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"venant" poems
Muse Reine Tu veux et tu exiges que je me retienne Que je ne m'exhibe pas au tout venant Et que je ne bande que sur ordre exprès de toi Le cachet de la poste faisant foi A la minute heure seconde que tu t'es choisie Pour me déguster à distance. Tu dis que c'est la présence et non l'absence qui te stimule Et tu me dis que je te manque et que ma présence volcanique Te couvre de toutes parts en dépit de la distance. Moi je m'interroge Et je pense que c'est cette absence qui te met en transe Et je veux t'aimer profondément dans cette distance Comme tu n'as jamais été aimée. désirée, choyée, goûtée, savourée Léchée, embrassée, pénétrée, visitée, hantée, caressée, avalée, touchée Consommée, étreinte, engrossée, jouie, priée, chantée, dénudée Comblée, tétée, mordillée, mouillées, aspergé, respectée Mais pour cela il faut que ton âme et chair soient à nu Et la nudité dans la distance passe par la photographie ou la vidéo Et si tu veux que l'oiseau te respecte Il faut que tu le fasses voler et siffler d'aise à ta vue Car il n'aspire qu'à cela soir et matin : Voler au-dessus de tes collines et tes plaines Plonger dans tes lacs et rivières Nager dans tes eaux poissonneuses Plonger son bec dans ta chair ouverte et complice Et en tirer des petits poissons multicolores et chanteurs Chuchoter à ton oreille Les mots qui te font fondre de rires et de désir Ma muse précieuse et généreuse... Alors pour t'être agréable ma bien-aimée C 'est promis juré craché Désormais je ne banderai plus que des yeux Je ne banderai plus que des lèvres Tu pourras me bander les yeux et me bâillonner les lèvres Tant que tu voudras Je banderai encore Et si cela ne suffit pas Pour te prouver mon amour Je banderai aussi des oreilles et du nez Je banderai des mains et des doigts de pieds Je banderai de ma langue Mi pangolin mi orphie Je banderai de mon ombre Une fois deux fois trois fois Autant de fois qu'il le faudra Ce ne sera jamais dans le vide Car je banderai en toi Et même l'air qui t'environne Le soleil et la lune banderont de concert Jusqu'à ce que nous soyons orphies nues, chair et arêtes en rut, Sublimement réunis pour notre danse farandole et tantrique Enfin retrouvée.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 6:27 AM UTC
Je bande des yeux, je bande des lèvres
Muse Reine Tu veux et tu exiges que je me retienne Que je ne m'exhibe pas au tout venant Et que je ne bande que sur ordre exprès de toi Le cachet de la poste faisant foi A la minute heure seconde que tu t'es choisie Pour me déguster à distance. Tu dis que c'est la présence et non l'absence qui te stimule Et tu me dis que je te manque et que ma présence volcanique Te couvre de toutes parts en dépit de la distance. Moi je m'interroge Et je pense que c'est cette absence qui te met en transe Et je veux t'aimer profondément dans cette distance Comme tu n'as jamais été aimée. désirée, choyée, goûtée, savourée Léchée, embrassée, pénétrée, visitée, hantée, caressée, avalée, touchée Consommée, étreinte, engrossée, jouie, priée, chantée, dénudée Comblée, tétée, mordillée, mouillées, aspergé, respectée Mais pour cela il faut que ton âme et chair soient à nu Et la nudité dans la distance passe par la photographie ou la vidéo Et si tu veux que l'oiseau te respecte Il faut que tu le fasses voler et siffler d'aise à ta vue Car il n'aspire qu'à cela soir et matin : Voler au-dessus de tes collines et tes plaines Plonger dans tes lacs et rivières Nager dans tes eaux poissonneuses Plonger son bec dans ta chair ouverte et complice Et en tirer des petits poissons multicolores et chanteurs Chuchoter à ton oreille Les mots qui te font fondre de rires et de désir Ma muse précieuse et généreuse... Alors pour t'être agréable ma bien-aimée C 'est promis juré craché Désormais je ne banderai plus que des yeux Je ne banderai plus que des lèvres Tu pourras me bander les yeux et me bâillonner les lèvres Tant que tu voudras Je banderai encore Et si cela ne suffit pas Pour te prouver mon amour Je banderai aussi des oreilles et du nez Je banderai des mains et des doigts de pieds Je banderai de ma langue Mi pangolin mi orphie Je banderai de mon ombre Une fois deux fois trois fois Autant de fois qu'il le faudra Ce ne sera jamais dans le vide Car je banderai en toi Et même l'air qui t'environne Le soleil et la lune banderont de concert Jusqu'à ce que nous soyons orphies nues, chair et arêtes en rut, Sublimement réunis pour notre danse farandole et tantrique Enfin retrouvée.
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VII. Ô myrrhe ! ô cinname ! Nard cher aux époux ! Baume ! éther ! dictame ! De l'eau, de la flamme, Parfums les plus doux ! Prés que l'onde arrose ! Vapeurs de l'autel ! Lèvres de la rose Où l'abeille pose Sa bouche de miel ! Jasmin ! asphodèle ! Encensoirs flottants ! Branche verte et frêle Où fait l'hirondelle Son nid au printemps ! Lis que fait éclore Le frais arrosoir ! Ambre que Dieu dore ! Souffle de l'aurore, Haleine du soir ! Parfum de la sève Dans les bois mouvants ! Odeur de la grève Qui la nuit s'élève Sur l'aile des vents ! Fleurs dont la chapelle Se fait un trésor ! Flamme solennelle, Fumée éternelle Des sept lampes d'or ! Tiges qu'a brisées Le tranchant du fer ! Urnes embrasées ! Esprits des rosées Qui flottez dans l'air ! Fêtes réjouies D'encens et de bruits ! Senteurs inouïes ! Fleurs épanouies Au souffle des nuits ! Odeurs immortelles Que les Ariel, Archanges fidèles, Prennent sur leurs ailes En venant du ciel ! Ô couche première Du premier époux ! De la terre entière, Des champs de lumière Parfums les plus doux ! Dans l'auguste sphère, Parfums, qu'êtes-vous, Près de la prière Qui dans la poussière S'épanche à genoux ! Près du cri d'une âme Qui fond en sanglots, Implore et réclame, Et s'exhale en flamme, Et se verse à flots ! Près de l'humble offrande D'un enfant de lin Dont l'extase est grande Et qui recommande son père orphelin ! Bouche qui soupire, Mais sans murmurer ! Ineffable lyre ! Voix qui fait sourire et qui fait pleurer ! Mai 1830.
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La prière pour tous (VII)
VII. Ô myrrhe ! ô cinname ! Nard cher aux époux ! Baume ! éther ! dictame ! De l'eau, de la flamme, Parfums les plus doux ! Prés que l'onde arrose ! Vapeurs de l'autel ! Lèvres de la rose Où l'abeille pose Sa bouche de miel ! Jasmin ! asphodèle ! Encensoirs flottants ! Branche verte et frêle Où fait l'hirondelle Son nid au printemps ! Lis que fait éclore Le frais arrosoir ! Ambre que Dieu dore ! Souffle de l'aurore, Haleine du soir ! Parfum de la sève Dans les bois mouvants ! Odeur de la grève Qui la nuit s'élève Sur l'aile des vents ! Fleurs dont la chapelle Se fait un trésor ! Flamme solennelle, Fumée éternelle Des sept lampes d'or ! Tiges qu'a brisées Le tranchant du fer ! Urnes embrasées ! Esprits des rosées Qui flottez dans l'air ! Fêtes réjouies D'encens et de bruits ! Senteurs inouïes ! Fleurs épanouies Au souffle des nuits ! Odeurs immortelles Que les Ariel, Archanges fidèles, Prennent sur leurs ailes En venant du ciel ! Ô couche première Du premier époux ! De la terre entière, Des champs de lumière Parfums les plus doux ! Dans l'auguste sphère, Parfums, qu'êtes-vous, Près de la prière Qui dans la poussière S'épanche à genoux ! Près du cri d'une âme Qui fond en sanglots, Implore et réclame, Et s'exhale en flamme, Et se verse à flots ! Près de l'humble offrande D'un enfant de lin Dont l'extase est grande Et qui recommande son père orphelin ! Bouche qui soupire, Mais sans murmurer ! Ineffable lyre ! Voix qui fait sourire et qui fait pleurer ! Mai 1830.
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Lorsque brusquement et soudainement le jour Devenait la nuit la plus obscure, compatriotes et amis On ne savait pas si on devait courir en se disant bonjour Adieu ou au revoir. La terre tremblait jusqu'à l'infini Sans halte, comme des trains nocturnes venant de plusieurs Directions. L'heure était vitale. On cherchait la lueur D'un espoir pour s'échapper de l'embrouillamini surnaturel Où des milliers de vies ont été disparues. Les biens matériels Ne sont pas importants, on se voit partir tel qu'on est Venu. On doit reconnaitre que l'argent est futile et la paix Est la chose la plus précieuse qu'on nécessite. Le passé C'est là que réside un bonheur furtif, éphémère et volatil C'est comme la fin d'un monde. Oh! Chaque être est utile. La faille a ouvert sa grande gueule pour engloutir: bébés Adultes, chiens, chats, maisons, édifices et routes en entier C'est l'apocalypse, c'est la fin pour des milliers de citoyens Qui ont disparu comme de la fumée dans les nuages ensorcelés Les trains étaient invisibles mais les gens montaient, les mains En l'air, dans des véhicules sans portes et ni pneus. Les pieds Lourds pesaient dix fois plus qu'un éléphant. On partait vers des Destinations inconnues. Les cris abasourdis et muets étaient Partout. La Terre tremblait. Elle a tremblé comme si elle voulait S'engloutir dans la mer où le flux et le reflux s'atterrissaient À la jupe du rideau où la fumée et la nébulosité se rencontraient Heureux sont ceux qui ont été sauvés et qui vivent en paix Le séisme est un avatar infernal qui apporte peines et regrets Haiti, notre pays a perdu des gens charmants, des petits enfants chéris A cause de l'égoïsme des dirigeants safres imbibés dans l'hypocrisie On ne cesse de dire à haute voix: pauvre Haiti. On ne cesse de pleurer En se demandant quand les larmes cesseront de sombrer et d'exsuder. Copyright© 10 Janvier 2021, Hébert Logerie, Tous Droits Réservés Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs recueils de poèmes.
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Jan 10, 2025
Jan 10, 2025 at 10:29 PM UTC
Le Séisme Infernal D'un Après-Midi Extraordinaire
Lorsque brusquement et soudainement le jour Devenait la nuit la plus obscure, compatriotes et amis On ne savait pas si on devait courir en se disant bonjour Adieu ou au revoir. La terre tremblait jusqu'à l'infini Sans halte, comme des trains nocturnes venant de plusieurs Directions. L'heure était vitale. On cherchait la lueur D'un espoir pour s'échapper de l'embrouillamini surnaturel Où des milliers de vies ont été disparues. Les biens matériels Ne sont pas importants, on se voit partir tel qu'on est Venu. On doit reconnaitre que l'argent est futile et la paix Est la chose la plus précieuse qu'on nécessite. Le passé C'est là que réside un bonheur furtif, éphémère et volatil C'est comme la fin d'un monde. Oh! Chaque être est utile. La faille a ouvert sa grande gueule pour engloutir: bébés Adultes, chiens, chats, maisons, édifices et routes en entier C'est l'apocalypse, c'est la fin pour des milliers de citoyens Qui ont disparu comme de la fumée dans les nuages ensorcelés Les trains étaient invisibles mais les gens montaient, les mains En l'air, dans des véhicules sans portes et ni pneus. Les pieds Lourds pesaient dix fois plus qu'un éléphant. On partait vers des Destinations inconnues. Les cris abasourdis et muets étaient Partout. La Terre tremblait. Elle a tremblé comme si elle voulait S'engloutir dans la mer où le flux et le reflux s'atterrissaient À la jupe du rideau où la fumée et la nébulosité se rencontraient Heureux sont ceux qui ont été sauvés et qui vivent en paix Le séisme est un avatar infernal qui apporte peines et regrets Haiti, notre pays a perdu des gens charmants, des petits enfants chéris A cause de l'égoïsme des dirigeants safres imbibés dans l'hypocrisie On ne cesse de dire à haute voix: pauvre Haiti. On ne cesse de pleurer En se demandant quand les larmes cesseront de sombrer et d'exsuder. Copyright© 10 Janvier 2021, Hébert Logerie, Tous Droits Réservés Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs recueils de poèmes.
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Le Poirier de la  "Casalonga" Il était long comme l'espoir, Lové sur le mur de granit Qu’il entourait de ses grands bras. Il semblait un serpent narquois, Et n'était certes pas très beau, Mais, bien le meilleur des poiriers. Quand venaient les jours de Juillet Les poires commençaient à tomber, D’abord, bien vertes de couleur ; Puis, aux premières journées d'août, Les tendres et jaunes à croquer Comme de grandes plaines de blé. L'on pouvait entendre tomber Ses poires avec un bruit mat, Qui pleuvaient drues, même la nuit Et tapissaient le sol herbeux. C'était la saison des gâteaux, Des confitures et des compotes. Les abeilles venaient butiner Les poires qui jonchaient le sol Et voletaient autour des mains Des gourmets venant soupeser Les plus fermes et les moins brisées. Qui tombaient parfois de bien haut. Cher Poirier, vaillant ouvrier, Aux branches tant ployées de fruits Que tu en paraissais voûté, Tu nous donnais sans rechigner Tant de poires, au parfum vanille Bien plus que nous pouvions manger. Paul Arrighi ( Corse /Corsica)
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Aug 11, 2016
Aug 11, 2016 at 8:20 AM UTC
Le Poirier de la "Casalonga"
Le phénix, venant d'Arabie, Dans nos bois parut un beau jour : Grand bruit chez les oiseaux ; leur troupe réunie Vole pour lui faire sa cour. Chacun l'observe, l'examine ; Son plumage, sa voix, son chant mélodieux, Tout est beauté, grâce divine, Tout charme l'oreille et les yeux. Pour la première fois on vit céder l'envie Au besoin de louer et d'aimer son vainqueur. Le rossignol disait : jamais tant de douceur N'enchanta mon âme ravie. Jamais, disait le paon, de plus belles couleurs N'ont eu cet éclat que j'admire ; Il éblouit mes yeux et toujours les attire. Les autres répétaient ces éloges flatteurs, Vantaient le privilège unique De ce roi des oiseaux, de cet enfant du ciel, Qui, vieux, sur un bûcher de cèdre aromatique, Se consume lui-même, et renaît immortel. Pendant tous ces discours la seule tourterelle Sans rien dire fit un soupir. Son époux, la poussant de l'aile, Lui demande d'où peut venir Sa rêverie et sa tristesse : De cet heureux oiseau désires-tu le sort ? - Moi ! Mon ami, je le plains fort ; Il est le seul de son espèce.
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Le phénix
À cette terre, où l'on ploie Sa tente au déclin du jour, Ne demande pas la joie. Contente-toi de l'amour ! Excepté lui, tout s'efface. La vie est un sombre lieu Où chaque chose qui passe Ébauche l'homme pour Dieu. L'homme est l'arbre à qui la sève Manque avant qu'il soit en fleur. Son sort jamais ne s'achève Que du côté du malheur. Tous cherchent la joie ensemble ; L'esprit rit à tout venant ; Chacun tend sa main qui tremble Vers quelque objet rayonnant. Mais vers toute âme, humble ou fière, Le malheur monte à pas lourds, Comme un spectre aux pieds de pierre ; Le reste flotte toujours ! Tout nous manque, hormis la peine ! Le bonheur, pour l'homme en pleurs, N'est qu'une figure vaine De choses qui sont ailleurs. L'espoir c'est l'aube incertaine ; Sur notre but sérieux C'est la dorure lointaine D'un rayon mystérieux. C'est le reflet, brume ou flamme, Que dans leur calme éternel Versent d'en haut sur notre âme Les félicités du ciel. Ce sont les visions blanches Qui, jusqu'à nos yeux maudits, Viennent à travers les branches Des arbres du paradis ! C'est l'ombre que sur nos grèves Jettent ces arbres charmants Dont l'âme entend dans ses rêves Les vagues frissonnements ! Ce reflet des biens sans nombre, Nous l'appelons le bonheur ; Et nous voulons saisir l'ombre Quand la chose est au Seigneur ! Va, si haut nul ne s'élève ; Sur terre il faut demeurer ; On sourit de ce qu'on rêve, Mais ce qu'on a, fait pleurer. Puisqu'un Dieu saigne au Calvaire, Ne nous plaignons pas, crois-moi. Souffrons ! c'est la loi sévère. Aimons ! c'est la douce loi. Aimons ! soyons deux ! Le sage N'est pas seul dans son vaisseau. Les deux yeux font le visage ; Les deux ailes font l'oiseau. Soyons deux ! - Tout nous convie À nous aimer jusqu'au soir. N'ayons à deux qu'une vie ! N'ayons à deux qu'un espoir ! Dans ce monde de mensonges, Moi, j'aimerai mes douleurs, Si mes rêves sont tes songes, Si mes larmes sont tes pleurs ! Le 20 mai 1838.
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À cette terre, où l'on ploie
À cette terre, où l'on ploie Sa tente au déclin du jour, Ne demande pas la joie. Contente-toi de l'amour ! Excepté lui, tout s'efface. La vie est un sombre lieu Où chaque chose qui passe Ébauche l'homme pour Dieu. L'homme est l'arbre à qui la sève Manque avant qu'il soit en fleur. Son sort jamais ne s'achève Que du côté du malheur. Tous cherchent la joie ensemble ; L'esprit rit à tout venant ; Chacun tend sa main qui tremble Vers quelque objet rayonnant. Mais vers toute âme, humble ou fière, Le malheur monte à pas lourds, Comme un spectre aux pieds de pierre ; Le reste flotte toujours ! Tout nous manque, hormis la peine ! Le bonheur, pour l'homme en pleurs, N'est qu'une figure vaine De choses qui sont ailleurs. L'espoir c'est l'aube incertaine ; Sur notre but sérieux C'est la dorure lointaine D'un rayon mystérieux. C'est le reflet, brume ou flamme, Que dans leur calme éternel Versent d'en haut sur notre âme Les félicités du ciel. Ce sont les visions blanches Qui, jusqu'à nos yeux maudits, Viennent à travers les branches Des arbres du paradis ! C'est l'ombre que sur nos grèves Jettent ces arbres charmants Dont l'âme entend dans ses rêves Les vagues frissonnements ! Ce reflet des biens sans nombre, Nous l'appelons le bonheur ; Et nous voulons saisir l'ombre Quand la chose est au Seigneur ! Va, si haut nul ne s'élève ; Sur terre il faut demeurer ; On sourit de ce qu'on rêve, Mais ce qu'on a, fait pleurer. Puisqu'un Dieu saigne au Calvaire, Ne nous plaignons pas, crois-moi. Souffrons ! c'est la loi sévère. Aimons ! c'est la douce loi. Aimons ! soyons deux ! Le sage N'est pas seul dans son vaisseau. Les deux yeux font le visage ; Les deux ailes font l'oiseau. Soyons deux ! - Tout nous convie À nous aimer jusqu'au soir. N'ayons à deux qu'une vie ! N'ayons à deux qu'un espoir ! Dans ce monde de mensonges, Moi, j'aimerai mes douleurs, Si mes rêves sont tes songes, Si mes larmes sont tes pleurs ! Le 20 mai 1838.
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Dans la Haute-Rue à Cologne Elle allait et venait le soir Offerte à tous en tout mignonne Puis buvait lasse des trottoirs Très **** dans les brasseries borgnes Elle se mettait sur la paille Pour un maquereau roux et rose C'était un juif il sentait l'ail Et l'avait venant de Formose Tirée d'un bordel de Changaï Je connais gens de toutes sortes Ils n'égalent pas leurs destins Indécis comme feuilles mortes Leurs yeux sont des feux mal éteints Leurs cœurs bougent comme leurs portes.
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Marizibill
A la nuit satine la belle Orion se mire dans l'air frissonnant des sables constellés, et sur les rives lactées où coule le Nil, je me pavane le nez dans les étoiles, suivant des yeux les volutes sorcières d'un havane suave embaumant Misraïm. Qu'ont-ils raconté ces hommes, venant de Mars, lorsqu'ils débarquèrent de leurs vaisseaux, fuyant leur terre moribonde ? Et quel espoir oublié chérissaient-ils que garde en son ventre le sphinx immobile ? Mon vieux Samir reprenons une rasade de ce doux Rhum couleur d'ambre parfumé de santal et laissons sous le sable soupirer ce mystère qui sommeille.
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Feb 16, 2025
Feb 16, 2025 at 4:28 PM UTC
Samir
Va dire, Amour, ce qui cause ma peine, A mon seigneur, que je m'en vais mourir, Et, par pitié, venant me secourir, Qu'il m'eût rendu la Mort moins inhumaine. A deux genoux je demande merci. Par grâce, Amour, va-t'en vers sa demeure. Dis-lui comment je prie et pleure ici, Tant et si bien qu'il faudra que je meure Tout enflammée, et ne sachant point l'heure Où finira mon adoré souci. La Mort m'attend, et s'il ne me relève De ce tombeau prêt à me recevoir, J'y vais dormir, emportant mon doux rêve ; Hélas ! Amour, fais-lui mon mal savoir. Depuis le jour où, le voyant vainqueur, D'être amoureuse, Amour, tu m'as forcée, Fût-ce un instant, je n'ai pas eu le coeur De lui montrer ma craintive pensée, Dont je me sens à tel point oppressée, Mourant ainsi, que la Mort me fait peur. Qui sait pourtant, sur mon pâle visage, Si ma douleur lui déplairait à voir ? De l'avouer je n'ai pas le courage. Hélas ! Amour, fais-lui mon mal savoir. Puis donc, Amour, que tu n'as pas voulu A ma tristesse accorder cette joie Que dans mon coeur mon doux seigneur ait lu, Ni vu les pleurs où mon chagrin se noie, Dis-lui du moins, et tâche qu'il le croie, Que je vivrais, si je ne l'avais vu. Dis-lui qu'un jour, une Sicilienne Le vit combattre et faire son devoir. Dans son pays, dis-lui qu'il s'en souvienne, Et que j'en meurs, faisant mon mal savoir.
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Complainte de Minuccio
C'est bien ; puisqu'au sénat, puisqu'à la pourriture, Tu poses, calme, altier, fier, ta candidature, Puisque tu tends la main à l'argent de César, Puisque ta conscience est cotée au bazar, Puisque tu prends ton rang dans la honte infinie, Ne te gêne pas, jette au peuple l'ironie. Être le serviteur de l'ennemi public, Avoir les torsions souples du basilic, Vendre aux dévots hautains des bassesses athées, Disperser dans les vents des choses effrontées, Offrir ta rhétorique abjecte à tout venant, Collaborer dans l'ombre au crime rayonnant, Baver, salir, avoir l'affront pour camarade, Être un sauteur de plus dans cette mascarade, C'est ce que maintenant tu peux faire de mieux. Ainsi, quand la passante aux bras blancs, aux doux yeux, Qui fut femme d'honneur, se fait fille de joie, Quand elle est devenue un fumier, une proie, Un sein qui la nuit s'offre à qui veut l'acheter, Elle n'a plus qu'à rire, à danser, à chanter, Et qu'à se divertir jusqu'à ce qu'elle tombe Charogne à l'hôpital et spectre dans la tombe. Le 30 mai 1875.
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C'est bien ; puisqu'au sénat, puisqu'à la pourriture
La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse, Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse, Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs. Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs, Et quand Octobre souffle, émondeur des vieux arbres, Son vent mélancolique à l'entour de leurs marbres, Certe, ils doivent trouver les vivants bien ingrats, A dormir, comme ils font, chaudement dans leurs draps, Tandis que, dévorés de noires songeries, Sans compagnon de lit, sans bonnes causeries, Vieux squelettes gelés travaillés par le ver, Ils sentent s'égoutter les neiges de l'hiver Et le siècle couler, sans qu'amis ni famille Remplacent les lambeaux qui pendent à leur grille. Lorsque la bûche siffle et chante, si le soir, Calme, dans le fauteuil, je la voyais s'asseoir, Si, par une nuit bleue et froide de décembre, Je la trouvais tapie en un coin de ma chambre, Grave, et venant du fond de son lit éternel Couver l'enfant grandi de son oeil maternel, Que pourrais-je répondre à cette âme pieuse, Voyant tomber des pleurs de sa paupière creuse ?
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La servante au grand coeur
Tu as juré de filmer un à un tes fantasmes : Les noirs, Les fondants, Les doux, Les amers, Toutes les phases d'affaitage du faucon, Et aujourd'hui tu prépares le matériel En bonne fauconnière que tu es. Et que les faucons gerfauts, sacres ou pèlerins Le veuillent ou non, Tu leur couvres la tête d'un chaperon Et tu déploies au tout venant tes perches, Tes anneaux et tes leurres, Tes sonnettes et tes noeuds Et je quitte mes gorges et mes rochers Et me perche en majesté à ton gantelet de dentelle Où tu as brodé, enlumineuse d'or, L'initiale S, comme leurre. Et chaque fois que je m'avise De dérober mes sonnettes, De me libérer de ta filière, Tu me déchaperonnes Et tu me gardes au ventre. Tu me nourris consciencieusement Pour que j'atteigne mon poids de chasse Et tu me frist-frastes de tes fantasmes Pour que je devienne un rapace de haut vol Et que je fonde vers toi Et que je fasse bonne gorge De ton loup à crinière Au goût de chocolat amer.
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Nov 17, 2019
Nov 17, 2019 at 11:57 AM UTC
Video show
À Mérante. Au printemps, quand les nuits sont claires, Quand on voit, vagues tourbillons, Voler sur les fronts les chimères Et dans les fleurs les papillons, Pendant la floraison des fèves, Quand l'amant devient l'amoureux, Quand les hommes, en proie aux rêves, Ont toutes ces mouches sur eux, J'estime qu'il est digne et sage De ne point prendre un air vainqueur, Et d'accepter ce doux passage De la saison sur notre coeur. A quoi bon résister aux femmes, Qui ne résistent pas du tout ? Toutes les roses sont en flammes ; Une guimpe est de mauvais goût. Trop heureux ceux à qui les belles Font la violence d'aimer ! A quoi sert-il d'avoir des ailes, Sinon pour les laisser plumer ? Ô Mérante, il n'est rien qui vaille Ces purs attraits, tendres tyrans, Un sourire qui dit : Bataille ! Un soupir qui dit : Je me rends ! Et je donnerais la Castille Et ses plaines en amadou Pour deux yeux sous une mantille, Fiers, et venant on ne sait d'où.
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À propos de Dona Rosa
Je prendrai par la main les deux petits enfants ; J'aime les bois où sont les chevreuils et les faons, Où les cerfs tachetés suivent les biches blanches Et se dressent dans l'ombre effrayés par les branches ; Car les fauves sont pleins d'une telle vapeur Que le frais tremblement des feuilles leur fait peur. Les arbres ont cela de profond qu'ils vous montrent Que l'éden seul est vrai, que les coeurs s'y rencontrent, Et que, hors les amours et les nids, tout est vain ; Théocrite souvent dans le hallier divin Crut entendre marcher doucement la ménade. C'est là que je ferai ma lente promenade Avec les deux marmots. J'entendrai tour à tour Ce que Georges conseille à Jeanne, doux amour, Et ce que Jeanne enseigne à George. En patriarche Que mènent les enfants, je réglerai ma marche Sur le temps que prendront leurs jeux et leurs repas, Et sur la petitesse aimable de leurs pas. Ils cueilleront des fleurs, ils mangeront des mûres. Ô vaste apaisement des forêts ! ô murmures ! Avril vient calmer tout, venant tout embaumer. Je n'ai point d'autre affaire ici-bas que d'aimer.
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Je prendrai par la main les deux petits enfants