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"corail" poems
Et si on essayait primo l'omelette bio De rires sauvages péché à l'épuisette Au fin fond de nos Atlantiques ? Si on essayait deuxio la paella bio De nos yeux assaisonnés d'étincelles de thym Et de pétales de coquelicot cueillis dans la rosée du petit matin ? Et si l 'on ne s'abreuvait tercio que de vins bio Des bains jaunes des torrents chauds Qui jaillissent de nos sources volcaniques ? Si on essayait encore le lit de braises bio A combustion lente, sans adjuvant Cent pour cent naturel et écologique ? Si on se plongeait enfin dans l'abîme bio Des eaux organiques de l'océan tantrique Pour y construire des châteaux de corail ?
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 2:51 PM UTC
Abîme bio
Ce beau corail, ce marbre qui soupire Et cet ébène ornement du sourcil, Et cet albâtre en voûte raccourci, Et ces saphirs, ce jaspe et ce porphyre, Ces diamants, ces rubis qu'un Zéphyre Tient animés d'un soupir adouci, Et ces oeillets, et ces roses aussi, Et ce fin or, où l'or même se mire, Me sont au coeur en si profond émoi, Qu'un autre objet ne se présente à moi, Sinon, le beau de leur beau que j'adore, Et le plaisir qui ne se peut passer De les songer, penser et repenser, Songer, penser et repenser encore.
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Ce beau corail, ce marbre qui soupire
Marbre de Paros. Un jour, au doux rêveur qui l'aime, En train de montrer ses trésors, Elle voulut lire un poème, Le poème de son beau corps. D'abord, superbe et triomphante Elle vint en grand apparat, Traînant avec des airs d'infante Un flot de velours nacarat : Telle qu'au rebord de sa loge Elle brille aux Italiens, Ecoutant passer son éloge Dans les chants des musiciens. Ensuite, en sa verve d'artiste, Laissant tomber l'épais velours, Dans un nuage de batiste Elle ébaucha ses fiers contours. Glissant de l'épaule à la hanche, La chemise aux plis nonchalants, Comme une tourterelle blanche Vint s'abattre sur ses pieds blancs. Pour Apelle ou pour Cléoméne, Elle semblait, marbre de chair, En Vénus Anadyomène Poser nue au bord de la mer. De grosses perles de Venise Roulaient au lieu de gouttes d'eau, Grains laiteux qu'un rayon irise, Sur le frais satin de sa peau. Oh ! quelles ravissantes choses, Dans sa divine nudité, Avec les strophes de ses poses, Chantait cet hymne de beauté ! Comme les flots baisant le sable Sous la lune aux tremblants rayons, Sa grâce était intarissable En molles ondulations. Mais bientôt, lasse d'art antique, De Phidias et de Vénus, Dans une autre stance plastique Elle groupe ses charmes nus. Sur un tapis de Cachemire, C'est la sultane du sérail, Riant au miroir qui l'admire Avec un rire de corail ; La Géorgienne indolente, Avec son souple narguilhé, Etalant sa hanche opulente, Un pied sous l'autre replié. Et comme l'odalisque d'Ingres, De ses reins cambrant les rondeurs, En dépit des vertus malingres, En dépit des maigres pudeurs ! Paresseuse odalisque, arrière ! Voici le tableau dans son jour, Le diamant dans sa lumière ; Voici la beauté dans l'amour ! Sa tête penche et se renverse ; Haletante, dressant les seins, Aux bras du rêve qui la berce, Elle tombe sur ses coussins. Ses paupières battent des ailes Sur leurs globes d'argent bruni, Et l'on voit monter ses prunelles Dans la nacre de l'infini. D'un linceul de point d'Angleterre Que l'on recouvre sa beauté : L'extase l'a prise à la terre ; Elle est morte de volupté ! Que les violettes de Parme, Au lieu des tristes fleurs des morts Où chaque perle est une larme, Pleurent en bouquets sur son corps ! Et que mollement on la pose Sur son lit, tombeau blanc et doux, Où le poète, à la nuit close, Ira prier à deux genoux.
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Le poème de la femme
Marbre de Paros. Un jour, au doux rêveur qui l'aime, En train de montrer ses trésors, Elle voulut lire un poème, Le poème de son beau corps. D'abord, superbe et triomphante Elle vint en grand apparat, Traînant avec des airs d'infante Un flot de velours nacarat : Telle qu'au rebord de sa loge Elle brille aux Italiens, Ecoutant passer son éloge Dans les chants des musiciens. Ensuite, en sa verve d'artiste, Laissant tomber l'épais velours, Dans un nuage de batiste Elle ébaucha ses fiers contours. Glissant de l'épaule à la hanche, La chemise aux plis nonchalants, Comme une tourterelle blanche Vint s'abattre sur ses pieds blancs. Pour Apelle ou pour Cléoméne, Elle semblait, marbre de chair, En Vénus Anadyomène Poser nue au bord de la mer. De grosses perles de Venise Roulaient au lieu de gouttes d'eau, Grains laiteux qu'un rayon irise, Sur le frais satin de sa peau. Oh ! quelles ravissantes choses, Dans sa divine nudité, Avec les strophes de ses poses, Chantait cet hymne de beauté ! Comme les flots baisant le sable Sous la lune aux tremblants rayons, Sa grâce était intarissable En molles ondulations. Mais bientôt, lasse d'art antique, De Phidias et de Vénus, Dans une autre stance plastique Elle groupe ses charmes nus. Sur un tapis de Cachemire, C'est la sultane du sérail, Riant au miroir qui l'admire Avec un rire de corail ; La Géorgienne indolente, Avec son souple narguilhé, Etalant sa hanche opulente, Un pied sous l'autre replié. Et comme l'odalisque d'Ingres, De ses reins cambrant les rondeurs, En dépit des vertus malingres, En dépit des maigres pudeurs ! Paresseuse odalisque, arrière ! Voici le tableau dans son jour, Le diamant dans sa lumière ; Voici la beauté dans l'amour ! Sa tête penche et se renverse ; Haletante, dressant les seins, Aux bras du rêve qui la berce, Elle tombe sur ses coussins. Ses paupières battent des ailes Sur leurs globes d'argent bruni, Et l'on voit monter ses prunelles Dans la nacre de l'infini. D'un linceul de point d'Angleterre Que l'on recouvre sa beauté : L'extase l'a prise à la terre ; Elle est morte de volupté ! Que les violettes de Parme, Au lieu des tristes fleurs des morts Où chaque perle est une larme, Pleurent en bouquets sur son corps ! Et que mollement on la pose Sur son lit, tombeau blanc et doux, Où le poète, à la nuit close, Ira prier à deux genoux.
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Il arrive que parfois le feu comme la glace Fonde et qu'en nous des icebergs Brûlent. Il arrive que parfois des volcans sous-marins Emergent un beau dimanche Et que de leurs chapelets soudain incandescents Jaillisse entre feux d'artifice de lave et de canne métissées Du fin fond du cratère La grand-messe liquide et démentielle De la Vierge diablesse Mina Prima inter pares Toute forêt de corail noir et gorgones Ni déesse ni maîtresse Juste muse granivore aux mille tresses gourmandes Perchée dans son ashram de coco sans graine tridimensionnel Qui ne jure que par Jung, Bakounine, Anaïs Nin et autres yogi plongeurs Dans la posture du demi lotus En équilibre sur les orteils de l'âme.
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Oct 26, 2019
Oct 26, 2019 at 9:10 AM UTC
Ni déesse, ni maîtresse : granivore
Heureux le voyageur que sa ville chérie Voit rentrer dans le port, aux premiers feux du jour ! Qui salue à la fois le ciel et la patrie, La vie et le bonheur, le soleil et l'amour ! - Regardez, compagnons, un navire s'avance. La mer, qui l'emporta, le rapporte en cadence, En écumant sous lui, comme un hardi coursier, Qui, tout en se cabrant, sent son vieux cavalier. Salut ! qui que tu sois, toi dont la blanche voile De ce large horizon accourt en palpitant Heureux, quand tu reviens, si ton errante étoile T'a fait aimer la rive ! heureux si l'on t'attend ! D'où viens-tu, beau navire ? à quel lointain rivage, Léviathan superbe, as-tu lavé tes flancs ? Es-tu blessé, guerrier ? Viens-tu d'un long voyage ? C'est une chose à voir, quand tout un équipage, Monté jeune à la mer, revient en cheveux blancs. Es-tu ruche ? viens-tu de l'Inde ou du Mexique ? Ta quille est-elle lourde, ou si les vents du nord T'ont pris, pour ta rançon, le poids de ton trésor ? As-tu bravé la foudre et passé le tropique ? T'es-tu, pendant deux ans, promené sur la mort, Couvant d'un œil hagard ta boussole tremblante, Pour qu'une Européenne, une pâle indolente, Puisse embaumer son bain des parfums du sérail Et froisser dans la valse un collier de corail ? Comme le cœur bondit quand la terre natale, Au moment du retour, commence à s'approcher, Et du vaste Océan sort avec son clocher ! Et quel tourment divin dans ce court intervalle, Où l'on sent qu'elle arrive et qu'on va la toucher ! Ô patrie ! ô patrie ! ineffable mystère ! Mot sublime et terrible ! inconcevable amour ! L'homme n'est-il donc né que pour un coin de terre, Pour y bâtir son nid, et pour y vivre un jour ? Le Havre, septembre 1855.
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Heureux le voyageur que sa ville chérie Voit rentrer dans le port, aux premiers feux du jour ! Qui salue à la fois le ciel et la patrie, La vie et le bonheur, le soleil et l'amour ! - Regardez, compagnons, un navire s'avance. La mer, qui l'emporta, le rapporte en cadence, En écumant sous lui, comme un hardi coursier, Qui, tout en se cabrant, sent son vieux cavalier. Salut ! qui que tu sois, toi dont la blanche voile De ce large horizon accourt en palpitant Heureux, quand tu reviens, si ton errante étoile T'a fait aimer la rive ! heureux si l'on t'attend ! D'où viens-tu, beau navire ? à quel lointain rivage, Léviathan superbe, as-tu lavé tes flancs ? Es-tu blessé, guerrier ? Viens-tu d'un long voyage ? C'est une chose à voir, quand tout un équipage, Monté jeune à la mer, revient en cheveux blancs. Es-tu ruche ? viens-tu de l'Inde ou du Mexique ? Ta quille est-elle lourde, ou si les vents du nord T'ont pris, pour ta rançon, le poids de ton trésor ? As-tu bravé la foudre et passé le tropique ? T'es-tu, pendant deux ans, promené sur la mort, Couvant d'un œil hagard ta boussole tremblante, Pour qu'une Européenne, une pâle indolente, Puisse embaumer son bain des parfums du sérail Et froisser dans la valse un collier de corail ? Comme le cœur bondit quand la terre natale, Au moment du retour, commence à s'approcher, Et du vaste Océan sort avec son clocher ! Et quel tourment divin dans ce court intervalle, Où l'on sent qu'elle arrive et qu'on va la toucher ! Ô patrie ! ô patrie ! ineffable mystère ! Mot sublime et terrible ! inconcevable amour ! L'homme n'est-il donc né que pour un coin de terre, Pour y bâtir son nid, et pour y vivre un jour ? Le Havre, septembre 1855.
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« Alerte ! alerte ! voici les pirates d'Ochali qui traversent le détroit. » Le Captif d'Ochali. Nous emmenions en esclavage Cent chrétiens, pêcheurs de corail ; Nous recrutions pour le sérail Dans tous les moûtiers du rivage. En mer, les hardis écumeurs ! Nous allions de Fez à Catane... Dans la galère capitane Nous étions quatre-vingts rameurs. On signale un couvent à terre. Nous jetons l'ancre près du bord. À nos yeux s'offre tout d'abord Une fille du monastère. Près des flots, sourde à leurs rumeurs, Elle dormait sous un platane... Dans la galère capitane Nous étions quatre-vingts rameurs. - La belle fille, il faut vous taire, Il faut nous suivre. Il fait bon vent. Ce n'est que changer de couvent, Le harem vaut le monastère. Sa hautesse aime les primeurs, Nous vous ferons mahométane... Dans la galère capitane Nous étions quatre-vingts rameurs. Elle veut fuir vers sa chapelle. - Osez-vous bien fils de Satan ? - Nous osons, dit le capitan. Elle pleure, supplie, appelle. Malgré sa plainte et ses clameurs, On l'emporta dans la tartane... Dans la galère capitane Nous étions quatre-vingts rameurs. Plus belle encor dans sa tristesse, Ses yeux étaient deux talismans, Elle valait mille tomans ; On la vendit à sa hautesse. Elle eut beau dire : Je me meurs ! De nonne elle devint sultane... Dans la galère capitane Nous étions quatre-vingts rameurs Le 12 mars 1828.
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Chanson de pirates
On me demande, par les rues, Pourquoi je vais bayant aux grues, Fumant mon cigare au soleil, À quoi se passe ma jeunesse, Et depuis trois ans de paresse Ce qu'ont fait mes nuits sans sommeil. Donne-moi tes lèvres, Julie ; Les folles nuits qui t'ont pâlie Ont séché leur corail luisant. Parfume-les de ton haleine ; Donne-les-moi, mon Africaine, Tes belles lèvres de pur sang. Mon imprimeur crie à tue-tête Que sa machine est toujours prête, Et que la mienne n'en peut mais. D'honnêtes gens, qu'un club admire, N'ont pas dédaigné de prédire Que je n'en reviendrai jamais. Julie, as-tu du vin d'Espagne ? Hier, nous battions la campagne ; Va donc voir s'il en reste encor. Ta bouche est brûlante, Julie ; Inventons donc quelque folie Qui nous perde l'âme et le corps. On dit que ma gourme me rentre, Que je n'ai plus rien dans le ventre, Que je suis vide à faire peur ; Je crois, si j'en valais la peine, Qu'on m'enverrait à Sainte-Hélène, Avec un cancer dans le cœur. Allons, Julie, il faut t'attendre À me voir quelque jour en cendre, Comme Hercule sur son rocher. Puisque c'est par toi que j'expire, Ouvre ta robe, Déjanire, Que je monte sur mon bûcher.
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À Julie
Osez, déesse, osez ! Osez les mots qui piquent comme des femmes matador, maîtresses sauvages de la mer mate, tueuses au coeur de pierre qui vous quittent à la longue et qui de **** vous étirent la peau de leur longue-vue et se pâment d'extase muette quand vous vous débattez en vain comme des pieuvres folles dans la dentelle d'araignée de la barrière de corail où ne règne nul garde-barrières. Osez les mots, déesse, osez ! les mots qui scient comme le sel marin Et l'acide qu'elles vous jettent à la figure comme si c'était une chopine de rhum mais qui **** de vous défigurer vous plongent dans l'abysse incandescente de la mer-lave qui nettoie. Osez les mots, osez, déesse, osez ! Osez les mots qui puent comme des gouttes d'eau lourde qui s'échappent du bec des colibris qui tels des Canadair ivres répandent le feu Dans la darse au lieu de l'éteindre. Le mot feu pique. Osez le feu, l"Ardeur. Et chantez l'Ardance ! Osez, maîtresse, osez ! Osez les mots qui gisent comme des jets d'encre qui giclent des tentacules des pieuvres et qui écument les souvenirs au lieu de les effacer. Osez les mots, maîtresse, osez ! Osez les mots qui grésillent comme des aiguilles de pin en pleine éclade et qui vous chavirent et qui vous rendent à la merci des sirènes. Osez les mots burlesques, les mots qui font des frasques, les mots qui effeuillent et font le striptease de l'ombre . Osez les mots fétiche, les mots qui mènent la danse, les mots à forte poitrine, les mots orgiaques qui dansent le gwoka, les mots burlesques comme Tempest Storm et Buckaroo, Osez, osez, osez, osez, maîtresse , Osez les mots qui bandent leur arc Et mettent en joue... Osez les mots, osez les mots , maîtresse Osez les mots qui frottent et qui transforment les maux de dos des Quasimodos en mots d'eaux.
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Aug 23, 2019
Aug 23, 2019 at 3:06 AM UTC
Osez les mots qui piquent
Osez, déesse, osez ! Osez les mots qui piquent comme des femmes matador, maîtresses sauvages de la mer mate, tueuses au coeur de pierre qui vous quittent à la longue et qui de **** vous étirent la peau de leur longue-vue et se pâment d'extase muette quand vous vous débattez en vain comme des pieuvres folles dans la dentelle d'araignée de la barrière de corail où ne règne nul garde-barrières. Osez les mots, déesse, osez ! les mots qui scient comme le sel marin Et l'acide qu'elles vous jettent à la figure comme si c'était une chopine de rhum mais qui **** de vous défigurer vous plongent dans l'abysse incandescente de la mer-lave qui nettoie. Osez les mots, osez, déesse, osez ! Osez les mots qui puent comme des gouttes d'eau lourde qui s'échappent du bec des colibris qui tels des Canadair ivres répandent le feu Dans la darse au lieu de l'éteindre. Le mot feu pique. Osez le feu, l"Ardeur. Et chantez l'Ardance ! Osez, maîtresse, osez ! Osez les mots qui gisent comme des jets d'encre qui giclent des tentacules des pieuvres et qui écument les souvenirs au lieu de les effacer. Osez les mots, maîtresse, osez ! Osez les mots qui grésillent comme des aiguilles de pin en pleine éclade et qui vous chavirent et qui vous rendent à la merci des sirènes. Osez les mots burlesques, les mots qui font des frasques, les mots qui effeuillent et font le striptease de l'ombre . Osez les mots fétiche, les mots qui mènent la danse, les mots à forte poitrine, les mots orgiaques qui dansent le gwoka, les mots burlesques comme Tempest Storm et Buckaroo, Osez, osez, osez, osez, maîtresse , Osez les mots qui bandent leur arc Et mettent en joue... Osez les mots, osez les mots , maîtresse Osez les mots qui frottent et qui transforment les maux de dos des Quasimodos en mots d'eaux.
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Élégie VIII. Par tes yeux si beaux sous les voiles De leurs franges de longs cils noirs, Soleils jumeaux, doubles étoiles, D'un cœur ardent ardents miroirs ; Par ton front aux pâleurs d'albâtre, Que couronnent des cheveux bruns, Où l'haleine du vent folâtre Parmi la soie et les parfums ; Par tes lèvres, fraîche églantine, Grenade en fleur, riant corail D'où sort une voix argentine A travers la nacre et l'émail ; Par ton sein rétif qui s'agite Et bat sa prison de satin, Par ta main étroite et petite, Par l'éclat vermeil de ton teint ; Par ton doux accent d'Espagnole, Par l'aube de tes dix-sept ans, Je t'aimerai, ma jeune folle, Un peu plus que toujours, - longtemps !
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Tes yeux si beaux
Tu dis que mes délires D'orphie volante Pour attendrir ta chair de conque Sont nuls et non avenus. Et que le chemin qui mène A la crête du mont de Vénus Est ardu et pentu et glissant Surtout pour celui qui grimpe à bicyclette. Je serais vantard Je ne serais que vent fripon et couillonnade Et tu n'as nul besoin de la marchandise Que je te présente fraîche et dispose sur l'étal Avec ce bec aux dents soi-disant acérées. Je te promets pourtant de t'attendrir J'ai la recette : elle est rare et je te l'offre C'est une recette simple et infaillible Comme gage de notre désir de nous fondre dans nos ombres Je te chante en latin lubricus Première classe des adjectifs masculins, Nominatif singulier Comme l'ont chanté avant moi Tacite, Horace, Virgile, Pline Ovide et autres Qui est la racine de lubrique Et qui veut dire glissant C'est-à-dire lisse, poli, gluant, dangereux, périlleux, coulant, Insaisissable, fuyant, inconstant, incertain, décevant, trompeur, séduisant, Chancelant, disposé, prêt à, hasardeux, délicat et mobile Si l'on en croit le Gaffiot de 1934 Et je m'enroule en Aspidelaps lubricus Serpent corail venimeux autour de ton ombre Souffre donc que je te lustre de l'antidote De mon ombre glissante Et c'est dans l'ombre de nos ombres Que nous sommes lubriques Que nous sommes lumière Haletant, bavant, buvant goutte à goutte Nos cantiques les plus luxurieux. Ce sont comme des envies de femme enceinte Irrépressibles Inexplicables Incompréhensibles Et pourtant sourdes et réelles Incontournables Je veux que ces envies jaillissent De nos inconsciences charnelles Et prolifèrent, nous mordent Nous griffent, nous lacèrent Nous démantibulent. Nos pondaisons ne sont jamais stériles. Nos jaunes pochés éclatent Dans l'eau bouillante de nos verbes De toutes les couleurs de l'arc en ciel Et nos coquilles ont toutes les formes géométriques Et s'imbriquent Comme par miracle Comme des poupées-gigognes.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 11:33 AM UTC
Délires d'orphie
Tu dis que mes délires D'orphie volante Pour attendrir ta chair de conque Sont nuls et non avenus. Et que le chemin qui mène A la crête du mont de Vénus Est ardu et pentu et glissant Surtout pour celui qui grimpe à bicyclette. Je serais vantard Je ne serais que vent fripon et couillonnade Et tu n'as nul besoin de la marchandise Que je te présente fraîche et dispose sur l'étal Avec ce bec aux dents soi-disant acérées. Je te promets pourtant de t'attendrir J'ai la recette : elle est rare et je te l'offre C'est une recette simple et infaillible Comme gage de notre désir de nous fondre dans nos ombres Je te chante en latin lubricus Première classe des adjectifs masculins, Nominatif singulier Comme l'ont chanté avant moi Tacite, Horace, Virgile, Pline Ovide et autres Qui est la racine de lubrique Et qui veut dire glissant C'est-à-dire lisse, poli, gluant, dangereux, périlleux, coulant, Insaisissable, fuyant, inconstant, incertain, décevant, trompeur, séduisant, Chancelant, disposé, prêt à, hasardeux, délicat et mobile Si l'on en croit le Gaffiot de 1934 Et je m'enroule en Aspidelaps lubricus Serpent corail venimeux autour de ton ombre Souffre donc que je te lustre de l'antidote De mon ombre glissante Et c'est dans l'ombre de nos ombres Que nous sommes lubriques Que nous sommes lumière Haletant, bavant, buvant goutte à goutte Nos cantiques les plus luxurieux. Ce sont comme des envies de femme enceinte Irrépressibles Inexplicables Incompréhensibles Et pourtant sourdes et réelles Incontournables Je veux que ces envies jaillissent De nos inconsciences charnelles Et prolifèrent, nous mordent Nous griffent, nous lacèrent Nous démantibulent. Nos pondaisons ne sont jamais stériles. Nos jaunes pochés éclatent Dans l'eau bouillante de nos verbes De toutes les couleurs de l'arc en ciel Et nos coquilles ont toutes les formes géométriques Et s'imbriquent Comme par miracle Comme des poupées-gigognes.
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