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"perds" poems
Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire J'ai vu tous les soleils y venir se mirer S'y jeter à mourir tous les désespérés Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire À l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent L'été taille la nue au tablier des anges Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit Tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée Sept glaives ont percé le prisme des couleurs Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs L'iris troué de noir plus bleu d'être endeuillé Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche Par où se reproduit le miracle des Rois Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois Le manteau de Marie accroché dans la crèche Une bouche suffit au mois de Mai des mots Pour toutes les chansons et pour tous les hélas Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux L'enfant accaparé par les belles images Écarquille les siens moins démesurément Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où Des insectes défont leurs amours violentes Je suis pris au filet des étoiles filantes Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'août J'ai retiré ce radium de la pechblende Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu Ô paradis cent fois retrouvé reperdu Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent Moi je voyais briller au-dessus de la mer Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa.
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Les yeux d'Elsa
Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire J'ai vu tous les soleils y venir se mirer S'y jeter à mourir tous les désespérés Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire À l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent L'été taille la nue au tablier des anges Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit Tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée Sept glaives ont percé le prisme des couleurs Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs L'iris troué de noir plus bleu d'être endeuillé Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche Par où se reproduit le miracle des Rois Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois Le manteau de Marie accroché dans la crèche Une bouche suffit au mois de Mai des mots Pour toutes les chansons et pour tous les hélas Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux L'enfant accaparé par les belles images Écarquille les siens moins démesurément Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où Des insectes défont leurs amours violentes Je suis pris au filet des étoiles filantes Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'août J'ai retiré ce radium de la pechblende Et j'ai brûlé mes doigts à ce feu défendu Ô paradis cent fois retrouvé reperdu Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent Moi je voyais briller au-dessus de la mer Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa.
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JE VOIS QUE TU SALIVES. TU AS ENVIE DE MOI ? SERS-TOI DONC ! PRENDS-MOI COMME TU  VEUX ! PRENDS TOUT CE QUE TU VEUX ! ETIRE-MOI, CARESSE-MOI, BRANLE-MOI VIDE-MOI, LECHE-MOI AVALE-MOI MA SEMENCE A LE GOUT DE VIOLETTE IMMORTELLE ET SI TU VEUX METS-EN QUELQUES PERLES DANS UNE FIOLE ET METS-LA AU CREUX DE TES HANCHES POUR TE DEPANNER AU BESOIN SI UNE PETITE SOIF VENAIT A SE FAIRE SENTIR ET QUE JE NE SERAIS PAS LA POUR TE SERVIR DU PRODUCTEUR AU CONSOMMATEUR. HONORE-MOI DE TA JOUISSANCE MOI JE RETIENS MON JUS DE JADE POUR TOI IL NE FAUT PAS GASPILLER CETTE MANNE EN VAIN ELLE EST A TOI N'EN  PERDS PAS UNE GOUTTE ET MEME SI CHAQUE GOUTTE QUI GICLE ME RAPPROCHE DE LA MORT C'EST AVEC JOIE ET DELICE QUE JE MEURS INELUCTABLE CHAQUE FOIS DANS TA BOUCHE ET QUE JE BANDE ET DEBANDE SOUS LES ASSAUTS DES POINTS ET DES TIRETS DE TA LANGUE QUI ME DECODE ET ME DEGUSTE EN MORSE.
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Aug 31, 2019
Aug 31, 2019 at 2:30 AM UTC
Poème érotique en morse (for adults only)
Un rêve si lointain, Ces moments si chers, Se sont évanouis comme un soupir, Ce beau sourire Qui fait chaud au coeur, Ne reste qu'un souvenir. Le silence s'instale Et a corps perdu, Je m'y perds. Cette musique dans ma tête M'appaise, Comme un léger souffle Si doux et si tendre. Vers l'aurore, l'aube debute. A l'horizon, une lueur se dessine Et a contre-courant, je m'épanche, Avec une certaine maladresse. Mais tout lentement, J'ouvre mes ailes Vers une destinée nouvelle... -08/12/13 © eMs' silent poetry. All Rights Reserved
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Dec 19, 2013
Dec 19, 2013 at 9:00 AM UTC
Vers l'aurore
Un grand sommeil noir Tombe sur ma vie : Dormez, tout espoir, Dormez, toute envie ! Je ne vois plus rien, Je perds la mémoire Du mal et du bien... Ô la triste histoire ! Je suis un berceau Qu'une main balance Au creux d'un caveau : Silence, silence !
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Un grand sommeil noir
Des plus profonds des océans Et du haut du ciel Plus forts et plus ardents mes désirs sont Tu me fais face avec ton sourire tout beau tout miel Je me perds alors dans mes émotions Intrigué, je t'observe comme un bel oiseau battant des ailes Dans tes yeux brillent mille lueurs de satisfaction Dans les miens dansent mille et un rayons de de lumière Chaleur et douceur Nul besoin de croire en son destin Nul besoin de lire Hugo ou Voltaire pour te dire que tu es belle Nul besoin d'attendre pour prendre part à ce doux festin
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May 28, 2019
May 28, 2019 at 1:48 AM UTC
Festin
Que je hais cet art de pédant, Cette logique captieuse, Qui d'une chose claire en fait une douteuse, D'un principe erroné tire subtilement Une conséquence trompeuse, Et raisonne en déraisonnant ! Les grecs ont inventé cette belle manière. Ils ont fait plus de mal qu'ils ne croyaient en faire. Que Dieu leur donne paix ! Il s'agit d'un renard, Grand argumentateur, célèbre babillard, Et qui montrait la rhétorique. Il tenait école publique, Avait des écoliers qui payaient en poulets. Un d'eux qu'on destinait à plaider au palais Devait payer son maître à la première cause Qu'il gagnerait : ainsi la chose Avait été réglée et d'une et d'autre part. Son cours étant fini, mon écolier renard Intente un procès à son maître, Disant qu'il ne doit rien. Devant le léopard Tous les deux s'en vont comparaître. Monseigneur, disait l'écolier, Si je gagne, c'est clair, je ne dois rien payer ; Si je perds, nulle est sa créance : Car il convient que l'échéance N'en devait arriver qu'après Le gain de mon premier procès ; Or, ce procès perdu, je suis quitte, je pense : Mon dilemme est certain. Nenni, Répondait aussitôt le maître : Si vous perdez, payez, la loi l'ordonne ainsi ; Si vous gagnez, sans plus remettre, Payez, car vous avez signé Promesse de payer au premier plaid gagné : Vous y voilà. Je crois l'argument sans réponse. Chacun attend alors que le juge prononce, Et l'auditoire s'étonnait Qu'il n'y jetât pas son bonnet. Le léopard rêveur prit enfin la parole : Hors de cour, leur dit-il ; défense à l'écolier De continuer son métier, Au maître de tenir école.
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Le procès des deux renards
Que je hais cet art de pédant, Cette logique captieuse, Qui d'une chose claire en fait une douteuse, D'un principe erroné tire subtilement Une conséquence trompeuse, Et raisonne en déraisonnant ! Les grecs ont inventé cette belle manière. Ils ont fait plus de mal qu'ils ne croyaient en faire. Que Dieu leur donne paix ! Il s'agit d'un renard, Grand argumentateur, célèbre babillard, Et qui montrait la rhétorique. Il tenait école publique, Avait des écoliers qui payaient en poulets. Un d'eux qu'on destinait à plaider au palais Devait payer son maître à la première cause Qu'il gagnerait : ainsi la chose Avait été réglée et d'une et d'autre part. Son cours étant fini, mon écolier renard Intente un procès à son maître, Disant qu'il ne doit rien. Devant le léopard Tous les deux s'en vont comparaître. Monseigneur, disait l'écolier, Si je gagne, c'est clair, je ne dois rien payer ; Si je perds, nulle est sa créance : Car il convient que l'échéance N'en devait arriver qu'après Le gain de mon premier procès ; Or, ce procès perdu, je suis quitte, je pense : Mon dilemme est certain. Nenni, Répondait aussitôt le maître : Si vous perdez, payez, la loi l'ordonne ainsi ; Si vous gagnez, sans plus remettre, Payez, car vous avez signé Promesse de payer au premier plaid gagné : Vous y voilà. Je crois l'argument sans réponse. Chacun attend alors que le juge prononce, Et l'auditoire s'étonnait Qu'il n'y jetât pas son bonnet. Le léopard rêveur prit enfin la parole : Hors de cour, leur dit-il ; défense à l'écolier De continuer son métier, Au maître de tenir école.
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Alors laissons aller Je vis, je crie, Je pleure, j’oublie, Je marche, je danse, Je tombe et j'avance Je perds je doute Je parle, j'écoute Je crois, je change Je plais ou je dérange Et j'ai le même sang que toi \\Translation// So let's go I live, I yell, I cry, I forget, I walk, I dance, I fall and I advance I lose I doubt I speak, I listen I think, I change I like or annoy me And I have the same blood as you
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Apr 4, 2017
Apr 4, 2017 at 4:58 PM UTC
The same blood
L’eau tranquille Je me perds Dans l’infinité Du reflect d’un moment C’est quand tu es Dans ce moment l’a ; Le plus vulnérable Tu t’es trouvé
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Apr 21, 2019
Apr 21, 2019 at 12:06 AM UTC
Vulnérabilité
Pour faire sourire ma muse Malgré elle je fais le pitre : Je me fais animal en extinction Tamarin lion de jour Et Ara cobalt de nuit Et je fais constamment la mue Entre Anodorhynchus leari Et Leontopithecus rosalia Et à force de mues Je perds le Nord Je me pends par la queue Aux branches de mon nid Je fais des grimaces et je lèche le bec des femelles En rut. Mais ma muse raffole Non pas de ma race folle De tamarin-ara métis Mais des gorilles, bonobos et magots Et autre faune libertine... Elle adore ! Elle est admirative ! J'ai beau lui sortir ma généalogie ascendante de mandrill Mes trois seizièmes de sang bonobo, Mes trois seizièmes de gènes de gorille, Mes trois seizièmes d'âme de macaque de barbarie Et mon blason d'argent à quatre fasces de gueules Ma muse n'en a cure. Elle n 'a d'yeux que pour ces bonobos, Gorilles et magots légitimes D'authentique Afrique mythique.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:04 AM UTC
Gorille, bonobo et magot
Si je perds bien des maîtresses, J'en fais encor plus souvent, Et mes vœux et mes promesses Ne sont que feintes caresses, Et mes vœux et mes promesses Ne sont jamais que du vent. Quand je vois un beau visage, Soudain je me fais de feu ; Mais longtemps lui faire hommage, Ce n'est pas bien mon usage ; Mais longtemps lui faire hommage, Ce n'est pas bien là mon jeu. J'entre bien en complaisance Tant que dure une heure ou deux ; Mais en perdant sa présence Adieu toute souvenance ; Mais en perdant sa présence Adieu soudain tous mes feux. Plus inconstant que la lune, Je ne veux jamais d'arrêt ; La blonde comme la brune En moins de rien m'importune ; La blonde comme la brune En moins de rien me déplaît. Si je feins un peu de braise, Alors que l'humeur m'en prend, Qu'on me chasse, ou qu'on me baise, Qu'on soit facile ou mauvaise, Qu'on me chasse, ou qu'on me baise, Tout m'est fort indifférent. Mon usage est si commode, On le trouve si charmant, Que qui ne suit ma méthode N'est pas bien homme à la mode, Que qui ne suit ma méthode Passe pour un Allemand.
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Chanson
Fable IX, Livre I. Voilà nos champs bien préparés, Bien engraissés, bien labourés ; Ensemençons sans plus attendre. Mon fils, ne perds pas un moment : Tu vois bien ce sac de froment ; Dans nos sillons va le répandre. Tout entier ? - Depuis quarante ans, Du blé que je sème en mes champs, N'est-ce pas la juste mesure ? - Mon père, avez-vous essayé De n'en semer que la moitié ? La part qu'on garde est la plus sûre. - Mon fils, ce n'est pas la leçon Que donne toujours la prudence ; Gagner moitié sur la semence, C'est le perdre sur la moisson.
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Le laboureur et son fils
Il en est encore une au monde, Je la rencontre quelquefois, Je dois vous dire qu'elle est blonde Et qu'elle habite au fond des bois. N'était que Vous, Vous êtes brune Et que Vous habitez Paris, Vous vous ressemblez... sous la lune, Et quand le temps est un peu gris. Or, dernièrement, sur ma route J'ai vu ma fée aux yeux subtils : « Que faites-vous ? - Je vous écoute. - Et les amours, comment vont-ils ? - Ah ! ne m'en parlez pas, Madame, C'est toujours là que l'on a mal ; Si ce n'est au corps... c'est à l'âme. L'amour, au diable l'animal ! - Méchant ! voulez-vous bien vous taire, Vous n'iriez pas en Paradis ; Si son nom n'est pas un mystère, Dites-le moi » - Je le lui dis. - « Que fait-elle ? - Elle... attend sa fête. - C'est dire qu'elle ne fait rien. Comment est-elle ! - Elle est parfaite. - Et vous l'aimez ? - Je le crois bien. - Vous l'adorez ! - J'en perds la tête. - Vous la suivriez n'importe où ; Ah ! mon ami... quel grand poète Vous faites... oui, vous êtes fou. Mais si votre femme est sans tache, Sans le moindre... petit défaut, Inutile qu'on vous le cache, Ce n'est pas celle qu'il vous faut. Il faut partir... battre les routes, Et vous verrez à l'horizon Luire enfin la femme entre toutes Que vous destine... la Raison. Voulez-vous que je vous la peigne Comme on se peint dans les miroirs ? Ses cheveux mordus par le peigne Ont des fils blancs dans leurs fils noirs ; Elle n'a... qu'une faim de louve, Et du cœur... si vous en avez ; C'est une femme qui se trouve Un peu comme vous vous trouvez. Elle n'est ni laide ni bête, Avec... comment dire... un travers... Un petit coup... quoi ! sur la tête, Et capable d'aimer les vers ; Ni très mauvaise ni très bonne, Tâchant de vivre... comme il sied, Et... dans un coin de sa personne Elle a... mettons... un cor au pied ! - Ah !... quelle horreur !... jamais, Madame ! - Je vous dis, clair comme le jour : Ce qu'il faut avoir dans la femme N'est pas la femme, c'est l'amour. Pour avoir l'amour, imbécile ! On ne prend pas trente partis, La chanson le dit, c'est facile : Il faut des époux assortis. L'amour n'est pas fils de Bohême ; Il a parfaitement sa loi : Si tu n'es digne que je t'aime Je me fiche pas mal de toi. Bonsoir ». Ainsi parla ma fée Qui parle... presque avec ta voix ; Puis je la vis, d'aube coiffée, Reprendre le chemin des bois. Son conseil est bon ; qu'il se perde, Saint Antoine, on peut vous prier ; Mais partir !... au **** et puis, merde ! Je ne veux pas me marier.
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La fée
Il en est encore une au monde, Je la rencontre quelquefois, Je dois vous dire qu'elle est blonde Et qu'elle habite au fond des bois. N'était que Vous, Vous êtes brune Et que Vous habitez Paris, Vous vous ressemblez... sous la lune, Et quand le temps est un peu gris. Or, dernièrement, sur ma route J'ai vu ma fée aux yeux subtils : « Que faites-vous ? - Je vous écoute. - Et les amours, comment vont-ils ? - Ah ! ne m'en parlez pas, Madame, C'est toujours là que l'on a mal ; Si ce n'est au corps... c'est à l'âme. L'amour, au diable l'animal ! - Méchant ! voulez-vous bien vous taire, Vous n'iriez pas en Paradis ; Si son nom n'est pas un mystère, Dites-le moi » - Je le lui dis. - « Que fait-elle ? - Elle... attend sa fête. - C'est dire qu'elle ne fait rien. Comment est-elle ! - Elle est parfaite. - Et vous l'aimez ? - Je le crois bien. - Vous l'adorez ! - J'en perds la tête. - Vous la suivriez n'importe où ; Ah ! mon ami... quel grand poète Vous faites... oui, vous êtes fou. Mais si votre femme est sans tache, Sans le moindre... petit défaut, Inutile qu'on vous le cache, Ce n'est pas celle qu'il vous faut. Il faut partir... battre les routes, Et vous verrez à l'horizon Luire enfin la femme entre toutes Que vous destine... la Raison. Voulez-vous que je vous la peigne Comme on se peint dans les miroirs ? Ses cheveux mordus par le peigne Ont des fils blancs dans leurs fils noirs ; Elle n'a... qu'une faim de louve, Et du cœur... si vous en avez ; C'est une femme qui se trouve Un peu comme vous vous trouvez. Elle n'est ni laide ni bête, Avec... comment dire... un travers... Un petit coup... quoi ! sur la tête, Et capable d'aimer les vers ; Ni très mauvaise ni très bonne, Tâchant de vivre... comme il sied, Et... dans un coin de sa personne Elle a... mettons... un cor au pied ! - Ah !... quelle horreur !... jamais, Madame ! - Je vous dis, clair comme le jour : Ce qu'il faut avoir dans la femme N'est pas la femme, c'est l'amour. Pour avoir l'amour, imbécile ! On ne prend pas trente partis, La chanson le dit, c'est facile : Il faut des époux assortis. L'amour n'est pas fils de Bohême ; Il a parfaitement sa loi : Si tu n'es digne que je t'aime Je me fiche pas mal de toi. Bonsoir ». Ainsi parla ma fée Qui parle... presque avec ta voix ; Puis je la vis, d'aube coiffée, Reprendre le chemin des bois. Son conseil est bon ; qu'il se perde, Saint Antoine, on peut vous prier ; Mais partir !... au **** et puis, merde ! Je ne veux pas me marier.
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Tu t'en vas ? Reste encore : Je te perds pour longtemps ! Et tu vois que l'aurore Luit depuis peu d'instants. Tantôt sur le rivage Je marcherai sans toi : J'y reste en esclavage, Pauvre de moi ! Nous avons vu la vie Sous les mêmes couleurs ; Elle a pu faire envie, Car elle eut bien des fleurs. La guerre était la gloire, J'y courus avec toi : J'ai payé la victoire, Pauvre de moi ! Sur combien de blessures A-t-on rivé nos fers ! Ils en font de plus sûres, Dans leurs prisons d'enfers. J'ai raillé ma souffrance, Enchaîné près de toi ; Mais tu pars pour la France, Pauvre de moi ! Ma plaie envenimée Arrête ici mes pas ; Mortelle et renfermée, Elle s'aigrit tout bas. Sur un ponton de guerre Faut-il languir sans toi ? Je te suivais naguère, Pauvre de moi ! Si ma blonde Angeline, En te voyant passer, Inquiète s'incline, Timide à t'embrasser ; A cet auge modeste, Qui m'attend avec toi, Ne dis pas où je reste, Pauvre de moi ! Au foyer de ton père Si le mien va s'asseoir, Mon nom sera, j'espère, Dans vos récits du soir, Quand ses yeux pleins de larmes S'attacheront sur toi, Fais-lui bénir nos armes, Pauvre de moi !
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Le prisonnier de guerre
C'était la plus belle soirée de ma vie J'aimerais m'en rappeler comme si c'était hier C'était la plus horrible journée de ma vie J'aimerais oublier comme si ce n'était hier: Je suis dans une gare, le train n'arrive pas Je me soumet la question, ce que j'aimerais m’éviter J'attend ma belle et elle n'arrive pas Je perds le temps que j’essaie de gagner Je parle aux voyageurs antipathiques Pour tuer le temps perdu Coincé dans ce gâchis esthétique. Avant que le temps ne me tue Je quitte ce café pathétique, Purgatoire pour excommuniés Avant, je commande un autre verre, foutu tic, Foutue expatriation, je veux t'oublier Je me retrouve donc dans un carrefour sombre Où se rencontrent les civilisations Pas un arbre pour profiter de l’ombre Il n’y a plus de lumière ni plus de son On me noie Au milieu d’une mer de gens qui n’ont pas vécus Je suis assoiffé d’un ami Au milieu du désert avec personne en vue Dans ma propre ville je suis intru. L’anonymat de l’exil, On me connait bien à l’institut, Je m’y reconnais dans chaque tuile, Dans ses murs peints à l’huile Je suis ici, et je suis là Je m’imagine ailleurs mais c’est futile Détachez-moi, je ne fuirais pas ! Je suis rescapé, Je suis perdu ! Les heures m’ont échappées, Le temps m’est perdu Comment s’en sortir quand on est un débauché ? Je suis mort, je suis pendu ! Comment repartir quand le train a déraillé ? Quel guet-apen l’on m’a tendu ! On me somme de rentrer chez moi, Le dernier train est passé, et je ne l’ai pas pris Mes oeufs dans le même panier, et j’ai fais le mauvais choix Je ne me reconnais plus, qu’est-ce qui m’as pris ? J’essaie de me souvenir Ce n’est certes pas la dernière fois On m’a pris mes souvenirs Comment me suis-je retrouvé là ? Au retour d'une aventure (rêverie) que je regrette Mes amis me dévisagent en traître Je me défend en phrases toutes faites Ah, si j’avais appris de mes ancêtres... J’y retourne chaque matin, Dans l’espoir de retrouver celui-ci (l’espoir) Pas de libre arbitre pour un pantin Chaque fois on m’affirme que je ne viens pas d’ici (chaque soir). L’élégance d’une mort heureuse Je ne pense plus au car de la malheureuse, J’attend celui qui me portera **** de ces malheurs; Jamais n'est-il à l’heure.
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Apr 21, 2020
Apr 21, 2020 at 5:20 PM UTC
Le Mal du transport
C'était la plus belle soirée de ma vie J'aimerais m'en rappeler comme si c'était hier C'était la plus horrible journée de ma vie J'aimerais oublier comme si ce n'était hier: Je suis dans une gare, le train n'arrive pas Je me soumet la question, ce que j'aimerais m’éviter J'attend ma belle et elle n'arrive pas Je perds le temps que j’essaie de gagner Je parle aux voyageurs antipathiques Pour tuer le temps perdu Coincé dans ce gâchis esthétique. Avant que le temps ne me tue Je quitte ce café pathétique, Purgatoire pour excommuniés Avant, je commande un autre verre, foutu tic, Foutue expatriation, je veux t'oublier Je me retrouve donc dans un carrefour sombre Où se rencontrent les civilisations Pas un arbre pour profiter de l’ombre Il n’y a plus de lumière ni plus de son On me noie Au milieu d’une mer de gens qui n’ont pas vécus Je suis assoiffé d’un ami Au milieu du désert avec personne en vue Dans ma propre ville je suis intru. L’anonymat de l’exil, On me connait bien à l’institut, Je m’y reconnais dans chaque tuile, Dans ses murs peints à l’huile Je suis ici, et je suis là Je m’imagine ailleurs mais c’est futile Détachez-moi, je ne fuirais pas ! Je suis rescapé, Je suis perdu ! Les heures m’ont échappées, Le temps m’est perdu Comment s’en sortir quand on est un débauché ? Je suis mort, je suis pendu ! Comment repartir quand le train a déraillé ? Quel guet-apen l’on m’a tendu ! On me somme de rentrer chez moi, Le dernier train est passé, et je ne l’ai pas pris Mes oeufs dans le même panier, et j’ai fais le mauvais choix Je ne me reconnais plus, qu’est-ce qui m’as pris ? J’essaie de me souvenir Ce n’est certes pas la dernière fois On m’a pris mes souvenirs Comment me suis-je retrouvé là ? Au retour d'une aventure (rêverie) que je regrette Mes amis me dévisagent en traître Je me défend en phrases toutes faites Ah, si j’avais appris de mes ancêtres... J’y retourne chaque matin, Dans l’espoir de retrouver celui-ci (l’espoir) Pas de libre arbitre pour un pantin Chaque fois on m’affirme que je ne viens pas d’ici (chaque soir). L’élégance d’une mort heureuse Je ne pense plus au car de la malheureuse, J’attend celui qui me portera **** de ces malheurs; Jamais n'est-il à l’heure.
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Je bois, je bois, je bois, Tes voyelles et tes consonnes Je les avale par coeur Pour ne jamais oublier : Deux voyelles Deux consonnes Décidément tout en toi Est quatre ou son multiple. J'en perds mon latin, Muse ! J'en perds mes alicerces ! Tes u se disent ou Et tes t se disent ts A cause de cette petite virgule y souscrite Et résonnent sur ma langue avec la majesté De leur consonne affriquée, alvéolaire et sourde.. Ton a c'est le plus étrange Il porte une petit signe diacritique sur la tête Comme une bassine en forme de demi-cercle avec un creux en bas Et se dit e comme le e culbuté , le schwa Quand tu dis nu c'est non Quand je dis nous tu comprends nu. Et le miel c'est de l'agneau Et beau veut dire je bois. Et quand j'écris ou tu vois un oeuf Oi des moutons et oaie mouton ! Nos mots purs s'imbriquent ainsi Brique après brique Avec des hurlements délicieux de loups sauvages De solstice en solstice Au fur et à mesure En poèmes lubriques sans queue ni tête Tournoyants cadavres exquis Dans leur tour de Babel.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 1:48 PM UTC
Nu ou non
Couché sous tes ombrages verts, Gastine, je te chante Autant que les Grecs, par leurs vers La forêt d'Érymanthe : Car, malin, celer je ne puis À la race future De combien obligé je suis À ta belle verdure, Toi qui, sous l'abri de tes bois, Ravi d'esprit m'amuses ; Toi qui fais qu'à toutes les fois Me répondent les Muses ; Toi par qui de l'importun soin Tout franc je me délivre, Lorsqu'en toi je me perds bien **** Parlant avec un livre. Tes bocages soient toujours pleins D'amoureuses brigades De Satyres et de Sylvains, La crainte des Naïades ! En toi habite désormais Des Muses le collège, Et ton bois ne sente jamais La flamme sacrilège !
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À la forêt de Gastine
Domremy, 182... Moi, que je sois royaliste ! C'est à peu près comme si Le ciel devait rester triste Quand l'aube a dit : Me voici ! Un roi, c'est un homme équestre, Personnage à numéro, En marge duquel de Maistre Écrit : Roi, lisez : Bourreau. Je n'y crois plus. Est-ce un crime Que d'avoir, par ma cloison, Vu ce point du jour sublime, Le lever de la raison ! J'étais jadis à l'école Chez ce pédant, le Passé ; J'ai rompu cette bricole ; J'épelle un autre A B C. Mon livre, ô fils de Lutèce, C'est la nature, alphabet Où le lys n'est point altesse, Où l'arbre n'est point gibet. Maintenant, je te l'avoue, Je ne crois qu'au droit divin Du coeur, de l'enfant qui joue, Du franc rire et du bon vin. Puisque tu me fais visite Sous mon chaume, à Domremy, À toi le Grec, moi le Scythe, J'ouvre mon âme à demi... Pas tout à fait. - La feuillée Doit voiler le carrefour, Et la porte entrebâillée Convient au timide amour. J'aime, en ces bois que j'habite, L'aurore ; et j'ai dans mon trou Pour pareil, lé cénobite, Pour contraire, le hibou. Une femme me fascine ; Comme Properce, j'entends Une flûte tibicine Dans les branches du printemps. J'ai pour jeu la poésie ; J'ai pour torture un minois, Vieux style, et la jalousie, Ce casse-tête chinois. Je suis fou d'une charmeuse, De Paris venue ici, Dont les saules de la Meuse Sont tous amoureux aussi. Je l'ai suivie en Sologne, Je la suis à Vaucouleurs. Mon coeur rit, ma raison grogne, Et me voilà dans les fleurs. Je l'ai nommée Euryanthe. J'en perds l'âme et l'appétit. Circonstance atténuante : Elle a le pied très petit. Plains-moi. Telle est ma blessure. Cela dit, amusons-nous. Oublions tout, la censure, Rome, et l'abbé Frayssinous. Cours les bals, danse aux kermesses. Les filles ont de la foi ; Fais-toi tenir les promesses Qu'elles m'ont faites à moi. Ris, savoure, aime, déguste, Et, libres, narguons un peu Le roi, ce faux nez auguste Que le prêtre met à Dieu.
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À un visiteur parisien
Domremy, 182... Moi, que je sois royaliste ! C'est à peu près comme si Le ciel devait rester triste Quand l'aube a dit : Me voici ! Un roi, c'est un homme équestre, Personnage à numéro, En marge duquel de Maistre Écrit : Roi, lisez : Bourreau. Je n'y crois plus. Est-ce un crime Que d'avoir, par ma cloison, Vu ce point du jour sublime, Le lever de la raison ! J'étais jadis à l'école Chez ce pédant, le Passé ; J'ai rompu cette bricole ; J'épelle un autre A B C. Mon livre, ô fils de Lutèce, C'est la nature, alphabet Où le lys n'est point altesse, Où l'arbre n'est point gibet. Maintenant, je te l'avoue, Je ne crois qu'au droit divin Du coeur, de l'enfant qui joue, Du franc rire et du bon vin. Puisque tu me fais visite Sous mon chaume, à Domremy, À toi le Grec, moi le Scythe, J'ouvre mon âme à demi... Pas tout à fait. - La feuillée Doit voiler le carrefour, Et la porte entrebâillée Convient au timide amour. J'aime, en ces bois que j'habite, L'aurore ; et j'ai dans mon trou Pour pareil, lé cénobite, Pour contraire, le hibou. Une femme me fascine ; Comme Properce, j'entends Une flûte tibicine Dans les branches du printemps. J'ai pour jeu la poésie ; J'ai pour torture un minois, Vieux style, et la jalousie, Ce casse-tête chinois. Je suis fou d'une charmeuse, De Paris venue ici, Dont les saules de la Meuse Sont tous amoureux aussi. Je l'ai suivie en Sologne, Je la suis à Vaucouleurs. Mon coeur rit, ma raison grogne, Et me voilà dans les fleurs. Je l'ai nommée Euryanthe. J'en perds l'âme et l'appétit. Circonstance atténuante : Elle a le pied très petit. Plains-moi. Telle est ma blessure. Cela dit, amusons-nous. Oublions tout, la censure, Rome, et l'abbé Frayssinous. Cours les bals, danse aux kermesses. Les filles ont de la foi ; Fais-toi tenir les promesses Qu'elles m'ont faites à moi. Ris, savoure, aime, déguste, Et, libres, narguons un peu Le roi, ce faux nez auguste Que le prêtre met à Dieu.
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Pour une nuit comme pour la vie — je te serai dévoué Sous les nuages étoilés tu palpes — mon corps fragilisé Tu le renforces de — caresses et de baisers Tu masques ses peines — précédemment infligées Face à toi artiste guérisseur de — brûlures passées Tu répares cette sculpture — gravée de plaies Et je me perds dans tes bras au contact de ta peau Quand je porte ton corps et tu transportes le mien Tu y passes tes mains, douces et rassurantes Je suis une brindille cueillie délicatement Alors j'embrasse ces rides qui témoignent de ton passé Et ton sexe, fané, épuisé par les gosiers d’autres hommes Tes lésions infectées, je les adoucirai et t'apporterai vaillance Un orgasme abondant, fleurissant je te donne Tu es beau, comme l'alliance de la lune et du soleil Du saphir de la mer et du jade des montagnes Nous nous sommes sauvés du haut de nos tours isolées Serre-moi fort quand tu t'endors, que s'évapore le mal qu'on pensait irréversible Fais de moi ton trésor, tant convoité le long de nos vingt-cinq années Ainsi l'amour, je te l'apporterai sans honte et sur un plateau d'argent Tes yeux, j'y plongerai mon âme à l'aube du jour et de la nuit Quant à nos cœurs en rénovation, qui n’attendent que métamorphose Nous y prendrons place et les sédentariserons, Les repeuplerons de doux sentiments inaliénables… impérissables
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Jan 12, 2025
Jan 12, 2025 at 11:22 PM UTC
La Douleur d’être Homme
A toi qui me fais chanter, A ces rêves qui résonnent, dans cette cage palpitante. La raison m’échappe; de ton odeur sur mes draps, de la douceur de tes mots. A ces instants, rien ne me paraît si beau. Et pourtant, les échos de tes pensées se répandent un peu partout, sur les murs de ma chambre et même dans cette salle bruyante, joviale,   et sombre. Mais vraiment rien n’est plus beau, que nos rires, que nos regards alambiqués, dont seuls nous détenons le sens. Si simple serait-il, que ton tourbillon ne m’emporte pas, que tes vagues ne m’assomment pas. Car ta tempête me tord, bien fort, si fort, que je ne contemple plus la Terre tourner. Bien souvent, je rêve de cet océan, où les vagues glissent sur mes pieds, m’invitant à m’enfoncer. Mais alors que je rêve, silencieuse la lame devient, car surgit la houle qui me jette sur les rives. A chaque rêve qui se meurt naît un nouveau souffle. Et je perds le sens. Mais rien n’est plus beau, rien n’est plus beau que cet été.
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Sep 10, 2019
Sep 10, 2019 at 6:57 PM UTC
A toi, à l'été
Ma muse, mon Intangible, Ma grande folie, mon gros grain de fantaisie Chaque fois que mon bec d'orphie bleu océan tranquille Tente d'arraisonner au coeur de tes abysses Pour t'engloutir de ses lèvres T'honorer et te chanter A peine t'a-t'il effleurée Tu te cabres apeurée dans les ténèbres. Tu rues des quatre fers Tu me désarçonnes. Sans ménagement Tu m'éjectes de ta fan zone. Tu te renfermes et tu me dis : Arrête ! Arrête ! Arrête ! Veux-tu donc me dépecer Après m'avoir harponnée Fait mariner, assaisonnée Me griller au feu de bois Et me déguster jusqu'à la dernière arête vert émeraude ? J'en perds ma grammaire et ma conjugaison L'intransitif se transitive Le passif s'active Le futur se conditionne À quoi tu joues, polissonne ? Tu ne parles pas la langue des orphies ? Comment veux-tu que je me raisonne Si constamment tu me déraisonnes Que je m'arc-boute Si en permanence tu me désarçonnes Que je m'aiguillonne Si aux portes du précipice tu me retiens du déséquilibre ?
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 11:37 AM UTC
Ma grande folie