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"voudras" poems
Muse Reine Tu veux et tu exiges que je me retienne Que je ne m'exhibe pas au tout venant Et que je ne bande que sur ordre exprès de toi Le cachet de la poste faisant foi A la minute heure seconde que tu t'es choisie Pour me déguster à distance. Tu dis que c'est la présence et non l'absence qui te stimule Et tu me dis que je te manque et que ma présence volcanique Te couvre de toutes parts en dépit de la distance. Moi je m'interroge Et je pense que c'est cette absence qui te met en transe Et je veux t'aimer profondément dans cette distance Comme tu n'as jamais été aimée. désirée, choyée, goûtée, savourée Léchée, embrassée, pénétrée, visitée, hantée, caressée, avalée, touchée Consommée, étreinte, engrossée, jouie, priée, chantée, dénudée Comblée, tétée, mordillée, mouillées, aspergé, respectée Mais pour cela il faut que ton âme et chair soient à nu Et la nudité dans la distance passe par la photographie ou la vidéo Et si tu veux que l'oiseau te respecte Il faut que tu le fasses voler et siffler d'aise à ta vue Car il n'aspire qu'à cela soir et matin : Voler au-dessus de tes collines et tes plaines Plonger dans tes lacs et rivières Nager dans tes eaux poissonneuses Plonger son bec dans ta chair ouverte et complice Et en tirer des petits poissons multicolores et chanteurs Chuchoter à ton oreille Les mots qui te font fondre de rires et de désir Ma muse précieuse et généreuse... Alors pour t'être agréable ma bien-aimée C 'est promis juré craché Désormais je ne banderai plus que des yeux Je ne banderai plus que des lèvres Tu pourras me bander les yeux et me bâillonner les lèvres Tant que tu voudras Je banderai encore Et si cela ne suffit pas Pour te prouver mon amour Je banderai aussi des oreilles et du nez Je banderai des mains et des doigts de pieds Je banderai de ma langue Mi pangolin mi orphie Je banderai de mon ombre Une fois deux fois trois fois Autant de fois qu'il le faudra Ce ne sera jamais dans le vide Car je banderai en toi Et même l'air qui t'environne Le soleil et la lune banderont de concert Jusqu'à ce que nous soyons orphies nues, chair et arêtes en rut, Sublimement réunis pour notre danse farandole et tantrique Enfin retrouvée.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 6:27 AM UTC
Je bande des yeux, je bande des lèvres
Muse Reine Tu veux et tu exiges que je me retienne Que je ne m'exhibe pas au tout venant Et que je ne bande que sur ordre exprès de toi Le cachet de la poste faisant foi A la minute heure seconde que tu t'es choisie Pour me déguster à distance. Tu dis que c'est la présence et non l'absence qui te stimule Et tu me dis que je te manque et que ma présence volcanique Te couvre de toutes parts en dépit de la distance. Moi je m'interroge Et je pense que c'est cette absence qui te met en transe Et je veux t'aimer profondément dans cette distance Comme tu n'as jamais été aimée. désirée, choyée, goûtée, savourée Léchée, embrassée, pénétrée, visitée, hantée, caressée, avalée, touchée Consommée, étreinte, engrossée, jouie, priée, chantée, dénudée Comblée, tétée, mordillée, mouillées, aspergé, respectée Mais pour cela il faut que ton âme et chair soient à nu Et la nudité dans la distance passe par la photographie ou la vidéo Et si tu veux que l'oiseau te respecte Il faut que tu le fasses voler et siffler d'aise à ta vue Car il n'aspire qu'à cela soir et matin : Voler au-dessus de tes collines et tes plaines Plonger dans tes lacs et rivières Nager dans tes eaux poissonneuses Plonger son bec dans ta chair ouverte et complice Et en tirer des petits poissons multicolores et chanteurs Chuchoter à ton oreille Les mots qui te font fondre de rires et de désir Ma muse précieuse et généreuse... Alors pour t'être agréable ma bien-aimée C 'est promis juré craché Désormais je ne banderai plus que des yeux Je ne banderai plus que des lèvres Tu pourras me bander les yeux et me bâillonner les lèvres Tant que tu voudras Je banderai encore Et si cela ne suffit pas Pour te prouver mon amour Je banderai aussi des oreilles et du nez Je banderai des mains et des doigts de pieds Je banderai de ma langue Mi pangolin mi orphie Je banderai de mon ombre Une fois deux fois trois fois Autant de fois qu'il le faudra Ce ne sera jamais dans le vide Car je banderai en toi Et même l'air qui t'environne Le soleil et la lune banderont de concert Jusqu'à ce que nous soyons orphies nues, chair et arêtes en rut, Sublimement réunis pour notre danse farandole et tantrique Enfin retrouvée.
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Que ce soit dimanche ou lundi Soir ou matin minuit midi Dans l'enfer ou le paradis Les amours aux amours ressemblent C'était hier que je t'ai dit Nous dormirons ensemble C'était hier et c'est demain Je n'ai plus que toi de chemin J'ai mis mon cœur entre tes mains Avec le tien comme il va l'amble Tout ce qu'il a de temps humain Nous dormirons ensemble Mon amour ce qui fut sera Le ciel est sur nous comme un drap J'ai refermé sur toi mes bras Et tant je t'aime que j'en tremble Aussi longtemps que tu voudras Nous dormirons ensemble.
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Nous dormirons ensemble
Ma fine Muse Je te jure passion indéfectible et courtoise Vénération et totale soumission Je suis vassal et dévôt chevalier Prêt à guerroyer de tournois en tournois Pour mon inaccessible dame suzeraine. Tu m'as octroyé pour encourager ma flamme Un mouchoir brodé de tes initiales Comme gage de ton amour adultère Et quand le désir de toi me ronge, me consomme Et me brûle de jalousie C'est avec extase que je presse Contre mon front tes douces initiales. Fais de ton fine et fol amant Ce que tu voudras Je suis ton esclave Assermenté Je ne cherche ni liberté Ni affranchissement Et s'il te plaît que je meure Je mourrai de fine amour En chantant la joie de ta beauté précieuse Comme un troubadour et sa viole pieuse.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:50 AM UTC
Dame suzeraine
Reprends de ce bouquet les trompeuses couleurs, Ces lettres qui font mon supplice, Ce portrait qui fut ton complice ; Il te ressemble, il rit, tout baigné de mes pleurs. Je te rends ce trésor funeste, Ce froid témoin de mon affreux ennui. Ton souvenir brûlant, que je déteste, Sera bientôt froid comme lui. Oh ! Reprends tout. Si ma main tremble encore, C'est que j'ai cru te voir sous ces traits que j'abhorre. Oui, j'ai cru rencontrer le regard d'un trompeur ; Ce fantôme a troublé mon courage timide. Ciel ! On peut donc mourir à l'aspect d'un perfide, Si son ombre fait tant de peur ! Comme ces feux errants dont le reflet égare, La flamme de ses yeux a passé devant moi ; Je rougis d'oublier qu'enfin tout nous sépare ; Mais je n'en rougis que pour toi. Que mes froids sentiments s'expriment avec peine ! Amour... que je te hais de m'apprendre la haine ! Eloigne-toi, reprends ces trompeuses couleurs, Ces lettres, qui font mon supplice, Ce portrait, qui fut ton complice ; Il te ressemble, il rit, tout baigné de mes pleurs ! Cache au moins ma colère au cruel qui t'envoie, Dis que j'ai tout brisé, sans larmes, sans efforts ; En lui peignant mes douloureux transports, Tu lui donnerais trop de joie. Reprends aussi, reprends les écrits dangereux, Où, cachant sous des fleurs son premier artifice, Il voulut essayer sa cruauté novice Sur un coeur simple et malheureux. Quand tu voudras encore égarer l'innocence, Quand tu voudras voir brûler et languir, Quand tu voudras faire aimer et mourir, N'emprunte pas d'autre éloquence. L'art de séduire est là, comme il est dans son coeur ! Va ! Tu n'as plus besoin d'étude. Sois léger par penchant, ingrat par habitude, Donne la fièvre, amour, et garde ta froideur. Ne change rien aux aveux pleins de charmes Dont la magie entraîne au désespoir : Tu peux de chaque mot calculer le pouvoir, Et choisir ceux encore imprégnés de mes larmes... Il n'ose me répondre, il s'envole... il est **** Puisse-t-il d'un ingrat éterniser l'absence ! Il faudrait par fierté sourire en sa présence : J'aime mieux souffrir sans témoin. Il ne reviendra plus, il sait que je l'abhorre ; Je l'ai dit à l'amour, qui déjà s'est enfui. S'il osait revenir, je le dirais encore : Mais on approche, on parle... hélas ! Ce n'est pas lui !
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À l'amour
Reprends de ce bouquet les trompeuses couleurs, Ces lettres qui font mon supplice, Ce portrait qui fut ton complice ; Il te ressemble, il rit, tout baigné de mes pleurs. Je te rends ce trésor funeste, Ce froid témoin de mon affreux ennui. Ton souvenir brûlant, que je déteste, Sera bientôt froid comme lui. Oh ! Reprends tout. Si ma main tremble encore, C'est que j'ai cru te voir sous ces traits que j'abhorre. Oui, j'ai cru rencontrer le regard d'un trompeur ; Ce fantôme a troublé mon courage timide. Ciel ! On peut donc mourir à l'aspect d'un perfide, Si son ombre fait tant de peur ! Comme ces feux errants dont le reflet égare, La flamme de ses yeux a passé devant moi ; Je rougis d'oublier qu'enfin tout nous sépare ; Mais je n'en rougis que pour toi. Que mes froids sentiments s'expriment avec peine ! Amour... que je te hais de m'apprendre la haine ! Eloigne-toi, reprends ces trompeuses couleurs, Ces lettres, qui font mon supplice, Ce portrait, qui fut ton complice ; Il te ressemble, il rit, tout baigné de mes pleurs ! Cache au moins ma colère au cruel qui t'envoie, Dis que j'ai tout brisé, sans larmes, sans efforts ; En lui peignant mes douloureux transports, Tu lui donnerais trop de joie. Reprends aussi, reprends les écrits dangereux, Où, cachant sous des fleurs son premier artifice, Il voulut essayer sa cruauté novice Sur un coeur simple et malheureux. Quand tu voudras encore égarer l'innocence, Quand tu voudras voir brûler et languir, Quand tu voudras faire aimer et mourir, N'emprunte pas d'autre éloquence. L'art de séduire est là, comme il est dans son coeur ! Va ! Tu n'as plus besoin d'étude. Sois léger par penchant, ingrat par habitude, Donne la fièvre, amour, et garde ta froideur. Ne change rien aux aveux pleins de charmes Dont la magie entraîne au désespoir : Tu peux de chaque mot calculer le pouvoir, Et choisir ceux encore imprégnés de mes larmes... Il n'ose me répondre, il s'envole... il est **** Puisse-t-il d'un ingrat éterniser l'absence ! Il faudrait par fierté sourire en sa présence : J'aime mieux souffrir sans témoin. Il ne reviendra plus, il sait que je l'abhorre ; Je l'ai dit à l'amour, qui déjà s'est enfui. S'il osait revenir, je le dirais encore : Mais on approche, on parle... hélas ! Ce n'est pas lui !
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Ma muse fildefériste, ma lionne ! ! ! Et si on dansait dans l 'ombre , La danse cinghalaise des couteaux Sous la houlette du feu de Manuel de Falla Funambules enlacés sur une corde raide En chanvre de Manille Trompe-la-mort sans balancier, A cinquante mètres au-dessus de l'abîme Combien de verges pourrais-tu marcher Sans te rompre le cou, mon Atalante, Pendant que je traverserais tes chutes du Niagara De nuit en plein feu d'artifices Avec la vélocité d'Hippomène A cloche-pied, à califourchon, Sur la tête, les bras ouverts En faisant sauts périlleux arrières et grands écarts Sur des échasses et avec un sac sur la tête ? Ou préférerais-tu que je te prenne en brouette Sur les trois cents mètres de la corde aérienne Et qu'en lieu et place des trois pommes d'or Je te retarde de tous les trésors que je possède De fleurs et de lanternes de toutes les couleurs De confettis et de guirlandes. J'ai préparé une bonne bouteille d'eau-de-vie Que nous sabrerons allongés sur la corde En dignes animaux à deux pieds et sans plumes Dans la posture que tu voudras du Kama-Sutra En portant un toast à Blondin, Le daredevil de Niagara Falls
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:35 AM UTC
Trompe-la-mort
Tu te frappais le front en lisant Lamartine, Edouard, tu pâlissais comme un joueur maudit ; Le frisson te prenait, et la foudre divine, Tombant dans ta poitrine, T'épouvantait toi-même en traversant ta nuit. Ah ! frappe-toi le coeur, c'est là qu'est le génie. C'est là qu'est la pitié, la souffrance et l'amour ; C'est là qu'est le rocher du désert de la vie, D'où les flots d'harmonie, Quand Moïse viendra, jailliront quelque jour. Peut-être à ton insu déjà bouillonnent-elles, Ces laves du volcan, dans les pleurs de tes yeux. Tu partiras bientôt avec les hirondelles, Toi qui te sens des ailes Lorsque tu vois passer un oiseau dans les cieux. Ah ! tu sauras alors ce que vaut la paresse ; Sur les rameaux voisins tu voudras revenir. Edouard, Edouard, ton front est encor sans tristesse, Ton coeur plein de jeunesse... Ah ! ne les frappe pas, ils n'auraient qu'à s'ouvrir !
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À mon ami Edouard B
Enfant aux airs d'impératrice, Colombe aux regards de faucon, Tu me hais, mais c'est mon caprice, De me planter sous ton balcon. Là, je veux, le pied sur la borne, Pinçant les nerfs, tapant le bois, Faire luire à ton carreau morne Ta lampe et ton front à la fois. Je défends à toute guitare De bourdonner aux alentours. Ta rue est à moi : - je la barre Pour y chanter seul mes amours, Et je coupe les deux oreilles Au premier racleur de jambon Qui devant la chambre où tu veilles Braille un couplet mauvais ou bon. Dans sa gaine mon couteau bouge ; Allons, qui veut de l'incarnat ? A son jabot qui veut du rouge Pour faire un bouton de grenat ? Le sang dans les veines s'ennuie, Car il est fait pour se montrer ; Le temps est noir, gare la pluie ! Poltrons, hâtez-vous de rentrer. Sortez, vaillants ! sortez, bravaches ! L'avant-bras couvert du manteau, Que sur vos faces de gavaches J'écrive des croix au couteau ! Qu'ils s'avancent ! seuls ou par bande, De pied ferme je les attends. A ta gloire il faut que je fende Les naseaux de ces capitans. Au ruisseau qui gêne ta marche Et pourrait salir tes pieds blancs, Corps du Christ ! je veux faire une arche Avec les côtes des galants. Pour te prouver combien je t'aime, Dis, je tuerai qui tu voudras : J'attaquerai Satan lui-même, Si pour linceul j'ai tes deux draps. Porte sourde ! - Fenêtre aveugle ! Tu dois pourtant ouïr ma voix ; Comme un taureau blessé je beugle, Des chiens excitant les abois ! Au moins plante un clou dans ta porte : Un clou pour accrocher mon coeur. A quoi sert que je le remporte Fou de rage, mort de langueur ?
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Rondalla
Enfant aux airs d'impératrice, Colombe aux regards de faucon, Tu me hais, mais c'est mon caprice, De me planter sous ton balcon. Là, je veux, le pied sur la borne, Pinçant les nerfs, tapant le bois, Faire luire à ton carreau morne Ta lampe et ton front à la fois. Je défends à toute guitare De bourdonner aux alentours. Ta rue est à moi : - je la barre Pour y chanter seul mes amours, Et je coupe les deux oreilles Au premier racleur de jambon Qui devant la chambre où tu veilles Braille un couplet mauvais ou bon. Dans sa gaine mon couteau bouge ; Allons, qui veut de l'incarnat ? A son jabot qui veut du rouge Pour faire un bouton de grenat ? Le sang dans les veines s'ennuie, Car il est fait pour se montrer ; Le temps est noir, gare la pluie ! Poltrons, hâtez-vous de rentrer. Sortez, vaillants ! sortez, bravaches ! L'avant-bras couvert du manteau, Que sur vos faces de gavaches J'écrive des croix au couteau ! Qu'ils s'avancent ! seuls ou par bande, De pied ferme je les attends. A ta gloire il faut que je fende Les naseaux de ces capitans. Au ruisseau qui gêne ta marche Et pourrait salir tes pieds blancs, Corps du Christ ! je veux faire une arche Avec les côtes des galants. Pour te prouver combien je t'aime, Dis, je tuerai qui tu voudras : J'attaquerai Satan lui-même, Si pour linceul j'ai tes deux draps. Porte sourde ! - Fenêtre aveugle ! Tu dois pourtant ouïr ma voix ; Comme un taureau blessé je beugle, Des chiens excitant les abois ! Au moins plante un clou dans ta porte : Un clou pour accrocher mon coeur. A quoi sert que je le remporte Fou de rage, mort de langueur ?
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Sonnet. Le soleil s'est couvert d'un crêpe. Comme lui, Ô Lune de ma vie ! emmitoufle-toi d'ombre ; Dors ou fume à ton gré ; sois muette, sois sombre, Et plonge tout entière au gouffre de l'Ennui ; Je t'aime ainsi ! Pourtant, si tu veux aujourd'hui, Comme un astre éclipsé qui sort de la pénombre, Te pavaner aux lieux que la Folie encombre, C'est bien ! Charmant poignard, jaillis de ton étui ! Allume ta prunelle à la flamme des lustres ! Allume le désir dans les regards des rustres ! Tout de toi m'est plaisir, morbide ou pétulant ; Sois ce que tu voudras, nuit noire, rouge aurore ; Il n'est pas une fibre en tout mon corps tremblant Qui ne crie : Ô mon cher Belzébuth, je t'adore !
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Le possédé
Ô Georges, tu seras un homme. - Tu sauras A qui tu dois ton coeur, à qui tu dois ton bras, Ce que ta voix doit dire au peuple, à l'homme, au monde ; Et je t'écouterai dans ma tombe profonde. Songe que je suis là ; songe que je t'entends ; Demande-toi si nous, les morts, sommes contents ; Tu le voudras, mon Georges. Oh ! je suis bien tranquille ! Ce que pour le grand peuple a fait la grande ville, Tout ce qu'après Cécrops, tout ce qu'après Rhéa, Paris chercha, trouva, porta, fonda, créa, Ces passages du Nil, du Rhin et de l'Adige, La Révolution française, ce prodige, La chute du passé, d'où, l'homme libre sort, La clarté du génie et la noirceur du sort, La France subjuguant et délivrant la terre, Tout cela t'emplira l'âme de ce mystère Dont l'homme est saisi, quand, à l'horizon lointain, Il sent la mer immense ou l'énorme destin. C'est ainsi que se font ceux qui parlent aux foules, Ceux que les ouragans, les rocs, les flots, les houles, Attirent, et qui sont rêveurs dans ce milieu Où le travail de l'homme aide au travail de Dieu. Alors tu songeras à nos vaillants ancêtres Ôtant le sceptre aux rois, ôtant les dieux aux prêtres, Au groupe affreux, tyrans, pontifes, scélérats ; Ému, tu penseras ; pensif, tu grandiras. Est-ce un rêve ? oh ! je crois t'entendre. A l'âme humaine, Aux nations qu'un vent d'en haut remue et mène, Aux peuples entraînés vers le but pas à pas, Tu diras les efforts tentés, les beaux trépas, Les combats, les travaux, les reprises sans nombre, L'aube démesurée emplissant la grande ombre ; Pour maintenir les coeurs à ce puissant niveau, Tu feras des anciens jaillir l'esprit nouveau ; Tu diras de nos temps les lutteurs héroïques, Ces vainqueurs purs, ces fiers soldats, ces fronts stoïques, Et tu feras songer, en les peignant si bien, Le jeune homme à ton père et le vieillard au mien. Novembre 1879.
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Ô Georges
Ô Georges, tu seras un homme. - Tu sauras A qui tu dois ton coeur, à qui tu dois ton bras, Ce que ta voix doit dire au peuple, à l'homme, au monde ; Et je t'écouterai dans ma tombe profonde. Songe que je suis là ; songe que je t'entends ; Demande-toi si nous, les morts, sommes contents ; Tu le voudras, mon Georges. Oh ! je suis bien tranquille ! Ce que pour le grand peuple a fait la grande ville, Tout ce qu'après Cécrops, tout ce qu'après Rhéa, Paris chercha, trouva, porta, fonda, créa, Ces passages du Nil, du Rhin et de l'Adige, La Révolution française, ce prodige, La chute du passé, d'où, l'homme libre sort, La clarté du génie et la noirceur du sort, La France subjuguant et délivrant la terre, Tout cela t'emplira l'âme de ce mystère Dont l'homme est saisi, quand, à l'horizon lointain, Il sent la mer immense ou l'énorme destin. C'est ainsi que se font ceux qui parlent aux foules, Ceux que les ouragans, les rocs, les flots, les houles, Attirent, et qui sont rêveurs dans ce milieu Où le travail de l'homme aide au travail de Dieu. Alors tu songeras à nos vaillants ancêtres Ôtant le sceptre aux rois, ôtant les dieux aux prêtres, Au groupe affreux, tyrans, pontifes, scélérats ; Ému, tu penseras ; pensif, tu grandiras. Est-ce un rêve ? oh ! je crois t'entendre. A l'âme humaine, Aux nations qu'un vent d'en haut remue et mène, Aux peuples entraînés vers le but pas à pas, Tu diras les efforts tentés, les beaux trépas, Les combats, les travaux, les reprises sans nombre, L'aube démesurée emplissant la grande ombre ; Pour maintenir les coeurs à ce puissant niveau, Tu feras des anciens jaillir l'esprit nouveau ; Tu diras de nos temps les lutteurs héroïques, Ces vainqueurs purs, ces fiers soldats, ces fronts stoïques, Et tu feras songer, en les peignant si bien, Le jeune homme à ton père et le vieillard au mien. Novembre 1879.
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Or, tu n'es pas vaincu, sinon par le Seigneur, Oppose au siècle un front de courage et d'honneur Bande ton coeur moins faible au fond que tu ne crois, Ne cherche, en fait d'abri, que l'ombre de la croix. Ceins, sinon l'innocence, hélas ! et la candeur, Du moins la tempérance et du moins la pudeur, Et dans le bon combat contre péchés et maux S'il faut, eh bien, emprunte à certains animaux, Béhémos et Léviathan, prudents qu'ils sont, Les armures pour la défensive qu'ils ont, Puisque ton cas, pour l'offensive est superflu. Abdique les airs martiaux où tu t'es plu. Laisse l'épée et te confie au bouclier. Carapace-toi bien, comme d'un bon acier, De discrétion fine et de fort quant-à-moi. Puis, quand tu voudras r'attaquer, reprends la Foi !
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Tu n'es pas vaincu, sinon par le Seigneur