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"tapis" poems
Anak ng poocha naman o oh Sa lahat naman ng ayaw ko... Anigma pasubali...fliptopan ba'to Pooja' una pa lang pinagsabihan na kita, Pero ngayon... malamang magtanda ka na!!! Unang banat.. wala akong ganang mag ingles Nakakawalang galang ka! Hinde naman sa naiines Hinde na lang talaga kasi ako makatiis Sa pigura **** pagkakinis-kinis Kahit tuwalya wala ka man lang tapis Daig mo pa nakatihayang ipis Pasalamat ka walang pambura dala kong lapis Kundi aabutin ka sa 'kin ng walang humpay na daplis Sa patuwad **** nakalilis Landas ko'y nalilihis. Pangalawa..hinde pa ito ang huli... ayoko sanang maging arogante Sa lubot **** mala elepante... Ambot sa imo wag kang makampante Sa postura **** naka bra lang at panti Naturalmente 'pupusta pa ako ng mil bente Magsusumbong ka...magagalit ang mga higante mapapagbigkas ka sa iyong linguwahe 'lintek lang ang walang ganti Hinde ako intelehente... dati lang akong ahenteng galante. anong gusto mo diamante o brilyante hahaha!! nganga!,, parehas lang yun impertenente!!! Pangatlong banat, .... ito ang tutuo Pinoy Ako!!! Purong tagalog den ako... Pero kung iinglisen mo ako.. Then go ahead..english-san na 'to...ehheemmh,,, =Do you understand the word that coming out of my mouth You're some kindda liberated there in the south Don't sample me (huwag mo akong subukan) ...perhalps change me'''' (ibahin mo ako) YOU CAN NOT EYES ME ANYMORE!!! (hindi mo na ako kayang mata-matahin) i will "the rich zoo" you! ("diretso"-hin na kita)= Hey What's up Pooja Sweety? Nose bleed??? I don't care if i look scary To you i'm not being pity' Real talk''' ...i'm not heavy But you won't be able to carry This trash talk of my tongue full of messy Even your closest bessy In your ass..shall be freaky Mabuti pang nag selfie ka ng wacky !!!!! I'm sure .....you gonna be pretty!!!! Garantisado.....Madlang b-side...tuwa pa nila so plenty ......TIME ;)
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Dec 13, 2015
Dec 13, 2015 at 6:25 AM UTC
Happy writing! (FlipTop audition) w/punch line
Anak ng poocha naman o oh Sa lahat naman ng ayaw ko... Anigma pasubali...fliptopan ba'to Pooja' una pa lang pinagsabihan na kita, Pero ngayon... malamang magtanda ka na!!! Unang banat.. wala akong ganang mag ingles Nakakawalang galang ka! Hinde naman sa naiines Hinde na lang talaga kasi ako makatiis Sa pigura **** pagkakinis-kinis Kahit tuwalya wala ka man lang tapis Daig mo pa nakatihayang ipis Pasalamat ka walang pambura dala kong lapis Kundi aabutin ka sa 'kin ng walang humpay na daplis Sa patuwad **** nakalilis Landas ko'y nalilihis. Pangalawa..hinde pa ito ang huli... ayoko sanang maging arogante Sa lubot **** mala elepante... Ambot sa imo wag kang makampante Sa postura **** naka bra lang at panti Naturalmente 'pupusta pa ako ng mil bente Magsusumbong ka...magagalit ang mga higante mapapagbigkas ka sa iyong linguwahe 'lintek lang ang walang ganti Hinde ako intelehente... dati lang akong ahenteng galante. anong gusto mo diamante o brilyante hahaha!! nganga!,, parehas lang yun impertenente!!! Pangatlong banat, .... ito ang tutuo Pinoy Ako!!! Purong tagalog den ako... Pero kung iinglisen mo ako.. Then go ahead..english-san na 'to...ehheemmh,,, =Do you understand the word that coming out of my mouth You're some kindda liberated there in the south Don't sample me (huwag mo akong subukan) ...perhalps change me'''' (ibahin mo ako) YOU CAN NOT EYES ME ANYMORE!!! (hindi mo na ako kayang mata-matahin) i will "the rich zoo" you! ("diretso"-hin na kita)= Hey What's up Pooja Sweety? Nose bleed??? I don't care if i look scary To you i'm not being pity' Real talk''' ...i'm not heavy But you won't be able to carry This trash talk of my tongue full of messy Even your closest bessy In your ass..shall be freaky Mabuti pang nag selfie ka ng wacky !!!!! I'm sure .....you gonna be pretty!!!! Garantisado.....Madlang b-side...tuwa pa nila so plenty ......TIME ;)
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Notre ami, le Mouflon Parfois ses cornes tire-bouchon e font ressembler le mâle à un faune farceur, Peu haut sur pattes mais véloce, le Mouflon se révèle un remarquable Athlète bondissant de rochers en rochers, Escaladant les rocs avec effronterie, il se rend parfois en été ou lorsque la nourriture se fait rare, au cœur des clairières et dans le creux des vals Pour goûter avec gourmandise ces mets de choix que sont pour lui les baies, glands, faînes, châtaignes et surtout les mannes du frêne à fleurs, Le Mouflon est, avant tout animal des cimes et des à-pics ; il est aimant de tous les lieux inaccessibles sans le secours de jumelles ou de téléobjectifs. Pour Mouflons et Mouflonnes, la saison de l’amour est l’automne ce qui révèle un goût de seigneur, Car la vêture des clairières est alors rougeoyante de beauté, à l’instar de tapis persans, Le Mouflon ne serait-il pas animal sauvage certes mais romantique car il se plait à admirer l’encolure des Mouflonnes, qui s’harmonise si bien avec les couleurs automnales ; Mais pour les Mouflons, le plaisir d’amour doit rester subtil et ne pas verser dans ces luttes meurtrières : l’ami Mouflon est un épicurien qui donne leçon de sagesse à tous les jaloux. Le Mouflon fut longtemps, le maître des Montagnes et du maquis Corse qu'il ne partageait qu'avec l’aigle royal, les sangliers les plus hardis et quelques bandits ou patriotes traqués, Mais trop chassé par certains Hommes, dépourvus de sagesse et à la gâchette trop faciles, il faillit disparaître de son île emblématique. Aujourd'hui il revient de l'île sœur, la Sardaigne, mais reste encore plus caché dans quelques massifs impénétrables comme le «Monte Cinto» et les «aiguilles de Bavella». C’est ainsi que la Corse retrouve l'un de ses plus beaux animaux dont le nom de ses enfants, "I Muvrini", a fait le tour des scènes du Monde pour magnifier son emblème et sa terre nourricière, la Corse. Paul Arrighi
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Mar 23, 2014
Mar 23, 2014 at 1:31 PM UTC
Notre ami, le Mouflon (A Muvra)
Notre ami, le Mouflon Parfois ses cornes tire-bouchon e font ressembler le mâle à un faune farceur, Peu haut sur pattes mais véloce, le Mouflon se révèle un remarquable Athlète bondissant de rochers en rochers, Escaladant les rocs avec effronterie, il se rend parfois en été ou lorsque la nourriture se fait rare, au cœur des clairières et dans le creux des vals Pour goûter avec gourmandise ces mets de choix que sont pour lui les baies, glands, faînes, châtaignes et surtout les mannes du frêne à fleurs, Le Mouflon est, avant tout animal des cimes et des à-pics ; il est aimant de tous les lieux inaccessibles sans le secours de jumelles ou de téléobjectifs. Pour Mouflons et Mouflonnes, la saison de l’amour est l’automne ce qui révèle un goût de seigneur, Car la vêture des clairières est alors rougeoyante de beauté, à l’instar de tapis persans, Le Mouflon ne serait-il pas animal sauvage certes mais romantique car il se plait à admirer l’encolure des Mouflonnes, qui s’harmonise si bien avec les couleurs automnales ; Mais pour les Mouflons, le plaisir d’amour doit rester subtil et ne pas verser dans ces luttes meurtrières : l’ami Mouflon est un épicurien qui donne leçon de sagesse à tous les jaloux. Le Mouflon fut longtemps, le maître des Montagnes et du maquis Corse qu'il ne partageait qu'avec l’aigle royal, les sangliers les plus hardis et quelques bandits ou patriotes traqués, Mais trop chassé par certains Hommes, dépourvus de sagesse et à la gâchette trop faciles, il faillit disparaître de son île emblématique. Aujourd'hui il revient de l'île sœur, la Sardaigne, mais reste encore plus caché dans quelques massifs impénétrables comme le «Monte Cinto» et les «aiguilles de Bavella». C’est ainsi que la Corse retrouve l'un de ses plus beaux animaux dont le nom de ses enfants, "I Muvrini", a fait le tour des scènes du Monde pour magnifier son emblème et sa terre nourricière, la Corse. Paul Arrighi
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Automne, casque d'or Tu flamboies dans l'azur avec tes sous-bois d'or et de feuilles dorées. On dirait que le phœnix est venu se mirer, dans les bois colorés de de fauve, rouge et or. Automne casque d'or, tu as belle vêture, Comme un prince amoureux habillé pour sa belle. Tes couleurs variées, comme des tapis d'orient, Sont autant des myriades de poussières dorées. Des pluies de feuilles rousses tournoient dans les jardins, Qui sont comme une tunique chamarrée et de velours. Les haies vertes de houx sont parsemées de rouge, Eh toutes ces couleurs resplendissent en nos cœurs. Automne, casque d'or tu changes notre ville, Avec tes arbres en feu et tes tapis de feuille, La rue est devenue un spectacle incessant De feuilles qui tournoient et d'un sol jonché d’or. Automne casque d'or, tu nous fais oublier, les bleuets de l'été et les coquelicots rouges. Car tes feuilles rousses, tes Camélias et tes Asters Nous offrent une palette tellement bariolée. Automne casque d'or; comment te reprocher. Tes journées raccourcies, si ton couchant n'éveille, En nos Esprits ces lueurs boréales, Qui nous font chavirer sous ton horizon paré d'or et de vermeil. Paul Arrighi
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Sep 28, 2016
Sep 28, 2016 at 11:01 AM UTC
Automne, casque d'or ( Autumn, Gold Helmet)
Sur tes riches tapis, sur ton divan qui laisse Au milieu des parfums respirer la mollesse, En ce voluptueux séjour, Où **** de tous les yeux, **** des bruits de la terre, Les voiles enlacés semblent, pour un mystère, Eteindre les rayons du jour, Ne t'enorgueillis pas, courtisane rieuse, Si, pour toutes tes soeurs ma bouche sérieuse Te sourit aussi doucement, Si, pour toi seule ici, moins glacée et moins lente, Ma main sur ton sein nu s'égare, si brûlante Qu'on me prendrait pour un amant. Ce n'est point que mon coeur soumis à ton empire, Au charme décevant que ton regard inspire Incapable de résister, A cet appât trompeur se soit laissé surprendre Et ressente un amour que tu ne peux comprendre, Mon pauvre enfant ! ni mériter. Non : ces rires, ces pleurs, ces baisers, ces morsures, Ce cou, ces bras meurtris d'amoureuses blessures, Ces transports, cet oeil enflammé ; Ce n'est point un aveu, ce n'est point un hommage Au moins : c'est que tes traits me rappellent l'image D'une autre femme que j'aimai. Elle avait ton parler, elle avait ton sourire, Cet air doux et rêveur qui ne peut se décrire. Et semble implorer un soutien ; Et de l'illusion comprends-tu la puissance ? On dirait que son oeil, tout voilé d'innocence, Lançait des feux comme le tien. Allons : regarde-moi de ce regard si tendre, Parle-moi, touche-moi, qu'il me semble l'entendre Et la sentir à mes côtés. Prolonge mon erreur : que cette voix touchante Me rende des accents si connus et me chante Tous les airs q'elle m'a chantés ! Hâtons-nous, hâtons-nous ! Insensé qui d'un songe Quand le jour a chassé le rapide mensonge, Espère encor le ressaisir ! Qu'à mes baisers de feu ta bouche s'abandonne, Viens, que chacun de nous trompe l'autre et lui donne Toi le bonheur, moi le plaisir !
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La ressemblance
Sur tes riches tapis, sur ton divan qui laisse Au milieu des parfums respirer la mollesse, En ce voluptueux séjour, Où **** de tous les yeux, **** des bruits de la terre, Les voiles enlacés semblent, pour un mystère, Eteindre les rayons du jour, Ne t'enorgueillis pas, courtisane rieuse, Si, pour toutes tes soeurs ma bouche sérieuse Te sourit aussi doucement, Si, pour toi seule ici, moins glacée et moins lente, Ma main sur ton sein nu s'égare, si brûlante Qu'on me prendrait pour un amant. Ce n'est point que mon coeur soumis à ton empire, Au charme décevant que ton regard inspire Incapable de résister, A cet appât trompeur se soit laissé surprendre Et ressente un amour que tu ne peux comprendre, Mon pauvre enfant ! ni mériter. Non : ces rires, ces pleurs, ces baisers, ces morsures, Ce cou, ces bras meurtris d'amoureuses blessures, Ces transports, cet oeil enflammé ; Ce n'est point un aveu, ce n'est point un hommage Au moins : c'est que tes traits me rappellent l'image D'une autre femme que j'aimai. Elle avait ton parler, elle avait ton sourire, Cet air doux et rêveur qui ne peut se décrire. Et semble implorer un soutien ; Et de l'illusion comprends-tu la puissance ? On dirait que son oeil, tout voilé d'innocence, Lançait des feux comme le tien. Allons : regarde-moi de ce regard si tendre, Parle-moi, touche-moi, qu'il me semble l'entendre Et la sentir à mes côtés. Prolonge mon erreur : que cette voix touchante Me rende des accents si connus et me chante Tous les airs q'elle m'a chantés ! Hâtons-nous, hâtons-nous ! Insensé qui d'un songe Quand le jour a chassé le rapide mensonge, Espère encor le ressaisir ! Qu'à mes baisers de feu ta bouche s'abandonne, Viens, que chacun de nous trompe l'autre et lui donne Toi le bonheur, moi le plaisir !
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Hourra, Hourra; élégie à notre automne chéri Cher automne, tu es vraiment notre saison chérie, tu portes la couleur dorée des pêches et des prunes, avec quelques reflets des raisins de Moissac, alors que les feuillages roux te font un tapis d’or. Pendant que dame châtaigne crépite dans les feux. Tu es la saison chère des amours romantiques, et des êtres esseulés, chauffant leurs cœurs à tes lumières tamisées, à tes tons délicats et à tes vêtures de velours et de soie. Automne, tu es Femme splendide qui le sait et en joue ; de celles que dont l’on n’oublie jamais leurs chevelures rousses. Cher automne, tu flamboies, partout où l’on te trouve, des châtaigniers de Corse, aux eaux de la Volga. Ta couleur préférée est le roux mordoré avec quelques nuances de soleil flamboyant, sans jamais oublier le marron des châtaignes. Automne, tu es par excellence la saison d’intellectualité, où poètes et penseurs trouvent l’inspiration, propice à leurs créations et suscitant leurs rêves. Tu nous tends le miroir de nos contemplations rendant l’esprit aux vraies priorités, qui sont spirituelles. Ton ciel devient tapisserie avant que le soir tombe, tant soleil, nuages et lune jouent un ballet de feu. Il reste en toi assez du bouillonnement de l’été et des excès grandioses de la saison brûleuse, peu à peu refroidie, par Eole qui pointe, aux jours qui rétrécissent comme des larmes Mais ce n’est qu’en fin d’automne que tes atours déclinent, avec quelques journées d’une telle beauté, que notre cœur se serre à devoir te laisser, peu à peu t’engourdir dans ce linceul d’hiver, d’où le printemps demain t’éveillera encor, rêvant déjà de la venue de nouveaux beaux automnes. Paul Arrighi
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Oct 2, 2016
Oct 2, 2016 at 12:38 PM UTC
Hourra, Hourra; élégie à notre automne chéri ( Hurrah , Hurrah, to our beloved Automn)
Hourra, Hourra; élégie à notre automne chéri Cher automne, tu es vraiment notre saison chérie, tu portes la couleur dorée des pêches et des prunes, avec quelques reflets des raisins de Moissac, alors que les feuillages roux te font un tapis d’or. Pendant que dame châtaigne crépite dans les feux. Tu es la saison chère des amours romantiques, et des êtres esseulés, chauffant leurs cœurs à tes lumières tamisées, à tes tons délicats et à tes vêtures de velours et de soie. Automne, tu es Femme splendide qui le sait et en joue ; de celles que dont l’on n’oublie jamais leurs chevelures rousses. Cher automne, tu flamboies, partout où l’on te trouve, des châtaigniers de Corse, aux eaux de la Volga. Ta couleur préférée est le roux mordoré avec quelques nuances de soleil flamboyant, sans jamais oublier le marron des châtaignes. Automne, tu es par excellence la saison d’intellectualité, où poètes et penseurs trouvent l’inspiration, propice à leurs créations et suscitant leurs rêves. Tu nous tends le miroir de nos contemplations rendant l’esprit aux vraies priorités, qui sont spirituelles. Ton ciel devient tapisserie avant que le soir tombe, tant soleil, nuages et lune jouent un ballet de feu. Il reste en toi assez du bouillonnement de l’été et des excès grandioses de la saison brûleuse, peu à peu refroidie, par Eole qui pointe, aux jours qui rétrécissent comme des larmes Mais ce n’est qu’en fin d’automne que tes atours déclinent, avec quelques journées d’une telle beauté, que notre cœur se serre à devoir te laisser, peu à peu t’engourdir dans ce linceul d’hiver, d’où le printemps demain t’éveillera encor, rêvant déjà de la venue de nouveaux beaux automnes. Paul Arrighi
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Maliwanag ang tanawin sa obrang larawan, naging aking durungawan - naroo’t buhay pa – lumilipad nang matayog ang mga saranggola ng libong mga Pepe at Pilar, tuloy-tuloy na abakada ng kinalimutang kasaysayan. Sa likod ng paanyaya ng luntiang bukirin, kung saan ang manunugtog ay tila may alay na lumang paulit-ulit na harana, pilit sumiksik sa tinataklubang ala-ala ang mapait na wakas ng isang sa himig ay kasama, sa panahon ng ating ngayon, wari ko ba’y kani-kanina.   Sa isang sulok ng pinutol na puno nakasilip – ang malungkot na kuwento Ang gitara ng isang bilanggong lider-obrero:           Tunay na marahas           ang kanyang naging wakas.           Pinaghinalaang droga isinuksok.           Sa narinig na kaluskos sa loob           ng iyong dibdib na kahoy, dinurog           ang lahat ng ala-alang kinukupkop           Labing-isang taon ka nang kanugnog,           kakosa sa pagtulog           sa isang iglap, daig pa ang binugbog           Pantugtog ay tinokhang ng mga tanod.           Sa ‘yong bagting na sumaliw sa koro           Kahit nilagot ng karahasan at maling akala           Lubos pa ring nagpapasalamat ang madla. Ako’y nagsusumamo sa kudyapi ng malayang ninuno Ang mga tula, awit at mga huni ng mga ibong katutubo, sabay sa tudyuhan ng mga kulilis at palaka sa ilog at puno. Ang ating kalikasan ay pamayanang may kalinangan nawa'y manatiling singsigla ng tapis na tinalak sa parang. May pangako ang mga bagong usbong sa pinutol na lauan. Ang noon at ngayon ay tila magkatipan – Sa tipang bagong tunog – na sa baybayin ay tinuran, para sa kinabukasan ng bayan. Halina’t kahit putulin ang kwerdas ng kalakarang malupit At nakakulong ang mga ibong marikit Kailanma’y hindi mapipigilan kahit saglit Patuloy tayo sa malayang pagtula’t pag-awit Hanggang Kalayaan ay ating makamit.
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Oct 14, 2021
Oct 14, 2021 at 5:11 AM UTC
Parangal Sa Pinatay Na Gitara At Panalangin Sa Ninunong Kudyapi
Maliwanag ang tanawin sa obrang larawan, naging aking durungawan - naroo’t buhay pa – lumilipad nang matayog ang mga saranggola ng libong mga Pepe at Pilar, tuloy-tuloy na abakada ng kinalimutang kasaysayan. Sa likod ng paanyaya ng luntiang bukirin, kung saan ang manunugtog ay tila may alay na lumang paulit-ulit na harana, pilit sumiksik sa tinataklubang ala-ala ang mapait na wakas ng isang sa himig ay kasama, sa panahon ng ating ngayon, wari ko ba’y kani-kanina.   Sa isang sulok ng pinutol na puno nakasilip – ang malungkot na kuwento Ang gitara ng isang bilanggong lider-obrero:           Tunay na marahas           ang kanyang naging wakas.           Pinaghinalaang droga isinuksok.           Sa narinig na kaluskos sa loob           ng iyong dibdib na kahoy, dinurog           ang lahat ng ala-alang kinukupkop           Labing-isang taon ka nang kanugnog,           kakosa sa pagtulog           sa isang iglap, daig pa ang binugbog           Pantugtog ay tinokhang ng mga tanod.           Sa ‘yong bagting na sumaliw sa koro           Kahit nilagot ng karahasan at maling akala           Lubos pa ring nagpapasalamat ang madla. Ako’y nagsusumamo sa kudyapi ng malayang ninuno Ang mga tula, awit at mga huni ng mga ibong katutubo, sabay sa tudyuhan ng mga kulilis at palaka sa ilog at puno. Ang ating kalikasan ay pamayanang may kalinangan nawa'y manatiling singsigla ng tapis na tinalak sa parang. May pangako ang mga bagong usbong sa pinutol na lauan. Ang noon at ngayon ay tila magkatipan – Sa tipang bagong tunog – na sa baybayin ay tinuran, para sa kinabukasan ng bayan. Halina’t kahit putulin ang kwerdas ng kalakarang malupit At nakakulong ang mga ibong marikit Kailanma’y hindi mapipigilan kahit saglit Patuloy tayo sa malayang pagtula’t pag-awit Hanggang Kalayaan ay ating makamit.
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Parlons du charme pittoresque de l’automne Des cloches de l’Angélus qui carillonnent Des fleurs autrefois jolies et fortes, sur le gazon Oh ! Automne, tu es une très belle saison! Parlons des pétales et sépales tombés du ciel Où les arbres sont médusés et presque dévêtus Et les oiseaux stupéfaits sont tombés des nues Oh ! Automne, j’aime ton sourire doux et naturel. La saison de l’automne a un charme sensationnel Une fraîcheur tiède et confortable et un ton solennel C’est l’or du soir qui tombe toute la sainte journée. Ce sont les feuilles et fleurs multicolores sur le tapis Oh ! Automne, tu nous donnes beaucoup à imaginer Et nous montres comment mirer des moments polis. P.S. Ce poème est dédié à Victor Hugo. Copyright © Octobre 2024, Hébert Logerie, Tous droits réservés. Hébert Logerie est l’auteur de nombreux recueils de poésie.
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Oct 28, 2024
Oct 28, 2024 at 3:36 PM UTC
Parlons Du Charme Pittoresque De L’Automne
Roule l’Automne Roule, roule; l'automne roux sur les bruyères de Corse et les bouleaux du lac Baïkal. Sur le dôme de Notre Dame et le clocher de Saint-Sernin. Roule, roule; l'automne roux sur la queue rousse de « Goupil » et le flamboiement du soleil qui cligne comme un phare éperdu enluminant notre horizon. Roule, roule; dans les cheveux d'or des belles Femmes rousses et de cet été indien qui flamboie, de nos promesses d’amours de la transparence de nos yeux. Roule, roule; l'automne roux dont les feuilles volètent au vent des feuilles bariolées qui deviennent tapis de velours, ravivant la joie des amant(e)s Qui y trouvent des lits d’amour. Roule, roule; dans les vignes et les sous-bois quand Bacchus s'en donne à cœur joie, Les vignerons pressent les pampres font couler les nectars vermeils avec cette fraîcheur sans pareil Qui illumine nos Esprits. Roule, roule ; bel automne dans tes atours de séducteur, tournant la tête des amoureuses. Car la nostalgie de l'hiver, Et sa compagne la froidure ne sont pas encore avancées. Paul Arrighi
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Sep 30, 2016
Sep 30, 2016 at 11:50 AM UTC
Roule l’Automne ( Roll up Autumn)
Doucement, doucement, il pleut de neige un tapis blanc, engourdissement ma peau, mes lèvres, ma coeur. Lentement, lentement, je suis entourré, je suis enterré par la beauté.
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Feb 23, 2012
Feb 23, 2012 at 4:29 PM UTC
Sans Faille
La lune de ses mains distraites A laissé choir, du haut de l'air, Son grand éventail à paillettes Sur le bleu tapis de la mer. Pour le ravoir elle se penche Et tend son beau bras argenté ; Mais l'éventail fuit sa main blanche, Par le flot qui passe emporté. Au gouffre amer pour te le rendre, Lune, j'irais bien me jeter, Si tu voulais du ciel descendre, Au ciel si je pouvais monter !
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Au bord de la mer
I. Le nez rouge, la face blême, Sur un pupitre de glaçons, L'Hiver exécute son thème Dans le quatuor des saisons. Il chante d'une voix peu sûre Des airs vieillots et chevrotants ; Son pied glacé bat la mesure Et la semelle en même temps ; Et comme Haendel, dont la perruque Perdait sa farine en tremblant, Il fait envoler de sa nuque La neige qui la poudre à blanc. II. Dans le bassin des Tuileries, Le cygne s'est pris en nageant, Et les arbres, comme aux féeries, Sont en filigrane d'argent. Les vases ont des fleurs de givre, Sous la charmille aux blancs réseaux ; Et sur la neige on voit se suivre Les pas étoilés des oiseaux. Au piédestal où, court-vêtue, Vénus coudoyait Phocion, L'Hiver a posé pour statue La Frileuse de Clodion. III. Les femmes passent sous les arbres En martre, hermine et menu-vair, Et les déesses, frileux marbres, Ont pris aussi l'habit d'hiver. La Vénus Anadyomène Est en pelisse à capuchon ; Flore, que la brise malmène, Plonge ses mains dans son manchon. Et pour la saison, les bergères De Coysevox et de Coustou, Trouvant leurs écharpes légères, Ont des boas autour du cou. IV. Sur la mode Parisienne Le Nord pose ses manteaux lourds, Comme sur une Athénienne Un Scythe étendrait sa peau d'ours. Partout se mélange aux parures Dont Palmyre habille l'Hiver, Le faste russe des fourrures Que parfume le vétyver. Et le Plaisir rit dans l'alcôve Quand, au milieu des Amours nus, Des poils roux d'une bête fauve Sort le torse blanc de Vénus. V. Sous le voile qui vous protège, Défiant les regards jaloux, Si vous sortez par cette neige, Redoutez vos pieds andalous ; La neige saisit comme un moule L'empreinte de ce pied mignon Qui, sur le tapis blanc qu'il foule, Signe, à chaque pas, votre nom. Ainsi guidé, l'époux morose Peut parvenir au nid caché Où, de froid la joue encor rose, A l'Amour s'enlace Psyché.
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Fantaisies d'hiver
I. Le nez rouge, la face blême, Sur un pupitre de glaçons, L'Hiver exécute son thème Dans le quatuor des saisons. Il chante d'une voix peu sûre Des airs vieillots et chevrotants ; Son pied glacé bat la mesure Et la semelle en même temps ; Et comme Haendel, dont la perruque Perdait sa farine en tremblant, Il fait envoler de sa nuque La neige qui la poudre à blanc. II. Dans le bassin des Tuileries, Le cygne s'est pris en nageant, Et les arbres, comme aux féeries, Sont en filigrane d'argent. Les vases ont des fleurs de givre, Sous la charmille aux blancs réseaux ; Et sur la neige on voit se suivre Les pas étoilés des oiseaux. Au piédestal où, court-vêtue, Vénus coudoyait Phocion, L'Hiver a posé pour statue La Frileuse de Clodion. III. Les femmes passent sous les arbres En martre, hermine et menu-vair, Et les déesses, frileux marbres, Ont pris aussi l'habit d'hiver. La Vénus Anadyomène Est en pelisse à capuchon ; Flore, que la brise malmène, Plonge ses mains dans son manchon. Et pour la saison, les bergères De Coysevox et de Coustou, Trouvant leurs écharpes légères, Ont des boas autour du cou. IV. Sur la mode Parisienne Le Nord pose ses manteaux lourds, Comme sur une Athénienne Un Scythe étendrait sa peau d'ours. Partout se mélange aux parures Dont Palmyre habille l'Hiver, Le faste russe des fourrures Que parfume le vétyver. Et le Plaisir rit dans l'alcôve Quand, au milieu des Amours nus, Des poils roux d'une bête fauve Sort le torse blanc de Vénus. V. Sous le voile qui vous protège, Défiant les regards jaloux, Si vous sortez par cette neige, Redoutez vos pieds andalous ; La neige saisit comme un moule L'empreinte de ce pied mignon Qui, sur le tapis blanc qu'il foule, Signe, à chaque pas, votre nom. Ainsi guidé, l'époux morose Peut parvenir au nid caché Où, de froid la joue encor rose, A l'Amour s'enlace Psyché.
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L'Automne en feu Rousses, rousses; les couleurs d'automne Comme des chevelures déployées, Comme ces briques d'or, chauffées, Comme le sol, de feuilles, tapissé. Rousses, rousses, les couleurs d'automne. Comme les raisins gorgés de suc, Comme les vendanges, faites, à cœur battant, Comme ce nectar jaillissant des pressoirs. Rousses, rousses, les couleurs d'automne. Comme les feuilles qui tourbillonnent, Comme ces papillons aux ailes dorées, Comme ces tapis, d'or et de feu, bruissant sous nos pas. Rousses, rousses, les couleurs d'automne. Comme la nature qui sourit, avant de changer ses atours, pour se préparer à hiberner, dès les premiers grésils de l’hiver. Paul Arrighi
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Sep 28, 2016
Sep 28, 2016 at 11:04 AM UTC
L'Automne en feu ( Autumn on Fire )
Sonnet. Un ange furieux fond du ciel comme un aigle, Du mécréant saisit à plein poing les cheveux, Et dit, le secouant : " Tu connaîtras la règle ! (Car je suis ton bon Ange, entends-tu ?) Je le veux ! Sache qu'il faut aimer, sans faire la grimace, Le pauvre, le méchant, le tortu, l'hébété, Pour que tu puisses faire, à Jésus, quand il passe, Un tapis triomphal avec ta charité. Tel est l'Amour ! Avant que ton coeur ne se blase, A la gloire de Dieu rallume ton extase ; C'est la Volupté vraie aux durables appas !" Et l'Ange, châtiant autant, ma foi ! qu'il aime, De ses poings de géant torture l'anathème ; Mais le **** répond toujours : " Je ne veux pas !"
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Le rebelle
Bonjour Au revoir Bonsoir Pour toujours. Avec mes deux mains Je t’embrasse pour la vie Pour les fleurs de demain Et le bonheur sur le tapis. Un bisou à gauche Et un autre à droite Ce n’est pas du tout moche. Au fond de ta gorge étroite Je nage non **** du gazon Comme un géant poisson. Copyright © Août 2024, Hébert Logerie, Tous droits réservés. Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs recueils de poésie.
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Nov 12, 2024
Nov 12, 2024 at 11:57 AM UTC
Baisers Jumeaux
xxEn leur envoyant la cantate intitulée La Tempête, qu'elles ont mise en musique. Souvent cette trame grossière Qu'ourdit la main du tisserand Se transforme en tapis brillant Sous les jolis doigts de Glycère. Le chanvre obscur a disparu, Recouvert par l'or et la soie ; Ce n'est plus qu'un brillant tissu Où l'art triomphant se déploie. Le plus mince des opéras Subira ces métamorphoses : J'ai disposé le canevas, Et sous vos doigts naîtront les roses. Écrit en 1788.
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À deux sœurs
Marbre de Paros. Un jour, au doux rêveur qui l'aime, En train de montrer ses trésors, Elle voulut lire un poème, Le poème de son beau corps. D'abord, superbe et triomphante Elle vint en grand apparat, Traînant avec des airs d'infante Un flot de velours nacarat : Telle qu'au rebord de sa loge Elle brille aux Italiens, Ecoutant passer son éloge Dans les chants des musiciens. Ensuite, en sa verve d'artiste, Laissant tomber l'épais velours, Dans un nuage de batiste Elle ébaucha ses fiers contours. Glissant de l'épaule à la hanche, La chemise aux plis nonchalants, Comme une tourterelle blanche Vint s'abattre sur ses pieds blancs. Pour Apelle ou pour Cléoméne, Elle semblait, marbre de chair, En Vénus Anadyomène Poser nue au bord de la mer. De grosses perles de Venise Roulaient au lieu de gouttes d'eau, Grains laiteux qu'un rayon irise, Sur le frais satin de sa peau. Oh ! quelles ravissantes choses, Dans sa divine nudité, Avec les strophes de ses poses, Chantait cet hymne de beauté ! Comme les flots baisant le sable Sous la lune aux tremblants rayons, Sa grâce était intarissable En molles ondulations. Mais bientôt, lasse d'art antique, De Phidias et de Vénus, Dans une autre stance plastique Elle groupe ses charmes nus. Sur un tapis de Cachemire, C'est la sultane du sérail, Riant au miroir qui l'admire Avec un rire de corail ; La Géorgienne indolente, Avec son souple narguilhé, Etalant sa hanche opulente, Un pied sous l'autre replié. Et comme l'odalisque d'Ingres, De ses reins cambrant les rondeurs, En dépit des vertus malingres, En dépit des maigres pudeurs ! Paresseuse odalisque, arrière ! Voici le tableau dans son jour, Le diamant dans sa lumière ; Voici la beauté dans l'amour ! Sa tête penche et se renverse ; Haletante, dressant les seins, Aux bras du rêve qui la berce, Elle tombe sur ses coussins. Ses paupières battent des ailes Sur leurs globes d'argent bruni, Et l'on voit monter ses prunelles Dans la nacre de l'infini. D'un linceul de point d'Angleterre Que l'on recouvre sa beauté : L'extase l'a prise à la terre ; Elle est morte de volupté ! Que les violettes de Parme, Au lieu des tristes fleurs des morts Où chaque perle est une larme, Pleurent en bouquets sur son corps ! Et que mollement on la pose Sur son lit, tombeau blanc et doux, Où le poète, à la nuit close, Ira prier à deux genoux.
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Le poème de la femme
Marbre de Paros. Un jour, au doux rêveur qui l'aime, En train de montrer ses trésors, Elle voulut lire un poème, Le poème de son beau corps. D'abord, superbe et triomphante Elle vint en grand apparat, Traînant avec des airs d'infante Un flot de velours nacarat : Telle qu'au rebord de sa loge Elle brille aux Italiens, Ecoutant passer son éloge Dans les chants des musiciens. Ensuite, en sa verve d'artiste, Laissant tomber l'épais velours, Dans un nuage de batiste Elle ébaucha ses fiers contours. Glissant de l'épaule à la hanche, La chemise aux plis nonchalants, Comme une tourterelle blanche Vint s'abattre sur ses pieds blancs. Pour Apelle ou pour Cléoméne, Elle semblait, marbre de chair, En Vénus Anadyomène Poser nue au bord de la mer. De grosses perles de Venise Roulaient au lieu de gouttes d'eau, Grains laiteux qu'un rayon irise, Sur le frais satin de sa peau. Oh ! quelles ravissantes choses, Dans sa divine nudité, Avec les strophes de ses poses, Chantait cet hymne de beauté ! Comme les flots baisant le sable Sous la lune aux tremblants rayons, Sa grâce était intarissable En molles ondulations. Mais bientôt, lasse d'art antique, De Phidias et de Vénus, Dans une autre stance plastique Elle groupe ses charmes nus. Sur un tapis de Cachemire, C'est la sultane du sérail, Riant au miroir qui l'admire Avec un rire de corail ; La Géorgienne indolente, Avec son souple narguilhé, Etalant sa hanche opulente, Un pied sous l'autre replié. Et comme l'odalisque d'Ingres, De ses reins cambrant les rondeurs, En dépit des vertus malingres, En dépit des maigres pudeurs ! Paresseuse odalisque, arrière ! Voici le tableau dans son jour, Le diamant dans sa lumière ; Voici la beauté dans l'amour ! Sa tête penche et se renverse ; Haletante, dressant les seins, Aux bras du rêve qui la berce, Elle tombe sur ses coussins. Ses paupières battent des ailes Sur leurs globes d'argent bruni, Et l'on voit monter ses prunelles Dans la nacre de l'infini. D'un linceul de point d'Angleterre Que l'on recouvre sa beauté : L'extase l'a prise à la terre ; Elle est morte de volupté ! Que les violettes de Parme, Au lieu des tristes fleurs des morts Où chaque perle est une larme, Pleurent en bouquets sur son corps ! Et que mollement on la pose Sur son lit, tombeau blanc et doux, Où le poète, à la nuit close, Ira prier à deux genoux.
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Tout là-haut, tout là-haut, **** de la route sûre, Des fermes, des vallons, par delà les coteaux, Par delà les forêts, les tapis de verdure, **** des derniers gazons foulés par les troupeaux, On rencontre un lac sombre encaissé dans l'abîme Que forment quelques pics désolés et neigeux ; L'eau, nuit et jour, y dort dans un repos sublime, Et n'interrompt jamais son silence orageux. Dans ce morne désert, à l'oreille incertaine Arrivent par moments des bruits faibles et longs, Et des échos plus morts que la cloche lointaine D'une vache qui paît aux penchants des vallons. Sur ces monts où le vent efface tout vestige, Ces glaciers pailletés qu'allume le soleil, Sur ces rochers altiers où guette le vertige, Dans ce lac où le soir mire son teint vermeil, Sous mes pieds, sur ma tête et partout, le silence, Le silence qui fait qu'on voudrait se sauver, Le silence éternel et la montagne immense, Car l'air est immobile et tout semble rêver. On dirait que le ciel, en cette solitude, Se contemple dans l'onde, et que ces monts, là-bas, Écoutent, recueillis, dans leur grave attitude, Un mystère divin que l'homme n'entend pas. Et lorsque par hasard une nuée errante Assombrit dans son vol le lac silencieux, On croirait voir la robe ou l'ombre transparente D'un esprit qui voyage et passe dans les cieux.
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Incompatibilité
J'ai rêvé d'un lent périple, Interminable roulis Au terme duquel J'atterrissais sans autre appareil Que mes lèvres nues et sincères Entre le grand zygomatique Et le risorius En plein arc de Cupidon D'une ogresse à queue de sirène. Et quand j'ai posé ma toupie sur la moue lisse, A l'aplomb de cet oeil en demi-lune Que je savais être celui du cyclone Désirée, Une coupe d'amour pleine à ras bord m' attendait A la commissure gauche de ses lèvres Ainsi qu'une inquiétude vermillon où je fus Instantanément bercé. La mer molle de ses lèvres bouillait Tiède et folle comme un tapis de miel Je dérivais ainsi entre lèvre haute Et lèvre basse dans mon rocking chair aubergine Constricteur et dilatateur Je drivais sans savoir trop comment à la godille Entre ses ourlets humides à peine décollés Et du gouffre de ses fossettes pleuvaient des abeilles d'or et de plomb.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 1:32 AM UTC
J'ai rêvé de tes lèvres de mer molle
Étoiles, qui d'en haut voyez valser les mondes, Faites pleuvoir sur moi, de vos paupières blondes, Vos pleurs de diamant ; Lune, lis de la nuit, fleur du divin parterre, Verse-moi tes rayons, ô blanche solitaire, Du fond du firmament ! Oeil ouvert sans repos au milieu de l'espace, Perce, soleil puissant, ce nuage qui passe ! Que je te voie encor ; Aigles, vous qui fouettez le ciel à grands coups d'ailes, Griffons au vol de feu, rapides hirondelles, Prêtez-moi votre essor ! Vents, qui prenez aux fleurs leurs âmes parfumées Et les aveux d'amour aux bouches bien-aimées ; Air sauvage des monts, Encor tout imprégné des senteurs du mélèze ; Brise de l'Océan où l'on respire à l'aise, Emplissez mes poumons ! Avril, pour m'y coucher, m'a fait un tapis d'herbe ; Le lilas sur mon front s'épanouit en gerbe, Nous sommes au printemps. Prenez-moi dans vos bras, doux rêves du poète, Entre vos seins polis posez ma pauvre tête Et bercez-moi longtemps. **** de moi, cauchemars, spectres des nuits ! Les roses, Les femmes, les chansons, toutes les belles choses Et tous les beaux amours, Voilà ce qu'il me faut. Salut, ô muse antique, Muse au frais laurier vert, à la blanche tunique, Plus jeune tous les jours ! Brune aux yeux de lotus, blonde à paupière noire, Ô Grecque de Milet, sur l'escabeau d'ivoire Pose tes beaux pieds nus ; Que d'un nectar vermeil la coupe se couronne ! Je bois à ta beauté d'abord, blanche Théone, Puis aux dieux inconnus. Ta gorge est plus lascive et plus souple que l'onde ; Le lait n'est pas si pur et la pomme est moins ronde. Allons, un beau baiser ! Hâtons-nous, hâtons-nous ! Notre vie, ô Théone, Est un cheval ailé que le Temps éperonne, Hâtons-nous d'en user. Chantons Io, Péan !... Mais quelle est cette femme Si pâle sous son voile ? Ah ! c'est toi, vieille infâme ! Je vois ton crâne ras ; Je vois tes grands yeux creux, prostituée immonde, Courtisane éternelle environnant le monde Avec tes maigres bras !
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Étoiles
Étoiles, qui d'en haut voyez valser les mondes, Faites pleuvoir sur moi, de vos paupières blondes, Vos pleurs de diamant ; Lune, lis de la nuit, fleur du divin parterre, Verse-moi tes rayons, ô blanche solitaire, Du fond du firmament ! Oeil ouvert sans repos au milieu de l'espace, Perce, soleil puissant, ce nuage qui passe ! Que je te voie encor ; Aigles, vous qui fouettez le ciel à grands coups d'ailes, Griffons au vol de feu, rapides hirondelles, Prêtez-moi votre essor ! Vents, qui prenez aux fleurs leurs âmes parfumées Et les aveux d'amour aux bouches bien-aimées ; Air sauvage des monts, Encor tout imprégné des senteurs du mélèze ; Brise de l'Océan où l'on respire à l'aise, Emplissez mes poumons ! Avril, pour m'y coucher, m'a fait un tapis d'herbe ; Le lilas sur mon front s'épanouit en gerbe, Nous sommes au printemps. Prenez-moi dans vos bras, doux rêves du poète, Entre vos seins polis posez ma pauvre tête Et bercez-moi longtemps. **** de moi, cauchemars, spectres des nuits ! Les roses, Les femmes, les chansons, toutes les belles choses Et tous les beaux amours, Voilà ce qu'il me faut. Salut, ô muse antique, Muse au frais laurier vert, à la blanche tunique, Plus jeune tous les jours ! Brune aux yeux de lotus, blonde à paupière noire, Ô Grecque de Milet, sur l'escabeau d'ivoire Pose tes beaux pieds nus ; Que d'un nectar vermeil la coupe se couronne ! Je bois à ta beauté d'abord, blanche Théone, Puis aux dieux inconnus. Ta gorge est plus lascive et plus souple que l'onde ; Le lait n'est pas si pur et la pomme est moins ronde. Allons, un beau baiser ! Hâtons-nous, hâtons-nous ! Notre vie, ô Théone, Est un cheval ailé que le Temps éperonne, Hâtons-nous d'en user. Chantons Io, Péan !... Mais quelle est cette femme Si pâle sous son voile ? Ah ! c'est toi, vieille infâme ! Je vois ton crâne ras ; Je vois tes grands yeux creux, prostituée immonde, Courtisane éternelle environnant le monde Avec tes maigres bras !
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Chanson. Pour les bannis opiniâtres, La France est **** la tombe est près. Prince, préside aux jeux folâtres, Chasse aux femmes dans les théâtres, Chasse aux chevreuils dans les forêts Rome te brûle le cinname, Les rois te disent : mon cousin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Les us frappés sont les plus dignes. Ou l'exil ! ou l'Afrique en feu ! Prince, Compiègne est plein de cygnes, Cours dans les bois, cours dans les vignes, Vénus rayonne au plafond bleu ; La bacchante aux bras nus se pâme Sous sa couronne de raisin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Les forçats bâtissent le phare, Traînant leurs fers au bord des flots ! Hallali ! hallali ! fanfare ! Le cor sonne, le bois s'effare, La lune argente les bouleaux ; À l'eau les chiens ! le cerf qui branle Se perd dans l'ombre du bassin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Le père est au bagne à Cayenne Et les enfants meurent de faim. Le loup verse à boire à l'hyène ; L'homme à la mitre citoyenne Trinque en son ciboire d'or fin ; On voit luire les yeux de flamme Des faunes dans l'antre voisin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Les morts, au boulevard Montmartre, Rôdent, montrant leur plaie au cœur. Pâtés de Strasbourg et de Chartre, Sous la table, un tapis de martre Les belles boivent au vainqueur, Et leur sourire offre leur âme, Et leur corset offre leur sein. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Captifs, expirez dans les fièvres. Vous allez donc vous reposer ! Dans le vieux saxe et le vieux sèvres On soupe, on mange, et sur les lèvres Éclôt le doux oiseau baiser ; Et, tout en riant, chaque femme En laisse fuir un fol essaim. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! La Guyane, cachot fournaise, Tue aujourd'hui comme jadis. Couche-toi, joyeux et plein d'aise, Au lit où coucha Louis seize, Puis l'empereur, puis Charles dix ; Endors-toi, pendant qu'on t'acclame, La tête sur leur traversin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Ô deuil ! par un bandit féroce L'avenir est mort poignardé ! C'est aujourd'hui la grande noce, Le fiancé monte en carrosse ; C'est lui ! César le bien gardé ! Peuples, chantez l'épithalame ! La France épouse l'assassin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Le 25 janvier 1853.
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L'Empereur s'amuse
Chanson. Pour les bannis opiniâtres, La France est **** la tombe est près. Prince, préside aux jeux folâtres, Chasse aux femmes dans les théâtres, Chasse aux chevreuils dans les forêts Rome te brûle le cinname, Les rois te disent : mon cousin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Les us frappés sont les plus dignes. Ou l'exil ! ou l'Afrique en feu ! Prince, Compiègne est plein de cygnes, Cours dans les bois, cours dans les vignes, Vénus rayonne au plafond bleu ; La bacchante aux bras nus se pâme Sous sa couronne de raisin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Les forçats bâtissent le phare, Traînant leurs fers au bord des flots ! Hallali ! hallali ! fanfare ! Le cor sonne, le bois s'effare, La lune argente les bouleaux ; À l'eau les chiens ! le cerf qui branle Se perd dans l'ombre du bassin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Le père est au bagne à Cayenne Et les enfants meurent de faim. Le loup verse à boire à l'hyène ; L'homme à la mitre citoyenne Trinque en son ciboire d'or fin ; On voit luire les yeux de flamme Des faunes dans l'antre voisin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Les morts, au boulevard Montmartre, Rôdent, montrant leur plaie au cœur. Pâtés de Strasbourg et de Chartre, Sous la table, un tapis de martre Les belles boivent au vainqueur, Et leur sourire offre leur âme, Et leur corset offre leur sein. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Captifs, expirez dans les fièvres. Vous allez donc vous reposer ! Dans le vieux saxe et le vieux sèvres On soupe, on mange, et sur les lèvres Éclôt le doux oiseau baiser ; Et, tout en riant, chaque femme En laisse fuir un fol essaim. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! La Guyane, cachot fournaise, Tue aujourd'hui comme jadis. Couche-toi, joyeux et plein d'aise, Au lit où coucha Louis seize, Puis l'empereur, puis Charles dix ; Endors-toi, pendant qu'on t'acclame, La tête sur leur traversin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Ô deuil ! par un bandit féroce L'avenir est mort poignardé ! C'est aujourd'hui la grande noce, Le fiancé monte en carrosse ; C'est lui ! César le bien gardé ! Peuples, chantez l'épithalame ! La France épouse l'assassin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Le 25 janvier 1853.
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C'est évident, mais on refuse de l'accepter.  Les feux Signalent, et là on s'invente une cécité.  Nos proches nous parlent et soudain devient en plus Sourd. On se croit futée quand on croit qu'on a échappé à l'évidence avec une Illusion.  Et quand Illusion disparaît, l'effroi est que le cauchemar qu'on a laissé n'a pas bougé d'un poil. En revenant à la sagesse et pour gagner en temps, la futée affrontera son cauchemar et le paresseux continuera son parcours sur le tapis roulant de l'Illusion jusqu'à sa prochaine déchéance.
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Dec 28, 2021
Dec 28, 2021 at 5:20 AM UTC
Evidence
Je t'aime à vol d'oiseau Et j'évalue la distance Qui nous sépare de l'irréversible, De l'irréparable, De l'incommensurable, Ombre déplumée de nous-même. Je t'aime à tire d'aile Et de mots en mots je plane nu Sur un tapis magique de nourritures lubriques Vers des planètes volcaniques Sans laves ni cratères. Je t'aime comme l'alouette, gentille alouette, Je te plume le bec divin Je te plume le dos angélique Je te plume le cou céleste Et le cou et le dos et le bec Je te plume la nuque diabolique Je te plume les fossettes virginales Et le talon d'Achille ensorceleur Et la toison du Mont de Venus paradisiaque Et les lèvres et les doigts féeriques A distance réglementaire. Je te plume l'ombre et je garde mes écarts Au pas cadencé de ma transe Et chaque plume arrachée est comme un baiser Sinon volé du moins emprunté Aux mythes obscurs qui nous ont devancés. Et chaque plume plongée dans l'encrier S'imbibe des amours lubriques de jadis Qui se nouèrent entre vie et trépas Entre les draps et oreillers de la page blanche Dont se nourrissent mutuellement les muses et les poètes.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:52 AM UTC
Je t'aime à vol d'oiseau
Pourquoi de tes regards percer ainsi mon âme ? Baisse, oh ! baisse tes yeux pleins d'une chaste flamme : Baisse-les, ou je meurs. Viens plutôt, lève-toi ! Mets ta main dans la mienne, Que mon bras arrondi t'entoure et te soutienne Sur ces tapis de fleurs. ............................................ Aux bords d'un lac d'azur il est une colline Dont le front verdoyant légèrement s'incline Pour contempler les eaux ; Le regard du soleil tout le jour la caresse, Et l'haleine de l'onde y fait flotter sans cesse Les ombres des rameaux. Entourant de ses plis deux chênes qu'elle embrasse, Une vigne sauvage à leurs rameaux s'enlace, Et, couronnant leurs fronts, De sa pâle verdure éclaircit leur feuillage, Puis sur des champs coupés de lumière et d'ombrage Court en riants festons. Là, dans les flancs creusés d'un rocher qui surplombe, S'ouvre une grotte obscure, un nid où la colombe Aime à gémir d'amour ; La vigne, le figuier, la voilent, la tapissent, Et les rayons du ciel, qui lentement s'y glissent, Y mesurent le jour. La nuit et la fraîcheur de ces ombres discrètes Conservent plus longtemps aux pâles violettes Leurs timides couleurs ; Une source plaintive en habite la voûte, Et semble sur vos fronts distiller goutte à goutte Des accords et des pleurs. Le regard, à travers ce rideau de verdure, Ne voit rien que le ciel et l'onde qu'il azure ; Et sur le sein des eaux Les voiles du pêcheur, qui, couvrant sa nacelle, Fendent ce ciel limpide, et battent comme l'aile Des rapides oiseaux. L'oreille n'entend rien qu'une vague plaintive Qui, comme un long baiser, murmure sur sa rive, Ou la voix des zéphyrs, Ou les sons cadencés que gémit Philomèle, Ou l'écho du rocher, dont un soupir se mêle À nos propres soupirs.
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Chant d'amour (IV)
Pourquoi de tes regards percer ainsi mon âme ? Baisse, oh ! baisse tes yeux pleins d'une chaste flamme : Baisse-les, ou je meurs. Viens plutôt, lève-toi ! Mets ta main dans la mienne, Que mon bras arrondi t'entoure et te soutienne Sur ces tapis de fleurs. ............................................ Aux bords d'un lac d'azur il est une colline Dont le front verdoyant légèrement s'incline Pour contempler les eaux ; Le regard du soleil tout le jour la caresse, Et l'haleine de l'onde y fait flotter sans cesse Les ombres des rameaux. Entourant de ses plis deux chênes qu'elle embrasse, Une vigne sauvage à leurs rameaux s'enlace, Et, couronnant leurs fronts, De sa pâle verdure éclaircit leur feuillage, Puis sur des champs coupés de lumière et d'ombrage Court en riants festons. Là, dans les flancs creusés d'un rocher qui surplombe, S'ouvre une grotte obscure, un nid où la colombe Aime à gémir d'amour ; La vigne, le figuier, la voilent, la tapissent, Et les rayons du ciel, qui lentement s'y glissent, Y mesurent le jour. La nuit et la fraîcheur de ces ombres discrètes Conservent plus longtemps aux pâles violettes Leurs timides couleurs ; Une source plaintive en habite la voûte, Et semble sur vos fronts distiller goutte à goutte Des accords et des pleurs. Le regard, à travers ce rideau de verdure, Ne voit rien que le ciel et l'onde qu'il azure ; Et sur le sein des eaux Les voiles du pêcheur, qui, couvrant sa nacelle, Fendent ce ciel limpide, et battent comme l'aile Des rapides oiseaux. L'oreille n'entend rien qu'une vague plaintive Qui, comme un long baiser, murmure sur sa rive, Ou la voix des zéphyrs, Ou les sons cadencés que gémit Philomèle, Ou l'écho du rocher, dont un soupir se mêle À nos propres soupirs.
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Dans des fauteuils fanés des courtisanes vieilles, Pâles, le sourcil peint, l'oeil câlin et fatal, Minaudant, et faisant de leurs maigres oreilles Tomber un cliquetis de pierre et de métal ; Autour des verts tapis des visages sans lèvre, Des lèvres sans couleur, des mâchoires sans dent, Et des doigts convulsés d'une infernale fièvre, Fouillant la poche vide ou le sein palpitant ; Sous de sales plafonds un rang de pâles lustres Et d'énormes quinquets projetant leurs lueurs Sur des fronts ténébreux de poètes illustres Qui viennent gaspiller leurs sanglantes sueurs ; Voilà le noir tableau qu'en un rêve nocturne Je vis se dérouler sous mon oeil clairvoyant. Moi-même, dans un coin de l'antre taciturne, Je me vis accoudé, froid, muet, enviant, Enviant de ces gens la passion tenace, De ces vieilles putains la funèbre gaieté, Et tous gaillardement trafiquant à ma face, L'un de son vieil honneur, l'autre de sa beauté ! Et mon coeur s'effraya d'envier maint pauvre homme Courant avec ferveur à l'abîme béant, Et qui, soûl de son sang, préférerait en somme La douleur à la mort et l'enfer au néant !
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Le jeu