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"moyen" poems
Son visage se reflète dans mes yeux tristes, que pleurent toutes les nuits pour son amour. Il sait bien que je vis ma vie pour lui, et sans lui je ne sais pas comme respirer. Je veux écouter les mots d’amour, les mots qu’il ne parle plus. Les mots qu'existent seulement dans mes rêves. C’est l’heure de continuer ma vie, je sais, mais il a trahi mon cœur. Je dois accepter ça et aller. Le seul moyen de mettre fin à cet amour pour lui, c'est de finir ma vie. Ce soir, dans le noir, avec mes souffrances et mes peines, à Paris, la ville de l'amour et des lumières, Je dis. Je te dis, à tous je dis, Adieu. copyright © 2009 by T.L. Dalid
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Feb 10, 2010
Feb 10, 2010 at 4:23 AM UTC
Paris
Je vois tes yeux dessous telle planète Qu'autre plaisir ne me peut contenter, Sinon le jour, sinon la nuit chanter : Allège-moi, ma plaisante brunette. O liberté, combien je te regrette ! Combien le jour que je vois t'absenter, Pour me laisser sans espoir tourmenter En l'espérance, où si mal on me traite ! L'an est passé, le vingt-et-unième jour Du mois d'avril, que je vins au séjour De la prison où les Amours me pleurent ; Et si ne vois (tant les liens sont forts) Un seul moyen pour me tirer dehors, Si par la mort toutes mes morts ne meurent.
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Je vois tes yeux
Son visage se reflète sur mes yeux désenchantés Qui versent des larmes nostalgiques Il sait bien que ma vie sans lui n'est qu'une mort attardée Qu'une existence au destin le plus tragique Je voudrais qu'il me fasse la cour tel jadis sous d'autres cieux Les vers théatraux comme les chantaient nos aiieux Les mots qui existent seulement dans mes rêves les plus doux Les mots qui valent tellement plus qu'un simple bijou Le seul moyen d'éteindre cette flamme Est de dire à Dieu à ma vie Je ne suis hélas qu'une simple femme Je ne puis supporter tout ce mépris Sur le désert de ma vie je demeure Certe, déplorable et rembrunie Mais je vis malgré mes douleurs Malgré mes blessures infinies
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Mar 1, 2014
Mar 1, 2014 at 2:05 AM UTC
Untitled
In my sleep, my mind is wondering when I am awake my mind is wandering. All I can see is confusion- have no idea where the trouble started. Simply, I bare the immeasurable pain- the pain that makes tears. The love for a friend is no way the same as my girlfriend. All because my speaking voice confused that troubled mind, I have to deal with the consequences. or is it just the excuse to escape the legacy of another world where life is not the same? Could it be that we both thought different thoughts- only one can only hope. See, I was in no way "in love" I was loved- or as I thought; then suddenly, there were colors on this painting that were hiding the sunshine views of such happiness when I suddenly realized I was not the one with the troubled mind. [Translation] Troubled Mind Dans mon sommeil, mon esprit se demande quand je suis éveillé mon esprit est errant. Tout ce que je peux voir est confusion- avoir aucune idée d'où les problèmes ont commencé. Simplement, je nu les dou- incommensurable la douleur qui fait larmes. L'amour pour un ami a aucun moyen le même que ma petite amie. Tout cela parce que ma voix parlée confus que l'esprit troublé, Je dois faire face aux conséquences. ou est-ce juste une excuse pour échapper l'héritage d'un autre monde où la vie est pas le même? Serait-ce que nous avons tous deux la pensée thoughts- différent seulement on ne peut qu'espérer. Vous voyez, je suis en aucun cas «en amour» Je suis loved- ou que je pensais; puis tout à coup, il y avait des couleurs sur ce tableau qui se cachaient les vues de soleil de ce bonheur quand je me suis soudain rendu compte Je ne suis pas celui qui a l'esprit troublé.
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Oct 29, 2014
Oct 29, 2014 at 5:36 PM UTC
Troubled Mind
In my sleep, my mind is wondering when I am awake my mind is wandering. All I can see is confusion- have no idea where the trouble started. Simply, I bare the immeasurable pain- the pain that makes tears. The love for a friend is no way the same as my girlfriend. All because my speaking voice confused that troubled mind, I have to deal with the consequences. or is it just the excuse to escape the legacy of another world where life is not the same? Could it be that we both thought different thoughts- only one can only hope. See, I was in no way "in love" I was loved- or as I thought; then suddenly, there were colors on this painting that were hiding the sunshine views of such happiness when I suddenly realized I was not the one with the troubled mind. [Translation] Troubled Mind Dans mon sommeil, mon esprit se demande quand je suis éveillé mon esprit est errant. Tout ce que je peux voir est confusion- avoir aucune idée d'où les problèmes ont commencé. Simplement, je nu les dou- incommensurable la douleur qui fait larmes. L'amour pour un ami a aucun moyen le même que ma petite amie. Tout cela parce que ma voix parlée confus que l'esprit troublé, Je dois faire face aux conséquences. ou est-ce juste une excuse pour échapper l'héritage d'un autre monde où la vie est pas le même? Serait-ce que nous avons tous deux la pensée thoughts- différent seulement on ne peut qu'espérer. Vous voyez, je suis en aucun cas «en amour» Je suis loved- ou que je pensais; puis tout à coup, il y avait des couleurs sur ce tableau qui se cachaient les vues de soleil de ce bonheur quand je me suis soudain rendu compte Je ne suis pas celui qui a l'esprit troublé.
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Un arabe à Marseille autrefois m'a conté Qu'un pacha turc dans sa patrie Vint porter certain jour un coffret cacheté Au plus sage dervis qui fût en Arabie. Ce coffret, lui dit-il, renferme des rubis, Des diamants d'un très grand prix : C'est un présent que je veux faire À l'homme que tu jugeras Être le plus fou de la terre. Cherche bien, tu le trouveras. Muni de son coffret, notre bon solitaire S'en va courir le monde. Avait-il donc besoin D'aller **** ? L'embarras de choisir était sa grande affaire : Des fous toujours plus fous venaient de toutes parts Se présenter à ses regards. Notre pauvre dépositaire Pour l'offrir à chacun saisissait le coffret : Mais un pressentiment secret Lui conseillait de n'en rien faire, L'assurait qu'il trouverait mieux. Errant ainsi de lieux en lieux, Embarrassé de son message, Enfin, après un long voyage, Notre homme et le coffret arrivent un matin Dans la ville de Constantin. Il trouve tout le peuple en joie : Que s'est-il donc passé ? Rien, lui dit un iman ; C'est notre grand vizir que le sultan envoie, Au moyen d'un lacet de soie, Porter au prophète un firman. Le peuple rit toujours de ces sortes d'affaires ; Et, comme ce sont des misères, Notre empereur souvent lui donne ce plaisir. - Souvent ? - Oui. - C'est fort bien ; votre nouveau vizir Est-il nommé ? - Sans doute : et le voilà qui passe. Le dervis, à ces mots, court, traverse la place, Arrive, et reconnaît le pacha son ami. Bon ! Te voilà ! Dit celui-ci : Et le coffret ? - Seigneur, j'ai parcouru l'Asie ; J'ai vu des fous parfaits, mais sans oser choisir : Aujourd'hui ma course est finie ; Daignez l'accepter, grand vizir.
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Le pacha et le dervis
Un arabe à Marseille autrefois m'a conté Qu'un pacha turc dans sa patrie Vint porter certain jour un coffret cacheté Au plus sage dervis qui fût en Arabie. Ce coffret, lui dit-il, renferme des rubis, Des diamants d'un très grand prix : C'est un présent que je veux faire À l'homme que tu jugeras Être le plus fou de la terre. Cherche bien, tu le trouveras. Muni de son coffret, notre bon solitaire S'en va courir le monde. Avait-il donc besoin D'aller **** ? L'embarras de choisir était sa grande affaire : Des fous toujours plus fous venaient de toutes parts Se présenter à ses regards. Notre pauvre dépositaire Pour l'offrir à chacun saisissait le coffret : Mais un pressentiment secret Lui conseillait de n'en rien faire, L'assurait qu'il trouverait mieux. Errant ainsi de lieux en lieux, Embarrassé de son message, Enfin, après un long voyage, Notre homme et le coffret arrivent un matin Dans la ville de Constantin. Il trouve tout le peuple en joie : Que s'est-il donc passé ? Rien, lui dit un iman ; C'est notre grand vizir que le sultan envoie, Au moyen d'un lacet de soie, Porter au prophète un firman. Le peuple rit toujours de ces sortes d'affaires ; Et, comme ce sont des misères, Notre empereur souvent lui donne ce plaisir. - Souvent ? - Oui. - C'est fort bien ; votre nouveau vizir Est-il nommé ? - Sans doute : et le voilà qui passe. Le dervis, à ces mots, court, traverse la place, Arrive, et reconnaît le pacha son ami. Bon ! Te voilà ! Dit celui-ci : Et le coffret ? - Seigneur, j'ai parcouru l'Asie ; J'ai vu des fous parfaits, mais sans oser choisir : Aujourd'hui ma course est finie ; Daignez l'accepter, grand vizir.
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La vérité, toute nue, Sortit un jour de son puits. Ses attraits par le temps étaient un peu détruits ; Jeune et vieux fuyaient à sa vue. La pauvre vérité restait là morfondue, Sans trouver un asile où pouvoir habiter. A ses yeux vient se présenter La fable, richement vêtue, Portant plumes et diamants, La plupart faux, mais très brillants. Eh ! Vous voilà ! Bon jour, dit-elle : Que faites-vous ici seule sur un chemin ? La vérité répond : vous le voyez, je gèle ; Aux passants je demande en vain De me donner une retraite, Je leur fais peur à tous : hélas ! Je le vois bien, Vieille femme n'obtient plus rien. Vous êtes pourtant ma cadette, Dit la fable, et, sans vanité, Partout je suis fort bien reçue : Mais aussi, dame vérité, Pourquoi vous montrer toute nue ? Cela n'est pas adroit : tenez, arrangeons-nous ; Qu'un même intérêt nous rassemble : Venez sous mon manteau, nous marcherons ensemble. Chez le sage, à cause de vous, Je ne serai point rebutée ; A cause de moi, chez les fous Vous ne serez point maltraitée : Servant, par ce moyen, chacun selon son goût, Grâce à votre raison, et grâce à ma folie, Vous verrez, ma soeur, que partout Nous passerons de compagnie.
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La fable et la vérité
Dès la pointe du jour, sortant de son hameau, Colas, jeune pasteur d'un assez beau troupeau, Le conduisait au pâturage : Sur sa route il trouve un ruisseau Que, la nuit précédente, un effroyable orage Avait rendu torrent ; comment passer cette eau ? Chiens, brebis et berger, tout s'arrête au rivage. En faisant un circuit, l'on eût gagné le pont ; C'était bien le plus sûr, mais c'était le plus long ; Colas veut abréger. D'abord il considère Qu'il peut franchir cette rivière : Et comme ses béliers sont forts, Il conclut que, sans grands efforts, Le troupeau sautera. Cela dit, il s'élance ; Son chien saute après lui, béliers d'entrer en danse, A qui mieux mieux ; courage, allons ! Après les béliers, les moutons ; Tout est en l'air, tout saute, et Colas les excite En s'applaudissant du moyen. Les béliers, les moutons, sautèrent assez bien ; Mais les brebis vinrent ensuite, Les agneaux, les vieillards, les faibles, les peureux, Les mutins, corps toujours nombreux, Qui refusaient le saut ou sautaient de colère Et, soit faiblesse, soit dépit, Se laissaient choir dans la rivière. Il s'en noya le quart ; un autre quart s'enfuit, Et sous la dent du loup périt. Colas, réduit à la misère, S'aperçut, mais trop **** que pour un bon pasteur Le plus court n'est pas le meilleur.
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Le troupeau de Colas
À M. l'abbé Delille. Ô toi, dont la touchante et sublime harmonie Charme toujours l'oreille en attachant le cœur, Digne rival, souvent vainqueur, Du chantre fameux d'Ausonie, Delille, ne crains rien, sur mes légers pipeaux Je ne viens point ici célébrer tes travaux, Ni dans de faibles vers parler de poésie. Je sais que l'immortalité Qui t'est déjà promise au temple de mémoire T'est moins chère que ta gaîté ; Je sais que, méritant tes succès sans y croire, Content par caractère et non par vanité, Tu te fais pardonner ta gloire À force d'amabilité : C'est ton secret, aussi je finis ce prologue. Mais du moins lis mon apologue ; Et si quelque envieux, quelque esprit de travers, Outrageant un jour tes beaux vers, Te donne assez d'humeur pour t'empêcher d'écrire, Je te demande alors de vouloir le relire. Dans une belle nuit du charmant mois de mai, Un berger contemplait, du haut d'une colline, La lune promenant sa lumière argentine Au milieu d'un ciel pur d'étoiles parsemé ; Le tilleul odorant, le lilas, l'aubépine, Au gré du doux zéphyr balançant leurs rameaux, Et les ruisseaux dans les prairies Brisant sur des rives fleuries Le cristal de leurs claires eaux. Un rossignol, dans le bocage, Mêlait ses doux accents à ce calme enchanteur ; L'écho les répétait, et notre heureux pasteur, Transporté de plaisir, écoutait son ramage. Mais tout-à-coup l'oiseau finit ses tendres sons. En vain le berger le supplie De continuer ses chansons. Non, dit le rossignol, c'en est fait pour la vie ; Je ne troublerai plus ces paisibles forêts. N'entends-tu pas dans ce marais Mille grenouilles coassantes Qui par des cris affreux insultent à mes chants ? Je cède, et reconnais que mes faibles accents Ne peuvent l'emporter sur leurs voix glapissantes. Ami, dit le berger, tu vas combler leurs vœux ; Te taire est le moyen qu'on les écoute mieux : Je ne les entends plus aussitôt que tu chantes.
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Le berger et le rossignol
À M. l'abbé Delille. Ô toi, dont la touchante et sublime harmonie Charme toujours l'oreille en attachant le cœur, Digne rival, souvent vainqueur, Du chantre fameux d'Ausonie, Delille, ne crains rien, sur mes légers pipeaux Je ne viens point ici célébrer tes travaux, Ni dans de faibles vers parler de poésie. Je sais que l'immortalité Qui t'est déjà promise au temple de mémoire T'est moins chère que ta gaîté ; Je sais que, méritant tes succès sans y croire, Content par caractère et non par vanité, Tu te fais pardonner ta gloire À force d'amabilité : C'est ton secret, aussi je finis ce prologue. Mais du moins lis mon apologue ; Et si quelque envieux, quelque esprit de travers, Outrageant un jour tes beaux vers, Te donne assez d'humeur pour t'empêcher d'écrire, Je te demande alors de vouloir le relire. Dans une belle nuit du charmant mois de mai, Un berger contemplait, du haut d'une colline, La lune promenant sa lumière argentine Au milieu d'un ciel pur d'étoiles parsemé ; Le tilleul odorant, le lilas, l'aubépine, Au gré du doux zéphyr balançant leurs rameaux, Et les ruisseaux dans les prairies Brisant sur des rives fleuries Le cristal de leurs claires eaux. Un rossignol, dans le bocage, Mêlait ses doux accents à ce calme enchanteur ; L'écho les répétait, et notre heureux pasteur, Transporté de plaisir, écoutait son ramage. Mais tout-à-coup l'oiseau finit ses tendres sons. En vain le berger le supplie De continuer ses chansons. Non, dit le rossignol, c'en est fait pour la vie ; Je ne troublerai plus ces paisibles forêts. N'entends-tu pas dans ce marais Mille grenouilles coassantes Qui par des cris affreux insultent à mes chants ? Je cède, et reconnais que mes faibles accents Ne peuvent l'emporter sur leurs voix glapissantes. Ami, dit le berger, tu vas combler leurs vœux ; Te taire est le moyen qu'on les écoute mieux : Je ne les entends plus aussitôt que tu chantes.
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Traduites du latin d'Audoenus (Owen). Liv. I, . Ép. 30. Jeanne, toute la journée, Dit que le joug d'hyménée Est le plus âpre de tous ; Mais la pauvre créature, Tout le long de la nuit, jure Qu'il n'en est point de si doux. Liv. I, . Ép. 145. Les huguenotes de Paris Disent qu'il leur faut deux maris, Qu'autrement il n'est en nature De moyen par où, sans pécher, On puisse, suivant l'Écriture, Se mettre deux en une chair. Liv. II, . Ép. 47. Catin, ce gentil visage, Épousant un huguenot, Le soir de son mariage, Disait à ce pauvre sot : De peur que la différence En fait de religion, Rompant notre intelligence Nous mette en division ; Laisse-moi mon franc arbitre, Et du reste de la foi, Je veux avoir le chapitre, Si j'en dispute avec toi. Liv. II, . Ép. 88. Depuis que l'hiver est venu Je plains le froid qu'Amour endure, Sans songer que plus il est nu Et tant moins il craint la froidure. Liv. III, . Ép. 65. Dans les divers succès de la fin de leur vie, Le prodigue et l'avare ont de quoi m'étonner ; Car l'un ne donne rien qu'après qu'elle est ravie, Et l'autre après sa mort n'a plus rien à donner. Liv. III, . Ép. 124. Lorsque nous sommes mal, la plus grande maison Ne nous peut contenir, faute d'assez d'espace ; Mais, sitôt que Phylis revient à la raison, Le lit le plus étroit a pour nous trop de place.
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Épigrammes
Minos, ne pouvant plus suffire Au fatigant métier d'entendre et de juger Chaque ombre descendue au ténébreux empire, Imagina, pour abréger, De faire faire une balance Où dans l'un des bassins il mettait à la fois Cinq ou six morts, dans l'autre un certain poids Qui déterminait la sentence. Si le poids s'élevait, alors plus à loisir Minos examinait l'affaire ; Si le poids baissait au contraire, Sans scrupule il faisait punir. La méthode était sûre, expéditive et claire ; Minos s'en trouvait bien. Un jour, en même temps, Au bord du Styx la mort rassemble Deux rois, un grand ministre, un héros, trois savants. Minos les fait peser ensemble. Le poids s'élève, il en met deux, Et puis trois, c'est en vain ; quatre ne font pas mieux. Minos, un peu surpris, ôte de la balance Ces inutiles poids, cherche un autre moyen ; Et, près de là voyant un pauvre homme de bien Qui dans un coin obscur attendait en silence, Il le met seul en contrepoids : Les six ombres alors s'élèvent à la fois.
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La balance de Minos
Quand je vais poursuivant mes courses poétiques, Je m'arrête surtout aux vieux châteaux gothiques. J'aime leurs toits d'ardoise aux reflets bleus et gris, Aux faîtes couronnés d'arbustes rabougris ; Leurs pignons anguleux, leurs tourelles aiguës ; Dans les réseaux de plomb leurs vitres exiguës, Légendes des vieux temps où les preux et les saints Se groupent sous l'ogive en fantasques dessins ; Avec ses minarets moresques, la chapelle Dont la cloche qui tinte à la prière appelle ; J'aime leurs murs verdis par l'eau du ciel lavés, Leurs cours où l'herbe croît à travers les pavés, Au sommet des donjons leurs girouettes frêles Que la blanche cigogne effleure de ses ailes ; Leurs ponts-levis tremblants, leurs portails blasonnés, De monstres, de griffons, bizarrement ornés ; Leurs larges escaliers aux marches colossales, Leurs corridors sans fin et leurs immenses salles, Où, comme une voix faible, erre et gémit le vent, Où, recueilli dans moi, je m'égare, rêvant, Paré de souvenirs d'amour et de féerie, Le brillant moyen-âge et la chevalerie.
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Moyen-âge
Ami, le temps n'est plus des guitares, des plumes, Des créanciers, des duels hilares à propos De rien, des cabarets, des pipes aux chapeaux Et de cette gaîté banale où nous nous plûmes. Voici venir, ami très tendre qui t'allumes Au moindre dé pipé, mon doux briseur de pots, Horatio, terreur et gloire des tripots, Cher diseur de jurons à remplir cent volumes, Voici venir parmi les brumes d'Elseneur Quelque chose de moins plaisant, sur mon honneur, Qu'Ophélia, l'enfant aimable qui s'étonne, C'est le spectre, le spectre impérieux ! Sa main Montre un but et son oeil éclaire et son pied tonne, Hélas ! et nul moyen de remettre à demain !
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À Horatio
Si c'est aimer, Madame, et de jour, et de nuit Rêver, songer, penser le moyen de vous plaire, Oublier toute chose, et ne vouloir rien faire Qu'adorer et servir la beauté qui me nuit : Si c'est aimer que de suivre un bonheur qui me fuit, De me perdre moi même et d'être solitaire, Souffrir beaucoup de mal, beaucoup craindre et me taire, Pleurer, crier merci, et m'en voir éconduit : Si c'est aimer que de vivre en vous plus qu'en moi même, Cacher d'un front joyeux, une langueur extrême, Sentir au fond de l'âme un combat inégal, Chaud, froid, comme la fièvre amoureuse me traite : Honteux, parlant à vous de confesser mon mal ! Si cela est aimer : furieux je vous aime : Je vous aime et sait bien que mon mal est fatal : Le coeur le dit assez, mais la langue est muette.
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Si c'est aimer, Madame, et de jour, et de nuit
Deux chats qui descendaient du fameux Rodilard, Et dignes tous les deux de leur noble origine, Différaient d'embonpoint : l'un était gras à lard, C'était l'aîné ; sous son hermine D'un chanoine il avait la mine, Tant il était dodu, potelé, frais et beau : Le cadet n'avait que la peau Collée à sa tranchante échine. Cependant ce cadet, du matin jusqu'au soir, De la cave à la gouttière Trottait, courait, il fallait voir, Sans en faire meilleure chère. Enfin, un jour, au désespoir, Il tint ce discours à son frère : Explique-moi par quel moyen, Passant ta vie à ne rien faire, Moi travaillant toujours, on te nourrit si bien, Et moi si mal. La chose est claire, Lui répondit l'aîné : tu cours tout le logis Pour manger rarement quelque maigre souris... - N'est-ce pas mon devoir ? - D'accord, cela peut être : Mais moi je reste auprès du maître ; Je sais l'amuser par mes tours. Admis à ses repas sans qu'il me réprimande, Je prends de bons morceaux, et puis je les demande En faisant patte de velours, Tandis que toi, pauvre imbécile, Tu ne sais rien que le servir, Va, le secret de réussir, C'est d'être adroit, non d'être utile.
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Les deux chats
Non. Il fut gallican, ce siècle, et janséniste ! C'est vers le Moyen Age énorme et délicat Qu'il faudrait que mon coeur en panne naviguât, **** de nos jours d'esprit charnel et de chair triste. Roi politicien, moine, artisan, chimiste, Architecte, soldat, médecin, avocat, Quel temps ! Oui, que mon coeur naufragé rembarquât Pour toute cette force ardente, souple, artiste ! Et là que j'eusse part - quelconque, chez les rois Ou bien ailleurs, n'importe, - à la chose vitale, Et que je fusse un saint, actes bons, pensers droits, Haute théologie et solide morale, Guidé par la folie unique de la Croix Sur tes ailes de pierre, ô folle Cathédrale !
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Non. Il fut gallican, ce siècle, et janséniste
Tu n'es pas du tout vertueuse, Je ne suis pas du tout jaloux ! C'est de se la couler heureuse Encor le moyen le plus doux. Vive l'amour et vivent nous ! Tu possèdes et tu pratiques Les tours les plus intelligents Et les trucs les plus authentiques A l'usage des braves gens, Et tu m'as quels soins indulgents ! D'aucuns clabaudent sur ton âge Qui n'est plus seize ans ni vingt ans, Mais ô ton opulent corsage, Tes yeux riants, comme chantants, Et ô tes baisers épatants ! Sois-moi fidèle si possible Et surtout si cela te plaît, Mais reste souvent accessible À mon désir, humble valet Content d'un « viens ! » ou d'un soufflet. « Hein ? passé le temps des prouesses ! » Me disent les sots d'alentour. Ça, non, car grâce à tes caresses C'est encor, c'est toujours mon tour. Vivent nous et vive l'amour !
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Tu n'es pas du tout vertueuse