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"joyeux" poems
II. Oh ! vers ces vétérans quand notre esprit s'élève, Nous voyons leur front luire et resplendir leur glaive, Fertile en grands travaux. C'étaient là les anciens. Mais ce temps les efface ! France, dans ton histoire ils tiennent trop de place. France, gloire aux nouveaux ! Oui, gloire à ceux d'hier ! ils se mettent cent mille, Sabres nus, vingt contre un, sans crainte, et par la ville S'en vont, tambours battants. À mitraille ! leur feu brille, l'obusier tonne, Victoire ! ils ont tué, carrefour Tiquetonne, Un enfant de sept ans ! Ceux-ci sont des héros qui n'ont pas peur des femmes Ils tirent sans pâlir, gloire à ces grandes âmes ! Sur les passants tremblants. On voit, quand dans Paris leur troupe se promène, Aux fers de leurs chevaux de la cervelle humaine Avec des cheveux blancs ! Ils montent à l'assaut des lois ; sur la patrie Ils s'élancent ; chevaux, fantassins, batterie, Bataillon, escadron, Gorgés, payés, repus, joyeux, fous de colère, Sonnant la charge, avec Maupas pour vexillaire Et Veuillot pour clairon. Tout, le fer et le plomb, manque à nos bras farouches, Le peuple est sans fusils, le peuple est sans cartouches, Braves ! c'est le moment ! Avec quelques tribuns la loi demeure seule. Derrière vos canons chargés jusqu'à la gueule Risquez-vous hardiment ! Ô soldats de décembre ! ô soldats d'embuscades Contre votre pays ! honte à vos cavalcades Dans Paris consterné ! Vos pères, je l'ai dit, brillaient comme le phare ; Ils bravaient, en chantant une haute fanfare, La mort, spectre étonné ; Vos pères combattaient les plus fières armées, Le prussien blond, le russe aux foudres enflammées, Le catalan bruni, Vous, vous tuez des gens de bourse et de négoce. Vos pères, ces géants, avaient pris Saragosse, Vous prenez Tortoni ! Histoire, qu'en dis-tu ? les vieux dans les batailles Couraient sur les canons vomissant les mitrailles ; Ceux-ci vont, sans trembler, Foulant aux pieds vieillards sanglants, femmes mourantes Droit au crime. Ce sont deux façons différentes De ne pas reculer. Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
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À l'obéissance passive (II)
II. Oh ! vers ces vétérans quand notre esprit s'élève, Nous voyons leur front luire et resplendir leur glaive, Fertile en grands travaux. C'étaient là les anciens. Mais ce temps les efface ! France, dans ton histoire ils tiennent trop de place. France, gloire aux nouveaux ! Oui, gloire à ceux d'hier ! ils se mettent cent mille, Sabres nus, vingt contre un, sans crainte, et par la ville S'en vont, tambours battants. À mitraille ! leur feu brille, l'obusier tonne, Victoire ! ils ont tué, carrefour Tiquetonne, Un enfant de sept ans ! Ceux-ci sont des héros qui n'ont pas peur des femmes Ils tirent sans pâlir, gloire à ces grandes âmes ! Sur les passants tremblants. On voit, quand dans Paris leur troupe se promène, Aux fers de leurs chevaux de la cervelle humaine Avec des cheveux blancs ! Ils montent à l'assaut des lois ; sur la patrie Ils s'élancent ; chevaux, fantassins, batterie, Bataillon, escadron, Gorgés, payés, repus, joyeux, fous de colère, Sonnant la charge, avec Maupas pour vexillaire Et Veuillot pour clairon. Tout, le fer et le plomb, manque à nos bras farouches, Le peuple est sans fusils, le peuple est sans cartouches, Braves ! c'est le moment ! Avec quelques tribuns la loi demeure seule. Derrière vos canons chargés jusqu'à la gueule Risquez-vous hardiment ! Ô soldats de décembre ! ô soldats d'embuscades Contre votre pays ! honte à vos cavalcades Dans Paris consterné ! Vos pères, je l'ai dit, brillaient comme le phare ; Ils bravaient, en chantant une haute fanfare, La mort, spectre étonné ; Vos pères combattaient les plus fières armées, Le prussien blond, le russe aux foudres enflammées, Le catalan bruni, Vous, vous tuez des gens de bourse et de négoce. Vos pères, ces géants, avaient pris Saragosse, Vous prenez Tortoni ! Histoire, qu'en dis-tu ? les vieux dans les batailles Couraient sur les canons vomissant les mitrailles ; Ceux-ci vont, sans trembler, Foulant aux pieds vieillards sanglants, femmes mourantes Droit au crime. Ce sont deux façons différentes De ne pas reculer. Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
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Éloge de Monsieur de Montaigne (Dédié à Jean-Pierre) Toi seigneur de Montaigne, au si beau nom d'Eyquem que nul amateur de Bordeaux ne saurait négliger. Tu fus l'ami de La Boétie et un sage joyeux, Tu vécus en ton château, dont l'une des tours rondes, contenait une bibliothèque fournie. Toi, qui faisait cultiver ce vin de Bordeaux, qui sied au palais et plait tant aux anglais. Cher Montaigne ayant étudié à Bordeaux, au collège de Guyenne, Tu vécus en un temps empoisonné par les guerres de religion et ses sombres fureurs. Temps affreux ou l'homme égorgeait l'homme, qui ne partageait pas sa même lecture de la  Bible. Et dire que nous avions cru, ces temps-là, révolus ! C'est peut-être ce qui te poussa à choisir l'école stoïcienne, Bien que par ton tempérament et ta vie. Tu fus beaucoup plus proche des bonheurs de Lucrèce. Tu fus, un long temps, magistrat au Parlement de Bordeaux, bien que les chicaneries du Droit t'eussent vite lassées, et plus encore, la cruauté de ses modes de preuve. et cet acharnement infini des plaideurs, à n'en jamais finir, à faire rebondir les procès que tant d’énergie vaine te semblait pure perte. Mais tu voulais être utile et l'égoïsme étroit de l' «otium», choquait ta conscience. Tu eus un ami cher, Prince de Liberté et de distinction, Etienne de la Boétie, qui réfléchit avec profondeur, sur les racines de la tyrannie en nos propres faiblesses. Et de cette amitié, en recherchant les causes, Tu conclus et répondit ainsi : «Parce que c’était lui, parce que c’était moi» Révélant ainsi que la quintessence du bonheur de  vivre luit au cœur  de cette amitié dont nous sommes, à la fois, le réceptacle et l’offrande. Cher Michel de Montaigne, je voulais, te saluer ici et te faire savoir en quelle estime Je te tiens avec  tes «Essais» d’une bienveillante sagesse Qui font songer aux meilleurs vins mûris en barriques de chêne Et à ces cognacs qui éveillent l’Esprit et les sens, Même lorsque l’hiver nous pèse et nous engourdit Je voulais aussi te dire que de ton surnom J’ai nommé Jean-Pierre qui te ressemble si fort Et apporte une douce ironie à mes passions tumultueuses. Paul Arrighi
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Apr 21, 2016
Apr 21, 2016 at 6:16 AM UTC
Éloge de Monsieur de Montaigne
Éloge de Monsieur de Montaigne (Dédié à Jean-Pierre) Toi seigneur de Montaigne, au si beau nom d'Eyquem que nul amateur de Bordeaux ne saurait négliger. Tu fus l'ami de La Boétie et un sage joyeux, Tu vécus en ton château, dont l'une des tours rondes, contenait une bibliothèque fournie. Toi, qui faisait cultiver ce vin de Bordeaux, qui sied au palais et plait tant aux anglais. Cher Montaigne ayant étudié à Bordeaux, au collège de Guyenne, Tu vécus en un temps empoisonné par les guerres de religion et ses sombres fureurs. Temps affreux ou l'homme égorgeait l'homme, qui ne partageait pas sa même lecture de la  Bible. Et dire que nous avions cru, ces temps-là, révolus ! C'est peut-être ce qui te poussa à choisir l'école stoïcienne, Bien que par ton tempérament et ta vie. Tu fus beaucoup plus proche des bonheurs de Lucrèce. Tu fus, un long temps, magistrat au Parlement de Bordeaux, bien que les chicaneries du Droit t'eussent vite lassées, et plus encore, la cruauté de ses modes de preuve. et cet acharnement infini des plaideurs, à n'en jamais finir, à faire rebondir les procès que tant d’énergie vaine te semblait pure perte. Mais tu voulais être utile et l'égoïsme étroit de l' «otium», choquait ta conscience. Tu eus un ami cher, Prince de Liberté et de distinction, Etienne de la Boétie, qui réfléchit avec profondeur, sur les racines de la tyrannie en nos propres faiblesses. Et de cette amitié, en recherchant les causes, Tu conclus et répondit ainsi : «Parce que c’était lui, parce que c’était moi» Révélant ainsi que la quintessence du bonheur de  vivre luit au cœur  de cette amitié dont nous sommes, à la fois, le réceptacle et l’offrande. Cher Michel de Montaigne, je voulais, te saluer ici et te faire savoir en quelle estime Je te tiens avec  tes «Essais» d’une bienveillante sagesse Qui font songer aux meilleurs vins mûris en barriques de chêne Et à ces cognacs qui éveillent l’Esprit et les sens, Même lorsque l’hiver nous pèse et nous engourdit Je voulais aussi te dire que de ton surnom J’ai nommé Jean-Pierre qui te ressemble si fort Et apporte une douce ironie à mes passions tumultueuses. Paul Arrighi
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I. Pringles are eaten as gifts are slowly unclothed might be pairs of socks ---------- II. The Queen makes her speech pigs in blankets passed around crackers house trinkets ---------- III. Adverts for sales folks queue up hours before for a new TV
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Dec 23, 2017
Dec 23, 2017 at 10:34 AM UTC
Joyeux Noël
Quand nous habitions tous ensemble Sur nos collines d'autrefois, Où l'eau court, où le buisson tremble, Dans la maison qui touche aux bois, Elle avait dix ans, et moi trente ; J'étais pour elle l'univers. Oh ! comme l'herbe est odorante Sous les arbres profonds et verts ! Elle faisait mon sort prospère, Mon travail léger, mon ciel bleu. Lorsqu'elle me disait : Mon père, Tout mon coeur s'écriait : Mon Dieu ! À travers mes songes sans nombre, J'écoutais son parler joyeux, Et mon front s'éclairait dans l'ombre À la lumière de ses yeux. Elle avait l'air d'une princesse Quand je la tenais par la main. Elle cherchait des fleurs sans cesse Et des pauvres dans le chemin. Elle donnait comme on dérobe, En se cachant aux yeux de tous. Oh ! la belle petite robe Qu'elle avait, vous rappelez-vous ? Le soir, auprès de ma bougie, Elle jasait à petit bruit, Tandis qu'à la vitre rougie Heurtaient les papillons de nuit. Les anges se miraient en elle. Que son bonjour était charmant ! Le ciel mettait dans sa prunelle Ce regard qui jamais ne ment. Oh ! je l'avais, si jeune encore, Vue apparaître en mon destin ! C'était l'enfant de mon aurore, Et mon étoile du matin ! Quand la lune claire et sereine Brillait aux cieux, dans ces beaux mois, Comme nous allions dans la plaine ! Comme nous courions dans les bois ! Puis, vers la lumière isolée Étoilant le logis obscur, Nous revenions par la vallée En tournant le coin du vieux mur ; Nous revenions, coeurs pleins de flamme, En parlant des splendeurs du ciel. Je composais cette jeune âme Comme l'abeille fait son miel. Doux ange aux candides pensées, Elle était gaie en arrivant... - Toutes ces choses sont passées Comme l'ombre et comme le vent ! À Villequier, le 4 septembre 1844.
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Quand nous habitions tous ensemble
Quand nous habitions tous ensemble Sur nos collines d'autrefois, Où l'eau court, où le buisson tremble, Dans la maison qui touche aux bois, Elle avait dix ans, et moi trente ; J'étais pour elle l'univers. Oh ! comme l'herbe est odorante Sous les arbres profonds et verts ! Elle faisait mon sort prospère, Mon travail léger, mon ciel bleu. Lorsqu'elle me disait : Mon père, Tout mon coeur s'écriait : Mon Dieu ! À travers mes songes sans nombre, J'écoutais son parler joyeux, Et mon front s'éclairait dans l'ombre À la lumière de ses yeux. Elle avait l'air d'une princesse Quand je la tenais par la main. Elle cherchait des fleurs sans cesse Et des pauvres dans le chemin. Elle donnait comme on dérobe, En se cachant aux yeux de tous. Oh ! la belle petite robe Qu'elle avait, vous rappelez-vous ? Le soir, auprès de ma bougie, Elle jasait à petit bruit, Tandis qu'à la vitre rougie Heurtaient les papillons de nuit. Les anges se miraient en elle. Que son bonjour était charmant ! Le ciel mettait dans sa prunelle Ce regard qui jamais ne ment. Oh ! je l'avais, si jeune encore, Vue apparaître en mon destin ! C'était l'enfant de mon aurore, Et mon étoile du matin ! Quand la lune claire et sereine Brillait aux cieux, dans ces beaux mois, Comme nous allions dans la plaine ! Comme nous courions dans les bois ! Puis, vers la lumière isolée Étoilant le logis obscur, Nous revenions par la vallée En tournant le coin du vieux mur ; Nous revenions, coeurs pleins de flamme, En parlant des splendeurs du ciel. Je composais cette jeune âme Comme l'abeille fait son miel. Doux ange aux candides pensées, Elle était gaie en arrivant... - Toutes ces choses sont passées Comme l'ombre et comme le vent ! À Villequier, le 4 septembre 1844.
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A smell so delicious, Persues the kiddies around the lounge. Wafts from the kitchen. Such luscious aromas. Fresh pastry, as mince pies she's baked. The tree pined longingly for a special relationship. This Christmas had to find itself a home. Where it was warm and cosy. To stand outside no more. Safe indoors from winter's storms. It stood as a puff ball of needles. Malachite and emerald. Peridots of stars that sparkle. Free-standing tall, stuck in a *** of soil, Waiting to be decked in tinsel. Let the belled garlands ****** While the tree top lights twinkle Where peeping neighbour's could be nosy. To spy in through the windows of the house next door. Check out their tree and their presents for sure. While the turkey roasted in the foil. Smell the children's excitement. Senses all a flare. Sound of ripping wrapping without even a care. Excitement of children and adults. Ready for Christmas day! By ladylivvi1 © 2013 ladylivvi1 (All rights reserved)
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Dec 11, 2013
Dec 11, 2013 at 2:35 PM UTC
Sweet Scents of Joyeux Noel!
my throat still burns when 11:30 comes around it gets late and i think about the way you used to hold me the way you saved pet names for goodnight the way it was always sweetheart (it didn't occur to me until now that you probably called her that as well) the way your pain meds would knock you out for hours and i'd watch you sleep and snuggle up with your dog and i'd wish i could help the day you went into surgery my throat stayed closed like this but that all worked out fine, didn't it? i was a bigger problem than a broken shoulder
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Feb 5, 2016
Feb 5, 2016 at 9:23 PM UTC
joyeux anniversaire
holiday cheer a hallmark fantasy warm and fuzzy distant, imaginary a daytime dream, a sleepy scene one I’ll never know But the thought of you as though a fire crack lifts the weight from my limbs I float on your fumes feel soothed by your moves living my hallmark fantasy
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Dec 25, 2013
Dec 25, 2013 at 11:44 AM UTC
Joyeux Noel Nico
Tandis que l'étoile inodore Que l'été mêle aux blonds épis Emaille de son bleu lapis Les sillons que la moisson dore, Avant que, de fleurs dépeuplés, Les champs aient subi les faucilles, Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Entre les villes andalouses, Il n'en est pas qui sous le ciel S'étende mieux que Peñafiel Sur les gerbes et les pelouses, Pas qui dans ses murs crénelés Lève de plus fières bastilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Il n'est pas de cité chrétienne, Pas de monastère à beffroi, Chez le Saint-Père et chez le Roi, Où, vers la Saint-Ambroise, il vienne Plus de bons pèlerins hâlés, Portant bourdon, gourde et coquilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Dans nul pays, les jeunes femmes, Les soirs, lorsque l'on danse en rond, N'ont plus de roses sur le front, Et n'ont dans le cœur plus de flammes ; Jamais plus vifs et plus voilés Regards n'ont lui sous les mantilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! La perle de l'Andalousie, Alice, était de Peñafiel, Alice qu'en faisant son miel Pour fleur une abeille eût choisie. Ces jours, hélas ! sont envolés ! On la citait dans les familles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Un étranger vint dans la ville, Jeune, et parlant avec dédain. Etait-ce un maure grenadin ? Un de Murcie ou de Séville ? Venait-il des bords désolés Où Tunis a ses escadrilles ?... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! On ne savait. - La pauvre Alice En fut aimée, et puis l'aima. Le doux vallon du Xarama De leur doux péché fut complice. Le soir, sous les cieux étoilés, Tous deux erraient par les charmilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! La ville était lointaine et sombre ; Et la lune, douce aux amours, Se levant derrière les tours Et les clochers perdus dans l'ombre, Des édifices dentelés Découpait en noir les aiguilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Cependant, d'Alice jalouses, En rêvant au bel étranger, Sous l'arbre à soie et l'oranger Dansaient les brunes andalouses ; Les cors, aux guitares mêlés, Animaient les joyeux quadrilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! L'oiseau dort dans le lit de mousse Que déjà menace l'autour ; Ainsi dormait dans son amour Alice confiante et douce. Le jeune homme aux cheveux bouclés, C'était don Juan, roi des Castilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Or c'est péril qu'aimer un prince. Un jour, sur un noir palefroi On la jeta de par le roi ; On l'arracha de la province ; Un cloître sur ses jours troublés De par le roi ferma ses grilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Le 13 avril 1828.
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Les bleuets
Tandis que l'étoile inodore Que l'été mêle aux blonds épis Emaille de son bleu lapis Les sillons que la moisson dore, Avant que, de fleurs dépeuplés, Les champs aient subi les faucilles, Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Entre les villes andalouses, Il n'en est pas qui sous le ciel S'étende mieux que Peñafiel Sur les gerbes et les pelouses, Pas qui dans ses murs crénelés Lève de plus fières bastilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Il n'est pas de cité chrétienne, Pas de monastère à beffroi, Chez le Saint-Père et chez le Roi, Où, vers la Saint-Ambroise, il vienne Plus de bons pèlerins hâlés, Portant bourdon, gourde et coquilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Dans nul pays, les jeunes femmes, Les soirs, lorsque l'on danse en rond, N'ont plus de roses sur le front, Et n'ont dans le cœur plus de flammes ; Jamais plus vifs et plus voilés Regards n'ont lui sous les mantilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! La perle de l'Andalousie, Alice, était de Peñafiel, Alice qu'en faisant son miel Pour fleur une abeille eût choisie. Ces jours, hélas ! sont envolés ! On la citait dans les familles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Un étranger vint dans la ville, Jeune, et parlant avec dédain. Etait-ce un maure grenadin ? Un de Murcie ou de Séville ? Venait-il des bords désolés Où Tunis a ses escadrilles ?... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! On ne savait. - La pauvre Alice En fut aimée, et puis l'aima. Le doux vallon du Xarama De leur doux péché fut complice. Le soir, sous les cieux étoilés, Tous deux erraient par les charmilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! La ville était lointaine et sombre ; Et la lune, douce aux amours, Se levant derrière les tours Et les clochers perdus dans l'ombre, Des édifices dentelés Découpait en noir les aiguilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Cependant, d'Alice jalouses, En rêvant au bel étranger, Sous l'arbre à soie et l'oranger Dansaient les brunes andalouses ; Les cors, aux guitares mêlés, Animaient les joyeux quadrilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! L'oiseau dort dans le lit de mousse Que déjà menace l'autour ; Ainsi dormait dans son amour Alice confiante et douce. Le jeune homme aux cheveux bouclés, C'était don Juan, roi des Castilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Or c'est péril qu'aimer un prince. Un jour, sur un noir palefroi On la jeta de par le roi ; On l'arracha de la province ; Un cloître sur ses jours troublés De par le roi ferma ses grilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Le 13 avril 1828.
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Comme des prairies où poussent mille milliers de fleurs Brille ton sourire, Corinne, ma joyeuse maîtresse, Emblème de la beauté, blason de la jeunesse Lis, rose et lumière qui fait chanter mon cœur.
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Feb 15, 2011
Feb 15, 2011 at 3:08 AM UTC
CHANT JOYEUX
Sonnet. Dans une terre grasse et pleine d'escargots Je veux creuser moi-même une fosse profonde, Où je puisse à loisir étaler mes vieux os Et dormir dans l'oubli comme un requin dans l'onde, Je hais les testaments et je hais les tombeaux ; Plutôt que d'implorer une larme du monde, Vivant, j'aimerais mieux inviter les corbeaux A saigner tous les bouts de ma carcasse immonde. Ô vers ! noirs compagnons sans oreille et sans yeux, Voyez venir à vous un mort libre et joyeux ; Philosophes viveurs, fils de la pourriture, A travers ma ruine allez donc sans remords, Et dites-moi s'il est encor quelque torture Pour ce vieux corps sans âme et mort parmi les morts !
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Le mort joyeux
Je danse au milieu des miracles Mille soleils peints sur le sol Mille amis Mille yeux ou monocles M'illuminent de leurs regards Pleurs du pétrole sur la route Sang perdu depuis les hangars Je saute ainsi d'un jour à l'autre Rond polychrome et plus joli Qu'un paillasson de tir ou l'âtre Quand la flamme est couleur du vent Vie ô paisible automobile Et le joyeux péril de courir au devant Je brûlerai du feu des phares.
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Parti-pris
L'amitié, mais entre homme et femme elle est divine ! Elle n'empêche rien, aussi bien des rapports Nécessaires, et sous les mieux séants dehors Abrite les secrets aimables qu'on devine. Nous mettrions chacun du nôtre, elle est très fine, Moi plus naïf, et bien réglés en chers efforts Lesdits rapports dès lors si joyeux sans remords Dans la simplesse ovine et la raison bovine. Si le bonheur était d'ici, ce le serait ! Puis nous nous en irions sans l'ombre d'un regret. La conscience en paix et de l'espoir plein l'âme. Comme les bons époux d'il n'y a pas longtemps Quand l'un et l'autre d'être heureux étaient contents, Qui vivaient, sans le trop chanter, l'épithalame.
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L'amitié entre homme et femme est divine
C'est la nuit ; la nuit noire, assoupie et profonde. L'ombre immense élargit ses ailes sur le monde. Dans vos joyeux palais gardés par le canon, Dans vos lits de velours, de damas, de linon, Sous vos chauds couvre-pieds de martres zibelines Sous le nuage blanc des molles mousselines, - Derrière vos rideaux qui cachent sous leurs plis Toutes les voluptés avec tous les oublis, Aux sons d'une fanfare amoureuse et lointaine, Tandis qu'une veilleuse, en tremblant, ose à peine Eclairer le plafond de pourpre et de lampas, Vous, duc de Saint-Arnaud, vous, comte de Maupas, Vous, sénateurs, préfets, généraux, juges, princes, Toi, César, qu'à genoux adorent tes provinces, Toi qui rêvas l'empire et le réalisas, Dormez, maîtres... - Voici le jour. Debout, forçats ! Jersey, le 28 octobre 1852.
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C'est la nuit ; la nuit noire
De mon balcon terrassés d’herbes fines je les vois Des taches noires mes yeux plissés les aperçoivent Des hirondelles accompagnées de moineaux Une parade douce et enivrante les oiseaux Instiguent le goût de planer alléchant De rejoindre leurs rangs célestes bien avant Que la nuit dévore les dernières lumières Qui, ores, livrent une spectaculaire Fresque de couleurs vives et de nuages Lisses ou joufflus tels que des personnages Passant de jaune à bleu argenté, l’horizon Tranché par de silencieux et petits avions Gazouille d’invisibles meutes d’insectes Qui rempliront bientôt de joyeux becs
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Sep 9, 2019
Sep 9, 2019 at 7:29 PM UTC
Vue de mon balcon
We had breakfast on the Champs-Élysées this morning at Café Joyeux. Their croquet monsieur (a breakfast sandwich) was to die for - one bite can cure a hangover. They also serve a deep, rich Yirgacheffee coffee (€15 a cup) that I think God stirs with his little pinkie finger - it’s THAT good. We took up most of the little outdoor, oval tables on the right side (there are 10 of us) and our little sorority was noisy with chatter - earning us looks. Our European vacation culminates today. We’re flying back to Georgia in a couple of hours. June seemed to drain away like water.   The minion my Grandmère charged with coordinating our vacation, François, breakfasted with us. He’s one of the flock of Sorbonne Université MBAs she recruits each year to infuse new energy into her conglomerates. He briefed us on our departure and flight. His imposition of definitive order and advance planning allowed us a casual and carefree sense of travel this summer. In an ideal world, he’d coordinate my entire life. He’s been on-call all month but joined us, off and on - like when we arrived in Doublin, at customs, to smoothly guide us through and again, similarly, in Paris. He’s 26, very handsome and model looking. He’s perfectly tailored, with an elegant yet minimalist style. He wears dark shirts of admiral and yale blue with long black jackets and gray slacks with no tie. His hair is a hipster straight, blonde fringe. He’s so perfect that I wouldn’t put it past my Grandmère to have placed him in front of me, like bait, to see if something with us sparked-off. He’s Frenchly brisk and yet dryly solicitous - as if I have the power to sanction his position, which, in a way I suppose I do. “How’s François doing?” Grandmère would ask, each time we talked. “He’s wonderful,” I said, “I think he’s a keeper.” “Good, good for him.” she would reply - making the comment sound almost sly.
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Jun 30, 2022
Jun 30, 2022 at 12:57 PM UTC
Homeward
We had breakfast on the Champs-Élysées this morning at Café Joyeux. Their croquet monsieur (a breakfast sandwich) was to die for - one bite can cure a hangover. They also serve a deep, rich Yirgacheffee coffee (€15 a cup) that I think God stirs with his little pinkie finger - it’s THAT good. We took up most of the little outdoor, oval tables on the right side (there are 10 of us) and our little sorority was noisy with chatter - earning us looks. Our European vacation culminates today. We’re flying back to Georgia in a couple of hours. June seemed to drain away like water.   The minion my Grandmère charged with coordinating our vacation, François, breakfasted with us. He’s one of the flock of Sorbonne Université MBAs she recruits each year to infuse new energy into her conglomerates. He briefed us on our departure and flight. His imposition of definitive order and advance planning allowed us a casual and carefree sense of travel this summer. In an ideal world, he’d coordinate my entire life. He’s been on-call all month but joined us, off and on - like when we arrived in Doublin, at customs, to smoothly guide us through and again, similarly, in Paris. He’s 26, very handsome and model looking. He’s perfectly tailored, with an elegant yet minimalist style. He wears dark shirts of admiral and yale blue with long black jackets and gray slacks with no tie. His hair is a hipster straight, blonde fringe. He’s so perfect that I wouldn’t put it past my Grandmère to have placed him in front of me, like bait, to see if something with us sparked-off. He’s Frenchly brisk and yet dryly solicitous - as if I have the power to sanction his position, which, in a way I suppose I do. “How’s François doing?” Grandmère would ask, each time we talked. “He’s wonderful,” I said, “I think he’s a keeper.” “Good, good for him.” she would reply - making the comment sound almost sly.
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Oh ! comment retenir cet ange qui s'enfuit ? Comme il est sombre et pâle ! il ressemble à la nuit. Comme il s'envole vite !... et de ma main tremblante S'échappe malgré moi son aile impatiente. « Reste encore ! il me semble, ange au triste regard, Qu'avec toi, de mes jours fuit la meilleure part ! Quel est ton nom ? réponds. - Tu dis vrai, je suis triste ; Et pourtant, à mes lois jamais rien ne résiste ; Je dépouille en passant les arbres de leur fleur, L'âme, de son espoir, le cœur, de son bonheur ; Je prends tous les trésors, jamais rien ne m'arrête ; Je ne vois pas les pleurs... je détourne la tête. Sur mon nom, interroge un cœur que j'ai blessé : « Hélas ! s'écrira-t-il, c'est l'ange du passé ! » - Le Passé !! devant toi mon âme est sans prière, Et je lâche ta main froide comme la pierre. Contre toi, tout effort demeure superflu... De mes biens les plus chers, ange, qu'emportes-tu ? J'emporte **** de toi l'heureuse insouciance Dont le calme est si doux qu'on dirait l'espérance ; J'emporte la gaîté, ce bonheur sans motif Qui répand à l'entour son parfum fugitif ; J'emporte ces doux chants, rêves de poésie, Enivrant en secret l'âme qu'ils ont choisie ; J'emporte ta jeunesse et ton joyeux espoir Se brisant le matin pour renaître le soir ; J'emporte ces pensers, qui, dans la solitude, Donnent un but qu'on aime aux efforts de l'étude ; J'emporte les bonheurs qui jadis te charmaient, Car j'emporte avec moi tous les cœurs qui t'aimaient. - Qu'ai-je fait pour les perdre ? - Hélas ! rien... mais j'appelle ; Nul à mes volontés ne peut être rebelle. Et ne savais-tu pas qu'incertain en son cours, Tout bonheur doit passer... peut-être en quelques jours ! Que tel est le pouvoir qui gouverne la terre : Une joie, un regret ; l'ombre après la lumière. Quand j'ai dit : C'est assez ! en vain on crie : « Encor ! » Je veux ceux qui l'aimaient... j'emporte mon trésor ! - Oh ! rends-moi quelque instant, ou d'espoir, ou de doute ! Et puis, me dépouillant, tu poursuivras ta route. - Je ne puis. - Mais alors, pour mes jours à venir, Que me laisses-tu donc, mon Dieu ! - Le souvenir.
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Le passé
Oh ! comment retenir cet ange qui s'enfuit ? Comme il est sombre et pâle ! il ressemble à la nuit. Comme il s'envole vite !... et de ma main tremblante S'échappe malgré moi son aile impatiente. « Reste encore ! il me semble, ange au triste regard, Qu'avec toi, de mes jours fuit la meilleure part ! Quel est ton nom ? réponds. - Tu dis vrai, je suis triste ; Et pourtant, à mes lois jamais rien ne résiste ; Je dépouille en passant les arbres de leur fleur, L'âme, de son espoir, le cœur, de son bonheur ; Je prends tous les trésors, jamais rien ne m'arrête ; Je ne vois pas les pleurs... je détourne la tête. Sur mon nom, interroge un cœur que j'ai blessé : « Hélas ! s'écrira-t-il, c'est l'ange du passé ! » - Le Passé !! devant toi mon âme est sans prière, Et je lâche ta main froide comme la pierre. Contre toi, tout effort demeure superflu... De mes biens les plus chers, ange, qu'emportes-tu ? J'emporte **** de toi l'heureuse insouciance Dont le calme est si doux qu'on dirait l'espérance ; J'emporte la gaîté, ce bonheur sans motif Qui répand à l'entour son parfum fugitif ; J'emporte ces doux chants, rêves de poésie, Enivrant en secret l'âme qu'ils ont choisie ; J'emporte ta jeunesse et ton joyeux espoir Se brisant le matin pour renaître le soir ; J'emporte ces pensers, qui, dans la solitude, Donnent un but qu'on aime aux efforts de l'étude ; J'emporte les bonheurs qui jadis te charmaient, Car j'emporte avec moi tous les cœurs qui t'aimaient. - Qu'ai-je fait pour les perdre ? - Hélas ! rien... mais j'appelle ; Nul à mes volontés ne peut être rebelle. Et ne savais-tu pas qu'incertain en son cours, Tout bonheur doit passer... peut-être en quelques jours ! Que tel est le pouvoir qui gouverne la terre : Une joie, un regret ; l'ombre après la lumière. Quand j'ai dit : C'est assez ! en vain on crie : « Encor ! » Je veux ceux qui l'aimaient... j'emporte mon trésor ! - Oh ! rends-moi quelque instant, ou d'espoir, ou de doute ! Et puis, me dépouillant, tu poursuivras ta route. - Je ne puis. - Mais alors, pour mes jours à venir, Que me laisses-tu donc, mon Dieu ! - Le souvenir.
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La première est toute d'argent Et son nom tremblant c'est Pâline Sa lame un ciel d'hiver neigeant Son destin sanglant gibeline Vulcain mourut en la forgeant La seconde nommée Noubosse Est un bel arc-en-ciel joyeux Les dieux s'en servent à leurs noces Elle a tué trente Bé-Rieux Et fut douée par Carabosse La troisième bleu féminin N'en est pas moins un chibriape Appelé Lul de Faltenin Et que porte sur une nappe L'Hermès Ernest devenu nain La quatrième Malourène Est un fleuve vert et doré C'est le soir quand les riveraines Y baignent leurs corps adorés Et des chants de rameurs s'y traînent La cinquième Sainte-Fabeau C'est la plus belle des quenouilles C'est un cyprès sur un tombeau Où les quatre vents s'agenouillent Et chaque nuit c'est un flambeau La sixième métal de gloire C'est l'ami aux si douces mains Dont chaque matin nous sépare Adieu voilà votre chemin Les coqs s'épuisaient en fanfares Et la septième s'exténue Une femme une rose morte Merci que le dernier venu Sur mon amour ferme la porte Je ne vous ai jamais connue.
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Les Sept Épées
Sonnet. Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères, Des divans profonds comme des tombeaux, Et d'étranges fleurs sur des étagères, Ecloses pour nous sous des cieux plus beaux. Usant à l'envi leurs chaleurs dernières, Nos deux coeurs seront deux vastes flambeaux, Qui réfléchiront leurs doubles lumières Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux. Un soir fait de rose et de bleu mystique, Nous échangerons un éclair unique, Comme un long sanglot, tout chargé d'adieux ; Et plus **** un Ange, entr'ouvrant les portes, Viendra ranimer, fidèle et joyeux, Les miroirs ternis et les flammes mortes.
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La mort des amants
Mélancolie est au fond de mon cœur ; De chants joyeux n'ai pas la fantaisie ; Plaintes, soupirs, accents de la douleur, Voilà les chants de la mélancolie. Cesse, ô ma voix ! cesse de soupirer Chanson d'amour où peignais mon martyre : À d'autres vers j'ai vu Daphné sourire. Tais-toi, ma lyre ! Ah ! laisse-moi pleurer ! Plus ne prétends en langage des dieux Chanter Daphné, chanter ma vive flamme : Chanson d'amour irait jusqu'à ses yeux ; Chanson d'amour n'irait plus à son âme. Hier encor l'entendais assurer Qu'un seul berger faisait chanson jolie : C'est mon rival. Toi, que l'ingrate oublie, Tais-toi, ma lyre ! Ah ! laisse-moi pleurer ! Si bien sentir vaut mieux que bien chanter, Si bien aimer vaut mieux que bien le dire, Las ! mieux que moi pouvait-on mériter Le seul suffrage auquel ma muse aspire ? Mais nouveauté, je le veux déclarer, Séduit souvent la plus sage bergère. Puisque Daphné comme une autre est légère, Tais-toi, ma lyre ! Ah ! laisse-moi pleurer ! Quoi, vous allez la chercher malgré moi, Vers indiscrets, enfants de jalousie ! Daphné vous lit : dieux ! quel est mon effroi ! Daphné sourit : dieux ! ma peine est finie ! Plus la douleur ne me doit tourmenter ; À mon rival retournez, ma tristesse. Mes vers encor plairaient à ma maîtresse ? Tais-toi, chagrin ! Ah ! laisse-moi chanter ! Écrit en 1789.
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La jalousie
Puisque mai tout en fleurs dans les prés nous réclame, Viens ! ne te lasse pas de mêler à ton âme La campagne, les bois, les ombrages charmants, Les larges clairs de lune au bord des flots dormants, Le sentier qui finit où le chemin commence, Et l'air et le printemps et l'horizon immense, L'horizon que ce monde attache humble et joyeux Comme une lèvre au bas de la robe des cieux ! Viens ! et que le regard des pudiques étoiles Qui tombe sur la terre à travers tant de voiles, Que l'arbre pénétré de parfums et de chants, Que le souffle embrasé de midi dans les champs, Et l'ombre et le soleil et l'onde et la verdure, Et le rayonnement de toute la nature Fassent épanouir, comme une double fleur, La beauté sur ton front et l'amour dans ton cœur ! Le 21 mai 1835.
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Puisque mai tout en fleurs
Ils marchaient à côté l'un de l'autre ; des danses Troublaient le bois joyeux ; ils marchaient, s'arrêtaient, Parlaient, s'interrompaient, et, pendant les silences, Leurs bouches se taisant, leurs âmes chuchotaient. Ils songeaient ; ces deux coeurs, que le mystère écoute, Sur la création au sourire innocent Penchés, et s'y versant dans l'ombre goutte à goutte, Disaient à chaque fleur quelque chose en passant. Elle sait tous les noms des fleurs qu'en sa corbeille Mai nous rapporte avec la joie et les beaux jours ; Elle les lui nommait comme eût fait une abeille, Puis elle reprenait : « Parlons de nos amours. Je suis en haut, je suis en bas », lui disait-elle, « Et je veille sur vous, d'en bas comme d'en haut. » Il demandait comment chaque plante s'appelle, Se faisant expliquer le printemps mot à mot. Ô champs ! il savourait ces fleurs et cette femme. Ô bois ! ô prés ! nature où tout s'absorbe en un, Le parfum de la fleur est votre petite âme, Et l'âme de la femme est votre grand parfum ! La nuit tombait ; au tronc d'un chêne, noir pilastre, Il s'adossait pensif ; elle disait : « Voyez Ma prière toujours dans vos cieux comme un astre, Et mon amour toujours comme un chien à tes pieds. » Juin 18...
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Sous les arbres
Souvent Bounaberdi, sultan des francs d'Europe, Que comme un noir manteau le semoun enveloppe, Monte, géant lui-même, au front d'un mont géant, D'où son regard, errant sur le sable et sur l'onde, Embrasse d'un coup d'œil les deux moitiés du monde Gisantes à ses pieds dans l'abîme béant. Il est seul et debout sur ce sublime faîte. À sa droite couché, le désert qui le fête D'un nuage de poudre importune ses yeux ; À sa gauche la mer, dont jadis il fut l'hôte, Elève jusqu'à lui sa voix profonde et haute, Comme aux pieds de son maître aboie un chien joyeux. Et le vieil empereur, que tout à tour réveille Ce nuage à ses yeux, ce bruit à son oreille, Rêve, et, comme à l'amante on voit songer l'amant, Croit que c'est une armée, invisible et sans nombre, Qui fait cette poussière et ce bruit pour son ombre, Et sous l'horizon gris passe éternellement ! Prière. Oh ! quand tu reviendras rêver sur la montagne, Bounaberdi ! regarde un peu dans la campagne Ma tente qui blanchit dans les sables grondants ; Car je suis libre et pauvre, un arabe du Caire, Et quand j'ai dit : Allah ! mon bon cheval de guerre Vole, et sous sa paupière a deux charbons ardents ! Novembre 1828.
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Bounaberdi
Elle voulut aller sur les bords de la mer, Et comme un vent bénin soufflait une embellie, Nous nous prêtâmes tous à sa belle folie, Et nous voilà marchant par le chemin amer. Le soleil luisait haut dans le ciel calme et lisse, Et dans ses cheveux blonds c'étaient des rayons d'or, Si bien que nous suivions son pas plus calme encor Que le déroulement des vagues, ô délice ! Des oiseaux blancs volaient alentour mollement Et des voiles au **** s'inclinaient toutes blanches. Parfois de grands varechs filaient en longues branches, Nos pieds glissaient d'un pur et large mouvement. Elle se retourna, doucement inquiète De ne nous croire pas pleinement rassurés, Mais nous voyant joyeux d'être ses préférés, Elle reprit sa route et portait haut la tête.
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Beams
Dans ce bar dont la porte Sans cesse bat au vent Une affiche écarlate Vante un autre savon Dansez dansez ma chère Dansez nous avons des banjos Oh Qui me donnera seulement à mâcher Les chewing-gums inutiles Qui parfument très doucement L'haleine des filles des villes Épices dans l'alcool mesuré par les pailles Et menthes sans raison barbouillant les liqueurs Il est des amours sans douceurs Dans les docks sans poissons où la barmaid Défaille Sous le fallacieux prétexte Que je n'ai pas rasé ma barbe Aux relents douteux d'un gin Que son odorat devine D'un bar du Massachussets Au trente-troisième étage Sous l'œil fixe des fenêtres Arrête Mon cœur est dans le ciel et manque de vertu Mais les ascenseurs se suivent Et ne se ressemblent pas Le groom nègre sourit tout bas Pour ne pas salir ses dents blanches Ha si j'avais mon revolver Pour interrompre la musique De la chanson polyphonique Des cent machines à écrire Dans l'état de Michigan Justement quatre-vingt-trois jours Après la mort de quelqu'un Trois joyeux garçons de velours Dansèrent entre eux un quadrille Dansèrent avec le défunt Comme font avec les filles Les gens de la vieille Europe Dans les quartiers mal famés Heureusement que leurs lèvres Ignoraient les mots méchants Car tous les trois étaient vierges Comme on ne l'est pas longtemps.
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Soifs de l'ouest
Fable IV, Livre II. Dans l'Olympe on s'ennuie. - Y pensez-vous, grands Dieux ! - Oui, Messieurs ; oui, j'y pense, et je veux le redire : Dans l'Olympe on s'ennuie, ainsi qu'en d'autres lieux Qui souffrent peu le mot pour rire. Dieux d'en-haut, Dieux d'en-bas, vous jetez quelquefois Des regards envieux sur la fange où nous sommes. Il est beau d'être dieux, il est bon d'être rois ; Mais il est doux parfois d'être hommes. Jupiter le pensait ainsi ; Un soir, libre de tout souci, Voulant se divertir sans user son tonnerre, Or ça, dit-il aux Dieux, amusons-nous ici Comme on s'amuse sur la terre. Momus, un jeu bien *** ! - Bien *** ! dit l'égrillard, Qui des jeux dans sa tête a tout le répertoire ; Jouons un jeu d'enfants ; si vous voulez m'en croire, Nous ferons un Colin-Maillard. En quatre mois, il fait connaître Le jeu terrestre à la céleste cour ; Comment on prend, comment on est pris tour à tour. Junon prête un mouchoir : c'est au plus jeune à l'être ; Le plus jeune c'était l'Amour, L'enfant, qui déjà n'y voit goutte, Un bandeau de plus sur les yeux, Va d'un côté, de l'autre ; et les éclats joyeux De l'Olympe étonné font retentir la voûte. Les Dieux, qui riaient fort, comptaient rire encor plus, Quand notre espiègle eut mis la main sur la Justice. Cet autre aveugle au jeu n'entendra pas malice ; Elle est là pour longtemps disait surtout Momus. Il se trompait. Elle entre en lice, Et, dès le premier pas, elle attrapa Plutus. Celui-là devait-il s'attendre À jamais sortir d'embarras ? Il est quelque peu lourd Venus, tu m'apprendras Comment il a fait pour te prendre.
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Les dieux jouant au colin-maillard
Fable IV, Livre II. Dans l'Olympe on s'ennuie. - Y pensez-vous, grands Dieux ! - Oui, Messieurs ; oui, j'y pense, et je veux le redire : Dans l'Olympe on s'ennuie, ainsi qu'en d'autres lieux Qui souffrent peu le mot pour rire. Dieux d'en-haut, Dieux d'en-bas, vous jetez quelquefois Des regards envieux sur la fange où nous sommes. Il est beau d'être dieux, il est bon d'être rois ; Mais il est doux parfois d'être hommes. Jupiter le pensait ainsi ; Un soir, libre de tout souci, Voulant se divertir sans user son tonnerre, Or ça, dit-il aux Dieux, amusons-nous ici Comme on s'amuse sur la terre. Momus, un jeu bien *** ! - Bien *** ! dit l'égrillard, Qui des jeux dans sa tête a tout le répertoire ; Jouons un jeu d'enfants ; si vous voulez m'en croire, Nous ferons un Colin-Maillard. En quatre mois, il fait connaître Le jeu terrestre à la céleste cour ; Comment on prend, comment on est pris tour à tour. Junon prête un mouchoir : c'est au plus jeune à l'être ; Le plus jeune c'était l'Amour, L'enfant, qui déjà n'y voit goutte, Un bandeau de plus sur les yeux, Va d'un côté, de l'autre ; et les éclats joyeux De l'Olympe étonné font retentir la voûte. Les Dieux, qui riaient fort, comptaient rire encor plus, Quand notre espiègle eut mis la main sur la Justice. Cet autre aveugle au jeu n'entendra pas malice ; Elle est là pour longtemps disait surtout Momus. Il se trompait. Elle entre en lice, Et, dès le premier pas, elle attrapa Plutus. Celui-là devait-il s'attendre À jamais sortir d'embarras ? Il est quelque peu lourd Venus, tu m'apprendras Comment il a fait pour te prendre.
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