"soumis" poems
Un couloir de carrelage
Windows 95
Lumière turquoise
Mouette virtuelle
Soudain un glitch
Statue de marbre
Triste seul
Salle d'ordinateur
Il s'étrangle dans ses files
Si bien qu'il na jamais vu ses amis
Lunette de cristal
Serveur de ferraille
Larme du corps
Il y m'est tous ses efforts
Incompris lâche et tourmenté
Religion planqué
Tous à genoux devant lui
Hacker des PC inactif
Et modérateur soumis
Solitude parcourue de références
Incompris par les autres.
Et admirer par les uns
Des yeux triste et pétillant le suivent
Pendouillent de droit à gauche
Le long de son câble Internet...
May 14, 2017
May 14, 2017 at 7:45 AM UTC
Sur tes riches tapis, sur ton divan qui laisse
Au milieu des parfums respirer la mollesse,
En ce voluptueux séjour,
Où **** de tous les yeux, **** des bruits de la terre,
Les voiles enlacés semblent, pour un mystère,
Eteindre les rayons du jour,
Ne t'enorgueillis pas, courtisane rieuse,
Si, pour toutes tes soeurs ma bouche sérieuse
Te sourit aussi doucement,
Si, pour toi seule ici, moins glacée et moins lente,
Ma main sur ton sein nu s'égare, si brûlante
Qu'on me prendrait pour un amant.
Ce n'est point que mon coeur soumis à ton empire,
Au charme décevant que ton regard inspire
Incapable de résister,
A cet appât trompeur se soit laissé surprendre
Et ressente un amour que tu ne peux comprendre,
Mon pauvre enfant ! ni mériter.
Non : ces rires, ces pleurs, ces baisers, ces morsures,
Ce cou, ces bras meurtris d'amoureuses blessures,
Ces transports, cet oeil enflammé ;
Ce n'est point un aveu, ce n'est point un hommage
Au moins : c'est que tes traits me rappellent l'image
D'une autre femme que j'aimai.
Elle avait ton parler, elle avait ton sourire,
Cet air doux et rêveur qui ne peut se décrire.
Et semble implorer un soutien ;
Et de l'illusion comprends-tu la puissance ?
On dirait que son oeil, tout voilé d'innocence,
Lançait des feux comme le tien.
Allons : regarde-moi de ce regard si tendre,
Parle-moi, touche-moi, qu'il me semble l'entendre
Et la sentir à mes côtés.
Prolonge mon erreur : que cette voix touchante
Me rende des accents si connus et me chante
Tous les airs q'elle m'a chantés !
Hâtons-nous, hâtons-nous ! Insensé qui d'un songe
Quand le jour a chassé le rapide mensonge,
Espère encor le ressaisir !
Qu'à mes baisers de feu ta bouche s'abandonne,
Viens, que chacun de nous trompe l'autre et lui donne
Toi le bonheur, moi le plaisir !
1.2k
Fable II, Livre V.
Je suis un peu badaud, je n'en disconviens pas.
Tout m'amuse ; depuis ces batteurs d'entrechats,
Depuis ces brillants automates,
Dont Gardel fait mouvoir et les pieds et les bras,
Jusqu'à ceux dont un fil règle et soutient les pas,
Jusqu'aux Vestris à quatre pattes,
Qui la queue en trompette, et le museau crotté,
En jupe, en frac, en froc, en toque, en mitre, en casque,
La plume sur l'oreille, ou la brette au côté,
Modestes toutefois sous l'habit qui les masque,
Moins fiers que nous de leurs surnoms,
Quêtent si gaîment les suffrages
Des musards de tous les cantons
Et des enfants de tous les âges.
L'argent leur vient aussi. Peut-on payer trop bien
L'art, le bel art de Terpsichore ?
Art unique ! art utile au singe, à l'homme, au chien.
Comme il vous fait valoir un sot, une pécore !
C'est le clinquant qui les décore,
Et fait quelque chose de rien.
La critique, en dépit de mon goût et du vôtre,
Traite pourtant, lecteur, cet art tout comme un autre.
Quels succès sous sa dent ne sont pas expiés ?
Qui n'en est pas victime en est le tributaire.
Le grand Vestris, le grand Voltaire,
Par sa morsure estropiés,
Prouvent qu'il faut qu'on se résigne
Et qu'enfin le génie à cette dent maligne
Est soumis de la tète aux pieds.
De cette vérité, que je ne crois pas neuve,
Quelques roquets tantôt m'offraient encor la preuve.
Tandis qu'au son du flageolet,
Au bruit du tambourin, sautillant en cadence,
Ces pauvres martyrs de la danse
Formaient sous ma fenêtre un fort joli ballet,
Un mâtin, cette fois ce n'était pas un homme,
Un mâtin, qui debout n'a jamais fait un pas,
Campé sur son derrière, aboyait, Dieu sait comme,
Après ceux qui savaient ce qu'il ne savait pas,
Après ceux, et c'est là le plaisant de l'affaire,
Après ceux qui faisaient ce qu'il ne peut pas faire.
Quoique mauvais danseur, en mes propos divers,
Pour la danse, en tout temps, j'ai montré force estime.
En douter serait un vrai crime ;
J'en atteste ces petits vers.
Mais que sert mon exemple à ce vaste univers ?
Je n'en crois donc pas moins le sens de cette fable
Au commun des mortels tout-à-fait applicable.
Chiens et gens qui dansez, retenez bien ceci :
L'ignorant est jaloux et l'impuissant aussi.
1.2k
Les deux Oliviers de Paomia,
(Un épisode de l'exode de «Mainotes en Corse»)
Ridés, bossus, ces deux oliviers ressemblaient au passeur de l'Achéron,
veillant aux portes du fleuve de l'enfer.
Ce n’étaient pourtant que des pousses venues de Sparte,
Replantées sur la terre Corse, pour nourrir une colonie d'émigrés.
Ces oliviers furent même bénis par des popes,
Puis soumis aux êtes brûlants, au sirocco dévastateurs,
Mais ils avaient tenus debouts avec leurs nervures noueuses,
et ni les entailles des hommes, ni le feu du ciel, ni les orages dévastateurs ne leur avait fait baisser rameux,
Grecs et Corses s'étaient affrontés pour cette terre si bien plantée et cultivée,
Mais ce n'était pas simple jalousies, ni rivalités de cultivateurs et de bergers,
Il s'agissait d’affaire d'honneur et de désaccords avec Gènes qui avait donné ce qui ne lui appartenait point.
Ils en virent; ces oliviers noueux, des saisons de félicité, de récoltes riantes d'olives et de figues,
Ils entendirent aussi les conques de guerre et les cris effroyables lors des sièges de Paomia.
Et puis un jour, les «mainotes» subjugués sous le nombre durent quitter la terre qu’ils avaient éveillée de leur sueur.
Ils s'en vinrent résider à Ajacciu, y exercèrent d'autres métiers en attendant des temps meilleurs.
Puis Marbeuf leur construisit Cargèse, plus près de la mer et les anciennes terres de Paomia furent désormais délaissées pour le pacage et les transhumances.
L'Eglise elle-même et les pierres les maisons s'écroulèrent;
Mais jamais ne disparurent ces deux oliviers gardiens des lieux, véritables cerbères des temps antiques.
Ils veillaient désormais sur la quiétude des geais, des renards et des bandits.
C'était un peu comme si l'esprit et les vertus de l'ancienne Sparte et de Paomia la neuve s'étaient fécondés et avaient donné enfantement à ces deux Oliviers.
Paul Arrighi
Feb 5, 2016
Feb 5, 2016 at 3:50 PM UTC
She loves being
pinned down,
she loves being submissive,
she loves him
to take control,
not just with her body,
but
with her soul.
He's her King;
knowing
that no matter what,
he would be
her
absolute
everything.
Promising
that no matter what,
they
would make it
through anything.
He loves being in control,
he loves
pushing
her against the wall,
pulling her hair
softly,
yet rough.
Treating her
as the Queen that she is,
he would move
mountains
just to see her
grin.
At the end,
it really never mattered
what she wore.
He could see through
everything,
he could see pass through
skin, nerves, & bones.
He could see her
lovely & naked
soul.
Aug 19, 2014
Aug 19, 2014 at 11:04 PM UTC
Si mon grand Roy n'eust veincu meinte armee,
Son nom n'iroit, comme il fait, dans les cieux:
Les ennemis l'ont fait victorieux,
Et des veincuz il prend sa renommee.
Si de plusieurs je te voy bien-aimee,
C'est mon trophee, et n'en suis envieux :
D'un tel honneur je deviens glorieux,
Ayant choisy chose tant estimee.
Ma jalousie est ma gloire de voir
Mesmes Amour soumis à ton pouvoir.
Mais s'il advient que de luy je me vange,
Vous honorant d'un service constant,
Jamais mon Roy par trois fois combatant
N'eut tant d'honneur, que j'auray de louange.
814
Fable XI, Livre I.
Un bon chien de berger, au coin d'une forêt,
Rencontre un jour un chien d'arrêt.
On a bientôt fait connaissance.
À quelques pas, d'abord, on s'est considéré,
L'oreille en l'air ; puis on s'avance ;
Puis, en virant la queue, on flaire, on est flairé ;
Puis enfin l'entretien commence.
Vous, ici ! dit avec un ris des plus malins,
Au gardeur de brebis, le coureur de lapins ;
Qui vous amène au bois ? Si j'en crois votre race,
Mon ami, ce n'est pas la chasse.
Tant pis ! c'est un métier si noble pour un chien !
Il exige, il est vrai, l'esprit et le courage,
Un nez aussi fin que le mien,
Et quelques mois d'apprentissage.
S'il est ainsi, répond, d'un ton simple et soumis,
Au coureur de lapins, le gardeur de brebis,
Je bénis d'autant plus le sort qui nous rassemble.
Un loup, la terreur du canton,
Vient de nous voler un mouton ;
Son fort est près d'ici, donnons-lui chasse ensemble.
Si vous avez quelque loisir,
Je vous promets gloire et plaisir,
Les loups se battent à merveille ;
Vingt fois par eux au cou je me suis vu saisir ;
Mais on peut au fermier rapporter leurs oreilles ;
Notre porte en fait foi. Marchons donc. Qui fut pris ?
Ce fut le chien d'arrêt. Moins courageux que traître,
Comme aux lapins, parfois il chassait aux perdrix ;
Mais encor fallait-il qu'il fût avec son maître.
« Serviteur ; à ce jeu je n'entends rien du tout.
J'aime la chasse et non la guerre :
Tu cours sur l'ennemi debout,
Et moi j'attends qu'il soit par terre. »
836
It’s true she’s been cleaning her closets.
Sweeping was never her favorite, but
Her fingers have been caressing
The handle of a broom for some time,
Chipping splinters and flinching at
Closed doors.
It’s true she cried when dust
Bloomed from hinges unmoved.
It melted black down her cheeks
And has stayed there since.
It’s true she’s been walking alone,
Trailing her splinter-laden nails and
Wading through sunshine.
Night is cold but closets are colder;
She wraps up in city sounds furred
By the dark and billowing like smoke
And thinks only I know my body now.
It’s true she could have stayed fondling
Brooms and dreaming of housewives
Straining bellies with chunks of aorta
And muttering songs over the dishes:
*Il m’a attaché à ton lit/
Une jolie petite pute soumis.*
But the throat sticks, the tune
Tasting worse by the day and
There is hope in an empty closet.
It’s true she’s been trembling less
With the world’s turning.
Winter has let go her hair and slumps
On her back with a chilly satisfaction
But she wipes the fog from her
Eyes and whispers to her flesh:
*Swallow your heart
Relish the burning
And watch spring blooms turn to jasmine.*
Jan 27, 2011
Jan 27, 2011 at 7:50 PM UTC
Au pays parfumé que le soleil caresse,
J'ai connu, sous un dais d'arbres tout empourprés
Et de palmiers d'où pleut sur les yeux la paresse,
Une dame créole aux charmes ignorés.
Son teint est pâle et chaud ; la brune enchanteresse
A dans le cou des airs noblement maniérés ;
Grande et svelte en marchant comme une chasseresse,
Son sourire est tranquille et ses yeux assurés.
Si vous alliez, Madame, au vrai pays de gloire,
Sur les bords de la Seine ou de la verte Loire,
Belle digne d'orner les antiques manoirs,
Vous feriez, à l'abri des ombreuses retraites,
Germer mille sonnets dans le coeur des poètes,
Que vos grands yeux rendraient plus soumis que vos noirs.
747
À J.-K. Huysmans.
Il fait nuit dans la chambre étroite et froide où l'homme
Vient de rentrer, couvert de neige, en blouse, et comme
Depuis trois jours il n'a pas prononcé deux mots,
La femme a peur et fait des signes aux marmots.
Un seul lit, un bahut disloqué, quatre chaises,
Des rideaux jadis blancs conchiés des punaises,
Une table qui va s'écroulant d'un côté, -
Le tout navrant avec un air de saleté.
L'homme, grand front, grands yeux pleins d'une sombre flamme
A vraiment des lueurs d'intelligence et d'âme
Et c'est ce qu'on appelle un solide garçon.
La femme, jeune encore, est belle à sa façon.
Mais la Misère a mis sur eux sa main funeste,
Et perdant par degrés rapides ce qui reste
En eux de tristement vénérable et d'humain,
Ce seront la femelle et le mâle, demain.
Tous se sont attablés pour manger de la soupe
Et du boeuf, et ce tas sordide forme un groupe
Dont l'ombre à l'infini s'allonge tout autour
De la chambre, la lampe étant sans abat-jour.
Les enfants sont petits et pâles, mais robustes
En dépit des maigreurs saillantes de leurs bustes
Qui disent les hivers passés sans feu souvent
Et les étés subis dans un air étouffant.
Non **** d'un vieux fusil rouillé qu'un clou supporte
Et que la lampe fait luire d'étrange sorte,
Quelqu'un qui chercherait longtemps dans ce retrait
Avec l'oeil d'un agent de police verrait
Empilés dans le fond de la boiteuse armoire,
Quelques livres poudreux de « science » et d'« histoire »,
N, Et sous le matelas, cachés avec grand soin,
Des romans capiteux cornés à chaque coin.
Ils mangent cependant. L'homme, morne et farouche,
Porte la nourriture écoeurante à sa bouche
D'un air qui n'est rien moins nonobstant que soumis,
Et son eustache semble à d'autres soins promis.
La femme pense à quelque ancienne compagne,
Laquelle a tout, voiture et maison de campagne,
Tandis que les enfants, leurs poings dans leurs yeux clos,
Ronflant sur leur assiette imitent des sanglots.
665
La brebis et le chien, de tous les temps amis,
Se racontaient un jour leur vie infortunée.
Ah ! Disait la brebis, je pleure et je frémis
Quand je songe aux malheurs de notre destinée.
Toi, l'esclave de l'homme, adorant des ingrats,
Toujours soumis, tendre et fidèle,
Tu reçois, pour prix de ton zèle,
Des coups et souvent le trépas.
Moi, qui tous les ans les habille,
Qui leur donne du lait, et qui fume leurs champs,
Je vois chaque matin quelqu'un de ma famille
Assassiné par ces méchants.
Leurs confrères les loups dévorent ce qui reste.
Victimes de ces inhumains,
Travailler pour eux seuls, et mourir par leurs mains,
Voilà notre destin funeste !
Il est vrai, dit le chien : mais crois-tu plus heureux
Les auteurs de notre misère ?
Va, ma soeur, il vaut encor mieux
Souffrir le mal que de le faire.
559
Tu bois, c'est hideux ! presque autant que moi.
Je bois, c'est honteux, presque plus que toi,
Ce n'est plus ce qu'on appelle une vie...
Ah ! la femme, fol, fol est qui s'y fie !
Les hommes, bravo ! c'est fier et soumis,
On peut s'y fier, voilà des amis !
Nous buvons, mais, vous mesdames, l'ivresse
Vous va moins qu'à nous, - te change en tigresse.
Moi tout au plus en un simple cochon ;
Quelque idéal sot dans mon cabochon,
Quelque bêtise en sus, quelque sottise
En outre, - mais toi, la fainéantise,
La méchanceté, l'obstination,
Un peu le vice et beaucoup l'option,
Pour être plus folle, sur ma parole !
Que ma folie à moi déjà si folle.
Ces réflexions me coûtent beaucoup,
Mais ce soir je suis d'une humeur de loup.
Excuse, si mon discours va si rogue,
Mais ce soir je suis d'une humeur de dogue.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Bah ! buvons pas trop (s'il nous est possible),
Ma bouche est un trou, la tienne est un crible.
Dieu saura bien reconnaître les siens.
Morale : surtout baisons-nous - et viens !
468
Il avait dit un jour : « Que ne puis-je auprès d'elle,
( Elle, alors, c'était moi ! ) que ne puis-je chercher
Ce bonheur entrevu qu'elle veut me cacher !
Son cœur paraît si tendre ; oh ! s'il était fidèle ! »
Puis, fixant ses regards sur mon front abattu,
Du charme de ses yeux il m'accablait encore,
Et ses yeux que j'adore
Portaient jusqu'à mon cœur. « Je te parle, entends-tu ? »
Trop bien ! A-t-il soumis mes plus chères années ?
Je n'y trouve que lui ; rien ne me fut si cher :
Et pourtant mes amours, mes heures fortunées,
N'était-ce pas hier ?
Que la vie est rapide et paresseuse ensemble !
Dans ma main, qui s'égare, et qui brûle, et qui tremble,
Que sa coupe fragile est lente à se briser !
Ciel ! que j'y bois de pleurs avant de l'épuiser !
Mes inutiles jours tombent comme les feuilles
Qu'un vent d'automne emporte en murmurant :
Ce n'est plus toi qui les accueilles ;
Qu'importe leur sort en mourant ?
Eh bien ! que rien ne les arrête ;
Je les donne au tombeau ; je m'y traîne à mon tour ;
Et, comme on oublie une fête,
Jeune encor, j'oublierai l'amour.
Pour beaucoup d'avenir j'ai trop peu de courage ;
Oui ! je le sens au poids de mes jours malheureux,
Ma vie est un orage affreux
Qui ne peut être un long orage.
345
Sonnet.
Vous êtes ignorants comme moi, plus encore,
Innombrables soleils ! La raison de vos lois
Vous échappe, et, soumis, vous prodiguez sans choix
Les vibrantes clartés dont l'abîme se dore.
Tu ne sais rien non plus, rose qui viens d'éclore,
Et vous ne savez rien, zéphyrs, fleuves et bois !
Et le monde invisible et celui que je vois
Ne savent rien d'un but et d'un plan que j'ignore.
L'ignorance est partout ; et la divinité,
Ni dans l'atome obscur, ni dans l'humanité,
Ne se lève en criant : « Je suis et me révèle ! »
Etrange vérité, pénible à concevoir,
Gênante pour le cœur comme pour la cervelle,
Que l'Univers, le Tout, soit Dieu sans le savoir !
332
La cour se fleurit de souci
Comme le front
De tous ceux-ci
Qui vont en rond
En flageolant sur leur fémur
Débilité
Le long du mur
Fou de clarté.
Tournez, Samsons sans Dalila,
Sans Philistin,
Tournez bien la
Meule au destin.
Vaincu risible de la loi,
Mouds tour à tour
Ton cœur, ta foi
Et ton amour !
Ils vont ! et leurs pauvres souliers
Font un bruit sec,
Humiliés,
La pipe au bec.
Pas un mot ou bien le cachot,
Pas un soupir.
Il fait si chaud
Qu'on croit mourir.
J'en suis de ce cirque effaré,
Soumis d'ailleurs
Et préparé
À tous malheurs.
Et pourquoi si j'ai contristé
Ton vœu têtu,
Société,
Me choierais-tu ?
Allons, frères, bons vieux voleurs,
Doux vagabonds,
Filous en fleurs,
Mes chers, mes bons,
Fumons philosophiquement,
Promenons-nous
Paisiblement :
Rien faire est doux.
336
Je vous prends à témoin entre tous mes amis,
Vous qui m'avez connu dès l'extrême infortune,
Que je fus digne d'elle, à Dieu seul tout soumis,
Sans criard désespoir ni jactance importune,
Simple dans mon mépris pour des revanches viles
Et dans l'immense effort en détournant leurs coups,
Calme à travers ces sortes de guerres civiles
Où la Faim et l'Honneur eurent leurs tours jaloux,
Et, n'est-ce pas, bon juge, et fier ! mon du Plessys,
Qu'en l'amer combat que la gloire revendique,
L'Honneur a triomphé de sorte magnifique ?
Aimez-moi donc, aimez, quels que soient les soucis
Plissant parfois mon front et crispant mon sourire,
Ma haute pauvreté plus chère qu'un empire.
324