but you birth to become one soul.
Society what keeps you falsifying your identity.
You trying to live a false entity.
You are your worst enemy.
Things can get tragic. So drastic. Make your soul become elastic.
Stop faking like plastic . Pressure is heat can melt that fakeness can turn it to glue .
Now you in the thick of things.
Revert to the painting you are the picture can you get the illustration.
Aug 11, 2015
Aug 11, 2015 at 12:42 AM UTC
Un ami me parlait et me regardait vivre :
Alors, c'était mourir... mon jeune âge était ivre
De l'orage enfermé dont la foudre est au coeur ;
Et cet ami riait, car il était moqueur.
Il n'avait pas d'aimer la funeste science.
Son seul orage à lui, c'était l'impatience.
Léger comme l'oiseau qui siffle avant d'aimer,
Disant : « Tout feu s'éteint, puisqu'il peut s'allumer ; »
Plein de chants, plein d'audace et d'orgueil sans alarme,
Il eût mis tout un jour à comprendre une larme.
De nos printemps égaux lui seul portait les fleurs ;
J'étais déjà l'aînée, hélas ! Par bien des pleurs.
Décorant sa pitié d'une grâce insolente,
Il disputait, joyeux, avec ma voix tremblante.
À ses doutes railleurs, je répondais trop bas...
Prouve-t-on que l'on souffre à qui ne souffre pas ?
Soudain, presque en colère, il m'appela méchante
De tromper la saison où l'on joue, où l'on chante :
« Venez, sortez, courez où sonne le plaisir !
Pourquoi restez-vous là navrant votre loisir ?
Pourquoi défier vos immobiles peines ?
Venez, la vie est belle, et ses coupes sont pleines ! ...
Non ? Vous voulez pleurer ? Soit ! J'ai fait mon devoir :
Adieu ! - quand vous rirez, je reviendrai vous voir. »
Et je le vis s'enfuir comme l'oiseau s'envole ;
Et je pleurai longtemps au bruit de sa parole.
Mais quoi ? La fête en lui chantait si haut alors
Qu'il n'entendait que ceux qui dansent au dehors.
Tout change. Un an s'écoule, il revient... qu'il est pâle !
Sur son front quelle flamme a soufflé tant de hâle ?
Comme il accourt tremblant ! Comme il serre ma main !
Comme ses yeux sont noirs ! Quel démon en chemin
L'a saisi ? - c'est qu'il aime ! Il a trouvé son âme.
Il ne me dira plus : « Que c'est lâche ! Une femme. »
Triste, il m'a demandé : « C'est donc là votre enfer ?
Et je riais... grand dieu ! Vous avez bien souffert ! »
488
What a curious day, the sun beeming as if it saw the sky for the first time, the forest rusting with a silent melody
The creatures all residing withing their safety’s, the wind painting it’s portait among the waters edges
But not a human around, as if the rapture has happened, as if the world was only ever me
I look around, but no sense of humanity anywhere, only the distilled sounds of the breeze
I look and nothing around, my hands tremble with a fear and unease, as if I am being drowned
I sit under a shaded oak, and watch the empty roads, listen to the empty houses
Look at the empty cars, the empty lives
And sit with my empty tears
Jul 2, 2015
Jul 2, 2015 at 9:34 PM UTC
I
Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.
Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir.
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.
Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.
Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.
II
Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
- C'est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;
C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits ;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;
C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !
Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible effara ton oeil bleu !
III
- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.
405
Quand la belle Vénus, sortant du sein des mers,
Promena ses regards sur la plaine profonde,
Elle se crut d'abord seule dans l'univers ;
Mais près d'elle aussitôt l'amour naquit de l'onde.
Vénus lui fit un signe, il embrassa Vénus ;
Et, se reconnaissant sans s'être jamais vus,
Tous deux sur un dauphin voguèrent vers la plage.
Comme ils approchaient du rivage,
L'amour, qu'elle portait, s'échappe de ses bras,
Et lance plusieurs traits en criant : terre ! Terre !
Que faites-vous, mon fils ? Lui dit alors sa mère.
Maman, répondit-il, j'entre dans mes états.
342
I
Tu me dois ta photographie
À la condition que je
Serai bien sage - et tu t'y fies !
Apprends, ma chère, que je veux
Être, en échange de ce don
Précieux, un libertin que
L'on pardonne après sa fredaine
Dernière en faveur d'un second
Crime et peut-être d'un troisième.
Celle image que tu me dois
Et que je ne mérite pas,
Moyennant ta condition
Je l'aurais quand même tu me
La refuserais, puisque je
L'ai là dans mon cœur, nom de Dieu !
II
Là ! je l'ai, ta photographie
Quand t'étais cette galopine,
Avec, jà, tes yeux de défi,
Tes petits yeux en trous de vrille,
Avec alors de fiers tétins
Promus en fiers seins aujourd'hui.
Sous la longue robe si bien
Qu'on portait vers soixante-seize
Et sous la traîne et tout son train,
On devine bien ton manège
D'abord jà, cuisse alors mignonne,
Ce jourd'huy belle et toujours fraîche ;
Hanches ardentes et luronnes,
Croupe et bas ventre jamais las,
À présent le puissant appât,
Les appas, mûrs mais durs qu'appètent
Ma fressure quand tu es là
Et quand tu n'es pas là, ma tête !
III
Et puisque ta photographie
M'est émouvante et suggestive
À ce point et qu'en outre vit
Près de moi, jours et nuits, lascif
Et toujours prêt, ton corps en chair
Et en os et en muscles vifs
Et ton âme amusante, ô chère
Méchante, je ne serai « sage »
Plus du tout et zut aux bergères
Autres que toi que je vais sac-
Cager de si belle manière ;
- Il importe que tu le saches -
Que j'en mourrai, de ce plus fier
Que de toute gloire qu'on prise
Et plus heureux que le bonheur !
Et pour la tombe où mes gens gisent,
Toute belle ainsi que la vie,
Mets, dans son cadre de peluche,
Sur mon cœur, ta photographie.
377
Ce Zoïle cagot naquit d'une Javotte.
Le diable, - ce jour-là Dieu permit qu'il créât, -
D'un peu de Ravaillac et d'un de Nonotte
Composa ce gredin béat.
Tout jeune, il contemplait, sans gîte et sans valise,
Les sous-diacres coiffés d'un feutre en lampion
Vidocq le rencontra priant dans une église,
Et, l'ayant vu loucher, en fit un espion.
Alors ce va-nu-pieds songea dans sa mansarde,
Et se voyant sans cœur, sans style, sans esprit,
Imagina de mettre une feuille poissarde
Au service de Jésus-Christ.
Armé d'un goupillon, il entra dans la lice
Contre les jacobins, le siècle et le péché.
Il se donna le luxe, étant de la police,
D'être jésuite et saint par-dessus le marché.
Pour mille francs par mois livrant l'eucharistie,
Plus vil que les voleurs et que les assassins,
Il fut riche. Il portait un flair de sacristie
Dans le bouge des argousins.
Il prospère ! - Il insulte, il prêche, il fait la roue ;
S'il n'était pas saint homme, il eût été sapeur ;
Comme s'il s'y lavait, il piaffe en pleine boue,
Et, voyant qu'on se sauve, il dit : comme ils ont peur !
Regardez, le voilà ! - Son journal frénétique
Plaît aux dévots et semble écrit par des bandits.
Il fait des fausses clefs dans l'arrière-boutique
Pour la porte du paradis.
Des miracles du jour il colle les affiches.
Il rédige l'absurde en articles de foi.
Pharisien hideux, il trinque avec les riches
Et dit au pauvre : ami, viens jeûner avec moi.
Il ripaille à huis clos, en publie il sermonne,
Chante landerirette après alléluia,
Dit un pater, et prend le menton de Simone... -
Que j'en ai vu, de ces saints-là !
Qui vous expectoraient des psaumes après boire,
Vendaient, d'un air contrit, leur pieux bric-à-brac,
Et qui passaient, selon qu'ils changeaient d'auditoire,
Des strophes de Piron aux quatrains de Pibrac !
C'est ainsi qu'outrageant gloires, vertus, génies,
Charmant par tant d'horreurs quelques niais fougueux,
Il vit tranquillement dans les ignominies,
Simple jésuite et triple gueux.
Septembre1850.
361
Fable VI, Livre III.
Pendant mille ans et plus, Jupiter fut fêté.
C'était justice : alors il portait le tonnerre ;
Il était immortel : dans les cieux, sur la terre,
La pluie et le beau temps, et la paix et la guerre,
Tout allait à sa volonté.
À ses autels, parés de fleurs et de guirlandes,
Devant la pierre ou l'or qui le représentait,
L'indigent, l'opulent, tour à tour apportait
Ses oraisons et ses offrandes.
Mais les dons étaient différents,
Bien que la ferveur fût la même.
Si les parfums étaient prodigués par les grands,
« On offre ce qu'on a », disaient les pauvres gens ;
Et la poix quelquefois fumait, au lieu d'encens,
Devant la déité suprême.
Jupiter de ce tour jamais ne s'offensa :
Il avait l'âme bonne, et sa bonté fut telle,
Qu'en bon homme il récompensa
La foi d'une sempiternelle
Qui, voulant l'encenser, faute de mieux, laissa
Sous son nez tout-puissant fumer une chandelle.
La fumée est toujours un mets délicieux.
Allons, flatteurs, faites des vôtres :
Les nez des hommes et des dieux
Sont faits les uns comme les autres.
333
i'm tired of being boiled down
to my barest, simplest parts,
and compromised beyond my core.
my facets ignored as if repugnant
or strange--
as if all i can ever be is what portait
painted itself.
to yell into an unyielding void
and be met with a stiff and resounding silence.
to be so resounding unheard despite
sheer and shrieking volume.
to exist in a space where metaphor scarcely follows for fear that truth will dilute it.
what importance did it ever hold?
it was all a cry.
and no one heard.
Mar 22, 2020
Mar 22, 2020 at 12:28 AM UTC
En ce temps-là, je me rappelle
Que je ne pouvais concevoir
Pourquoi, se pouvant faire belle,
Ma mère était toujours en noir.
Quand s'ouvrait le bahut plein d'ombre,
J'éprouvais un vague souci
De voir près d'une robe sombre
Pendre un long voile sombre aussi.
Le linge, radieux naguère,
D'un feston noir était ourlé :
Tout ce qu'alors portait ma mère,
Sa tristesse l'avait scellé.
Sourdement et sans qu'on y pense,
Le noir descend des yeux au cœur ;
Il me révélait quelque absence
D'une interminable longueur.
Quand je courais sur les pelouses
Où les enfants mêlaient leurs jeux,
J'admirais leurs joyeuses blouses,
Dont j'enviais les carreaux bleus ;
Car déjà la douleur sacrée
M'avait posé son crêpe noir,
Déjà je portais sa livrée :
J'étais en deuil sans le savoir.
294