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"compter" poems
Homme Un Il me regarde et il me ment Je me sens comme une enfant devant une vitrine de mensonges Il me sourit, me noit lorsque je plonge Je rêve d'une bouffée d'air Mais je ne respire que l'alcool de ton haleine Je cours mais ne m'éloigne guère Homme Deux Me fait me sentir belle Tout comme les trois autres femmes Qu'il voit chaque semaine Je ferme les yeux pour ne pas voir Mon reflect douloureux, triste dans un miroir Il oublit de m'appeler le soir, ne préviens pas qu'il rentre **** Après tout je ne suis que trophée numéro deux, Je n'ais pas de valeur dans tes yeux Homme Trois M'emmène en vacances Il prépare quelque chose, je pense **** de moi la pensée d'un rêve différent Je vis ma vis à chaque instant Tourne la tête quand il comtemple L'écran de sont téléphone avec passion, J'évite, je m'invente des raisons Il ne peut pas partir, ne peut pas s'en aller Je n'ai même pas eu le temps d'arrêter de l'aimer Homme Quatre N'aura aucune chance De rentrer dans la danse Je me suis fais blessée trop de fois pour compter Je ne survivrais pas une quatrième calamité
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Jan 7, 2018
Jan 7, 2018 at 10:52 AM UTC
Homme
Un, deux, trois Je peux voir la lune ce soir. Les étoiles: un, deux, trois. Je ne peux pas compter le bouquet des étoiles. Voilà, ils sont infinis. Le temps va arrêter, maintenant, cette heure, cette seconde avec moins des personnes. Le moment ne terminera pas. Voilà, il est infini. Finalement, les étoiles, je peux compter. Un, deux. Seulement deux. Tes yeux, mes étoiles. Voilà, tu es infini. J'ai le coup de foudre pour toi, sous le ciel ce soir. Un, deux, trois, Tu as le coup de foudre pour moi. Voilà, nous sommes infinis.
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May 17, 2015
May 17, 2015 at 9:45 AM UTC
Compter
La nature est pleine d'amour, Jeanne, autour de nos humbles joies ; Et les fleurs semblent tour à tour Se dresser pour que tu les voies. Vive Angélique ! à bas Orgon ! L'hiver, qu'insultent nos huées, Recule, et son profil bougon Va s'effaçant dans les nuées. La sérénité de nos coeurs, Où chantent les bonheurs sans nombre, Complète, en ces doux mois vainqueurs, L'évanouissement de l'ombre. Juin couvre de fleurs les sommets, Et dit partout les mêmes choses ; Mais est-ce qu'on se plaint jamais De la prolixité des roses ? L'hirondelle, sur ton front pur, Vient si près de tes yeux fidèles Qu'on pourrait compter dans l'azur Toutes les plumes de ses ailes. Ta grâce est un rayon charmant ; Ta jeunesse, enfantine encore, Éclaire le bleu firmament, Et renvoie au ciel de l'aurore. De sa ressemblance avec toi Le lys pur sourit dans sa gloire ; Ton âme est une urne de foi Où la colombe voudrait boire.
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La nature est pleine d'amour
Dans Venise la rouge, Pas un bateau qui bouge ; Pas un pêcheur dans l'eau, Pas un falot. Seul, assis à la grève, Le grand lion soulève, Sur l'horizon serein, Son pied d'airain. Autour de lui, par groupes, Navires et chaloupes, Pareils à des hérons Couchés en ronds, Dorment sur l'eau qui fume, Et croisent dans la brume, En légers tourbillons, Leurs pavillons. La lune qui s'efface Couvre son front qui passe D'un nuage étoilé Demi-voilé. Ainsi, la dame abbesse De Sainte-Croix rabaisse Sa cape aux larges plis Sur son surplis. Et les palais antiques, Et les graves portiques, Et les blancs escaliers. Des chevaliers, Et les ponts, et les rues, Et les mornes statues, Et le golfe mouvant Qui tremble au vent, Tout se tait, fors les gardes Aux longues hallebardes, Qui veillent aux créneaux Des arsenaux. - Ah ! maintenant plus d'une Attend, au clair de lune, Quelque jeune muguet, L'oreille au guet. Pour le bal qu'on prépare, Plus d'une qui se pare, Met devant son miroir Le masque noir. Sur sa couche embaumée, La Vanina pâmée Presse encor son amant, En s'endormant ; Et Narcisa, la folle, Au fond de sa gondole, S'oublie en un festin Jusqu'au matin. Et qui, dans l'Italie, N'a son grain de folie ? Qui ne garde aux amours Ses plus beaux jours ? Laissons la vieille horloge, Au palais du vieux doge, Lui compter de ses nuits Les longs ennuis. Comptons plutôt, ma belle, Sur ta bouche rebelle Tant de baisers donnés... Ou pardonnés. Comptons plutôt tes charmes, Comptons les douces larmes, Qu'à nos yeux a coûté La volupté !
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Venise
Dans Venise la rouge, Pas un bateau qui bouge ; Pas un pêcheur dans l'eau, Pas un falot. Seul, assis à la grève, Le grand lion soulève, Sur l'horizon serein, Son pied d'airain. Autour de lui, par groupes, Navires et chaloupes, Pareils à des hérons Couchés en ronds, Dorment sur l'eau qui fume, Et croisent dans la brume, En légers tourbillons, Leurs pavillons. La lune qui s'efface Couvre son front qui passe D'un nuage étoilé Demi-voilé. Ainsi, la dame abbesse De Sainte-Croix rabaisse Sa cape aux larges plis Sur son surplis. Et les palais antiques, Et les graves portiques, Et les blancs escaliers. Des chevaliers, Et les ponts, et les rues, Et les mornes statues, Et le golfe mouvant Qui tremble au vent, Tout se tait, fors les gardes Aux longues hallebardes, Qui veillent aux créneaux Des arsenaux. - Ah ! maintenant plus d'une Attend, au clair de lune, Quelque jeune muguet, L'oreille au guet. Pour le bal qu'on prépare, Plus d'une qui se pare, Met devant son miroir Le masque noir. Sur sa couche embaumée, La Vanina pâmée Presse encor son amant, En s'endormant ; Et Narcisa, la folle, Au fond de sa gondole, S'oublie en un festin Jusqu'au matin. Et qui, dans l'Italie, N'a son grain de folie ? Qui ne garde aux amours Ses plus beaux jours ? Laissons la vieille horloge, Au palais du vieux doge, Lui compter de ses nuits Les longs ennuis. Comptons plutôt, ma belle, Sur ta bouche rebelle Tant de baisers donnés... Ou pardonnés. Comptons plutôt tes charmes, Comptons les douces larmes, Qu'à nos yeux a coûté La volupté !
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Jeune femme aux yeux noirs, étourdie, inconstante, Entre mille pensers indécise et flottante, Qui veut et ne veut pas, et bientôt ne sait plus Où prendre ni fixer, tes voeux irrésolus, Qui n'aime point le mal et pourtant ne peut faire Un seul pas vers le bien que ton âme préfère, Insouciante, et va livrant chaque matin, Tes projets au hasard et ta vie au destin, Sais-tu pourquoi je t'aime, et quelle main cachée Retiens mon âme au char où tu l'as attachée, Pourquoi je me plains tant dans tes bras, et ressens Quelque chose de plus que l'ivresse des sens ? C'est qu'il est, vois-tu bien, certaines destinées Par des liens secrets l'une à l'autre enchaînées : C'est qu'il peut arriver, parfois, que deux esprits Se soient du premier coup reconnus et compris ; Une triste clarté, de long regrets suivie, De ses illusions a dépouillé ma vie ; Elle a flétri ma joie, et n'a plus rien laissé Dans le fond de mon coeur profondément blessé ; Et toi, ton âme aussi, triste et désenchantée De ces vestiges vains qui l'avaient trop flattée, A reconnu leur vide et va bientôt finir Ces rêves dissipés pour ne plus revenir. C'est ce que j'aime en toi, c'est cette connaissance Des misères de l'homme et de son impuissance ; C'est ce bizarre aspect d'une femme à vingt ans Dont la raison précoce a devancé le temps, Que rien ne touche plus, et qui, jeune et jolie, Ne croit pas à l'amour et sait comme on oublie, C'est ce qui me ravit, m'enchante, et sur tes pas Me retient malgré moi, car enfin n'est-ce pas Quelque chose de neuf que de nous voir ensemble Vieillards prématurés qu'un même esprit rassemble, Avec ces cheveux noirs, avec ce jeune front Qui des ans destructeurs n'a pas subi l'affront, Discourir gravement des choses de la vie, Railler, d'un rire amer, ces plaisirs qu'on envie, Oublier le présent, ne pas nous souvenir Que nous sommes tout seuls et parler d'avenir ? C'est ce qui m'a frappé, moi, c'est ce caractère Sérieux à la fois et léger, ce mystère D'une humeur si mobile et d'un coeur si changeant, De désirs en désirs sans cesse voltigeant. Je t'aime, si fantasque et si capricieuse ; Bonne femme d'ailleurs, point avaricieuse, Au contraire prodigue, et jetant sans regrets Son or, quand elle en a, sauf à compter après.
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Déclaration
Jeune femme aux yeux noirs, étourdie, inconstante, Entre mille pensers indécise et flottante, Qui veut et ne veut pas, et bientôt ne sait plus Où prendre ni fixer, tes voeux irrésolus, Qui n'aime point le mal et pourtant ne peut faire Un seul pas vers le bien que ton âme préfère, Insouciante, et va livrant chaque matin, Tes projets au hasard et ta vie au destin, Sais-tu pourquoi je t'aime, et quelle main cachée Retiens mon âme au char où tu l'as attachée, Pourquoi je me plains tant dans tes bras, et ressens Quelque chose de plus que l'ivresse des sens ? C'est qu'il est, vois-tu bien, certaines destinées Par des liens secrets l'une à l'autre enchaînées : C'est qu'il peut arriver, parfois, que deux esprits Se soient du premier coup reconnus et compris ; Une triste clarté, de long regrets suivie, De ses illusions a dépouillé ma vie ; Elle a flétri ma joie, et n'a plus rien laissé Dans le fond de mon coeur profondément blessé ; Et toi, ton âme aussi, triste et désenchantée De ces vestiges vains qui l'avaient trop flattée, A reconnu leur vide et va bientôt finir Ces rêves dissipés pour ne plus revenir. C'est ce que j'aime en toi, c'est cette connaissance Des misères de l'homme et de son impuissance ; C'est ce bizarre aspect d'une femme à vingt ans Dont la raison précoce a devancé le temps, Que rien ne touche plus, et qui, jeune et jolie, Ne croit pas à l'amour et sait comme on oublie, C'est ce qui me ravit, m'enchante, et sur tes pas Me retient malgré moi, car enfin n'est-ce pas Quelque chose de neuf que de nous voir ensemble Vieillards prématurés qu'un même esprit rassemble, Avec ces cheveux noirs, avec ce jeune front Qui des ans destructeurs n'a pas subi l'affront, Discourir gravement des choses de la vie, Railler, d'un rire amer, ces plaisirs qu'on envie, Oublier le présent, ne pas nous souvenir Que nous sommes tout seuls et parler d'avenir ? C'est ce qui m'a frappé, moi, c'est ce caractère Sérieux à la fois et léger, ce mystère D'une humeur si mobile et d'un coeur si changeant, De désirs en désirs sans cesse voltigeant. Je t'aime, si fantasque et si capricieuse ; Bonne femme d'ailleurs, point avaricieuse, Au contraire prodigue, et jetant sans regrets Son or, quand elle en a, sauf à compter après.
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Il me dit qu'il était très riche, Mais qu'il craignait le choléra ; - Que de son or il était chiche, Mais qu'il goûtait fort l'Opéra ; - Qu'il raffolait de la nature, Ayant connu monsieur Corot ; - Qu'il n'avait pas encor voiture, Mais que cela viendrait bientôt ; - Qu'il aimait le marbre et la brique, Les bois noirs et les bois dorés ; - Qu'il possédait dans sa fabrique Trois contremaîtres décorés ; - Qu'il avait, sans compter le reste, Vingt mille actions sur le Nord ; Qu'il avait trouvé, pour un zeste, Des encadrements d'Oppenord ; - Qu'il donnerait (fût-ce à Luzarches !) Dans le bric-à-brac jusqu'au cou, Et qu'au Marché des Patriarches Il avait fait plus d'un bon coup ; - Qu'il n'aimait pas beaucoup sa femme, Ni sa mère ; - mais qu'il croyait À l'immortalité de l'âme, Et qu'il avait lu Niboyet ! - Qu'il penchait pour l'amour physique, Et qu'à Rome, séjour d'ennui, Une femme, d'ailleurs phtisique, Etait morte d'amour pour lui. Pendant trois heures et demie, Ce bavard, venu de Tournai, M'a dégoisé toute sa vie ; J'en ai le cerveau consterné. S'il fallait décrire ma peine, Ce serait à n'en plus finir ; Je me disais, domptant ma haine : « Au moins, si je pouvais dormir ! » Comme un qui n'est pas à son aise, Et qui n'ose pas s'en aller, Je frottais de mon cul ma chaise, Rêvant de le faire empaler. Ce monstre se nomme Bastogne ; Il fuyait devant le fléau. Moi, je fuirai jusqu'en Gascogne, Ou j'irai me jeter à l'eau, Si dans ce Paris, qu'il redoute, Quand chacun sera retourné, Je trouve encore sur ma route Ce fléau, natif de Tournai.
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À M. Eugène Fromentin
Il me dit qu'il était très riche, Mais qu'il craignait le choléra ; - Que de son or il était chiche, Mais qu'il goûtait fort l'Opéra ; - Qu'il raffolait de la nature, Ayant connu monsieur Corot ; - Qu'il n'avait pas encor voiture, Mais que cela viendrait bientôt ; - Qu'il aimait le marbre et la brique, Les bois noirs et les bois dorés ; - Qu'il possédait dans sa fabrique Trois contremaîtres décorés ; - Qu'il avait, sans compter le reste, Vingt mille actions sur le Nord ; Qu'il avait trouvé, pour un zeste, Des encadrements d'Oppenord ; - Qu'il donnerait (fût-ce à Luzarches !) Dans le bric-à-brac jusqu'au cou, Et qu'au Marché des Patriarches Il avait fait plus d'un bon coup ; - Qu'il n'aimait pas beaucoup sa femme, Ni sa mère ; - mais qu'il croyait À l'immortalité de l'âme, Et qu'il avait lu Niboyet ! - Qu'il penchait pour l'amour physique, Et qu'à Rome, séjour d'ennui, Une femme, d'ailleurs phtisique, Etait morte d'amour pour lui. Pendant trois heures et demie, Ce bavard, venu de Tournai, M'a dégoisé toute sa vie ; J'en ai le cerveau consterné. S'il fallait décrire ma peine, Ce serait à n'en plus finir ; Je me disais, domptant ma haine : « Au moins, si je pouvais dormir ! » Comme un qui n'est pas à son aise, Et qui n'ose pas s'en aller, Je frottais de mon cul ma chaise, Rêvant de le faire empaler. Ce monstre se nomme Bastogne ; Il fuyait devant le fléau. Moi, je fuirai jusqu'en Gascogne, Ou j'irai me jeter à l'eau, Si dans ce Paris, qu'il redoute, Quand chacun sera retourné, Je trouve encore sur ma route Ce fléau, natif de Tournai.
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Sonnet. Béatrix Donato fut le doux nom de celle Dont la forme terrestre eut ce divin contour. Dans sa blanche poitrine était un coeur fidèle, Et dans son corps sans tache un esprit sans détour. Le fils du Titien, pour la rendre immortelle, Fit ce portrait, témoin d'un mutuel amour ; Puis il cessa de peindre à compter de ce jour, Ne voulant de sa main illustrer d'autre qu'elle. Passant, qui que tu sois, si ton coeur sait aimer, Regarde ma maîtresse avant de me blâmer, Et dis si, par hasard, la tienne est aussi belle. Vois donc combien c'est peu que la gloire ici-bas, Puisque tout beau qu'il est, ce portrait ne vaut pas (Crois-m'en sur ma parole) un baiser du modèle.
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Béatrix Donato
Ces passions qu'eux seuls nomment encore amours Sont des amours aussi, tendres et furieuses, Avec des particularités curieuses Que n'ont pas les amours certes de tous les jours. Même plus qu'elles et mieux qu'elles héroïques, Elles se parent de splendeurs d'âme et de sang Telles qu'au prix d'elles les amours dans le rang Ne sont que Ris et Jeux ou besoins érotiques, Que vains proverbes, que riens d'enfants trop gâtés, - « Ah ! les pauvres amours banales, animales, Normales ! Gros goûts lourds ou frugales fringales, Sans compter la sottise et des fécondités ! » - Peuvent dire ceux-là que sacre le haut Rite, Ayant conquis la plénitude du plaisir, Et l'insatiabilité de leur désir Bénissant la fidélité de leur mérite. La plénitude ! Ils l'ont superlativement : Baisers repus, gorgés, mains privilégiées Dans la richesse des caresses repayées, Et ce divin final anéantissement ! Comme ce sont les forts et les forts, l'habitude De la force les rend invaincus au déduit. Plantureux, savoureux, débordant, le déduit ! Je le crois bien qu'ils ont la pleine plénitude ! Et pour combler leurs vœux, chacun d'eux tour à tour Fait l'action suprême, a la parfaite extase, - Tantôt la coupe ou la bouche et tantôt le vase - Pâmé comme la nuit, fervent comme le jour. Leurs beaux ébats sont grands et gais. Pas de ces crises : Vapeurs, nerfs. Non, des jeux courageux, puis d'heureux Bras las autour du cou, pour de moins langoureux Qu'étroits sommeils à deux, tout coupés de reprises. Dormez, les amoureux ! Tandis qu'autour de vous Le monde inattentif aux choses délicates, Bruit ou gît en somnolences scélérates, Sans même, il est si bête ! être de vous jaloux. Et ces réveils francs, clairs, riants, vers l'aventure De fiers damnés d'un plus magnifique sabbat ? Et salut, témoins purs de l'âme en ce combat Pour l'affranchissement de la lourde nature !
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Ces passions qu'eux seuls nomment encore amours
Ces passions qu'eux seuls nomment encore amours Sont des amours aussi, tendres et furieuses, Avec des particularités curieuses Que n'ont pas les amours certes de tous les jours. Même plus qu'elles et mieux qu'elles héroïques, Elles se parent de splendeurs d'âme et de sang Telles qu'au prix d'elles les amours dans le rang Ne sont que Ris et Jeux ou besoins érotiques, Que vains proverbes, que riens d'enfants trop gâtés, - « Ah ! les pauvres amours banales, animales, Normales ! Gros goûts lourds ou frugales fringales, Sans compter la sottise et des fécondités ! » - Peuvent dire ceux-là que sacre le haut Rite, Ayant conquis la plénitude du plaisir, Et l'insatiabilité de leur désir Bénissant la fidélité de leur mérite. La plénitude ! Ils l'ont superlativement : Baisers repus, gorgés, mains privilégiées Dans la richesse des caresses repayées, Et ce divin final anéantissement ! Comme ce sont les forts et les forts, l'habitude De la force les rend invaincus au déduit. Plantureux, savoureux, débordant, le déduit ! Je le crois bien qu'ils ont la pleine plénitude ! Et pour combler leurs vœux, chacun d'eux tour à tour Fait l'action suprême, a la parfaite extase, - Tantôt la coupe ou la bouche et tantôt le vase - Pâmé comme la nuit, fervent comme le jour. Leurs beaux ébats sont grands et gais. Pas de ces crises : Vapeurs, nerfs. Non, des jeux courageux, puis d'heureux Bras las autour du cou, pour de moins langoureux Qu'étroits sommeils à deux, tout coupés de reprises. Dormez, les amoureux ! Tandis qu'autour de vous Le monde inattentif aux choses délicates, Bruit ou gît en somnolences scélérates, Sans même, il est si bête ! être de vous jaloux. Et ces réveils francs, clairs, riants, vers l'aventure De fiers damnés d'un plus magnifique sabbat ? Et salut, témoins purs de l'âme en ce combat Pour l'affranchissement de la lourde nature !
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Seul Décébale et nul Autre, me dis-tu, pourrait de sa dague d'eau bénite Eteindre le feu qui couve sous ta carapace douce et soyeuse! Décébale le Dace seul aurait la fougue et le courage nécessaires Pour te faire tournoyer Et tu dis encore que toi et Décébale ne font quasiment qu'un. Je ne suis pas jaloux ! A Décébale ce qui appartient à Décébale A Nul Autre ce qui appartient à Nul Autre. Moi, comme Nul Autre pareil Je veux juste apaiser ton feu L'apprivoiser, l'amadouer Pour qu'il ne te brûle pas. Pour cela il faut que je me muscle : Affronter le feu de Décébale n 'est pas rien, Décébale c'est dix hommes à la fois. Je pourrais, s'il le fallait, convoquer dix diablotins, Dix chats-huants pour me porter assistance Et défier Décébale en combat singulier. Sur l'échiquier de ton corps Mais ce serait tricher Et tricher n'est pas jouer. Et à vaincre sans péril on triomphe sans gloire En conclusion : Je cède en vertu du droit d'aînesse A Décébale le feu. A moi le sirocco, la glace ! Pistache, coco et rhum raisins si tu le permets ! Vois-tu ce sont tes lacs glacés que je veux réchauffer, Tes pics et tes pitons enneigés que je veux faire fondre A petit feu sous mon vent de braise Et que la chevauchée prenne des lustres à se consommer Je veux que partout où tu es Tu saches Que je suis là au fond de toi ! Je nage comme un saumon ivre dans tes eaux glacées. C'est seulement dans ces criques et ces fjords que j'arrive à nager Je fais du crawl, de la brasse, du ski nautique, du paddle. Je suis casse-cou dans tes eaux Comme jamais je ne l'ai été. Je fais même du surf, du plongeon et du water polo. Tant que tu joues avec moi Je flotte sans bouée Tant que tu es généreuse Je dérive Tant que tu te donnes sans compter Dans notre nage synchronisée J'existe de figures en figures. Et pendant que je te dis tout ça Voila que ce fieffé diablotin lève la tête, Bombe le torse, Et se prend pour Décébale. Ce n'est qu'un petit pétrel diablotin, Un simple et infime cottous à peine sorti du nid Mais j'ai beau lui dire Qu'il n'est pas multiple de quatre Il se prend pour Décébale "Tu n'es pas Dace ", Lui ai-je pourtant dit cent fois ce matin Mais il persiste et signe. Il chante même à tue-tête l'hymne : Je suis Dacien, voila ma gloire, mon espérance et mon soutien
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:22 PM UTC
Seul Décébale et Nul Autre
Seul Décébale et nul Autre, me dis-tu, pourrait de sa dague d'eau bénite Eteindre le feu qui couve sous ta carapace douce et soyeuse! Décébale le Dace seul aurait la fougue et le courage nécessaires Pour te faire tournoyer Et tu dis encore que toi et Décébale ne font quasiment qu'un. Je ne suis pas jaloux ! A Décébale ce qui appartient à Décébale A Nul Autre ce qui appartient à Nul Autre. Moi, comme Nul Autre pareil Je veux juste apaiser ton feu L'apprivoiser, l'amadouer Pour qu'il ne te brûle pas. Pour cela il faut que je me muscle : Affronter le feu de Décébale n 'est pas rien, Décébale c'est dix hommes à la fois. Je pourrais, s'il le fallait, convoquer dix diablotins, Dix chats-huants pour me porter assistance Et défier Décébale en combat singulier. Sur l'échiquier de ton corps Mais ce serait tricher Et tricher n'est pas jouer. Et à vaincre sans péril on triomphe sans gloire En conclusion : Je cède en vertu du droit d'aînesse A Décébale le feu. A moi le sirocco, la glace ! Pistache, coco et rhum raisins si tu le permets ! Vois-tu ce sont tes lacs glacés que je veux réchauffer, Tes pics et tes pitons enneigés que je veux faire fondre A petit feu sous mon vent de braise Et que la chevauchée prenne des lustres à se consommer Je veux que partout où tu es Tu saches Que je suis là au fond de toi ! Je nage comme un saumon ivre dans tes eaux glacées. C'est seulement dans ces criques et ces fjords que j'arrive à nager Je fais du crawl, de la brasse, du ski nautique, du paddle. Je suis casse-cou dans tes eaux Comme jamais je ne l'ai été. Je fais même du surf, du plongeon et du water polo. Tant que tu joues avec moi Je flotte sans bouée Tant que tu es généreuse Je dérive Tant que tu te donnes sans compter Dans notre nage synchronisée J'existe de figures en figures. Et pendant que je te dis tout ça Voila que ce fieffé diablotin lève la tête, Bombe le torse, Et se prend pour Décébale. Ce n'est qu'un petit pétrel diablotin, Un simple et infime cottous à peine sorti du nid Mais j'ai beau lui dire Qu'il n'est pas multiple de quatre Il se prend pour Décébale "Tu n'es pas Dace ", Lui ai-je pourtant dit cent fois ce matin Mais il persiste et signe. Il chante même à tue-tête l'hymne : Je suis Dacien, voila ma gloire, mon espérance et mon soutien
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Quien no ama, no vive. Oh ! qui que vous soyez, jeune ou vieux, riche ou sage, Si jamais vous n'avez épié le passage, Le soir, d'un pas léger, d'un pas mélodieux, D'un voile blanc qui glisse et fuit dans les ténèbres, Et, comme un météore au sein des nuits funèbres, Vous laisse dans le coeur un sillon radieux ; Si vous ne connaissez que pour l'entendre dire Au poète amoureux qui chante et qui soupire, Ce suprême bonheur qui fait nos jours dorés, De posséder un coeur sans réserve et sans voiles, De n'avoir pour flambeaux, de n'avoir pour étoiles, De n'avoir pour soleils que deux yeux adorés ; Si vous n'avez jamais attendu, morne et sombre, Sous les vitres d'un bal qui rayonne dans l'ombre, L'heure où pour le départ les portes s'ouvriront, Pour voir votre beauté, comme un éclair qui brille, Rose avec des yeux bleus et toute jeune fille, Passer dans la lumière avec des fleurs au front ; Si vous n'avez jamais senti la frénésie De voir la main qu'on veut par d'autres mains choisie, De voir le coeur aimé battre sur d'autres coeurs ; Si vous n'avez jamais vu d'un oeil de colère La valse impure, au vol lascif et circulaire, Effeuiller en courant les femmes et les fleurs ; Si jamais vous n'avez descendu les collines, Le coeur tout débordant d'émotions divines ; Si jamais vous n'avez le soir, sous les tilleuls, Tandis qu'au ciel luisaient des étoiles sans nombre, Aspiré, couple heureux, la volupté de l'ombre, Cachés, et vous parlant tout bas, quoique tout seuls ; Si jamais une main n'a fait trembler la vôtre ; Si jamais ce seul mot qu'on dit l'un après l'autre, JE T'AIME ! n'a rempli votre âme tout un jour ; Si jamais vous n'avez pris en pitié les trônes En songeant qu'on cherchait les sceptres, les couronnes, Et la gloire, et l'empire, et qu'on avait l'amour ! La nuit, quand la veilleuse agonise dans l'urne, Quand Paris, enfoui sous la brume nocturne Avec la tour saxonne et l'église des Goths, Laisse sans les compter passer les heures noires Qui, douze fois, semant les rêves illusoires, S'envolent des clochers par groupes inégaux ; Si jamais vous n'avez, à l'heure où tout sommeille, Tandis qu'elle dormait, oublieuse et vermeille, Pleuré comme un enfant à force de souffrir, Crié cent fois son nom du soir jusqu'à l'aurore, Et cru qu'elle viendrait en l'appelant encore, Et maudit votre mère, et désiré mourir ; Si jamais vous n'avez senti que d'une femme Le regard dans votre âme allumait une autre âme, Que vous étiez charmé, qu'un ciel s'était ouvert, Et que pour cette enfant, qui de vos pleurs se joue, Il vous serait bien doux d'expirer sur la roue ; ... Vous n'avez point aimé, vous n'avez point souffert ! Novembre 1831.
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Oh ! qui que vous soyez, jeune ou vieux
Quien no ama, no vive. Oh ! qui que vous soyez, jeune ou vieux, riche ou sage, Si jamais vous n'avez épié le passage, Le soir, d'un pas léger, d'un pas mélodieux, D'un voile blanc qui glisse et fuit dans les ténèbres, Et, comme un météore au sein des nuits funèbres, Vous laisse dans le coeur un sillon radieux ; Si vous ne connaissez que pour l'entendre dire Au poète amoureux qui chante et qui soupire, Ce suprême bonheur qui fait nos jours dorés, De posséder un coeur sans réserve et sans voiles, De n'avoir pour flambeaux, de n'avoir pour étoiles, De n'avoir pour soleils que deux yeux adorés ; Si vous n'avez jamais attendu, morne et sombre, Sous les vitres d'un bal qui rayonne dans l'ombre, L'heure où pour le départ les portes s'ouvriront, Pour voir votre beauté, comme un éclair qui brille, Rose avec des yeux bleus et toute jeune fille, Passer dans la lumière avec des fleurs au front ; Si vous n'avez jamais senti la frénésie De voir la main qu'on veut par d'autres mains choisie, De voir le coeur aimé battre sur d'autres coeurs ; Si vous n'avez jamais vu d'un oeil de colère La valse impure, au vol lascif et circulaire, Effeuiller en courant les femmes et les fleurs ; Si jamais vous n'avez descendu les collines, Le coeur tout débordant d'émotions divines ; Si jamais vous n'avez le soir, sous les tilleuls, Tandis qu'au ciel luisaient des étoiles sans nombre, Aspiré, couple heureux, la volupté de l'ombre, Cachés, et vous parlant tout bas, quoique tout seuls ; Si jamais une main n'a fait trembler la vôtre ; Si jamais ce seul mot qu'on dit l'un après l'autre, JE T'AIME ! n'a rempli votre âme tout un jour ; Si jamais vous n'avez pris en pitié les trônes En songeant qu'on cherchait les sceptres, les couronnes, Et la gloire, et l'empire, et qu'on avait l'amour ! La nuit, quand la veilleuse agonise dans l'urne, Quand Paris, enfoui sous la brume nocturne Avec la tour saxonne et l'église des Goths, Laisse sans les compter passer les heures noires Qui, douze fois, semant les rêves illusoires, S'envolent des clochers par groupes inégaux ; Si jamais vous n'avez, à l'heure où tout sommeille, Tandis qu'elle dormait, oublieuse et vermeille, Pleuré comme un enfant à force de souffrir, Crié cent fois son nom du soir jusqu'à l'aurore, Et cru qu'elle viendrait en l'appelant encore, Et maudit votre mère, et désiré mourir ; Si jamais vous n'avez senti que d'une femme Le regard dans votre âme allumait une autre âme, Que vous étiez charmé, qu'un ciel s'était ouvert, Et que pour cette enfant, qui de vos pleurs se joue, Il vous serait bien doux d'expirer sur la roue ; ... Vous n'avez point aimé, vous n'avez point souffert ! Novembre 1831.
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Image de la mort, effroi du tendre amour, Sommeil, emporte au **** ce songe épouvantable ! La mort est dans l'adieu d'un ami véritable : Ah ! ne m'avertis pas que l'on se quitte un jour ! Dans ton vol escorté de fantômes livides, Va rendre, s'il se peut, la mémoire aux ingrats ; Passe comme un miroir devant ces cœurs arides, Et sous leurs traits hideux va leur tendre les bras ! Que l'avare, étendu dans son étroite couche, Rêve une fausse clef près d'atteindre son or ; Qu'il crie, et que sa voix meurt au fond de sa bouche, Et qu'un bras invisible entr'ouvre son trésor ! Qu'il entende compter ses richesses cachées ; Que la lampe expirante y jette sa lueur ; Paralyse ses mains sur lui-même attachées, Et qu'il tremble, inondé d'une froide sueur ! Va tromper des tyrans les pâles sentinelles, Fais circuler la crainte autour de leurs rideaux ; Dissipe les grandeurs qu'ils croyaient éternelles, Et de pavots sanglants épaissis leurs bandeaux ! Force de ce palais l'enceinte inaccessible ; Ose annoncer la mort au cœur d'un mauvais roi ; Ordonne à ce cœur insensible D'être au moins sensible à l'effroi ! Montre-lui la vengeance implacable, dans l'ombre, Sous les traits d'un esclave armé de tous ses fers ; Montre-lui le poignard au feu mourant et sombre Des yeux qu'il fit pleurer : c'est le feu des enfers. Que le beffroi s'ébranle, et tinte à son oreille La fureur populaire et son nom abhorré ; Que sa porte d'airain en tombant le réveille Et qu'il ne puisse fuir par la peur égaré ! Mais laisse à l'amour pur des songes sans alarmes ; Laisse au temps à dissoudre un nœud si doux, si fort ! Malheureux, quand l'amour daigne enchanter nos larmes, On ne veut plus croire à la mort !
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Au sommeil
Image de la mort, effroi du tendre amour, Sommeil, emporte au **** ce songe épouvantable ! La mort est dans l'adieu d'un ami véritable : Ah ! ne m'avertis pas que l'on se quitte un jour ! Dans ton vol escorté de fantômes livides, Va rendre, s'il se peut, la mémoire aux ingrats ; Passe comme un miroir devant ces cœurs arides, Et sous leurs traits hideux va leur tendre les bras ! Que l'avare, étendu dans son étroite couche, Rêve une fausse clef près d'atteindre son or ; Qu'il crie, et que sa voix meurt au fond de sa bouche, Et qu'un bras invisible entr'ouvre son trésor ! Qu'il entende compter ses richesses cachées ; Que la lampe expirante y jette sa lueur ; Paralyse ses mains sur lui-même attachées, Et qu'il tremble, inondé d'une froide sueur ! Va tromper des tyrans les pâles sentinelles, Fais circuler la crainte autour de leurs rideaux ; Dissipe les grandeurs qu'ils croyaient éternelles, Et de pavots sanglants épaissis leurs bandeaux ! Force de ce palais l'enceinte inaccessible ; Ose annoncer la mort au cœur d'un mauvais roi ; Ordonne à ce cœur insensible D'être au moins sensible à l'effroi ! Montre-lui la vengeance implacable, dans l'ombre, Sous les traits d'un esclave armé de tous ses fers ; Montre-lui le poignard au feu mourant et sombre Des yeux qu'il fit pleurer : c'est le feu des enfers. Que le beffroi s'ébranle, et tinte à son oreille La fureur populaire et son nom abhorré ; Que sa porte d'airain en tombant le réveille Et qu'il ne puisse fuir par la peur égaré ! Mais laisse à l'amour pur des songes sans alarmes ; Laisse au temps à dissoudre un nœud si doux, si fort ! Malheureux, quand l'amour daigne enchanter nos larmes, On ne veut plus croire à la mort !
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Amor, ch'a null' amato amar perdona, Mi prese del costui placer si forte Che, come vedi, ancor non m'abbandona. DANTE. Contempler dans son bain sans voiles Une fille aux yeux innocents ; Suivre de **** de blanches voiles ; Voir au ciel briller les étoiles Et sous l'herbe les vers luisants ; Voir autour des mornes idoles Des sultanes danser en rond ; D'un bal compter les girandoles ; La nuit, voir sur l'eau les gondoles Fuir avec une étoile au front ; Regarder la lune sereine ; Dormir sous l'arbre du chemin ; Être le roi lorsque la reine, Par son sceptre d'or souveraine, L'est aussi par sa blanche main ; Ouïr sur les harpes jalouses Se plaindre la romance en pleurs ; Errer, pensif, sur les pelouses, Le soir, lorsque les andalouses De leurs balcons jettent des fleurs ; Rêver, tandis que les rosées Pleuvent d'un beau ciel espagnol, Et que les notes embrasées S'épanouissent en fusées Dans la chanson du rossignol ; Ne plus se rappeler le nombre De ses jours, songes oubliés ; Suivre fuyant dans la nuit sombre Un Esprit qui traîne dans l'ombre Deux sillons de flamme à ses pieds ; Des boutons d'or qu'avril étale Dépouiller le riche gazon ; Voir, après l'absence fatale, Enfin, de sa ville natale Grandir la flèche à l'horizon ; Non, tout ce qu'a la destinée De bien réels ou fabuleux N'est rien pour mon âme enchaînée Quand tu regardes inclinée Mes yeux noirs avec tes yeux bleus ! Septembre 1831.
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Contempler dans son bain sans voiles
Pourquoi sous tes cheveux me cacher ton visage ? Laisse mes doigts jaloux écarter ce nuage : Rougis-tu d'être belle, ô charme de mes yeux ? L'aurore, ainsi que toi, de ses roses s'ombrage. Pudeur ! honte céleste ! instinct mystérieux, Ce qui brille le plus se voile davantage ; Comme si la beauté, cette divine image, N'était faite que pour les cieux ! Tes yeux sont deux sources vives Où vient se peindre un ciel pur, Quand les rameaux de leurs rives Leur découvrent son azur. Dans ce miroir retracées, Chacune de tes pensées Jette en passant son éclair, Comme on voit sur l'eau limpide Flotter l'image rapide Des cygnes qui fendent l'air ! Ton front, que ton voile ombrage Et découvre tour à tour, Est une nuit sans nuage Prête à recevoir le jour ; Ta bouche, qui va sourire, Est l'onde qui se retire Au souffle errant du zéphyr, Et, sur ces bords qu'elle quitte, Laisse au regard qu'elle invite, Compter les perles d'Ophyr ! Ton cou, penché sur l'épaule, Tombe sous son doux fardeau, Comme les branches du saule Sous le poids d'un passereau ; Ton sein, que l'oeil voit à peine Soulevant à chaque haleine Le poids léger de ton coeur, Est comme deux tourterelles Qui font palpiter leurs ailes Dans la main de l'oiseleur. Tes deux mains sont deux corbeilles Qui laissent passer le jour ; Tes doigts de roses vermeilles En couronnent le contour. Sur le gazon qui l'embrasse Ton pied se pose, et la grâce, Comme un divin instrument, Aux sons égaux d'une lyre Semble accorder et conduire Ton plus léger mouvement.
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Chant d'amour (III)
Pourquoi sous tes cheveux me cacher ton visage ? Laisse mes doigts jaloux écarter ce nuage : Rougis-tu d'être belle, ô charme de mes yeux ? L'aurore, ainsi que toi, de ses roses s'ombrage. Pudeur ! honte céleste ! instinct mystérieux, Ce qui brille le plus se voile davantage ; Comme si la beauté, cette divine image, N'était faite que pour les cieux ! Tes yeux sont deux sources vives Où vient se peindre un ciel pur, Quand les rameaux de leurs rives Leur découvrent son azur. Dans ce miroir retracées, Chacune de tes pensées Jette en passant son éclair, Comme on voit sur l'eau limpide Flotter l'image rapide Des cygnes qui fendent l'air ! Ton front, que ton voile ombrage Et découvre tour à tour, Est une nuit sans nuage Prête à recevoir le jour ; Ta bouche, qui va sourire, Est l'onde qui se retire Au souffle errant du zéphyr, Et, sur ces bords qu'elle quitte, Laisse au regard qu'elle invite, Compter les perles d'Ophyr ! Ton cou, penché sur l'épaule, Tombe sous son doux fardeau, Comme les branches du saule Sous le poids d'un passereau ; Ton sein, que l'oeil voit à peine Soulevant à chaque haleine Le poids léger de ton coeur, Est comme deux tourterelles Qui font palpiter leurs ailes Dans la main de l'oiseleur. Tes deux mains sont deux corbeilles Qui laissent passer le jour ; Tes doigts de roses vermeilles En couronnent le contour. Sur le gazon qui l'embrasse Ton pied se pose, et la grâce, Comme un divin instrument, Aux sons égaux d'une lyre Semble accorder et conduire Ton plus léger mouvement.
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Je suis dur comme un juif et têtu comme lui, Littéral, ne faisant le bien qu'avec ennui, Quand je le fais, et prêt à tout le mal possible ; Mon esprit s'ouvre et s'offre, on dirait une cible ; Je ne puis plus compter les chutes de mon cœur ; La charité se fane aux doigts de la langueur ; L'ennemi m'investit d'un fossé d'eau dormante ; Un parti de mon être a peur et parlemente : Il me faut à tout prix un secours prompt et fort. Ce fort secours, c'est vous, maîtresse de la mort Et reine de la vie, ô Vierge immaculée, Qui tendez vers Jésus la Face constellée Pour lui montrer le Sein de toutes les douleurs Et tendez vers nos pas, vers nos ris, vers nos pleurs Et vers nos vanités douloureuses les paumes Lumineuses, les Mains répandeuses de baumes. Marie, ayez pitié de moi qui ne vaux rien Dans le chaste combat du Sage et du Chrétien ; Priez pour mon courage et pour qu'il persévère, Pour de la patience, en cette longue guerre, À supporter le froid et le chaud des saisons ; Écartez le fléau des mauvaises raisons ; Rendez-moi simple et fort, inaccessible aux larmes, Indomptable à la peur ; mettez-moi sous les armes, Que j'écrase, puisqu'il le faut, et broie enfin Tous les vains appétits, et la soif et la faim, Et l'amour sensuel, cette chose cruelle, Et la haine encor plus cruelle et sensuelle, Faites-moi le soldat rapide de vos vœux, Que pour vous obéir soit le rien que je peux, Que ce que vous voulez soit tout ce que je puisse ! J'immolerai comme en un calme sacrifice Sur votre autel honni jadis, baisé depuis, Le mauvais que je fus, le lâche que je suis. La sale vanité de l'or qu'on a, l'envie D'en avoir mais pas pour le Pauvre, cette vie Pour soi, quel soi ! l'affreux besoin de plaire aux gens, L'affreux besoin de plaire aux gens trop indulgents, Hommes prompts aux complots, femmes tôt adultères, Tous préjugés, mourez sous mes mains militaires ! Mais pour qu'un bien beau fruit récompense ma paix, Fleurisse dans tout moi la fleur des divins Mais, Votre amour, Mère tendre, et votre culte tendre. Ah ! vous aimer, n'aimer Dieu que par vous, ne tendre À lui qu'en vous sans plus aucun détour subtil, Et mourir avec vous tout près. Ainsi soit-il !
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Angélus de midi
Je suis dur comme un juif et têtu comme lui, Littéral, ne faisant le bien qu'avec ennui, Quand je le fais, et prêt à tout le mal possible ; Mon esprit s'ouvre et s'offre, on dirait une cible ; Je ne puis plus compter les chutes de mon cœur ; La charité se fane aux doigts de la langueur ; L'ennemi m'investit d'un fossé d'eau dormante ; Un parti de mon être a peur et parlemente : Il me faut à tout prix un secours prompt et fort. Ce fort secours, c'est vous, maîtresse de la mort Et reine de la vie, ô Vierge immaculée, Qui tendez vers Jésus la Face constellée Pour lui montrer le Sein de toutes les douleurs Et tendez vers nos pas, vers nos ris, vers nos pleurs Et vers nos vanités douloureuses les paumes Lumineuses, les Mains répandeuses de baumes. Marie, ayez pitié de moi qui ne vaux rien Dans le chaste combat du Sage et du Chrétien ; Priez pour mon courage et pour qu'il persévère, Pour de la patience, en cette longue guerre, À supporter le froid et le chaud des saisons ; Écartez le fléau des mauvaises raisons ; Rendez-moi simple et fort, inaccessible aux larmes, Indomptable à la peur ; mettez-moi sous les armes, Que j'écrase, puisqu'il le faut, et broie enfin Tous les vains appétits, et la soif et la faim, Et l'amour sensuel, cette chose cruelle, Et la haine encor plus cruelle et sensuelle, Faites-moi le soldat rapide de vos vœux, Que pour vous obéir soit le rien que je peux, Que ce que vous voulez soit tout ce que je puisse ! J'immolerai comme en un calme sacrifice Sur votre autel honni jadis, baisé depuis, Le mauvais que je fus, le lâche que je suis. La sale vanité de l'or qu'on a, l'envie D'en avoir mais pas pour le Pauvre, cette vie Pour soi, quel soi ! l'affreux besoin de plaire aux gens, L'affreux besoin de plaire aux gens trop indulgents, Hommes prompts aux complots, femmes tôt adultères, Tous préjugés, mourez sous mes mains militaires ! Mais pour qu'un bien beau fruit récompense ma paix, Fleurisse dans tout moi la fleur des divins Mais, Votre amour, Mère tendre, et votre culte tendre. Ah ! vous aimer, n'aimer Dieu que par vous, ne tendre À lui qu'en vous sans plus aucun détour subtil, Et mourir avec vous tout près. Ainsi soit-il !
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