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"vouloir" poems
Nous etions, en cet instant, prisonniers du bonheur. Heritiers de cette douce mais, o combien lourde, ferveur Brulant sous cette peau vernie de sueur, de sable et de sel, Portes, en princes sous les ficelles des tisseuses de ciel. Nous regardions le gris a nous ecorcher les yeux, Aimant de la passion infidele du zenith bleu Le vide encombrant de nos plus incroyables espoirs Et le remou sans debut ni fin de nouvelles memoires. Nous les connaissions, ces esprits, vagabonds des mers Chassant, au milieu des vagues ces humeurs incidencieres, Celles la meme qui jadis se prenommaient “reves d’enfance” Et qui depuis de sont transformes en dependence. Nous les connaissions, et meme si la nature de ce lien M’est masque par un sacerdoce qui ne sera jamais mien, Elle me dicte toujours chaque contour de leur lames grises Qui de cet air sec et fier sont tragiquement eprises Nous etions, en cet instant prisonniers de beaute, Celle la meme qui voit nos poumons dechiquetes A vouloir engouffrer ce monde entier sous nos pores Que demain a travers ces lettres je puisse a nouveau le voir.
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Feb 19, 2015
Feb 19, 2015 at 1:01 PM UTC
A Solis Occasum Cardine
I am not experienced. I have not seen all of the world- Other than the romance of Paris, The ancient cobblestone of Bruges, The rejuvenating air in Lausanne- And I have only seen a handful of vast plains In America- Those which only made me want More. It is not that I am dissatisfied with this Setting- It is just so hard to be in this place, The one I know so well, When there is a whole world To explore- To implore- To love and admire With wide eyes, And a racing mind.
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Sep 16, 2014
Sep 16, 2014 at 10:10 PM UTC
Vouloir
If I want my gypsy life, My solitary dream It does require a sacrifice, More than I can exprime. Car dans ma vie bohémienne, Je dois me tenir seule Même si mes sentiments m’amènent À vouloir être en deux. Je sais que dans ce jeu de rime Je râte ; quand-même, j’essais Car sûr mon cœur tes yeux s’impriment : La lumière that day. The candlelight that twirled and danced And lit up eyes and hair As deep inside something woke, pranced And breathed a fresh, new air. This was something I'd never had: Un sentiment profond Regretfully I leave, though sad; Mais l'route gitane, c'est longue !
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Jun 23, 2015
Jun 23, 2015 at 11:36 AM UTC
Sacrifice
sunsets and rainbows stain the canvas, sky an onslaught of color mark the once blind clouds in a world delusional of beauty irrational yet auburn sunlight where the demons fight hear the haunting tune of sweetest sorrow the scarred melody its bitter determination the powdered crayons and drifting wind feel the pastel snowflakes of one Wonderland winter with espoir and a turn of winds no vouloir can't be reached the cold breeze finds tinkling glass and the echo of windchimes ethereal and plain old jane she dulls the pain all factors in life where she'll always care the querulous kind the insecure kind but deep down inside hides a love overflowing its beauty like roses yet as wild as their thorns a smile like gunfire but a heart closed in ice so stays in denial a stretch of black and white a blur in one's vision now faded to gray an unforseen wind with strange predicaments perhaps it was all a hallucination? - - -
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Jul 5, 2013
Jul 5, 2013 at 1:08 PM UTC
ballad of strangers
Toutes les histoires sont comme un miroir, Deux faces, deux versions, deux reflets. Pourtant le notre ne me montre que ce que je veux voir, Au secours, j'ai besoin d'aide, notre miroir est brisé. Cette nuit j'ai dessiné ton visage sur mes rêves, à la craie Ce matin ta peau était encore collée à ma joue J'ai essayé de t'arracher, mais tu étais enfoncée comme un clou, Au secours, j'ai besoin d'aide, je n'arrive pas à t'effacer. Tu restes là sans être présente, Ta voix me répète encore que "j'ai dû me tromper" J'avoue avoir eu tort de penser que tu m'avais laissée Au secours, j'ai besoin d'aide, ton fantôme me hante. Mon étoile brille encore moins que tes émeraudes Nos erreurs m'agressent, comme nos insultes en écho Ce n'était pas prévu que tout se termine dans un tel chaos Au secours, j'ai besoin d'aide pour réparer ce désordre. J'ai lutté de toutes mes forces pour te chasser de mon esprit, Mais tu reviens à la charge, le soir juste avant de dormir Toute seule avec ta voix qui me guide pour écrire, Au secours, j'ai besoin d'aide, tu me fais sombrer dans la folie. Aujourd'hui j'ai tellement peur que tu ne veuilles plus que je revienne, Et je ne suis même pas sûre de le vouloir moi-même Je me fais encore du mal, mais on récolte ce que l'on sème Au secours, j'ai besoin d'aide, je voulais juste que tu me retiennes. Ton ombre me suit partout en chantant Clementine, Mais il n'y a plus d'éveil aux émeraudes depuis longtemps Le silence me rend muette, je ne respire plus comme avant J'ai dérivé ; au secours, j'ai besoin d'Aide..line.
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Aug 26, 2016
Aug 26, 2016 at 3:56 PM UTC
A(i)deline
Toutes les histoires sont comme un miroir, Deux faces, deux versions, deux reflets. Pourtant le notre ne me montre que ce que je veux voir, Au secours, j'ai besoin d'aide, notre miroir est brisé. Cette nuit j'ai dessiné ton visage sur mes rêves, à la craie Ce matin ta peau était encore collée à ma joue J'ai essayé de t'arracher, mais tu étais enfoncée comme un clou, Au secours, j'ai besoin d'aide, je n'arrive pas à t'effacer. Tu restes là sans être présente, Ta voix me répète encore que "j'ai dû me tromper" J'avoue avoir eu tort de penser que tu m'avais laissée Au secours, j'ai besoin d'aide, ton fantôme me hante. Mon étoile brille encore moins que tes émeraudes Nos erreurs m'agressent, comme nos insultes en écho Ce n'était pas prévu que tout se termine dans un tel chaos Au secours, j'ai besoin d'aide pour réparer ce désordre. J'ai lutté de toutes mes forces pour te chasser de mon esprit, Mais tu reviens à la charge, le soir juste avant de dormir Toute seule avec ta voix qui me guide pour écrire, Au secours, j'ai besoin d'aide, tu me fais sombrer dans la folie. Aujourd'hui j'ai tellement peur que tu ne veuilles plus que je revienne, Et je ne suis même pas sûre de le vouloir moi-même Je me fais encore du mal, mais on récolte ce que l'on sème Au secours, j'ai besoin d'aide, je voulais juste que tu me retiennes. Ton ombre me suit partout en chantant Clementine, Mais il n'y a plus d'éveil aux émeraudes depuis longtemps Le silence me rend muette, je ne respire plus comme avant J'ai dérivé ; au secours, j'ai besoin d'Aide..line.
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Jeter ma gourme Voilà ce que je voudrais faire Et surtout la jeter avec toi Et commettre ainsi mes premières frasques Ou plutôt les secondes Car j'ai oublié les premières. Jeter sa gourme Ce n'est pas se gourmer Ce n'est pas un duel C'est faire exploser sa pureté séminale Et vouloir semer sa semence Aux quatre vents Mais moi ma semence telle une pivoine sauvage Vole légère et virginale pour se blottir en toi Te pénétrer, te fertiliser, ma méduse pélagique, à l'ombrelle bleue et rose, Jusqu'aux derniers interstices Accepte ma gourme, translucide et molle Je ne la jette pas Je te l'offre, cette efflorescence, Je te la destine Je te l'adresse dans tes eaux. Je suis dans ma seconde jeunesse Et je te prie de croire que cette gourme Est un précipité pimenté de cheval, d'hippocampe et d'hippopotame Même si elle n 'a rien d'un mastodonte. Et non seulement je veux qu'elle te fertilise Mais je veux que tu la goûtes Et la savoure comme un bon bourgogne Ou beaujolais nouveau Je veux que tu t'en badigeonnes Le corps et l'âme Je veux que tu t'en maquilles Les lèvres et les paupières Et que ce fluide soit ta crème de beauté permanente. Je veux que dans chaque café du petit matin Une deux ou trois gouttelettes de cette gourme vienne sucrer ta journée Et l'égayer de délicieuses bandaisons intimes Et invisibles mais réelles Lèche, prends, c'est de la tendresse liquide De la chaleur liquide De l'amour liquide C'est ma cyprine à moi Et comme je suis bavard et volubile Je m'en sers pour t'écrire En hiéroglyphes dont seule toi peut lire Les encres sympathiques Et je te dis : Ma gourme t'aime maintenant Ma douce, torride et brûlante Pelagia noctulica.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 4:11 AM UTC
Gourme
Jeter ma gourme Voilà ce que je voudrais faire Et surtout la jeter avec toi Et commettre ainsi mes premières frasques Ou plutôt les secondes Car j'ai oublié les premières. Jeter sa gourme Ce n'est pas se gourmer Ce n'est pas un duel C'est faire exploser sa pureté séminale Et vouloir semer sa semence Aux quatre vents Mais moi ma semence telle une pivoine sauvage Vole légère et virginale pour se blottir en toi Te pénétrer, te fertiliser, ma méduse pélagique, à l'ombrelle bleue et rose, Jusqu'aux derniers interstices Accepte ma gourme, translucide et molle Je ne la jette pas Je te l'offre, cette efflorescence, Je te la destine Je te l'adresse dans tes eaux. Je suis dans ma seconde jeunesse Et je te prie de croire que cette gourme Est un précipité pimenté de cheval, d'hippocampe et d'hippopotame Même si elle n 'a rien d'un mastodonte. Et non seulement je veux qu'elle te fertilise Mais je veux que tu la goûtes Et la savoure comme un bon bourgogne Ou beaujolais nouveau Je veux que tu t'en badigeonnes Le corps et l'âme Je veux que tu t'en maquilles Les lèvres et les paupières Et que ce fluide soit ta crème de beauté permanente. Je veux que dans chaque café du petit matin Une deux ou trois gouttelettes de cette gourme vienne sucrer ta journée Et l'égayer de délicieuses bandaisons intimes Et invisibles mais réelles Lèche, prends, c'est de la tendresse liquide De la chaleur liquide De l'amour liquide C'est ma cyprine à moi Et comme je suis bavard et volubile Je m'en sers pour t'écrire En hiéroglyphes dont seule toi peut lire Les encres sympathiques Et je te dis : Ma gourme t'aime maintenant Ma douce, torride et brûlante Pelagia noctulica.
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write this silence a symphony a song to sing what words do not tell - seventeen year old arms cradling her stomach pregnant with a truth who's name she dare not speak shhhh paint this darkness a rainbow a myriad of colours exploding from camouflage - seventy two years young a drip in his arm flushed with a pain and a shame held mute shhhh draw this prison cell an exit a crudely carved hole radiating light ageless frame electrified, like lighting flashing white in a brightly lit room shhhh name this shame like a first born unapologetic, lung screaming introductions - mask dropped to a mess of shattering self on the floor arms outstretched for a help in hand speak Vouloir, c'est pouvoir.
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Mar 26, 2014
Mar 26, 2014 at 10:49 AM UTC
Autres Temps, Autres Mœurs.
Sonnet. Lorsque tu dormiras, ma belle ténébreuse, Au fond d'un monument construit en marbre noir, Et lorsque tu n'auras pour alcôve et manoir Qu'un caveau pluvieux et qu'une fosse creuse ; Quand la pierre, opprimant ta poitrine peureuse Et tes flancs qu'assouplit un charmant nonchaloir, Empêchera ton coeur de battre et de vouloir, Et tes pieds de courir leur course aventureuse, Le tombeau, confident de mon rêve infini (Car le tombeau toujours comprendra le poète), Durant ces grandes nuits d'où le somme est banni, Te dira : " Que vous sert, courtisane imparfaite, De n'avoir pas connu ce que pleurent les morts ? " - Et le ver rongera ta peau comme un remords.
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Remords posthume
Douce Maîtresse, touche, Pour soulager mon mal, Ma bouche de ta bouche Plus rouge que coral ; Que mon col soit pressé De ton bras enlacé. Puis, face dessus face, Regarde-moi les yeux, Afin que ton trait passe En mon coeur soucieux, Coeur qui ne vit sinon D'Amour et de ton nom. Je l'ai vu fier et brave, Avant que ta beauté Pour être son esclave Du sein me l'eût ôté ; Mais son mal lui plaît bien, Pourvu qu'il meure tien. Belle, par qui je donne A mes yeux, tant d'émoi, Baise-moi, ma mignonne, Cent fois rebaise-moi : Et quoi ? faut-il en vain Languir dessus ton sein ? Maîtresse, je n'ai garde De vouloir t'éveiller. Heureux quand je regarde Tes beaux yeux sommeiller, Heureux quand je les vois Endormis dessus moi. Veux-tu que je les baise Afin de les ouvrir ? Ha ! tu fais la mauvaise Pour me faire mourir ! Je meurs entre tes bras, Et s'il ne t'en chaut pas ! Ha ! ma chère ennemie, Si tu veux m'apaiser, Redonne-moi la vie Par l'esprit d'un baiser. Ha ! j'en sens la douceur Couler jusques au coeur. J'aime la douce rage D'amour continuel Quand d'un même courage Le soin est mutuel. Heureux sera le jour Que je mourrai d'amour !
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Douce Maîtresse
Un port est un séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie. L'ampleur du ciel, l'architecture mobile des nuages, les colorations changeantes de la mer, le scintillement des phares, sont un prisme merveilleusement propre à amuser les yeux sans jamais les lasser. Les formes élancées des navires, au gréement compliqué, auxquels la houle imprime des oscillations harmonieuses, servent à entretenir dans l'âme le goût du rythme et de la beauté. Et puis, surtout, il y a une sorte de plaisir mystérieux et aristocratique pour celui qui n'a plus ni curiosité ni ambition, à contempler, couché dans le belvédère ou accoudé sur le môle, tous ces mouvements de ceux qui partent et de ceux qui reviennent, de ceux qui ont encore la force de vouloir, le désir de voyager ou de s'enrichir.
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Le port
Spring. The Trees. Green, with everlasting beauty. They hold the very life we breath. The sound of their rustling leaves, apaisant. They stretch up to the sky, reaching high. The most free of all their kind, éclatant. They leave behind the most peaceful state of mind. Winter. The Snow. It arrives from thin air, blocking out the blue of the sky, étouffer. Lightly landing on the leaves of our Trees. Softly singing what seems to be a lullaby, vouloir amadouer. In truth they **** away the soul. Frozen and dry, it takes its toll. Bearing the weight of their sworn enemy, the Trees pray for an extremity. Another year ends with agony, the Snow glittering with all its glory. Vaincu
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Oct 7, 2013
Oct 7, 2013 at 12:21 AM UTC
Vaincu
Sonnet. Deux sonnets partagent la ville, Deux sonnets partagent la cour, Et semblent vouloir à leur tour Rallumer la guerre civile. Le plus sot et le plus habile En mettent leur avis au jour, Et ce qu'on a pour eux d'amour A plus d'un échauffe la bile. Chacun en parle hautement Suivant son petit jugement ; Et, s'il y faut mêler le nôtre, L'un est sans doute mieux rêvé, Mieux conduit, et mieux achevé ; Mais je voudrais avoir fait l'autre.
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Deux sonnets
xÀ Emmanuel Des Essarts. Quand d'une perte irréparable On garde au coeur le souvenir, On est parfois si misérable Qu'on délibère d'en finir. La vie extérieure oppresse : Son mobile et bruyant souci Fatigue... et dans cette détresse On murmure : « Que fais-je ici ? « Libre de fuir tout ce tumulte Où ma douleur n'a point de part, Où le train du monde l'insulte, Pourquoi retarder mon départ ? « Pourquoi cette illogique attente ? Les moyens sont prompts et divers, Pour l'homme que le néant tente, D'écarter du pied l'univers ! » Mais l'habitude, lâche et forte, Demande grâce au désespoir ; On se condamne et l'on supporte Un jour de plus sans le vouloir. Ah ! C'est qu'il faut si peu de chose Pour faire accepter chaque jour ! L'aube avec un bouton de rose Nous intéresse à son retour. La rose éclora tout à l'heure, Et l'on attend qu'elle ait souri ; Eclose, on attend qu'elle meure ; Elle est morte, une autre a fleuri ; On partait, mais une hirondelle Descend et glisse au ras du sol, Et l'oeil ne s'est séparé d'elle Qu'au ciel où s'est perdu son vol ; On partait, mais tout près s'éveille, Sous un battement d'éventail, Un frais zéphire qui conseille Avec l'espoir un dernier bail ; On partait, mais le bruit tout proche D'un marteau fidèle au labeur, Sonnant comme un mâle reproche, Fait rougir d'être un déserteur ; Tout nous convie à ne pas clore Notre destinée aujourd'hui ; Le malheur même est doux encore, Doux à soulager dans autrui : Une larme veut qu'on demeure Au moins le temps de l'essuyer ; Tout ce qui rit, tout ce qui pleure, Fait retourner le sablier. Ainsi l'agonie a des trêves : On ressaisit, au moindre appel, Le fil ténu des heures brèves Au seuil du mystère éternel. On accorde à cette agonie Que la main n'abrège jamais, Une lenteur indéfinie Où les adieux sont des délais ; Et sans se résigner à vivre Ni s'en aller avant son tour, On laisse les moments se suivre, Et le coeur battre au jour le jour.
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Au jour le jour
xÀ Emmanuel Des Essarts. Quand d'une perte irréparable On garde au coeur le souvenir, On est parfois si misérable Qu'on délibère d'en finir. La vie extérieure oppresse : Son mobile et bruyant souci Fatigue... et dans cette détresse On murmure : « Que fais-je ici ? « Libre de fuir tout ce tumulte Où ma douleur n'a point de part, Où le train du monde l'insulte, Pourquoi retarder mon départ ? « Pourquoi cette illogique attente ? Les moyens sont prompts et divers, Pour l'homme que le néant tente, D'écarter du pied l'univers ! » Mais l'habitude, lâche et forte, Demande grâce au désespoir ; On se condamne et l'on supporte Un jour de plus sans le vouloir. Ah ! C'est qu'il faut si peu de chose Pour faire accepter chaque jour ! L'aube avec un bouton de rose Nous intéresse à son retour. La rose éclora tout à l'heure, Et l'on attend qu'elle ait souri ; Eclose, on attend qu'elle meure ; Elle est morte, une autre a fleuri ; On partait, mais une hirondelle Descend et glisse au ras du sol, Et l'oeil ne s'est séparé d'elle Qu'au ciel où s'est perdu son vol ; On partait, mais tout près s'éveille, Sous un battement d'éventail, Un frais zéphire qui conseille Avec l'espoir un dernier bail ; On partait, mais le bruit tout proche D'un marteau fidèle au labeur, Sonnant comme un mâle reproche, Fait rougir d'être un déserteur ; Tout nous convie à ne pas clore Notre destinée aujourd'hui ; Le malheur même est doux encore, Doux à soulager dans autrui : Une larme veut qu'on demeure Au moins le temps de l'essuyer ; Tout ce qui rit, tout ce qui pleure, Fait retourner le sablier. Ainsi l'agonie a des trêves : On ressaisit, au moindre appel, Le fil ténu des heures brèves Au seuil du mystère éternel. On accorde à cette agonie Que la main n'abrège jamais, Une lenteur indéfinie Où les adieux sont des délais ; Et sans se résigner à vivre Ni s'en aller avant son tour, On laisse les moments se suivre, Et le coeur battre au jour le jour.
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L'aimable et tendre Philomèle, Voyant commencer les beaux jours, Racontait à l'écho fidèle Et ses malheurs et ses amours. Le plus beau paon du voisinage, Maître et sultan de ce canton, Elevant la tête et le ton, Vint interrompre son ramage : C'est bien à toi, chantre ennuyeux, Avec un si triste plumage, Et ce long bec, et ces gros yeux, De vouloir charmer ce bocage ! A la beauté seule il va bien D'oser célébrer la tendresse : De quel droit chantes-tu sans cesse ? Moi, qui suis beau, je ne dis rien. Pardon, répondit Philomèle : Il est vrai, je ne suis pas belle ; Et si je chante dans ce bois, Je n'ai de titre que ma voix. Mais vous, dont la noble arrogance M'ordonne de parler plus bas, Vous vous taisez par impuissance, Et n'avez que vos seuls appas. Ils doivent éblouir sans doute ; Est-ce assez pour se faire aimer ? Allez, puisqu'amour n'y voit goutte, C'est l'oreille qu'il faut charmer.
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Le rossignol et le paon
(Au Révérend Père Delidel de la Compagnie de Jésus, sur son traité de la Théologie des Saints.) Toi qui nous apprends de la Grâce Quelle est la force et la douceur, Comme elle descend dans un cœur, Comme elle agit, comme elle passe, Docte Ecrivain, dont l'œil perçant, Va jusqu'au sein du Tout-puissant Pénétrer ce profond abîme, Que les hommes te vont devoir ! Et que le prix en est ineffable et sublime, De ces biens que par-là tu mets en leur pouvoir ! Oui, tant que durera ta course, Tu peux, mortel, à pleines mains ; Puiser des bonheurs souverains En cette inépuisable source. Un guide si bien éclairé, Te conduit d'un pas assuré Au vivant Soleil qui l'éclaire ; Suis, mais avec zèle, avec foi, Suis, dis-je, tu verras tout ce qu'il te faut faire, Et si tu ne le fais, il ne tiendra qu'à toi. Tu pèches, mais un Dieu pardonne, Et pour mériter ce pardon, II te sait ce précieux don, II n'en est avare à personne. Reçois avec humilité, Conserve avec fidélité, Ce grand appui de ta faiblesse. Avec lui ton vouloir peut tout, Sans lui tu n'es qu'ordure, impuissance, bassesse, Fais-en un bon usage, et la gloire est au bout. C'en est la digne récompense ; Mais aussi, tu le dois savoir, Cet usage est en ton pouvoir, II dépend de ta vigilance : Tu peux t'endormir, t'arrêter, Tu peux même le rejeter Ce don, sans qui ta perte est sûre, Et n'en tireras aucun fruit, Si tu défères plus aux sens, à la nature ; Qu'aux mouvement sacrés qu'en ton âme il produit. J'en connaît par toi l'efficace, Savant et pieux Ecrivain, Qui jadis de ta propre main M'as élevé sur le Parnasse ; C'était trop peu pour ta bonté Que ma jeunesse eût profité Des leçons que tu m'as données ; Tu portes plus **** ton amour, Et tu veux qu'aujourd'hui mes dernières années De tes instructions profitent à leur tour. Je suis ton disciple, et peut-être Que l'heureux éclat de mes vers Éblouit assez l'univers, Pour faire peu de honte au Maître. Par une plus sainte leçon Tu m'apprends de quelle façon Au vice on doit faire la guerre. Puissé-je en user encore mieux, Et comme je te dois ma gloire sur la terre ! Puissé-je te devoir un jour celle des cieux !
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Ode
(Au Révérend Père Delidel de la Compagnie de Jésus, sur son traité de la Théologie des Saints.) Toi qui nous apprends de la Grâce Quelle est la force et la douceur, Comme elle descend dans un cœur, Comme elle agit, comme elle passe, Docte Ecrivain, dont l'œil perçant, Va jusqu'au sein du Tout-puissant Pénétrer ce profond abîme, Que les hommes te vont devoir ! Et que le prix en est ineffable et sublime, De ces biens que par-là tu mets en leur pouvoir ! Oui, tant que durera ta course, Tu peux, mortel, à pleines mains ; Puiser des bonheurs souverains En cette inépuisable source. Un guide si bien éclairé, Te conduit d'un pas assuré Au vivant Soleil qui l'éclaire ; Suis, mais avec zèle, avec foi, Suis, dis-je, tu verras tout ce qu'il te faut faire, Et si tu ne le fais, il ne tiendra qu'à toi. Tu pèches, mais un Dieu pardonne, Et pour mériter ce pardon, II te sait ce précieux don, II n'en est avare à personne. Reçois avec humilité, Conserve avec fidélité, Ce grand appui de ta faiblesse. Avec lui ton vouloir peut tout, Sans lui tu n'es qu'ordure, impuissance, bassesse, Fais-en un bon usage, et la gloire est au bout. C'en est la digne récompense ; Mais aussi, tu le dois savoir, Cet usage est en ton pouvoir, II dépend de ta vigilance : Tu peux t'endormir, t'arrêter, Tu peux même le rejeter Ce don, sans qui ta perte est sûre, Et n'en tireras aucun fruit, Si tu défères plus aux sens, à la nature ; Qu'aux mouvement sacrés qu'en ton âme il produit. J'en connaît par toi l'efficace, Savant et pieux Ecrivain, Qui jadis de ta propre main M'as élevé sur le Parnasse ; C'était trop peu pour ta bonté Que ma jeunesse eût profité Des leçons que tu m'as données ; Tu portes plus **** ton amour, Et tu veux qu'aujourd'hui mes dernières années De tes instructions profitent à leur tour. Je suis ton disciple, et peut-être Que l'heureux éclat de mes vers Éblouit assez l'univers, Pour faire peu de honte au Maître. Par une plus sainte leçon Tu m'apprends de quelle façon Au vice on doit faire la guerre. Puissé-je en user encore mieux, Et comme je te dois ma gloire sur la terre ! Puissé-je te devoir un jour celle des cieux !
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À M. l'abbé Delille. Ô toi, dont la touchante et sublime harmonie Charme toujours l'oreille en attachant le cœur, Digne rival, souvent vainqueur, Du chantre fameux d'Ausonie, Delille, ne crains rien, sur mes légers pipeaux Je ne viens point ici célébrer tes travaux, Ni dans de faibles vers parler de poésie. Je sais que l'immortalité Qui t'est déjà promise au temple de mémoire T'est moins chère que ta gaîté ; Je sais que, méritant tes succès sans y croire, Content par caractère et non par vanité, Tu te fais pardonner ta gloire À force d'amabilité : C'est ton secret, aussi je finis ce prologue. Mais du moins lis mon apologue ; Et si quelque envieux, quelque esprit de travers, Outrageant un jour tes beaux vers, Te donne assez d'humeur pour t'empêcher d'écrire, Je te demande alors de vouloir le relire. Dans une belle nuit du charmant mois de mai, Un berger contemplait, du haut d'une colline, La lune promenant sa lumière argentine Au milieu d'un ciel pur d'étoiles parsemé ; Le tilleul odorant, le lilas, l'aubépine, Au gré du doux zéphyr balançant leurs rameaux, Et les ruisseaux dans les prairies Brisant sur des rives fleuries Le cristal de leurs claires eaux. Un rossignol, dans le bocage, Mêlait ses doux accents à ce calme enchanteur ; L'écho les répétait, et notre heureux pasteur, Transporté de plaisir, écoutait son ramage. Mais tout-à-coup l'oiseau finit ses tendres sons. En vain le berger le supplie De continuer ses chansons. Non, dit le rossignol, c'en est fait pour la vie ; Je ne troublerai plus ces paisibles forêts. N'entends-tu pas dans ce marais Mille grenouilles coassantes Qui par des cris affreux insultent à mes chants ? Je cède, et reconnais que mes faibles accents Ne peuvent l'emporter sur leurs voix glapissantes. Ami, dit le berger, tu vas combler leurs vœux ; Te taire est le moyen qu'on les écoute mieux : Je ne les entends plus aussitôt que tu chantes.
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Le berger et le rossignol
À M. l'abbé Delille. Ô toi, dont la touchante et sublime harmonie Charme toujours l'oreille en attachant le cœur, Digne rival, souvent vainqueur, Du chantre fameux d'Ausonie, Delille, ne crains rien, sur mes légers pipeaux Je ne viens point ici célébrer tes travaux, Ni dans de faibles vers parler de poésie. Je sais que l'immortalité Qui t'est déjà promise au temple de mémoire T'est moins chère que ta gaîté ; Je sais que, méritant tes succès sans y croire, Content par caractère et non par vanité, Tu te fais pardonner ta gloire À force d'amabilité : C'est ton secret, aussi je finis ce prologue. Mais du moins lis mon apologue ; Et si quelque envieux, quelque esprit de travers, Outrageant un jour tes beaux vers, Te donne assez d'humeur pour t'empêcher d'écrire, Je te demande alors de vouloir le relire. Dans une belle nuit du charmant mois de mai, Un berger contemplait, du haut d'une colline, La lune promenant sa lumière argentine Au milieu d'un ciel pur d'étoiles parsemé ; Le tilleul odorant, le lilas, l'aubépine, Au gré du doux zéphyr balançant leurs rameaux, Et les ruisseaux dans les prairies Brisant sur des rives fleuries Le cristal de leurs claires eaux. Un rossignol, dans le bocage, Mêlait ses doux accents à ce calme enchanteur ; L'écho les répétait, et notre heureux pasteur, Transporté de plaisir, écoutait son ramage. Mais tout-à-coup l'oiseau finit ses tendres sons. En vain le berger le supplie De continuer ses chansons. Non, dit le rossignol, c'en est fait pour la vie ; Je ne troublerai plus ces paisibles forêts. N'entends-tu pas dans ce marais Mille grenouilles coassantes Qui par des cris affreux insultent à mes chants ? Je cède, et reconnais que mes faibles accents Ne peuvent l'emporter sur leurs voix glapissantes. Ami, dit le berger, tu vas combler leurs vœux ; Te taire est le moyen qu'on les écoute mieux : Je ne les entends plus aussitôt que tu chantes.
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Laisse-moi sommeiller, Amour ! Ne te suffit-il que de jour Les yeux trop cruels de ma dame Me tourmentent le corps et l'âme, Sans la nuit me vouloir ainsi Tourmenter d'un nouveau souci, Alors que je devrais refaire Dans le lit la peine ordinaire Que tout le jour je souffre au cœur ! Hélas ! Amour plein de rigueur, Cruel enfant, que veux-tu dire ? Toujours le vautour ne martyre Le pauvre cœur Promethean Sur le sommet Caucasean, Mais de nuit recroître le laisse, À fin qu'au matin s'en repaisse. Mais tu me ronges jour et nuit, Et ton soin, qui toujours me suit, Ne veut que mon cœur se refasse ; Mais toujours, toujours le tirasse, Ainsi qu'un acharné limier Tirasse le cœur d'un sanglier. Chacun dit que je suis malade, Me voyant la couleur si fade Et le teint si morne et si blanc ; Et dit-on vrai, car je n'ai sang En veine, ni force en artère ; Aussi la nuit je ne digère Et mon souper me reste cru Dans l'estomac d'amours recru. Mais, Amour, j'aurai la vengeance De ta cruelle outrecuidance Quittant ma vie, et, si je meurs, Je serai franc de tes douleurs : Car rien ne peut ta tyrannie Sur un corps qui n'a plus de vie.
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Laisse-moi sommeiller, amour
Sonnet. Je vous estime, Iris, et crois pouvoir sans crime Permettre à mon respect un aveu si charmant : Il est vrai qu'à chaque moment Je songe que je vous estime. Cette agréable idée, où ma raison s'abîme, Tyrannise mes sens jusqu'à l'accablement ; Mais pour vouloir fuir ce tourment La cause en est trop légitime. Aussi, quelque désordre où mon cœur soit plongé, Bien **** de faire effort à l'en voir dégagé, Entretenir sa peine est toute mon étude. J'en aime le chagrin, le trouble m'en est doux. Hélas ! que ne m'estimez-vous Avec la même inquiétude !
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Inquiétude
Sous un grand ciel gris, dans une grande plaine poudreuse, sans chemins, sans gazon, sans un chardon, sans une ortie, je rencontrai plusieurs hommes qui marchaient courbés. Chacun d'eux portait sur son dos une énorme Chimère, aussi lourde qu'un sac de farine ou de charbon, ou le fourniment d'un fantassin romain. Mais la monstrueuse bête n'était pas un poids inerte ; au contraire, elle enveloppait et opprimait l'homme de ses muscles élastiques et puissants ; elle s'agrafait avec ses deux vastes griffes à la poitrine de sa monture ; et sa tête fabuleuse surmontait le front de l'homme, comme un de ces casques horribles par lesquels les anciens guerriers espéraient ajouter à la terreur de l'ennemi. Je questionnai l'un de ces hommes, et je lui demandai où ils allaient ainsi. Il me répondit qu'il n'en savait rien, ni lui, ni les autres ; mais qu'évidemment ils allaient quelque part, puisqu'ils étaient poussés par un invincible besoin de marcher. Chose curieuse à noter : aucun de ces voyageurs n'avait l'air irrité contre la bête féroce suspendue à son cou et collée à son dos ; on eût dit qu'il la considérait comme faisant partie de lui-même. Tous ces visages fatigués et sérieux ne témoignaient d'aucun désespoir ; sous la coupole spleenétique du ciel, les pieds plongés dans la poussière d'un sol aussi désolé que ce ciel, ils cheminaient avec la physionomie résignée de ceux qui sont condamnés à espérer toujours. Et le cortège passa à côté de moi et s'enfonça dans l'atmosphère de l'horizon, à l'endroit où la surface arrondie de la planète se dérobe à la curiosité du regard humain. Et pendant quelques instants je m'obstinai à vouloir comprendre ce mystère ; mais bientôt l'irrésistible Indifférence s'abattit sur moi, et j'en fus plus lourdement accablé qu'ils ne l'étaient eux-mêmes par leurs écrasantes Chimères.
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Chacun sa chimère
Sous un grand ciel gris, dans une grande plaine poudreuse, sans chemins, sans gazon, sans un chardon, sans une ortie, je rencontrai plusieurs hommes qui marchaient courbés. Chacun d'eux portait sur son dos une énorme Chimère, aussi lourde qu'un sac de farine ou de charbon, ou le fourniment d'un fantassin romain. Mais la monstrueuse bête n'était pas un poids inerte ; au contraire, elle enveloppait et opprimait l'homme de ses muscles élastiques et puissants ; elle s'agrafait avec ses deux vastes griffes à la poitrine de sa monture ; et sa tête fabuleuse surmontait le front de l'homme, comme un de ces casques horribles par lesquels les anciens guerriers espéraient ajouter à la terreur de l'ennemi. Je questionnai l'un de ces hommes, et je lui demandai où ils allaient ainsi. Il me répondit qu'il n'en savait rien, ni lui, ni les autres ; mais qu'évidemment ils allaient quelque part, puisqu'ils étaient poussés par un invincible besoin de marcher. Chose curieuse à noter : aucun de ces voyageurs n'avait l'air irrité contre la bête féroce suspendue à son cou et collée à son dos ; on eût dit qu'il la considérait comme faisant partie de lui-même. Tous ces visages fatigués et sérieux ne témoignaient d'aucun désespoir ; sous la coupole spleenétique du ciel, les pieds plongés dans la poussière d'un sol aussi désolé que ce ciel, ils cheminaient avec la physionomie résignée de ceux qui sont condamnés à espérer toujours. Et le cortège passa à côté de moi et s'enfonça dans l'atmosphère de l'horizon, à l'endroit où la surface arrondie de la planète se dérobe à la curiosité du regard humain. Et pendant quelques instants je m'obstinai à vouloir comprendre ce mystère ; mais bientôt l'irrésistible Indifférence s'abattit sur moi, et j'en fus plus lourdement accablé qu'ils ne l'étaient eux-mêmes par leurs écrasantes Chimères.
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Peste J'hiberne jusqu'à ce qu'il soit temps, perfide, Limpide Contemplez-moi, impies, Le jour du jugement est ici ! Courez par centaines, Car seule la quarantaine Peut vous soigner. Peut vous sauver, Seul l'exil De la prévisibilité infernale de la ville J'ai arraché les pétales de toutes les fleurs Des cloches sonnent à toutes les heures Pour ceux qui sont malades de pleurs, Que ne peuvent soigner aucun docteur. Je rempli les terroirs, Je gratte les fumoirs Je suis le tout, Je suis le fou Guerre Je suis le vouloir Je suis le pouvoir Mourrez sous la loi martiale Souffrez de la vie impartiale Macabre moulin à viande tendre Dans un champ fertilisé à la cendre Le Minos des temps modernes, Que l'on nourrit de notre jeunesse Consomme, vorace comme en ivresse Consume nos amis et nos frères, Salit nos soeurs et nos terres Les mains tachées du sang des atrocités Que l'on regrette un fois revenue la lucidité Personne ne nous détruits mieux que nous-même Personne n'a jamais été sauvé dès son baptême Je tue les espoirs Je vole les avoirs Je suis lucide, Livide Famine Je suis le rat dans les geôles Je n'ai plus de contrôle Même si je fuis ailleurs, On me ronge de l'intérieur ! Sauvez-moi de cet insatiable creux ! Je salive de tous mes yeux À la vue de nourritures fines Dont je suis en manque, j'imagine La vie n'est que désirs, Bonheur, l'excès et son plaisir Que ne ferait pas un homme pour ne pas rater son train Quand il se meurt, et qu'on lui promet un bout de pain ? Que ne ferait pas un homme quand il est seul et qu'il a faim Quand de l'intérieur il meurt, et qu'il besoin de soin ? Je vide les armoires, Je gratte les contoires Je suis le vide Je suis l'avide Mort La limpide clarté La déchirante pureté De la puissante nature, Et de ses créatures Les plus virtueuses, Les plus malicieuses. Célèbre dramaturge, J'ai ce désir de purge, De soulager des siècles d'agonie Et ainsi cloître le cycle de la vie Rien n'est aussi grandiose qu'un dernier coup de théâtre Quand on est seule dans le silence de l'audience à l'amphithéâtre Bien petite compensation pour avoir réprimé ses désirs Que de pouvoir rêver un peu avant d'enfin s'endormir Je vide les boudoirs J'écarte le doute de revoir Je meurs d’ennui, je suis mort, Je meurtris la vie, je suis la mort
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Apr 25, 2020
Apr 25, 2020 at 7:24 PM UTC
Les Quatres cavaliers de l'apocalypse
Peste J'hiberne jusqu'à ce qu'il soit temps, perfide, Limpide Contemplez-moi, impies, Le jour du jugement est ici ! Courez par centaines, Car seule la quarantaine Peut vous soigner. Peut vous sauver, Seul l'exil De la prévisibilité infernale de la ville J'ai arraché les pétales de toutes les fleurs Des cloches sonnent à toutes les heures Pour ceux qui sont malades de pleurs, Que ne peuvent soigner aucun docteur. Je rempli les terroirs, Je gratte les fumoirs Je suis le tout, Je suis le fou Guerre Je suis le vouloir Je suis le pouvoir Mourrez sous la loi martiale Souffrez de la vie impartiale Macabre moulin à viande tendre Dans un champ fertilisé à la cendre Le Minos des temps modernes, Que l'on nourrit de notre jeunesse Consomme, vorace comme en ivresse Consume nos amis et nos frères, Salit nos soeurs et nos terres Les mains tachées du sang des atrocités Que l'on regrette un fois revenue la lucidité Personne ne nous détruits mieux que nous-même Personne n'a jamais été sauvé dès son baptême Je tue les espoirs Je vole les avoirs Je suis lucide, Livide Famine Je suis le rat dans les geôles Je n'ai plus de contrôle Même si je fuis ailleurs, On me ronge de l'intérieur ! Sauvez-moi de cet insatiable creux ! Je salive de tous mes yeux À la vue de nourritures fines Dont je suis en manque, j'imagine La vie n'est que désirs, Bonheur, l'excès et son plaisir Que ne ferait pas un homme pour ne pas rater son train Quand il se meurt, et qu'on lui promet un bout de pain ? Que ne ferait pas un homme quand il est seul et qu'il a faim Quand de l'intérieur il meurt, et qu'il besoin de soin ? Je vide les armoires, Je gratte les contoires Je suis le vide Je suis l'avide Mort La limpide clarté La déchirante pureté De la puissante nature, Et de ses créatures Les plus virtueuses, Les plus malicieuses. Célèbre dramaturge, J'ai ce désir de purge, De soulager des siècles d'agonie Et ainsi cloître le cycle de la vie Rien n'est aussi grandiose qu'un dernier coup de théâtre Quand on est seule dans le silence de l'audience à l'amphithéâtre Bien petite compensation pour avoir réprimé ses désirs Que de pouvoir rêver un peu avant d'enfin s'endormir Je vide les boudoirs J'écarte le doute de revoir Je meurs d’ennui, je suis mort, Je meurtris la vie, je suis la mort
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Je suis la Muse, Ta Muse Ta pudique, Ta sage cornemuse Sisypha, l 'allumeuse, tisseuse de tes envies, Je t'enflamme, Je te seconde, Je te féconde, Je suis l 'idée, le mot, le rêve, l'espoir L'image ! Je craque un mot sur le grattoir Et la flamme jaillit, tu enfantes un monde Le feu de ton imagination te rend fébrile Et je savoure, je me délecte et je me décapsule Quand sous l 'emprise de cette terrible envie de moi Religieusement tu bandes, tu gonfles, tu te dilates Tu brûles d'aller boire au plus profond de moi Tu aspires à m'aspirer en toi. J 'appuie à distance sur le détonateur Tu exploses ! Et moi au **** je danse, je cours, je vole, je souris et je dégouline de poèmes ! Tu sais tout, tu es mon ombre Tu m'as entendue Tu m'as vue dans le miroir chanter le vin clairet Tu as aperçu mes lambeaux de poèmes lubriques Tu me cherches dans chaque enlacement passionné Je te cherche aussi On s'est croisé au pied du Vésuve Je marchais insouciante Et tu m'as appelée Gradiva. Tu vois ? Même si on ne se voit jamais On se sera déjà vus ! Je suis ta Muse Notre amour est ainsi fait Amour-sourire de Muse et Artiste Nous nous imbriquons l'un dans l'autre Toi l 'artiste prodige et moi la sublime Muse Jamais je ne me suis doutée que j'avais les pieds aussi beaux ! C'est toi qui les as façonnés ainsi ? Alea jacta est C'est le destin qui m'a mis dans ta bouche Ne te mords pas les lèvres Accomplis tes quatre-vingt-huit travaux d'Hercule Je suis la résille de soie grège Que tu tisses lentement de tes doigts agiles En mailles losanges ou carrées Cette résille est digne des Pléiades.. Tu dévides ta navette et au fur à mesure que tu crochètes Le filet de soie prend forme Et se fait crespine Je m'inquiète : Vas-tu vouloir avec ce filet capturer Sisypha qui palpite au creux de ma nuque Pour la garder prisonnière de la cage De l 'oiseau qui me picore ? Ou vas-tu En ceindre mes cheveux Et les emprisonner Dans ta tour de soie ? Ou veux -tu que je le porte Sous ma bombe de cavalière chaque fois que je te chevauche Et que je tente de dresser ta monture Aux sabots gravés de mon monogramme ? Ou peut-être fétichiste Concoctes-tu derrière ces mailles Une surprise pour Sisypha : Un petit body décolleté en résille jaune Et un débardeur en résille noire ?
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 12:00 PM UTC
L 'allumeuse
Je suis la Muse, Ta Muse Ta pudique, Ta sage cornemuse Sisypha, l 'allumeuse, tisseuse de tes envies, Je t'enflamme, Je te seconde, Je te féconde, Je suis l 'idée, le mot, le rêve, l'espoir L'image ! Je craque un mot sur le grattoir Et la flamme jaillit, tu enfantes un monde Le feu de ton imagination te rend fébrile Et je savoure, je me délecte et je me décapsule Quand sous l 'emprise de cette terrible envie de moi Religieusement tu bandes, tu gonfles, tu te dilates Tu brûles d'aller boire au plus profond de moi Tu aspires à m'aspirer en toi. J 'appuie à distance sur le détonateur Tu exploses ! Et moi au **** je danse, je cours, je vole, je souris et je dégouline de poèmes ! Tu sais tout, tu es mon ombre Tu m'as entendue Tu m'as vue dans le miroir chanter le vin clairet Tu as aperçu mes lambeaux de poèmes lubriques Tu me cherches dans chaque enlacement passionné Je te cherche aussi On s'est croisé au pied du Vésuve Je marchais insouciante Et tu m'as appelée Gradiva. Tu vois ? Même si on ne se voit jamais On se sera déjà vus ! Je suis ta Muse Notre amour est ainsi fait Amour-sourire de Muse et Artiste Nous nous imbriquons l'un dans l'autre Toi l 'artiste prodige et moi la sublime Muse Jamais je ne me suis doutée que j'avais les pieds aussi beaux ! C'est toi qui les as façonnés ainsi ? Alea jacta est C'est le destin qui m'a mis dans ta bouche Ne te mords pas les lèvres Accomplis tes quatre-vingt-huit travaux d'Hercule Je suis la résille de soie grège Que tu tisses lentement de tes doigts agiles En mailles losanges ou carrées Cette résille est digne des Pléiades.. Tu dévides ta navette et au fur à mesure que tu crochètes Le filet de soie prend forme Et se fait crespine Je m'inquiète : Vas-tu vouloir avec ce filet capturer Sisypha qui palpite au creux de ma nuque Pour la garder prisonnière de la cage De l 'oiseau qui me picore ? Ou vas-tu En ceindre mes cheveux Et les emprisonner Dans ta tour de soie ? Ou veux -tu que je le porte Sous ma bombe de cavalière chaque fois que je te chevauche Et que je tente de dresser ta monture Aux sabots gravés de mon monogramme ? Ou peut-être fétichiste Concoctes-tu derrière ces mailles Une surprise pour Sisypha : Un petit body décolleté en résille jaune Et un débardeur en résille noire ?
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Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front, Ceux qui d'un haut. destin gravissent l'âpre cime, Ceux qui marchent pensifs, épris d'un but sublime, Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour, Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour. C'est le prophète saint prosterné devant l'arche, C'est le travailleur, pâtre, ouvrier, patriarche, Ceux dont le cœur est bon, ceux dont les jours sont pleins. Ceux-là vivent, Seigneur ! les autres, je les plains. Car de son vague ennui le néant les enivre, Car le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre. Inutiles, épars, ils traînent ici-bas Le sombre accablement d'être en ne pensant pas. Ils s'appellent vulgus, plebs, la tourbe, la foule. Ils sont ce qui murmure, applaudit, siffle, coule, Bat des mains, foule aux pieds, bâille, dit oui, dit non, N'a jamais de figure et n'a jamais de nom ; Troupeau qui va, revient, juge, absout, délibère, Détruit, prêt à Marat comme prêt à Tibère, Foule triste, joyeuse, habits dorés, bras nus, Pêle-mêle, et poussée aux gouffres inconnus. Ils sont les passants froids sans but, sans nœud, sans âge ; Le bas du genre humain qui s'écroule en nuage ; Ceux qu'on ne connaît pas, ceux qu'on ne compte pas, Ceux qui perdent les mots, les volontés, les pas. L'ombre obscure autour d'eux se prolonge et recule Ils n'ont du plein midi qu'un lointain crépuscule, Car, jetant au hasard les cris, les voix, le bruit, Ils errent près du bord sinistre de la nuit. Quoi ! ne point aimer ! suivre une morne carrière Sans un songe en avant, sans un deuil en arrière, Quoi ! marcher devant soi sans savoir où l'on va, Rire de Jupiter sans croire à Jéhovah, Regarder sans respect l'astre, la fleur, la femme, Toujours vouloir le corps, ne jamais chercher l'âme, Pour de vains résultats faire de vains efforts, N'attendre rien d'en haut ! ciel ! oublier les morts ! Oh non, je ne suis point de ceux-là ! grands, prospères, Fiers, puissants, ou cachés dans d'immondes repaires, Je les fuis, et je crains leurs sentiers détestés Et j'aimerais mieux être, ô fourmis des cités, Tourbe, foule, hommes faux, cœurs morts, races déchues, Un arbre dans les bois qu'une âme en vos cohues ! Paris, le 31 décembre 1848 à minuit.
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Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent
Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front, Ceux qui d'un haut. destin gravissent l'âpre cime, Ceux qui marchent pensifs, épris d'un but sublime, Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour, Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour. C'est le prophète saint prosterné devant l'arche, C'est le travailleur, pâtre, ouvrier, patriarche, Ceux dont le cœur est bon, ceux dont les jours sont pleins. Ceux-là vivent, Seigneur ! les autres, je les plains. Car de son vague ennui le néant les enivre, Car le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre. Inutiles, épars, ils traînent ici-bas Le sombre accablement d'être en ne pensant pas. Ils s'appellent vulgus, plebs, la tourbe, la foule. Ils sont ce qui murmure, applaudit, siffle, coule, Bat des mains, foule aux pieds, bâille, dit oui, dit non, N'a jamais de figure et n'a jamais de nom ; Troupeau qui va, revient, juge, absout, délibère, Détruit, prêt à Marat comme prêt à Tibère, Foule triste, joyeuse, habits dorés, bras nus, Pêle-mêle, et poussée aux gouffres inconnus. Ils sont les passants froids sans but, sans nœud, sans âge ; Le bas du genre humain qui s'écroule en nuage ; Ceux qu'on ne connaît pas, ceux qu'on ne compte pas, Ceux qui perdent les mots, les volontés, les pas. L'ombre obscure autour d'eux se prolonge et recule Ils n'ont du plein midi qu'un lointain crépuscule, Car, jetant au hasard les cris, les voix, le bruit, Ils errent près du bord sinistre de la nuit. Quoi ! ne point aimer ! suivre une morne carrière Sans un songe en avant, sans un deuil en arrière, Quoi ! marcher devant soi sans savoir où l'on va, Rire de Jupiter sans croire à Jéhovah, Regarder sans respect l'astre, la fleur, la femme, Toujours vouloir le corps, ne jamais chercher l'âme, Pour de vains résultats faire de vains efforts, N'attendre rien d'en haut ! ciel ! oublier les morts ! Oh non, je ne suis point de ceux-là ! grands, prospères, Fiers, puissants, ou cachés dans d'immondes repaires, Je les fuis, et je crains leurs sentiers détestés Et j'aimerais mieux être, ô fourmis des cités, Tourbe, foule, hommes faux, cœurs morts, races déchues, Un arbre dans les bois qu'une âme en vos cohues ! Paris, le 31 décembre 1848 à minuit.
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Fable II, Livre I. Aux lois de la nature, amis, soumettons-nous ; Toujours sa volonté l'emporta sur la nôtre. L'aimant disait au fer : Pourquoi me cherchez-vous ? Pourquoi m'attirez-vous ? soudain répondait l'autre. Notre faiblesse et ton pouvoir, Sexe enchanteur, s'expliqueraient de même ; Ainsi tu plais sans le vouloir ; Sans le vouloir, ainsi l'on t'aime.
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Le fer et l'aimant
Philosophes hardis, qui passez votre vie A vouloir expliquer ce qu'on n'explique pas, Daignez écouter, je vous prie, Ce trait du plus sage des chats. Sur une table de toilette Ce chat aperçût un miroir ; Il y saute, regarde, et d'abord pense voir Un de ses frères qui le guette. Notre chat veut le joindre, il se trouve arrêté. Surpris, il juge alors la glace transparente, Et passe de l'autre côté, Ne trouve rien, revient, et le chat se présente. Il réfléchit un peu : de peur que l'animal, Tandis qu'il fait le tour, ne sorte, Sur le haut du miroir il se met à cheval, Deux pattes par ici, deux par là ; de la sorte Partout il pourra le saisir. Alors, croyant bien le tenir, Doucement vers la glace il incline la tête, Aperçoit une oreille, et puis deux... à l'instant, A droite, à gauche il va jetant Sa griffe qu'il tient toute prête : Mais il perd l'équilibre, il tombe et n'a rien pris. Alors, sans davantage attendre, Sans chercher plus longtemps ce qu'il ne peut comprendre, Il laisse le miroir et retourne aux souris : Que m'importe, dit-il, de percer ce mystère ? Une chose que notre esprit, Après un long travail, n'entend ni ne saisit, Ne nous est jamais nécessaire.
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Le chat et le miroir