"toile" poems
Dans les rues de Port-Louis, il fait bon dix-huit heures.
Ou chercher, dans cette ville bercée de sueur
Le fantôme de cet acharnement de vie
Qui noie les sens de lumière, de chaleur et d’envie?
Dans les aboiements rauques de ces cabots rois du soir?
Dans le son des volets qu’on baisse de façon vénielle?
Dans les pas qui s’éclaboussent sur le trottoir
Les maux de cette étrange promesse d’étincelle ?
Dans les rues de Port-Louis, il fait bon nuit d’hiver
Grise comme lasse de ces nuées de couleurs incendiaires
Elle s’éteint le temps d’allumer les étoiles,
Peintres bien plus dures que leur jumelles estivales.
L’écru de leur toile est teinte de la froideur du blanc.
Quels soupirs s’emmêlent aux clous qui habitent ses vents?
Quel chant quand la pluie crucifie ainsi nos flancs?
Est-ce celle de cette ville bohème, de beauté fille de sang?
Jul 6, 2014
Jul 6, 2014 at 1:50 PM UTC
Liberté Egalité Fraternité,
le vrai Triptyque Républicain
En hommage à nos ancêtres qui surent être ambitieux et fonder un triptyque toujours primordial, jamais accompli ni vraiment réalisé.
LIBERTE !
Frêle comme doigts d’enfants,
Plus précieuse qu’un diamant,
Ton seul parfum nous enivre
Et comme, un bon vin, nous grise.
Tu es hymne à la vie
Qui fait lever des envies.
Tu suscite des passions,
Libère des émotions.
Tu fus conquise de haute lutte
Par nos ancêtres en tumulte.
Ils nous donnèrent pour mission
D’en multiplier les brandons.
A trop de Peuples, elle fait défaut.
Elle ne supporte aucun bâillon
Car si l’être vit bien de pain,
Il veut aussi choisir son chemin.
Si tous les pouvoirs la craignent,
Ma, si belle, tu charmes et envoute,
Mets les tyrans en déroute,
Sœur de Marianne la belle.
***
EGALITE !
Elle fut la devise d’Athènes,
Et révérée par les Romains.
Elle naquit en 89, avec la liberté du Peuple,
Est fille de Révolution.
Elle abolit les distinctions
Séparant les êtres sans raison.
Ouvre la voie à tous talents
Sans s’encombrer de parchemins.
C’est un alcool enivrant
Que l’égalité des droits.
C’est aussi une promesse
De secourir celui qui choit.
Si l’égalité fait tant peur,
C’est que son regard de lynx
Perce les supercheries
Et voit les hommes tels qu’ils sont.
FRATERNITE !
Elle coule, coule comme le miel,
Nectar de la ruche humaine.
Elle sait embellir nos vies,
Et faire reculer la grisaille,
Du calcul, froid et égoïste.
Dans la devise Républicaine
Elle tient la baguette de l’orchestre.
Comme un peintre inspiré, elle met,
Sur la toile, vive et vermillon.
Elle nous incite à l’humanisme.
Elle est petite fille de 89, fille de quarante –huit
Mais sut renaître en 68.
Elle est crainte par les puissants,
Qui n’ont jamais connu qu’argent,
C’est pourtant une essence rare.
Dans les temps durs, elle se cache,
Mais vient ouvrir la porte
Au Résistant pourchassé. Elle n’hésite pas aujourd’hui
À secourir un «sans papier»
Sa sœur est générosité.
Elle est la valeur suprême,
Qui rend possible le «vivre ensemble»
Et permet même au solitaire
De faire battre un cœur solidaire.
La fraternité reste la vraie conquête de l’humain.
Paul d’Aubin (Paul Arrighi) à Toulouse; France.
May 6, 2014
May 6, 2014 at 8:07 AM UTC
Tel qu’une toile d’araignée
La grande ville fond sous la chaleur,
punie par un hiver trop absurde
Tes pieds collent au trottoir et
tes mains sont paralysées
par les fils fins de cette vaste piège
La nuit, quand la température baisse,
quand, enfin, la toile te lâche,
tu cours vers Alice, en avalent des capsules
du bonheur suprême,
une gorgée après une autre
tout dans l’espoir de regagner
son pays de merveilles
Hélas, elle est morte,
tu te trompes, en vain
T’en rappelles-tu ?
Tu l’as enterrée mille fois
& elle n’aurait jamais reconnu,
de toute façon,
ton visage usé par tes voyages,
sans sens, au sud, au nord
Elle n’aurait jamais aimé
ta poitrine remplie de poussières
Depuis que Perséphone a pris le relais
ce n’est plus pareil
Jul 17, 2013
Jul 17, 2013 at 11:04 AM UTC
Il était trois fois,
Deux petites araignées,
Qui faisaient la course
À qui tire le plus court fil.
C’était toujours la rouge qui gagnait,
Car son sang coagulé,
Sur le bout de ses pates,
Rendait ses mouvement plus lents.
Elle faisait de toute sa faiblesse,
Couler son âme noire,
Emprisonnée dans son troisième œil,
Afin de rendre son fil plus visqueux.
Son amie, aveugle de ses sept yeux,
Ne voyait que son propre parcours,
Elle n’avait jamais à refaire son tour,
Son chemin étant déjà tracé.
Elle n’avait ni crainte ni peur,
De son adversaire satanée,
Cachée du côté,
Où elle ne pouvait regarder.
Bercée par sa nonchalance,
Elle ne se doutait point,
Qu’elle était le fruit,
Du dessin de son amie.
Il était trois fois,
Une petite araignée
Futur d’un passé oublié
Sur un papier accroché
A la toile de cet instant.
Oct 9, 2015
Oct 9, 2015 at 9:30 AM UTC
La sensation s'apparente à une simple présence
Incongrue et abstraite, tant sa distance
De ces souvenirs qui exigent le poids des vivants
Comme promesse qu'ensemble nous traverserons le temps
Et tend à cette conviction presque vide de sens
Que les acteurs éternels de la tendre enfance
Puissent ainsi, pas à pas, suivre nos traces dans l'ombre
Pour que ce peuple d'éther ne s'ajourne que dans la tombe
Et que tombe cette folle histoire insensée, peu à peu
Que le temps calcinera de son souffle de feu
Ranimant en nous la flamme de ces instants d'ivresse
Pour que reste derrière nous ces souvenirs délestés
Et mieux vaut de son gré engendrer la cadence
Que de subir dans la l'angoisse les désirs de délivrance
Délaissant patiemment toute envie de se réjouir
Pour que s'endorme dans la cendre ces trop lourds souvenirs
Et quand viendra finalement la sensation de dissonance,
Que la lourdeur de l'homme aspirant la transcendance
S'exténue et s'allège dans l'accord des déceptions
Pour qu'enfin vive souverain ce pays d'ombres et d'illusions.
Et que sombre dérisoirement chaque pensée, peu à peu,
Que le temps effacera d'un seul geste d'adieux
Renvoyant au néant l'âme de ces habitants célestes
Pour que ne gise sur la toile qu'une confuse fresque.
Mar 28, 2021
Mar 28, 2021 at 5:50 PM UTC
Seabirds swaying out,
Toile ocean mist rolling in,
Ballroom of the Sun.
Jan 22, 2013
Jan 22, 2013 at 1:18 PM UTC
I.
Aimez bien vos amours ; aimez l'amour qui rêve
Une rose à la lèvre et des fleurs dans les yeux ;
C'est lui que vous cherchez quand votre avril se lève,
Lui dont reste un parfum quand vos ans se font vieux.
Aimez l'amour qui joue au soleil des peintures,
Sous l'azur de la Grèce, autour de ses autels,
Et qui déroule au ciel la tresse et les ceintures,
Ou qui vide un carquois sur des coeurs immortels.
Aimez l'amour qui parle avec la lenteur basse
Des Ave Maria chuchotés sous l'arceau ;
C'est lui que vous priez quand votre tête est lasse,
Lui dont la voix vous rend le rythme du berceau.
Aimez l'amour que Dieu souffla sur notre fange,
Aimez l'amour aveugle, allumant son flambeau,
Aimez l'amour rêvé qui ressemble à notre ange,
Aimez l'amour promis aux cendres du tombeau !
Aimez l'antique amour du règne de Saturne,
Aimez le dieu charmant, aimez le dieu caché,
Qui suspendait, ainsi qu'un papillon nocturne,
Un baiser invisible aux lèvres de Psyché !
Car c'est lui dont la terre appelle encore la flamme,
Lui dont la caravane humaine allait rêvant,
Et qui, triste d'errer, cherchant toujours une âme,
Gémissait dans la lyre et pleurait dans le vent.
Il revient ; le voici : son aurore éternelle
A frémi comme un monde au ventre de la nuit,
C'est le commencement des rumeurs de son aile ;
Il veille sur le sage, et la vierge le suit.
Le songe que le jour dissipe au coeur des femmes,
C'est ce Dieu. Le soupir qui traverse les bois,
C'est ce Dieu. C'est ce Dieu qui tord les oriflammes
Sur les mâts des vaisseaux et des faîtes des toits.
Il palpite toujours sous les tentes de toile,
Au fond de tous les cris et de tous les secrets ;
C'est lui que les lions contemplent dans l'étoile ;
L'oiseau le chante au loup qui le hurle aux forêts.
La source le pleurait, car il sera la mousse,
Et l'arbre le nommait, car il sera le fruit,
Et l'aube l'attendait, lui, l'épouvante douce
Qui fera reculer toute ombre et toute nuit.
Le voici qui retourne à nous, son règne est proche,
Aimez l'amour, riez ! Aimez l'amour, chantez !
Et que l'écho des bois s'éveille dans la roche,
Amour dans les déserts, amour dans les cités !
Amour sur l'Océan, amour sur les collines !
Amour dans les grands lys qui montent des vallons !
Amour dans la parole et les brises câlines !
Amour dans la prière et sur les violons !
Amour dans tous les coeurs et sur toutes les lèvres !
Amour dans tous les bras, amour dans tous les doigts !
Amour dans tous les seins et dans toutes les fièvres !
Amour dans tous les yeux et dans toutes les voix !
Amour dans chaque ville : ouvrez-vous, citadelles !
Amour dans les chantiers : travailleurs, à genoux !
Amour dans les couvents : anges, battez des ailes !
Amour dans les prisons : murs noirs, écroulez-vous !
II.
Mais adorez l'Amour terrible qui demeure
Dans l'éblouissement des futures Sions,
Et dont la plaie, ouverte encor, saigne à toute heure
Sur la croix, dont les bras s'ouvrent aux nations.
1.1k
Tandis que je parlais le langage des vers
Elle s'est doucement tendrement endormie
Comme une maison d'ombre au creux de notre vie
Une lampe baissée au coeur des myrtes verts
Sa joue a retrouvé le printemps du repos
Ô corps sans poids pose dans un songe de toile
Ciel formé de ses yeux à l'heure des étoiles
Un jeune sang l'habite au couvert de sa peau
La voila qui reprend le versant de ses fables
Dieu sait obéissant à quels lointains signaux
Et c'est toujours le bal la neige les traîneaux
Elle a rejoint la nuit dans ses bras adorables
Je vois sa main bouger Sa bouche Et je me dis
Qu'elle reste pareille aux marches du silence
Qui m'échappe pourtant de toute son enfance
Dans ce pays secret à mes pas interdit
Je te supplie amour au nom de nous ensemble
De ma suppliciante et folle jalousie
Ne t'en va pas trop **** sur la pente choisie
Je suis auprès de toi comme un saule qui tremble
J'ai peur éperdument du sommeil de tes yeux
Je me ronge le coeur de ce coeur que j'écoute
Amour arrête-toi dans ton rêve et ta route
Rends-moi ta conscience et mon mal merveilleux.
890
With Tarnished heart and clouded soul,
Anger the fuel to achieve my goal.
Like hunting cat I stalk my prey,
Watch them weaken day by day.
Senses tuned the time has come,
Now don't you go do something dumb.
My sight is clear, vision blurred,
My mind at war split in two like whey and curd.
I falter back stall my advance,
The time has passed I missed my chance.
Why did you wait a fool’s errand I gave,
To Anger now I am his slave.
I toile in the shadow of how it used to be,
Doing his ***** work for the eternal world to see.
He holds the reins and pushes on,
I cannot seem to find - the good is gone.
I sleep each night with a tear in my eye,
In the back of my head I wish I could just die.
I want it to change I really wish it would,
I want it to change if I try I'm sure I could?
I can't break his grip he holds me so tight,
I know I have tried with all of my might.
He puts me in a corner for the world to shun,
For all of the bad that he has done.
A part of me as I am of him,
The future for us looks rather grim.
I need to stand up for what I believe,
But always it seems he has an ace up his sleeve.
Jan 9, 2013
Jan 9, 2013 at 11:52 AM UTC
Tous ceux qui parlent des merveilles
Leurs fables cachent des sanglots
Et les couleurs de leur oreille
Toujours à des plaintes pareilles
Donnent leurs larmes pour de l'eau
Le peintre assis devant sa toile
A-t-il jamais peint ce qu'il voit
Ce qu'il voit son histoire voile
Et ses ténèbres sont étoiles
Comme chanter change la voix
Ses secrets partout qu'il expose
Ce sont des oiseaux déguisés
Son regard embellit les choses
Et les gens prennent pour des roses
La douleur dont il est brisé
Ma vie au **** mon étrangère
Ce que je fus je l'ai quitté
Et les teintes d'aimer changèrent
Comme roussit dans les fougères
Le songe d'une nuit d'été
Automne automne long automne
Comme le cri du vitrier
De rue en rue et je chantonne
Un air dont lentement s'étonne
Celui qui ne sait plus prier.
762
Les âmes, c'est comme les plantes
Elles ont besoin de soleil et d'eau.
Le premier les nourrit de lumière
Et l'autre de minéraux.
Certaines âmes sont comme des images
De la pure lumière sur du papier glacé.
Elles ont perdu leur lien à la terre
Et risque bientôt de se fâner.
Aussi, comme un bouquet sur une toile flamande
Les âmes sèches nous rappellent tristement la mort
Et bientôt nous vident de nos minéraux.
Mar 31, 2015
Mar 31, 2015 at 3:46 PM UTC
Sonnet.
Elle part, mais je veux, à mon amour fidèle,
La garder tout entière en un pieux portrait,
Portrait naïf où rien ne me sera soustrait
Des grâces, des défauts, chers aussi, du modèle.
Arrière les pinceaux ! sur la toile cruelle
Le profane idéal du peintre sourirait :
C'est elle que je veux, c'est elle trait pour trait,
Belle d'une beauté que seul je vois en elle.
Mais, ô soleil, ami qui la connais le mieux,
Qui prêtes à son cœur, quand nous sommes ensemble
Tes rayons les plus purs pour luire dans ses yeux,
Artiste dont la main ne cherche ni ne tremble,
Viens toi-même au miroir que je t'offre imprimer
Chacun de ces rayons qui me la font aimer.
667
Fable XIV, Livre II.
Dame Arachné dans un palais
Se glissa sans être aperçue ;
Sa toile n'était pas tissue
Qu'en l'air étaient tous les balais.
La pauvrette ! Comment fit-elle
Pour échapper ? Je n'en sais rien ;
Mais, l'instant d'après, je sais bien
Qu'elle travaillait de plus belle.
Autre toile, autre événement !
Il était là plus d'un esclave.
Toute araignée imprudemment
Quitte le grenier ou la cave
Pour un plus riche appartement.
Laborieuse autant qu'adroite,
Celle-ci point ne reposait,
Et vite à gauche refaisait
Ce qu'on avait défait à droite.
Les gens de se désespérer :
Chaque jour c'était à refaire.
Un bon homme, apprenant l'affaire,
Leur dit : « Je veux vous éclairer :
Quand l'ouvrière est épargnée,
Vainement l'ouvrage est détruit. »
Cela posé, sans plus de bruit,
Il met le pied sur l'araignée.
640
La vie est un bateau
Qui ne doit pas couler
Mais qui ne peut voler
Flottant sur l’eau
Sur une jolie toile
Il avance tranquillement
Grâce à la voile
Et au vent changeant
Mais parfois ça devient rugueux
Et l’équilibre devient instable
Et les vagues sont grandes
Et le bateau ne peut pas supporter la tempête
Il s’enfonce profondément,
Plus profond, encore plus
Et au fond
Le bateau est oublié
Mais pourquoi ? Pourquoi le bateau a-t-il été oublié ?
Parce qu’il n’y avait personne qui l’attendait.
Il a erré dans le monde
À la recherche de quelqu’un qui l’accepterait
Personne ne l’a vu pour qui il était
Mais c’est ainsi que la vie est parfois
Et ainsi, à jamais le bateau doit reposer
Sur le fond de l’océan.
Jan 2, 2019
Jan 2, 2019 at 6:19 PM UTC
(extrait)
II
Oh ! Paris est la cité mère !
Paris est le lieu solennel
Où le tourbillon éphémère
Tourne sur un centre éternel !
Paris ! feu sombre ou pure étoile !
Morne Isis couverte d'un voile !
Araignée à l'immense toile
Où se prennent les nations !
Fontaine d'urnes obsédée !
Mamelle sans cesse inondée
Où pour se nourrir de l'idée
Viennent les générations !
Quand Paris se met à l'ouvrage
Dans sa forge aux mille clameurs,
A tout peuple, heureux, brave ou sage,
Il prend ses lois, ses dieux, ses moeurs.
Dans sa fournaise, pêle-mêle,
Il fond, transforme et renouvelle
Cette science universelle
Qu'il emprunte à tous les humains ;
Puis il rejette aux peuples blêmes
Leurs sceptres et leurs diadèmes,
Leurs préjugés et leurs systèmes,
Tout tordus par ses fortes mains !
Paris, qui garde, sans y croire,
Les faisceaux et les encensoirs,
Tous les matins dresse une gloire,
Eteint un soleil tous les soirs ;
Avec l'idée, avec le glaive,
Avec la chose, avec le rêve,
Il refait, recloue et relève
L'échelle de la terre aux cieux ;
Frère des Memphis et des Romes,
Il bâtit au siècle où nous sommes
Une Babel pour tous les hommes,
Un Panthéon pour tous les dieux !
Ville qu'un orage enveloppe !
C'est elle, hélas ! qui, nuit et jour,
Réveille le géant Europe
Avec sa cloche et son tambour !
Sans cesse, qu'il veille ou qu'il dorme,
Il entend la cité difforme
Bourdonner sur sa tête énorme
Comme un essaim dans la forêt.
Toujours Paris s'écrie et gronde.
Nul ne sait, question profonde !
Ce que perdrait le bruit du monde
Le jour où Paris se tairait !
686
Je veux te raconter, ô molle enchanteresse !
Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ;
Je veux te peindre ta beauté,
Où l'enfance s'allie à la maturité.
Quand tu vas balayant l'air de ta jupe large,
Tu fais l'effet d'un beau vaisseau qui prend le large,
Chargé de toile, et va roulant
Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent.
Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses,
Ta tête se pavane avec d'étranges grâces ;
D'un air placide et triomphant
Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.
Je veux te raconter, ô molle enchanteresse !
Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ;
Je veux te peindre ta beauté,
Où l'enfance s'allie à la maturité.
Ta gorge qui s'avance et qui pousse la moire,
Ta gorge triomphante est une belle armoire
Dont les panneaux bombés et clairs
Comme les boucliers accrochent des éclairs,
Boucliers provoquants, armés de pointes roses !
Armoire à doux secrets, pleine de bonnes choses,
De vins, de parfums, de liqueurs
Qui feraient délirer les cerveaux et les coeurs !
Quand tu vas balayant l'air de ta jupe large,
Tu fais l'effet d'un beau vaisseau qui prend le large,
Chargé de toile, et va roulant
Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent.
Tes nobles jambes, sous les volants qu'elles chassent,
Tourmentent les désirs obscurs et les agacent,
Comme deux sorcières qui font
Tourner un philtre noir dans un vase profond.
Tes bras, qui se joueraient des précoces hercules,
Sont des boas luisants les solides émules,
Faits pour serrer obstinément,
Comme pour l'imprimer dans ton coeur, ton amant.
Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses,
Ta tête se pavane avec d'étranges grâces ;
D'un air placide et triomphant
Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.
702
You’re in my guts
Pictures and all
Until I rush to the toile
And adhere your redolence
To my nose
Outside I’m in another state
Another time another place
My fingers sampling your abs
Your lips, the cool air outside
The Jaguar. The way your father spoke
To me. Until, until, until.
You tease me back to sleep. Please
Jun 8, 2018
Jun 8, 2018 at 5:56 AM UTC
Sonnet.
Connais-tu, comme moi, la douleur savoureuse,
Et de toi fais-tu dire : " Oh ! l'homme singulier ! "
- J'allais mourir. C'était dans mon âme amoureuse,
Désir mêlé d'horreur, un mal particulier ;
Angoisse et vif espoir, sans humeur factieuse.
Plus allait se vidant le fatal sablier,
Plus ma torture était âpre et délicieuse ;
Tout mon coeur s'arrachait au monde familier.
J'étais comme l'enfant avide du spectacle,
Haïssant le rideau comme on hait un obstacle...
Enfin la vérité froide se révéla :
J'étais mort sans surprise, et la terrible aurore
M'enveloppait. - Eh quoi ! n'est-ce donc que cela ?
La toile était levée et j'attendais encore.
415
Je ne demande pas autre chose aux forêts
Que de faire silence autour des antres frais
Et de ne pas troubler la chanson des fauvettes.
Je veux entendre aller et venir les navettes
De Pan, noir tisserand que nous entrevoyons
Et qui file, en tordant l'eau, le vent, les rayons,
Ce grand réseau, la vie, immense et sombre toile
Où brille et tremble en bas la fleur, en haut l'étoile.
419
Pour une toile fraîchement peinte
Où j’ai mis mon âme et le reste aussi
Sur une peinture franchement sainte
Où j'ai mis fortune en pari,
Et je perdus le reste ainsi
Cette ville qui ne dort jamais
La ville de la nuit
Que l'on ne quitte jamais
Celle que l'on fuit,
Trottoirs où le soleil nous cuits
Une nuit en la ville,
Mille soleils, le Paris d’ici
Où j'erre en pauvre imbécile
Les secondes de ciel amincies
J'en tire mon mal comme un cheval docile
Le diable se cache parmis nous
Est-ce que tu le crois ?
Il réside chez les rois comme chez les fous
Cheval de Troie
Une Percée dans les étoiles, notre seul toit
La ville des lumières éteintes
Bidonville de lumières mortes
La cité des lumières saintes
Aux visages de toutes sortes
Pas besoin des clés de la ville pour ouvrir ses portes
La cité des vivants,
Un Hadès aux yeux de tous
La cité des mourants
L’ombre où les maux des hommes poussent
Et les pauvres de leurs malheurs toussent
En ce jour aux nuages ocre
Les feux sont déjà tombés, n'ayez crainte
Les humeurs et les airs âcres,
Déjà les ruisseaux et leurs teintes,
Ont découlés des rues comme une plainte
Apr 21, 2020
Apr 21, 2020 at 5:14 PM UTC
« Tout fait l'amour. » Et moi, j'ajoute,
Lorsque tu dis : « Tout fait l'amour » :
Même le pas avec la route,
La baguette avec le tambour.
Même le doigt avec la bague,
Même la rime et la raison,
Même le vent avec la vague,
Le regard avec l'horizon.
Même le rire avec la bouche,
Même l'osier et le couteau,
Même le corps avec la couche,
Et l'enclume sous le marteau.
Même le fil avec la toile
Même la terre avec le ver,
Le bâtiment avec l'étoile,
Et le soleil avec la mer.
Comme la fleur et comme l'arbre,
Même la cédille et le ç,
Même l'épitaphe et le marbre,
La mémoire avec le passé.
La molécule avec l'atome,
La chaleur et le mouvement,
L'un des deux avec l'autre tome,
Fût-il détruit complètement.
Un anneau même avec sa chaîne,
Quand il en serait détaché,
Tout enfin, excepté la Haine,
Et le cœur qu'Elle a débauché.
Oui, tout fait l'amour sous les ailes
De l'Amour, comme en son Palais,
Même les tours des citadelles
Avec la grêle des boulets.
Même les cordes de la harpe
Avec la phalange du doigt,
Même le bras avec l'écharpe,
Et la colonne avec le toit.
Le coup d'ongle ou le coup de griffe,
Tout, enfin tout dans l'univers,
Excepté la joue et la gifle,
Car... dans ce cas l'est à l'envers.
Et (dirait le latin honnête
Parlant des choses de Vénus)
Comme la queue avec la tête,
Comme le membre avec l'anus.
400
On vénère à Tolède une image de Vierge,
Devant qui toujours tremble une lueur de cierge ;
Poupée étincelante en robe de brocart,
Comme si l'or était plus précieux que l'art !
Et sur cette statue on raconte une histoire
Qu'un enfant de six mois refuserait de croire,
Mais que doit accepter comme une vérité
Tout poète amoureux de la sainte beauté.
Quand la Reine des cieux au grand saint Ildefonse,
Pour le récompenser de la grande réponse,
Quittant sa tour d'ivoire au paradis vermeil,
Apporta la chasuble en toile de soleil,
Par curiosité, par caprice de femme,
Elle alla regarder la belle Notre-Dame,
Ouvrage merveilleux dans l'Espagne cité,
Rêve d'ange amoureux, à deux genoux sculpté,
Et devant ce portrait resta toute pensive
Dans un ravissement de surprise naïve.
Elle examina tout : - le marbre précieux ;
Le travail patient, chaste et minutieux ;
La jupe raide d'or comme une dalmatique ;
Le corps mince et fluet dans sa grâce gothique ;
Le regard virginal tout baigné de langueur,
Et le petit Jésus endormi sur son cœur.
Elle se reconnut et se trouva si belle,
Qu'entourant de ses bras la sculpture fidèle,
Elle mit, au moment de remonter aux cieux,
Au front de son image un baiser radieux.
Ah ! que de tels récits, dont la raison s'étonne
Dans ce siècle trop clair pour que rien y rayonne,
Au temps de poésie où chacun y croyait,
Devaient calmer le cœur de l'artiste inquiet !
Faire admirer au ciel l'ouvrage de la terre,
Cet espoir étoilait l'atelier solitaire,
Et le ciseau pieux longtemps avec amour
Pour le baiser divin caressait le contour.
Si la Vierge, à Paris, avec son auréole,
Sur les autels païens de notre âge frivole
Descendait et venait visiter son portrait,
Croyez-vous, ô sculpteurs, qu'elle s'embrasserait ?
378
Tu as beau vouloir me sevrer,
Me priver de ta réglisse,
Je persiste et tête
Ce brou mystique
Sans hâte
Et je ferme les yeux
Et je dessine en l'air
Ces délices que tu secrètes
Maternellement pour moi
Comme Pénélope tisse l'outre-noir de sa toile.
Et je te regarde étourdi comme dans un mirage
Badigeonner ton sein de sable effarouché
De beurre de karité
Et de miel
Et je m'enjaille seulement
De partager les reflets de ce désert de Gobi.
Nov 19, 2019
Nov 19, 2019 at 4:50 PM UTC