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"gracieux" poems
Viens, si tu veux rêver d'amour, Viens tresser ta couronne au fond de la campagne : Voici l'heure, hâtons-nous, ô ma jeune compagne ! Les songes dans les fleurs se cachent tout le jour. De leurs frêles prisons vont sortir les mensonges ; Le rêve d'une vierge est dans le frais jasmin : Hâtons-nous de cueillir et les fleurs et les songes, Les songes et les fleurs ne seront plus demain. Viens chercher le fragile espoir, L'amandier le balance en sa fleur argentée : Viens ! nous le saisirons sur la tige agitée ; Dans un rêve d'amour il est doux de le voir. De leurs frêles prisons vont sortir les mensonges ; Le rêve d'une vierge est dans le frais jasmin. Hâtons-nous de cueillir et les fleurs et les songes, Les songes et les fleurs ne seront plus demain. Ne pose jamais sur ton sein L'effroi du meurtrier, la sombre mandragore ; De sa tige brisée un cri s'échappe encore, Avec le rêve affreux qui poursuit l'assassin. De leurs frêles prisons vont sortir les mensonges ; Le rêve d'une vierge est dans le frais jasmin : Hâtons-nous de cueillir et les fleurs et les songes, Les songes et les fleurs ne seront plus demain. Cherchons celui qui vient des cieux ; Il console en dormant la douleur méprisée : Des larmes de la nuit la vanille arrosée Parfume son sourire et son vol gracieux. De leurs frêles prisons vont sortir les mensonges ; Le rêve d'une vierge est dans le frais jasmin : Hâtons-nous de cueillir et les fleurs et les songes, Les songes et les fleurs ne seront plus demain.
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Les songes et les fleurs
Viens, si tu veux rêver d'amour, Viens tresser ta couronne au fond de la campagne : Voici l'heure, hâtons-nous, ô ma jeune compagne ! Les songes dans les fleurs se cachent tout le jour. De leurs frêles prisons vont sortir les mensonges ; Le rêve d'une vierge est dans le frais jasmin : Hâtons-nous de cueillir et les fleurs et les songes, Les songes et les fleurs ne seront plus demain. Viens chercher le fragile espoir, L'amandier le balance en sa fleur argentée : Viens ! nous le saisirons sur la tige agitée ; Dans un rêve d'amour il est doux de le voir. De leurs frêles prisons vont sortir les mensonges ; Le rêve d'une vierge est dans le frais jasmin. Hâtons-nous de cueillir et les fleurs et les songes, Les songes et les fleurs ne seront plus demain. Ne pose jamais sur ton sein L'effroi du meurtrier, la sombre mandragore ; De sa tige brisée un cri s'échappe encore, Avec le rêve affreux qui poursuit l'assassin. De leurs frêles prisons vont sortir les mensonges ; Le rêve d'une vierge est dans le frais jasmin : Hâtons-nous de cueillir et les fleurs et les songes, Les songes et les fleurs ne seront plus demain. Cherchons celui qui vient des cieux ; Il console en dormant la douleur méprisée : Des larmes de la nuit la vanille arrosée Parfume son sourire et son vol gracieux. De leurs frêles prisons vont sortir les mensonges ; Le rêve d'une vierge est dans le frais jasmin : Hâtons-nous de cueillir et les fleurs et les songes, Les songes et les fleurs ne seront plus demain.
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Tes pieds sont aussi fins que tes mains, et ta hanche Est Large à faire envie à la plus belle blanche ; A l'artiste pensif ton corps est doux et cher ; Tes grands yeux de velours sont plus noirs que ta chair. Aux pays chauds et bleus où ton Dieu t'a fait naître, Ta tâche est d'allumer la pipe de ton maître, De pourvoir les flacons d'eaux fraîches et d'odeurs, De chasser **** du lit les moustiques rôdeurs, Et, dès que le matin fait chanter les platanes, D'acheter au bazar ananas et bananes. Tout le jour, où tu veux, tu mènes tes pieds nus Et fredonnes tout bas de vieux airs inconnus ; Et quand descend le soir au manteau d'écarlate, Tu poses doucement ton corps sur une natte, Où tes rêves flottants sont pleins de colibris, Et toujours, comme toi, gracieux et fleuris. Pourquoi, l'heureuse enfant, veux-tu voir notre France, Ce pays trop peuplé que fauche la souffrance, Et, confiant ta vie aux bras forts des marins, Faire de grands adieux à tes chers tamarins ? Toi, vêtue à moitié de mousselines frêles, Frissonnante là-bas sous la neige et les grêles, Comme tu pleurerais tes loisirs doux et francs, Si, le corset brutal emprisonnant tes flancs, Il te fallait glaner ton souper dans nos fanges Et vendre le parfum de tes charmes étranges, L'oeil pensif, et suivant, dans nos sales brouillards, Des cocotiers absents les fantômes épars !
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À une Malabaraise
La beauté d'un lever de soleil , la beauté d'un diamant , la beauté de l'océan . Même la beauté de cet univers ne pouvait être comparé à ce sourire , ce sourire gracieux pourrait commencer un battement de coeur, ses sourires pourraient réchauffer le cœur le plus froid de l'humanité. Votre sourire est la perfection , vos sourires est la plus brillante , Je pourrais survivre si elle était seule avec votre sourire. Votre sourire apporter une joie mille, votre sourire épargnez-moi un mal de coeur, votre sourire me épargne de chagrins , sans votre sourire, le monde ne serait pas un meilleur endroit .
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May 7, 2015
May 7, 2015 at 11:51 AM UTC
Le Sourire
Cygnes au blanc plumage, au port majestueux, Est-il vrai, dites-moi, qu'un chant harmonieux, De vos jours écoulés rompant le long silence, Lorsque va se briser votre frêle existence, Comme un cri de bonheur s'élève vers les cieux ? Quand sous votre aile, un soir, votre long col se ploie Pour le dernier sommeil... d'où vous vient cette joie ? De vos jours rien ne rompt l'indolente douceur : Lorsque tout va finir, cet hymne de bonheur, Comme à des cœurs brisés, quel penser vous l'envoie ? Ô cygnes de nos lacs ! votre destin est doux ; De votre sort heureux chacun serait jaloux. Vous voguez lentement de l'une à l'autre rive, Vous suivez les détours de l'onde fugitive : Que ne puis-je en ces flots m'élancer avec vous ! Moi, sous l'ardent soleil, je demeure au rivage... Pour vous, l'onde s'entr'ouvre et vous livre passage ; Votre col gracieux, dans les eaux se plongeant, Fait jaillir sur le lac mille perles d'argent Qui laissent leur rosée à votre blanc plumage ; Et les saules pleureurs, ondoyants, agités, - Alors que vous passez, par le flot emportés - D'un rameau caressant, doucement vous effleurent Sur votre aile qui fuit quelques feuilles demeurent, Ainsi qu'un souvenir d'amis qu'on a quittés. Puis le soir, abordant à la rive odorante Où fleurit à l'écart le muguet ou la menthe, Sur un lit de gazon vous reposez, bercés Par la brise des nuits, par les bruits cadencés Des saules, des roseaux , de l'onde murmurante. Oh ! pourquoi donc chanter un chant mélodieux Quand s'arrête le cours de vos jours trop heureux ? Pleurez plutôt, pleurez vos nuits au doux silence, Les étoiles, les fleurs, votre fraîche existence ; Pourquoi fêter la mort ?... vous êtes toujours deux ! C'est à nous de chanter quand vient l'heure suprême, Nous, tristes pèlerins, dont la jeunesse même Ne sait pas découvrir un verdoyant sentier, Dont le bonheur s'effeuille ainsi que l'églantier ; Nous, si tôt oubliés de l'ami qui nous aime ! C'est à nous de garder pour un jour à venir, Tristes comme un adieu, doux comme un souvenir, Des trésors d'harmonie inconnus à la terre, Qui ne s'exhaleront qu'à notre heure dernière. Pour qui souffre ici-bas, il est doux de mourir ! Ô cygnes ! laissez donc ce cri de délivrance À nos cœurs oppressés de muette souffrance ; La vie est un chemin où l'on cache ses pleurs... Celui qui les comprend est plus **** est ailleurs. À nous les chants !... la mort, n'est-ce pas l'espérance ?
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Le chant du cygne
Cygnes au blanc plumage, au port majestueux, Est-il vrai, dites-moi, qu'un chant harmonieux, De vos jours écoulés rompant le long silence, Lorsque va se briser votre frêle existence, Comme un cri de bonheur s'élève vers les cieux ? Quand sous votre aile, un soir, votre long col se ploie Pour le dernier sommeil... d'où vous vient cette joie ? De vos jours rien ne rompt l'indolente douceur : Lorsque tout va finir, cet hymne de bonheur, Comme à des cœurs brisés, quel penser vous l'envoie ? Ô cygnes de nos lacs ! votre destin est doux ; De votre sort heureux chacun serait jaloux. Vous voguez lentement de l'une à l'autre rive, Vous suivez les détours de l'onde fugitive : Que ne puis-je en ces flots m'élancer avec vous ! Moi, sous l'ardent soleil, je demeure au rivage... Pour vous, l'onde s'entr'ouvre et vous livre passage ; Votre col gracieux, dans les eaux se plongeant, Fait jaillir sur le lac mille perles d'argent Qui laissent leur rosée à votre blanc plumage ; Et les saules pleureurs, ondoyants, agités, - Alors que vous passez, par le flot emportés - D'un rameau caressant, doucement vous effleurent Sur votre aile qui fuit quelques feuilles demeurent, Ainsi qu'un souvenir d'amis qu'on a quittés. Puis le soir, abordant à la rive odorante Où fleurit à l'écart le muguet ou la menthe, Sur un lit de gazon vous reposez, bercés Par la brise des nuits, par les bruits cadencés Des saules, des roseaux , de l'onde murmurante. Oh ! pourquoi donc chanter un chant mélodieux Quand s'arrête le cours de vos jours trop heureux ? Pleurez plutôt, pleurez vos nuits au doux silence, Les étoiles, les fleurs, votre fraîche existence ; Pourquoi fêter la mort ?... vous êtes toujours deux ! C'est à nous de chanter quand vient l'heure suprême, Nous, tristes pèlerins, dont la jeunesse même Ne sait pas découvrir un verdoyant sentier, Dont le bonheur s'effeuille ainsi que l'églantier ; Nous, si tôt oubliés de l'ami qui nous aime ! C'est à nous de garder pour un jour à venir, Tristes comme un adieu, doux comme un souvenir, Des trésors d'harmonie inconnus à la terre, Qui ne s'exhaleront qu'à notre heure dernière. Pour qui souffre ici-bas, il est doux de mourir ! Ô cygnes ! laissez donc ce cri de délivrance À nos cœurs oppressés de muette souffrance ; La vie est un chemin où l'on cache ses pleurs... Celui qui les comprend est plus **** est ailleurs. À nous les chants !... la mort, n'est-ce pas l'espérance ?
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Chanson. Voulant, ô ma douce moitié, T'assurer que mon amitié Ne se verra jamais finie, Je fis, pour t'en assurer mieux Un serment juré par mes yeux Et par mon cœur et par ma vie. Tu jures ce qui n'est à toi ; Ton cœur et tes yeux sont à moi D'une promesse irrévocable, Ce médis-tu. Hélas ! au moins Reçoit mes larmes pour témoins Que ma parole est véritable ! Alors, Belle, tu me baisas, Et doucement désattisas Mon feu, d'un gracieux visage : Puis tu fis signe de ton œil, Que tu recevais bien mon deuil Et mes larmes pour témoignage.
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Ô ma douce moitié
Ce n'était, l'an passé, qu'une enfant blanche et blonde Dont l'œil bleu, transparent et calme comme l'onde Du lac qui réfléchit le ciel riant d'été, N'exprimait que bonheur et naïve gaîté. Que j'aimais dans le parc la voir sur la pelouse Parmi ses jeunes sœurs courir, voler, jalouse D'arriver la première ! Avec grâce les vents Berçaient de ses cheveux les longs anneaux mouvants ; Son écharpe d'azur se jouait autour d'elle Par la course agitée, et, souvent infidèle, Trahissait une épaule au contour gracieux, Un sein déjà gonflé, trésor mystérieux, Un col éblouissant de fraîcheur, dont l'albâtre Sous la peau laisse voir une veine bleuâtre. - Dans son petit jardin que j'aimais à la voir À grand'peine portant un léger arrosoir, Distribuer en pluie, à ses fleurs desséchées Par la chaleur du jour, et vers le sol penchées, Une eau douce et limpide ; à ses oiseaux ravis, Des tiges de plantain, des grains de chènevis !... C'est une jeune fille à présent blanche et blonde, La même ; mais l'œil bleu, jadis pur comme l'onde Du lac qui réfléchit le ciel riant d'été, N'exprime plus bonheur et naïve gaîté.
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Les deux âges
En mon cœur n'est point escrite La rose ny autre fleur, C'est toy, blanche Marguerite, Par qui j'ay cette couleur. N'es-tu celle dont les yeux Ont surpris Par un regard gracieux Mes esprits ? Puis que ta sœur de haut pris, Ta sœur, pucelle d'élite, N'est cause de ma douleur, C'est donc par toy, Marguerite, Que j'ay pris ceste couleur. Ma couleur palle nasquit, Quand mon cœur Pour maistresse te requit ; Mais rigueur D'une amoureuse langueur Soudain paya mon mérite, Me donnant ceste pâleur Pour t'aimer trop, Marguerite, Et ta vermeille couleur. Quel charme pourroit casser Mon ennuy Et ma couleur effacer Avec luy ? De l'amour que tant je suy La jouissance subite Seule osteroit le malheur Que me donna Marguerite, Par qui j'ay cette couleur.
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À Marguerite
Baiser ! rose trémière au jardin des caresses ! Vif accompagnement sur le clavier des dents Des doux refrains qu'Amour chante en les cœurs ardents, Avec sa voix d'archange aux langueurs charmeresses ! Sonore et gracieux Baiser, divin Baiser ! Volupté non pareille, ivresse inénarrable ! Salut ! L'homme, penché sur ta coupe adorable, S'y grise d'un bonheur qu'il ne sait épuiser. Comme le vin du Rhin et comme la musique, Tu consoles et tu berces, et le chagrin Expire avec la moue en ton pli purpurin... Qu'un plus grand, Gœthe ou Will, te dresse un vers classique. Moi, je ne puis, chétif trouvère de Paris, T'offrir que ce bouquet de strophes enfantines : Sois bénin et, pour prix, sur les lèvres mutines D'Une que je connais, Baiser, descends, et ris.
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Il Bacio
Oh ! Quand donc aurez-vous fini, petits oiseaux, De jaser au milieu des branches et des eaux, Que nous nous expliquions et que je vous querelle ? Rouge-gorge, verdier, fauvette, tourterelle, Oiseaux, je vous entends, je vous connais. Sachez Que je ne suis pas dupe, ô doux ténors cachés, De votre mélodie et de votre langage. Celle que j'aime est **** et pense à moi ; je gage, O rossignol dont l'hymne, exquis et gracieux, Donne un frémissement à l'astre dans les cieux, Que ce que tu dis là, c'est le chant de son âme. Vous guettez les soupirs de l'homme et de la femme, Oiseaux ; Quand nous aimons et quand nous triomphons, Quand notre être, tout bas, s'exhale en chants profonds, Vous, attentifs, parmi les bois inaccessibles, Vous saisissez au vol ces strophes invisibles, Et vous les répétez tout haut, comme de vous ; Et vous mêlez, pour rendre encor l'hymne plus doux, A la chanson des coeurs, le battement des ailes ; Si bien qu'on vous admire, écouteurs infidèles, Et que le noir sapin murmure aux vieux tilleuls : « Sont-ils charmants d'avoir trouvé cela tout seuls ! » Et que l'eau, palpitant sous le chant qui l'effleure, Baise avec un sanglot le beau saule qui pleure ; Et que le dur tronc d'arbre a des airs attendris ; Et que l'épervier rêve, oubliant la perdrix ; Et que les loups s'en vont songer auprès des louves ! « Divin ! » dit le hibou ; le moineau dit : « Tu trouves ? » Amour, lorsqu'en nos coeurs tu te réfugias, L'oiseau vint y puiser ; ce sont ces plagiats, Ces chants qu'un rossignol, belles, prend sur vos bouches, Qui font que les grands bois courbent leurs fronts farouches, Et que les lourds rochers, stupides et ravis, Se penchent, les laissant piller le chènevis, Et ne distinguent plus, dans leurs rêves étranges, La langue des oiseaux de la langue des anges. Caudebec, septembre 183...
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En écoutant les oiseaux
Oh ! Quand donc aurez-vous fini, petits oiseaux, De jaser au milieu des branches et des eaux, Que nous nous expliquions et que je vous querelle ? Rouge-gorge, verdier, fauvette, tourterelle, Oiseaux, je vous entends, je vous connais. Sachez Que je ne suis pas dupe, ô doux ténors cachés, De votre mélodie et de votre langage. Celle que j'aime est **** et pense à moi ; je gage, O rossignol dont l'hymne, exquis et gracieux, Donne un frémissement à l'astre dans les cieux, Que ce que tu dis là, c'est le chant de son âme. Vous guettez les soupirs de l'homme et de la femme, Oiseaux ; Quand nous aimons et quand nous triomphons, Quand notre être, tout bas, s'exhale en chants profonds, Vous, attentifs, parmi les bois inaccessibles, Vous saisissez au vol ces strophes invisibles, Et vous les répétez tout haut, comme de vous ; Et vous mêlez, pour rendre encor l'hymne plus doux, A la chanson des coeurs, le battement des ailes ; Si bien qu'on vous admire, écouteurs infidèles, Et que le noir sapin murmure aux vieux tilleuls : « Sont-ils charmants d'avoir trouvé cela tout seuls ! » Et que l'eau, palpitant sous le chant qui l'effleure, Baise avec un sanglot le beau saule qui pleure ; Et que le dur tronc d'arbre a des airs attendris ; Et que l'épervier rêve, oubliant la perdrix ; Et que les loups s'en vont songer auprès des louves ! « Divin ! » dit le hibou ; le moineau dit : « Tu trouves ? » Amour, lorsqu'en nos coeurs tu te réfugias, L'oiseau vint y puiser ; ce sont ces plagiats, Ces chants qu'un rossignol, belles, prend sur vos bouches, Qui font que les grands bois courbent leurs fronts farouches, Et que les lourds rochers, stupides et ravis, Se penchent, les laissant piller le chènevis, Et ne distinguent plus, dans leurs rêves étranges, La langue des oiseaux de la langue des anges. Caudebec, septembre 183...
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Elle passa, je crois qu'elle m'avait souri. C'était une grisette ou bien une houri. Je ne sais si l'effet fut moral ou physique, Mais son pas en marchant faisait une musique. Quoi ! Ton pavé bruyant et fangeux, ô Paris, A de ces visions ineffables ! Je pris Ses yeux fixés sur moi pour deux étoiles bleues. Fraîche et joyeuse enfant ! Moineaux et hochequeues Ont moins de gaîté folle et de vivacité. Elle avait une robe en taffetas d'été, De petits brodequins couleur de scarabée, L'air d'une ombre qui passe avant la nuit tombée, Je ne sais quoi de fier qui permettait l'espoir. Pendant que je songeais, croyant encor la voir Même après qu'elle était enfuie et disparue, Et que debout, pensif au milieu de la rue, Contemplant, ébloui, cet être gracieux, J'avais l'œil dans l'espace et l'âme dans les cieux, Une vieille, moitié chatte et moitié harpie, Au menton hérissé d'une barbe en charpie, Vêtue affreusement d'un sinistre haillon, Effroyable, et parlant comme avec un bâillon, Me dit tout bas : - Monsieur veut-il de cette fille ? Ô pauvre colibri que vend une chenille !
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Elle passa, je crois qu'elle m'avait souri
Je veille, et nuit et jour mon front rêve enflammé, Ma joue en pleurs ruisselle, Depuis qu'Albaydé dans la tombe a fermé Ses beaux yeux de gazelle. Car elle avait quinze ans, un sourire ingénu, Et m'aimait sans mélange, Et quand elle croisait ses bras sur son sein nu, On croyait voir un ange ! Un jour, pensif, j'errais au bord d'un golfe, ouvert Entre deux promontoires, Et je vis sur le sable un serpent jaune et vert, Jaspé de taches noires. La hache en vingt tronçons avait coupé vivant Son corps que l'onde arrose, Et l'écume des mers que lui jetait le vent Sur son sang flottait rose. Tous ses anneaux vermeils rampaient en se tordant Sur la grève isolée, Et le sang empourprait d'un rouge plus ardent Sa crête dentelée. Ces tronçons déchirés, épars, près d'épuiser Leurs forces languissantes, Se cherchaient, se cherchaient, comme pour un baiser Deux bouches frémissantes ! Et comme je rêvais, triste et suppliant Dieu Dans ma pitié muette, La tête aux mille dents rouvrit son œil de feu, Et me dit : « O poète ! « Ne plains que toi ! ton mal est plus envenimé, Ta plaie est plus cruelle ; Car ton Albaydé dans la tombe a fermé Ses beaux yeux de gazelle. « Ce coup de hache aussi brise ton jeune essor. Ta vie et tes pensées Autour d'un souvenir, chaste et dernier trésor, Se traînent dispersées. « Ton génie au vol large, éclatant, gracieux, Qui, mieux que l'hirondelle, Tantôt rasait la terre et tantôt dans les cieux Donnait de grands coups d'aile, « Comme moi maintenant, meurt près des flots troublés ; Et ses forces s'éteignent, Sans pouvoir réunir ses tronçons mutilés Qui rampent et qui saignent. » Le 10 novembre 1828.
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Les Tronçons du serpent
Je veille, et nuit et jour mon front rêve enflammé, Ma joue en pleurs ruisselle, Depuis qu'Albaydé dans la tombe a fermé Ses beaux yeux de gazelle. Car elle avait quinze ans, un sourire ingénu, Et m'aimait sans mélange, Et quand elle croisait ses bras sur son sein nu, On croyait voir un ange ! Un jour, pensif, j'errais au bord d'un golfe, ouvert Entre deux promontoires, Et je vis sur le sable un serpent jaune et vert, Jaspé de taches noires. La hache en vingt tronçons avait coupé vivant Son corps que l'onde arrose, Et l'écume des mers que lui jetait le vent Sur son sang flottait rose. Tous ses anneaux vermeils rampaient en se tordant Sur la grève isolée, Et le sang empourprait d'un rouge plus ardent Sa crête dentelée. Ces tronçons déchirés, épars, près d'épuiser Leurs forces languissantes, Se cherchaient, se cherchaient, comme pour un baiser Deux bouches frémissantes ! Et comme je rêvais, triste et suppliant Dieu Dans ma pitié muette, La tête aux mille dents rouvrit son œil de feu, Et me dit : « O poète ! « Ne plains que toi ! ton mal est plus envenimé, Ta plaie est plus cruelle ; Car ton Albaydé dans la tombe a fermé Ses beaux yeux de gazelle. « Ce coup de hache aussi brise ton jeune essor. Ta vie et tes pensées Autour d'un souvenir, chaste et dernier trésor, Se traînent dispersées. « Ton génie au vol large, éclatant, gracieux, Qui, mieux que l'hirondelle, Tantôt rasait la terre et tantôt dans les cieux Donnait de grands coups d'aile, « Comme moi maintenant, meurt près des flots troublés ; Et ses forces s'éteignent, Sans pouvoir réunir ses tronçons mutilés Qui rampent et qui saignent. » Le 10 novembre 1828.
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Jadis je vous disais : « Vivez, régnez, Madame ! Le salon vous attend ! le succès vous réclame ! Le bal éblouissant pâlit quand vous partez ! Soyez illustre et belle ! aimez ! riez ! chantez ! Vous avez la splendeur des astres et des roses ! Votre regard charmant, où je lis tant de choses, Commente vos discours légers et gracieux. Ce que dit votre bouche étincelle en vos yeux. Il semble, quand parfois un chagrin vous alarme, Qu'ils versent une perle et non pas une larme. Même quand vous rêvez, vous souriez encor, Vivez, fêtée et fière, ô belle aux cheveux d'or ! » Maintenant vous voilà pâle, grave, muette, Morte, et transfigurée, et je vous dis : « Poète ! Viens me chercher ! Archange ! être mystérieux ! Fais pour moi transparents et la terre et les cieux ! Révèle-moi, d'un mot de ta bouche profonde, La grande énigme humaine et le secret du monde ! Confirme en mon esprit Descarte ou Spinosa ! Car tu sais le vrai nom de celui qui perça, Pour que nous puissions voir sa lumière sans voiles, Ces trous du noir plafond qu'on nomme les étoiles ! Car je te sens flotter sous mes rameaux penchants ; Car ta lyre invisible a de sublimes chants ! Car mon sombre océan, où l'esquif s'aventure, T'épouvante et te plaît ; car la sainte nature, La nature éternelle, et les champs, et les bois, Parlent de ta grande âme avec leur grande voix ! » Paris, 1840. - Jersey, 1855.
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À Madame D. G. de G