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"promettre" poems
what if there was a lock with no key to throw away? what if it could be sealed with no lips having a taste? what if it held your words with no rope to tie it down? what if it can be made with just words with no sound?
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Jun 13, 2021
Jun 13, 2021 at 1:10 AM UTC
Promettre
Que me servent mes vers et les sons de ma Lyre, Quand nuit et jour je change et de mœurs et de peau, Pour aimer sottement un visage si beau ! Que l'homme est malheureux qui pour l'amour soupire ! Je pleure, je me deuls (1), je suis plein de martyre, Je fais mille Sonnets, je me romps le cerveau, Et ne suis point aimé : un amoureux nouveau Gagne toujours ma place, et je ne l'ose dire. Madame en toute ruse a l'esprit bien appris, Qui toujours cherche un autre, après qu'elle m'a pris. Quand d'elle je brûlais, son feu devenait moindre ; Mais ores que je feins n'être plus enflammé, Elle brûle de moi. Pour être bien aimé, Il faut aimer bien peu, beaucoup promettre et feindre. 1. Deuls : Du verbe douloir (se désoler, gémir).
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Que me servent mes vers
Tout beau, fauve grondeur, demeure dans ton antre, Il n'est pas temps encore ; couche-toi sur le ventre ; De ta queue aux crins roux flagelle-toi les flancs, Comme un sphinx accroupi dans les sables brûlants, Sur l'oreiller velu de tes pattes croisées Pose ton mufle énorme, aux babines froncées ; Dors et prends patience, ô lion du désert ; Demain, César le veut, de ton cachot ouvert, Demain tu sauteras dans la pleine lumière, Au beau milieu du Cirque, aux yeux de Rome entière, Et de tous les côtés les applaudissements Répondront comme un chœur à tes grommèlements. On te tient en réserve une vierge chrétienne, Plus blanche mille fois que la Vénus païenne ; Tu pourras à loisir, de tes griffes de fer, Rayer ce dos d'ivoire et cette belle chair ; Tu boiras ce sang pur, vermeil comme la rose : Ne frotte plus ton nez contre la grille close, Songe, sous ta crinière, au plaisir de ronger Un beau corps tout vivant, et de pouvoir plonger Dans le gouffre béant de ta gueule qui fume, Une tête où déjà l'auréole s'allume. Le Belluaire ainsi gourmande son lion, Et le lion fait trêve à sa rébellion. Mais toi, sauvage amour, qui, la prunelle en flamme, Rugis affreusement dans l'antre de mon âme, Je n'ai pas de victime à promettre à ta faim, Ni d'esclave chrétienne à te jeter demain ; Tâche de t'apaiser, ou je m'en vais te clore Dans un lieu plus profond et plus sinistre encore ; A quoi bon te débattre et grincer et hurler ? Le temps n'est pas venu de te démuseler. En attendant le jour de revoir la lumière, Silencieusement, à l'angle d'une pierre, Ou contre les barreaux de ton noir souterrain, Aiguise le tranchant de tes ongles d'airain.
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Le lion du cirque
Tout beau, fauve grondeur, demeure dans ton antre, Il n'est pas temps encore ; couche-toi sur le ventre ; De ta queue aux crins roux flagelle-toi les flancs, Comme un sphinx accroupi dans les sables brûlants, Sur l'oreiller velu de tes pattes croisées Pose ton mufle énorme, aux babines froncées ; Dors et prends patience, ô lion du désert ; Demain, César le veut, de ton cachot ouvert, Demain tu sauteras dans la pleine lumière, Au beau milieu du Cirque, aux yeux de Rome entière, Et de tous les côtés les applaudissements Répondront comme un chœur à tes grommèlements. On te tient en réserve une vierge chrétienne, Plus blanche mille fois que la Vénus païenne ; Tu pourras à loisir, de tes griffes de fer, Rayer ce dos d'ivoire et cette belle chair ; Tu boiras ce sang pur, vermeil comme la rose : Ne frotte plus ton nez contre la grille close, Songe, sous ta crinière, au plaisir de ronger Un beau corps tout vivant, et de pouvoir plonger Dans le gouffre béant de ta gueule qui fume, Une tête où déjà l'auréole s'allume. Le Belluaire ainsi gourmande son lion, Et le lion fait trêve à sa rébellion. Mais toi, sauvage amour, qui, la prunelle en flamme, Rugis affreusement dans l'antre de mon âme, Je n'ai pas de victime à promettre à ta faim, Ni d'esclave chrétienne à te jeter demain ; Tâche de t'apaiser, ou je m'en vais te clore Dans un lieu plus profond et plus sinistre encore ; A quoi bon te débattre et grincer et hurler ? Le temps n'est pas venu de te démuseler. En attendant le jour de revoir la lumière, Silencieusement, à l'angle d'une pierre, Ou contre les barreaux de ton noir souterrain, Aiguise le tranchant de tes ongles d'airain.
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