"donnera" poems
A celui dont le ciel a maudit les mirettes,
Comme vieil oiseau à l’aile artificielle.
Vole, bien peu adroit, accepte mais rejette,
En deuil de la clarté, et pleure sa lourde attelle.
Celui qui en dépit des voix et des regards
Ne tira pas la bride, au quadruple galop
S’enfonça dans le trou, la vie et son traquenard.
Et maintenant de son être recherche les morceaux.
Enfin, l’exotique reptile, exhibant ses atouts :
Sombres et ternes couleurs ornent son capuchon,
Pourtant si attirantes, quand il se tient debout.
Il porte ce qu’il trouve beau, c’est sa grande conviction.
Volatile épuisé, serpent ou équidé,
Le bipède leur donnera sa petite mine d’or,
Dans son pelage blanc, coton immaculé.
L’Homme vit uniquement pour défier la mort.
Sep 16, 2018
Sep 16, 2018 at 8:06 AM UTC
Dans ce bar dont la porte
Sans cesse bat au vent
Une affiche écarlate
Vante un autre savon
Dansez dansez ma chère
Dansez nous avons des banjos
Oh
Qui me donnera seulement à mâcher
Les chewing-gums inutiles
Qui parfument très doucement
L'haleine des filles des villes
Épices dans l'alcool mesuré par les pailles
Et menthes sans raison barbouillant les liqueurs
Il est des amours sans douceurs
Dans les docks sans poissons où la barmaid
Défaille
Sous le fallacieux prétexte
Que je n'ai pas rasé ma barbe
Aux relents douteux d'un gin
Que son odorat devine
D'un bar du Massachussets
Au trente-troisième étage
Sous l'œil fixe des fenêtres
Arrête
Mon cœur est dans le ciel et manque de vertu
Mais les ascenseurs se suivent
Et ne se ressemblent pas
Le groom nègre sourit tout bas
Pour ne pas salir ses dents blanches
Ha si j'avais mon revolver
Pour interrompre la musique
De la chanson polyphonique
Des cent machines à écrire
Dans l'état de Michigan
Justement quatre-vingt-trois jours
Après la mort de quelqu'un
Trois joyeux garçons de velours
Dansèrent entre eux un quadrille
Dansèrent avec le défunt
Comme font avec les filles
Les gens de la vieille Europe
Dans les quartiers mal famés
Heureusement que leurs lèvres
Ignoraient les mots méchants
Car tous les trois étaient vierges
Comme on ne l'est pas longtemps.
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Oh ! qui me donnera d'aller dans vos prairies,
Promener chaque jour mes tristes rêveries,
Rivages fortunés où parmi les roseaux
L'Yonne tortueuse égare au **** ses eaux !
Oui, je veux vous revoir, poétiques ombrages,
Bords heureux, à jamais ignorés des orages,
Peupliers si connus, et vous, restes touchants,
Qui m'avez inspiré jadis mes premiers chants.
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Parfois, je me sens pris d'horreur pour cette terre ;
Mon vers semble la bouche ouverte d'un cratère ;
J'ai le farouche émoi
Que donne l'ouragan monstrueux au grand arbre ;
Mon cœur prend feu ; je sens tout ce que j'ai de marbre
Devenir lave en moi ;
Quoi ! rien de vrai ! le scribe a pour appui le reître ;
Toutes les robes, juge et vierge, femme et prêtre,
Mentent ou mentiront ;
Le dogme boit du sang, l'autel bénit le crime ;
Toutes les vérités, groupe triste et sublime,
Ont la rougeur au front ;
La sinistre lueur des rois est sur nos têtes ;
Le temple est plein d'enfer ; la clarté de nos fêtes
Obscurcit le ciel bleu ;
L'âme a le penchement d'un navire qui sombre ;
Et les religions, à tâtons, ont dans l'ombre
Pris le démon pour Dieu !
Oh ! qui me donnera des paroles terribles ?
Oh ! je déchirerai ces chartes et ces bibles,
Ces codes, ces korans !
Je pousserai le cri profond des catastrophes ;
Et je vous saisirai, sophistes, dans mes strophes,
Dans mes ongles, tyrans.
Ainsi, frémissant, pâle, indigné, je bouillonne ;
On ne sait quel essaim d'aigles noirs tourbillonne
Dans mon ciel embrasé ;
Deuil ! guerre ! une euménide en mon âme est éclose !
Quoi ! le mal est partout ! Je regarde une rose
Et je suis apaisé.
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