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"moineau" poems
La prudence est bonne de soi, Mais la pousser trop **** est une duperie : L'exemple suivant en fait foi. Des moineaux habitaient dans une métairie : Un beau champ de millet, voisin de la maison, Leur donnait du grain à foison. Ces moineaux dans le champ passaient toute leur vie, Occupés de gruger les épis de millet Le vieux chat du logis les guettait d'ordinaire, Tournait et retournait ; mais il avait beau faire, Sitôt qu'il paraissait la bande s'envolait. Comment les attraper ? Notre vieux chat y songe, Médite, fouille en son cerveau, Et trouve un tour tout neuf. II va tremper dans l'eau Sa patte dont il fait éponge. Dans du millet en grain aussitôt il la plonge ; Le grain s'attache tout autour. Alors à cloche-pied, sans bruit, par un détour, II va gagner le champ, s'y couche La patte en l'air et sur le dos, Ne bougeant non plus qu'une souche : Sa patte ressemblait à l'épi le plus gros. L'oiseau s'y méprenait, il approchait sans crainte, Venait pour becqueter ; de l'autre patte, crac, Voilà mon oiseau dans le sac. Il en prit vingt par cette feinte. Un moineau s'aperçoit du piège scélérat, Et prudemment fuit la machine ; Mais dès ce jour il s'imagine Que chaque épi de grain était patte de chat. Au fond de son trou solitaire II se retire, et plus n'en sort, Supporte la faim, la misère, Et meurt pour éviter la mort.
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Le chat et le moineau
Voici juin. Le moineau raille Dans les champs les amoureux ; Le rossignol de muraille Chante dans son nid pierreux. Les herbes et les branchages, Pleins de soupirs et d'abois, Font de charmants rabâchages Dans la profondeur des bois. La grive et la tourterelle Prolongent, dans les nids sourds, La ravissante querelle Des baisers et des amours. Sous les treilles de la plaine, Dans l'antre où verdit l'osier, Virgile enivre Silène, Et Rabelais Grandgousier. O Virgile, verse à boire ! Verse à boire, ô Rabelais ! La forêt est une gloire ; La caverne est un palais ! Il n'est pas de lac ni d'île Qui ne nous prenne au gluau, Qui n'improvise une idylle, Ou qui ne chante un duo. Car l'amour chasse aux bocages, Et l'amour pêche aux ruisseaux, Car les belles sont les cages Dont nos coeurs sont les oiseaux. De la source, sa cuvette, La fleur, faisant son miroir, Dit : -Bonjour,- à la fauvette, Et dit au hibou : -Bonsoir. Le toit espère la gerbe, Pain d'abord et chaume après ; La croupe du boeuf dans l'herbe Semble un mont dans les forêts. L'étang rit à la macreuse, Le pré rit au loriot, Pendant que l'ornière creuse Gronde le lourd chariot. L'or fleurit en giroflée ; L'ancien zéphyr fabuleux Souffle avec sa joue enflée Au fond des nuages bleus. Jersey, sur l'onde docile, Se drape d'un beau ciel pur, Et prend des airs de Sicile Dans un grand haillon d'azur. Partout l'églogue est écrite : Même en la froide Albion, L'air est plein de Théocrite, Le vent sait par coeur Bion, Et redit, mélancolique, La chanson que fredonna Moschus, grillon bucolique De la cheminée Etna. L'hiver tousse, vieux phtisique, Et s'en va; la brume fond ; Les vagues font la musique Des vers que les arbres font. Toute la nature sombre Verse un mystérieux jour ; L'âme qui rêve a plus d'ombre Et la fleur a plus d'amour. L'herbe éclate en pâquerettes ; Les parfums, qu'on croit muets, Content les peines secrètes Des liserons aux bleuets. Les petites ailes blanches Sur les eaux et les sillons S'abattent en avalanches ; Il neige des papillons. Et sur la mer, qui reflète L'aube au sourire d'émail, La bruyère violette Met au vieux mont un camail ; Afin qu'il puisse, à l'abîme Qu'il contient et qu'il bénit, Dire sa messe sublime Sous sa mitre de granit. Granville, juin 1836.
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À Granville, en 1836
Voici juin. Le moineau raille Dans les champs les amoureux ; Le rossignol de muraille Chante dans son nid pierreux. Les herbes et les branchages, Pleins de soupirs et d'abois, Font de charmants rabâchages Dans la profondeur des bois. La grive et la tourterelle Prolongent, dans les nids sourds, La ravissante querelle Des baisers et des amours. Sous les treilles de la plaine, Dans l'antre où verdit l'osier, Virgile enivre Silène, Et Rabelais Grandgousier. O Virgile, verse à boire ! Verse à boire, ô Rabelais ! La forêt est une gloire ; La caverne est un palais ! Il n'est pas de lac ni d'île Qui ne nous prenne au gluau, Qui n'improvise une idylle, Ou qui ne chante un duo. Car l'amour chasse aux bocages, Et l'amour pêche aux ruisseaux, Car les belles sont les cages Dont nos coeurs sont les oiseaux. De la source, sa cuvette, La fleur, faisant son miroir, Dit : -Bonjour,- à la fauvette, Et dit au hibou : -Bonsoir. Le toit espère la gerbe, Pain d'abord et chaume après ; La croupe du boeuf dans l'herbe Semble un mont dans les forêts. L'étang rit à la macreuse, Le pré rit au loriot, Pendant que l'ornière creuse Gronde le lourd chariot. L'or fleurit en giroflée ; L'ancien zéphyr fabuleux Souffle avec sa joue enflée Au fond des nuages bleus. Jersey, sur l'onde docile, Se drape d'un beau ciel pur, Et prend des airs de Sicile Dans un grand haillon d'azur. Partout l'églogue est écrite : Même en la froide Albion, L'air est plein de Théocrite, Le vent sait par coeur Bion, Et redit, mélancolique, La chanson que fredonna Moschus, grillon bucolique De la cheminée Etna. L'hiver tousse, vieux phtisique, Et s'en va; la brume fond ; Les vagues font la musique Des vers que les arbres font. Toute la nature sombre Verse un mystérieux jour ; L'âme qui rêve a plus d'ombre Et la fleur a plus d'amour. L'herbe éclate en pâquerettes ; Les parfums, qu'on croit muets, Content les peines secrètes Des liserons aux bleuets. Les petites ailes blanches Sur les eaux et les sillons S'abattent en avalanches ; Il neige des papillons. Et sur la mer, qui reflète L'aube au sourire d'émail, La bruyère violette Met au vieux mont un camail ; Afin qu'il puisse, à l'abîme Qu'il contient et qu'il bénit, Dire sa messe sublime Sous sa mitre de granit. Granville, juin 1836.
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I. Le ciel d'étain au ciel de cuivre Succède. La nuit fait un pas. Les choses de l'ombre vont vivre. Les arbres se parlent tout bas. Le vent, soufflant des empyrées, Fait frissonner dans l'onde où luit Le drap d'or des claires soirées, Les sombres moires de la nuit. Puis la nuit fait un pas encore. Tout à l'heure, tout écoutait ; Maintenant nul bruit n'ose éclore ; Tout s'enfuit, se cache et se tait. Tout ce qui vit, existe ou pense, Regarde avec anxiété S'avancer ce sombre silence Dans cette sombre immensité. C'est l'heure où toute créature Sent distinctement dans les cieux, Dans la grande étendue obscure Le grand Être mystérieux ! II. Dans ses réflexions profondes, Ce Dieu qui détruit en créant, Que pense-t-il de tous ces mondes Qui vont du chaos au néant ? Est-ce à nous qu'il prête l'oreille ? Est-ce aux anges ? Est-ce aux démons ? A quoi songe-t-il, lui qui veille A l'heure trouble où nous dormons ? Que de soleils, spectres sublimes, Que d'astres à l'orbe éclatant, Que de mondes dans ces abîmes Dont peut-être il n'est pas content ! Ainsi que des monstres énormes Dans l'océan illimité, Que de créations difformes Roulent dans cette obscurité ! L'univers, où sa, sève coule, Mérite-t-il de le fixer ? Ne va-t-il pas briser ce moule, Tout jeter, et recommencer ? III. Nul asile que la prière ! Cette heure sombre nous fait voir La création tout entière Comme un grand édifice noir ! Quand flottent les ombres glacées, Quand l'azur s'éclipse à nos yeux, Ce sont d'effrayantes pensées Que celles qui viennent des cieux ! Oh ! la nuit muette et livide Fait vibrer quelque chose en nous ! Pourquoi cherche-t-on dans le vide ? Pourquoi tombe-t-on à genoux ? Quelle est cette secrète fibre ? D'où vient que, sous ce. morne effroi, Le moineau ne se sent plus libre, Le lion ne se sent plus roi ? Questions dans l'ombre enfouies ! Au fond du ciel de deuil couvert, Dans ces profondeurs inouïes Où l'âme plonge, où l'oeil se perd, Que se passe-t-il de terrible Qui fait que l'homme, esprit banni, A peur de votre calme horrible, Ô ténèbres de l'infini ? Le 20 mars 1846.
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La nuit
I. Le ciel d'étain au ciel de cuivre Succède. La nuit fait un pas. Les choses de l'ombre vont vivre. Les arbres se parlent tout bas. Le vent, soufflant des empyrées, Fait frissonner dans l'onde où luit Le drap d'or des claires soirées, Les sombres moires de la nuit. Puis la nuit fait un pas encore. Tout à l'heure, tout écoutait ; Maintenant nul bruit n'ose éclore ; Tout s'enfuit, se cache et se tait. Tout ce qui vit, existe ou pense, Regarde avec anxiété S'avancer ce sombre silence Dans cette sombre immensité. C'est l'heure où toute créature Sent distinctement dans les cieux, Dans la grande étendue obscure Le grand Être mystérieux ! II. Dans ses réflexions profondes, Ce Dieu qui détruit en créant, Que pense-t-il de tous ces mondes Qui vont du chaos au néant ? Est-ce à nous qu'il prête l'oreille ? Est-ce aux anges ? Est-ce aux démons ? A quoi songe-t-il, lui qui veille A l'heure trouble où nous dormons ? Que de soleils, spectres sublimes, Que d'astres à l'orbe éclatant, Que de mondes dans ces abîmes Dont peut-être il n'est pas content ! Ainsi que des monstres énormes Dans l'océan illimité, Que de créations difformes Roulent dans cette obscurité ! L'univers, où sa, sève coule, Mérite-t-il de le fixer ? Ne va-t-il pas briser ce moule, Tout jeter, et recommencer ? III. Nul asile que la prière ! Cette heure sombre nous fait voir La création tout entière Comme un grand édifice noir ! Quand flottent les ombres glacées, Quand l'azur s'éclipse à nos yeux, Ce sont d'effrayantes pensées Que celles qui viennent des cieux ! Oh ! la nuit muette et livide Fait vibrer quelque chose en nous ! Pourquoi cherche-t-on dans le vide ? Pourquoi tombe-t-on à genoux ? Quelle est cette secrète fibre ? D'où vient que, sous ce. morne effroi, Le moineau ne se sent plus libre, Le lion ne se sent plus roi ? Questions dans l'ombre enfouies ! Au fond du ciel de deuil couvert, Dans ces profondeurs inouïes Où l'âme plonge, où l'oeil se perd, Que se passe-t-il de terrible Qui fait que l'homme, esprit banni, A peur de votre calme horrible, Ô ténèbres de l'infini ? Le 20 mars 1846.
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Oui, je suis le rêveur; je suis le camarade Des petites fleurs d'or du mur qui se dégrade, Et l'interlocuteur des arbres et du vent. Tout cela me connaît, voyez-vous. J'ai souvent, En mai, quand de parfums les branches sont gonflées, Des conversations avec les giroflées ; Je reçois des conseils du lierre et du bleuet. L'être mystérieux, que vous croyez muet, Sur moi se penche, et vient avec ma plume écrire. J'entends ce qu'entendit Rabelais ; je vois rire Et pleurer ; et j'entends ce qu'Orphée entendit. Ne vous étonnez pas de tout ce que me dit La nature aux soupirs ineffables. Je cause Avec toutes les voix de la métempsycose. Avant de commencer le grand concert sacré, Le moineau, le buisson, l'eau vive dans le pré, La forêt, basse énorme, et l'aile et la corolle, Tous ces doux instruments, m'adressent la parole ; Je suis l'habitué de l'orchestre divin ; Si je n'étais songeur, j'aurais été sylvain. J'ai fini, grâce au calme en qui je me recueille, A force de parler doucement à la feuille, A la goutte de pluie, à la plume au rayon, Par descendre à ce point dans la création, Cet abîme où frissonne un tremblement farouche, Que je ne fais plus même envoler une mouche ! Le brin d'herbe, vibrant d'un éternel émoi, S'apprivoise et devient familier avec moi, Et, sans s'apercevoir que je suis là, les roses Font avec les bourdons toutes sortes de choses ; Quelquefois, à travers les doux rameaux bénis, J'avance largement ma face sur les nids, Et le petit oiseau, mère inquiète et sainte, N'a pas plus peur de moi que nous n'aurions de crainte, Nous, si l'oeil du bon Dieu regardait dans nos trous ; Le lys ***** me voit approcher sans courroux, Quand il s'ouvre aux baisers du jour ; la violette La plus pudique fait devant moi sa toilette ; Je suis pour ces beautés l'ami discret et sûr Et le frais papillon, libertin de l'azur, Qui chiffonne gaîment une fleur demi-nue, Si je viens à passer dans l'ombre, continue, Et, si la fleur se veut cacher dans le gazon, Il lui dit : « Es-tu bête ! Il est de la maison. » Les Roches, août 1835.
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Oui, je suis le rêveur
Oui, je suis le rêveur; je suis le camarade Des petites fleurs d'or du mur qui se dégrade, Et l'interlocuteur des arbres et du vent. Tout cela me connaît, voyez-vous. J'ai souvent, En mai, quand de parfums les branches sont gonflées, Des conversations avec les giroflées ; Je reçois des conseils du lierre et du bleuet. L'être mystérieux, que vous croyez muet, Sur moi se penche, et vient avec ma plume écrire. J'entends ce qu'entendit Rabelais ; je vois rire Et pleurer ; et j'entends ce qu'Orphée entendit. Ne vous étonnez pas de tout ce que me dit La nature aux soupirs ineffables. Je cause Avec toutes les voix de la métempsycose. Avant de commencer le grand concert sacré, Le moineau, le buisson, l'eau vive dans le pré, La forêt, basse énorme, et l'aile et la corolle, Tous ces doux instruments, m'adressent la parole ; Je suis l'habitué de l'orchestre divin ; Si je n'étais songeur, j'aurais été sylvain. J'ai fini, grâce au calme en qui je me recueille, A force de parler doucement à la feuille, A la goutte de pluie, à la plume au rayon, Par descendre à ce point dans la création, Cet abîme où frissonne un tremblement farouche, Que je ne fais plus même envoler une mouche ! Le brin d'herbe, vibrant d'un éternel émoi, S'apprivoise et devient familier avec moi, Et, sans s'apercevoir que je suis là, les roses Font avec les bourdons toutes sortes de choses ; Quelquefois, à travers les doux rameaux bénis, J'avance largement ma face sur les nids, Et le petit oiseau, mère inquiète et sainte, N'a pas plus peur de moi que nous n'aurions de crainte, Nous, si l'oeil du bon Dieu regardait dans nos trous ; Le lys ***** me voit approcher sans courroux, Quand il s'ouvre aux baisers du jour ; la violette La plus pudique fait devant moi sa toilette ; Je suis pour ces beautés l'ami discret et sûr Et le frais papillon, libertin de l'azur, Qui chiffonne gaîment une fleur demi-nue, Si je viens à passer dans l'ombre, continue, Et, si la fleur se veut cacher dans le gazon, Il lui dit : « Es-tu bête ! Il est de la maison. » Les Roches, août 1835.
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Oh ! Quand donc aurez-vous fini, petits oiseaux, De jaser au milieu des branches et des eaux, Que nous nous expliquions et que je vous querelle ? Rouge-gorge, verdier, fauvette, tourterelle, Oiseaux, je vous entends, je vous connais. Sachez Que je ne suis pas dupe, ô doux ténors cachés, De votre mélodie et de votre langage. Celle que j'aime est **** et pense à moi ; je gage, O rossignol dont l'hymne, exquis et gracieux, Donne un frémissement à l'astre dans les cieux, Que ce que tu dis là, c'est le chant de son âme. Vous guettez les soupirs de l'homme et de la femme, Oiseaux ; Quand nous aimons et quand nous triomphons, Quand notre être, tout bas, s'exhale en chants profonds, Vous, attentifs, parmi les bois inaccessibles, Vous saisissez au vol ces strophes invisibles, Et vous les répétez tout haut, comme de vous ; Et vous mêlez, pour rendre encor l'hymne plus doux, A la chanson des coeurs, le battement des ailes ; Si bien qu'on vous admire, écouteurs infidèles, Et que le noir sapin murmure aux vieux tilleuls : « Sont-ils charmants d'avoir trouvé cela tout seuls ! » Et que l'eau, palpitant sous le chant qui l'effleure, Baise avec un sanglot le beau saule qui pleure ; Et que le dur tronc d'arbre a des airs attendris ; Et que l'épervier rêve, oubliant la perdrix ; Et que les loups s'en vont songer auprès des louves ! « Divin ! » dit le hibou ; le moineau dit : « Tu trouves ? » Amour, lorsqu'en nos coeurs tu te réfugias, L'oiseau vint y puiser ; ce sont ces plagiats, Ces chants qu'un rossignol, belles, prend sur vos bouches, Qui font que les grands bois courbent leurs fronts farouches, Et que les lourds rochers, stupides et ravis, Se penchent, les laissant piller le chènevis, Et ne distinguent plus, dans leurs rêves étranges, La langue des oiseaux de la langue des anges. Caudebec, septembre 183...
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En écoutant les oiseaux
Oh ! Quand donc aurez-vous fini, petits oiseaux, De jaser au milieu des branches et des eaux, Que nous nous expliquions et que je vous querelle ? Rouge-gorge, verdier, fauvette, tourterelle, Oiseaux, je vous entends, je vous connais. Sachez Que je ne suis pas dupe, ô doux ténors cachés, De votre mélodie et de votre langage. Celle que j'aime est **** et pense à moi ; je gage, O rossignol dont l'hymne, exquis et gracieux, Donne un frémissement à l'astre dans les cieux, Que ce que tu dis là, c'est le chant de son âme. Vous guettez les soupirs de l'homme et de la femme, Oiseaux ; Quand nous aimons et quand nous triomphons, Quand notre être, tout bas, s'exhale en chants profonds, Vous, attentifs, parmi les bois inaccessibles, Vous saisissez au vol ces strophes invisibles, Et vous les répétez tout haut, comme de vous ; Et vous mêlez, pour rendre encor l'hymne plus doux, A la chanson des coeurs, le battement des ailes ; Si bien qu'on vous admire, écouteurs infidèles, Et que le noir sapin murmure aux vieux tilleuls : « Sont-ils charmants d'avoir trouvé cela tout seuls ! » Et que l'eau, palpitant sous le chant qui l'effleure, Baise avec un sanglot le beau saule qui pleure ; Et que le dur tronc d'arbre a des airs attendris ; Et que l'épervier rêve, oubliant la perdrix ; Et que les loups s'en vont songer auprès des louves ! « Divin ! » dit le hibou ; le moineau dit : « Tu trouves ? » Amour, lorsqu'en nos coeurs tu te réfugias, L'oiseau vint y puiser ; ce sont ces plagiats, Ces chants qu'un rossignol, belles, prend sur vos bouches, Qui font que les grands bois courbent leurs fronts farouches, Et que les lourds rochers, stupides et ravis, Se penchent, les laissant piller le chènevis, Et ne distinguent plus, dans leurs rêves étranges, La langue des oiseaux de la langue des anges. Caudebec, septembre 183...
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A heady brew of espresso Mingles with the dewy air, Buttery pain au chocolat Makes for quite a pair; The morning warms to the songs Of the chipper moineau, And lovers beneath the columns Of Parc Monceau.
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Sep 8, 2021
Sep 8, 2021 at 6:41 AM UTC
Paris is for lovers, but they let me in too