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"chevelure" poems
La Llorona (ce poéme écrit après avoir écouté la chanson est dédié à Frida Kahlo et à Joan Baez) Sur les remparts de Tenochtitlan tu ne sors qu'à la nuit couchante les nuits ou la lune est orange tourne rouge de sang et d'amertume. Tu fais briller ta chevelure de geai, tel un diamant noir, ton nom est "Llorona la belle" qui nous appelle de ses pleurs. Et tente de nous attirer Avec sa voix rauque et ses pleurs. Tu annonces la venue de ceux par qui la mort doit advenir. Car telle est ta prophétie magicienne, du Monde Indien. Surtout passant, ferme les yeux et retiens ton amour naissant car la Llorona ne vient pas pour te serrer dans ses bras et te donner sa douce peau, Ni te couvrir de baisers. Elle se fait messagère de malheur. Et annonce les temps nouveaux D’où surgiront les hommes barbus, bardés de fer avec ces animaux fabuleux Et leur bâton de foudre et de tonnerre qui tuent mieux que la guerre fleurie. Son chant est hymne funèbre ou la prophétie s'accomplit dans les cliquetis d’acier, la maudite soif de l’or et le feu des bûchers. Garde toi de suivre « la pleureuse » qui t'annonce les jours maudits, ou le sang indien va couler et le Peuple être mis en servage. Loran ta beauté est venin cartes présages sont les flèches que nous lancent les "temps nouveaux". Pleurons, tous, notre liberté et les jours de cendre venus, et la chute des Dieux serpents. Paul Arrighi, Toulouse
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Jan 9, 2014
Jan 9, 2014 at 4:12 PM UTC
La Llorona
atherien [1] Que tu étais vive et jolie sous les flambées très ondulées de ta chevelure rousse, comme un incendie en brousse. Ardente et vive tu étais, à soigner les corps et les maux, de tes malades, un peu tes enfants, dont je crois que tu n’avais pas. Dans ton cabinet de la « rue des soupirs », tu ravissais des vies promises à la Mort hideuse et cruelle qui se vengea de cette offense. Et pourtant ta science et ta passion resteront inoubliées de tes malades et ta photo de la belle naïade continue à nous charmer dans la salle d’attente comme un diamant très pur. Oh, jeune docteur Soleilhavoup Comment se fait il que tu la vie t’ait été ôtée si tôt par l’infâme camarde, hélas, de la vie toujours victorieuse ? vielle blafarde qui hait les médecins comme autant d’obstacles à la malfaisance de sa faux. Paul Arrighi – Toulouse – le 15-11-2008 [1] Ce poème fut commencé le 24 -01-2009, sous le choc et la douleur du décès d’une jeune doctoresse si secourables. Jamais alors je n’imaginais que, ce si jeune femme ait pu partir la première. Son décès fulgurant vient l’injustice et le chaos qui régissent le règne des maladies et l’insolent scandale des jeunes vies écourtées.
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Dec 13, 2014
Dec 13, 2014 at 12:42 PM UTC
Elégie au Docteur Catherine Soleilhavoup
Fougères en Corse Petits, elles nous faisaient peur par leurs frémissements, sous la caresse du vent et par leur tournoiement, de vert sombre et de senteurs acres de rivière. Elles nous paraissaient animées d'une vie mystérieuse, de landes, de lutins et d'enfants disparus ou dérobés, Ces fougères nous les nommions : «Fizères». Elles étaient pour nous source d'effroi et de maléfices, Jamais nous n'aurions consentis à nous perdre dans l’ondulements de leurs vagues vertes, sous peine d'être aspirées par un magnétisme maléfique, et devenir prisonniers de leurs immensités feuillues. En automne, leurs couleurs se transformaient en dorées et en feux, comme une chevelure rousse déployée ou la robe du renard roux, si vif. Et quand le vent souffle, leurs feuilles font grand bruissement, comme les tuyaux d'orgue d'une nature en remuement. Alors les elfes et les esprits des défunts Semblent s'en donner à cœur joie au-dessus la rivière «Catena», Et même les châtaigniers massifs semblent comme entraînés par le vent dans cette sarabande moins réglée que celle d'Haendel. Paul Arrighi
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Jan 11, 2016
Jan 11, 2016 at 2:39 PM UTC
Fougères en Corse ( Ferns in Corsica)
Romance. Dansez, fillettes du village, Chantez vos doux refrains d'amour : Trop vite, hélas ! un ciel d'orage Vient obscurcir le plus beau jour. En vous voyant, je me rappelle Et mes plaisirs et mes succès ; Comme vous, j'étais jeune et belle, Et, comme vous, je le savais. Soudain ma blonde chevelure Me montra quelques cheveux blancs... J'ai vu, comme dans la nature, L'hiver succéder au printemps. Dansez, fillettes du village, Chantez vos doux refrains d'amour ; Trop vite, hélas ! un ciel d'orage Vient obscurcir le plus beau jour. Naïve et sans expérience, D'amour je crus les doux serments, Et j'aimais avec confiance... On croit au bonheur à quinze ans ! Une fleur, par Julien cueillie, Était le gage de sa foi ; Mais, avant qu'elle fût flétrie, L'ingrat ne pensait plus à moi ! Dansez, fillettes du Village, Chantez vos doux refrains d'amour ; Trop vite, hélas ! un ciel d'orage Vient obscurcir le plus beau jour. À vingt ans, un ami fidèle Adoucit mon premier chagrin ; J'étais triste, mais j'étais belle, Il m'offrit son cœur et sa main. Trop tôt pour nous vint la vieillesse ; Nous nous aimions, nous étions vieux... La mort rompit notre tendresse... Mon ami fut le plus heureux ! Dansez, fillettes du village, Chantez vos doux refrains d'amour ; Trop vite, hélas ! un ciel d'orage Vient obscurcir le plus beau jour. Pour moi, n'arrêtez pas la danse ; Le ciel est pur, je suis au port, Aux bruyants plaisirs de l'enfance La grand-mère sourit encor. Que cette larme que j'efface N'attriste pas vos jeunes cœurs : Le soleil brille sur la glace, L'hiver conserve quelques fleurs. Dansez, fillettes du village, Chantez vos doux refrains d'amour, Et, sous un ciel exempt d'orage, Embellissez mon dernier jour !
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La grand-mère
Romance. Dansez, fillettes du village, Chantez vos doux refrains d'amour : Trop vite, hélas ! un ciel d'orage Vient obscurcir le plus beau jour. En vous voyant, je me rappelle Et mes plaisirs et mes succès ; Comme vous, j'étais jeune et belle, Et, comme vous, je le savais. Soudain ma blonde chevelure Me montra quelques cheveux blancs... J'ai vu, comme dans la nature, L'hiver succéder au printemps. Dansez, fillettes du village, Chantez vos doux refrains d'amour ; Trop vite, hélas ! un ciel d'orage Vient obscurcir le plus beau jour. Naïve et sans expérience, D'amour je crus les doux serments, Et j'aimais avec confiance... On croit au bonheur à quinze ans ! Une fleur, par Julien cueillie, Était le gage de sa foi ; Mais, avant qu'elle fût flétrie, L'ingrat ne pensait plus à moi ! Dansez, fillettes du Village, Chantez vos doux refrains d'amour ; Trop vite, hélas ! un ciel d'orage Vient obscurcir le plus beau jour. À vingt ans, un ami fidèle Adoucit mon premier chagrin ; J'étais triste, mais j'étais belle, Il m'offrit son cœur et sa main. Trop tôt pour nous vint la vieillesse ; Nous nous aimions, nous étions vieux... La mort rompit notre tendresse... Mon ami fut le plus heureux ! Dansez, fillettes du village, Chantez vos doux refrains d'amour ; Trop vite, hélas ! un ciel d'orage Vient obscurcir le plus beau jour. Pour moi, n'arrêtez pas la danse ; Le ciel est pur, je suis au port, Aux bruyants plaisirs de l'enfance La grand-mère sourit encor. Que cette larme que j'efface N'attriste pas vos jeunes cœurs : Le soleil brille sur la glace, L'hiver conserve quelques fleurs. Dansez, fillettes du village, Chantez vos doux refrains d'amour, Et, sous un ciel exempt d'orage, Embellissez mon dernier jour !
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Furtive fugitive du noir Tu apparais. Chez toi tout n'est que contraste Pure intensité. Ta longue chevelure de soie Enveloppe tes hanches Alors que tu danses De ton corps et de mon regard Tu fais une unique joie. Seul le hasard a le pouvoir de nous réunir Et la vue est le seul sens Par lequel nous nous connaissons. Pourtant le dessin de ton galbe dans la nuit Allume la flamme qui m'éveille Et me fait renaître à la vie.
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Mar 31, 2015
Mar 31, 2015 at 3:20 PM UTC
Présence clandestine
Car tu vis en toutes les femmes Et toutes les femmes c'est toi. Et tout l'amour qui soit, c'est moi Brûlant pour toi de mille flammes. Ton sourire tendre ou moqueur, Tes yeux, mon Styx ou mon Lignon, Ton sein opulent ou mignon Sont les seuls vainqueurs de mon cœur. Et je mords à ta chevelure Longue ou frisée, en haut, en bas, Noire ou rouge et sur l'encolure Et là ou là - et quels repas ! Et je bois à tes lèvres fines Ou grosses, - à la Lèvre, toute ! Et quelles ivresses en route, Diaboliques et divines ! Car toute la femme est en toi Et ce moi que tu multiplies T'aime en toute Elle et tu rallies En toi seule tout l'amour : Moi !
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Tu vis en toutes les femmes
Avez-vous vu, dans Barcelone, Une Andalouse au sein bruni ? Pâle comme un beau soir d'automne ! C'est ma maîtresse, ma lionne ! La marquesa d'Amaëgui ! J'ai fait bien des chansons pour elle, Je me suis battu bien souvent. Bien souvent j'ai fait sentinelle, Pour voir le coin de sa prunelle, Quand son rideau tremblait au vent. Elle est à moi, moi seul au monde. Ses grands sourcils noirs sont à moi, Son corps souple et sa jambe ronde, Sa chevelure qui l'inonde, Plus longue qu'un manteau de roi ! C'est à moi son beau col qui penche Quand elle dort dans son boudoir, Et sa basquina sur sa hanche, Son bras dans sa mitaine blanche, Son pied dans son brodequin noir ! Vrai Dieu ! Lorsque son oeil pétille Sous la frange de ses réseaux, Rien que pour toucher sa mantille, De par tous les saints de Castille, On se ferait rompre les os. Qu'elle est superbe en son désordre, Quand elle tombe, les seins nus, Qu'on la voit, béante, se tordre Dans un baiser de rage, et mordre En criant des mots inconnus ! Et qu'elle est folle dans sa joie, Lorsqu'elle chante le matin, Lorsqu'en tirant son bas de soie, Elle fait, sur son flanc qui ploie, Craquer son corset de satin ! Allons, mon page, en embuscades ! Allons ! la belle nuit d'été ! Je veux ce soir des sérénades A faire damner les alcades De Tolose au Guadalété.
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L'andalouse
À Pablo Picasso L'azur et ses voiles Les bras de santé Crèmes estivales Sa grande beauté Mais qu'elle en impose À qui veut l'aimer (Parler de la mer. Autrement qu'en prose) La plus idiote Avec son œil rond Luit intelligente Auprès de ce front Ô chère adorée Au soleil de plomb Ton regard d'aplomb Et ta chair dorée Quand on te décrit Toutes les chevilles Comme des salives Montent à l'esprit Dans ta chevelure Reflet du passé Tu gardes l'allure Du papier glacé Qu'amènent tes lèvres Les mots maux et fièvres Mais la voix dit Non Sur un ton de lave
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La belle italienne
Je tiens ce nuage or et mauve au bout d'un jonc L'ombrelle ou l'oiselle ou la fleur La chevelure Descend des cendres du soleil se décolore Entre mes doigts Le jour est gorge-de-pigeon Vite un miroir Participé-je à ce mirage Si le parasol change en paradis le sol Jouons À l'ange À la mésange Au passereau Mais elles qui vaincraient les grêles et l'orage Mes ailes oublieront les bras et les travaux Plus léger que l'argent de l'air où je me love Je file au ras des rêts et m'évade du rêve La Nature se plie et sait ce que je vaux.
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Éclairage à perte de vue
Il m'attend : je ne sais quelle mélancolie Au trouble de l'amour se mêle en cet instant : Mon cœur s'est arrêté sous ma main affaiblie ; L'heure sonne au hameau ; je l'écoute... et pourtant, Il m'attend. Il m'attend : d'où vient donc que dans ma chevelure Je ne puis enlacer les fleurs qu'il aime tant ? J'ai commencé deux fois sans finir ma parure, Je n'ai pas regardé le miroir... et pourtant, Il m'attend. Il m'attend : le bonheur recèle-t-il des larmes ? Que faut-il inventer pour le rendre content ? Mes bouquets, mes aveux, ont-ils perdu leurs charmes ? Il est triste, il soupire, il se tait... et pourtant, Il m'attend. Il m'attend : au retour serai-je plus heureuse ? Quelle crainte s'élève en mon sein palpitant ! Ah ! dût-il me trouver moins tendre que peureuse, Ah ! dussé-je en pleurer, viens, ma mère... et pourtant, Il m'attend !
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Le rendez-vous
Sonnet. Ni l'amour ni les dieux ! Ce double mal nous tue. Je ne poursuivrai plus la guêpe du baiser, Et, las d'approfondir, je veux me reposer De l'ingrate besogne où mon front s'évertue. Ni l'amour ni les dieux ! Qu'enfin je m'habitue À ne sentir jamais le désir m'embraser, Ni l'éternel secret des choses m'écraser ! Qu'enfin je sois heureux ! Que je vive en statue, Comme un Terme habitant sa gaine avec plaisir ! Il emprunte une vie auguste à la nature ; Une mousse lui fait sa verte chevelure ; Un liseron lui fait des lèvres sans soupir ; Une feuille est son cœur ; un lierre ami, ses hanches ; Et ses yeux souriants sont faits de deux pervenches.
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Repos
Parmi les marbres qu'on renomme Sous le ciel d'Athène ou de Rome, Je prends le plus pur, le plus blanc, Je le taille et puis je l'étale Dans ta pose d'Horizontale Soulevée... un peu... sur le flanc... Voici la tête qui se dresse, Qu'une ample chevelure presse, Le cou blanc, dont le pur contour Rappelle à l'œil qui le contemple Une colonne, au front d'un temple, Le plus beau temple de l'Amour ! Voici la gorge féminine, Le bout des seins sur la poitrine Délicatement accusé, Les épaules, le dos, le ventre Où le nombril se renfle et rentre Comme un tourbillon apaisé. Voici le bras plein qui s'allonge ; Voici, comme on les voit en songe, Les deux petites mains d'Éros, Le bassin immense, les hanches, Et les adorablement blanches Et fermes fesses de Paros. Voici le mont au fond des cuisses Les plus fortes pour que tu puisses Porter les neuf mois de l'enfant ; Et voici tes jambes parfaites... Et, pour les sonnets des poètes, Voici votre pied triomphant. Pas plus grande que Cléopâtre Pour qui deux peuples vont se battre, Voici la Femme dont le corps Fait sur les gestes et les signes Courir la musique des lignes En de magnifiques accords. Je m'élance comme un barbare, J'abats la tête, le pied rare, Les mains... et puis... au bout d'un an... Lorsque sa gloire est colossale, Je la dispose en une salle, La plus riche du Vatican.
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La statue
C'est une femme belle et de riche encolure, Qui laisse dans son vin traîner sa chevelure. Les griffes de l'amour, les poisons du tripot, Tout glisse et tout s'émousse au granit de sa peau. Elle rit à la mort et nargue la Débauche, Ces monstres dont la main, qui toujours gratte et fauche, Dans ses jeux destructeurs a pourtant respecté De ce corps ferme et droit la rude majesté. Elle marche en déesse et repose en sultane ; Elle a dans le plaisir la foi mahométane, Et dans ses bras ouverts, que remplissent ses seins, Elle appelle des yeux la race des humains. Elle croit, elle sait, cette vierge inféconde Et pourtant nécessaire à la marche du monde, Que la beauté du corps est un sublime don Qui de toute infamie arrache le pardon. Elle ignore l'Enfer comme le Purgatoire, Et quand l'heure viendra d'entrer dans la Nuit noire, Elle regardera la face de la Mort, Ainsi qu'un nouveau-né, - sans haine et sans remord.
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Allégorie
Que j'aime voir, chère indolente, De ton corps si beau, Comme une étoffe vacillante, Miroiter la peau ! Sur ta chevelure profonde Aux âcres parfums, Mer odorante et vagabonde Aux flots bleus et bruns, Comme un navire qui s'éveille Au vent du matin, Mon âme rêveuse appareille Pour un ciel lointain. Tes yeux, où rien ne se révèle De doux ni d'amer, Sont deux bijoux froids où se mêle L'or avec le fer. A te voir marcher en cadence, Belle d'abandon, On dirait un serpent qui danse Au bout d'un bâton. Sous le fardeau de ta paresse Ta tête d'enfant Se balance avec la mollesse D'un jeune éléphant, Et ton corps se penche et s'allonge Comme un fin vaisseau Qui roule bord sur bord et plonge Ses vergues dans l'eau. Comme un flot grossi par la fonte Des glaciers grondants, Quand l'eau de ta bouche remonte Au bord de tes dents, Je crois boire un vin de Bohême, Amer et vainqueur, Un ciel liquide qui parsème D'étoiles mon coeur !
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Le serpent qui danse
Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l'odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l'eau d'une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l'air. Si tu pouvais savoir tout ce que je vois ! tout ce que je sens ! tout ce que j'entends dans tes cheveux ! Mon âme voyage sur le parfum comme l'âme des autres hommes sur la musique. Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures ; ils contiennent de grandes mers dont les moussons me portent vers de charmants climats, où l'espace est plus bleu et plus profond, où l'atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la peau humaine. Dans l'océan de ta chevelure, j'entrevois un port fourmillant de chants mélancoliques, d'hommes vigoureux de toutes nations et de navires de toutes formes découpant leurs architectures fines et compliquées sur un ciel immense où se prélasse l'éternelle chaleur. Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des longues heures passées sur un divan, dans la chambre d'un beau navire, bercées par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes. Dans l'ardent foyer de ta chevelure, je respire l'odeur du tabac mêlé à l'opium et au sucre ; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l'infini de l'azur tropical ; sur les rivages duvetés de ta chevelure je m'enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l'huile de coco. Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs.
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Un hémisphère dans une chevelure
Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l'odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l'eau d'une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l'air. Si tu pouvais savoir tout ce que je vois ! tout ce que je sens ! tout ce que j'entends dans tes cheveux ! Mon âme voyage sur le parfum comme l'âme des autres hommes sur la musique. Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures ; ils contiennent de grandes mers dont les moussons me portent vers de charmants climats, où l'espace est plus bleu et plus profond, où l'atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la peau humaine. Dans l'océan de ta chevelure, j'entrevois un port fourmillant de chants mélancoliques, d'hommes vigoureux de toutes nations et de navires de toutes formes découpant leurs architectures fines et compliquées sur un ciel immense où se prélasse l'éternelle chaleur. Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des longues heures passées sur un divan, dans la chambre d'un beau navire, bercées par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes. Dans l'ardent foyer de ta chevelure, je respire l'odeur du tabac mêlé à l'opium et au sucre ; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l'infini de l'azur tropical ; sur les rivages duvetés de ta chevelure je m'enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l'huile de coco. Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs.
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Pour aller en Galice Expier mes amours, Demain, sous un cilice, J'éteindrai mes beaux jours. Ma fidèle servante, Ceignez-moi mon manteau ; Sa couleur représente La cendre du tombeau. Adieu ma chevelure, Tes nœuds sont trop pesants ; Je rends à la nature D'inutiles présents. La joie évanouie Laisse comme un remord ; Et, seule dans ma vie, Je suis triste à la mort. Ma patronne m'appelle ; Et, lasse de souffrir, Je m'en vais auprès d'elle Achever de mourir. Sous mes pieds nus, sans doute, Le chemin sera dur : Et je vois sur ma route La demeure d'Arthur. Penché sur sa fenêtre, Dira-t-il : « Elle a froid ? » Et, sans me reconnaître, Priera-t-il Dieu pour moi ? À mon pèlerinage, Dieu, prêtez votre appui ; Et placez un nuage Entre mon âme et lui !
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Pèlerinage
Et vos cheveux, alors, de sombres Deviennent gris, et de gris, blancs, Comme un peuple aux ailes sans nombres De colombes aux vols tremblants. Suis-je sur terre ou bien rêvè-je ? Quoi, c'est vous, c'est toi que je vois Sous ta chevelure de neige, Jeune de visage et de voix ; Le corps svelte et libre d'allure, Sans rien de fané ni de las, Et cependant ta chevelure Est plus blanche que les lilas. Pour qu'il meure et pour qu'il renaisse, Viens-tu verser à mon désir, Avec le vin de la jeunesse L'expérience du plaisir ? Avec ta voix pleine de verve Et la pureté de tes mains, Es-tu la déesse Minerve Sous l'acier du casque romain ? Viens-tu verser, dans ta largesse, Au cœur qui ne peut s'apaiser, Avec le vin de la sagesse, L'expérience du baiser ? Jeune Femme aux cheveux de Sage, Tels qu'un vol de blancs papillons, C'est la gloire de ton visage Qui l'entoure de ses rayons ; Si ce n'est l'Amour, c'est l'image De l'Amour, qu'en vous je veux voir, Jeune femme aux cheveux de Mage, Tels que les neiges du savoir ! Sous votre vieillesse vermeille La caresse se cache et rit, Comme une chatte qui sommeille Sur les griffes de son esprit. Dans ta vieillesse enchanteresse Je veux t'étreindre et m'embraser Dans l'alambic de ta caresse, Sous l'élixir de ton baiser.
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La poudre
Tout amoureux, de sa maîtresse, Sur son coeur ou dans son tiroir, Possède un gage qu'il caresse Aux jours de regret ou d'espoir. L'un d'une chevelure noire, Par un sourire encouragé, A pris une boucle que moire Un reflet bleu d'aile de geai. L'autre a, sur un cou blanc qui ploie, Coupé par derrière un flocon Retors et fin comme la soie Que l'on dévide du cocon. Un troisième, au fond d'une boîte, Reliquaire du souvenir, Cache un gant blanc, de forme étroite, Où nulle main ne peut tenir. Cet autre, pour s'en faire un charme, Dans un sachet, d'un chiffre orné, Coud des violettes de Parme, Frais cadeau qu'on reprend fané. Celui-ci baise la pantoufle Que Cendrillon perdit un soir ; Et celui-ci conserve un souffle Dans la barbe d'un masque noir. Moi, je n'ai ni boucle lustrée, Ni gant, ni bouquet, ni soulier, Mais je garde, empreinte adorée Une larme sur un papier : Pure rosée, unique goutte, D'un ciel d'azur tombée un jour, Joyau sans prix, perle dissoute Dans la coupe de mon amour ! Et, pour moi, cette obscure tache Reluit comme un écrin d'Ophyr, Et du vélin bleu se détache, Diamant éclos d'un saphir. Cette larme, qui fait ma joie, Roula, trésor inespéré, Sur un de mes vers qu'elle noie, D'un oeil qui n'a jamais pleuré !
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Diamant du cœur
Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure ! Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir ! Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure Des souvenirs dormant dans cette chevelure, Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir ! La langoureuse Asie et la brûlante Afrique, Tout un monde lointain, absent, presque défunt, Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique ! Comme d'autres esprits voguent sur la musique, Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum. J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève, Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ; Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève ! Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts : Un port retentissant où mon âme peut boire A grands flots le parfum, le son et la couleur ; Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire, Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur. Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ; Et mon esprit subtil que le roulis caresse Saura vous retrouver, ô féconde paresse, Infinis bercements du loisir embaumé ! Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues, Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ; Sur les bords duvetés de vos mèches tordues Je m'enivre ardemment des senteurs confondues De l'huile de coco, du musc et du goudron. Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde Sèmera le rubis, la perle et le saphir, Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde ! N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?
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La chevelure
Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure ! Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir ! Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure Des souvenirs dormant dans cette chevelure, Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir ! La langoureuse Asie et la brûlante Afrique, Tout un monde lointain, absent, presque défunt, Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique ! Comme d'autres esprits voguent sur la musique, Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum. J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève, Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ; Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève ! Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts : Un port retentissant où mon âme peut boire A grands flots le parfum, le son et la couleur ; Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire, Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur. Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ; Et mon esprit subtil que le roulis caresse Saura vous retrouver, ô féconde paresse, Infinis bercements du loisir embaumé ! Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues, Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ; Sur les bords duvetés de vos mèches tordues Je m'enivre ardemment des senteurs confondues De l'huile de coco, du musc et du goudron. Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde Sèmera le rubis, la perle et le saphir, Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde ! N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?
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I Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles La blanche Ophélia flotte comme un grand lys, Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles... - On entend dans les bois lointains des hallalis. Voici plus de mille ans que la triste Ophélie Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir. Voici plus de mille ans que sa douce folie Murmure sa romance à la brise du soir. Le vent baise ses seins et déploie en corolle Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ; Les saules frissonnants pleurent sur son épaule, Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux. Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ; Elle éveille parfois, dans un aune qui dort, Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile : - Un chant mystérieux tombe des astres d'or. II Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige ! Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté ! - C'est que les vents tombant des grands monts de Norwège T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ; C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure, A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits ; Que ton coeur écoutait le chant de la Nature Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ; C'est que la voix des mers folles, immense râle, Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ; C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle, Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux ! Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle ! Tu te fondais à lui comme une neige au feu : Tes grandes visions étranglaient ta parole - Et l'Infini terrible effara ton oeil bleu ! III - Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ; Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles, La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.
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Ophélie
I Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles La blanche Ophélia flotte comme un grand lys, Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles... - On entend dans les bois lointains des hallalis. Voici plus de mille ans que la triste Ophélie Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir. Voici plus de mille ans que sa douce folie Murmure sa romance à la brise du soir. Le vent baise ses seins et déploie en corolle Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ; Les saules frissonnants pleurent sur son épaule, Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux. Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ; Elle éveille parfois, dans un aune qui dort, Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile : - Un chant mystérieux tombe des astres d'or. II Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige ! Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté ! - C'est que les vents tombant des grands monts de Norwège T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ; C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure, A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits ; Que ton coeur écoutait le chant de la Nature Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ; C'est que la voix des mers folles, immense râle, Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ; C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle, Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux ! Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle ! Tu te fondais à lui comme une neige au feu : Tes grandes visions étranglaient ta parole - Et l'Infini terrible effara ton oeil bleu ! III - Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ; Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles, La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.
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C'est une laide de Boucher Sans poudre dans sa chevelure Follement blonde et d'une allure Vénuste à tous nous débaucher. Mais je la crois mienne entre tous, Cette crinière tant baisée, Cette cascatelle embrasée Qui m'allume par tous les bouts. Elle est à moi bien plus encor Comme une flamboyante enceinte Aux entours de la porte sainte, L'alme, la dive toison d'or ! Et qui pourrait dire ce corps Sinon moi, son chantre et son prêtre, Et son esclave humble et son maître Qui s'en damnerait sans remords, Son cher corps rare, harmonieux, Suave, blanc comme une rose Blanche, blanc de lait pur, et rose Comme un lys sous de pourpres cieux ? Cuisses belles, seins redressants, Le dos, les reins, le ventre, fête Pour les yeux et les mains en quête Et pour la bouche et tous les sens ? Mignonne, allons voir si ton lit A toujours sous le rideau rouge L'oreiller sorcier qui tant bouge Et les draps fous. Ô vers ton lit !
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À la princesse Roukhine
Quand Michel-Ange eut peint la chapelle Sixtine, Et que de l'échafaud, sublime et radieux, Il fut redescendu dans la cité latine, Il ne pouvait baisser ni les bras ni les yeux ; Ses pieds ne savaient pas comment marcher sur terre ; Il avait oublié le monde dans les cieux. Trois grands mois il garda cette attitude austère ; On l'eût pris pour un ange en extase devant Le saint triangle d'or, au moment du mystère. Frère, voilà pourquoi les poètes, souvent, Buttent à chaque pas sur les chemins du monde ; Les yeux fichés au ciel, ils s'en vont en rêvant. Les anges secouant leur chevelure blonde, Penchent leur front sur eux et leur tendent les bras, Et les veulent baiser avec leur bouche ronde. Eux marchent au hasard et font mille faux pas ; Ils cognent les passants, se jettent sous les roues, Ou tombent dans des puits qu'ils n'aperçoivent pas. Que leur font les passants, les pierres et les boues ? Ils cherchent dans le jour le rêve de leurs nuits, Et le jeu du désir leur empourpre les joues. Ils ne comprennent rien aux terrestres ennuis, Et, quand ils ont fini leur chapelle Sixtine, Ils sortent rayonnants de leurs obscurs réduits. Un auguste reflet de leur œuvre divine S'attache à leur personne et leur dore le front, Et le ciel qu'ils ont vu dans leurs yeux se devine. Les nuits suivront les jours et se succéderont, Avant que leur regard et leur front ne s'abaissent, Et leurs pieds, de longtemps, ne se raffermiront. Tous nos palais sous eux s'éteignent et s'affaissent ; Leur âme à la coupole où leur œuvre reluit, Revole, et ce ne sont que leurs corps qu'ils nous laissent. Notre jour leur paraît plus sombre que la nuit ; Leur œil cherche toujours le ciel bleu de la fresque, Et le tableau quitté les tourmente et les suit. Comme Buonarroti, le peintre gigantesque, Ils ne peuvent plus voir que les choses d'en haut, Et que le ciel de marbre où leur front touche presque. Sublime aveuglement ! Magnifique défaut !
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Terza rima
Quand Michel-Ange eut peint la chapelle Sixtine, Et que de l'échafaud, sublime et radieux, Il fut redescendu dans la cité latine, Il ne pouvait baisser ni les bras ni les yeux ; Ses pieds ne savaient pas comment marcher sur terre ; Il avait oublié le monde dans les cieux. Trois grands mois il garda cette attitude austère ; On l'eût pris pour un ange en extase devant Le saint triangle d'or, au moment du mystère. Frère, voilà pourquoi les poètes, souvent, Buttent à chaque pas sur les chemins du monde ; Les yeux fichés au ciel, ils s'en vont en rêvant. Les anges secouant leur chevelure blonde, Penchent leur front sur eux et leur tendent les bras, Et les veulent baiser avec leur bouche ronde. Eux marchent au hasard et font mille faux pas ; Ils cognent les passants, se jettent sous les roues, Ou tombent dans des puits qu'ils n'aperçoivent pas. Que leur font les passants, les pierres et les boues ? Ils cherchent dans le jour le rêve de leurs nuits, Et le jeu du désir leur empourpre les joues. Ils ne comprennent rien aux terrestres ennuis, Et, quand ils ont fini leur chapelle Sixtine, Ils sortent rayonnants de leurs obscurs réduits. Un auguste reflet de leur œuvre divine S'attache à leur personne et leur dore le front, Et le ciel qu'ils ont vu dans leurs yeux se devine. Les nuits suivront les jours et se succéderont, Avant que leur regard et leur front ne s'abaissent, Et leurs pieds, de longtemps, ne se raffermiront. Tous nos palais sous eux s'éteignent et s'affaissent ; Leur âme à la coupole où leur œuvre reluit, Revole, et ce ne sont que leurs corps qu'ils nous laissent. Notre jour leur paraît plus sombre que la nuit ; Leur œil cherche toujours le ciel bleu de la fresque, Et le tableau quitté les tourmente et les suit. Comme Buonarroti, le peintre gigantesque, Ils ne peuvent plus voir que les choses d'en haut, Et que le ciel de marbre où leur front touche presque. Sublime aveuglement ! Magnifique défaut !
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Nous recevions sa visite assidue ; J'étais enfant. Jours lointains ! Depuis lors La porte est close et la maison vendue : Les foyers vendus sont des morts. Quand j'entendais son pas de demoiselle, Adieu mes jeux ! Courant sur son chemin, J'allais, les yeux levés tout grands vers elle, Glisser ma tête sous sa main. Et quelle joie inquiète et profonde Si je sentais une caresse au front ! Cette main-là, pas de lèvres au monde En douceur ne l'égaleront. Je me souviens de mes tendresses vagues, Des aveux fous que je jurais d'oser, Lorsque, tout bas, rien qu'aux chatons des bagues Je risquais un fuyant baiser. Elle a passé, bouclant ma chevelure, Prenant ma vie ; et, comme inoccupés, Ses doigts m'ont fait une étrange brûlure, Par l'âge de mon cœur trompés. Comme l'aurore étonne la prunelle, L'éveille à peine, et c'est déjà le jour : Ainsi la grâce au cœur naissant nouvelle L'émeut, et c'est déjà l'amour.
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Jours lointains
les klaxons et la circulation assourdissante l’humidité et la pollution, la brume aveuglante les banlieues de la mégalopole une nouvelle fois, encore toujours étourdie de la veille en sursaut je me réveille longue chevelure, noire et ébouriffée s’en échappe un certain pouvoir indescriptible, j’en suis esclave elle ferait taire la ville si elle le voulait elle purifierais l'air si elle le voulait comme elle a purifié mon âme la nuit passée. oui, elle a de l'aura car non, je n'étais pas seule encore hier en rentrant à l’appartement les cocktails ont fait de moi leur une énième fois ainsi que sa séduction asiatique ainsi ce matin elle et moi sommes nues au-dessus des draps son bras posé sur moi, sa main sur mon sein droit et cette chevelure dominante que j'en suis intimidée désemparée en outre, ses lèvres rouges de la veille pulpeuses de par sa naissance rouge à lèvres séché sur l’oreiller je saisirais sa mâchoire et je les embrasserais comme on l’a si bien fait, hier aux heures les plus sombres de la journées avant qu'elle ne parte, que je ne sache la retenir et qu’elle ne redevienne cette prédatrice venue de l'indochine.
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Jan 12, 2025
Jan 12, 2025 at 11:16 PM UTC
prédatrice venue de l'indochine
Tu les feras pleurer, enfant belle et chérie, Tous ces bambins, hommes futurs, Qui plus **** suspendront leur jeune rêverie Aux cils câlins de tes yeux purs. Ils aiment de ta voix la roulade sonore, Mais plus **** ils sentiront mieux Ce qu'ils peuvent à peine y discerner encore, Le timbre au charme impérieux ; Ils touchent, sans jamais en sentir de brûlure, Tes boucles pleines de rayons, Dont l'or fait ressembler ta fauve chevelure À celle des petits lions. Ils ne devinent pas, aux jeux dont tu te mêles, Qu'en leur jetant au cou tes bras, Rieuse, indifférente et douce, tu décèles Tout le mal que tu leur feras. Tu t'exerces déjà, quand tu crois que tu joues, En leur abandonnant ton front ; Tes lèvres ont déjà, plus faites que tes joues, La grâce dont ils souffriront.
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Aux Tuileries