Hello Poetry
Submit your work and get some sparkles! Create free account
"berce" poems
Mon Papy. Mon Papy n'a jamais eu de poème, Afin de lui faire comprendre à quel point je l'aime. J'ai donc le devoir de rectifier cette erreur, Qui, depuis quelques temps, ronge mon coeur. Depuis que je suis petite, tu m'as fait découvrir la belle vie, Apprendre à faire du vélo sur deux roues en fait partie. Tu m'as montré comment jouer aux boules, Et comment orienter mon cerf-volant pour qu'il s'envole plus haut. Tu m'as fais goûter le meilleur miel du monde, Celui que tu allais chercher dans ta combinaison de super-héro. Moi je pensais que tu étais James Bond, Tu me disais, "ca roule, ma poule", Comme si tu n'avais peur de rien, Même pas des oies qui nous courraient après dans le jardin. Avec toi je joue au scrabble et aux petits chevaux, Tu gagnes toujours haut la main, et on ne peut s'empêcher de crier "Bravo!" Je me souviens de nos soirées Fort Boyard et Koh-Lanta, Rien de mieux qu'un bon feu, une famille réunie, et du chocolat. T'avoir dans ma vie est un cadeau de chaque seconde, Parfois j'aimerai le crier sur le toit du monde, Pour qu'ils sachent tous la chance que j'ai, D'avoir un papy comme toi, que je suis si fière d'aimer. Même **** de toi je te sens près de moi, Tu réchauffes mon cœur avec des sourires. Tu sais bien qu'avec toi je ne peux que rire. Tu m'aides à donner le meilleur de moi-même, Tu sais bien que ta fierté fait la mienne. Dans ma tête tes chansons résonnent avec clarté, De la souris verte à la claire fontaine, Ta voix berce mes souvenirs chaque jour, Et mon angoisse disparaît dès que j'en entends les contours. Mon sourire apparaît dès que je pense à toi, Et mon cœur se remplit automatiquement de joie.
0
Sep 20, 2014
Sep 20, 2014 at 6:11 AM UTC
Papy
Mon Papy. Mon Papy n'a jamais eu de poème, Afin de lui faire comprendre à quel point je l'aime. J'ai donc le devoir de rectifier cette erreur, Qui, depuis quelques temps, ronge mon coeur. Depuis que je suis petite, tu m'as fait découvrir la belle vie, Apprendre à faire du vélo sur deux roues en fait partie. Tu m'as montré comment jouer aux boules, Et comment orienter mon cerf-volant pour qu'il s'envole plus haut. Tu m'as fais goûter le meilleur miel du monde, Celui que tu allais chercher dans ta combinaison de super-héro. Moi je pensais que tu étais James Bond, Tu me disais, "ca roule, ma poule", Comme si tu n'avais peur de rien, Même pas des oies qui nous courraient après dans le jardin. Avec toi je joue au scrabble et aux petits chevaux, Tu gagnes toujours haut la main, et on ne peut s'empêcher de crier "Bravo!" Je me souviens de nos soirées Fort Boyard et Koh-Lanta, Rien de mieux qu'un bon feu, une famille réunie, et du chocolat. T'avoir dans ma vie est un cadeau de chaque seconde, Parfois j'aimerai le crier sur le toit du monde, Pour qu'ils sachent tous la chance que j'ai, D'avoir un papy comme toi, que je suis si fière d'aimer. Même **** de toi je te sens près de moi, Tu réchauffes mon cœur avec des sourires. Tu sais bien qu'avec toi je ne peux que rire. Tu m'aides à donner le meilleur de moi-même, Tu sais bien que ta fierté fait la mienne. Dans ma tête tes chansons résonnent avec clarté, De la souris verte à la claire fontaine, Ta voix berce mes souvenirs chaque jour, Et mon angoisse disparaît dès que j'en entends les contours. Mon sourire apparaît dès que je pense à toi, Et mon cœur se remplit automatiquement de joie.
Continue reading...
34
Sonnet. C'est un trou de verdure où chante une rivière, Accrochant follement aux herbes des haillons D'argent ; où le soleil, de la montagne fière, Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons. Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue, Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue, Pâle dans son lit vert où la lumière pleut. Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme Sourirait un enfant malade, il fait un somme : Nature, berce-le chaudement : il a froid. Les parfums ne font pas frissonner sa narine ; Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine, Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
0
1.1k
Le dormeur du val
Il est 1h27 du matin à Dakar Debout sur le balcon; un désir d'aventurier de l'inconnu m'envahit, de celle qui s'échappe du temps et de la terre mère qui l'étouffe ensevelie sous son noyau. Le vent me caressant le visage, je l'entend m'inviter à l'hymne de ma liberté. Le bruit des avions m'emportent dans un monde d'aisance et d'émancipation, l'échos des Zikrs me tirent vers ma raison profonde et ma familiarité. Je ferme les yeux en proie à la nostalgie. Essayant de me souvenir des beaux moments de ma vie; le vent me berce dans l'abstrait où mon âme se jette dans l'aura poétique de la magie des rêves. Le marchand des rêves m'emporte sur une plage éclairée par la claire de lune et un feu de camp; jouissant d'un ciel dégagé et très étoilé. La brise me mets à nu devant ses caresses ardentes et m'enivre de son odeur. Je me laisse flotter sur ses ondes. Le sable en velours réchauffant mes pieds au rythme d'un Samba; riant de toute mon âme et transpirant au rythme de la danse. Nos âmes se transforment en une unité d'énergie donnant naissance à un cycle d'existence de désirs. Je me confie à mon instinct comme pour consoler mon amour. A l'horizon, la morosité morbide condamnée dans le concret. Aimant ardemment et follement cet abstrait merveilleux qui me berce. Qui berce cet amour non réclamé, et cette liberté condamnée. Qui depuis longtemps poussent leur barque fragile à bout de force. Aussi romantique que la poésie, je danse amoureusement et passionnément avec l'inconnu de mes pensées. Et dans cette passion insensée, de l'infini sublime rêve que cherche l'esprit, la réalité envahit l'abstrait et en fait un asile. Un asile qui éveille mon cœur à chaque moment d'inattention ou de solitude. Un asile qui m'ouvre ses portes à ses extases fantaisistes quand l'ivresse de la réalité devient lourde et étouffante.
0
Feb 17, 2021
Feb 17, 2021 at 9:52 AM UTC
Le marchand de rêves
Il est 1h27 du matin à Dakar Debout sur le balcon; un désir d'aventurier de l'inconnu m'envahit, de celle qui s'échappe du temps et de la terre mère qui l'étouffe ensevelie sous son noyau. Le vent me caressant le visage, je l'entend m'inviter à l'hymne de ma liberté. Le bruit des avions m'emportent dans un monde d'aisance et d'émancipation, l'échos des Zikrs me tirent vers ma raison profonde et ma familiarité. Je ferme les yeux en proie à la nostalgie. Essayant de me souvenir des beaux moments de ma vie; le vent me berce dans l'abstrait où mon âme se jette dans l'aura poétique de la magie des rêves. Le marchand des rêves m'emporte sur une plage éclairée par la claire de lune et un feu de camp; jouissant d'un ciel dégagé et très étoilé. La brise me mets à nu devant ses caresses ardentes et m'enivre de son odeur. Je me laisse flotter sur ses ondes. Le sable en velours réchauffant mes pieds au rythme d'un Samba; riant de toute mon âme et transpirant au rythme de la danse. Nos âmes se transforment en une unité d'énergie donnant naissance à un cycle d'existence de désirs. Je me confie à mon instinct comme pour consoler mon amour. A l'horizon, la morosité morbide condamnée dans le concret. Aimant ardemment et follement cet abstrait merveilleux qui me berce. Qui berce cet amour non réclamé, et cette liberté condamnée. Qui depuis longtemps poussent leur barque fragile à bout de force. Aussi romantique que la poésie, je danse amoureusement et passionnément avec l'inconnu de mes pensées. Et dans cette passion insensée, de l'infini sublime rêve que cherche l'esprit, la réalité envahit l'abstrait et en fait un asile. Un asile qui éveille mon cœur à chaque moment d'inattention ou de solitude. Un asile qui m'ouvre ses portes à ses extases fantaisistes quand l'ivresse de la réalité devient lourde et étouffante.
Continue reading...
12
I Que m'importe que tu sois sage ? Sois belle ! et sois triste ! Les pleurs Ajoutent un charme au visage, Comme le fleuve au paysage ; L'orage rajeunit les fleurs. Je t'aime surtout quand la joie S'enfuit de ton front terrassé ; Quand ton coeur dans l'horreur se noie ; Quand sur ton présent se déploie Le nuage affreux du passé. Je t'aime quand ton grand oeil verse Une eau chaude comme le sang ; Quand, malgré ma main qui te berce, Ton angoisse, trop lourde, perce Comme un râle d'agonisant. J'aspire, volupté divine ! Hymne profond, délicieux ! Tous les sanglots de ta poitrine, Et crois que ton coeur s'illumine Des perles que versent tes yeux ! II Je sais que ton coeur, qui regorge De vieux amours déracinés, Flamboie encor comme une forge, Et que tu couves sous ta gorge Un peu de l'orgueil des damnés ; Mais tant, ma chère, que tes rêves N'auront pas reflété l'Enfer, Et qu'en un cauchemar sans trêves, Songeant de poisons et de glaives, Eprise de poudre et de fer, N'ouvrant à chacun qu'avec crainte, Déchiffrant le malheur partout, Te convulsant quand l'heure tinte, Tu n'auras pas senti l'étreinte De l'irrésistible Dégoût, Tu ne pourras, esclave reine Qui ne m'aimes qu'avec effroi, Dans l'horreur de la nuit malsaine, Me dire, l'âme de cris pleine : " Je suis ton égale, Ô mon Roi ! "
0
929
Madrigal triste
À Mademoiselle Marie Laurencin. Frôlée par les ombres des morts Sur l'herbe où le jour s'exténue L'arlequine s'est mise nue Et dans l'étang mire son corps Un charlatan crépusculaire Vante les tours que l'on va faire Le ciel sans teinte est constellé D'astres pâles comme du lait Sur les tréteaux l'arlequin blême Salue d'abord les spectateurs Des sorciers venus de Bohême Quelques fées et les enchanteurs Ayant décroché une étoile Il la manie à bras tendu Tandis que des pieds un pendu Sonne en mesure les cymbales L'aveugle berce un bel enfant La biche passe avec ses faons Le nain regarde d'un air triste Grandir l'arlequin trismégiste.
0
844
Crépuscule
Le ciel est, par-dessus le toit, Si bleu, si calme ! Un arbre, par-dessus le toit, Berce sa palme. La cloche, dans le ciel qu'on voit, Doucement tinte. Un oiseau sur l'arbre qu'on voit Chante sa plainte. Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là Simple et tranquille. Cette paisible rumeur-là Vient de la ville. Qu'as-tu fait, ô toi que voilà Pleurant sans cesse, Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà, De ta jeunesse ?
0
724
Le ciel est par-dessus le toit
Vous connaissez que j'ai pour mie Une Andalouse à l'oeil lutin, Et sur mon coeur, tout endormie, Je la berce jusqu'au matin. Voyez-la, quand son bras m'enlace, Comme le col d'un cygne blanc, S'enivrer, oublieuse et lasse, De quelque rêve nonchalant. Gais chérubins ! veillez sur elle. Planez, oiseaux, sur notre nid ; Dorez du reflet de votre aile Son doux sommeil, que Dieu bénit ! Car toute chose nous convie D'oublier tout, fors notre amour : Nos plaisirs, d'oublier la vie ; Nos rideaux, d'oublier le jour. Pose ton souffle sur ma bouche, Que ton âme y vienne passer ! Oh ! restons ainsi dans ma couche, Jusqu'à l'heure de trépasser ! Restons ! L'étoile vagabonde Dont les sages ont peur de **** Peut-être, en emportant le monde, Nous laissera dans notre coin. Oh ! viens ! dans mon âme froissée Qui saigne encor d'un mal bien grand, Viens verser ta blanche pensée, Comme un ruisseau dans un torrent ! Car sais-tu, seulement pour vivre, Combien il m'a fallu pleurer ? De cet ennui qui désenivre Combien en mon coeur dévorer ? Donne-moi, ma belle maîtresse, Un beau baiser, car je te veux Raconter ma longue détresse, En caressant tes beaux cheveux. Or voyez qui je suis, ma mie, Car je vous pardonne pourtant De vous être hier endormie Sur mes lèvres, en m'écoutant. Pour ce, madame la marquise, Dès qu'à la ville il fera noir, De par le roi sera requise De venir en notre manoir ; Et sur mon coeur, tout endormie, La bercerai jusqu'au matin, Car on connaît que j'ai pour mie Une Andalouse à l'oeil lutin.
0
726
Madame la Marquise
Vous connaissez que j'ai pour mie Une Andalouse à l'oeil lutin, Et sur mon coeur, tout endormie, Je la berce jusqu'au matin. Voyez-la, quand son bras m'enlace, Comme le col d'un cygne blanc, S'enivrer, oublieuse et lasse, De quelque rêve nonchalant. Gais chérubins ! veillez sur elle. Planez, oiseaux, sur notre nid ; Dorez du reflet de votre aile Son doux sommeil, que Dieu bénit ! Car toute chose nous convie D'oublier tout, fors notre amour : Nos plaisirs, d'oublier la vie ; Nos rideaux, d'oublier le jour. Pose ton souffle sur ma bouche, Que ton âme y vienne passer ! Oh ! restons ainsi dans ma couche, Jusqu'à l'heure de trépasser ! Restons ! L'étoile vagabonde Dont les sages ont peur de **** Peut-être, en emportant le monde, Nous laissera dans notre coin. Oh ! viens ! dans mon âme froissée Qui saigne encor d'un mal bien grand, Viens verser ta blanche pensée, Comme un ruisseau dans un torrent ! Car sais-tu, seulement pour vivre, Combien il m'a fallu pleurer ? De cet ennui qui désenivre Combien en mon coeur dévorer ? Donne-moi, ma belle maîtresse, Un beau baiser, car je te veux Raconter ma longue détresse, En caressant tes beaux cheveux. Or voyez qui je suis, ma mie, Car je vous pardonne pourtant De vous être hier endormie Sur mes lèvres, en m'écoutant. Pour ce, madame la marquise, Dès qu'à la ville il fera noir, De par le roi sera requise De venir en notre manoir ; Et sur mon coeur, tout endormie, La bercerai jusqu'au matin, Car on connaît que j'ai pour mie Une Andalouse à l'oeil lutin.
Continue reading...
48
Quand l'horloge a sonné le moment du départ, Aucune larme, ami, n'a voilé ton regard ! Tu m'as pressé la main... j'ai cru voir un sourire Se mêler à l'adieu que tu venais me dire ; Car pour ton cœur, tranquille en pensant au retour, Ce n'était point partir que s'éloigner un jour. Et que m'importe à moi que la nuit te ramène !... Il fait jour et tu pars ! Du coursier qui t'entraîne Tu déchires les flancs, en disant : « Au revoir ! » Mais aujourd'hui me reste avant d'être à ce soir ! À ton dernier regard, pour moi, le temps s'arrête. Un livre est sous mes yeux, mais mon âme distraite S'en retourne vers toi ; car nos âmes sont sœurs, Et j'ai souvent rêvé qu'en des mondes meilleurs, En des pays lointains, ou dans les cieux peut-être... Je vivais de ta vie, et nous n'étions qu'un être ; Mais Dieu brisa notre âme, et de chaque moitié Il a créé nos cœurs, permettant par pitié Qu'ils pussent se revoir et s'aimer sur la terre, Où l'amour leur rendrait leur nature première. Des pleurs que je répands, tout homme se rirait : Les chagrins passagers vous cachent leur secret. Vos cœurs ont des transports et n'ont point de faiblesse ; Vous pleurez d'un malheur, pleurez-vous de tristesse ? Vous ne connaissez pas ces noirs pressentiments, Ces rêves où l'esprit, se forgeant des tourments, Cherche dans notre amour un sinistre présage, Comme un soleil trop vif laisse prévoir l'orage ! Reviens d'un seul regard me rendre mon ciel pur, Reviens, parle, souris, et mon bonheur est sûr. Aux accents de ta voix s'éloigne la tempête ; Sur ton sein palpitant, je repose ma tête... Berce, endors mes terreurs par un doux chant d'amour, Et laisse-moi sourire et pleurer tour à tour. Sans crainte, de la mort je serais menacée, Je mourrais dans tes bras et sur ton cœur pressée ! Mais si tu succombais... alors, sans désespoir, Comme toi, ce matin, je dirais : « À ce soir ! De quelques courts instants ton âme me devance, Attends-moi dans les cieux, ce n'est qu'un jour d'absence ! »
0
689
Un jour d'absence
Quand l'horloge a sonné le moment du départ, Aucune larme, ami, n'a voilé ton regard ! Tu m'as pressé la main... j'ai cru voir un sourire Se mêler à l'adieu que tu venais me dire ; Car pour ton cœur, tranquille en pensant au retour, Ce n'était point partir que s'éloigner un jour. Et que m'importe à moi que la nuit te ramène !... Il fait jour et tu pars ! Du coursier qui t'entraîne Tu déchires les flancs, en disant : « Au revoir ! » Mais aujourd'hui me reste avant d'être à ce soir ! À ton dernier regard, pour moi, le temps s'arrête. Un livre est sous mes yeux, mais mon âme distraite S'en retourne vers toi ; car nos âmes sont sœurs, Et j'ai souvent rêvé qu'en des mondes meilleurs, En des pays lointains, ou dans les cieux peut-être... Je vivais de ta vie, et nous n'étions qu'un être ; Mais Dieu brisa notre âme, et de chaque moitié Il a créé nos cœurs, permettant par pitié Qu'ils pussent se revoir et s'aimer sur la terre, Où l'amour leur rendrait leur nature première. Des pleurs que je répands, tout homme se rirait : Les chagrins passagers vous cachent leur secret. Vos cœurs ont des transports et n'ont point de faiblesse ; Vous pleurez d'un malheur, pleurez-vous de tristesse ? Vous ne connaissez pas ces noirs pressentiments, Ces rêves où l'esprit, se forgeant des tourments, Cherche dans notre amour un sinistre présage, Comme un soleil trop vif laisse prévoir l'orage ! Reviens d'un seul regard me rendre mon ciel pur, Reviens, parle, souris, et mon bonheur est sûr. Aux accents de ta voix s'éloigne la tempête ; Sur ton sein palpitant, je repose ma tête... Berce, endors mes terreurs par un doux chant d'amour, Et laisse-moi sourire et pleurer tour à tour. Sans crainte, de la mort je serais menacée, Je mourrais dans tes bras et sur ton cœur pressée ! Mais si tu succombais... alors, sans désespoir, Comme toi, ce matin, je dirais : « À ce soir ! De quelques courts instants ton âme me devance, Attends-moi dans les cieux, ce n'est qu'un jour d'absence ! »
Continue reading...
40
Hymne aux morts de juillet. Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie Ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie. Entre les plus beaux noms leur nom est le plus beau. Toute gloire près d'eux passe et tombe éphémère ; Et, comme ferait une mère, La voix d'un peuple entier les berce en leur tombeau. Gloire à notre France éternelle ! Gloire à ceux qui sont morts pour elle ! Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts ! A ceux qu'enflamme leur exemple, Qui veulent place dans le temple, Et qui mourrons comme ils sont morts ! C'est pour ces morts, dont l'ombre est ici bienvenue, Que le haut Panthéon élève dans la nue, Au-dessus de Paris, la ville aux mille tours, La reine de nos Tirs et de nos Babylone, Cette couronne de colonnes Que le soleil levant redore tous les jours ! Gloire à notre France éternelle ! Gloire à ceux qui sont morts pour elle ! Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts ! A ceux qu'enflamme leur exemple, Qui veulent place dans le temple, Et qui mourrons comme ils sont morts ! Ainsi, quand de tels morts sont couchés dans la tombe, En vain l'oubli, nuit sombre où va tout ce qui tombe, Passe sur leur sépulcre où nous inclinons ; Chaque jour, pour eux seuls se levant plus fidèle, La gloire, aube toujours nouvelle, Fait luire leur mémoire et redore leurs noms ! Gloire à notre France éternelle ! Gloire à ceux qui sont morts pour elle ! Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts ! A ceux qu'enflamme leur exemple, Qui veulent place dans le temple, Et qui mourrons comme ils sont morts ! Juillet 1831.
0
722
Hymne
Hymne aux morts de juillet. Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie Ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie. Entre les plus beaux noms leur nom est le plus beau. Toute gloire près d'eux passe et tombe éphémère ; Et, comme ferait une mère, La voix d'un peuple entier les berce en leur tombeau. Gloire à notre France éternelle ! Gloire à ceux qui sont morts pour elle ! Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts ! A ceux qu'enflamme leur exemple, Qui veulent place dans le temple, Et qui mourrons comme ils sont morts ! C'est pour ces morts, dont l'ombre est ici bienvenue, Que le haut Panthéon élève dans la nue, Au-dessus de Paris, la ville aux mille tours, La reine de nos Tirs et de nos Babylone, Cette couronne de colonnes Que le soleil levant redore tous les jours ! Gloire à notre France éternelle ! Gloire à ceux qui sont morts pour elle ! Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts ! A ceux qu'enflamme leur exemple, Qui veulent place dans le temple, Et qui mourrons comme ils sont morts ! Ainsi, quand de tels morts sont couchés dans la tombe, En vain l'oubli, nuit sombre où va tout ce qui tombe, Passe sur leur sépulcre où nous inclinons ; Chaque jour, pour eux seuls se levant plus fidèle, La gloire, aube toujours nouvelle, Fait luire leur mémoire et redore leurs noms ! Gloire à notre France éternelle ! Gloire à ceux qui sont morts pour elle ! Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts ! A ceux qu'enflamme leur exemple, Qui veulent place dans le temple, Et qui mourrons comme ils sont morts ! Juillet 1831.
Continue reading...
38
Marbre de Paros. Un jour, au doux rêveur qui l'aime, En train de montrer ses trésors, Elle voulut lire un poème, Le poème de son beau corps. D'abord, superbe et triomphante Elle vint en grand apparat, Traînant avec des airs d'infante Un flot de velours nacarat : Telle qu'au rebord de sa loge Elle brille aux Italiens, Ecoutant passer son éloge Dans les chants des musiciens. Ensuite, en sa verve d'artiste, Laissant tomber l'épais velours, Dans un nuage de batiste Elle ébaucha ses fiers contours. Glissant de l'épaule à la hanche, La chemise aux plis nonchalants, Comme une tourterelle blanche Vint s'abattre sur ses pieds blancs. Pour Apelle ou pour Cléoméne, Elle semblait, marbre de chair, En Vénus Anadyomène Poser nue au bord de la mer. De grosses perles de Venise Roulaient au lieu de gouttes d'eau, Grains laiteux qu'un rayon irise, Sur le frais satin de sa peau. Oh ! quelles ravissantes choses, Dans sa divine nudité, Avec les strophes de ses poses, Chantait cet hymne de beauté ! Comme les flots baisant le sable Sous la lune aux tremblants rayons, Sa grâce était intarissable En molles ondulations. Mais bientôt, lasse d'art antique, De Phidias et de Vénus, Dans une autre stance plastique Elle groupe ses charmes nus. Sur un tapis de Cachemire, C'est la sultane du sérail, Riant au miroir qui l'admire Avec un rire de corail ; La Géorgienne indolente, Avec son souple narguilhé, Etalant sa hanche opulente, Un pied sous l'autre replié. Et comme l'odalisque d'Ingres, De ses reins cambrant les rondeurs, En dépit des vertus malingres, En dépit des maigres pudeurs ! Paresseuse odalisque, arrière ! Voici le tableau dans son jour, Le diamant dans sa lumière ; Voici la beauté dans l'amour ! Sa tête penche et se renverse ; Haletante, dressant les seins, Aux bras du rêve qui la berce, Elle tombe sur ses coussins. Ses paupières battent des ailes Sur leurs globes d'argent bruni, Et l'on voit monter ses prunelles Dans la nacre de l'infini. D'un linceul de point d'Angleterre Que l'on recouvre sa beauté : L'extase l'a prise à la terre ; Elle est morte de volupté ! Que les violettes de Parme, Au lieu des tristes fleurs des morts Où chaque perle est une larme, Pleurent en bouquets sur son corps ! Et que mollement on la pose Sur son lit, tombeau blanc et doux, Où le poète, à la nuit close, Ira prier à deux genoux.
0
667
Le poème de la femme
Marbre de Paros. Un jour, au doux rêveur qui l'aime, En train de montrer ses trésors, Elle voulut lire un poème, Le poème de son beau corps. D'abord, superbe et triomphante Elle vint en grand apparat, Traînant avec des airs d'infante Un flot de velours nacarat : Telle qu'au rebord de sa loge Elle brille aux Italiens, Ecoutant passer son éloge Dans les chants des musiciens. Ensuite, en sa verve d'artiste, Laissant tomber l'épais velours, Dans un nuage de batiste Elle ébaucha ses fiers contours. Glissant de l'épaule à la hanche, La chemise aux plis nonchalants, Comme une tourterelle blanche Vint s'abattre sur ses pieds blancs. Pour Apelle ou pour Cléoméne, Elle semblait, marbre de chair, En Vénus Anadyomène Poser nue au bord de la mer. De grosses perles de Venise Roulaient au lieu de gouttes d'eau, Grains laiteux qu'un rayon irise, Sur le frais satin de sa peau. Oh ! quelles ravissantes choses, Dans sa divine nudité, Avec les strophes de ses poses, Chantait cet hymne de beauté ! Comme les flots baisant le sable Sous la lune aux tremblants rayons, Sa grâce était intarissable En molles ondulations. Mais bientôt, lasse d'art antique, De Phidias et de Vénus, Dans une autre stance plastique Elle groupe ses charmes nus. Sur un tapis de Cachemire, C'est la sultane du sérail, Riant au miroir qui l'admire Avec un rire de corail ; La Géorgienne indolente, Avec son souple narguilhé, Etalant sa hanche opulente, Un pied sous l'autre replié. Et comme l'odalisque d'Ingres, De ses reins cambrant les rondeurs, En dépit des vertus malingres, En dépit des maigres pudeurs ! Paresseuse odalisque, arrière ! Voici le tableau dans son jour, Le diamant dans sa lumière ; Voici la beauté dans l'amour ! Sa tête penche et se renverse ; Haletante, dressant les seins, Aux bras du rêve qui la berce, Elle tombe sur ses coussins. Ses paupières battent des ailes Sur leurs globes d'argent bruni, Et l'on voit monter ses prunelles Dans la nacre de l'infini. D'un linceul de point d'Angleterre Que l'on recouvre sa beauté : L'extase l'a prise à la terre ; Elle est morte de volupté ! Que les violettes de Parme, Au lieu des tristes fleurs des morts Où chaque perle est une larme, Pleurent en bouquets sur son corps ! Et que mollement on la pose Sur son lit, tombeau blanc et doux, Où le poète, à la nuit close, Ira prier à deux genoux.
Continue reading...
77
Entrez dans les palais grands ouverts à la foule ; Un jour limpide y luit, l'heure paisible y coule, Le pied rit au miroir des parquets précieux, Et **** dans le plafonds aussi hauts que les cieux, Bleu séjour de la muse et du Dieu sous les voiles, L'œil voit trembler des chars, des luths et des étoiles. Sous la voûte, sur les paliers, Par les rampes en fleurs et les grands escaliers, Un courant d'air vaste circule, Et douce est la fraîcheur où vous marchez, Parmi le peuple blanc des marbres recherchés : Saluez, c'est Vénus ; admirez, c'est Hercule ! Comme vous reposez les yeux, Ô blancheur sombre des musées ! La fièvre de nos sens expire dans ces lieux, Et nos âmes y sont largement amusées. Ô génie, ô lent créateur, Comme Dieu fait courir la sève dans les arbres, Tu fais courir la vie aux lignes des beaux marbres ; Et sur la pierre, à la hauteur Des bras de la statue ou du col de l'amphore, L'œil croit voir voltiger encore Les mains illustres du sculpteur. Alors notre cœur se rappelle Le temps d'Auguste, l'âge où florissait Apelle ! Tout ceux dont un laurier pressait le front puissant, Le pnyx sonore où rit la troupe des esclaves, Les toges du forum, les plis des laticlaves, César spirituelI Sophocle éblouissant ! Rome, Athène ! O palais que la colline élève ! Vous, Romains, vous sculptez à la pointe du glaive ; Et vous qui soupez chez les dieux, Vous possédez la grâce et vous la versez toute, Athéniens, et c'est chez vous que l'âme écoute Le grand hymne muet qui chante pour les yeux, Le long des lignes, sous la voûte De vos temples mélodieux. Des anciens, endormis au bruit frais des fontaines, Les âmes en rêvait se promènent ici, Caressant tous les fronts d'un regret adouci, Et font, sur les lèvres hautaines Des Romains et des Grecs et de Tibère aussi, Chuchoter un long flot de paroles lointaines. Ô belle antiquité, toute nouvelle encor ! Berce-nous de tes bons murmures, Comme une abeille d'or, Que l'été de Paris prendrait aux roses mûres Pour la jeter en Prairial, Grisée Et bourdonnante, autour de la salle apaisée, Où, visiteur royal, Par la vitre embrasée au feu de ses prouesses, Le baiser du soleil vient dorer les déesses.
0
701
Les musées
Entrez dans les palais grands ouverts à la foule ; Un jour limpide y luit, l'heure paisible y coule, Le pied rit au miroir des parquets précieux, Et **** dans le plafonds aussi hauts que les cieux, Bleu séjour de la muse et du Dieu sous les voiles, L'œil voit trembler des chars, des luths et des étoiles. Sous la voûte, sur les paliers, Par les rampes en fleurs et les grands escaliers, Un courant d'air vaste circule, Et douce est la fraîcheur où vous marchez, Parmi le peuple blanc des marbres recherchés : Saluez, c'est Vénus ; admirez, c'est Hercule ! Comme vous reposez les yeux, Ô blancheur sombre des musées ! La fièvre de nos sens expire dans ces lieux, Et nos âmes y sont largement amusées. Ô génie, ô lent créateur, Comme Dieu fait courir la sève dans les arbres, Tu fais courir la vie aux lignes des beaux marbres ; Et sur la pierre, à la hauteur Des bras de la statue ou du col de l'amphore, L'œil croit voir voltiger encore Les mains illustres du sculpteur. Alors notre cœur se rappelle Le temps d'Auguste, l'âge où florissait Apelle ! Tout ceux dont un laurier pressait le front puissant, Le pnyx sonore où rit la troupe des esclaves, Les toges du forum, les plis des laticlaves, César spirituelI Sophocle éblouissant ! Rome, Athène ! O palais que la colline élève ! Vous, Romains, vous sculptez à la pointe du glaive ; Et vous qui soupez chez les dieux, Vous possédez la grâce et vous la versez toute, Athéniens, et c'est chez vous que l'âme écoute Le grand hymne muet qui chante pour les yeux, Le long des lignes, sous la voûte De vos temples mélodieux. Des anciens, endormis au bruit frais des fontaines, Les âmes en rêvait se promènent ici, Caressant tous les fronts d'un regret adouci, Et font, sur les lèvres hautaines Des Romains et des Grecs et de Tibère aussi, Chuchoter un long flot de paroles lointaines. Ô belle antiquité, toute nouvelle encor ! Berce-nous de tes bons murmures, Comme une abeille d'or, Que l'été de Paris prendrait aux roses mûres Pour la jeter en Prairial, Grisée Et bourdonnante, autour de la salle apaisée, Où, visiteur royal, Par la vitre embrasée au feu de ses prouesses, Le baiser du soleil vient dorer les déesses.
Continue reading...
53
La sottise, l'erreur, le péché, la lésine, Occupent nos esprits et travaillent nos corps, Et nous alimentons nos aimables remords, Comme les mendiants nourrissent leur vermine. Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches ; Nous nous faisons payer grassement nos aveux, Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux, Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches. Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste Qui berce longuement notre esprit enchanté, Et le riche métal de notre volonté Est tout vaporisé par ce savant chimiste. C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent ! Aux objets répugnants nous trouvons des appas ; Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas, Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent. Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange Le sein martyrisé d'une antique catin, Nous volons au passage un plaisir clandestin Que nous pressons bien fort comme une vieille orange. Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes, Dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons, Et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes. Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie, N'ont pas encor brodé de leurs plaisants dessins Le canevas banal de nos piteux destins, C'est que notre âme, hélas ! n'est pas assez hardie. Mais parmi les chacals, les panthères, les lices, Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents, Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants, Dans la ménagerie infâme de nos vices, Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde ! Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris, Il ferait volontiers de la terre un débris Et dans un bâillement avalerait le monde ; C'est l'Ennui ! - l'oeil chargé d'un pleur involontaire, Il rêve d'échafauds en fumant son houka. Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat, - Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère !
0
605
Au lecteur
La sottise, l'erreur, le péché, la lésine, Occupent nos esprits et travaillent nos corps, Et nous alimentons nos aimables remords, Comme les mendiants nourrissent leur vermine. Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches ; Nous nous faisons payer grassement nos aveux, Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux, Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches. Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste Qui berce longuement notre esprit enchanté, Et le riche métal de notre volonté Est tout vaporisé par ce savant chimiste. C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent ! Aux objets répugnants nous trouvons des appas ; Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas, Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent. Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange Le sein martyrisé d'une antique catin, Nous volons au passage un plaisir clandestin Que nous pressons bien fort comme une vieille orange. Serré, fourmillant, comme un million d'helminthes, Dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons, Et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons Descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes. Si le viol, le poison, le poignard, l'incendie, N'ont pas encor brodé de leurs plaisants dessins Le canevas banal de nos piteux destins, C'est que notre âme, hélas ! n'est pas assez hardie. Mais parmi les chacals, les panthères, les lices, Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents, Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants, Dans la ménagerie infâme de nos vices, Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde ! Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris, Il ferait volontiers de la terre un débris Et dans un bâillement avalerait le monde ; C'est l'Ennui ! - l'oeil chargé d'un pleur involontaire, Il rêve d'échafauds en fumant son houka. Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat, - Hypocrite lecteur, - mon semblable, - mon frère !
Continue reading...
40
Le genre est assez ... fuckie Mais elle est l'été éternel Jamais habillée pour l'hiver Blottie au coin On est versé dans l'identité Et elle berce la cruche Sur le bord de la tasse Avec des artères dorées ... qui va?
0
May 21, 2018
May 21, 2018 at 5:29 PM UTC
Qui va
Tout revit, ma bien-aimée ! Le ciel gris perd sa pâleur ; Quand la terre est embaumée, Le coeur de l'homme est meilleur. En haut, d'ou l'amour ruisselle, En bas, où meurt la douleur, La même immense étincelle Allume l'astre et la fleur. L'hiver fuit, saison d'alarmes, Noir avril mystérieux Où l'âpre sève des larmes Coule, et du coeur monte aux yeux. Ô douce désuétude De souffrir et de pleurer ! Veux-tu, dans la solitude, Nous mettre à nous adorer ? La branche au soleil se dore Et penche, pour l'abriter, Ses boutons qui vont éclore Sur l'oiseau qui va chanter. L'aurore où nous nous aimâmes Semble renaître à nos yeux ; Et mai sourit dans nos âmes Comme il sourit dans les cieux. On entend rire, on voit luire Tous les êtres tour à tour, La nuit, les astres bruire, Et les abeilles, le jour. Et partout nos regards lisent, Et, dans l'herbe et dans les nids, De petites voix nous disent : « Les aimants sont les bénis ! » L'air enivre ; tu reposes A mon cou tes bras vainqueurs. Sur les rosiers que de roses ! Que de soupirs dans nos coeurs ! Comme l'aube, tu me charmes ; Ta bouche et tes yeux chéris Ont, quand tu pleures, ses larmes, Et ses perles quand tu ris. La nature, soeur jumelle D'Ève et d'Adam et du jour, Nous aime, nous berce et mêle Son mystère à notre amour. Il suffit que tu paraisses Pour que le ciel, t'adorant, Te contemple ; et, nos caresses, Toute l'ombre nous les rend ! Clartés et parfums nous-mêmes, Nous baignons nos coeurs heureux Dans les effluves suprêmes Des éléments amoureux. Et, sans qu'un souci t'oppresse, Sans que ce soit mon tourment, J'ai l'étoile pour maîtresse ; Le soleil est ton amant ; Et nous donnons notre fièvre Aux fleurs où nous appuyons Nos bouches, et notre lèvre Sent le baiser des rayons. Juin 18...
0
447
Après l'hiver (I)
Tout revit, ma bien-aimée ! Le ciel gris perd sa pâleur ; Quand la terre est embaumée, Le coeur de l'homme est meilleur. En haut, d'ou l'amour ruisselle, En bas, où meurt la douleur, La même immense étincelle Allume l'astre et la fleur. L'hiver fuit, saison d'alarmes, Noir avril mystérieux Où l'âpre sève des larmes Coule, et du coeur monte aux yeux. Ô douce désuétude De souffrir et de pleurer ! Veux-tu, dans la solitude, Nous mettre à nous adorer ? La branche au soleil se dore Et penche, pour l'abriter, Ses boutons qui vont éclore Sur l'oiseau qui va chanter. L'aurore où nous nous aimâmes Semble renaître à nos yeux ; Et mai sourit dans nos âmes Comme il sourit dans les cieux. On entend rire, on voit luire Tous les êtres tour à tour, La nuit, les astres bruire, Et les abeilles, le jour. Et partout nos regards lisent, Et, dans l'herbe et dans les nids, De petites voix nous disent : « Les aimants sont les bénis ! » L'air enivre ; tu reposes A mon cou tes bras vainqueurs. Sur les rosiers que de roses ! Que de soupirs dans nos coeurs ! Comme l'aube, tu me charmes ; Ta bouche et tes yeux chéris Ont, quand tu pleures, ses larmes, Et ses perles quand tu ris. La nature, soeur jumelle D'Ève et d'Adam et du jour, Nous aime, nous berce et mêle Son mystère à notre amour. Il suffit que tu paraisses Pour que le ciel, t'adorant, Te contemple ; et, nos caresses, Toute l'ombre nous les rend ! Clartés et parfums nous-mêmes, Nous baignons nos coeurs heureux Dans les effluves suprêmes Des éléments amoureux. Et, sans qu'un souci t'oppresse, Sans que ce soit mon tourment, J'ai l'étoile pour maîtresse ; Le soleil est ton amant ; Et nous donnons notre fièvre Aux fleurs où nous appuyons Nos bouches, et notre lèvre Sent le baiser des rayons. Juin 18...
Continue reading...
61
J'ai mon sérail comme un prince d'Asie, Riche en beautés pour un immense amour ; Je leur souris selon ma fantaisie : J'aime éternellement la dernière choisie, Et je les choisis tour à tour. Ce ne sont pas ces esclaves traîtresses Que l'Orient berce dans la langueur ; Ce ne sont pas de vénales maîtresses : C'est un vierge harem d'amantes sans caresses, Car mon harem est dans mon cœur. N'y cherchez point les boîtes parfumées, Ni la guitare aux soupirs frémissants ; Chants et parfums ne sont qu'air et fumées : C'est ma jeunesse même, ô douces bien-aimées, Que je vous brûle pour encens ! Les gardiens noirs que le soupçon dévore Selon mes vœux ne vous cacheraient pas ; Ma jalousie est plus farouche encore : Elle est toute en mon âme, et le vent même ignore Les noms que je lui dis tout bas.
0
382
Un sérail
Que ton âme soit blanche ou noire, Que fait ? Ta peau de jeune ivoire Est rose et blanche et jaune un peu. Elle sent bon, ta chair, perverse Ou non, que fait ? puisqu'elle berce La mienne de chair, nom de Dieu ! Elle la berce, ma chair folle, Ta folle de chair, ma parole La plus sacrée ! - et que donc bien ! Et la mienne, grâce à la tienne, Quelque réserve qui la tienne, Elle s'en donne, nom d'un chien ! Quant à nos âmes, dis, Madame, Tu sais, mon âme et puis ton âme, Nous en moquons-nous ? Que non pas ! Seulement nous sommes au monde. Ici-bas, sur la terre ronde, Et non au ciel, mais ici-bas. Or, ici-bas, faut qu'on profite Du plaisir qui passe si vite Et du bonheur de se pâmer, Aimons, ma petite méchante, Telle l'eau va, tel l'oiseau chante, Et tels, nous ne devons qu'aimer.
0
426
Que ton âme soit blanche ou noire
Sur la bruyère arrosée De rosée ; Sur le buisson d'églantier ; Sur les ombreuses futaies ; Sur les haies Croissant au bord du sentier ; Sur la modeste et petite Marguerite, Qui penche son front rêvant ; Sur le seigle, verte houle Qui déroule Le caprice ailé du vent ; Sur les prés, sur la colline Qui s'incline Vers le champ bariolé De pittoresques guirlandes ; Sur les landes ; Sur le grand orme isolé, La demoiselle se berce ; Et s'il perce Dans la brume, au bord du ciel, Un rayon d'or qui scintille, Elle brille Comme un regard d'Ariel. Traversant, près des charmilles, Les familles Des bourdonnants moucherons, Elle se mêle à leur ronde Vagabonde, Et comme eux décrit des ronds. Bientôt elle vole et joue Sur la roue Du jet d'eau qui, s'élançant Dans les airs, retombe, roule Et s'écoule En un ruisseau bruissant. Plus rapide que la brise, Elle frise, Dans son vol capricieux, L'eau transparente où se mire Et s'admire Le saule au front soucieux ; Où, s'entr'ouvrant blancs et jaunes, Près des aunes, Les deux nénuphars en fleurs, Au gré du flot qui gazouille Et les mouille, Étalent leurs deux couleurs ; Où se baigne le nuage ; Où voyage Le ciel d'été souriant ; Où le soleil plonge, tremble, Et ressemble Au beau soleil d'Orient. Et quand la grise hirondelle Auprès d'elle Passe, et ride à plis d'azur, Dans sa chasse circulaire, L'onde claire, Elle s'enfuit d'un vol sûr. Bois qui chantent, fraîches plaines D'odeurs pleines, Lacs de moire, coteaux bleus, Ciel où le nuage passe, Large espace, Monts aux rochers anguleux, Voilà l'immense domaine Où promène Ses caprices, fleur des airs, La demoiselle nacrée, Diaprée De reflets roses et verts. Dans son étroite famille, Quelle fille N'a pas vingt fois souhaité, Rêveuse, d'être comme elle Demoiselle, Demoiselle en liberté ?
0
410
La demoiselle
Sur la bruyère arrosée De rosée ; Sur le buisson d'églantier ; Sur les ombreuses futaies ; Sur les haies Croissant au bord du sentier ; Sur la modeste et petite Marguerite, Qui penche son front rêvant ; Sur le seigle, verte houle Qui déroule Le caprice ailé du vent ; Sur les prés, sur la colline Qui s'incline Vers le champ bariolé De pittoresques guirlandes ; Sur les landes ; Sur le grand orme isolé, La demoiselle se berce ; Et s'il perce Dans la brume, au bord du ciel, Un rayon d'or qui scintille, Elle brille Comme un regard d'Ariel. Traversant, près des charmilles, Les familles Des bourdonnants moucherons, Elle se mêle à leur ronde Vagabonde, Et comme eux décrit des ronds. Bientôt elle vole et joue Sur la roue Du jet d'eau qui, s'élançant Dans les airs, retombe, roule Et s'écoule En un ruisseau bruissant. Plus rapide que la brise, Elle frise, Dans son vol capricieux, L'eau transparente où se mire Et s'admire Le saule au front soucieux ; Où, s'entr'ouvrant blancs et jaunes, Près des aunes, Les deux nénuphars en fleurs, Au gré du flot qui gazouille Et les mouille, Étalent leurs deux couleurs ; Où se baigne le nuage ; Où voyage Le ciel d'été souriant ; Où le soleil plonge, tremble, Et ressemble Au beau soleil d'Orient. Et quand la grise hirondelle Auprès d'elle Passe, et ride à plis d'azur, Dans sa chasse circulaire, L'onde claire, Elle s'enfuit d'un vol sûr. Bois qui chantent, fraîches plaines D'odeurs pleines, Lacs de moire, coteaux bleus, Ciel où le nuage passe, Large espace, Monts aux rochers anguleux, Voilà l'immense domaine Où promène Ses caprices, fleur des airs, La demoiselle nacrée, Diaprée De reflets roses et verts. Dans son étroite famille, Quelle fille N'a pas vingt fois souhaité, Rêveuse, d'être comme elle Demoiselle, Demoiselle en liberté ?
Continue reading...
78
Rondeau. Fut-il jamais douceur de coeur pareille À voir Manon dans mes bras sommeiller ? Son front coquet parfume l'oreiller ; Dans son beau sein j'entends son coeur qui veille. Un songe passe, et s'en vient l'égayer. Ainsi s'endort une fleur d'églantier, Dans son calice enfermant une abeille. Moi, je la berce ; un plus charmant métier Fut-il jamais ? Mais le jour vient, et l'Aurore vermeille Effeuille au vent son bouquet printanier. Le peigne en main et la perle à l'oreille, À son miroir Manon court m'oublier. Hélas ! l'amour sans lendemain ni veille Fut-il jamais ?
0
394
Fut-il jamais douceur de coeur
C'est un trou de verdure, où chante une riviere Accrochant follement aux herbes des haillons D'argent, où le soleil, de la montagne fière, Luit: c'est un petit val qui mousse de rayons. Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu, Dort; il est étendu dans 1'herbe, sous la nue, Pâle dans son lit vert où la lumiere pleut. Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme Sourirait un enfant malade, il fait un somme. Nature, berce-le chaudement: il a froid! Les parfums ne font pas frissonner sa narine; II dort dans le soleil, la main stir sa poitrine, Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit. Arthur Rimbaud, Oeuvres translation: THE VALLEY SLEEPER It's a green vale where a river runs clawing madly at silver herbs that toss shade, while from proud mountain the sun's rays fall on a crater foaming with moss. A young soldier, mouth open, head bare, neck nape bathed in blue water cress sleeps; white faced, of clouds unaware and in green bed, the light's caress. Feet in gladioli, smiling, dozing, still as a sick child smiles, he is taking a rest. His nostrils uncloyed by scents, he sleeps in the sun, hand on chest, In his right side are two red rents. TOBIAS
0
Mar 24, 2018
Mar 24, 2018 at 1:38 PM UTC
Le Dormeur Du Val
I La fuite est verdâtre et rose Des collines et des rampes, Dans un demi-jour de lampes Qui vient brouiller toute chose. L'or sur les humbles abîmes, Tout doucement s'ensanglante, Des petits arbres sans cimes, Où quelque oiseau faible chante. Triste à peine tant s'effacent Ces apparences d'automne. Toutes mes langueurs rêvassent, Que berce l'air monotone. II L'allée est sans fin Sous le ciel, divin D'être pâle ainsi ! Sais-tu qu'on serait Bien sous le secret De ces arbres-ci ? Des messieurs bien mis, Sans nul doute amis Des Royers-Collards, Vont vers le château. J'estimerais beau D'être ces vieillards. Le château, tout blanc Avec, à son flanc, Le soleil couché, Les champs à l'entour... Oh ! que notre amour N'est-il là niché ! Estaminet du Jeune Renard, août 1872.
0
291
Bruxelles (Simples fresques)
Il faut que le poète, épris d'ombre et d'azur, Esprit doux et splendide, au rayonnement pur, Qui marche devant tous, éclairant ceux qui doutent, Chanteur mystérieux qu'en tressaillant écoutent Les femmes, les songeurs, les sages, les amants, Devienne formidable à de certains moments. Parfois, lorsqu'on se met à rêver sur son livre, Où tout berce, éblouit, calme, caresse, enivre, Où l'âme à chaque pas trouve à faire son miel, Où les coins les plus noirs ont des lueurs du ciel, Au milieu de cette humble et haute poésie, Dans cette paix sacrée où croit la fleur choisie, Où l'on entend couler les sources et les pleurs, Où les strophes, oiseaux peints de mille couleurs, Volent chantant l'amour, l'espérance et la joie, Il faut que par instants on frissonne, et qu'on voie Tout à coup, sombre, grave et terrible au passant, Un vers fauve sortir de l'ombre en rugissant ! Il faut que le poète aux semences fécondes Soit comme ces forêts vertes, fraîches, profondes, Pleines de chants, amour du vent et du rayon, Charmantes, où soudain l'on rencontre un lion. Paris, mai 1842.
0
316
Il faut que le poète