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Écouteurs (Headphones)

[Pour Marie C.]

Tu te souviens de cette fois

Quand tu m’as demandé

Si j’ai jamais pleuré de la douleur ?

Car je te réponds

profondément et tendrement

que oui.

« Oui » vrai de nouveau chaque jour.

De supporter un nom

Un sexe

Un âge

Des vêtements qui me donnent

des descriptions

et m’emprisonnent en plus.

De la longueur de ma maison.

Et ça fait mal comme un pur viol.

Voir, sur les genoux parmi des bêtes,

devant soi-même tout ce qui t’admire,

ce qui te laisse respirer,

t’aime,

te donne l’identité

et vit en tes soupirs des yeux

et des larmes,

juste à la distance de la main

pour ne pas être jamais rendu à toi

en publique

et te tuant ainsi dans un pays étrange.

« Oui » de souffrance inédite.

 

Quand j’t’entends,

te vois en mon esprit,

Je nous demande

Combien de nuits sourdes,

trop silencieuses,

du goût du sang et du métal

as-tu passé séparé, tout en eau,

Sans air, les mélodies

comme la seule compagnie ?

Combien des choses y a-t-il

auxquels tu ne donne jamais la voix ?

Combien de masques as-tu créés

et détruits ?

Combien des portes as-tu claqué

devant les personnes

qui s’appelaient ta famille ?

Combien d’êtres as-tu blessé

pour te protéger ?

La masque de pierre n’endurcira

plus un jour

Et la pierre se cassera en porcelaine sanglante.

 

Je désire te voir te romper,

Toucher une corde sensible de ton piano,

Pour que tu meurtes et naisses de nouveau.

Pour que tu puisses authentiquement respirer.

Pour que tu te laisse pleurer sans cesse.

Pour que je puisse te tenir dans mes bras.

Comme si tu étais la chose plus valeureuse

et fragile du monde,

Et pour qu’on puisse se regarder

dans nos yeux pour des heures,

Sans mots ni pensées se retrouver,

Devenir fragiles tous les deux.

 

« T’es trop lumineux », tu dis,

« pour moi »,

Eh ben, t’es pas trop sombre

pour moi.

 

Tu t’emportes des écouteurs,

Ta barrière et ta rédemption.

Seule distraction et chemin au ciel.

 

On se rend tous les deux aux étoiles,

On peut s’y rencontrer un jour

et entrelacer les mains.

Peut-être même s’appeler

de derrière de nos miroirs étroits

Avec des nouveaux sons pour nos noms.

 

Je t’embrasse, observe

Et écris de là,

Marie.

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Written by
DanRo
Agender
Published
Jun 23, 2020
Lines·Words
77·385
Notes

I know you might never see the note here, Mary, but I wish you all the truth,

eyesight beyond

and your life given to you back.

Wish I could delve into you like God does

To make you out and hold your state

Like that of a broken child.

Pozdrawiam cię z tego miejsca powyżej zrodzonego w francuskim,

tak dawno a jednak wciąż.

Choćbyśmy miały się już nie zmówić.

Zaprawdę nasza relacja specyficzną jest i była.

Tags
#pain#solitude#music#apart#understanding#stars#astral#love#francais#polski
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