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"douces" poems
Je vis cette faucheuse. Elle était dans son champ. Elle allait à grands pas moissonnant et fauchant, Noir squelette laissant passer le crépuscule. Dans l'ombre où l'on dirait que tout tremble et recule, L'homme suivait des yeux les lueurs de la faulx. Et les triomphateurs sous les arcs triomphaux Tombaient ; elle changeait en désert Babylone, Le trône en échafaud et l'échafaud en trône, Les roses en fumier, les enfants en oiseaux, L'or en cendre, et les yeux des mères en ruisseaux. Et les femmes criaient : - Rends-nous ce petit être. Pour le faire mourir, pourquoi l'avoir fait naître ? - Ce n'était qu'un sanglot sur terre, en haut, en bas ; Des mains aux doigts osseux sortaient des noirs grabats ; Un vent froid bruissait dans les linceuls sans nombre ; Les peuples éperdus semblaient sous la faulx sombre Un troupeau frissonnant qui dans l'ombre s'enfuit ; Tout était sous ses pieds deuil, épouvante et nuit. Derrière elle, le front baigné de douces flammes, Un ange souriant portait la gerbe d'âmes.
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Mors
Les nèfles de Kabylie Il est des souvenirs d’enfance qui dominent longtemps l’esprit et ont des goûts de saveurs douces telles les madeleines de Proust. Pour moi qui suis né à Bougie Ce sont les nèfles de Kabylie. C’était en mai soit en juin que ces fruits blonds arrivaient sur la table de formica dans des couffins tressés de paille, comme le signe d’un printemps qui bientôt deviendrait fournaise mais vibrionnant de Soleil. Il fallait enlever la peau et en séparer les noyaux qui me faisaient penser à des billes Mais leur chair était succulente avec des zestes de vanille. et de bonbons acidulés. J’avais huit ans, c’était la guerre ! Mais quand les nèfles arrivaient, j’oubliais les soucis des «grands» pour goûter à la chair des nèfles, jouer aux billes avec leurs noyaux. C’est ainsi que parmi les drames, le regard de l’enfance est lointain. Car la mort leur reste chimère. bien moins réelle que les jeux et les fruits dorés, bref privilège de l’enfance. Paul d’Aubin (Paul Arrighi) Toulouse- février 2014.
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Feb 22, 2014
Feb 22, 2014 at 4:59 PM UTC
Les nèfles de Kabylie ( The war and the boy )
L'échelonnement des haies Moutonne à l'infini, mer Claire dans le brouillard clair Qui sent bon les jeunes baies. Des arbres et des moulins Sont légers sur le vert tendre Où vient s'ébattre et s'étendre L'agilité des poulains. Dans ce vague d'un Dimanche Voici se jouer aussi De grandes brebis aussi Douces que leur laine blanche. Tout à l'heure déferlait L'onde, roulée en volutes, De cloches comme des flûtes Dans le ciel comme du lait.
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L'échelonnement des haies
*My love my love                                        Mon amour mon amour       You leave me blind                                    Vous me quittez aveugle     Kept in the dark                                         Gardé dans l'obscurité Where light doesn’t shine                          Où la lumière ne brille pas My love my love                                        Mon amour mon amour I am restless                                               Je suis agité You hold me so tight                                Vous me tenez si serré I am left breathless                                    On me quitte essoufflé My love my love                                        Mon amour mon amour You are cruel                                              Vous êtes cruels You paint such sweet lies                           Vous peignez de tels mensonges doux Taking me for a fool                                   La prise de moi pour un imbécile My love my love                                         Mon amour mon amour You leave me bereft                                    Vous me quittez privé Of dignity and hate                                    De la dignité et de la haine There is nothing left                                    Il n'y a rien My love my love                                         Mon amour mon amour You will leave me to die                             Vous me quitterez pour mourir We cannot go together                              Nous ne pouvons pas aller ensemble So I will say goodbye                                 Donc je dirai au revoir My love my love                                      Mon amour mon amour You gave such sweet thoughts               Vous avez donné de telles pensées douces Nothing was ever wanting                     Rien ne voulait jamais In you whom I sought                            Dans vous que j'ai cherchés*
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Jan 23, 2011
Jan 23, 2011 at 5:13 PM UTC
My love my love
*My love my love                                        Mon amour mon amour       You leave me blind                                    Vous me quittez aveugle     Kept in the dark                                         Gardé dans l'obscurité Where light doesn’t shine                          Où la lumière ne brille pas My love my love                                        Mon amour mon amour I am restless                                               Je suis agité You hold me so tight                                Vous me tenez si serré I am left breathless                                    On me quitte essoufflé My love my love                                        Mon amour mon amour You are cruel                                              Vous êtes cruels You paint such sweet lies                           Vous peignez de tels mensonges doux Taking me for a fool                                   La prise de moi pour un imbécile My love my love                                         Mon amour mon amour You leave me bereft                                    Vous me quittez privé Of dignity and hate                                    De la dignité et de la haine There is nothing left                                    Il n'y a rien My love my love                                         Mon amour mon amour You will leave me to die                             Vous me quitterez pour mourir We cannot go together                              Nous ne pouvons pas aller ensemble So I will say goodbye                                 Donc je dirai au revoir My love my love                                      Mon amour mon amour You gave such sweet thoughts               Vous avez donné de telles pensées douces Nothing was ever wanting                     Rien ne voulait jamais In you whom I sought                            Dans vous que j'ai cherchés*
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Sonnet. Je vis assis, tel qu'un ange aux mains d'un barbier, Empoignant une chope à fortes cannelures, L'hypogastre et le col cambrés, une Gambier Aux dents, sous l'air gonflé d'impalpables voilures. Tels que les excréments chauds d'un vieux colombier, Mille Rêves en moi font de douces brûlures : Puis par instants mon coeur triste est comme un aubier Qu'ensanglante l'or jeune et sombre des coulures. Puis, quand j'ai ravalé mes rêves avec soin, Je me tourne, ayant bu trente ou quarante chopes, Et me recueille, pour lâcher l'âcre besoin : Doux comme le Seigneur du cèdre et des hysopes, Je pisse vers les cieux bruns, très haut et très **** Avec l'assentiment des grands héliotropes.
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Oraison du soir
Dans Venise la rouge, Pas un bateau qui bouge ; Pas un pêcheur dans l'eau, Pas un falot. Seul, assis à la grève, Le grand lion soulève, Sur l'horizon serein, Son pied d'airain. Autour de lui, par groupes, Navires et chaloupes, Pareils à des hérons Couchés en ronds, Dorment sur l'eau qui fume, Et croisent dans la brume, En légers tourbillons, Leurs pavillons. La lune qui s'efface Couvre son front qui passe D'un nuage étoilé Demi-voilé. Ainsi, la dame abbesse De Sainte-Croix rabaisse Sa cape aux larges plis Sur son surplis. Et les palais antiques, Et les graves portiques, Et les blancs escaliers. Des chevaliers, Et les ponts, et les rues, Et les mornes statues, Et le golfe mouvant Qui tremble au vent, Tout se tait, fors les gardes Aux longues hallebardes, Qui veillent aux créneaux Des arsenaux. - Ah ! maintenant plus d'une Attend, au clair de lune, Quelque jeune muguet, L'oreille au guet. Pour le bal qu'on prépare, Plus d'une qui se pare, Met devant son miroir Le masque noir. Sur sa couche embaumée, La Vanina pâmée Presse encor son amant, En s'endormant ; Et Narcisa, la folle, Au fond de sa gondole, S'oublie en un festin Jusqu'au matin. Et qui, dans l'Italie, N'a son grain de folie ? Qui ne garde aux amours Ses plus beaux jours ? Laissons la vieille horloge, Au palais du vieux doge, Lui compter de ses nuits Les longs ennuis. Comptons plutôt, ma belle, Sur ta bouche rebelle Tant de baisers donnés... Ou pardonnés. Comptons plutôt tes charmes, Comptons les douces larmes, Qu'à nos yeux a coûté La volupté !
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Venise
Dans Venise la rouge, Pas un bateau qui bouge ; Pas un pêcheur dans l'eau, Pas un falot. Seul, assis à la grève, Le grand lion soulève, Sur l'horizon serein, Son pied d'airain. Autour de lui, par groupes, Navires et chaloupes, Pareils à des hérons Couchés en ronds, Dorment sur l'eau qui fume, Et croisent dans la brume, En légers tourbillons, Leurs pavillons. La lune qui s'efface Couvre son front qui passe D'un nuage étoilé Demi-voilé. Ainsi, la dame abbesse De Sainte-Croix rabaisse Sa cape aux larges plis Sur son surplis. Et les palais antiques, Et les graves portiques, Et les blancs escaliers. Des chevaliers, Et les ponts, et les rues, Et les mornes statues, Et le golfe mouvant Qui tremble au vent, Tout se tait, fors les gardes Aux longues hallebardes, Qui veillent aux créneaux Des arsenaux. - Ah ! maintenant plus d'une Attend, au clair de lune, Quelque jeune muguet, L'oreille au guet. Pour le bal qu'on prépare, Plus d'une qui se pare, Met devant son miroir Le masque noir. Sur sa couche embaumée, La Vanina pâmée Presse encor son amant, En s'endormant ; Et Narcisa, la folle, Au fond de sa gondole, S'oublie en un festin Jusqu'au matin. Et qui, dans l'Italie, N'a son grain de folie ? Qui ne garde aux amours Ses plus beaux jours ? Laissons la vieille horloge, Au palais du vieux doge, Lui compter de ses nuits Les longs ennuis. Comptons plutôt, ma belle, Sur ta bouche rebelle Tant de baisers donnés... Ou pardonnés. Comptons plutôt tes charmes, Comptons les douces larmes, Qu'à nos yeux a coûté La volupté !
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Le Troquet le Méribel à Croix-Daurade (Chronique des années de Blues et de fièvres) C'était un bar de Croix-Daurade, Dans les années soixante-dix, Placé sur la route d'Albi, Près du Lycée Raymond-Naves Qui lui donnait sa clientèle De jeunes gens émerveillés De découvrir leur liberté **** des regards de leurs parents Ce bar était dans l’air du temps, Des banquettes de moleskine Un jukebox passant les tubes De ces «golden seventies» dont les jeunesses s’étaient saisies Pour jeter les bases d’un Monde Qui puisse leur ressembler un peu Les chansons étaient leurs bannières : Parfois «Let It Be» des Beatles, parfois «My Sweet Lord» de Georges Harrison Quelque fois, l'harmonica de Dylan Évoquant Monsieur «Tambourine Man», Et bien d'autres que j’ai oubliées. Nous buvions le plus souvent Des petits noirs sans soif ni fin, Parfois quelques bières pour les garçons Des diabolos menthe pour les filles. Nos conversations infinies, S'enflammaient d'esquisses de flirt, Et nous étions tous fascinés, par leurs regards pareil à des aimants, Leurs les longs cheveux dénoués, et leurs yeux emplis de lumière. Les filles nous semblaient belles et douces Et nous n'osions pas assez le leur dire. Mais leur présence charmante Piquaient notre fièvre de «Tchatcher» Lorsqu'il y eu la grève au lycée, Suite aux blessures infligées au normalien, Richard Deshayes Le café devint un vrai QG, Où nous préparions nos expéditions, Des militants vinrent recruter, Et nous initièrent aux querelles Qui n'avaient rien à envier A celles des Byzantins assiégés. Il y avait le bel Alfredo, Et des étudiants qui faisaient Tourner la tête aux Lycéennes . C’étaient comme l’écrivit Louis Aragon : «Des temps déraisonnables» Mais c’était une époque de fantaisie Ou le demain se conjuguait Au rythme de notre insolence Et d’une soif de vivre sans pareil. Paul Arrighi
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Dec 10, 2016
Dec 10, 2016 at 7:09 AM UTC
Le Troquet le Méribel à Croix-Daurade
Le Troquet le Méribel à Croix-Daurade (Chronique des années de Blues et de fièvres) C'était un bar de Croix-Daurade, Dans les années soixante-dix, Placé sur la route d'Albi, Près du Lycée Raymond-Naves Qui lui donnait sa clientèle De jeunes gens émerveillés De découvrir leur liberté **** des regards de leurs parents Ce bar était dans l’air du temps, Des banquettes de moleskine Un jukebox passant les tubes De ces «golden seventies» dont les jeunesses s’étaient saisies Pour jeter les bases d’un Monde Qui puisse leur ressembler un peu Les chansons étaient leurs bannières : Parfois «Let It Be» des Beatles, parfois «My Sweet Lord» de Georges Harrison Quelque fois, l'harmonica de Dylan Évoquant Monsieur «Tambourine Man», Et bien d'autres que j’ai oubliées. Nous buvions le plus souvent Des petits noirs sans soif ni fin, Parfois quelques bières pour les garçons Des diabolos menthe pour les filles. Nos conversations infinies, S'enflammaient d'esquisses de flirt, Et nous étions tous fascinés, par leurs regards pareil à des aimants, Leurs les longs cheveux dénoués, et leurs yeux emplis de lumière. Les filles nous semblaient belles et douces Et nous n'osions pas assez le leur dire. Mais leur présence charmante Piquaient notre fièvre de «Tchatcher» Lorsqu'il y eu la grève au lycée, Suite aux blessures infligées au normalien, Richard Deshayes Le café devint un vrai QG, Où nous préparions nos expéditions, Des militants vinrent recruter, Et nous initièrent aux querelles Qui n'avaient rien à envier A celles des Byzantins assiégés. Il y avait le bel Alfredo, Et des étudiants qui faisaient Tourner la tête aux Lycéennes . C’étaient comme l’écrivit Louis Aragon : «Des temps déraisonnables» Mais c’était une époque de fantaisie Ou le demain se conjuguait Au rythme de notre insolence Et d’une soif de vivre sans pareil. Paul Arrighi
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Automnes de Luchon Phébus s'était lové sur le val de Luchon, Les arbres rougeoyaient comme sous le pinceau, D'un Van Gogh qui aurait amené la Provence, Dans les vertes Montagnes des Pyrénées centrales Non **** de l'Aneto et très près du Vénasque. Mais tout ce verdoiement laissait place à l'automne. Avec ses rougeoiements, ses mauves et ses dorés. Et les fins cheveux roux donnés par des buissons. La nature semblait avoir changé d'atours. Pour nous faire oublier l'été et ses douces torpeurs. Les Erables, les Tulipiers et les Cerisier sauvages se parent, D'atours d'or ou de rouge sang, Comme pour les noces des feuilles et de la lune. Oui, les derniers rayons sont toujours les plus beaux ! Dans les futaies et les clairières pourpres. Et l’automne tendre a  ce goût de châtaignes, Grillées dans les jardins ou embaumaient  les roses. Et de flambées heureuses et de baisers brûlants. La montagne est si belle que l'on voudrait figer. Ces splendeurs éphémères et suspendre le temps. Afin de contempler toujours ces beautés vives De la ville Coquette et du val arboré. Les jardins de «la Pique» faisaient belle figure, Si près de la rivière aux eaux vivifiantes. Et l'ancien Casino nous donnait à songer, Aux beautés d'autrefois alanguies, sous la soie, Dans les bals bien réglés parés d'un luxe doux Ou il faisait parfois bon savoir jeter bas, Les fausses les convenances pour le beau Cupidon. Aujourd'hui; riantes et bronzées, les belles Sont sportives, parcourent la Montagne. Et viennent au «vapo» pour bien se délasser. Oh; Reine d'autrefois, toujours ville de charmes. Tes automnes suggèrent des rêves de bonheur, De vies épanouies et de soins pour les êtres. Ou il est reposant de venir t'admirer. Parmi tes fleurs, les arbres et ton air vivifiant. Paul Arrighi
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Nov 1, 2016
Nov 1, 2016 at 5:25 PM UTC
Automnes de Luchon (Automns in the Luchon Valley in Pyreneas)
Automnes de Luchon Phébus s'était lové sur le val de Luchon, Les arbres rougeoyaient comme sous le pinceau, D'un Van Gogh qui aurait amené la Provence, Dans les vertes Montagnes des Pyrénées centrales Non **** de l'Aneto et très près du Vénasque. Mais tout ce verdoiement laissait place à l'automne. Avec ses rougeoiements, ses mauves et ses dorés. Et les fins cheveux roux donnés par des buissons. La nature semblait avoir changé d'atours. Pour nous faire oublier l'été et ses douces torpeurs. Les Erables, les Tulipiers et les Cerisier sauvages se parent, D'atours d'or ou de rouge sang, Comme pour les noces des feuilles et de la lune. Oui, les derniers rayons sont toujours les plus beaux ! Dans les futaies et les clairières pourpres. Et l’automne tendre a  ce goût de châtaignes, Grillées dans les jardins ou embaumaient  les roses. Et de flambées heureuses et de baisers brûlants. La montagne est si belle que l'on voudrait figer. Ces splendeurs éphémères et suspendre le temps. Afin de contempler toujours ces beautés vives De la ville Coquette et du val arboré. Les jardins de «la Pique» faisaient belle figure, Si près de la rivière aux eaux vivifiantes. Et l'ancien Casino nous donnait à songer, Aux beautés d'autrefois alanguies, sous la soie, Dans les bals bien réglés parés d'un luxe doux Ou il faisait parfois bon savoir jeter bas, Les fausses les convenances pour le beau Cupidon. Aujourd'hui; riantes et bronzées, les belles Sont sportives, parcourent la Montagne. Et viennent au «vapo» pour bien se délasser. Oh; Reine d'autrefois, toujours ville de charmes. Tes automnes suggèrent des rêves de bonheur, De vies épanouies et de soins pour les êtres. Ou il est reposant de venir t'admirer. Parmi tes fleurs, les arbres et ton air vivifiant. Paul Arrighi
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Les mansardes de Luchon C'était un peu comme la proue du vaisseau amiral, et ses petits fanaux clignant de l'œil, la nuit, luisant sur la maison comme des lumignons Et son toit bleu d’ardoises en était embelli et mieux, nous étions hauts, aussi hauts que la vie. Ces «Mansardes» nous y dormions durant les saisons des curistes, y montant doucement, respectant les consignes, de traiter dignement les précieux locataires. Pour Régis et pour moi, c'étaient douces manies que nous nous gardions, de contrarier en vain. Dans la chambrette blanche austère ou je dormais les livres me tombaient des yeux bien après la lumière et j'écoutais aussi, les pas sur les trottoirs des passants noctambules qui passaient en riant et je scrutais aussi les fenêtres d'en face. Grand-Mère ronflait parfois dans la chambre à côté Avec son poudrier et son eau de Cologne exhalant des senteurs de rose et de vanille. Dans la chambre à côte était Régis, mon frère Qui me passait parfois la B.D, «Blé le roc». Oh, comme je les aimais, ces modestes mansardes, Nous étions jeunes alors, et tout était diamant : Filles des locataires aux cheveux dénoués ou bien nos jeux guerriers et nos arcs et nos lances et ces folles lectures menées jusqu'au petit matin. Paul Arrighi
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Dec 16, 2015
Dec 16, 2015 at 4:26 PM UTC
Les mansardes de Luchon ( the attics of Luchon in Pyreneas )
La première est toute d'argent Et son nom tremblant c'est Pâline Sa lame un ciel d'hiver neigeant Son destin sanglant gibeline Vulcain mourut en la forgeant La seconde nommée Noubosse Est un bel arc-en-ciel joyeux Les dieux s'en servent à leurs noces Elle a tué trente Bé-Rieux Et fut douée par Carabosse La troisième bleu féminin N'en est pas moins un chibriape Appelé Lul de Faltenin Et que porte sur une nappe L'Hermès Ernest devenu nain La quatrième Malourène Est un fleuve vert et doré C'est le soir quand les riveraines Y baignent leurs corps adorés Et des chants de rameurs s'y traînent La cinquième Sainte-Fabeau C'est la plus belle des quenouilles C'est un cyprès sur un tombeau Où les quatre vents s'agenouillent Et chaque nuit c'est un flambeau La sixième métal de gloire C'est l'ami aux si douces mains Dont chaque matin nous sépare Adieu voilà votre chemin Les coqs s'épuisaient en fanfares Et la septième s'exténue Une femme une rose morte Merci que le dernier venu Sur mon amour ferme la porte Je ne vous ai jamais connue.
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Les Sept Épées
*Excusez moi mademoiselle, J'espionnais votre compte d'instagram et j'ai regardé toutes vos images, Parce que votre apparence peut mettre des modèles hors entreprise si vous décidez de poursuivre la mode, J'ai une théorie sur vos origines et j'aimerais partager cela avec vous, Vos parents doivent être profondément amoureux quand ils vous ont donné naissance parce que c'est la seule explication que je puisse imaginer, Vous êtes ridiculement belles, êtes-vous sûr d'être une femme et pas une déesse? Haha. Je suis sûr que vous avez entendu de meilleurs compliments, mais ma chérie est sincère, Je peux voir que vous êtes une femme amoureuse d'elle-même et que les gens vous envient pour cette réalisation, Peut-être que certaines personnes pensent que vous êtes détestabile, mais je pense que vous êtes admirable, Je me demande ce que les gars doivent faire pour passer du temps autour de vous parce que le chocolat noir, les roses bleues et les conversations douces ne sont pas assez bonnes pour une femme comme vous. Vous mettez-vous une robe rouge la nuit et dansez-vous au clair de lune? Parce que vous avez l'air charmant tous les matins entre-temps, le reste d'entre nous est encore désordonné, Je n'ai jamais essayé de cocaïne, mais je suis plutôt sûr que vous avez le goût de vous, C'était censé être un compliment, alors j'espère que tu peux sourire, Je suis athée mais Dieu vous bénit coiffeur parce que j'adore vraiment votre coiffure. Lorsque vous mettez votre rouge à lèvres, vous avez l'air si beau que cela fait la grande faucheuse pour vous éviter tous les jours. Je sais que nous ne nous connaissons pas et c'est tout à fait ma faute, Peut-être la peur du rejet m'a-t-elle pris dans la tête et maintenant ça me rend timide comme une petite souris, J'admet! Je suis passionnément curieux de vous et il me tue doucement ne vous connait pas, Bien que vous sachiez quelle opportunité amusante pourrait être? Pour moi de prendre une centaine de photos de vous, car c'est ce que font les photographes, Et cela me donne beaucoup de chances de vous admirer, Je sais que ce poème stupide n'a pas de rime, mais même si, j'espère que je vous ai fait rire pendant un moment et que tout ira bien.* Stef Devid Alexandru ©
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Apr 16, 2017
Apr 16, 2017 at 7:38 AM UTC
irrésistible (french)
*Excusez moi mademoiselle, J'espionnais votre compte d'instagram et j'ai regardé toutes vos images, Parce que votre apparence peut mettre des modèles hors entreprise si vous décidez de poursuivre la mode, J'ai une théorie sur vos origines et j'aimerais partager cela avec vous, Vos parents doivent être profondément amoureux quand ils vous ont donné naissance parce que c'est la seule explication que je puisse imaginer, Vous êtes ridiculement belles, êtes-vous sûr d'être une femme et pas une déesse? Haha. Je suis sûr que vous avez entendu de meilleurs compliments, mais ma chérie est sincère, Je peux voir que vous êtes une femme amoureuse d'elle-même et que les gens vous envient pour cette réalisation, Peut-être que certaines personnes pensent que vous êtes détestabile, mais je pense que vous êtes admirable, Je me demande ce que les gars doivent faire pour passer du temps autour de vous parce que le chocolat noir, les roses bleues et les conversations douces ne sont pas assez bonnes pour une femme comme vous. Vous mettez-vous une robe rouge la nuit et dansez-vous au clair de lune? Parce que vous avez l'air charmant tous les matins entre-temps, le reste d'entre nous est encore désordonné, Je n'ai jamais essayé de cocaïne, mais je suis plutôt sûr que vous avez le goût de vous, C'était censé être un compliment, alors j'espère que tu peux sourire, Je suis athée mais Dieu vous bénit coiffeur parce que j'adore vraiment votre coiffure. Lorsque vous mettez votre rouge à lèvres, vous avez l'air si beau que cela fait la grande faucheuse pour vous éviter tous les jours. Je sais que nous ne nous connaissons pas et c'est tout à fait ma faute, Peut-être la peur du rejet m'a-t-elle pris dans la tête et maintenant ça me rend timide comme une petite souris, J'admet! Je suis passionnément curieux de vous et il me tue doucement ne vous connait pas, Bien que vous sachiez quelle opportunité amusante pourrait être? Pour moi de prendre une centaine de photos de vous, car c'est ce que font les photographes, Et cela me donne beaucoup de chances de vous admirer, Je sais que ce poème stupide n'a pas de rime, mais même si, j'espère que je vous ai fait rire pendant un moment et que tout ira bien.* Stef Devid Alexandru ©
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Ma fine Muse Je te jure passion indéfectible et courtoise Vénération et totale soumission Je suis vassal et dévôt chevalier Prêt à guerroyer de tournois en tournois Pour mon inaccessible dame suzeraine. Tu m'as octroyé pour encourager ma flamme Un mouchoir brodé de tes initiales Comme gage de ton amour adultère Et quand le désir de toi me ronge, me consomme Et me brûle de jalousie C'est avec extase que je presse Contre mon front tes douces initiales. Fais de ton fine et fol amant Ce que tu voudras Je suis ton esclave Assermenté Je ne cherche ni liberté Ni affranchissement Et s'il te plaît que je meure Je mourrai de fine amour En chantant la joie de ta beauté précieuse Comme un troubadour et sa viole pieuse.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:50 AM UTC
Dame suzeraine
Le toit s'égaie et rit. ANDRÉ CHÉNIER. Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille Applaudit à grands cris. Son doux regard qui brille Fait briller tous les yeux, Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être, Se dérident soudain à voir l'enfant paraître, Innocent et joyeux. Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre Fasse autour d'un grand feu vacillant dans la chambre Les chaises se toucher, Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire. On rit, on se récrie, on l'appelle, et sa mère Tremble à le voir marcher. Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme, De patrie et de Dieu, des poètes, de l'âme Qui s'élève en priant ; L'enfant paraît, adieu le ciel et la patrie Et les poètes saints ! la grave causerie S'arrête en souriant. La nuit, quand l'homme dort, quand l'esprit rêve, à l'heure Où l'on entend gémir, comme une voix qui pleure, L'onde entre les roseaux, Si l'aube tout à coup là-bas luit comme un phare, Sa clarté dans les champs éveille une fanfare De cloches et d'oiseaux. Enfant, vous êtes l'aube et mon âme est la plaine Qui des plus douces fleurs embaume son haleine Quand vous la respirez ; Mon âme est la forêt dont les sombres ramures S'emplissent pour vous seul de suaves murmures Et de rayons dorés ! Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies, Car vos petites mains, joyeuses et bénies, N'ont point mal fait encor ; Jamais vos jeunes pas n'ont touché notre fange, Tête sacrée ! enfant aux cheveux blonds ! bel ange À l'auréole d'or ! Vous êtes parmi nous la colombe de l'arche. Vos pieds tendres et purs n'ont point l'âge où l'on marche. Vos ailes sont d'azur. Sans le comprendre encor vous regardez le monde. Double virginité ! corps où rien n'est immonde, Âme où rien n'est impur ! Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire, Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire, Ses pleurs vite apaisés, Laissant errer sa vue étonnée et ravie, Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie Et sa bouche aux baisers ! Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j'aime, Frères, parents, amis, et mes ennemis même Dans le mal triomphants, De jamais voir, Seigneur ! l'été sans fleurs vermeilles, La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles, La maison sans enfants ! Mai 1830.
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Lorsque l'enfant paraît
Le toit s'égaie et rit. ANDRÉ CHÉNIER. Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille Applaudit à grands cris. Son doux regard qui brille Fait briller tous les yeux, Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être, Se dérident soudain à voir l'enfant paraître, Innocent et joyeux. Soit que juin ait verdi mon seuil, ou que novembre Fasse autour d'un grand feu vacillant dans la chambre Les chaises se toucher, Quand l'enfant vient, la joie arrive et nous éclaire. On rit, on se récrie, on l'appelle, et sa mère Tremble à le voir marcher. Quelquefois nous parlons, en remuant la flamme, De patrie et de Dieu, des poètes, de l'âme Qui s'élève en priant ; L'enfant paraît, adieu le ciel et la patrie Et les poètes saints ! la grave causerie S'arrête en souriant. La nuit, quand l'homme dort, quand l'esprit rêve, à l'heure Où l'on entend gémir, comme une voix qui pleure, L'onde entre les roseaux, Si l'aube tout à coup là-bas luit comme un phare, Sa clarté dans les champs éveille une fanfare De cloches et d'oiseaux. Enfant, vous êtes l'aube et mon âme est la plaine Qui des plus douces fleurs embaume son haleine Quand vous la respirez ; Mon âme est la forêt dont les sombres ramures S'emplissent pour vous seul de suaves murmures Et de rayons dorés ! Car vos beaux yeux sont pleins de douceurs infinies, Car vos petites mains, joyeuses et bénies, N'ont point mal fait encor ; Jamais vos jeunes pas n'ont touché notre fange, Tête sacrée ! enfant aux cheveux blonds ! bel ange À l'auréole d'or ! Vous êtes parmi nous la colombe de l'arche. Vos pieds tendres et purs n'ont point l'âge où l'on marche. Vos ailes sont d'azur. Sans le comprendre encor vous regardez le monde. Double virginité ! corps où rien n'est immonde, Âme où rien n'est impur ! Il est si beau, l'enfant, avec son doux sourire, Sa douce bonne foi, sa voix qui veut tout dire, Ses pleurs vite apaisés, Laissant errer sa vue étonnée et ravie, Offrant de toutes parts sa jeune âme à la vie Et sa bouche aux baisers ! Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j'aime, Frères, parents, amis, et mes ennemis même Dans le mal triomphants, De jamais voir, Seigneur ! l'été sans fleurs vermeilles, La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles, La maison sans enfants ! Mai 1830.
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Dancing Desire/Désire dansant_ Chest to chest I gently rest My heart On the beat Of your heartbeat Peau contre peau Mon coeur, doucement Se repose contre Le rythme De ton coeur My secrets shine Enchanted music Along the symphonic Mild and melodic Lines of your lips Mes secrets brillent Musique magique Le long des symphoniques Douces et mélodiques Lignes de tes lèvres The handsomeness Of your proud eyes Pierces the skies Of my pleasures Tender treasures La délicatesse De tes yeux fiers Perce les ciels De mes plaisirs Trésors de tendresses Passionately And endlessly In this blissful Embrace I trace Your soft face Passionnément Et éternellement Dans ce paysage Je trace les traits De ton doux visage The dance goes on Over and over Oh my lover As we hold on To each other On danse encore Encore et encore Oh mon amour En se tenant L’un contre l’autre The night draws near So do her sands We touch this time With our hands Realm of the rhyme La nuit est proche Ses sables approchent Nous touchons de nos doigts Le temps, royaume De la rime My secrets shine Enchanted music Along the symphonic Mild and melodic Lines of your lips Mes secrets brillent Musique magique Le long des symphoniques Douces et mélodiques Lignes de tes lèvres The stars cannot The dust will not Or so it seems Destroy our dreams Lost in the streams Les étoiles ne vont pas La poussière ne va pas Il semblerait du moins Détruire nos lendemains Perdus dans les courants In the motion Of this passion In your fusion You feel the heat Hold to the beat En mouvement De cette passion Dans ta fusion Suis le rythme De cette heure Let the peaceful Night wrap its shade So we can fade Away graceful Within our bodies. Laisse la calme nuit Nous voiler Gracieusement nous laisser Disparaitre au **** dans l’or De nos corps. February, 23 2015 23 Février 2015 University of California, Riverside Université de Californie, Riverside
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Nov 28, 2015
Nov 28, 2015 at 6:43 AM UTC
To Aaron,À Aaron,
Dancing Desire/Désire dansant_ Chest to chest I gently rest My heart On the beat Of your heartbeat Peau contre peau Mon coeur, doucement Se repose contre Le rythme De ton coeur My secrets shine Enchanted music Along the symphonic Mild and melodic Lines of your lips Mes secrets brillent Musique magique Le long des symphoniques Douces et mélodiques Lignes de tes lèvres The handsomeness Of your proud eyes Pierces the skies Of my pleasures Tender treasures La délicatesse De tes yeux fiers Perce les ciels De mes plaisirs Trésors de tendresses Passionately And endlessly In this blissful Embrace I trace Your soft face Passionnément Et éternellement Dans ce paysage Je trace les traits De ton doux visage The dance goes on Over and over Oh my lover As we hold on To each other On danse encore Encore et encore Oh mon amour En se tenant L’un contre l’autre The night draws near So do her sands We touch this time With our hands Realm of the rhyme La nuit est proche Ses sables approchent Nous touchons de nos doigts Le temps, royaume De la rime My secrets shine Enchanted music Along the symphonic Mild and melodic Lines of your lips Mes secrets brillent Musique magique Le long des symphoniques Douces et mélodiques Lignes de tes lèvres The stars cannot The dust will not Or so it seems Destroy our dreams Lost in the streams Les étoiles ne vont pas La poussière ne va pas Il semblerait du moins Détruire nos lendemains Perdus dans les courants In the motion Of this passion In your fusion You feel the heat Hold to the beat En mouvement De cette passion Dans ta fusion Suis le rythme De cette heure Let the peaceful Night wrap its shade So we can fade Away graceful Within our bodies. Laisse la calme nuit Nous voiler Gracieusement nous laisser Disparaitre au **** dans l’or De nos corps. February, 23 2015 23 Février 2015 University of California, Riverside Université de Californie, Riverside
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Hier, la nuit d'été, qui nous prêtait ses voiles, Etait digne de toi, tant elle avait d'étoiles ! Tant son calme était frais ! tant son souffle était doux ! Tant elle éteignait bien ses rumeurs apaisées ! Tant elle répandait d'amoureuses rosées Sur les fleurs et sur nous ! Moi, j'étais devant toi, plein de joie et de flamme, Car tu me regardais avec toute ton âme ! J'admirais la beauté dont ton front se revêt. Et sans même qu'un mot révélât ta pensée, La tendre rêverie en ton cœur commencée Dans mon cœur s'achevait ! Et je bénissais Dieu, dont la grâce infinie Sur la nuit et sur toi jeta tant d'harmonie, Qui, pour me rendre calme et pour me rendre heureux, Vous fit, la nuit et toi, si belles et si pures, Si pleines de rayons, de parfums, de murmures, Si douces toutes deux ! Oh oui, bénissons Dieu dans notre foi profonde ! C'est lui qui fit ton âme et qui créa le monde ! Lui qui charme mon cœur ! lui qui ravit mes yeux ! C'est lui que je retrouve au fond de tout mystère ! C'est lui qui fait briller ton regard sur la terre Comme l'étoile aux cieux ! C'est Dieu qui mit l'amour au bout de toute chose, L'amour en qui tout vit, l'amour sur qui tout pose ! C'est Dieu qui fait la nuit plus belle que le jour. C'est Dieu qui sur ton corps, ma jeune souveraine, A versé la beauté, comme une coupe pleine, Et dans mon cœur l'amour ! Laisse-toi donc aimer ! - Oh ! l'amour, c'est la vie. C'est tout ce qu'on regrette et tout ce qu'on envie Quand on voit sa jeunesse au couchant décliner. Sans lui rien n'est complet, sans lui rien ne rayonne. La beauté c'est le front, l'amour c'est la couronne : Laisse-toi couronner ! Ce qui remplit une âme, hélas ! tu peux m'en croire, Ce n'est pas un peu d'or, ni même un peu de gloire, Poussière que l'orgueil rapporte des combats, Ni l'ambition folle, occupée aux chimères, Qui ronge tristement les écorces amères Des choses d'ici-bas ; Non, il lui faut, vois-tu, l'hymen de deux pensées, Les soupirs étouffés, les mains longtemps pressées, Le baiser, parfum pur, enivrante liqueur, Et tout ce qu'un regard dans un regard peut lire, Et toutes les chansons de cette douce lyre Qu'on appelle le cœur ! Il n'est rien sous le ciel qui n'ait sa loi secrète, Son lieu cher et choisi, son abri, sa retraite, Où mille instincts profonds nous fixent nuit et jour ; Le pêcheur a la barque où l'espoir l'accompagne, Les cygnes ont le lac, les aigles la montagne, Les âmes ont l'amour ! Le 21 mai 1833.
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Hier, la nuit d'été
Hier, la nuit d'été, qui nous prêtait ses voiles, Etait digne de toi, tant elle avait d'étoiles ! Tant son calme était frais ! tant son souffle était doux ! Tant elle éteignait bien ses rumeurs apaisées ! Tant elle répandait d'amoureuses rosées Sur les fleurs et sur nous ! Moi, j'étais devant toi, plein de joie et de flamme, Car tu me regardais avec toute ton âme ! J'admirais la beauté dont ton front se revêt. Et sans même qu'un mot révélât ta pensée, La tendre rêverie en ton cœur commencée Dans mon cœur s'achevait ! Et je bénissais Dieu, dont la grâce infinie Sur la nuit et sur toi jeta tant d'harmonie, Qui, pour me rendre calme et pour me rendre heureux, Vous fit, la nuit et toi, si belles et si pures, Si pleines de rayons, de parfums, de murmures, Si douces toutes deux ! Oh oui, bénissons Dieu dans notre foi profonde ! C'est lui qui fit ton âme et qui créa le monde ! Lui qui charme mon cœur ! lui qui ravit mes yeux ! C'est lui que je retrouve au fond de tout mystère ! C'est lui qui fait briller ton regard sur la terre Comme l'étoile aux cieux ! C'est Dieu qui mit l'amour au bout de toute chose, L'amour en qui tout vit, l'amour sur qui tout pose ! C'est Dieu qui fait la nuit plus belle que le jour. C'est Dieu qui sur ton corps, ma jeune souveraine, A versé la beauté, comme une coupe pleine, Et dans mon cœur l'amour ! Laisse-toi donc aimer ! - Oh ! l'amour, c'est la vie. C'est tout ce qu'on regrette et tout ce qu'on envie Quand on voit sa jeunesse au couchant décliner. Sans lui rien n'est complet, sans lui rien ne rayonne. La beauté c'est le front, l'amour c'est la couronne : Laisse-toi couronner ! Ce qui remplit une âme, hélas ! tu peux m'en croire, Ce n'est pas un peu d'or, ni même un peu de gloire, Poussière que l'orgueil rapporte des combats, Ni l'ambition folle, occupée aux chimères, Qui ronge tristement les écorces amères Des choses d'ici-bas ; Non, il lui faut, vois-tu, l'hymen de deux pensées, Les soupirs étouffés, les mains longtemps pressées, Le baiser, parfum pur, enivrante liqueur, Et tout ce qu'un regard dans un regard peut lire, Et toutes les chansons de cette douce lyre Qu'on appelle le cœur ! Il n'est rien sous le ciel qui n'ait sa loi secrète, Son lieu cher et choisi, son abri, sa retraite, Où mille instincts profonds nous fixent nuit et jour ; Le pêcheur a la barque où l'espoir l'accompagne, Les cygnes ont le lac, les aigles la montagne, Les âmes ont l'amour ! Le 21 mai 1833.
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J'aime le souvenir de ces époques nues, Dont Phoebus se plaisait à dorer les statues. Alors l'homme et la femme en leur agilité Jouissaient sans mensonge et sans anxiété, Et, le ciel amoureux leur caressant l'échine, Exerçaient la santé de leur noble machine. Cybèle alors, fertile en produits généreux, Ne trouvait point ses fils un poids trop onéreux, Mais, louve au coeur gonflé de tendresses communes, Abreuvait l'univers à ses tétines brunes. L'homme, élégant, robuste et fort, avait le droit D'être fier des beautés qui le nommaient leur roi ; Fruits purs de tout outrage et vierges de gerçures, Dont la chair lisse et ferme appelait les morsures ! Le Poète aujourd'hui, quand il veut concevoir Ces natives grandeurs, aux lieux où se font voir La nudité de l'homme et celle de la femme, Sent un froid ténébreux envelopper son âme Devant ce noir tableau plein d'épouvantement. Ô monstruosités pleurant leur vêtement ! Ô ridicules troncs ! torses dignes des masques ! Ô pauvres corps tordus, maigres, ventrus ou flasques, Que le dieu de l'Utile, implacable et serein, Enfants, emmaillota dans ses langes d'airain ! Et vous, femmes, hélas ! pâles comme des cierges, Que ronge et que nourrit la débauche, et vous, vierges, Du vice maternel traînant l'hérédité Et toutes les hideurs de la fécondité ! Nous avons, il est vrai, nations corrompues, Aux peuples anciens des beautés inconnues : Des visages rongés par les chancres du coeur, Et comme qui dirait des beautés de langueur ; Mais ces inventions de nos muses tardives N'empêcheront jamais les races maladives De rendre à la jeunesse un hommage profonde, - A la sainte jeunesse, à l'air simple, au doux front, A l'oeil limpide et clair ainsi qu'une eau courante, Et qui va répandant sur tout, insouciante Comme l'azur du ciel, les oiseaux et les fleurs, Ses parfums, ses chansons et ses douces chaleurs !
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J'aime le souvenir de ces époques nues
J'aime le souvenir de ces époques nues, Dont Phoebus se plaisait à dorer les statues. Alors l'homme et la femme en leur agilité Jouissaient sans mensonge et sans anxiété, Et, le ciel amoureux leur caressant l'échine, Exerçaient la santé de leur noble machine. Cybèle alors, fertile en produits généreux, Ne trouvait point ses fils un poids trop onéreux, Mais, louve au coeur gonflé de tendresses communes, Abreuvait l'univers à ses tétines brunes. L'homme, élégant, robuste et fort, avait le droit D'être fier des beautés qui le nommaient leur roi ; Fruits purs de tout outrage et vierges de gerçures, Dont la chair lisse et ferme appelait les morsures ! Le Poète aujourd'hui, quand il veut concevoir Ces natives grandeurs, aux lieux où se font voir La nudité de l'homme et celle de la femme, Sent un froid ténébreux envelopper son âme Devant ce noir tableau plein d'épouvantement. Ô monstruosités pleurant leur vêtement ! Ô ridicules troncs ! torses dignes des masques ! Ô pauvres corps tordus, maigres, ventrus ou flasques, Que le dieu de l'Utile, implacable et serein, Enfants, emmaillota dans ses langes d'airain ! Et vous, femmes, hélas ! pâles comme des cierges, Que ronge et que nourrit la débauche, et vous, vierges, Du vice maternel traînant l'hérédité Et toutes les hideurs de la fécondité ! Nous avons, il est vrai, nations corrompues, Aux peuples anciens des beautés inconnues : Des visages rongés par les chancres du coeur, Et comme qui dirait des beautés de langueur ; Mais ces inventions de nos muses tardives N'empêcheront jamais les races maladives De rendre à la jeunesse un hommage profonde, - A la sainte jeunesse, à l'air simple, au doux front, A l'oeil limpide et clair ainsi qu'une eau courante, Et qui va répandant sur tout, insouciante Comme l'azur du ciel, les oiseaux et les fleurs, Ses parfums, ses chansons et ses douces chaleurs !
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Le ciel est bleu clair, blanc et éthéré Pour accueillir à cœur joie le printemps Si beau, frais, coloré, et endimanché Oh! C'est un jeune et nouveau temps. Oh! Les amis, c'est la plus superbe saison Les gazons verts retournent à l'horizon Les oiseaux reprennent leurs refrains Écoutez passer les vénérables trains. Les petits enfants jouent dans les rues Maintes belles femmes se promènent presque nues Où certains se plongent dans des agréables rêves. Les arbres déjà bien remplis de douces sèves Sont en bonne et superbe forme pour la saison Chers amis, naturellement fructueuse sera la moisson. Copyright © April 2024, Hébert Logerie, Tous droits réservés Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs recueils de poèmes.
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Nov 14, 2024
Nov 14, 2024 at 12:40 PM UTC
Un Dimanche De Printemps
Mon âge et mon sang ne sont plus en vigueur, Les ardents pensers ne m'eschauffent le cœur ; Plus mon chef grison ne se veut enfermer Sous le joug d'aimer. En mon jeune avril, d'Amour je fus soudart, Et, vaillant guerrier, portay son estendart ; Ores à l'autel de Venus je l'appens, Et forcé me rens. Plus ne veux ouyr ces mots delicieux : « Ma vie, mon sang, ma chere âme, mes yeux. » C'est pour les amants à qui le sang plus chaud Au cœur ne défaut. Je veux d'autre feu ma poitrine eschaufer, Cognoistre nature et bien philosopher, Du monde sçavoir et des astres le cours, Retours et destours. Donc, sonnets, adieu ! adieu, douces chansons ! Adieu, dance ! adieu de la lyre les sons ! Adieu, traits d'Amour ! volez en autre part Qu'au cœur de Ronsard. Je veux estre à moy, non plus servir autruy ; Pour autruy ne veux me donner plus d'ennuy. Il faut essayer, sans plus me tourmenter, De me contenter. L'oiseau prisonnier, tant soit-il bien traité, Sa cage rompant, cherche sa liberté : Servage d'esprit tient de liens plus forts Que celuy du corps. Vostre affection m'a servy de bonheur. D'estre aimé de vous ce m'est un grand honneur. Tant que l'air vital en moy se respandra, II m'en souviendra. Plus ne veut mon âge à l'amour consentir, Repris de nature et d'un **** repentir. Combattre contre elle et luy estre odieux, C'est forcer les dieux.
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Ode saphique XXXI
J'ai mon sérail comme un prince d'Asie, Riche en beautés pour un immense amour ; Je leur souris selon ma fantaisie : J'aime éternellement la dernière choisie, Et je les choisis tour à tour. Ce ne sont pas ces esclaves traîtresses Que l'Orient berce dans la langueur ; Ce ne sont pas de vénales maîtresses : C'est un vierge harem d'amantes sans caresses, Car mon harem est dans mon cœur. N'y cherchez point les boîtes parfumées, Ni la guitare aux soupirs frémissants ; Chants et parfums ne sont qu'air et fumées : C'est ma jeunesse même, ô douces bien-aimées, Que je vous brûle pour encens ! Les gardiens noirs que le soupçon dévore Selon mes vœux ne vous cacheraient pas ; Ma jalousie est plus farouche encore : Elle est toute en mon âme, et le vent même ignore Les noms que je lui dis tout bas.
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Un sérail
Ce nuage est bien noir : - sur le ciel il se roule, Comme sur les galets de la côte une houle. L'ouragan l'éperonne, il s'avance à grands pas. - A le voir ainsi fait, on dirait, n'est-ce pas ? Un beau cheval arabe, à la crinière brune, Qui court et fait voler les sables de la dune. Je crois qu'il va pleuvoir : - la bise ouvre ses flancs, Et par la déchirure il sort des éclairs blancs. Rentrons. - Au bord des toits la frêle girouette D'une minute à l'autre en grinçant pirouette, Le martinet, sentant l'orage, près du sol Afin de l'éviter rabat son léger vol ; - Des arbres du jardin les cimes tremblent toutes. La pluie ! - Oh ! voyez donc comme les larges gouttes Glissent de feuille en feuille et passent à travers La tonnelle fleurie et les frais arceaux verts ! Des marches du perron en longues cascatelles, Voyez comme l'eau tombe, et de blanches dentelles Borde les frontons gris ! - Dans les chemins sablés, Les ruisseaux en torrents subitement gonflés Avec leurs flots boueux mêlés de coquillages Entraînent sans pitié les fleurs et les feuillages ; Tout est perdu : - Jasmins aux pétales nacrés, Belles-de-nuit fuyant l'astre aux rayons dorés, Volubilis chargés de cloches et de vrilles, Roses de tous pays et de toutes famines, Douces filles de Juin, frais et riant trésor ! La mouche que l'orage arrête en son essor, Le faucheux aux longs pieds et la fourmi se noient Dans cet autre océan dont les vagues tournoient. - Que faire de soi-même et du temps, quand il pleut Comme pour un nouveau déluge, et qu'on ne peut Aller voir ses amis et qu'il faut qu'on demeure ? Les uns prennent un livre en main afin que l'heure Hâte son pas boiteux, et dans l'éternité Plonge sans peser trop sur leur oisiveté ; Les autres gravement font de la politique, Sur l'ouvrage du jour exercent leur critique ; Ceux-ci causent entre eux de chiens et de chevaux, De femmes à la mode et d'opéras nouveaux ; Ceux-là du coin de l'oeil se mirent dans la glace, Débitent des fadeurs, des bons mots à la glace, Ou, du binocle armés, regardent un tableau. - Moi, j'écoute le son de l'eau tombant dans l'eau.
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Pluie
Ce nuage est bien noir : - sur le ciel il se roule, Comme sur les galets de la côte une houle. L'ouragan l'éperonne, il s'avance à grands pas. - A le voir ainsi fait, on dirait, n'est-ce pas ? Un beau cheval arabe, à la crinière brune, Qui court et fait voler les sables de la dune. Je crois qu'il va pleuvoir : - la bise ouvre ses flancs, Et par la déchirure il sort des éclairs blancs. Rentrons. - Au bord des toits la frêle girouette D'une minute à l'autre en grinçant pirouette, Le martinet, sentant l'orage, près du sol Afin de l'éviter rabat son léger vol ; - Des arbres du jardin les cimes tremblent toutes. La pluie ! - Oh ! voyez donc comme les larges gouttes Glissent de feuille en feuille et passent à travers La tonnelle fleurie et les frais arceaux verts ! Des marches du perron en longues cascatelles, Voyez comme l'eau tombe, et de blanches dentelles Borde les frontons gris ! - Dans les chemins sablés, Les ruisseaux en torrents subitement gonflés Avec leurs flots boueux mêlés de coquillages Entraînent sans pitié les fleurs et les feuillages ; Tout est perdu : - Jasmins aux pétales nacrés, Belles-de-nuit fuyant l'astre aux rayons dorés, Volubilis chargés de cloches et de vrilles, Roses de tous pays et de toutes famines, Douces filles de Juin, frais et riant trésor ! La mouche que l'orage arrête en son essor, Le faucheux aux longs pieds et la fourmi se noient Dans cet autre océan dont les vagues tournoient. - Que faire de soi-même et du temps, quand il pleut Comme pour un nouveau déluge, et qu'on ne peut Aller voir ses amis et qu'il faut qu'on demeure ? Les uns prennent un livre en main afin que l'heure Hâte son pas boiteux, et dans l'éternité Plonge sans peser trop sur leur oisiveté ; Les autres gravement font de la politique, Sur l'ouvrage du jour exercent leur critique ; Ceux-ci causent entre eux de chiens et de chevaux, De femmes à la mode et d'opéras nouveaux ; Ceux-là du coin de l'oeil se mirent dans la glace, Débitent des fadeurs, des bons mots à la glace, Ou, du binocle armés, regardent un tableau. - Moi, j'écoute le son de l'eau tombant dans l'eau.
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Puisque l'aube grandit, puisque voici l'aurore, Puisque, après m'avoir fui longtemps, l'espoir veut bien Revoler devers moi qui l'appelle et l'implore, Puisque tout ce bonheur veut bien être le mien, C'en est fait à présent des funestes pensées, C'en est fait des mauvais rêves, ah ! c'en est fait Surtout de l'ironie et des lèvres pincées Et des mots où l'esprit sans l'âme triomphait. Arrière aussi les poings crispés et la colère A propos des méchants et des sots rencontrés ; Arrière la rancune abominable ! arrière L'oubli qu'on cherche en des breuvages exécrés ! Car je veux, maintenant qu'un Être de lumière A dans ma nuit profonde émis cette clarté D'une amour à la fois immortelle et première, De par la grâce, le sourire et la bonté, Je veux, guidé par vous, beaux yeux aux flammes douces, Par toi conduit, ô main où tremblera ma main, Marcher droit, que ce soit par des sentiers de mousses Ou que rocs et cailloux encombrent le chemin ; Oui, je veux marcher droit et calme dans la Vie, Vers le but où le sort dirigera mes pas, Sans violence, sans remords et sans envie : Ce sera le devoir heureux aux gais combats. Et comme, pour bercer les lenteurs de la route, Je chanterai des airs ingénus, je me dis Qu'elle m'écoutera sans déplaisir sans doute ; Et vraiment je ne veux pas d'autre Paradis.
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Puisque l'aube grandit, puisque voici l'aurore
À Francisque Gerbault. Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux, Des yeux sans nombre ont vu l'aurore ; Ils dorment au fond des tombeaux, Et le soleil se lève encore. Les nuits, plus douces que les jours, Ont enchanté des yeux sans nombre ; Les étoiles brillent toujours, Et les yeux se sont remplis d'ombre. Oh ! qu'ils aient perdu leur regard, Non, non, cela n'est pas possible ! Ils se sont tournés quelque part Vers ce qu'on nomme l'invisible ; Et comme les astres penchants Nous quittent, mais au ciel demeurent, Les prunelles ont leurs couchants, Mais il n'est pas vrai qu'elles meurent. Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux, Ouverts à quelque immense aurore, De l'autre côté des tombeaux Les yeux qu'on ferme voient encore.
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Les yeux
I Viens, ô toi que j'adore, Ton pas est plus joyeux Que le vent des cieux ; Viens, les yeux de l'aurore Sont divins, mais tes yeux Me regardent mieux. Avril, c'est la jeunesse ; Viens, sortons, la maison, L'enclos, la prison, Le foyer, la sagesse, N'ont jamais eu raison Contre la saison. Pour peu que tu le veuilles, Nous serons heureux ; vois, L'aube est sur les toits, Et l'eau court sous les feuilles, Et l'on entend des voix Du ciel dans les bois. Toutes les douces choses, L'hirondelle au retour Dans la vieille tour, Les chansons et les roses Et la clarté du jour, Sont faites d'amour. Aimer, c'est la première Des lois du Dieu clément. Le bois est charmant ; Et c'est de la lumière, Et c'est du firmament Qu'on fait en aimant. Belle, à la mort tout change ; Le ciel s'ouvre, embaumé, Superbe, enflammé, Et nous dit : viens ! sois ange ! Mais qui n'a pas aimé Le trouve fermé. II Mai dans les bois recèle Les amours innocents, Les amours innocents, L'homme en est l'étincelle, Les amours innocents, La femme en est l'encens. Couchez-vous sur la mousse Dans le beau mois de mai ; Dans le beau mois de mai, La chose la plus douce Dans le beau mois de mai C'est quand on est aimé. Parcourez les charmilles, Les sources, les buissons, Les sources, les buissons ; Autour des jeunes filles, Les sources, les buissons Chanteront des chansons. Sitôt qu'une femme aime, Au fond de son esprit, Au fond de son esprit Brille l'aube elle-même ; Au fond de son esprit Une rose fleurit. Vous qui voulez des flammes, Vous qui voulez des fleurs, Vous qui voulez des fleurs, Cherchez-en dans les âmes ; Vous qui voulez des fleurs, Cherchez-en dans les coeurs.
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Air de la princesse d'Orange
I Viens, ô toi que j'adore, Ton pas est plus joyeux Que le vent des cieux ; Viens, les yeux de l'aurore Sont divins, mais tes yeux Me regardent mieux. Avril, c'est la jeunesse ; Viens, sortons, la maison, L'enclos, la prison, Le foyer, la sagesse, N'ont jamais eu raison Contre la saison. Pour peu que tu le veuilles, Nous serons heureux ; vois, L'aube est sur les toits, Et l'eau court sous les feuilles, Et l'on entend des voix Du ciel dans les bois. Toutes les douces choses, L'hirondelle au retour Dans la vieille tour, Les chansons et les roses Et la clarté du jour, Sont faites d'amour. Aimer, c'est la première Des lois du Dieu clément. Le bois est charmant ; Et c'est de la lumière, Et c'est du firmament Qu'on fait en aimant. Belle, à la mort tout change ; Le ciel s'ouvre, embaumé, Superbe, enflammé, Et nous dit : viens ! sois ange ! Mais qui n'a pas aimé Le trouve fermé. II Mai dans les bois recèle Les amours innocents, Les amours innocents, L'homme en est l'étincelle, Les amours innocents, La femme en est l'encens. Couchez-vous sur la mousse Dans le beau mois de mai ; Dans le beau mois de mai, La chose la plus douce Dans le beau mois de mai C'est quand on est aimé. Parcourez les charmilles, Les sources, les buissons, Les sources, les buissons ; Autour des jeunes filles, Les sources, les buissons Chanteront des chansons. Sitôt qu'une femme aime, Au fond de son esprit, Au fond de son esprit Brille l'aube elle-même ; Au fond de son esprit Une rose fleurit. Vous qui voulez des flammes, Vous qui voulez des fleurs, Vous qui voulez des fleurs, Cherchez-en dans les âmes ; Vous qui voulez des fleurs, Cherchez-en dans les coeurs.
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A la morne Chartreuse, entre des murs de pierre, En place de jardin l'on voit un cimetière, Un cimetière nu comme un sillon fauché, Sans croix, sans monument, sans tertre qui se hausse : L'oubli couvre le nom, l'herbe couvre la fosse ; La mère ignorerait où son fils est couché. Les végétations maladives du cloître Seules sur ce terrain peuvent germer et croître, Dans l'humidité froide à l'ombre des longs murs ; Des morts abandonnés douces consolatrices, Les fleurs n'oseraient pas incliner leurs calices Sur le vague tombeau de ces dormeurs obscurs. Au milieu, deux cyprès à la noire verdure Profilent tristement leur silhouette dure, Longs soupirs de feuillage élancés vers les cieux, Pendant que du bassin d'une avare fontaine Tombe en frange effilée une nappe incertaine, Comme des pleurs furtifs qui débordent des yeux. Par les saints ossements des vieux moines filtrée, L'eau coule à flots si clairs dans la vasque éplorée, Que pour en boire un peu je m'approchai du bord... Dans le cristal glacé quand je trempai ma lèvre, Je me sentis saisi par un frisson de fièvre : Cette eau de diamant avait un goût de mort !
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La fontaine du cimetière
Comme un bétail pensif sur le sable couchées, Elles tournent leurs yeux vers l'horizon des mers, Et leurs pieds se cherchant et leurs mains rapprochées Ont de douces langueurs et des frissons amers. Les unes, coeurs épris des longues confidences, Dans le fond des bosquets où jasent les ruisseaux, Vont épelant l'amour des craintives enfances Et creusent le bois vert des jeunes arbrisseaux ; D'autres, comme des soeurs, marchent lentes et graves A travers les rochers pleins d'apparitions, Où saint Antoine a vu surgir comme des laves Les seins nus et pourprés de ses tentations ; Il en est, aux lueurs des résines croulantes, Qui dans le creux muet des vieux antres païens T'appellent au secours de leurs fièvres hurlantes, Ô Bacchus, endormeur des remords anciens ! Et d'autres, dont la gorge aime les scapulaires, Qui, recélant un fouet sous leurs longs vêtements, Mêlent, dans le bois sombre et les nuits solitaires, L'écume du plaisir aux larmes des tourments. Ô vierges, ô démons, ô monstres, ô martyres, De la réalité grands esprits contempteurs, Chercheuses d'infini, dévotes et satyres, Tantôt pleines de cris, tantôt pleines de pleurs, Vous que dans votre enfer mon âme a poursuivies, Pauvres soeurs, je vous aime autant que je vous plains, Pour vos mornes douleurs, vos soifs inassouvies, Et les urnes d'amour dont vos grands coeurs sont pleins !
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Femmes damnées (1)