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"toiles" poems
Ceux qui tiennent le soc, la truelle ou la lime, Sont plus heureux que vous, enfants de l'art sublime ! Chaque jour les vient secourir Dans leurs quotidiennes misères ; Mais vous, les travailleurs pensifs aux mains légères, Vos ouvrages vous font mourir. L'austère paysan laboure pour les autres, Et ses rudes travaux sont pires que les vôtres ; Mais il retient, pour se nourrir, Sa part des gerbes étrangères ; Vous qui chantez, tressant des guirlandes légères, Les moissons vous laissent mourir. Le rouge forgeron, dans la nuit de sa forge, Sue au brasier brûlant qui lui sèche la gorge ; Mais il boit, sans les voir tarir, Les petits vins dans les gros verres ; Et vous qui ciselez l'or des coupes légères, Les celliers vous laissent mourir. Le pâle tisserand, courbé devant ses toiles, Ne contemple jamais l'azur ni les étoiles ; Mais il parvient à se couvrir, La froidure ne l'atteint guères ; Vous qui tramez le rêve en dentelles légères, Les longs hivers vous font mourir. L'audacieux maçon qui, d'étage en étage, Suspend sa vie au mince et frêle échafaudage À bien des dangers à courir ; Mais ses fils auront des chaumières ; Vous qui dressez vers Dieu des échelles légères, Sans foyer vous devez mourir. Tous vaincus, mais en paix avec la destinée, Aux approches du soir, la tâche terminée, Reviennent aimer sans souffrir Près des robustes ménagères ; Vous qui poursuivez l'âme aux caresses légères, Les tendresses vous font mourir.
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La chanson des métiers
Ceux qui tiennent le soc, la truelle ou la lime, Sont plus heureux que vous, enfants de l'art sublime ! Chaque jour les vient secourir Dans leurs quotidiennes misères ; Mais vous, les travailleurs pensifs aux mains légères, Vos ouvrages vous font mourir. L'austère paysan laboure pour les autres, Et ses rudes travaux sont pires que les vôtres ; Mais il retient, pour se nourrir, Sa part des gerbes étrangères ; Vous qui chantez, tressant des guirlandes légères, Les moissons vous laissent mourir. Le rouge forgeron, dans la nuit de sa forge, Sue au brasier brûlant qui lui sèche la gorge ; Mais il boit, sans les voir tarir, Les petits vins dans les gros verres ; Et vous qui ciselez l'or des coupes légères, Les celliers vous laissent mourir. Le pâle tisserand, courbé devant ses toiles, Ne contemple jamais l'azur ni les étoiles ; Mais il parvient à se couvrir, La froidure ne l'atteint guères ; Vous qui tramez le rêve en dentelles légères, Les longs hivers vous font mourir. L'audacieux maçon qui, d'étage en étage, Suspend sa vie au mince et frêle échafaudage À bien des dangers à courir ; Mais ses fils auront des chaumières ; Vous qui dressez vers Dieu des échelles légères, Sans foyer vous devez mourir. Tous vaincus, mais en paix avec la destinée, Aux approches du soir, la tâche terminée, Reviennent aimer sans souffrir Près des robustes ménagères ; Vous qui poursuivez l'âme aux caresses légères, Les tendresses vous font mourir.
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The path to happiness is a lonely journey, a constant struggle, a battle with himself, every single minute of the day, he fights his thoughts, he goes to war with his desires, he strives and toiles, constantly beating down his own soul, until one day he achieves control over himself, such discipline that the devil whispers and the man laughs in his face, you cannot touch me now! you are weak and I am strong! I have overcome myself so I can overcome you! I have overcome the strongest of desires! Of food and drink and *** so who are you? Pitiful devil. No control can you obtain over me now.
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Mar 6, 2018
Mar 6, 2018 at 10:19 AM UTC
The path to happiness
Quand tu ris je frissonne et je danse Je pleure à chaudes larmes, je tournoie A gorge déployée Je me désopile. Quand tu ris c'est Vénus qui me chevauche Et me vénère ! C'est comme un rire aphrodisiaque Un rire interdit Un rire noir qui bouillonne à petit feu et qui enfle sa pulpe d'ébène pour accueillir le parfum du musc. Je me sens alors privilégié Appelle-moi ton Empereur de Chine Je suis consommateur captif de ce rire. Rare Quand tu ris tu éclates Tu meurs Tu ****** sur toi Tu te plies Tu te dérides Tu es hilare ! Quand tu ris Tous tes jardins secrets S'enivrent et se font jour A travers tes lèvres et tes dents On voit apparaître des elfes et des lutins Qui frissonnent aux toiles d'araignées Tendues au fond de ta gorge Pour que ton rire parte ad libitum Et finisse en soupir. Quand tu ris tu respires Mieux tu inspires Et quand ton rire expire C'est pour renaître bientôt Comme une chute du Zambèze Dont on ne connait pas la source Quand tu ris c'est le signal, Muse vénérée, Alors je me marre Je m'amarre à tes eaux pour m'asperger de toi Et me contaminer de ton fou rire vénérien.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 6:56 AM UTC
Rires et frissons
Puisque rien ne t'arrête en cet heureux pays, Ni l'ombre du palmier, ni le jaune maïs, Ni le repos, ni l'abondance, Ni de voir à ta voix battre le jeune sein De nos sœurs, dont, les soirs, le tournoyant essaim Couronne un coteau de sa danse, Adieu, voyageur blanc ! J'ai sellé de ma main, De peur qu'il ne te jette aux pierres du chemin, Ton cheval à l'œil intrépide ; Ses pieds fouillent le sol, sa croupe est belle à voir, Ferme, ronde et luisante ainsi qu'un rocher noir Que polit une onde rapide. Tu marches donc sans cesse ! Oh ! que n'es-tu de ceux Qui donnent pour limite à leurs pieds paresseux Leur toit de branches ou de toiles ! Qui, rêveurs, sans en faire, écoutent les récits, Et souhaitent, le soir, devant leur porte assis, De s'en aller dans les étoiles ! Si tu l'avais voulu, peut-être une de nous, Ô jeune homme, eût aimé te servir à genoux Dans nos huttes toujours ouvertes ; Elle eût fait, en berçant ton sommeil de ses chants, Pour chasser de ton front les moucherons méchants, Un éventail de feuilles vertes. Mais tu pars ! - Nuit et jour, tu vas seul et jaloux. Le fer de ton cheval arrache aux durs cailloux Une poussière d'étincelles ; A ta lance qui passe et dans l'ombre reluit, Les aveugles démons qui volent dans la nuit Souvent ont déchiré leurs ailes. Si tu reviens, gravis, pour trouver ce hameau, Ce mont noir qui de **** semble un dos de chameau ; Pour trouver ma hutte fidèle, Songe à son toit aigu comme une ruche à miel, Qu'elle n'a qu'une porte, et qu'elle s'ouvre au ciel Du côté d'où vient l'hirondelle. Si tu ne reviens pas, songe un peu quelquefois Aux filles du désert, sœurs à la douce voix, Qui dansent pieds nus sur la dune ; Ô beau jeune homme blanc, bel oiseau passager, Souviens-toi, car peut-être, ô rapide étranger, Ton souvenir reste à plus d'une ! Adieu donc ! - Va tout droit. Garde-toi du soleil Qui dore nos fronts bruns, mais brûle un teint vermeil ; De l'Arabie infranchissable ; De la vieille qui va seule et d'un pas tremblant ; Et de ceux qui le soir, avec un bâton blanc, Tracent des cercles sur le sable ! Le 24 novembre 1828.
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Adieux de l'hôtesse arabe
Puisque rien ne t'arrête en cet heureux pays, Ni l'ombre du palmier, ni le jaune maïs, Ni le repos, ni l'abondance, Ni de voir à ta voix battre le jeune sein De nos sœurs, dont, les soirs, le tournoyant essaim Couronne un coteau de sa danse, Adieu, voyageur blanc ! J'ai sellé de ma main, De peur qu'il ne te jette aux pierres du chemin, Ton cheval à l'œil intrépide ; Ses pieds fouillent le sol, sa croupe est belle à voir, Ferme, ronde et luisante ainsi qu'un rocher noir Que polit une onde rapide. Tu marches donc sans cesse ! Oh ! que n'es-tu de ceux Qui donnent pour limite à leurs pieds paresseux Leur toit de branches ou de toiles ! Qui, rêveurs, sans en faire, écoutent les récits, Et souhaitent, le soir, devant leur porte assis, De s'en aller dans les étoiles ! Si tu l'avais voulu, peut-être une de nous, Ô jeune homme, eût aimé te servir à genoux Dans nos huttes toujours ouvertes ; Elle eût fait, en berçant ton sommeil de ses chants, Pour chasser de ton front les moucherons méchants, Un éventail de feuilles vertes. Mais tu pars ! - Nuit et jour, tu vas seul et jaloux. Le fer de ton cheval arrache aux durs cailloux Une poussière d'étincelles ; A ta lance qui passe et dans l'ombre reluit, Les aveugles démons qui volent dans la nuit Souvent ont déchiré leurs ailes. Si tu reviens, gravis, pour trouver ce hameau, Ce mont noir qui de **** semble un dos de chameau ; Pour trouver ma hutte fidèle, Songe à son toit aigu comme une ruche à miel, Qu'elle n'a qu'une porte, et qu'elle s'ouvre au ciel Du côté d'où vient l'hirondelle. Si tu ne reviens pas, songe un peu quelquefois Aux filles du désert, sœurs à la douce voix, Qui dansent pieds nus sur la dune ; Ô beau jeune homme blanc, bel oiseau passager, Souviens-toi, car peut-être, ô rapide étranger, Ton souvenir reste à plus d'une ! Adieu donc ! - Va tout droit. Garde-toi du soleil Qui dore nos fronts bruns, mais brûle un teint vermeil ; De l'Arabie infranchissable ; De la vieille qui va seule et d'un pas tremblant ; Et de ceux qui le soir, avec un bâton blanc, Tracent des cercles sur le sable ! Le 24 novembre 1828.
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Or çà, la belle fille, Ouvrez cette mantille ! C'est trop de cruauté ; Faites-nous cette joie Que pleinement on voie Toute votre beauté. Apprenez-le, mignonne, Quand le bon Dieu vous donne Un corps aussi parfait, C'est afin qu'on le sache, Et c'est péché qu'on cache Le présent qu'il a fait. Aime-moi, je suis riche Comme un joueur qui triche, Comme un juif usurier : On peut m'aimer sans honte, La couronne de comte Rayonne à mon cimier. Je suis, comme doit faire Tout fils de noble père, Les usages anciens : On m'encense à ma place ; Mon prêtre, avant la chasse, Dit la messe à mes chiens. J'ai de beaux équipages, Des valets et des pages À n'en savoir le nom : J'ai des vassaux sans nombre Qui vont baisant mon ombre Et portent mon pennon. Soupèse un peu, la belle, Cette lourde escarcelle, Hé bien, elle est à toi ! Je veux que ma maîtresse Fasse envie, en richesse, À la femme d'un roi. Tu rejettes mes offres ? Allons, vide tes coffres, Argentier de Satan ! Fais vite, ou je dépêche, Juif, ta carcasse sèche Au diable qui l'attend. Des robes qu'on déploie, De velours ou de soie, Quelle est celle à ton goût ? Ces riches pendeloques, Qu'entre les doigts tu choques, Prends, je te donne tout : Colliers dont chaque maille De cent couleurs s'émaille, Magnifiques habits, Beaux satins, fines toiles, Brocarts semés d'étoiles, Diamants et rubis ! Oui, pour t'avoir, la belle, Si tu fais la rebelle, J'engagerais mon bien... - Merci, mon gentilhomme, Reprenez votre somme, J'ai tout donné pour rien.
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J'ai tout donné pour rien
Or çà, la belle fille, Ouvrez cette mantille ! C'est trop de cruauté ; Faites-nous cette joie Que pleinement on voie Toute votre beauté. Apprenez-le, mignonne, Quand le bon Dieu vous donne Un corps aussi parfait, C'est afin qu'on le sache, Et c'est péché qu'on cache Le présent qu'il a fait. Aime-moi, je suis riche Comme un joueur qui triche, Comme un juif usurier : On peut m'aimer sans honte, La couronne de comte Rayonne à mon cimier. Je suis, comme doit faire Tout fils de noble père, Les usages anciens : On m'encense à ma place ; Mon prêtre, avant la chasse, Dit la messe à mes chiens. J'ai de beaux équipages, Des valets et des pages À n'en savoir le nom : J'ai des vassaux sans nombre Qui vont baisant mon ombre Et portent mon pennon. Soupèse un peu, la belle, Cette lourde escarcelle, Hé bien, elle est à toi ! Je veux que ma maîtresse Fasse envie, en richesse, À la femme d'un roi. Tu rejettes mes offres ? Allons, vide tes coffres, Argentier de Satan ! Fais vite, ou je dépêche, Juif, ta carcasse sèche Au diable qui l'attend. Des robes qu'on déploie, De velours ou de soie, Quelle est celle à ton goût ? Ces riches pendeloques, Qu'entre les doigts tu choques, Prends, je te donne tout : Colliers dont chaque maille De cent couleurs s'émaille, Magnifiques habits, Beaux satins, fines toiles, Brocarts semés d'étoiles, Diamants et rubis ! Oui, pour t'avoir, la belle, Si tu fais la rebelle, J'engagerais mon bien... - Merci, mon gentilhomme, Reprenez votre somme, J'ai tout donné pour rien.
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Lorsque Abd-el-Kader dans sa geôle Vit entrer l'homme aux yeux étroits Que l'histoire appelle - ce drôle, - Et Troplong - Napoléon trois ; Qu'il vit venir, de sa croisée, Suivi du troupeau qui le sert, L'homme louche de l'Elysée, - Lui, l'homme fauve du désert ; Lui, le sultan né sous les palmes, Le compagnon des lions roux, Le hadji farouche aux yeux calmes, L'émir pensif, féroce et doux ; Lui, sombre et fatal personnage Qui, spectre pâle au blanc burnous, Bondissait, ivre de carnage, Puis tombait dans l'ombre à genoux ; Qui, de sa tente ouvrant les toiles, Et priant au bord du chemin, Tranquille, montrait aux étoiles Ses mains teintes de sang humain ; Qui donnait à boire aux épées, Et qui, rêveur mystérieux, Assis sur des têtes coupées, Contemplait la beauté des cieux ; Voyant ce regard fourbe et traître, Ce front bas, de honte obscurci, Lui, le beau soldat, le beau prêtre, Il dit : « Quel est cet homme-ci ? » Devant ce vil masque à moustaches, Il hésita ; mais on lui dit : « Regarde, émir, passer les haches ! Cet homme, c'est César bandit. « Ecoute ces plaintes amères Et cette clameur qui grandit. Cet homme est maudit par les mères, Par les femmes il est maudit ; « Il les fait veuves, Il les navre Il prit la France et la tua, Il ronge à présent son cadavre. » Alors le hadji salua. Mais au fond toutes ses pensées Méprisaient le sanglant gredin Le tigre aux narines froncées Flairait ce loup avec dédain. Jersey, le 20 novembre.
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Orientale
Lorsque Abd-el-Kader dans sa geôle Vit entrer l'homme aux yeux étroits Que l'histoire appelle - ce drôle, - Et Troplong - Napoléon trois ; Qu'il vit venir, de sa croisée, Suivi du troupeau qui le sert, L'homme louche de l'Elysée, - Lui, l'homme fauve du désert ; Lui, le sultan né sous les palmes, Le compagnon des lions roux, Le hadji farouche aux yeux calmes, L'émir pensif, féroce et doux ; Lui, sombre et fatal personnage Qui, spectre pâle au blanc burnous, Bondissait, ivre de carnage, Puis tombait dans l'ombre à genoux ; Qui, de sa tente ouvrant les toiles, Et priant au bord du chemin, Tranquille, montrait aux étoiles Ses mains teintes de sang humain ; Qui donnait à boire aux épées, Et qui, rêveur mystérieux, Assis sur des têtes coupées, Contemplait la beauté des cieux ; Voyant ce regard fourbe et traître, Ce front bas, de honte obscurci, Lui, le beau soldat, le beau prêtre, Il dit : « Quel est cet homme-ci ? » Devant ce vil masque à moustaches, Il hésita ; mais on lui dit : « Regarde, émir, passer les haches ! Cet homme, c'est César bandit. « Ecoute ces plaintes amères Et cette clameur qui grandit. Cet homme est maudit par les mères, Par les femmes il est maudit ; « Il les fait veuves, Il les navre Il prit la France et la tua, Il ronge à présent son cadavre. » Alors le hadji salua. Mais au fond toutes ses pensées Méprisaient le sanglant gredin Le tigre aux narines froncées Flairait ce loup avec dédain. Jersey, le 20 novembre.
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