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"cependant" poems
Le garçon délabré qui n’a rien à faire Que de se gratter les doigts et se pencher sur mon épaule: ‘Dans mon pays il fera temps pluvieux, Du vent, du grand soleil, et de la pluie; C’est ce qu’on appelle le jour de lessive des gueux.’ (Bavard, baveux, à la croupe arrondie, Je te prie, au moins, ne bave pas dans la soupe). ‘Les saules trempés, et des bourgeons sur les ronces— C’est là, dans une averse, qu’on s’abrite. J’avais sept ans, elle était plus petite. Elle était toute mouillée, je lui ai donné des primevères.’ Les taches de son gilet montent au chiffre de trentehuit. ‘Je la chatouillais, pour la faire rire. J’éprouvais un instant de puissance et de délire.’ Mais alors, vieux lubrique, à cet âge … ‘Monsieur, le fait est dur. Il est venu, nous peloter, un gros chien; Moi j’avais peur, je l’ai quittée à mi-chemin. C’est dommage.’ Mais alors, tu as ton vautour! Va t’en te décrotter les rides du visage; Tiens, ma fourchette, décrasse-toi le crâne. De quel droit payes-tu des expériences comme moi? Tiens, voilà dix sous, pour la salle-de-bains. Phlébas, le Phénicien, pendant quinze jours noyé, Oubliait les cris des mouettes et la houle de Cornouaille, Et les profits et les pertes, et la cargaison d’étain: Un courant de sous-mer l’emporta très **** Le repassant aux étapes de sa vie antérieure. Figurez-vous donc, c’était un sort pénible; Cependant, ce fut jadis un bel homme, de haute taille.
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Dans Le Restaurant
Le garçon délabré qui n’a rien à faire Que de se gratter les doigts et se pencher sur mon épaule: ‘Dans mon pays il fera temps pluvieux, Du vent, du grand soleil, et de la pluie; C’est ce qu’on appelle le jour de lessive des gueux.’ (Bavard, baveux, à la croupe arrondie, Je te prie, au moins, ne bave pas dans la soupe). ‘Les saules trempés, et des bourgeons sur les ronces— C’est là, dans une averse, qu’on s’abrite. J’avais sept ans, elle était plus petite. Elle était toute mouillée, je lui ai donné des primevères.’ Les taches de son gilet montent au chiffre de trentehuit. ‘Je la chatouillais, pour la faire rire. J’éprouvais un instant de puissance et de délire.’ Mais alors, vieux lubrique, à cet âge … ‘Monsieur, le fait est dur. Il est venu, nous peloter, un gros chien; Moi j’avais peur, je l’ai quittée à mi-chemin. C’est dommage.’ Mais alors, tu as ton vautour! Va t’en te décrotter les rides du visage; Tiens, ma fourchette, décrasse-toi le crâne. De quel droit payes-tu des expériences comme moi? Tiens, voilà dix sous, pour la salle-de-bains. Phlébas, le Phénicien, pendant quinze jours noyé, Oubliait les cris des mouettes et la houle de Cornouaille, Et les profits et les pertes, et la cargaison d’étain: Un courant de sous-mer l’emporta très **** Le repassant aux étapes de sa vie antérieure. Figurez-vous donc, c’était un sort pénible; Cependant, ce fut jadis un bel homme, de haute taille.
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Je suis exatlé de voir dans ce ciel de nuit, Auquel je dois cette plaisante fortune. En compagnie d’étoiles clignotantes, Subjugué par ce spectacle, j’admire ma Lune. Lave-moi dans ton eau argentée, translucide. Sois près de moi lors de mes blanches nuits. Veille sur moi tel un garde sans faille. Enveloppe-moi de murmures, un calme répit. Ô comme tu guides les flots ardents de mon âme! Baisse les yeux, les eaux abordent ma plage… Érode le fardeau qui étouffe mes écueils brûlants, Des sables noyés, oppressé, tendres otages. Peu de nuits à présent… Épris alors que tu t’en vas. Des brins épais et sombres de cheveux en cascades, Dissimulent ton visage d’une manière séduisante. Il n’en reste qu’un croissant, qui s’efface dans le noir. Les nuits s’écoulent… Maintenant la lune se délite M’en laissant qu’une moitié; la nuit le veut ainsi. Reste encore, plus longtemps; ne pars pas si tôt, Je ne me sens pas prêt à être anéanti. Je lève la tête sans dire un mot, alors que les nuits passent. J’ai vu mon amour lunaire se dissoudre dans l’espace. My coeur, aussi, déchiré bout par bout… Enfin, elle était partie; partie, sans laisser de trace. Depuis, chaque nuit abonde de vide et de souffrance. Je supplie les étoiles d’apaiser le vide en moi… Mais ils se contenteraient de briller, indifférents… Même suite à tous mes appels, mes émois. Desormais je suis incertain sur le nombre de passages. Les nuits n’amenèrent que l’assaut des étoiles moqueuses. Cependant je joue des promesses celestes, Pour le retour de ma folle quête amoureuse. Je sais que c’est frivole de penser que je suis le seul… C’est vrai, ils languissent; ma souffrance est la leur. Mais c’est moi qui désire le plus ton fameux regard, Car nos coeurs ont chanté dans toutes les couleurs. Ma détresse à son zénith, emplis, presque brisé, Lorsque soudain j’entends une belle chanson, lointaine. Une chanson pareille à celle que l’on prononçât, Encore garnie d’argent translucide, je soupire avec peine…, “Te voilà....”
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Nov 23, 2014
Nov 23, 2014 at 7:16 PM UTC
Lettre de ton Astronome
Je suis exatlé de voir dans ce ciel de nuit, Auquel je dois cette plaisante fortune. En compagnie d’étoiles clignotantes, Subjugué par ce spectacle, j’admire ma Lune. Lave-moi dans ton eau argentée, translucide. Sois près de moi lors de mes blanches nuits. Veille sur moi tel un garde sans faille. Enveloppe-moi de murmures, un calme répit. Ô comme tu guides les flots ardents de mon âme! Baisse les yeux, les eaux abordent ma plage… Érode le fardeau qui étouffe mes écueils brûlants, Des sables noyés, oppressé, tendres otages. Peu de nuits à présent… Épris alors que tu t’en vas. Des brins épais et sombres de cheveux en cascades, Dissimulent ton visage d’une manière séduisante. Il n’en reste qu’un croissant, qui s’efface dans le noir. Les nuits s’écoulent… Maintenant la lune se délite M’en laissant qu’une moitié; la nuit le veut ainsi. Reste encore, plus longtemps; ne pars pas si tôt, Je ne me sens pas prêt à être anéanti. Je lève la tête sans dire un mot, alors que les nuits passent. J’ai vu mon amour lunaire se dissoudre dans l’espace. My coeur, aussi, déchiré bout par bout… Enfin, elle était partie; partie, sans laisser de trace. Depuis, chaque nuit abonde de vide et de souffrance. Je supplie les étoiles d’apaiser le vide en moi… Mais ils se contenteraient de briller, indifférents… Même suite à tous mes appels, mes émois. Desormais je suis incertain sur le nombre de passages. Les nuits n’amenèrent que l’assaut des étoiles moqueuses. Cependant je joue des promesses celestes, Pour le retour de ma folle quête amoureuse. Je sais que c’est frivole de penser que je suis le seul… C’est vrai, ils languissent; ma souffrance est la leur. Mais c’est moi qui désire le plus ton fameux regard, Car nos coeurs ont chanté dans toutes les couleurs. Ma détresse à son zénith, emplis, presque brisé, Lorsque soudain j’entends une belle chanson, lointaine. Une chanson pareille à celle que l’on prononçât, Encore garnie d’argent translucide, je soupire avec peine…, “Te voilà....”
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Vous êtes brune et pourtant blonde, Vous êtes blonde et pourtant brune... Aurais-je l'air, aux yeux du monde, D'arriver tout droit de la lune ? Et cependant, on peut m'en croire, Vous êtes l'une et l'autre chose Comme Vous êtes blanche et noire, Des cheveux noire et de chair, rose. Mais peut-on dire dans le monde, La plaisanterie est commune : « Si votre belle Amie est blonde, Elle est blonde, elle n'est pas brune ». À moins d'arriver de la lune, Peut encor dire tout le monde : « Si votre belle Amie est brune, Elle est brune, elle n'est pas blonde ». Pourtant ! le savez-vous mieux qu'Elle ? Leur répondrai-je (Tu supposes) Eh bien ! moi, je ne sais laquelle Elle est le plus de ces deux choses. Bien que personne n'y consente Et qu'elle semble inconséquente, C'est une brune languissante Et c'est une blonde piquante. Aurais-je la bonne fortune De mettre d'accord tout le monde, Concédez-moi donc qu'elle est brune, Je vous accorde qu'elle est blonde. Elle a, pour faire à tout le monde Une concession encore, Une longue mèche de blonde Dans ces cheveux bruns, qui les dore. Enfin, je vous dis qu'elle est brune, Je vous répète qu'elle est blonde, Et si j'arrive de la lune, Je me moque de tout le monde ! Après tout, ce n'est pas ma faute Si, sous ses longs cheveux... funèbres, Le corps blanc dont votre âme est l'hôte A du soleil... dans ses ténèbres.
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Le teint
Thèmes Choix d'un thème pour un album ou une carte vous aidera à affiner votre choix de materials.Who est le public visé? Est la carte ou un album lié à une fête ou un événement important? S'il n'y a pas une personne en particulier ou un événement associé au projet, l'adoption d'une couleur ou un motif régime prévoit unité et balance.Examples de thèmes populaires incluent: vacances, bébé premier, anniversaires, obtention du diplôme, animaux, années scolaires, les anniversaires, les mariages, roman, prix, favoris (cadeaux, livres, films, émissions de télévision, des jouets ou des modes), le jardinage, les vacances, les partis, les sports, souvenirs et mementos.After choisissant une conception unifiée, trouver des documents qui illustrent votre message. Matériaux Les matériaux les plus indispensables sont cartonné, papier, colle, outils, stylos, et des embellissements de coupe ou photos.Cardstock robe soirè peuvent être achetés individuellement ou en packs de valeur; packs de valeur sont utiles si vous créez plusieurs albums et cards.Cardstock et du papier ordinaire est disponible dans des couleurs unies ou du papier patterns.Patterned peut être utilisé comme arrière-plans, des bordures, ou du papier de coupe embellishments.When, sauver les restes pour des projets ultérieurs, vous pouvez embellir d'autres projets ou utiliser de plus grandes chutes en photo mounts.For une aspect texturé, papier de déformation;. carton est plus facile de se froisser si vous appliquez quelques gouttes d'eau adhésif, des outils et des stylos coupe sont très variées. Les types de base comprennent liquide et le bâton de colle, du ruban, des ciseaux, tondeuses, des marqueurs et des albums de pens.For de pigments, toujours utiliser des matériaux sans acide qui ne traverse pas le pages.To créer bords bordée sur les pages de scrapbook ou des cartes, utiliser des ciseaux spéciaux, comme puncheurs. ondulées et de la vallée de pointe, ou en forme embellissements améliorent le thème choisi albums et cards.Cutouts, des autocollants, des rubans, papyrus, vélin, les timbres et les citations sont des choix populaires, citations peuvent être employées par achetées quote-livres, manuscrites ou tenue mere de la mariee imprimées à partir d'un ordinateur Photos personnaliser n'importe quel projet de robe soirè métier;. ils peuvent être imprimés à la maison, ou développés par des boutiques et drugstores.Photos d'impression en ligne sont généralement organisés par ordre chronologique, en collages ou categorically.Categories incluent, mais ne sont pas limités à: des événements, des activités, des familles, des couleurs, des particuliers ou actions.Although ce sont des techniques de mise en forme les plus populaires, vous devriez Étalez vos photos seront cependant mieux s'adapter au thème de l'album ou carte. http://www.modedomicile.com/robe-de-soir%C3%A9e-c-5
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Jun 4, 2014
Jun 4, 2014 at 11:17 PM UTC
Scrapbooking et carte faisant des idées_site de robe de mariage
Thèmes Choix d'un thème pour un album ou une carte vous aidera à affiner votre choix de materials.Who est le public visé? Est la carte ou un album lié à une fête ou un événement important? S'il n'y a pas une personne en particulier ou un événement associé au projet, l'adoption d'une couleur ou un motif régime prévoit unité et balance.Examples de thèmes populaires incluent: vacances, bébé premier, anniversaires, obtention du diplôme, animaux, années scolaires, les anniversaires, les mariages, roman, prix, favoris (cadeaux, livres, films, émissions de télévision, des jouets ou des modes), le jardinage, les vacances, les partis, les sports, souvenirs et mementos.After choisissant une conception unifiée, trouver des documents qui illustrent votre message. Matériaux Les matériaux les plus indispensables sont cartonné, papier, colle, outils, stylos, et des embellissements de coupe ou photos.Cardstock robe soirè peuvent être achetés individuellement ou en packs de valeur; packs de valeur sont utiles si vous créez plusieurs albums et cards.Cardstock et du papier ordinaire est disponible dans des couleurs unies ou du papier patterns.Patterned peut être utilisé comme arrière-plans, des bordures, ou du papier de coupe embellishments.When, sauver les restes pour des projets ultérieurs, vous pouvez embellir d'autres projets ou utiliser de plus grandes chutes en photo mounts.For une aspect texturé, papier de déformation;. carton est plus facile de se froisser si vous appliquez quelques gouttes d'eau adhésif, des outils et des stylos coupe sont très variées. Les types de base comprennent liquide et le bâton de colle, du ruban, des ciseaux, tondeuses, des marqueurs et des albums de pens.For de pigments, toujours utiliser des matériaux sans acide qui ne traverse pas le pages.To créer bords bordée sur les pages de scrapbook ou des cartes, utiliser des ciseaux spéciaux, comme puncheurs. ondulées et de la vallée de pointe, ou en forme embellissements améliorent le thème choisi albums et cards.Cutouts, des autocollants, des rubans, papyrus, vélin, les timbres et les citations sont des choix populaires, citations peuvent être employées par achetées quote-livres, manuscrites ou tenue mere de la mariee imprimées à partir d'un ordinateur Photos personnaliser n'importe quel projet de robe soirè métier;. ils peuvent être imprimés à la maison, ou développés par des boutiques et drugstores.Photos d'impression en ligne sont généralement organisés par ordre chronologique, en collages ou categorically.Categories incluent, mais ne sont pas limités à: des événements, des activités, des familles, des couleurs, des particuliers ou actions.Although ce sont des techniques de mise en forme les plus populaires, vous devriez Étalez vos photos seront cependant mieux s'adapter au thème de l'album ou carte. http://www.modedomicile.com/robe-de-soir%C3%A9e-c-5
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Pourtant, si tu m'aimais ! si cette raillerie Avait jeté racine et germé sourdement ; Si, moi qui me jouais, si tu m'avais, Marie, De la bouche et du cœur appelé ton amant ! Si je t'avais trompée, et si j'avais su rendre Si puissant et si doux mon sourire moqueur. Que ton âme crédule ait pu se laisser prendre Aux semblants d'un amour qui n'est point dans mon cœur, Malheur à tous les deux ! Tôt ou **** l'imposture Rapportera ses fruits d'angoisse et de douleur ; Et toi, qui n'a rien fait, toi, pauvre créature, Tu prendras comme moi ta moitié du malheur. Et si j'avais dit vrai ; cependant, quand j'y songe... Ô femme ! vois un peu ce que c'est que de nous ! Pour peu que cette voix, qui riait du mensonge. Eût de torrents d'amour inondé tes genoux ! Comme un berceau d'enfant à la branche fleurie, Si j'avais suspendu mon bonheur à tes pas, Malheur, encor malheur ! car cette fois, Marie, Hélas ! ce serait toi qui ne m'aimerais pas ! Était-ce donc ta loi, pitoyable nature. De reculer toujours le but que j'entrevois, Et de ne mettre au cœur de chaque créature Qu'un désir sans espoir, et qu'un écho sans voix. Ô malédiction ! était-ce ton envie De n'accomplir jamais qu'une part du souhait, Et le seul avenir est-il pour cette vie, De haïr qui nous aime, ou d'aimer qui nous hait.
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Pourtant, si tu m'aimais
I. Tu n'es certes pas, ma très-chère, Ce que Veuillot nomme un tendron. Le jeu, l'amour, la bonne chère, Bouillonnent en toi, vieux chaudron ! Tu n'es plus fraîche, ma très-chère, Ma vieille infante ! Et cependant Tes caravanes insensées T'ont donné ce lustre abondant Des choses qui sont très-usées, Mais qui séduisent cependant. Je ne trouve pas monotone La verdure de tes quarante ans ; Je préfère tes fruits, Automne, Aux fleurs banales du Printemps ! Non ! tu n'es jamais monotone ! Ta carcasse à des agréments Et des grâces particulières ; Je trouve d'étranges piments Dans le creux de tes deux salières ; Ta carcasse à des agréments ! Nargue des amants ridicules Du melon et du giraumont ! Je préfère tes clavicules À celles du roi Salomon, Et je plains ces gens ridicules ! Tes cheveux, comme un casque bleu, Ombragent ton front de guerrière, Qui ne pense et rougit que peu, Et puis se sauvent par derrière, Comme les crins d'un casque bleu. Tes yeux qui semblent de la boue, Où scintille quelque fanal, Ravivés au fard de ta joue, Lancent un éclair infernal ! Tes yeux sont noirs comme la boue ! Par sa luxure et son dédain Ta lèvre amère nous provoque ; Cette lèvre, c'est un Eden Qui nous attire et qui nous choque. Quelle luxure ! et quel dédain ! Ta jambe musculeuse et sèche Sait gravir au haut des volcans, Et malgré la neige et la dèche Danser les plus fougueux cancans. Ta jambe est musculeuse et sèche ; Ta peau brûlante et sans douceur, Comme celle des vieux gendarmes, Ne connaît pas plus la sueur Que ton oeil ne connaît les larmes. (Et pourtant elle a sa douceur !) II. Sotte, tu t'en vas droit au Diable ! Volontiers j'irais avec toi, Si cette vitesse effroyable Ne me causait pas quelque émoi. Va-t'en donc, toute seule, au Diable ! Mon rein, mon poumon, mon jarret Ne me laissent plus rendre hommage À ce Seigneur, comme il faudrait. « Hélas ! c'est vraiment bien dommage ! » Disent mon rein et mon jarret. Oh ! très-sincèrement je souffre De ne pas aller aux sabbats, Pour voir, quand il pète du soufre, Comment tu lui baises son cas ! Oh ! très-sincèrement je souffre ! Je suis diablement affligé De ne pas être ta torchère, Et de te demander congé, Flambeau d'enfer ! Juge, ma chère, Combien je dois être affligé, Puisque depuis longtemps je t'aime, Étant très-logique ! En effet, Voulant du Mal chercher la crème Et n'aimer qu'un monstre parfait, Vraiment oui ! vieux monstre, je t'aime !
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Le monstre
I. Tu n'es certes pas, ma très-chère, Ce que Veuillot nomme un tendron. Le jeu, l'amour, la bonne chère, Bouillonnent en toi, vieux chaudron ! Tu n'es plus fraîche, ma très-chère, Ma vieille infante ! Et cependant Tes caravanes insensées T'ont donné ce lustre abondant Des choses qui sont très-usées, Mais qui séduisent cependant. Je ne trouve pas monotone La verdure de tes quarante ans ; Je préfère tes fruits, Automne, Aux fleurs banales du Printemps ! Non ! tu n'es jamais monotone ! Ta carcasse à des agréments Et des grâces particulières ; Je trouve d'étranges piments Dans le creux de tes deux salières ; Ta carcasse à des agréments ! Nargue des amants ridicules Du melon et du giraumont ! Je préfère tes clavicules À celles du roi Salomon, Et je plains ces gens ridicules ! Tes cheveux, comme un casque bleu, Ombragent ton front de guerrière, Qui ne pense et rougit que peu, Et puis se sauvent par derrière, Comme les crins d'un casque bleu. Tes yeux qui semblent de la boue, Où scintille quelque fanal, Ravivés au fard de ta joue, Lancent un éclair infernal ! Tes yeux sont noirs comme la boue ! Par sa luxure et son dédain Ta lèvre amère nous provoque ; Cette lèvre, c'est un Eden Qui nous attire et qui nous choque. Quelle luxure ! et quel dédain ! Ta jambe musculeuse et sèche Sait gravir au haut des volcans, Et malgré la neige et la dèche Danser les plus fougueux cancans. Ta jambe est musculeuse et sèche ; Ta peau brûlante et sans douceur, Comme celle des vieux gendarmes, Ne connaît pas plus la sueur Que ton oeil ne connaît les larmes. (Et pourtant elle a sa douceur !) II. Sotte, tu t'en vas droit au Diable ! Volontiers j'irais avec toi, Si cette vitesse effroyable Ne me causait pas quelque émoi. Va-t'en donc, toute seule, au Diable ! Mon rein, mon poumon, mon jarret Ne me laissent plus rendre hommage À ce Seigneur, comme il faudrait. « Hélas ! c'est vraiment bien dommage ! » Disent mon rein et mon jarret. Oh ! très-sincèrement je souffre De ne pas aller aux sabbats, Pour voir, quand il pète du soufre, Comment tu lui baises son cas ! Oh ! très-sincèrement je souffre ! Je suis diablement affligé De ne pas être ta torchère, Et de te demander congé, Flambeau d'enfer ! Juge, ma chère, Combien je dois être affligé, Puisque depuis longtemps je t'aime, Étant très-logique ! En effet, Voulant du Mal chercher la crème Et n'aimer qu'un monstre parfait, Vraiment oui ! vieux monstre, je t'aime !
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Tandis que l'étoile inodore Que l'été mêle aux blonds épis Emaille de son bleu lapis Les sillons que la moisson dore, Avant que, de fleurs dépeuplés, Les champs aient subi les faucilles, Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Entre les villes andalouses, Il n'en est pas qui sous le ciel S'étende mieux que Peñafiel Sur les gerbes et les pelouses, Pas qui dans ses murs crénelés Lève de plus fières bastilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Il n'est pas de cité chrétienne, Pas de monastère à beffroi, Chez le Saint-Père et chez le Roi, Où, vers la Saint-Ambroise, il vienne Plus de bons pèlerins hâlés, Portant bourdon, gourde et coquilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Dans nul pays, les jeunes femmes, Les soirs, lorsque l'on danse en rond, N'ont plus de roses sur le front, Et n'ont dans le cœur plus de flammes ; Jamais plus vifs et plus voilés Regards n'ont lui sous les mantilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! La perle de l'Andalousie, Alice, était de Peñafiel, Alice qu'en faisant son miel Pour fleur une abeille eût choisie. Ces jours, hélas ! sont envolés ! On la citait dans les familles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Un étranger vint dans la ville, Jeune, et parlant avec dédain. Etait-ce un maure grenadin ? Un de Murcie ou de Séville ? Venait-il des bords désolés Où Tunis a ses escadrilles ?... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! On ne savait. - La pauvre Alice En fut aimée, et puis l'aima. Le doux vallon du Xarama De leur doux péché fut complice. Le soir, sous les cieux étoilés, Tous deux erraient par les charmilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! La ville était lointaine et sombre ; Et la lune, douce aux amours, Se levant derrière les tours Et les clochers perdus dans l'ombre, Des édifices dentelés Découpait en noir les aiguilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Cependant, d'Alice jalouses, En rêvant au bel étranger, Sous l'arbre à soie et l'oranger Dansaient les brunes andalouses ; Les cors, aux guitares mêlés, Animaient les joyeux quadrilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! L'oiseau dort dans le lit de mousse Que déjà menace l'autour ; Ainsi dormait dans son amour Alice confiante et douce. Le jeune homme aux cheveux bouclés, C'était don Juan, roi des Castilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Or c'est péril qu'aimer un prince. Un jour, sur un noir palefroi On la jeta de par le roi ; On l'arracha de la province ; Un cloître sur ses jours troublés De par le roi ferma ses grilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Le 13 avril 1828.
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Les bleuets
Tandis que l'étoile inodore Que l'été mêle aux blonds épis Emaille de son bleu lapis Les sillons que la moisson dore, Avant que, de fleurs dépeuplés, Les champs aient subi les faucilles, Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Entre les villes andalouses, Il n'en est pas qui sous le ciel S'étende mieux que Peñafiel Sur les gerbes et les pelouses, Pas qui dans ses murs crénelés Lève de plus fières bastilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Il n'est pas de cité chrétienne, Pas de monastère à beffroi, Chez le Saint-Père et chez le Roi, Où, vers la Saint-Ambroise, il vienne Plus de bons pèlerins hâlés, Portant bourdon, gourde et coquilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Dans nul pays, les jeunes femmes, Les soirs, lorsque l'on danse en rond, N'ont plus de roses sur le front, Et n'ont dans le cœur plus de flammes ; Jamais plus vifs et plus voilés Regards n'ont lui sous les mantilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! La perle de l'Andalousie, Alice, était de Peñafiel, Alice qu'en faisant son miel Pour fleur une abeille eût choisie. Ces jours, hélas ! sont envolés ! On la citait dans les familles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Un étranger vint dans la ville, Jeune, et parlant avec dédain. Etait-ce un maure grenadin ? Un de Murcie ou de Séville ? Venait-il des bords désolés Où Tunis a ses escadrilles ?... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! On ne savait. - La pauvre Alice En fut aimée, et puis l'aima. Le doux vallon du Xarama De leur doux péché fut complice. Le soir, sous les cieux étoilés, Tous deux erraient par les charmilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! La ville était lointaine et sombre ; Et la lune, douce aux amours, Se levant derrière les tours Et les clochers perdus dans l'ombre, Des édifices dentelés Découpait en noir les aiguilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Cependant, d'Alice jalouses, En rêvant au bel étranger, Sous l'arbre à soie et l'oranger Dansaient les brunes andalouses ; Les cors, aux guitares mêlés, Animaient les joyeux quadrilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! L'oiseau dort dans le lit de mousse Que déjà menace l'autour ; Ainsi dormait dans son amour Alice confiante et douce. Le jeune homme aux cheveux bouclés, C'était don Juan, roi des Castilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Or c'est péril qu'aimer un prince. Un jour, sur un noir palefroi On la jeta de par le roi ; On l'arracha de la province ; Un cloître sur ses jours troublés De par le roi ferma ses grilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Le 13 avril 1828.
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Aphrodite, Xochiquetzal, Vénus, Ishtar, Astarté ! Oxum, Inanna, Erzulie Freda Mes muses en Kâlî polycéphale réunies, Venez vous ébattre et débattre avec moi ! Et vêtez le masque des savantes hétaïres, Des nagaravadhu, des femmes matadore Des tayu, des ahuianime, des harots Et autres courtisanes de lumière, Rhétoriciennes scandaleuses d'antan, Pour m'initier à l'Intime quintessence Des mystères de vos fils Kama, Eros, Cupidon. J'ai choisi pour vous, les Immortelles, La tenue mortelle des Métèques : Entre Shamhat, la Joyeuse sumérienne Amrapali , Vasantasena, Basaui, Kulika, les tantriques Shinano, Sakura et Bunsui Diotime, prêtresse Mantinéote Aspasie, la belle Milésienne, Omphale, la Lydienne qui domina Hercule, Lasthénéia, Nicarété, les grandes maquerelles, Phryné, de son vrai nom Mnésarétè, la demoiselle, La pudibonde muse de Praxitèle, Puis encore Thargélia, qui devint reine Impéria qui vécut en beauté pendant vingt-six ans et douze jours Veronica, Lamia, Nééra, Laïs qui vous dédia son miroir, Toutes érudites catins de haute volée, Porte-paroles d'Eros, Indomptables et puissantes concubines D'amour et d'intelligence, Je ne peux décider Avec qui convoler au Banquet des Sophistes ? Certaines m'enflamment la chair D'autres l'esprit et l 'âme Et pour toutes cependant sans exception Je bande d'égale vigueur. "Amour, ont assuré ces maîtresses Au disciple fervent que je suis, N 'est ni divin ni humain Ni beau ni laid Ni bon ni méchant Amour est un démon, un sorcier Un magicien, un entremetteur... Si j 'en crois ces rhétoriciennes, Honorer l 'Amour C'est désirer le Beau, assouvir L 'impérissable désir d'immortalité. On aime car on engendre On aime car on féconde On aime car on se reproduit Pour les siècles des siècles. Et c'est Ilithyie qui nous accouche et nous délivre de la mortalité par la conception et l'enfantement. Le Beau est éternel Ce n'est pas un Beau physique Mais métaphysique Qu 'il nous faut reproduire Par des joutes sensuelles Pour tendre vers l 'immortalité. Fécondez-moi donc et en honorant la courtisane, La Métèque, qui vibre sous chacun de vos masques J 'honore l 'Amour à travers vous, Mes Etrangères, Peu importe si mon amour est socratique, Aristotélicien, platonique ou épicurien Pour peu que j 'accouche de mes pensées lubriques. Et si je meurs en couches Qu'on me célèbre à travers tous vos panthéons Comme le plus valeureux des guerriers !
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:17 AM UTC
Mes Etrangères
Aphrodite, Xochiquetzal, Vénus, Ishtar, Astarté ! Oxum, Inanna, Erzulie Freda Mes muses en Kâlî polycéphale réunies, Venez vous ébattre et débattre avec moi ! Et vêtez le masque des savantes hétaïres, Des nagaravadhu, des femmes matadore Des tayu, des ahuianime, des harots Et autres courtisanes de lumière, Rhétoriciennes scandaleuses d'antan, Pour m'initier à l'Intime quintessence Des mystères de vos fils Kama, Eros, Cupidon. J'ai choisi pour vous, les Immortelles, La tenue mortelle des Métèques : Entre Shamhat, la Joyeuse sumérienne Amrapali , Vasantasena, Basaui, Kulika, les tantriques Shinano, Sakura et Bunsui Diotime, prêtresse Mantinéote Aspasie, la belle Milésienne, Omphale, la Lydienne qui domina Hercule, Lasthénéia, Nicarété, les grandes maquerelles, Phryné, de son vrai nom Mnésarétè, la demoiselle, La pudibonde muse de Praxitèle, Puis encore Thargélia, qui devint reine Impéria qui vécut en beauté pendant vingt-six ans et douze jours Veronica, Lamia, Nééra, Laïs qui vous dédia son miroir, Toutes érudites catins de haute volée, Porte-paroles d'Eros, Indomptables et puissantes concubines D'amour et d'intelligence, Je ne peux décider Avec qui convoler au Banquet des Sophistes ? Certaines m'enflamment la chair D'autres l'esprit et l 'âme Et pour toutes cependant sans exception Je bande d'égale vigueur. "Amour, ont assuré ces maîtresses Au disciple fervent que je suis, N 'est ni divin ni humain Ni beau ni laid Ni bon ni méchant Amour est un démon, un sorcier Un magicien, un entremetteur... Si j 'en crois ces rhétoriciennes, Honorer l 'Amour C'est désirer le Beau, assouvir L 'impérissable désir d'immortalité. On aime car on engendre On aime car on féconde On aime car on se reproduit Pour les siècles des siècles. Et c'est Ilithyie qui nous accouche et nous délivre de la mortalité par la conception et l'enfantement. Le Beau est éternel Ce n'est pas un Beau physique Mais métaphysique Qu 'il nous faut reproduire Par des joutes sensuelles Pour tendre vers l 'immortalité. Fécondez-moi donc et en honorant la courtisane, La Métèque, qui vibre sous chacun de vos masques J 'honore l 'Amour à travers vous, Mes Etrangères, Peu importe si mon amour est socratique, Aristotélicien, platonique ou épicurien Pour peu que j 'accouche de mes pensées lubriques. Et si je meurs en couches Qu'on me célèbre à travers tous vos panthéons Comme le plus valeureux des guerriers !
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Il ya une rose je sais Présent uniquement dans le plus beau jardin La tige longue et mince, pas d'épines Les pétales doux comme de la soie L'arôme, un matin de printemps La plus belle rose Dans le plus beau jardin Cependant, une telle rose ne pouvait pas aimer une fleur comme moi La fleur qui ne vit pas dans le plus beau jardin La fleur avec une tige dentelée et pétales manquants La fleur qui ne fait jamais assez de soleil La fleur qui ne veut rien de plus que d'être planté à côté de celle plus belle rose Vous voyez, la fleur aime que plus belle rose Mais la rose ne saura jamais Je t'aime Je voudrais pouvoir vous dire Et savez vous aimeriez moi S'il vous plaît ne pas aller Rester un peu plus longtemps
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Sep 19, 2013
Sep 19, 2013 at 8:53 AM UTC
La Bella Rose
Adieu ! mot qu'une larme humecte sur la lèvre ; Mot qui finit la joie et qui tranche l'amour ; Mot par qui le départ de délices nous sèvre ; Mot que l'éternité doit effacer un jour ! Adieu !.... Je t'ai souvent prononcé dans ma vie, Sans comprendre, en quittant les êtres que j'aimais, Ce que tu contenais de tristesse et de lie, Quand l'homme dit : "Retour !" et que Dieu dit : "Jamais !" Mais aujourd'hui je sens que ma bouche prononce Le mot qui contient tout, puisqu'il est plein de toi, Qui tombe dans l'abîme, et qui n'a pour réponse Que l'éternel silence entre une image et moi ! Et cependant mon coeur redit à chaque haleine Ce mot qu'un sourd sanglot entrecoupe au milieu, Comme si tous les sons dont la nature est pleine N'avaient pour sens unique, hélas ! qu'un grand adieu !
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Adieu à Graziella
Vous demandez si l'amour rend heureuse ; Il le promet, croyez-le, fût-ce un jour. Ah ! pour un jour d'existence amoureuse, Qui ne mourrait ? la vie est dans l'amour. Quand je vivais tendre et craintive amante, Avec ses feux je peignais ses douleurs : Sur son portrait j'ai versé tant de pleurs, Que cette image en paraît moins charmante. Si le sourire, éclair inattendu, Brille parfois au milieu de mes larmes, C'était l'amour ; c'était lui, mais sans armes ; C'était le ciel... qu'avec lui j'ai perdu. Sans lui, le coeur est un foyer sans flamme ; Il brûle tout, ce doux empoisonneur. J'ai dit bien vrai comme il déchire une âme : Demandez-donc s'il donne le bonheur ! Vous le saurez : oui, quoi qu'il en puisse être, De gré, de force, amour sera le maître ; Et, dans sa fièvre alors lente à guérir, Vous souffrirez, ou vous ferez souffrir. Dès qu'on l'a vu, son absence est affreuse ; Dès qu'il revient, on tremble nuit et jour ; Souvent enfin la mort est dans l'amour ; Et cependant... oui, l'amour rend heureuse !
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L'amour
Eh quoi ! prier déjà.... tu bégayes encore ; De la vie, ici-bas, tu n'as vu que l'aurore ; Pour loi, le beau printemps n'est venu que deux fois ; À peine connaît-on le doux son de ta voix. Et cependant, docile aux leçons d'une mère, Tu bégayes déjà quelques mots de prière ! Oh ! laisse la prière au cœur des malheureux, Et toi, petit enfant, va reprendre tes jeux ! Pourvu qu'à ton réveil, s'échappant de sa cage, L'oiseau qui te connaît commence son ramage, Qu'il reste près de toi ; que d'un bouquet nouveau, Ta mère, en souriant, vienne orner ton berceau ; Pourvu que vers le soir, sa voix mélodieuse T'endorme doucement, ou que, silencieuse, Elle ébranle ta couche, et d'un léger effort, En longs balancements t'endorme mieux encor : C'est là tout le bonheur de ta paisible enfance. Et comment prierais-tu ? tu n'as pas d'espérance ! À ton âge charmant, l'existence est un jour, Où le rire et les pleurs s'effacent tour à tour. Plus **** petit enfant, poursuivant ton voyage, Ton cœur s'agitera du trouble du jeune âge ; Tu sentiras alors les charmes enivrants De nos illusions, rêves purs et charmants. Un doux espoir, ainsi qu'une ombre fugitive, Apparaîtra soudain à ton âme naïve, Te faisant pressentir l'amour et le bonheur... Alors, il sera temps de prier le Seigneur ! À genoux devant lui, plein de foi, d'espérance, On dit tout sans parler ; - Dieu comprend le silence. Ô mon Dieu ! que l'on aime à vous prier longtemps, Lorsqu'on veut être heureux et que l'on a seize ans ! Car, hélas ! jeune enfant, pendant le long voyage, Nous n'avons pas toujours un beau ciel sans nuage ; Le limpide ruisseau qui s'en va murmurant, Se change bien souvent en horrible torrent, Et l'aquilon, soufflant sur la barque légère, Vient la briser, le soir, aux écueils de la terre. Va jouer, bel enfant !... il te faudra plus **** Souffrir ainsi que nous : ta vie aura sa part ! Tu verras fuir l'espoir qui venait de paraître ; Un jour, on t'aimera..., l'on t'oubliera peut-être !... Ah ! qu'ai-je dit, enfant ? -Suspends, suspends tes jeux Joins tes petites mains, et regarde les cieux.
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L'enfant qui priait
Eh quoi ! prier déjà.... tu bégayes encore ; De la vie, ici-bas, tu n'as vu que l'aurore ; Pour loi, le beau printemps n'est venu que deux fois ; À peine connaît-on le doux son de ta voix. Et cependant, docile aux leçons d'une mère, Tu bégayes déjà quelques mots de prière ! Oh ! laisse la prière au cœur des malheureux, Et toi, petit enfant, va reprendre tes jeux ! Pourvu qu'à ton réveil, s'échappant de sa cage, L'oiseau qui te connaît commence son ramage, Qu'il reste près de toi ; que d'un bouquet nouveau, Ta mère, en souriant, vienne orner ton berceau ; Pourvu que vers le soir, sa voix mélodieuse T'endorme doucement, ou que, silencieuse, Elle ébranle ta couche, et d'un léger effort, En longs balancements t'endorme mieux encor : C'est là tout le bonheur de ta paisible enfance. Et comment prierais-tu ? tu n'as pas d'espérance ! À ton âge charmant, l'existence est un jour, Où le rire et les pleurs s'effacent tour à tour. Plus **** petit enfant, poursuivant ton voyage, Ton cœur s'agitera du trouble du jeune âge ; Tu sentiras alors les charmes enivrants De nos illusions, rêves purs et charmants. Un doux espoir, ainsi qu'une ombre fugitive, Apparaîtra soudain à ton âme naïve, Te faisant pressentir l'amour et le bonheur... Alors, il sera temps de prier le Seigneur ! À genoux devant lui, plein de foi, d'espérance, On dit tout sans parler ; - Dieu comprend le silence. Ô mon Dieu ! que l'on aime à vous prier longtemps, Lorsqu'on veut être heureux et que l'on a seize ans ! Car, hélas ! jeune enfant, pendant le long voyage, Nous n'avons pas toujours un beau ciel sans nuage ; Le limpide ruisseau qui s'en va murmurant, Se change bien souvent en horrible torrent, Et l'aquilon, soufflant sur la barque légère, Vient la briser, le soir, aux écueils de la terre. Va jouer, bel enfant !... il te faudra plus **** Souffrir ainsi que nous : ta vie aura sa part ! Tu verras fuir l'espoir qui venait de paraître ; Un jour, on t'aimera..., l'on t'oubliera peut-être !... Ah ! qu'ai-je dit, enfant ? -Suspends, suspends tes jeux Joins tes petites mains, et regarde les cieux.
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Hier, c’était ton anniversaire de naissance Par contre, ta journée était surchargée par inadvertance Cependant, je suis allé au jardin De mon cœur ce beau matin Où j’ai cueilli une rose invisible qui pourrait t’apporter : Bonheur, joie, santé, humeur et un printemps prématuré. J’ai rasé ma barbe et moustache pour te plaire De tout mon cœur, je te souhaite un heureux anniversaire Oh ! Je voudrais te charmer jusqu’à la tombée de la nuit Quand l’arc-en-ciel aura franchi l’orifice inouï Vers un autre horizon, pour une autre saison Veuilles accueillir cette rose, ce poème, cette chanson. P.S. : Ce poème est dédié à une chère amie. Translation in French of 'An Invisible Rose For Your Birthday'. Copyright © Août 2025 Hébert Logerie, Tous droits réservés. Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs recueils de poésie.
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Aug 6, 2025
Aug 6, 2025 at 6:49 PM UTC
Une Rose Invisible Pour Ton Anniversaire
«Lorsque s’en vient le soir…» ( When the evening is falling down) Les soirs du presqu’automne, sont nimbés de cette magnificence de la Nature qui sourds et qui mâture. C’est un temps particulièrement propice pour la méditation et l’éveil. Il est bel et bon de se réfugier aux côtés du tronc d´un grand arbre  ou de respirer sur son balcon, au soir d’une journée ardente et brûlante de chaleur et de penser aux destinées des êtres que nous avons aimés, que nous aimons et aussi à celles et ceux qui viendront après nous, si nous savons leur faire une place et agissons pour ne pas laisser trop saccager notre «commune Planète» que nous avons seulement reçu «en indivis». Il faut parfois faire «silence en soi» pour mieux comprendre les attentes et les rêves des autres, forcément différents des nôtres, ce qui est cependant une vraie chance. Je me plais à imaginer la beauté vive des jours de la fin de l’été décliner, bien trop vite, et je pense au caractère prométhéen de nombre des projets humains : philosophiques, politiques et même scientifiques en me disant : «Pourvu que nous ne passions pas à côté de l’essentiel ?» c’est à dire, de ce sourire tranquille du Monde, de sa beauté cosmique qui nous trouble et nous déchire,  nous   dévoilant  ces infinis en perpétuel chaos, que nous ne connaîtrons jamais complètement, mais qui nous incitent à penser, à rechercher et à entreprendre et suscitent  ce besoin de créer des civilisations plus «Humaines » et mieux «Humanistes », tirant les être vers le haut plutôt que de les rabaisser et de se perdre dans des  attitudes de «fermeture » ou pire de mépris, en exaspérant leurs peurs et la nôtre. Vous conviendrez que le lent raccourcissement des journées nous offre cette joie simple, goûter la fin du jour en pensant déjà au nouveau jour qui se lèvera demain et nous offrira, à son tour, la magnificence de ses couleurs, de ses opportunités, des moments de si doux bonheurs et de plaisirs pensifs. Paul Arrighi
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Sep 16, 2016
Sep 16, 2016 at 2:45 PM UTC
«Lorsque s’en vient le soir...» ( When the evening is falling down)
«Lorsque s’en vient le soir…» ( When the evening is falling down) Les soirs du presqu’automne, sont nimbés de cette magnificence de la Nature qui sourds et qui mâture. C’est un temps particulièrement propice pour la méditation et l’éveil. Il est bel et bon de se réfugier aux côtés du tronc d´un grand arbre  ou de respirer sur son balcon, au soir d’une journée ardente et brûlante de chaleur et de penser aux destinées des êtres que nous avons aimés, que nous aimons et aussi à celles et ceux qui viendront après nous, si nous savons leur faire une place et agissons pour ne pas laisser trop saccager notre «commune Planète» que nous avons seulement reçu «en indivis». Il faut parfois faire «silence en soi» pour mieux comprendre les attentes et les rêves des autres, forcément différents des nôtres, ce qui est cependant une vraie chance. Je me plais à imaginer la beauté vive des jours de la fin de l’été décliner, bien trop vite, et je pense au caractère prométhéen de nombre des projets humains : philosophiques, politiques et même scientifiques en me disant : «Pourvu que nous ne passions pas à côté de l’essentiel ?» c’est à dire, de ce sourire tranquille du Monde, de sa beauté cosmique qui nous trouble et nous déchire,  nous   dévoilant  ces infinis en perpétuel chaos, que nous ne connaîtrons jamais complètement, mais qui nous incitent à penser, à rechercher et à entreprendre et suscitent  ce besoin de créer des civilisations plus «Humaines » et mieux «Humanistes », tirant les être vers le haut plutôt que de les rabaisser et de se perdre dans des  attitudes de «fermeture » ou pire de mépris, en exaspérant leurs peurs et la nôtre. Vous conviendrez que le lent raccourcissement des journées nous offre cette joie simple, goûter la fin du jour en pensant déjà au nouveau jour qui se lèvera demain et nous offrira, à son tour, la magnificence de ses couleurs, de ses opportunités, des moments de si doux bonheurs et de plaisirs pensifs. Paul Arrighi
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*“I think I must be incapable in properly saying That which honors the concern you show me.” With that she placed her hand in his and in her Best broken French she continued…. “Marcherez-vous avec moi avalez-vous mon chemin?” (Will you walk with me my way?) He replies, “Naturellement fe veux mon cher.” (Naturally I will my dear.) There is a time when a virtuous convention, Once created betwixt a woman and a man, Sanctifies even those most private of walks. This walk being as it was – in the dusk of the evening Had within it their roads laid out the same way. Hand in hand in a shared silence both of them Admiring the sky’s crimson closing. With a small tribute to such as this toward virtue He felt her cold fingers clutch together in his and Just then she broke the daunting silence asking, “La beauteu ciel est-elle suelement vue par ceux qui choisissent de la partager?” (Is the sky’s beauty only seen to those who choose to share it?) His answer, “ Pas plus que l’amour, moncher. Pour garder de lui est juste comme imutile. – Quel but est-il eoins qui ‘il soit partage.” (No more than love - for the keeping of it is just as useless. Of what possible purpose is it unless it is shared?) She seemed much affected with what he had said giving it a low sigh. He was incapable of inquiring after the sigh so He said nothing more ‘til they came to the corner of Tomorrows' Road and Yesterdays' Pass. That was where they were to part today. Waiting for the path to clear he asked, “Est-ce Que je dois vous server le reste de la mania?” (Shall I attend you the rest of the way?) She replied first with a look to his hand And then to his eyes, “Pas du tout, monsieur. Vous pouvez cependant me server toute la manua.” (Not at all, sir. You may however attend me all the way.) With this he seemed to loose his French verbs for a time And it was not until they were steadfast alone in her Bungalo that any French returned. Yet the French that returned said not a single word. She was most capable though the question She answered was never asked. If he had to have asked he would have asked, “Cue ferai-je avec vous ? Devrais-je vous aimer de tout mon cœur ? Je crois que dans la route que nous prenons, il cause l'intersection d'entre nous..” Only the little French in her knows…..*
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Jun 13, 2017
Jun 13, 2017 at 8:59 AM UTC
French Students
*“I think I must be incapable in properly saying That which honors the concern you show me.” With that she placed her hand in his and in her Best broken French she continued…. “Marcherez-vous avec moi avalez-vous mon chemin?” (Will you walk with me my way?) He replies, “Naturellement fe veux mon cher.” (Naturally I will my dear.) There is a time when a virtuous convention, Once created betwixt a woman and a man, Sanctifies even those most private of walks. This walk being as it was – in the dusk of the evening Had within it their roads laid out the same way. Hand in hand in a shared silence both of them Admiring the sky’s crimson closing. With a small tribute to such as this toward virtue He felt her cold fingers clutch together in his and Just then she broke the daunting silence asking, “La beauteu ciel est-elle suelement vue par ceux qui choisissent de la partager?” (Is the sky’s beauty only seen to those who choose to share it?) His answer, “ Pas plus que l’amour, moncher. Pour garder de lui est juste comme imutile. – Quel but est-il eoins qui ‘il soit partage.” (No more than love - for the keeping of it is just as useless. Of what possible purpose is it unless it is shared?) She seemed much affected with what he had said giving it a low sigh. He was incapable of inquiring after the sigh so He said nothing more ‘til they came to the corner of Tomorrows' Road and Yesterdays' Pass. That was where they were to part today. Waiting for the path to clear he asked, “Est-ce Que je dois vous server le reste de la mania?” (Shall I attend you the rest of the way?) She replied first with a look to his hand And then to his eyes, “Pas du tout, monsieur. Vous pouvez cependant me server toute la manua.” (Not at all, sir. You may however attend me all the way.) With this he seemed to loose his French verbs for a time And it was not until they were steadfast alone in her Bungalo that any French returned. Yet the French that returned said not a single word. She was most capable though the question She answered was never asked. If he had to have asked he would have asked, “Cue ferai-je avec vous ? Devrais-je vous aimer de tout mon cœur ? Je crois que dans la route que nous prenons, il cause l'intersection d'entre nous..” Only the little French in her knows…..*
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Parqués entre des bancs de chêne, aux coins d'église Qu'attiédit puamment leur souffle, tous leurs yeux Vers le choeur ruisselant d'orrie et la maîtrise Aux vingt gueules gueulant les cantiques pieux ; Comme un parfum de pain humant l'odeur de cire, Heureux, humiliés comme des chiens battus, Les Pauvres au bon Dieu, le patron et le sire, Tendent leurs oremus risibles et têtus. Aux femmes, c'est bien bon de faire des bancs lisses, Après les six jours noirs ou Dieu les fait souffrir ! Elles bercent, tordus dans d'étranges pelisses, Des espèces d'enfants qui pleurent à mourir. Leurs seins crasseux dehors, ces mangeuses de soupe, Une prière aux yeux et ne priant jamais, Regardent parader mauvaisement un groupe De gamines avec leurs chapeaux déformés. Dehors, le froid, la faim, l'homme en ribote : C'est bon. Encore une heure ; après, les maux sans noms ! - Cependant, alentour, geint, nasille, chuchote Une collection de vieilles à fanons : Ces effarés y sont et ces épileptiques Dont on se détournait hier aux carrefours ; Et, fringalant du nez dans des missels antiques, Ces aveugles qu'un chien introduit dans les cours. Et tous, bavant la foi mendiante et stupide, Récitent la complainte infinie à Jésus, Qui rêve en haut, jauni par le vitrail livide, **** des maigres mauvais et des méchants pansus, **** des senteurs de viande et d'étoffes moisies, Farce prostrée et sombre aux gestes repoussants ; - Et l'oraison fleurit d'expressions choisies, Et les mysticités prennent des tons pressants, Quand, des nefs où périt le soleil, plis de soie Banals, sourires verts, les Dames des quartiers Distingués, - ô Jésus ! - les malades du foie Font baiser leurs longs doigts jaunes aux bénitiers.
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Les pauvres à l'église
Parqués entre des bancs de chêne, aux coins d'église Qu'attiédit puamment leur souffle, tous leurs yeux Vers le choeur ruisselant d'orrie et la maîtrise Aux vingt gueules gueulant les cantiques pieux ; Comme un parfum de pain humant l'odeur de cire, Heureux, humiliés comme des chiens battus, Les Pauvres au bon Dieu, le patron et le sire, Tendent leurs oremus risibles et têtus. Aux femmes, c'est bien bon de faire des bancs lisses, Après les six jours noirs ou Dieu les fait souffrir ! Elles bercent, tordus dans d'étranges pelisses, Des espèces d'enfants qui pleurent à mourir. Leurs seins crasseux dehors, ces mangeuses de soupe, Une prière aux yeux et ne priant jamais, Regardent parader mauvaisement un groupe De gamines avec leurs chapeaux déformés. Dehors, le froid, la faim, l'homme en ribote : C'est bon. Encore une heure ; après, les maux sans noms ! - Cependant, alentour, geint, nasille, chuchote Une collection de vieilles à fanons : Ces effarés y sont et ces épileptiques Dont on se détournait hier aux carrefours ; Et, fringalant du nez dans des missels antiques, Ces aveugles qu'un chien introduit dans les cours. Et tous, bavant la foi mendiante et stupide, Récitent la complainte infinie à Jésus, Qui rêve en haut, jauni par le vitrail livide, **** des maigres mauvais et des méchants pansus, **** des senteurs de viande et d'étoffes moisies, Farce prostrée et sombre aux gestes repoussants ; - Et l'oraison fleurit d'expressions choisies, Et les mysticités prennent des tons pressants, Quand, des nefs où périt le soleil, plis de soie Banals, sourires verts, les Dames des quartiers Distingués, - ô Jésus ! - les malades du foie Font baiser leurs longs doigts jaunes aux bénitiers.
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Elle est si douce, la pensée, Qu'il faut, pour en sentir l'attrait, D'une vision commencée S'éveiller tout à coup distrait. Le cœur dépouillé la réclame ; Il ne la fait point revenir, Et cependant elle est dans l'âme, Et l'on mourrait pour la finir. À quoi pensais-je tout à l'heure ? À quel beau songe évanoui Dois-je les larmes que je pleure ? Il m'a laissé tout ébloui. Et ce bonheur d'une seconde, Nul effort ne me l'a rendu ; Je n'ai goûté de joie au monde Qu'en rêve, et mon rêve est perdu.
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Pensée perdue
Blanche fille aux cheveux roux, Dont la robe par ses trous Laisse voir la pauvreté Et la beauté, Pour moi, poète chétif, Ton jeune corps maladif, Plein de taches de rousseur, A sa douceur. Tu portes plus galamment Qu'une reine de roman Ses cothurnes de velours Tes sabots lourds. Au lieu d'un haillon trop court, Qu'un superbe habit de cour Traîne à plis bruyants et longs Sur tes talons ; En place de bas troués, Que pour les yeux des roués Sur ta jambe un poignard d'or Reluise encor ; Que des noeuds mal attachés Dévoilent pour nos péchés Tes deux beaux seins, radieux Comme des yeux ; Que pour te déshabiller Tes bras se fassent prier Et chassent à coups mutins Les doigts lutins, Perles de la plus belle eau, Sonnets de maître Belleau Par tes galants mis aux fers Sans cesse offerts, Valetaille de rimeurs Te dédiant leurs primeurs Et contemplant ton soulier Sous l'escalier, Maint page épris du hasard, Maint seigneur et maint Ronsard Épieraient pour le déduit Ton frais réduit ! Tu compterais dans tes lits Plus de baisers que de lis Et rangerais sous tes lois Plus d'un Valois ! - Cependant tu vas gueusant Quelque vieux débris gisant Au seuil de quelque Véfour De carrefour ; Tu vas lorgnant en dessous Des bijoux de vingt-neuf sous Dont je ne puis, oh ! pardon ! Te faire don. Va donc ! sans autre ornement, Parfum, perles, diamant, Que ta maigre nudité, Ô ma beauté !
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À une mendiante rousse
La vie qu'on cherche, Les larmes qu'on verse, L'élégance de la main, Étendue sur notre tête. Un sentiment toujours, Déchiré par un être, Ou par une âme trissée, Dont le corps reste, désormais inerte. On vient tout seul, Espérant qu'un jour, Où c'est temps de partir, On a vu l'amour d'autre, Ou du moins qu'on a senti, L'amitié d'un homme, Dont la vie est rempli, Par l'expérimentaion. Cependant, ils vienent Parfois les vents haineux Immergeant la joie, Dans les eaux du fléau. Ainsi ce qui demeure, Pour ceux qui survivent, C'est la connaissance d'avant, Et la lourdeur des souvenirs. Mais il faut qu'on reprenne, La poursuit de nouveau, Désirant l'avenir, Où nous attend le bonheure.
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Mar 6, 2023
Mar 6, 2023 at 7:18 AM UTC
Rieux
Je t’ai vu partout mon amour Dans le jardin Dans ma lit Je t’ai vu toujours mon amour Dans le matin Dans la nuit Je t’ai vu, mais je ne t'ai pas trouvé Je t’ai vu, mais je ne t'ai pas touché Nos souvenirs résonnent dans mes oreilles Cependant, tu ne m’as pas vu jamais Je pleure
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Nov 23, 2013
Nov 23, 2013 at 6:14 PM UTC
Á Votre Fântome
Fable VI, Livre IV. Or çà, mes amis, essayons De vous redire en vers tout ce que la chandelle Disait naguère en prose, en voyant ses rayons Porter jusqu'à six pas la lumière autour d'elle. « Ce n'est pas tout-à-fait la clarté du soleil, Et je n'éclaire pas une sphère aussi grande. À cela près, je le demande, xxMon rôle au sien n'est-il pas tout pareil ? À votre gré, monsieur, à votre goût, madame, Écrivez, jouez ou lisez, Tricotez, brodez ou cousez, À qui veut en user je prodigue ma flamme. Vous blâmez le soleil de trop tôt se coucher, De se lever trop **** ; qu'il dorme en paix sous l'onde, Et l'on ne saura pas s'il est nuit en ce monde, Pour peu qu'on ait pris place à cette table ronde, Et que l'on pense à me moucher. » Cependant le soleil, averti par les heures, Plus alerte et plus radieux, Avait abandonné les humides demeures, Et ses premiers rayons doraient déjà les cieux. À mesure qu'il perce et dissipe les voiles Par la nuit étendus sur le monde obscurci, Voyez-vous pâlir les étoiles ? Les étoiles, la lune, et la chandelle aussi ! Ainsi, dans mainte académie, Passez-moi la comparaison, Le faux esprit s'éclipse auprès de la raison ; Le bel esprit s'éclipse à côté du génie. « Mon enfant, » dit l'astre du jour, En plaignant sa rivale à demi consumée De perdre sa gloire en fumée, « Veux-tu de ton triomphe assurer le retour : Fais tout fermer, porte, fenêtre, Volets surtout ; fais que la nuit Règne à jamais dans ce réduit : La nuit te fait briller ; je la fais disparaître. »
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Le soleil et la chandelle
Fable VI, Livre IV. Or çà, mes amis, essayons De vous redire en vers tout ce que la chandelle Disait naguère en prose, en voyant ses rayons Porter jusqu'à six pas la lumière autour d'elle. « Ce n'est pas tout-à-fait la clarté du soleil, Et je n'éclaire pas une sphère aussi grande. À cela près, je le demande, xxMon rôle au sien n'est-il pas tout pareil ? À votre gré, monsieur, à votre goût, madame, Écrivez, jouez ou lisez, Tricotez, brodez ou cousez, À qui veut en user je prodigue ma flamme. Vous blâmez le soleil de trop tôt se coucher, De se lever trop **** ; qu'il dorme en paix sous l'onde, Et l'on ne saura pas s'il est nuit en ce monde, Pour peu qu'on ait pris place à cette table ronde, Et que l'on pense à me moucher. » Cependant le soleil, averti par les heures, Plus alerte et plus radieux, Avait abandonné les humides demeures, Et ses premiers rayons doraient déjà les cieux. À mesure qu'il perce et dissipe les voiles Par la nuit étendus sur le monde obscurci, Voyez-vous pâlir les étoiles ? Les étoiles, la lune, et la chandelle aussi ! Ainsi, dans mainte académie, Passez-moi la comparaison, Le faux esprit s'éclipse auprès de la raison ; Le bel esprit s'éclipse à côté du génie. « Mon enfant, » dit l'astre du jour, En plaignant sa rivale à demi consumée De perdre sa gloire en fumée, « Veux-tu de ton triomphe assurer le retour : Fais tout fermer, porte, fenêtre, Volets surtout ; fais que la nuit Règne à jamais dans ce réduit : La nuit te fait briller ; je la fais disparaître. »
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Que j'aime les héros dont je conte l'histoire ! Et qu'à m'occuper d'eux je trouve de douceur ! J'ignore s'ils pourront m'acquérir de la gloire ; Mais je sais qu'ils font mon bonheur. Avec les animaux je veux passer ma vie ; Ils sont si bonne compagnie ! Je conviens cependant, et c'est avec douleur, Que tous n'ont pas le même cœur. Plusieurs que l'on connaît, sans qu'ici je les nomme, De nos vices ont bonne part : Mais je les trouve encor moins dangereux que l'homme ; Et fripon pour fripon je préfère un renard. C'est ainsi que pensait un sage, Un bon fermier de mon pays. Depuis quatre-vingts ans, de tout le voisinage On venait écouter et suivre ses avis. Chaque mot qu'il disait était une sentence. Son exemple surtout aidait son éloquence ; Et lorsqu'environné de ses quarante enfants, Fils, petits-fils, brus, gendres, filles, Il jugeait les procès ou réglait les familles, Nul n'eût osé mentir devant ses cheveux blancs. Je me souviens qu'un jour dans son champêtre asile Il vint un savant de la ville Qui dit au bon vieillard : mon père, enseignez-moi Dans quel auteur, dans quel ouvrage, Vous apprîtes l'art d'être sage. Chez quelle nation, à la cour de quel roi, Avez-vous été, comme Ulysse, Prendre des leçons de justice ? Suivez-vous de Zénon la rigoureuse loi ? Avez-vous embrassé la secte d'Épicure, Celle de Pythagore ou du divin Platon ? De tous ces messieurs-là je ne sais pas le nom, Répondit le vieillard : mon livre est la nature ; Et mon unique précepteur, C'est mon cœur. Je vois les animaux, j'y trouve le modèle Des vertus que je dois chérir : La colombe m'apprit à devenir fidèle ; En voyant la fourmi j'amassai pour jouir ; Mes bœufs m'enseignent la constance, Mes brebis la douceur, mes chiens la vigilance ; Et si j'avais besoin d'avis Pour aimer mes filles, mes fils, La poule et ses poussins me serviraient d'exemple. Ainsi dans l'univers tout ce que je contemple M'avertit d'un devoir qu'il m'est doux de remplir. Je fais souvent du bien pour avoir du plaisir, J'aime et je suis aimé, mon âme est tendre et pure, Et toujours selon ma mesure Ma raison sait régler mes vœux : J'observe et je suis la nature, C'est mon secret pour être heureux.
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Le savant et le fermier
Que j'aime les héros dont je conte l'histoire ! Et qu'à m'occuper d'eux je trouve de douceur ! J'ignore s'ils pourront m'acquérir de la gloire ; Mais je sais qu'ils font mon bonheur. Avec les animaux je veux passer ma vie ; Ils sont si bonne compagnie ! Je conviens cependant, et c'est avec douleur, Que tous n'ont pas le même cœur. Plusieurs que l'on connaît, sans qu'ici je les nomme, De nos vices ont bonne part : Mais je les trouve encor moins dangereux que l'homme ; Et fripon pour fripon je préfère un renard. C'est ainsi que pensait un sage, Un bon fermier de mon pays. Depuis quatre-vingts ans, de tout le voisinage On venait écouter et suivre ses avis. Chaque mot qu'il disait était une sentence. Son exemple surtout aidait son éloquence ; Et lorsqu'environné de ses quarante enfants, Fils, petits-fils, brus, gendres, filles, Il jugeait les procès ou réglait les familles, Nul n'eût osé mentir devant ses cheveux blancs. Je me souviens qu'un jour dans son champêtre asile Il vint un savant de la ville Qui dit au bon vieillard : mon père, enseignez-moi Dans quel auteur, dans quel ouvrage, Vous apprîtes l'art d'être sage. Chez quelle nation, à la cour de quel roi, Avez-vous été, comme Ulysse, Prendre des leçons de justice ? Suivez-vous de Zénon la rigoureuse loi ? Avez-vous embrassé la secte d'Épicure, Celle de Pythagore ou du divin Platon ? De tous ces messieurs-là je ne sais pas le nom, Répondit le vieillard : mon livre est la nature ; Et mon unique précepteur, C'est mon cœur. Je vois les animaux, j'y trouve le modèle Des vertus que je dois chérir : La colombe m'apprit à devenir fidèle ; En voyant la fourmi j'amassai pour jouir ; Mes bœufs m'enseignent la constance, Mes brebis la douceur, mes chiens la vigilance ; Et si j'avais besoin d'avis Pour aimer mes filles, mes fils, La poule et ses poussins me serviraient d'exemple. Ainsi dans l'univers tout ce que je contemple M'avertit d'un devoir qu'il m'est doux de remplir. Je fais souvent du bien pour avoir du plaisir, J'aime et je suis aimé, mon âme est tendre et pure, Et toujours selon ma mesure Ma raison sait régler mes vœux : J'observe et je suis la nature, C'est mon secret pour être heureux.
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Fable I, Livre V. « On suivait Paul hier, on le fuit aujourd'hui. Me direz-vous, monsieur, à quelle circonstance Il faut imputer l'inconstance Que le public montre envers lui ? » Après un moment de silence, Monsieur l'abbé répond : « Mets d'abord, mets, mon fils, « Ce bocal sur notre fenêtre. « Est-il découvert ? - Non. - Découvre-le. - Mon maître, Il est plein de sirop. - Fais ce que je te dis. « - Vous en aurez regret. - Peut-être. « Tu riras si je m'en repens. « - Ne voyez-vous donc pas quel essaim nous arrive ? « Voilà déjà plus d'un convive, « Qui se régale à nos dépens. « - Il faut que tout le monde vive, » Répond le sage en souriant. « Le sucre est un mets très friand ; « Mais n'est-il fait que pour nos bouches ? « Et la terre est-elle, entre nous, « Chiche à ce point d'un mets si doux, « Qu'on n'en puisse laisser aux mouches ? « Il nous en reste assez pour toi. « - Il est vrai. - Quant à Paul, quant à cette injustice « Dont tu veux savoir le pourquoi, « Nous en reparlerons ; pour l'instant laisse-moi : « L'objet vaut qu'on y réfléchisse. » Cependant autour du bocal Bourdonne l'essaim parasite, Et, comme à qui mieux mieux, chacun s'y précipite : Si vaste qu'elle soit, la panse de cristal Pour tant de commensaux bientôt est trop petite. Ce spectacle amusa l'écolier jusqu'au soir. N'ayant alors plus rien à voir, Il reprit son propos. « - Un peu de patience. « Est-ce en un jour, mon fils, que l'on peut tout savoir « Demain peut-être, grâce à notre expérience, « En dirai-je un peu plus. » De crainte d'accident, L'enfant veut recouvrir le vase en attendant. Mais notre précepteur autrement en décide. Il avait ses raisons. Le sirop cependant, De doux qu'il fut, devient acide. Plus matinal que le soleil, Notre écolier à son réveil De courir au bocal. Mais quelle est sa surprise ! Il ne retrouve, au lieu de ce peuple goulu, Q'une mouche confite, et qui, comme à la glu, Dans le sucre se trouvait prise. « D'où provient tout ce changement ? « - Du motif qui, dans ce moment, **** du malheureux Paul écarte tous les hommes. « Les mouches, les amis dans le temps où nous sommes « Se ressemblent plus qu'on ne croit. « Cet essaim qui croît ou décroît, « Suivant que la liqueur est plus douce ou plus aigre, « T'apprend ce qu'entre humains parfois nous éprouvons, « Suivant que le sort verse au vase où nous buvons, « Ou du sirop, ou du vinaigre. »
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Le sirop et les mouches
Fable I, Livre V. « On suivait Paul hier, on le fuit aujourd'hui. Me direz-vous, monsieur, à quelle circonstance Il faut imputer l'inconstance Que le public montre envers lui ? » Après un moment de silence, Monsieur l'abbé répond : « Mets d'abord, mets, mon fils, « Ce bocal sur notre fenêtre. « Est-il découvert ? - Non. - Découvre-le. - Mon maître, Il est plein de sirop. - Fais ce que je te dis. « - Vous en aurez regret. - Peut-être. « Tu riras si je m'en repens. « - Ne voyez-vous donc pas quel essaim nous arrive ? « Voilà déjà plus d'un convive, « Qui se régale à nos dépens. « - Il faut que tout le monde vive, » Répond le sage en souriant. « Le sucre est un mets très friand ; « Mais n'est-il fait que pour nos bouches ? « Et la terre est-elle, entre nous, « Chiche à ce point d'un mets si doux, « Qu'on n'en puisse laisser aux mouches ? « Il nous en reste assez pour toi. « - Il est vrai. - Quant à Paul, quant à cette injustice « Dont tu veux savoir le pourquoi, « Nous en reparlerons ; pour l'instant laisse-moi : « L'objet vaut qu'on y réfléchisse. » Cependant autour du bocal Bourdonne l'essaim parasite, Et, comme à qui mieux mieux, chacun s'y précipite : Si vaste qu'elle soit, la panse de cristal Pour tant de commensaux bientôt est trop petite. Ce spectacle amusa l'écolier jusqu'au soir. N'ayant alors plus rien à voir, Il reprit son propos. « - Un peu de patience. « Est-ce en un jour, mon fils, que l'on peut tout savoir « Demain peut-être, grâce à notre expérience, « En dirai-je un peu plus. » De crainte d'accident, L'enfant veut recouvrir le vase en attendant. Mais notre précepteur autrement en décide. Il avait ses raisons. Le sirop cependant, De doux qu'il fut, devient acide. Plus matinal que le soleil, Notre écolier à son réveil De courir au bocal. Mais quelle est sa surprise ! Il ne retrouve, au lieu de ce peuple goulu, Q'une mouche confite, et qui, comme à la glu, Dans le sucre se trouvait prise. « D'où provient tout ce changement ? « - Du motif qui, dans ce moment, **** du malheureux Paul écarte tous les hommes. « Les mouches, les amis dans le temps où nous sommes « Se ressemblent plus qu'on ne croit. « Cet essaim qui croît ou décroît, « Suivant que la liqueur est plus douce ou plus aigre, « T'apprend ce qu'entre humains parfois nous éprouvons, « Suivant que le sort verse au vase où nous buvons, « Ou du sirop, ou du vinaigre. »
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Et j'ai dit dans mon coeur : Que faire de la vie ? Irai-je encor, suivant ceux qui m'ont devancé, Comme l'agneau qui passe où sa mère a passé, Imiter des mortels l'immortelle folie ? L'un cherche sur les mers les trésors de Memnom, Et la vague engloutit ses voeux et son navire ; Dans le sein de la gloire où son génie aspire, L'autre meurt enivré par l'écho d'un vain nom. Avec nos passions formant sa vaste trame, Celui-là fonde un trône, et monte pour tomber ; Dans des pièges plus doux aimant à succomber, Celui-ci lit son sort dans les yeux d'une femme. Le paresseux s'endort dans les bras de la faim ; Le laboureur conduit sa fertile charrue ; Le savant pense et lit, le guerrier frappe et tue ; Le mendiant s'assied sur les bords du chemin. Où vont-ils cependant ? Ils vont où va la feuille Que chasse devant lui le souffle des hivers. Ainsi vont se flétrir dans leurs travaux divers Ces générations que le temps sème et cueille ! Ils luttaient contre lui, mais le temps a vaincu ; Comme un fleuve engloutit le sable de ses rives, Je l'ai vu dévorer leurs ombres fugitives. Ils sont nés, ils sont morts : Seigneur, ont-ils vécu ? Pour moi, je chanterai le maître que j'adore, Dans le bruit des cités, dans la paix des déserts, Couché sur le rivage, ou flottant sur les mers, Au déclin du soleil, au réveil de l'aurore. La terre m'a crié : Qui donc est le Seigneur ? Celui dont l'âme immense est partout répandue, Celui dont un seul pas mesure l'étendue, Celui dont le soleil emprunte sa splendeur ; Celui qui du néant a tiré la matière, Celui qui sur le vide a fondé l'univers, Celui qui sans rivage a renfermé les mers, Celui qui d'un regard a lancé la lumière ; Celui qui ne connaît ni jour ni lendemain, Celui qui de tout temps de soi-même s'enfante, Qui vit dans l'avenir comme à l'heure présente, Et rappelle les temps échappés de sa main : C'est lui ! c'est le Seigneur : que ma langue redise Les cent noms de sa gloire aux enfants des mortels. Comme la harpe d'or pendue à ses autels, Je chanterai pour lui, jusqu'à ce qu'il me brise...
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Stances
Et j'ai dit dans mon coeur : Que faire de la vie ? Irai-je encor, suivant ceux qui m'ont devancé, Comme l'agneau qui passe où sa mère a passé, Imiter des mortels l'immortelle folie ? L'un cherche sur les mers les trésors de Memnom, Et la vague engloutit ses voeux et son navire ; Dans le sein de la gloire où son génie aspire, L'autre meurt enivré par l'écho d'un vain nom. Avec nos passions formant sa vaste trame, Celui-là fonde un trône, et monte pour tomber ; Dans des pièges plus doux aimant à succomber, Celui-ci lit son sort dans les yeux d'une femme. Le paresseux s'endort dans les bras de la faim ; Le laboureur conduit sa fertile charrue ; Le savant pense et lit, le guerrier frappe et tue ; Le mendiant s'assied sur les bords du chemin. Où vont-ils cependant ? Ils vont où va la feuille Que chasse devant lui le souffle des hivers. Ainsi vont se flétrir dans leurs travaux divers Ces générations que le temps sème et cueille ! Ils luttaient contre lui, mais le temps a vaincu ; Comme un fleuve engloutit le sable de ses rives, Je l'ai vu dévorer leurs ombres fugitives. Ils sont nés, ils sont morts : Seigneur, ont-ils vécu ? Pour moi, je chanterai le maître que j'adore, Dans le bruit des cités, dans la paix des déserts, Couché sur le rivage, ou flottant sur les mers, Au déclin du soleil, au réveil de l'aurore. La terre m'a crié : Qui donc est le Seigneur ? Celui dont l'âme immense est partout répandue, Celui dont un seul pas mesure l'étendue, Celui dont le soleil emprunte sa splendeur ; Celui qui du néant a tiré la matière, Celui qui sur le vide a fondé l'univers, Celui qui sans rivage a renfermé les mers, Celui qui d'un regard a lancé la lumière ; Celui qui ne connaît ni jour ni lendemain, Celui qui de tout temps de soi-même s'enfante, Qui vit dans l'avenir comme à l'heure présente, Et rappelle les temps échappés de sa main : C'est lui ! c'est le Seigneur : que ma langue redise Les cent noms de sa gloire aux enfants des mortels. Comme la harpe d'or pendue à ses autels, Je chanterai pour lui, jusqu'à ce qu'il me brise...
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Alfred, j'ai vu des jours où nous vivions en frères, Servant les mêmes dieux aux autels littéraires : Le ciel n'avait formé qu'une âme pour deux corps ; Beaux jours d'épanchement, d'amour et d'harmonie, Où ma voix à la tienne incessamment unie Allait se perdre au ciel en de divins accords. Qui de nous a changé ? Pourquoi dans la carrière L'un court-il en avant, laissant l'autre en arrière ? Lequel des deux soldats a déserté les rangs ? Pourquoi ces deux vaisseaux qui naviguaient ensemble, Désespérant déjà d'un port qui les rassemble, Vont-ils chercher si **** des bords si différents ? Je n'ai pas dévoué mon maître aux gémonies, Je n'ai pas abreuvé de fiel et d'avanies L'idole où mes genoux s'usaient à se plier : Je n'ai point du passé répudié la trace, J'y suis resté fidèle, et n'ai point, comme Horace, Au milieu du combat jeté mon bouclier. Non, c'est toi qui changeas. Un nom qui se révèle T'éblouit des rayons de sa gloire nouvelle. Tu vois dans le bourgeon le fruit qui doit mûrir : Mécène du Virgile et saint Jean du Messie, Tu répands en tous lieux la saint Prophétie, Tu sèmes la parole et tu la fais fleurir. Je ne suis pas de ceux qui vont dans les ****** S'inspirer aux lueurs blafardes des bougies, Qui dans l'air obscurci par les vapeurs du vin, Tentent de ranimer leur muse exténuée, Comme un vieillard flétri qu'une prostituée Sous ses baisers impurs veut réchauffer en vain. C'est ainsi que j'entends l'œuvre de poésie : Chacun de nous s'est fait l'art à sa fantaisie, Chacun de nous l'a vu d'un différent côté. Prisme aux mille couleurs, chaque œil en saisit une Suivant le point divers où l'a mis la fortune : Dieu lui seul peut tout voir dans son immensité. Conserve la croyance et respecte la nôtre, Apôtre dévoué de la gloire d'un autre ; Fais-toi du nouveau Dieu confesseur et martyr, Ne crois pas que mon cœur cède comme une argile Ni que ta voix, prêchant le nouvel Évangile, Si chaude qu'elle soit, puisse me convertir. Adieu. Garde ta foi, garde ton opulence. Laisse-moi recueillir mon cœur dans le silence, Laisse-moi consumer mes jours comme un reclus ; Pardonne cependant à cette rêverie, C'est le chant d'un proscrit en quittant la patrie, C'est la voix d'un ami que tu n'entendras plus.
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À Alfred Tattet
Alfred, j'ai vu des jours où nous vivions en frères, Servant les mêmes dieux aux autels littéraires : Le ciel n'avait formé qu'une âme pour deux corps ; Beaux jours d'épanchement, d'amour et d'harmonie, Où ma voix à la tienne incessamment unie Allait se perdre au ciel en de divins accords. Qui de nous a changé ? Pourquoi dans la carrière L'un court-il en avant, laissant l'autre en arrière ? Lequel des deux soldats a déserté les rangs ? Pourquoi ces deux vaisseaux qui naviguaient ensemble, Désespérant déjà d'un port qui les rassemble, Vont-ils chercher si **** des bords si différents ? Je n'ai pas dévoué mon maître aux gémonies, Je n'ai pas abreuvé de fiel et d'avanies L'idole où mes genoux s'usaient à se plier : Je n'ai point du passé répudié la trace, J'y suis resté fidèle, et n'ai point, comme Horace, Au milieu du combat jeté mon bouclier. Non, c'est toi qui changeas. Un nom qui se révèle T'éblouit des rayons de sa gloire nouvelle. Tu vois dans le bourgeon le fruit qui doit mûrir : Mécène du Virgile et saint Jean du Messie, Tu répands en tous lieux la saint Prophétie, Tu sèmes la parole et tu la fais fleurir. Je ne suis pas de ceux qui vont dans les ****** S'inspirer aux lueurs blafardes des bougies, Qui dans l'air obscurci par les vapeurs du vin, Tentent de ranimer leur muse exténuée, Comme un vieillard flétri qu'une prostituée Sous ses baisers impurs veut réchauffer en vain. C'est ainsi que j'entends l'œuvre de poésie : Chacun de nous s'est fait l'art à sa fantaisie, Chacun de nous l'a vu d'un différent côté. Prisme aux mille couleurs, chaque œil en saisit une Suivant le point divers où l'a mis la fortune : Dieu lui seul peut tout voir dans son immensité. Conserve la croyance et respecte la nôtre, Apôtre dévoué de la gloire d'un autre ; Fais-toi du nouveau Dieu confesseur et martyr, Ne crois pas que mon cœur cède comme une argile Ni que ta voix, prêchant le nouvel Évangile, Si chaude qu'elle soit, puisse me convertir. Adieu. Garde ta foi, garde ton opulence. Laisse-moi recueillir mon cœur dans le silence, Laisse-moi consumer mes jours comme un reclus ; Pardonne cependant à cette rêverie, C'est le chant d'un proscrit en quittant la patrie, C'est la voix d'un ami que tu n'entendras plus.
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