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"racines" poems
Éloge de Monsieur de Montaigne (Dédié à Jean-Pierre) Toi seigneur de Montaigne, au si beau nom d'Eyquem que nul amateur de Bordeaux ne saurait négliger. Tu fus l'ami de La Boétie et un sage joyeux, Tu vécus en ton château, dont l'une des tours rondes, contenait une bibliothèque fournie. Toi, qui faisait cultiver ce vin de Bordeaux, qui sied au palais et plait tant aux anglais. Cher Montaigne ayant étudié à Bordeaux, au collège de Guyenne, Tu vécus en un temps empoisonné par les guerres de religion et ses sombres fureurs. Temps affreux ou l'homme égorgeait l'homme, qui ne partageait pas sa même lecture de la  Bible. Et dire que nous avions cru, ces temps-là, révolus ! C'est peut-être ce qui te poussa à choisir l'école stoïcienne, Bien que par ton tempérament et ta vie. Tu fus beaucoup plus proche des bonheurs de Lucrèce. Tu fus, un long temps, magistrat au Parlement de Bordeaux, bien que les chicaneries du Droit t'eussent vite lassées, et plus encore, la cruauté de ses modes de preuve. et cet acharnement infini des plaideurs, à n'en jamais finir, à faire rebondir les procès que tant d’énergie vaine te semblait pure perte. Mais tu voulais être utile et l'égoïsme étroit de l' «otium», choquait ta conscience. Tu eus un ami cher, Prince de Liberté et de distinction, Etienne de la Boétie, qui réfléchit avec profondeur, sur les racines de la tyrannie en nos propres faiblesses. Et de cette amitié, en recherchant les causes, Tu conclus et répondit ainsi : «Parce que c’était lui, parce que c’était moi» Révélant ainsi que la quintessence du bonheur de  vivre luit au cœur  de cette amitié dont nous sommes, à la fois, le réceptacle et l’offrande. Cher Michel de Montaigne, je voulais, te saluer ici et te faire savoir en quelle estime Je te tiens avec  tes «Essais» d’une bienveillante sagesse Qui font songer aux meilleurs vins mûris en barriques de chêne Et à ces cognacs qui éveillent l’Esprit et les sens, Même lorsque l’hiver nous pèse et nous engourdit Je voulais aussi te dire que de ton surnom J’ai nommé Jean-Pierre qui te ressemble si fort Et apporte une douce ironie à mes passions tumultueuses. Paul Arrighi
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Apr 21, 2016
Apr 21, 2016 at 6:16 AM UTC
Éloge de Monsieur de Montaigne
Éloge de Monsieur de Montaigne (Dédié à Jean-Pierre) Toi seigneur de Montaigne, au si beau nom d'Eyquem que nul amateur de Bordeaux ne saurait négliger. Tu fus l'ami de La Boétie et un sage joyeux, Tu vécus en ton château, dont l'une des tours rondes, contenait une bibliothèque fournie. Toi, qui faisait cultiver ce vin de Bordeaux, qui sied au palais et plait tant aux anglais. Cher Montaigne ayant étudié à Bordeaux, au collège de Guyenne, Tu vécus en un temps empoisonné par les guerres de religion et ses sombres fureurs. Temps affreux ou l'homme égorgeait l'homme, qui ne partageait pas sa même lecture de la  Bible. Et dire que nous avions cru, ces temps-là, révolus ! C'est peut-être ce qui te poussa à choisir l'école stoïcienne, Bien que par ton tempérament et ta vie. Tu fus beaucoup plus proche des bonheurs de Lucrèce. Tu fus, un long temps, magistrat au Parlement de Bordeaux, bien que les chicaneries du Droit t'eussent vite lassées, et plus encore, la cruauté de ses modes de preuve. et cet acharnement infini des plaideurs, à n'en jamais finir, à faire rebondir les procès que tant d’énergie vaine te semblait pure perte. Mais tu voulais être utile et l'égoïsme étroit de l' «otium», choquait ta conscience. Tu eus un ami cher, Prince de Liberté et de distinction, Etienne de la Boétie, qui réfléchit avec profondeur, sur les racines de la tyrannie en nos propres faiblesses. Et de cette amitié, en recherchant les causes, Tu conclus et répondit ainsi : «Parce que c’était lui, parce que c’était moi» Révélant ainsi que la quintessence du bonheur de  vivre luit au cœur  de cette amitié dont nous sommes, à la fois, le réceptacle et l’offrande. Cher Michel de Montaigne, je voulais, te saluer ici et te faire savoir en quelle estime Je te tiens avec  tes «Essais» d’une bienveillante sagesse Qui font songer aux meilleurs vins mûris en barriques de chêne Et à ces cognacs qui éveillent l’Esprit et les sens, Même lorsque l’hiver nous pèse et nous engourdit Je voulais aussi te dire que de ton surnom J’ai nommé Jean-Pierre qui te ressemble si fort Et apporte une douce ironie à mes passions tumultueuses. Paul Arrighi
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Comment est ce pour le début parfait à votre mardi?Uber - magnifique détails .les murs du Belmont Center et une robe BHLDN qui vous coupera le souffle briques apparentes .Un combo assez étonnant .non?Eh bien.c'est exactement ce que nous avons pour vous aujourd'hui.un amour - fest romantique conçu par Sara Gillianne Mariages \u0026Événements et capturé en belles images par Jessi Field.Voir tous ici .\u003cp\u003e un film fou frais de http://modedomicile.com chrisdscott Photographie ?Oui robe ceremonie fille .s'il vous plaît.S'il vous plaît mettre à jour votre browserColorsSeasonsFallSettingsUrban SpaceStylesRomanticRustic Elegance " La maison est où notre amour réside ; Quatre murs .deux coeurs . " Cela a commencé comme un simple vision dans ma tête .comme je l'imagine la plupart le font .Il est spécial pour moi que parce que mon inspiration robe de mariée courte vient de ma propre relation .Comme une famille de militaires .nos racines sont là où nous avons planté nos pieds .Cela change souvent dans cette situation .Accueil devint où nous nous sommes retrouvés .aussi longtemps que nous étions ensemble .C'est cette notion romantique qui m'a gardé à la terre et est le même que celui qui a inspiré ce tournage .Parfois .tout ce que vous avez vraiment besoin est amour robe ceremonie fille ( et quatre murs ) pour être vraiment «maison». L'équipe réunie pour ce tournage était tout simplement incroyable .C'était comme des étoiles alignées et tout était comme nous l'avions espéré dans le processus de planification . Ce tournage était vraiment un rêve devenu réalité pour moi .et j'aime que j'ai eu l' occasion de montrer notre talent local. Photographie : Jessi Field | Cinématographie : chrisdscott Photographie | Conception de l'événement: Sara Gillianne Mariages et Evénements | Fleurs : Supposey florale de mariage | robe : BHLDN | gâteau de mariage: Kiley Sellette | Réception Lieu: Le Centre Belmont | Maquillage: SarahPeake | cheveux : Maxine Lyvers | Articles faits à la main : Déclarations YOUnique | Hommes : Tenue de soirée de Gent | Modèle: Haven Turner | Modèle: Landon Tewers | Locations Vintage : hemstitch Location de cruBHLDN est un membre de notre Look Book .Pour plus d'informations sur la façon dont les membres sont choisis .cliquez ici
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Jul 13, 2014
Jul 13, 2014 at 10:27 PM UTC
Romantique Inspiration de mariage au Centre Belmont_robe de soirée grande taille
Comment est ce pour le début parfait à votre mardi?Uber - magnifique détails .les murs du Belmont Center et une robe BHLDN qui vous coupera le souffle briques apparentes .Un combo assez étonnant .non?Eh bien.c'est exactement ce que nous avons pour vous aujourd'hui.un amour - fest romantique conçu par Sara Gillianne Mariages \u0026Événements et capturé en belles images par Jessi Field.Voir tous ici .\u003cp\u003e un film fou frais de http://modedomicile.com chrisdscott Photographie ?Oui robe ceremonie fille .s'il vous plaît.S'il vous plaît mettre à jour votre browserColorsSeasonsFallSettingsUrban SpaceStylesRomanticRustic Elegance " La maison est où notre amour réside ; Quatre murs .deux coeurs . " Cela a commencé comme un simple vision dans ma tête .comme je l'imagine la plupart le font .Il est spécial pour moi que parce que mon inspiration robe de mariée courte vient de ma propre relation .Comme une famille de militaires .nos racines sont là où nous avons planté nos pieds .Cela change souvent dans cette situation .Accueil devint où nous nous sommes retrouvés .aussi longtemps que nous étions ensemble .C'est cette notion romantique qui m'a gardé à la terre et est le même que celui qui a inspiré ce tournage .Parfois .tout ce que vous avez vraiment besoin est amour robe ceremonie fille ( et quatre murs ) pour être vraiment «maison». L'équipe réunie pour ce tournage était tout simplement incroyable .C'était comme des étoiles alignées et tout était comme nous l'avions espéré dans le processus de planification . Ce tournage était vraiment un rêve devenu réalité pour moi .et j'aime que j'ai eu l' occasion de montrer notre talent local. Photographie : Jessi Field | Cinématographie : chrisdscott Photographie | Conception de l'événement: Sara Gillianne Mariages et Evénements | Fleurs : Supposey florale de mariage | robe : BHLDN | gâteau de mariage: Kiley Sellette | Réception Lieu: Le Centre Belmont | Maquillage: SarahPeake | cheveux : Maxine Lyvers | Articles faits à la main : Déclarations YOUnique | Hommes : Tenue de soirée de Gent | Modèle: Haven Turner | Modèle: Landon Tewers | Locations Vintage : hemstitch Location de cruBHLDN est un membre de notre Look Book .Pour plus d'informations sur la façon dont les membres sont choisis .cliquez ici
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Avant de nous couvrir de l'or, de la myrrhe et de la rosée Des eaux de nos volcans secrets Je voudrais avant l'ultime explication Avant qu'on n 'enterre sous nos mahots bleus, Nos arbres à pluie et nos figuiers étrangleurs, Panthéons naturels de nos divinités Nos cordons ombilicaux amoureux, Je voudrais, ma fine amour, Qu'on fasse ripaille dans les Terres Inconnues Qu'on fasse les 800 coups dans la Mer Dangereuse Qu'on mange, qu'on rie, qu'on s'émeuve dans la Mer d'Inimitié Qu'on prenne à bras le corps nos insaisissables cris et gémissements Incompréhensibles de dugongs et de baleines à bosses Qu'on s'en saisisse et qu'on les épingle Comme des papillons rares sur une planche Ou des fougères phosphorescentes sur un herbier Sous du papier buvard avant de les faire sécher A l'étuve de nos passions microendémiques. Etudions la fréquence de nos cris Et de nos épanchements Grâce aux balises GPS Inventorions les sauts intimes, les semences nouvelles, les racines-arceaux Et donnons un nom local et scientifique à chaque nouvelle espèce A chaque nouvelle danse, morsure, griffure ou caresse Récupérons des spécimens de nos territoires Identifions les hot spots de notre patrimoine amoureux Et en fonction de leur risque d'extinction Elaborons un plan de sauvegarde de la biodiversité De notre Carte de Tendre De nos fonds, de nos mangroves et de nos pitons. Nous sommes botanistes, océanographes et naturalistes Nous sommes vétérinaires de notre réserve naturelle Notre jardin des plantes, notre forêt, notre laboratoire Notre pépinière, notre refuge, notre corps tropical.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:32 AM UTC
Avant l'ultime explication
Avant de nous couvrir de l'or, de la myrrhe et de la rosée Des eaux de nos volcans secrets Je voudrais avant l'ultime explication Avant qu'on n 'enterre sous nos mahots bleus, Nos arbres à pluie et nos figuiers étrangleurs, Panthéons naturels de nos divinités Nos cordons ombilicaux amoureux, Je voudrais, ma fine amour, Qu'on fasse ripaille dans les Terres Inconnues Qu'on fasse les 800 coups dans la Mer Dangereuse Qu'on mange, qu'on rie, qu'on s'émeuve dans la Mer d'Inimitié Qu'on prenne à bras le corps nos insaisissables cris et gémissements Incompréhensibles de dugongs et de baleines à bosses Qu'on s'en saisisse et qu'on les épingle Comme des papillons rares sur une planche Ou des fougères phosphorescentes sur un herbier Sous du papier buvard avant de les faire sécher A l'étuve de nos passions microendémiques. Etudions la fréquence de nos cris Et de nos épanchements Grâce aux balises GPS Inventorions les sauts intimes, les semences nouvelles, les racines-arceaux Et donnons un nom local et scientifique à chaque nouvelle espèce A chaque nouvelle danse, morsure, griffure ou caresse Récupérons des spécimens de nos territoires Identifions les hot spots de notre patrimoine amoureux Et en fonction de leur risque d'extinction Elaborons un plan de sauvegarde de la biodiversité De notre Carte de Tendre De nos fonds, de nos mangroves et de nos pitons. Nous sommes botanistes, océanographes et naturalistes Nous sommes vétérinaires de notre réserve naturelle Notre jardin des plantes, notre forêt, notre laboratoire Notre pépinière, notre refuge, notre corps tropical.
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Du haut de la montagne, Près de Guadarrama, On découvre l'Espagne Comme un panorama. A l'horizon sans borne Le grave Escurial Lève son dôme morne, Noir de l'ennui royal ; Et l'on voit dans l'estompe Du brouillard cotonneux, Si **** que l'oeil s'y trompe, Madrid, point lumineux ! La montagne est si haute, Que ses flancs de granit N'ont que l'aigle pour hôte, Pour maison que son nid ; Car l'hiver pâle assiège Les pics étincelants, Tout argentés de neige, Comme des vieillards blancs. J'aime leur crête pure, Même aux tièdes saisons D'une froide guipure Bordant les horizons ; Les nuages sublimes, Ainsi que d'un turban Chaperonnant leurs cimes De pluie et d'ouragan ; Le pin, dont les racines, Comme de fortes mains, Déchirent les ravines Sur le flanc des chemins, Et l'eau diamantée Qui, sous l'herbe courant, D'un caillou tourmentée, Chuchote un nom bien grand ! Mais, avant toute chose, J'aime, au coeur du rocher, La petite fleur rose, La fleur qu'il faut chercher !
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La petite fleur rose
Toi qui m'entends sans peur te parler de la mort, Parce que ton espoir te promet qu'elle endort Et que le court sommeil commencé dans son ombre S'achève au clair pays des étoiles sans nombre, Reçois mon dernier vœu pour le jour où j'irai Tenter seul, avant toi, si ton espoir dit vrai. Ne cultive au-dessus de mes paupières closes Ni de grands dahlias, ni d'orgueilleuses roses, Ni de rigides lis : ces fleurs montent trop haut. Ce ne sont pas des fleurs si fières qu'il me faut, Car je ne sentirais de ces raides voisines Que le tâtonnement funèbre des racines. Au lieu des dahlias, des roses et des lis, Transplante près de moi le *** volubilis Qui, familier, grimpant le long du vert treillage Pour denteler l'azur où ton âme voyage, Forme de ta beauté le cadre habituel Et fait de ta fenêtre un jardin dans le ciel. Voilà le compagnon que je veux à ma cendre : Flexible, il saura bien jusque vers moi descendre. Quand tu l'auras baisé, chérie, en me nommant, Par quelque étroite fente il viendra doucement, Messager de ton cœur, dans ma suprême couche, Fleurir de ton espoir le néant de ma bouche.
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Le volubilis
Les pitons des sierras, les dunes du désert, Où ne pousse jamais un seul brin d'herbe vert ; Les monts aux flancs zébrés de tuf, d'ocre et de marne, Et que l'éboulement de jour en jour décharne, Le grès plein de micas papillotant aux yeux, Le sable sans profit buvant les pleurs des cieux, Le rocher renfrogné dans sa barbe de ronce ; L'ardente solfatare avec la pierre-ponce, Sont moins secs et moins morts aux végétations Que le roc de mon coeur ne l'est aux passions. Le soleil de midi, sur le sommet aride, Répand à flots plombés sa lumière livide, Et rien n'est plus lugubre et désolant à voir Que ce grand jour frappant sur ce grand désespoir. Le lézard pâmé bâille, et parmi l'herbe cuite On entend résonner les vipères en fuite. Là, point de marguerite au coeur étoilé d'or, Point de muguet prodigue égrenant son trésor ; Là point de violette ignorée et charmante, Dans l'ombre se cachant comme une pâle amante ; Mais la broussaille rousse et le tronc d'arbre mort, Que le genou du vent comme un arc plie et tord : Là, pas d'oiseau chanteur, ni d'abeille en voyage, Pas de ramier plaintif déplorant son veuvage ; Mais bien quelque vautour, quelque aigle montagnard, Sur le disque enflammé fixant son oeil hagard, Et qui, du haut du pic où son pied prend racine, Dans l'or fauve du soir durement se dessine. Tel était le rocher que Moïse, au désert, Toucha de sa baguette, et dont le flanc ouvert, Tressaillant tout à coup, fit jaillir en arcade Sur les lèvres du peuple une fraîche cascade. Ah ! s'il venait à moi, dans mon aridité, Quelque reine des coeurs, quelque divinité, Une magicienne, un Moïse femelle, Traînant dam le désert les peuples après elle, Qui frappât le rocher de mon coeur endurci, Comme de l'autre roche, on en verrait aussi Sortir en jets d'argent des eaux étincelantes, Où viendraient s'abreuver les racines des plantes ; Où les pâtres errants conduiraient leurs troupeaux, Pour se coucher à l'ombre et prendre le repos, Où, comme en un vivier les cigognes fidèles Plongeraient leurs grands becs et laveraient leurs ailes.
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In deserto
Les pitons des sierras, les dunes du désert, Où ne pousse jamais un seul brin d'herbe vert ; Les monts aux flancs zébrés de tuf, d'ocre et de marne, Et que l'éboulement de jour en jour décharne, Le grès plein de micas papillotant aux yeux, Le sable sans profit buvant les pleurs des cieux, Le rocher renfrogné dans sa barbe de ronce ; L'ardente solfatare avec la pierre-ponce, Sont moins secs et moins morts aux végétations Que le roc de mon coeur ne l'est aux passions. Le soleil de midi, sur le sommet aride, Répand à flots plombés sa lumière livide, Et rien n'est plus lugubre et désolant à voir Que ce grand jour frappant sur ce grand désespoir. Le lézard pâmé bâille, et parmi l'herbe cuite On entend résonner les vipères en fuite. Là, point de marguerite au coeur étoilé d'or, Point de muguet prodigue égrenant son trésor ; Là point de violette ignorée et charmante, Dans l'ombre se cachant comme une pâle amante ; Mais la broussaille rousse et le tronc d'arbre mort, Que le genou du vent comme un arc plie et tord : Là, pas d'oiseau chanteur, ni d'abeille en voyage, Pas de ramier plaintif déplorant son veuvage ; Mais bien quelque vautour, quelque aigle montagnard, Sur le disque enflammé fixant son oeil hagard, Et qui, du haut du pic où son pied prend racine, Dans l'or fauve du soir durement se dessine. Tel était le rocher que Moïse, au désert, Toucha de sa baguette, et dont le flanc ouvert, Tressaillant tout à coup, fit jaillir en arcade Sur les lèvres du peuple une fraîche cascade. Ah ! s'il venait à moi, dans mon aridité, Quelque reine des coeurs, quelque divinité, Une magicienne, un Moïse femelle, Traînant dam le désert les peuples après elle, Qui frappât le rocher de mon coeur endurci, Comme de l'autre roche, on en verrait aussi Sortir en jets d'argent des eaux étincelantes, Où viendraient s'abreuver les racines des plantes ; Où les pâtres errants conduiraient leurs troupeaux, Pour se coucher à l'ombre et prendre le repos, Où, comme en un vivier les cigognes fidèles Plongeraient leurs grands becs et laveraient leurs ailes.
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À Camille de Sainte-Croix. Vous cachez vos cheveux, la toison impudique, Vous cachez vos sourcils, ces moustaches des yeux, Et vous cachez vos yeux, ces globes soucieux, Miroirs plein d'ombre où reste une image sadique ; L'oreille ourlée ainsi qu'un gouffre, la mimique Des lèvres, leur blessure écarlate, les creux De la joue, et la langue au bout rose et joyeux, Vous les cachez, et vous cachez le nez unique ! Votre voile vous garde ainsi qu'une maison Et la maison vous garde ainsi qu'une prison ; Je vous comprends : l'Amour aime une immense scène. Frère, n'est-ce pas là la femme que tu veux : Complètement pudique, absolument obscène, Des racines des pieds aux pointes des cheveux ?
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Sonnet - Musulmanes
Ouate sacrée de fromager sauvage Déraciné, fossilisé, Les racines en l 'air Hors du sol, suspendues A des chaînes Elle survit pourtant Envers et contre tout. Dans ses contreforts Des offrandes déposées Et chaque fois qu 'elle s 'effiloche Chaque fois qu 'elle se désintègre Une autre prend comme par magie la relève Et perpétue son kapok centenaire. Ne lui demandez pas la couleur de son coton Demandez-lui la couleur du rhum épicé Pour soulager ses chaînes. Regarder des racines sèches ne fait pas repousser l 'arbre Regarder des cabosses au sol ne fait pas renaître le gui. Chevauchez les ouates farouches De mapou rouge Hantez de votre parade nuptiale Les fétiches qui hurlent dans la canopée En dansant le branle des paradisiers De ma Première Dame, De ma Grande Brigitte.
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Aug 25, 2019
Aug 25, 2019 at 5:37 AM UTC
En dansant le branle des paradisiers
Puisque nos heures sont remplies De trouble et de calamités ; Puisque les choses que tu lies Se détachent de tous côtés ; Puisque nos pères et nos mères Sont allés où nous irons tous, Puisque des enfants, têtes chères, Se sont endormis avant nous ; Puisque la terre où tu t'inclines Et que tu mouilles de tes pleurs, A déjà toutes nos racines Et quelques-unes de nos fleurs ; Puisqu'à la voix de ceux qu'on aime Ceux qu'on aima mêlent leurs voix ; Puisque nos illusions même Sont pleines d'ombres d'autrefois ; Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase On sent la douleur déborder, Puisque la vie est comme un vase Qu'on ne peut emplir ni vider ; Puisqu'à mesure qu'on avance Dans plus d'ombre on sent flotter ; Puisque la menteuse espérance N'a plus de conte à nous conter ; Puisque le cadran, quand il sonne, Ne nous promet rien pour demain, Puisqu'on ne connaît plus personne De ceux qui vont dans le chemin, Mets ton esprit hors de ce monde ! Mets ton rêve ailleurs qu'ici-bas ! Ta perle n'est pas dans notre onde ! Ton sentier n'est point sous nos pas ! Quand la nuit n'est pas étoilée, Viens te bercer aux flots des mers ; Comme la mort elle est voilée, Comme la vie ils sont amers. L'ombre et l'abîme ont un mystère Que nul mortel ne pénétra ; C'est Dieu qui leur dit de se taire Jusqu'au jour où tout parlera ! D'autres yeux de ces flots sans nombre Ont vainement cherche le fond ; D'autres yeux se sont emplis d'ombre A contempler ce ciel profond. Toi, demande au monde nocturne De la paix pour ton cœur désert ! Demande une goutte à cette urne ! Demande un chant à ce concert ! Plane au-dessus des autres femmes, Et laisse errer tes yeux si beaux Entre le ciel où sont les âmes Et la terre où sont les tombeaux ! Le 19 février 1835.
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Puisque nos heures sont remplies
Puisque nos heures sont remplies De trouble et de calamités ; Puisque les choses que tu lies Se détachent de tous côtés ; Puisque nos pères et nos mères Sont allés où nous irons tous, Puisque des enfants, têtes chères, Se sont endormis avant nous ; Puisque la terre où tu t'inclines Et que tu mouilles de tes pleurs, A déjà toutes nos racines Et quelques-unes de nos fleurs ; Puisqu'à la voix de ceux qu'on aime Ceux qu'on aima mêlent leurs voix ; Puisque nos illusions même Sont pleines d'ombres d'autrefois ; Puisqu'à l'heure où l'on boit l'extase On sent la douleur déborder, Puisque la vie est comme un vase Qu'on ne peut emplir ni vider ; Puisqu'à mesure qu'on avance Dans plus d'ombre on sent flotter ; Puisque la menteuse espérance N'a plus de conte à nous conter ; Puisque le cadran, quand il sonne, Ne nous promet rien pour demain, Puisqu'on ne connaît plus personne De ceux qui vont dans le chemin, Mets ton esprit hors de ce monde ! Mets ton rêve ailleurs qu'ici-bas ! Ta perle n'est pas dans notre onde ! Ton sentier n'est point sous nos pas ! Quand la nuit n'est pas étoilée, Viens te bercer aux flots des mers ; Comme la mort elle est voilée, Comme la vie ils sont amers. L'ombre et l'abîme ont un mystère Que nul mortel ne pénétra ; C'est Dieu qui leur dit de se taire Jusqu'au jour où tout parlera ! D'autres yeux de ces flots sans nombre Ont vainement cherche le fond ; D'autres yeux se sont emplis d'ombre A contempler ce ciel profond. Toi, demande au monde nocturne De la paix pour ton cœur désert ! Demande une goutte à cette urne ! Demande un chant à ce concert ! Plane au-dessus des autres femmes, Et laisse errer tes yeux si beaux Entre le ciel où sont les âmes Et la terre où sont les tombeaux ! Le 19 février 1835.
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