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"fis" poems
Ma Inħobbok Mhux dejjem naraw għajn b’għajn Imma nħobbok Naf li dejjem pruvajt mill-aħjar li stajt Biex tagħtini dak li int qatt ma ngħatajt Imma sfortunatament mhux dejjem irnexxilek Il-Mulej mhux dejjem provdilek Jien qatt m’għidtlek meta nqasstni Meta bin-nuqqas tiegħek warrabtni Qatt ma ridt niksirlek qalbek U ngħidlek li ħadd mhu qed jisma talbek Imma iva Ma, Weġġgħajt Għaddejt minn ħafna u int ma taf b’ xejn Alla ħares tkun taf kif u x’ fatta u fejn Bħalek Ma, Għaddejt minn dak li m’ għandu jgħaddi ħadd Ġarrabt id-dlam U bkejt fis-solitudni Imma issa Ma Sa fl-ahhar... Inħoss li sibt il-kuntentizza Inħoss li qbadt it-trejqa li qed nibni jien Ma rridx nibqa naħbilek iktar Għajjejt nigdeb u nħaref Allura għidtlek Ma flaħtx inżomm iktar U għidtlek Kienet diffiċli għax kont beżgħana Imma ridt naqsam din l-aħbar ferħana Stennejt li ser tifhimni Stennejt li xorta waħda ser tibqa tħobbni Imma Ir-reazzjoni tiegħek ma kienetx dik li stennejt Ma kienetx dik li f’ moħħi pinġejt Għalfejn Ma? Għalfejn ma tridnix? Għalfejn mhux taċċettani? Għidli Ma Lil min inħobb ma għandux jaffettwa kemm inti tħobb lili Lil min inħobb ma għandux inessik li jien xorta waħda bintek Mara offritli dak li dejjem fittixt Mara għallmitni nagħraf x’inhi l-imħabba Mara urietni kif jidher id-dawl fost id-dlam Mara qed tgħini nsir inħobb lili nnifsi Iva Ma Inħobb mara U mhux raġel Għalfejn qed tħares lejja b’ dak il-mod Ma? B’ ħarsa ta’ diżappunt B’ ħarsa ta’ diżgust Bintek għadni Ma L-istess **** li kont tgħannaq miegħek Meta kont tħoss li d-dinja qed tikrolla L-istess **** li kont tiftaħar tgħid li hi tiegħek Lil kull min taf meta tilmaħni fost il-folla Ħobbni Ma Nitolbok L-istess għadni Biss, ħrigt mill-moħba 15/10/2018
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Dec 9, 2018
Dec 9, 2018 at 6:35 AM UTC
Lil Għażieża Ommi
Ma Inħobbok Mhux dejjem naraw għajn b’għajn Imma nħobbok Naf li dejjem pruvajt mill-aħjar li stajt Biex tagħtini dak li int qatt ma ngħatajt Imma sfortunatament mhux dejjem irnexxilek Il-Mulej mhux dejjem provdilek Jien qatt m’għidtlek meta nqasstni Meta bin-nuqqas tiegħek warrabtni Qatt ma ridt niksirlek qalbek U ngħidlek li ħadd mhu qed jisma talbek Imma iva Ma, Weġġgħajt Għaddejt minn ħafna u int ma taf b’ xejn Alla ħares tkun taf kif u x’ fatta u fejn Bħalek Ma, Għaddejt minn dak li m’ għandu jgħaddi ħadd Ġarrabt id-dlam U bkejt fis-solitudni Imma issa Ma Sa fl-ahhar... Inħoss li sibt il-kuntentizza Inħoss li qbadt it-trejqa li qed nibni jien Ma rridx nibqa naħbilek iktar Għajjejt nigdeb u nħaref Allura għidtlek Ma flaħtx inżomm iktar U għidtlek Kienet diffiċli għax kont beżgħana Imma ridt naqsam din l-aħbar ferħana Stennejt li ser tifhimni Stennejt li xorta waħda ser tibqa tħobbni Imma Ir-reazzjoni tiegħek ma kienetx dik li stennejt Ma kienetx dik li f’ moħħi pinġejt Għalfejn Ma? Għalfejn ma tridnix? Għalfejn mhux taċċettani? Għidli Ma Lil min inħobb ma għandux jaffettwa kemm inti tħobb lili Lil min inħobb ma għandux inessik li jien xorta waħda bintek Mara offritli dak li dejjem fittixt Mara għallmitni nagħraf x’inhi l-imħabba Mara urietni kif jidher id-dawl fost id-dlam Mara qed tgħini nsir inħobb lili nnifsi Iva Ma Inħobb mara U mhux raġel Għalfejn qed tħares lejja b’ dak il-mod Ma? B’ ħarsa ta’ diżappunt B’ ħarsa ta’ diżgust Bintek għadni Ma L-istess **** li kont tgħannaq miegħek Meta kont tħoss li d-dinja qed tikrolla L-istess **** li kont tiftaħar tgħid li hi tiegħek Lil kull min taf meta tilmaħni fost il-folla Ħobbni Ma Nitolbok L-istess għadni Biss, ħrigt mill-moħba 15/10/2018
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J'ai fait autrefois de la bête, J'avais des Philis à la tête, J'épiais les occasions, J'épiloguais mes passions, Je paraphrasais un visage. Je me mettais à tout usage, Debout, tête nue, à genoux, Triste, gaillard, rêveur, jaloux, Je courais, je faisais la grue Tout un jour au bout d'une rue. Soleil, flambeaux, attraits, appas, Pleurs, désespoir, tourment, trépas, Tout ce petit meuble de bouche Dont un amoureux s'escarmouche, Je savais bien m'en escrimer. Par là je m'appris à rimer, Par là je fis, sans autre chose, Un sot en vers d'un sot en prose.
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Amourettes de jeune homme
O toi qui m'apparus dans ce désert du monde, Habitante du ciel, passagère en ces lieux ! O toi qui fis briller dans cette nuit profonde Un rayon d'amour à mes yeux ; A mes yeux étonnés montre-toi tout entière, Dis-moi quel est ton nom, ton pays, ton destin. Ton berceau fut-il sur la terre ? Ou n'es-tu qu'un souffle divin ? Vas-tu revoir demain l'éternelle lumière ? Ou dans ce lieu d'exil, de deuil, et de misère, Dois-tu poursuivre encor ton pénible chemin ? Ah ! quel que soit ton nom, ton destin, ta patrie, Ou fille de la terre, ou du divin séjour, Ah ! laisse-moi, toute ma vie, T'offrir mon culte ou mon amour. Si tu dois, comme nous, achever ta carrière, Sois mon appui, mon guide, et souffre qu'en tous lieux, De tes pas adorés je baise la poussière. Mais si tu prends ton vol, et si, **** de nos yeux, Soeur des anges, bientôt tu remontes près d'eux, Après m'avoir aimé quelques jours sur la terre, Souviens-toi de moi dans les cieux.
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Invocation
Chanson. Voulant, ô ma douce moitié, T'assurer que mon amitié Ne se verra jamais finie, Je fis, pour t'en assurer mieux Un serment juré par mes yeux Et par mon cœur et par ma vie. Tu jures ce qui n'est à toi ; Ton cœur et tes yeux sont à moi D'une promesse irrévocable, Ce médis-tu. Hélas ! au moins Reçoit mes larmes pour témoins Que ma parole est véritable ! Alors, Belle, tu me baisas, Et doucement désattisas Mon feu, d'un gracieux visage : Puis tu fis signe de ton œil, Que tu recevais bien mon deuil Et mes larmes pour témoignage.
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Ô ma douce moitié
Sonnet. Tandis que les crachats rouges de la mitraille Sifflent tout le jour par l'infini du ciel bleu ; Qu'écarlates ou verts, près du Roi qui les raille, Croulent les bataillons en masse dans le feu ; Tandis qu'une folie épouvantable broie Et fait de cent milliers d'hommes un tas fumant ; - Pauvres morts ! dans l'été, dans l'herbe, dans ta joie, Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !... - Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées Des autels, à l'encens, aux grands calices d'or ; Qui dans le bercement des hosannah s'endort, Et se réveille, quand des mères, ramassées Dans l'angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir, Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir !
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Le mal
Je connais un charmant ivrogne, Autant vous le nommer, ma foi ! Dire que vous avez la trogne, Ce serait mentir sans vergogne. Pourtant, un soir, écoutez-moi ! Vous aviez bu trop de champagne, Ça se lisait dans vos yeux pers. Vous battiez un peu la campagne, Sans feuille de figuier ni pagne À votre esprit, vraiment, sans pairs. Et vous me dérouliez le thème De tous les jolis mouvements Que votre corps sait bien que j'aime. J'étais, d'ailleurs, ivre moi-même, Au Bon-Bock, tu vois si je mens. La brasserie était houleuse, On aurait dit, sur l'Hellespont, D'une cabine nuageuse, Quand l'eau, changée en Maufrigneuse, Choque les gens dans l'entrepont. Vous aviez l'air *** d'une chatte Qui joue et sent son ongle armé, Forte, ambigüe, et délicate, Comme une rime sous la patte Magistrale de Mallarmé ! Je flottais comme la moustache De Paul Verlaine au plectre d'or, Je voyais couleur de pistache ; Camille agitait sa cravache, Sur je ne sais plus quel butor ; Si bien qu'au milieu des querelles Je vous retrouvai sur un banc, Dans l'attitude de ces Belles Que Forain, dans ses aquarelles, Habille d'un bout de ruban. Tu t'endormais sur mon épaule. Alors, je fis signe au cocher. Ces choses-là, c'est toujours drôle ! J'entrais d'autant mieux dans ce rôle Que j'aurais eu peine à marcher ; Quand on nous déposa sur terre, Vous fîtes un léger faux pas, Le seul qu'on vous vit jamais faire ; Encor, même à l'œil trop sévère, Peut-être ne l'était-il pas ? Car, dans l'ombre où s'éteint le rêve De mes désirs réalisés, Ton ivresse que l'Art relève Ouvrait, ô noble Fille d'Ève, La volière à tous les baisers !
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Gris
Je connais un charmant ivrogne, Autant vous le nommer, ma foi ! Dire que vous avez la trogne, Ce serait mentir sans vergogne. Pourtant, un soir, écoutez-moi ! Vous aviez bu trop de champagne, Ça se lisait dans vos yeux pers. Vous battiez un peu la campagne, Sans feuille de figuier ni pagne À votre esprit, vraiment, sans pairs. Et vous me dérouliez le thème De tous les jolis mouvements Que votre corps sait bien que j'aime. J'étais, d'ailleurs, ivre moi-même, Au Bon-Bock, tu vois si je mens. La brasserie était houleuse, On aurait dit, sur l'Hellespont, D'une cabine nuageuse, Quand l'eau, changée en Maufrigneuse, Choque les gens dans l'entrepont. Vous aviez l'air *** d'une chatte Qui joue et sent son ongle armé, Forte, ambigüe, et délicate, Comme une rime sous la patte Magistrale de Mallarmé ! Je flottais comme la moustache De Paul Verlaine au plectre d'or, Je voyais couleur de pistache ; Camille agitait sa cravache, Sur je ne sais plus quel butor ; Si bien qu'au milieu des querelles Je vous retrouvai sur un banc, Dans l'attitude de ces Belles Que Forain, dans ses aquarelles, Habille d'un bout de ruban. Tu t'endormais sur mon épaule. Alors, je fis signe au cocher. Ces choses-là, c'est toujours drôle ! J'entrais d'autant mieux dans ce rôle Que j'aurais eu peine à marcher ; Quand on nous déposa sur terre, Vous fîtes un léger faux pas, Le seul qu'on vous vit jamais faire ; Encor, même à l'œil trop sévère, Peut-être ne l'était-il pas ? Car, dans l'ombre où s'éteint le rêve De mes désirs réalisés, Ton ivresse que l'Art relève Ouvrait, ô noble Fille d'Ève, La volière à tous les baisers !
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Du malheur de recevoir Un étranger, sans avoir De lui quelque connaissance, Tu as fait expérience, Ménélas, ayant reçu Pâris dont tu fus déçu : Et moi je la viens de faire Qui ore ai voulu retraire (1) Sottement un étranger Dans ma chambre, et le loger. Il était minuit, et l'Ourse De son char tournait la course Entre les mains du Bouvier, Quand le somme vint lier D'une chaîne sommelière Mes yeux clos sous la paupière. Là je dormais en mon lit, Lorsque j'entr'ouïs le bruit D'un qui frappait à ma porte, Et heurtait de telle sorte Que mon dormir s'en alla : Je demandai : Qu'est-ce là Qui fait à mon huis (2) sa plainte ? Je suis enfant, n'aye crainte, Ce me dit-il, et adonc (3) Je lui desserre le gond, De ma porte verrouillée. J'ai la chemise mouillée Qui me trempe jusqu'aux os, Ce disait ; dessus le dos Toute nuit j'ai eu la pluie : Et pour ce je te supplie De me conduire à ton feu Pour m'aller sécher un peu. Lors je pris sa main humide, Et plein de pitié le guide En ma chambre et le fis seoir Au feu qui restait du soir : Puis, allumant des chandelles, Je vis qu'il portait des ailes, Dans la main un arc turquois, Et sous l'aisselle un carquois. Adonc en mon cœur je pense Qu'il avait quelque puissance. Et qu'il fallait m'apprêter Pour le faire banqueter. Cependant il me regarde D'un œil, de l'autre il prend garde Si son arc était séché ; Puis, me voyant empêché A lui faire bonne chère, Me tire une flèche amère Droit en l'œil : le coup de là Plus bas au cœur dévala : Et m'y fit telle ouverture, Qu'herbe, drogue ni murmure (4) N'y serviraient plus de rien. Voilà, Robertet, le bien, (Mon Robertet qui embrasse Les neuf Muses et les Grâces) Le bien qui m'est advenu Pour loger un inconnu. 1. Retraire signifie abriter. 2. Huis est une porte. 3. Adonc veut dire alors. 4. Murmure ainsi indique prière.
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Au Sieur Robertet
Du malheur de recevoir Un étranger, sans avoir De lui quelque connaissance, Tu as fait expérience, Ménélas, ayant reçu Pâris dont tu fus déçu : Et moi je la viens de faire Qui ore ai voulu retraire (1) Sottement un étranger Dans ma chambre, et le loger. Il était minuit, et l'Ourse De son char tournait la course Entre les mains du Bouvier, Quand le somme vint lier D'une chaîne sommelière Mes yeux clos sous la paupière. Là je dormais en mon lit, Lorsque j'entr'ouïs le bruit D'un qui frappait à ma porte, Et heurtait de telle sorte Que mon dormir s'en alla : Je demandai : Qu'est-ce là Qui fait à mon huis (2) sa plainte ? Je suis enfant, n'aye crainte, Ce me dit-il, et adonc (3) Je lui desserre le gond, De ma porte verrouillée. J'ai la chemise mouillée Qui me trempe jusqu'aux os, Ce disait ; dessus le dos Toute nuit j'ai eu la pluie : Et pour ce je te supplie De me conduire à ton feu Pour m'aller sécher un peu. Lors je pris sa main humide, Et plein de pitié le guide En ma chambre et le fis seoir Au feu qui restait du soir : Puis, allumant des chandelles, Je vis qu'il portait des ailes, Dans la main un arc turquois, Et sous l'aisselle un carquois. Adonc en mon cœur je pense Qu'il avait quelque puissance. Et qu'il fallait m'apprêter Pour le faire banqueter. Cependant il me regarde D'un œil, de l'autre il prend garde Si son arc était séché ; Puis, me voyant empêché A lui faire bonne chère, Me tire une flèche amère Droit en l'œil : le coup de là Plus bas au cœur dévala : Et m'y fit telle ouverture, Qu'herbe, drogue ni murmure (4) N'y serviraient plus de rien. Voilà, Robertet, le bien, (Mon Robertet qui embrasse Les neuf Muses et les Grâces) Le bien qui m'est advenu Pour loger un inconnu. 1. Retraire signifie abriter. 2. Huis est une porte. 3. Adonc veut dire alors. 4. Murmure ainsi indique prière.
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C'était en juin, j'étais à Bruxelles ; on me dit : Savez-vous ce que fait maintenant ce bandit ? Et l'on me raconta le meurtre juridique, Charlet assassiné sur la place publique, Cirasse, Cuisinier, tous ces infortunés Que cet homme au supplice a lui-même traînés Et qu'il a de ses mains liés sur la bascule. Ô Sauveur, ô héros, vainqueur de crépuscule, César ! Dieu fait sortir de terre les moissons, La vigne, l'eau courante abreuvant les buissons, Les fruits vermeils, la rose où l'abeille butine, Les chênes, les lauriers, et toi, la guillotine. Prince qu'aucun de ceux qui lui donnent leurs voix Ne voudrait rencontrer le soir au coin d'un bois ! J'avais le front brûlant ; je sortis par la ville. Tout m'y parut plein d'ombre et de guerre civile ; Les passants me semblaient des spectres effarés Je m'enfuis dans les champs paisibles et dorés ; Ô contre-coups du crime au fond de l'âme humaine ! La nature ne put me calmer. L'air, la plaine, Les fleurs, tout m'irritait ; je frémissais devant Ce monde où je sentais ce scélérat vivant. Sans pouvoir m'apaiser je fis plus d'une lieue. Le soir triste monta sous la coupole bleue. Linceul frissonnant, l'ombre autour de moi s'accrut ; Tout à coup la nuit vint, et la lune apparut Sanglante, et dans les cieux, de deuil enveloppée, Je regardai rouler cette tête coupée. Jersey, le 20 mai 1853.
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C'était en juin, j'étais à Bruxelles
Żmien ta’ ferħ w ’nnoċenza ta’ sempliċita u purezza Żmien ħieles mill-inkwiet u mżejjen bil-paċi fis-skiet Dak li dejjem smajt u dak li dejjem tgħallimt Pero m’ huwiex dak li esperjenzajt m’ huwiex dak li ngħatajt Mingħalihom li tawni kollox Mingħalihom li ma naqsuni f’xejn Mur għidilhom kemm battejt Kemm minħabba fihom soffrejt Noħlom bi tfulija sempliċi u pura Nixtieq li ġejt mogħtija bidu ta’ ħajja sura 16/04/2009
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Dec 1, 2018
Dec 1, 2018 at 12:34 PM UTC
It-Tfulija
Mon cher enfant que j'ai vu dans ma vie errante, Mon cher enfant, que, mon Dieu, tu me recueillis, Moi-même pauvre ainsi que toi, purs comme lys, Mon cher enfant que j'ai vu dans ma vie errante ! Et beau comme notre âme pure et transparente, Mon cher enfant, grande vertu de moi, la rente, De mon effort de charité, nous, fleurs de lys ! On te dit mort... Mort ou vivant, sois ma mémoire ! Et qu'on ne hurle donc plus que c'est de la gloire Que je m'occupe, fou qu'il fallut et qu'il faut... Petit ! mort ou vivant, qui fis vibrer mes fibres, Quoi qu'en aient dit et dit tels imbéciles noirs Compagnon qui ressuscitas les saints espoirs, Va donc, vivant ou mort, dans les espaces libres !
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À un passant
[FR] Il m’arrive de m’interroger Sur qui cacha sous les marées de tes yeux Quand nous tombâmes dans une poche de temps En pratiquant l’intimité qui nous gardâmes un moment / Quand nous parlâmes avec politesse Est-ce qu'ils me regardèrent depuis un endroit n’importe ou Ou c’est possible que ton sourire à fossettes Deux pouces de la mienne - pressas en silence pour plus / Tu sais, c'est drôle comme je te vis et je gardai mes distances Me disant que tu sois occupé, et il ne fut que rien, Ensuite, vous avez glissé dans la nuit Et je ne t'ai pas vu depuis / Puis, en regardant la pluie à travers le verre, Je te souvins, et je fis un voeu que nous Nous retrouvions ensemble sur un coup de tête et nous nous mettions en place comme si de rien n'était / Mais si c'est fini Il me donne de la joie comment nous passâmes notre temps Parce qu'il était incroyable Pour être si proche de toi [EN] Sometimes I wonder What was behind your pools of eyes When we two fell into a pocket of time And practiced mutual closeness for a while— / When we made polite conversation Did they look into me from a place so far Or did your dimpled smile— Two inches from mine— press silently for more / You know, it’s funny how I saw you and I stayed away— Telling myself you were busy, and it was nothing, Then you slipped into the evening And I haven’t seen you since— / Then, watching rain through glass, I remembered, and I wished upon the stars That we’d find ourselves together on a whim and we’d fall back into time like it was nothing / But if that’s ended I’m happy how our time was spent Because, my god, it really was amazing To be that close to you
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Jul 27, 2018
Jul 27, 2018 at 5:34 PM UTC
4.2.18
[FR] Il m’arrive de m’interroger Sur qui cacha sous les marées de tes yeux Quand nous tombâmes dans une poche de temps En pratiquant l’intimité qui nous gardâmes un moment / Quand nous parlâmes avec politesse Est-ce qu'ils me regardèrent depuis un endroit n’importe ou Ou c’est possible que ton sourire à fossettes Deux pouces de la mienne - pressas en silence pour plus / Tu sais, c'est drôle comme je te vis et je gardai mes distances Me disant que tu sois occupé, et il ne fut que rien, Ensuite, vous avez glissé dans la nuit Et je ne t'ai pas vu depuis / Puis, en regardant la pluie à travers le verre, Je te souvins, et je fis un voeu que nous Nous retrouvions ensemble sur un coup de tête et nous nous mettions en place comme si de rien n'était / Mais si c'est fini Il me donne de la joie comment nous passâmes notre temps Parce qu'il était incroyable Pour être si proche de toi [EN] Sometimes I wonder What was behind your pools of eyes When we two fell into a pocket of time And practiced mutual closeness for a while— / When we made polite conversation Did they look into me from a place so far Or did your dimpled smile— Two inches from mine— press silently for more / You know, it’s funny how I saw you and I stayed away— Telling myself you were busy, and it was nothing, Then you slipped into the evening And I haven’t seen you since— / Then, watching rain through glass, I remembered, and I wished upon the stars That we’d find ourselves together on a whim and we’d fall back into time like it was nothing / But if that’s ended I’m happy how our time was spent Because, my god, it really was amazing To be that close to you
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De vous gronder je n'ai plus le courage, Enfants ! ma voix s'enferme trop souvent. Vous grandissez, impatients d'orage ; Votre aile s'ouvre, émue au moindre vent. Affermissez votre raison qui chante ; Veillez sur vous comme a fait mon amour ; On peut gronder sans être bien méchante : Embrassez-moi, grondez à votre tour. Vous n'êtes plus la sauvage couvée, Assaillant l'air d'un tumulte innocent ; Tribu sans art, au désert préservée, Bornant vos voeux à mon zèle incessant : L'esprit vous gagne, ô ma rêveuse école, Quand il fermente, il étourdit l'amour. Vous adorez le droit de la parole : Anges, parlez, grondez à votre tour. Je vous fis trois pour former une digue Contre les flots qui vont vous assaillir : L'un vigilant, l'un rêveur, l'un prodigue, Croissez unis pour ne jamais faillir, Mes trois échos ! l'un à l'autre, à l'oreille, Redites-vous les cris de mon amour ; Si l'un s'endort, que l'autre le réveille ; Embrassez-le, grondez à votre tour ! Je demandais trop à vos jeunes âmes ; Tant de soleil éblouit le printemps ! Les fleurs, les fruits, l'ombre mêlée aux flammes, La raison mûre et les joyeux instants, Je voulais tout, impatiente mère, Le ciel en bas, rêve de tout amour ; Et tout amour couve une larme amère : Punissez-moi, grondez à votre tour. Toi, sur qui Dieu jeta le droit d'aînesse, Dis aux petits que les étés sont courts ; Sous le manteau flottant de la jeunesse, D'une lisière enferme le secours ! Parlez de moi, surtout dans la souffrance ; Où que je sois, évoquez mon amour : Je reviendrai vous parler d'espérance ; Mais gronder... non : grondez à votre tour !
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Aux trois aimés
De vous gronder je n'ai plus le courage, Enfants ! ma voix s'enferme trop souvent. Vous grandissez, impatients d'orage ; Votre aile s'ouvre, émue au moindre vent. Affermissez votre raison qui chante ; Veillez sur vous comme a fait mon amour ; On peut gronder sans être bien méchante : Embrassez-moi, grondez à votre tour. Vous n'êtes plus la sauvage couvée, Assaillant l'air d'un tumulte innocent ; Tribu sans art, au désert préservée, Bornant vos voeux à mon zèle incessant : L'esprit vous gagne, ô ma rêveuse école, Quand il fermente, il étourdit l'amour. Vous adorez le droit de la parole : Anges, parlez, grondez à votre tour. Je vous fis trois pour former une digue Contre les flots qui vont vous assaillir : L'un vigilant, l'un rêveur, l'un prodigue, Croissez unis pour ne jamais faillir, Mes trois échos ! l'un à l'autre, à l'oreille, Redites-vous les cris de mon amour ; Si l'un s'endort, que l'autre le réveille ; Embrassez-le, grondez à votre tour ! Je demandais trop à vos jeunes âmes ; Tant de soleil éblouit le printemps ! Les fleurs, les fruits, l'ombre mêlée aux flammes, La raison mûre et les joyeux instants, Je voulais tout, impatiente mère, Le ciel en bas, rêve de tout amour ; Et tout amour couve une larme amère : Punissez-moi, grondez à votre tour. Toi, sur qui Dieu jeta le droit d'aînesse, Dis aux petits que les étés sont courts ; Sous le manteau flottant de la jeunesse, D'une lisière enferme le secours ! Parlez de moi, surtout dans la souffrance ; Où que je sois, évoquez mon amour : Je reviendrai vous parler d'espérance ; Mais gronder... non : grondez à votre tour !
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Vous mîtes votre bras adroit, Un soir d'été, sur mon bras... gauche. J'aimerai toujours cet endroit, Un café de la Rive-Gauche ; Au bord de la Seine, à Paris : Un homme y chante la Romance Comme au temps... des lansquenets gris ; Vous aviez emmené Clémence. Vous portiez un chapeau très frais Sous des nœuds vaguement orange, Une robe à fleurs... sans apprêts, Sans rien d'affecté ni d'étrange ; Vous aviez un noir mantelet, Une pèlerine, il me semble, Vous étiez belle, et... s'il vous plaît, Comment nous trouvions-nous ensemble ? J'avais l'air, moi, d'un étranger ; Je venais de la Palestine À votre suite me ranger, Pèlerin de ta Pèlerine. Je m'en revenais de Sion, Pour baiser sa frange en dentelle, Et mettre ma dévotion Entière à vos pieds d'Immortelle. Nous causions, je voyais ta voix Dorer ta lèvre avec sa crasse, Tes coudes sur la table en bois, Et ta taille pleine de grâce ; J'admirais ta petite main Semblable à quelque serre vague, Et tes jolis doigts de gamin, Si chics ! qu'ils se passent de bague ; J'aimais vos yeux, où sans effroi Battent les ailes de votre Âme, Qui font se baisser ceux du roi Mieux que les siens ceux d'une femme ; Vos yeux splendidement ouverts Dans leur majesté coutumière... Étaient-ils bleus ? Étaient-ils verts ? Ils m'aveuglaient de ta lumière. Je cherchais votre soulier fin, Mais vous rameniez votre robe Sur ce miracle féminin, Ton pied, ce Dieu, qui se dérobe ! Tu parlais d'un ton triomphant, Prenant aux feintes mignardises De tes lèvres d'amour Enfant Les cœurs, comme des friandises, La rue où rit ce cabaret, Sur laquelle a pu flotter l'Arche, Sachant que l'Ange y descendrait, Porte le nom d'un patriarche. Charmant cabaret de l'Amour ! Je veux un jour y peindre à fresque Le Verre auquel je fis ma cour. Juin, quatre-vingt-cinq, minuit... presque.
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La rencontre
Vous mîtes votre bras adroit, Un soir d'été, sur mon bras... gauche. J'aimerai toujours cet endroit, Un café de la Rive-Gauche ; Au bord de la Seine, à Paris : Un homme y chante la Romance Comme au temps... des lansquenets gris ; Vous aviez emmené Clémence. Vous portiez un chapeau très frais Sous des nœuds vaguement orange, Une robe à fleurs... sans apprêts, Sans rien d'affecté ni d'étrange ; Vous aviez un noir mantelet, Une pèlerine, il me semble, Vous étiez belle, et... s'il vous plaît, Comment nous trouvions-nous ensemble ? J'avais l'air, moi, d'un étranger ; Je venais de la Palestine À votre suite me ranger, Pèlerin de ta Pèlerine. Je m'en revenais de Sion, Pour baiser sa frange en dentelle, Et mettre ma dévotion Entière à vos pieds d'Immortelle. Nous causions, je voyais ta voix Dorer ta lèvre avec sa crasse, Tes coudes sur la table en bois, Et ta taille pleine de grâce ; J'admirais ta petite main Semblable à quelque serre vague, Et tes jolis doigts de gamin, Si chics ! qu'ils se passent de bague ; J'aimais vos yeux, où sans effroi Battent les ailes de votre Âme, Qui font se baisser ceux du roi Mieux que les siens ceux d'une femme ; Vos yeux splendidement ouverts Dans leur majesté coutumière... Étaient-ils bleus ? Étaient-ils verts ? Ils m'aveuglaient de ta lumière. Je cherchais votre soulier fin, Mais vous rameniez votre robe Sur ce miracle féminin, Ton pied, ce Dieu, qui se dérobe ! Tu parlais d'un ton triomphant, Prenant aux feintes mignardises De tes lèvres d'amour Enfant Les cœurs, comme des friandises, La rue où rit ce cabaret, Sur laquelle a pu flotter l'Arche, Sachant que l'Ange y descendrait, Porte le nom d'un patriarche. Charmant cabaret de l'Amour ! Je veux un jour y peindre à fresque Le Verre auquel je fis ma cour. Juin, quatre-vingt-cinq, minuit... presque.
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