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"laide" poems
waited for your calle todaye when it did not come i kurst' this cold and krewel daye oft played are the games of love and lyfe skillfullye laide are the snares and traps we playe the hunter we are the baite be it known to alle we are the prey and i knowinge the price of painfulle lessons learned forsooke that knowledge which thru livinge alle mustte earne and thought to safely lure you in withe mine open hearte yes i kurse this bryghte and sunnye daye shoulde not the skye be fulle of kloudse an' fey ? 'twoulde match my moode... . . Pic Poem http://oi65.tinypic.com/dq2i48.jpg . .
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Mar 1, 2017
Mar 1, 2017 at 12:09 AM UTC
We Playe the Hunter
each day i reach your door like a wet rag with a pulse. heartbeat ticking, hand hammering. here’s your pills— stabby, pretty, blue. my fingerprints turn into bruises; i forget my name. shattered feet. socks from last week. air tastes like floor tiles. i think the pill looked at me first. you never ask what’s in it, only if i still want you to take it. your eyes orbit my pearl earring like satellites. bourgeois flaws taste better imported. “jolie laide,” tattooed where your heart should be. you once told me: i love ugly things, they last longer. i mailed my neck to your *ancestors. no return address, no name, no guilt.* pupil to pupil— *will you know you never knew.* hope dies once in a bag of *dollars, hollow with pennies.* you swallow orders like *gospel. who gave you empty vessels?* i bit the pill of idiots in half, wore it as lipstick, *kissed your ego until it foamed.* i leave the door ajar for ghosts; they smelled like your cologne. once, you called me your softest affair. pill quartered. earring taken. no knocking. goliath shadows hover, even in the walls. *this one licked the floor where your heart used to be.* your name clogs my throat like i deepthroated grief. i stitched my eye shut to stop seeing you. still, visions came through my teeth.
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Sep 24, 2025
Sep 24, 2025 at 1:30 PM UTC
pills in lakes
Au mois d'avril, quand l'an se renouvelle, L'aube ne sort si fraîche de la mer : Ni hors des flots la déesse (1) d'aimer Ne vint à Cypre en sa conque si belle, Comme je vis la beauté que j'appelle Mon astre saint, au matin s'éveiller, Rire le ciel, la terre s'émailler, Et les Amours voler à l'entour d'elle. Amour, Jeunesse, et les Grâces qui sont Filles du ciel lui pendaient sur le front : Mais ce qui plus redoubla mon service (2), C'est qu'elle avait un visage sans art. La femme laide est belle d'artifice, La femme belle est belle sans du fard. 1. Vénus, née de l'écume de la mer. 2. M'assujettit davantage à son service.
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Au mois d'avril quand l'an se renouvelle
Carmen est maigre - un trait de bistre Cerne son oeil de gitana ; Ses cheveux sont d'un noir sinistre ; Sa peau, le diable la tanna. Les femmes disent qu'elle est laide, Mais tous les hommes en sont fous ; Et l'archevêque de Tolède Chante la messe à ses genoux ; Car sur sa nuque d'ambre fauve Se tord un énorme chignon Qui, dénoué, fait dans l'alcôve Une mante à son corps mignon, Et, parmi sa pâleur, éclate Une bouche aux rires vainqueurs, Piment rouge, fleur écarlate, Qui prend sa pourpre au sang des coeurs. Ainsi faite, la moricaude Bat les plus altières beautés, Et de ses yeux la lueur chaude Rend la flamme aux satiétés. Elle a dans sa laideur piquante Un grain de sel de cette mer D'où jaillit nue et provocante, L'âcre Vénus du gouffre amer.
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Carmen
L'ascenseur descendait toujours à perdre Haleine Et l'escalier montait toujours Cette dame n'entend pas les discours Elle est postiche Moi qui déjà songeais à lui parler d'amour Oh le commis Si comique avec sa moustache et ses sourcils Artificiels Il a crié quand je les ai tirés Étrange Qu'ai-je vu Cette noble étrangère Monsieur je ne suis pas une femme légère Hou la laide Par bonheur nous Avons des valises en peau de porc À toute épreuve Celle-ci Vingt dollars Elle en contient mille C'est toujours le même système Pas de mesure Ni de logique Mauvais thème.
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Charlot mystique
GASTIBELZA, l'homme à la carabine, Chantait ainsi : « Quelqu'un a-t-il connu doña Sabine ? Quelqu'un d'ici ? Dansez, chantez, villageois ! la nuit gagne Le mont Falù (*). - Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou ! « Quelqu'un de vous a-t-il connu Sabine, Ma señora ? Sa mère était la vieille maugrabine D'Antequera, Qui chaque nuit criait dans la Tour-Magne Comme un hibou... - Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou ! « Dansez, chantez ! Des biens que l'heure envoie Il faut user. Elle était jeune et son œil plein de joie Faisait penser. - A ce vieillard qu'un enfant accompagne Jetez un sou ! ... - Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. « Vraiment, la reine eût près d'elle été laide Quand, vers le soir, Elle passait sur le pont de Tolède En corset noir. Un chapelet du temps de Charlemagne Ornait son cou... - Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. « Le roi disait en la voyant si belle A son neveu : - Pour un baiser, pour un sourire d'elle, Pour un cheveu, Infant don Ruy, je donnerais l'Espagne Et le Pérou ! - Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. « Je ne sais pas si j'aimais cette dame, Mais je sais bien Que pour avoir un regard de son âme, Moi, pauvre chien, J'aurais gaîment passé dix ans au bagne Sous le verrou... - Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. « Un jour d'été que tout était lumière, Vie et douceur, Elle s'en vint jouer dans la rivière Avec sa sœur, Je vis le pied de sa jeune compagne Et son genou... - Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. « Quand je voyais cette enfant, moi le pâtre De ce canton, Je croyais voir la belle Cléopâtre, Qui, nous dit-on, Menait César, empereur d'Allemagne, Par le licou... - Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. « Dansez, chantez, villageois, la nuit tombe ! Sabine, un jour, A tout vendu, sa beauté de colombe, Et son amour, Pour l'anneau d'or du comte de Saldagne, Pour un bijou... - Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. « Sur ce vieux banc souffrez que je m'appuie, Car je suis las. Avec ce comte elle s'est donc enfuie ! Enfuie, hélas ! Par le chemin qui va vers la Cerdagne, Je ne sais où... - Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. « Je la voyais passer de ma demeure, Et c'était tout. Mais à présent je m'ennuie à toute heure, Plein de dégoût, Rêveur oisif, l'âme dans la campagne, La dague au clou... - Le vent qui vient à travers la montagne M'a rendu fou ! » Le 14 mars 1837. * Le mont Falù : Prononcer mont Falou.
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Guitare
GASTIBELZA, l'homme à la carabine, Chantait ainsi : « Quelqu'un a-t-il connu doña Sabine ? Quelqu'un d'ici ? Dansez, chantez, villageois ! la nuit gagne Le mont Falù (*). - Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou ! « Quelqu'un de vous a-t-il connu Sabine, Ma señora ? Sa mère était la vieille maugrabine D'Antequera, Qui chaque nuit criait dans la Tour-Magne Comme un hibou... - Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou ! « Dansez, chantez ! Des biens que l'heure envoie Il faut user. Elle était jeune et son œil plein de joie Faisait penser. - A ce vieillard qu'un enfant accompagne Jetez un sou ! ... - Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. « Vraiment, la reine eût près d'elle été laide Quand, vers le soir, Elle passait sur le pont de Tolède En corset noir. Un chapelet du temps de Charlemagne Ornait son cou... - Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. « Le roi disait en la voyant si belle A son neveu : - Pour un baiser, pour un sourire d'elle, Pour un cheveu, Infant don Ruy, je donnerais l'Espagne Et le Pérou ! - Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. « Je ne sais pas si j'aimais cette dame, Mais je sais bien Que pour avoir un regard de son âme, Moi, pauvre chien, J'aurais gaîment passé dix ans au bagne Sous le verrou... - Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. « Un jour d'été que tout était lumière, Vie et douceur, Elle s'en vint jouer dans la rivière Avec sa sœur, Je vis le pied de sa jeune compagne Et son genou... - Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. « Quand je voyais cette enfant, moi le pâtre De ce canton, Je croyais voir la belle Cléopâtre, Qui, nous dit-on, Menait César, empereur d'Allemagne, Par le licou... - Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. « Dansez, chantez, villageois, la nuit tombe ! Sabine, un jour, A tout vendu, sa beauté de colombe, Et son amour, Pour l'anneau d'or du comte de Saldagne, Pour un bijou... - Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. « Sur ce vieux banc souffrez que je m'appuie, Car je suis las. Avec ce comte elle s'est donc enfuie ! Enfuie, hélas ! Par le chemin qui va vers la Cerdagne, Je ne sais où... - Le vent qui vient à travers la montagne Me rendra fou. « Je la voyais passer de ma demeure, Et c'était tout. Mais à présent je m'ennuie à toute heure, Plein de dégoût, Rêveur oisif, l'âme dans la campagne, La dague au clou... - Le vent qui vient à travers la montagne M'a rendu fou ! » Le 14 mars 1837. * Le mont Falù : Prononcer mont Falou.
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Je connais, Madame, un bonhomme Qui serait bien mal à la Cour. Je ne sais comment il se nomme, Sa femme n'est pas laide, en somme, Non..., elle est très digne d'amour. Elle a de l'œil et de la taille, Un petit soulier de satin. C'est une blonde, toute en paille. Mais, voyez, Madame, elle baille Dès les onze heures du matin. L'hiver, sa servante auprès d'elle, Elle garde le coin du feu, Demandant s'il vente ou s'il gèle ; Quelquefois un bout de querelle Avec son chéri, c'est fort peu. Au mois de juin, pour la distraire, Celui-ci la mène à la mer, Mais son fauteuil est solitaire ; Surtout, pas de célibataire ; Car ces messieurs vous ont un air... Les Français, coureurs d'aventures, Les Gaulois aux propos soignés, Les amis de toutes natures, Et les cousins, même en peintures, Sont soigneusement éloignés. C'est pour des voisines posées, Ou le regard des inconnus, Que ses robes se sont usées ; Pas de romans, ni de musée Où l'on voit des hommes tout nus. De **** en **** les jours de foire, Une soirée avec du thé, Une valse en robe de moire, Ou la loge perdue et noire, D'un théâtre collet monté. Lorsque par hasard, elle cause Avec quelqu'un, c'est plus banal Que le papillon et la rose, C'est froid, c'est triste, quelque chose Comme les murs d'un tribunal. Pourtant, elle aimerait à rire, À plaire, à plaisanter un brin, Elle est française, c'est tout dire ; Si son cœur a ce qu'il désire Son âme, elle, a bien du chagrin. Près de la porte de sa dame Le Monsieur se tient de planton ; Qu'en espère-t-il sur mon âme ? A-t-il peur qu'on viole sa femme Comme une poupée en carton ? Saints du Ciel, venez à leur aide Et qu'à l'heure où l'on fait l'amour, Elle lui dise froide et raide : Vois, ami, comme je suis laide, Personne ne me fait la cour.
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La cour
Je connais, Madame, un bonhomme Qui serait bien mal à la Cour. Je ne sais comment il se nomme, Sa femme n'est pas laide, en somme, Non..., elle est très digne d'amour. Elle a de l'œil et de la taille, Un petit soulier de satin. C'est une blonde, toute en paille. Mais, voyez, Madame, elle baille Dès les onze heures du matin. L'hiver, sa servante auprès d'elle, Elle garde le coin du feu, Demandant s'il vente ou s'il gèle ; Quelquefois un bout de querelle Avec son chéri, c'est fort peu. Au mois de juin, pour la distraire, Celui-ci la mène à la mer, Mais son fauteuil est solitaire ; Surtout, pas de célibataire ; Car ces messieurs vous ont un air... Les Français, coureurs d'aventures, Les Gaulois aux propos soignés, Les amis de toutes natures, Et les cousins, même en peintures, Sont soigneusement éloignés. C'est pour des voisines posées, Ou le regard des inconnus, Que ses robes se sont usées ; Pas de romans, ni de musée Où l'on voit des hommes tout nus. De **** en **** les jours de foire, Une soirée avec du thé, Une valse en robe de moire, Ou la loge perdue et noire, D'un théâtre collet monté. Lorsque par hasard, elle cause Avec quelqu'un, c'est plus banal Que le papillon et la rose, C'est froid, c'est triste, quelque chose Comme les murs d'un tribunal. Pourtant, elle aimerait à rire, À plaire, à plaisanter un brin, Elle est française, c'est tout dire ; Si son cœur a ce qu'il désire Son âme, elle, a bien du chagrin. Près de la porte de sa dame Le Monsieur se tient de planton ; Qu'en espère-t-il sur mon âme ? A-t-il peur qu'on viole sa femme Comme une poupée en carton ? Saints du Ciel, venez à leur aide Et qu'à l'heure où l'on fait l'amour, Elle lui dise froide et raide : Vois, ami, comme je suis laide, Personne ne me fait la cour.
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Il en est encore une au monde, Je la rencontre quelquefois, Je dois vous dire qu'elle est blonde Et qu'elle habite au fond des bois. N'était que Vous, Vous êtes brune Et que Vous habitez Paris, Vous vous ressemblez... sous la lune, Et quand le temps est un peu gris. Or, dernièrement, sur ma route J'ai vu ma fée aux yeux subtils : « Que faites-vous ? - Je vous écoute. - Et les amours, comment vont-ils ? - Ah ! ne m'en parlez pas, Madame, C'est toujours là que l'on a mal ; Si ce n'est au corps... c'est à l'âme. L'amour, au diable l'animal ! - Méchant ! voulez-vous bien vous taire, Vous n'iriez pas en Paradis ; Si son nom n'est pas un mystère, Dites-le moi » - Je le lui dis. - « Que fait-elle ? - Elle... attend sa fête. - C'est dire qu'elle ne fait rien. Comment est-elle ! - Elle est parfaite. - Et vous l'aimez ? - Je le crois bien. - Vous l'adorez ! - J'en perds la tête. - Vous la suivriez n'importe où ; Ah ! mon ami... quel grand poète Vous faites... oui, vous êtes fou. Mais si votre femme est sans tache, Sans le moindre... petit défaut, Inutile qu'on vous le cache, Ce n'est pas celle qu'il vous faut. Il faut partir... battre les routes, Et vous verrez à l'horizon Luire enfin la femme entre toutes Que vous destine... la Raison. Voulez-vous que je vous la peigne Comme on se peint dans les miroirs ? Ses cheveux mordus par le peigne Ont des fils blancs dans leurs fils noirs ; Elle n'a... qu'une faim de louve, Et du cœur... si vous en avez ; C'est une femme qui se trouve Un peu comme vous vous trouvez. Elle n'est ni laide ni bête, Avec... comment dire... un travers... Un petit coup... quoi ! sur la tête, Et capable d'aimer les vers ; Ni très mauvaise ni très bonne, Tâchant de vivre... comme il sied, Et... dans un coin de sa personne Elle a... mettons... un cor au pied ! - Ah !... quelle horreur !... jamais, Madame ! - Je vous dis, clair comme le jour : Ce qu'il faut avoir dans la femme N'est pas la femme, c'est l'amour. Pour avoir l'amour, imbécile ! On ne prend pas trente partis, La chanson le dit, c'est facile : Il faut des époux assortis. L'amour n'est pas fils de Bohême ; Il a parfaitement sa loi : Si tu n'es digne que je t'aime Je me fiche pas mal de toi. Bonsoir ». Ainsi parla ma fée Qui parle... presque avec ta voix ; Puis je la vis, d'aube coiffée, Reprendre le chemin des bois. Son conseil est bon ; qu'il se perde, Saint Antoine, on peut vous prier ; Mais partir !... au **** et puis, merde ! Je ne veux pas me marier.
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La fée
Il en est encore une au monde, Je la rencontre quelquefois, Je dois vous dire qu'elle est blonde Et qu'elle habite au fond des bois. N'était que Vous, Vous êtes brune Et que Vous habitez Paris, Vous vous ressemblez... sous la lune, Et quand le temps est un peu gris. Or, dernièrement, sur ma route J'ai vu ma fée aux yeux subtils : « Que faites-vous ? - Je vous écoute. - Et les amours, comment vont-ils ? - Ah ! ne m'en parlez pas, Madame, C'est toujours là que l'on a mal ; Si ce n'est au corps... c'est à l'âme. L'amour, au diable l'animal ! - Méchant ! voulez-vous bien vous taire, Vous n'iriez pas en Paradis ; Si son nom n'est pas un mystère, Dites-le moi » - Je le lui dis. - « Que fait-elle ? - Elle... attend sa fête. - C'est dire qu'elle ne fait rien. Comment est-elle ! - Elle est parfaite. - Et vous l'aimez ? - Je le crois bien. - Vous l'adorez ! - J'en perds la tête. - Vous la suivriez n'importe où ; Ah ! mon ami... quel grand poète Vous faites... oui, vous êtes fou. Mais si votre femme est sans tache, Sans le moindre... petit défaut, Inutile qu'on vous le cache, Ce n'est pas celle qu'il vous faut. Il faut partir... battre les routes, Et vous verrez à l'horizon Luire enfin la femme entre toutes Que vous destine... la Raison. Voulez-vous que je vous la peigne Comme on se peint dans les miroirs ? Ses cheveux mordus par le peigne Ont des fils blancs dans leurs fils noirs ; Elle n'a... qu'une faim de louve, Et du cœur... si vous en avez ; C'est une femme qui se trouve Un peu comme vous vous trouvez. Elle n'est ni laide ni bête, Avec... comment dire... un travers... Un petit coup... quoi ! sur la tête, Et capable d'aimer les vers ; Ni très mauvaise ni très bonne, Tâchant de vivre... comme il sied, Et... dans un coin de sa personne Elle a... mettons... un cor au pied ! - Ah !... quelle horreur !... jamais, Madame ! - Je vous dis, clair comme le jour : Ce qu'il faut avoir dans la femme N'est pas la femme, c'est l'amour. Pour avoir l'amour, imbécile ! On ne prend pas trente partis, La chanson le dit, c'est facile : Il faut des époux assortis. L'amour n'est pas fils de Bohême ; Il a parfaitement sa loi : Si tu n'es digne que je t'aime Je me fiche pas mal de toi. Bonsoir ». Ainsi parla ma fée Qui parle... presque avec ta voix ; Puis je la vis, d'aube coiffée, Reprendre le chemin des bois. Son conseil est bon ; qu'il se perde, Saint Antoine, on peut vous prier ; Mais partir !... au **** et puis, merde ! Je ne veux pas me marier.
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C'est une laide de Boucher Sans poudre dans sa chevelure Follement blonde et d'une allure Vénuste à tous nous débaucher. Mais je la crois mienne entre tous, Cette crinière tant baisée, Cette cascatelle embrasée Qui m'allume par tous les bouts. Elle est à moi bien plus encor Comme une flamboyante enceinte Aux entours de la porte sainte, L'alme, la dive toison d'or ! Et qui pourrait dire ce corps Sinon moi, son chantre et son prêtre, Et son esclave humble et son maître Qui s'en damnerait sans remords, Son cher corps rare, harmonieux, Suave, blanc comme une rose Blanche, blanc de lait pur, et rose Comme un lys sous de pourpres cieux ? Cuisses belles, seins redressants, Le dos, les reins, le ventre, fête Pour les yeux et les mains en quête Et pour la bouche et tous les sens ? Mignonne, allons voir si ton lit A toujours sous le rideau rouge L'oreiller sorcier qui tant bouge Et les draps fous. Ô vers ton lit !
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À la princesse Roukhine
Va ton chemin sans plus t'inquiéter ! La route est droite et tu n'as qu'à monter, Portant d'ailleurs le seul trésor qui vaille, Et l'arme unique au cas d'une bataille, La pauvreté d'esprit et Dieu pour toi. Surtout il faut garder toute espérance. Qu'importe un peu de nuit et de souffrance ? La route est bonne et la mort est au bout. Oui, garde toute espérance surtout. La mort là-bas te dresse un lit de joie. Et fais-toi doux de toute la douceur. La vie est laide, encore c'est ta soeur. Simple, gravis la côte et même chante, Pour écarter la prudence méchante Dont la voix basse est pour tenter ta foi. Simple comme un enfant, gravis la côte, Humble comme un pécheur qui hait la faute, Chante, et même sois *** pour défier L'ennui que l'ennemi peut t'envoyer Afin que tu t'endormes sur la voie. Ris du vieux piège et du vieux séducteur, Puisque la Paix est là, sur la hauteur, Qui luit parmi des fanfares de gloire. Monte, ravi, dans la nuit blanche et noire. Déjà l'Ange Gardien étend sur toi Joyeusement des ailes de victoire.
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Va ton chemin sans plus t'inquiéter