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"morceau" poems
Je veux donner l'idée d'un divertissement innocent. Il y a si peu d'amusements qui ne soient pas coupables ! Quand vous sortirez le matin avec l'intention décidée de flâner sur les grandes routes, remplissez vos poches de petites inventions à un sol, - telles que le polichinelle plat mû par un seul fil, les forgerons qui battent l'enclume, le cavalier et son cheval dont la queue est un sifflet, - et le long des cabarets, au pied des arbres, faites-en hommage aux enfants inconnus et pauvres que vous rencontrerez. Vous verrez leurs yeux s'agrandir démesurément. D'abord ils n'oseront pas prendre ; ils douteront de leur bonheur. Puis leurs mains agripperont vivement le cadeau, et ils s'enfuiront comme font les chats qui vont manger **** de vous le morceau que vous leur avez donné, ayant appris à se défier de l'homme. Sur une route, derrière la grille d'un vaste jardin, au bout duquel apparaissait la blancheur d'un joli château frappé par le soleil, se tenait un enfant beau et frais, habillé de ces vêtements de campagne si pleins de coquetterie. Le luxe, l'insouciance et le spectacle habituel de la richesse, rendent ces enfants-là si jolis, qu'on les croirait faits d'une autre pâte que les enfants de la médiocrité ou de la pauvreté. À côté de lui, gisait sur l'herbe un joujou splendide, aussi frais que son maître, verni, doré, vêtu d'une robe pourpre, et couvert de plumets et de verroteries. Mais l'enfant ne s'occupait pas de son joujou préféré, et voici ce qu'il regardait : De l'autre côté de la grille, sur la route, entre les chardons et les orties, il y avait un autre enfant, sale, chétif, fuligineux, un de ces marmots-parias dont un œil impartial découvrirait la beauté, si, comme l'œil du connaisseur devine une peinture idéale sous un vernis de carrossier, il le nettoyait de la répugnante patine de la misère. À travers ces barreaux symboliques séparant deux mondes, la grande route et le château, l'enfant pauvre montrait à l'enfant riche son propre joujou, que celui-ci examinait avidement comme un objet rare et inconnu. Or, ce joujou, que le petit souillon agaçait, agitait et secouait dans une boîte grillée, c'était un rat vivant ! Les parents, par économie sans doute, avaient tiré le joujou de la vie elle-même. Et les deux enfants se riaient l'un à l'autre fraternellement, avec des dents d'une égale blancheur.
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Le joujou du pauvre
Je veux donner l'idée d'un divertissement innocent. Il y a si peu d'amusements qui ne soient pas coupables ! Quand vous sortirez le matin avec l'intention décidée de flâner sur les grandes routes, remplissez vos poches de petites inventions à un sol, - telles que le polichinelle plat mû par un seul fil, les forgerons qui battent l'enclume, le cavalier et son cheval dont la queue est un sifflet, - et le long des cabarets, au pied des arbres, faites-en hommage aux enfants inconnus et pauvres que vous rencontrerez. Vous verrez leurs yeux s'agrandir démesurément. D'abord ils n'oseront pas prendre ; ils douteront de leur bonheur. Puis leurs mains agripperont vivement le cadeau, et ils s'enfuiront comme font les chats qui vont manger **** de vous le morceau que vous leur avez donné, ayant appris à se défier de l'homme. Sur une route, derrière la grille d'un vaste jardin, au bout duquel apparaissait la blancheur d'un joli château frappé par le soleil, se tenait un enfant beau et frais, habillé de ces vêtements de campagne si pleins de coquetterie. Le luxe, l'insouciance et le spectacle habituel de la richesse, rendent ces enfants-là si jolis, qu'on les croirait faits d'une autre pâte que les enfants de la médiocrité ou de la pauvreté. À côté de lui, gisait sur l'herbe un joujou splendide, aussi frais que son maître, verni, doré, vêtu d'une robe pourpre, et couvert de plumets et de verroteries. Mais l'enfant ne s'occupait pas de son joujou préféré, et voici ce qu'il regardait : De l'autre côté de la grille, sur la route, entre les chardons et les orties, il y avait un autre enfant, sale, chétif, fuligineux, un de ces marmots-parias dont un œil impartial découvrirait la beauté, si, comme l'œil du connaisseur devine une peinture idéale sous un vernis de carrossier, il le nettoyait de la répugnante patine de la misère. À travers ces barreaux symboliques séparant deux mondes, la grande route et le château, l'enfant pauvre montrait à l'enfant riche son propre joujou, que celui-ci examinait avidement comme un objet rare et inconnu. Or, ce joujou, que le petit souillon agaçait, agitait et secouait dans une boîte grillée, c'était un rat vivant ! Les parents, par économie sans doute, avaient tiré le joujou de la vie elle-même. Et les deux enfants se riaient l'un à l'autre fraternellement, avec des dents d'une égale blancheur.
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Au gibet noir, manchot aimable, Dansent, dansent les paladins, Les maigres paladins du diable, Les squelettes de Saladins. Messire Belzébuth tire par la cravate Ses petits pantins noirs grimaçant sur le ciel, Et, leur claquant au front un revers de savate, Les fait danser, danser aux sons d'un vieux Noël ! Et les pantins choqués enlacent leurs bras grêles Comme des orgues noirs, les poitrines à jour Que serraient autrefois les gentes damoiselles Se heurtent longuement dans un hideux amour. Hurrah ! les gais danseurs, qui n'avez plus de panse ! On peut cabrioler, les tréteaux sont si longs ! Hop ! qu'on ne sache plus si c'est bataille ou danse ! Belzébuth enragé racle ses violons ! Ô durs talons, jamais on n'use sa sandale ! Presque tous ont quitté la chemise de peau ; Le reste est peu gênant et se voit sans scandale. Sur les crânes, la neige applique un blanc chapeau : Le corbeau fait panache à ces têtes fêlées, Un morceau de chair tremble à leur maigre menton : On dirait, tournoyant dans les sombres mêlées, Des preux, raides, heurtant armures de carton. Hurrah ! la bise siffle au grand bal des squelettes ! Le gibet noir mugit comme un orgue de fer ! Les loups vont répondant des forêts violettes : A l'horizon, le ciel est d'un rouge d'enfer... Holà, secouez-moi ces capitans funèbres Qui défilent, sournois, de leurs gros doigts cassés Un chapelet d'amour sur leurs pâles vertèbres : Ce n'est pas un moustier ici, les trépassés ! Oh ! voilà qu'au milieu de la danse macabre Bondit dans le ciel rouge un grand squelette fou Emporté par l'élan, comme un cheval se cabre : Et, se sentant encor la corde raide au cou, Crispe ses petits doigts sur son fémur qui craque Avec des cris pareils à des ricanements, Et, comme un baladin rentre dans la baraque, Rebondit dans le bal au chant des ossements. Au gibet noir, manchot aimable, Dansent, dansent les paladins, Les maigres paladins du diable, Les squelettes de Saladins.
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Bal des pendus
Au gibet noir, manchot aimable, Dansent, dansent les paladins, Les maigres paladins du diable, Les squelettes de Saladins. Messire Belzébuth tire par la cravate Ses petits pantins noirs grimaçant sur le ciel, Et, leur claquant au front un revers de savate, Les fait danser, danser aux sons d'un vieux Noël ! Et les pantins choqués enlacent leurs bras grêles Comme des orgues noirs, les poitrines à jour Que serraient autrefois les gentes damoiselles Se heurtent longuement dans un hideux amour. Hurrah ! les gais danseurs, qui n'avez plus de panse ! On peut cabrioler, les tréteaux sont si longs ! Hop ! qu'on ne sache plus si c'est bataille ou danse ! Belzébuth enragé racle ses violons ! Ô durs talons, jamais on n'use sa sandale ! Presque tous ont quitté la chemise de peau ; Le reste est peu gênant et se voit sans scandale. Sur les crânes, la neige applique un blanc chapeau : Le corbeau fait panache à ces têtes fêlées, Un morceau de chair tremble à leur maigre menton : On dirait, tournoyant dans les sombres mêlées, Des preux, raides, heurtant armures de carton. Hurrah ! la bise siffle au grand bal des squelettes ! Le gibet noir mugit comme un orgue de fer ! Les loups vont répondant des forêts violettes : A l'horizon, le ciel est d'un rouge d'enfer... Holà, secouez-moi ces capitans funèbres Qui défilent, sournois, de leurs gros doigts cassés Un chapelet d'amour sur leurs pâles vertèbres : Ce n'est pas un moustier ici, les trépassés ! Oh ! voilà qu'au milieu de la danse macabre Bondit dans le ciel rouge un grand squelette fou Emporté par l'élan, comme un cheval se cabre : Et, se sentant encor la corde raide au cou, Crispe ses petits doigts sur son fémur qui craque Avec des cris pareils à des ricanements, Et, comme un baladin rentre dans la baraque, Rebondit dans le bal au chant des ossements. Au gibet noir, manchot aimable, Dansent, dansent les paladins, Les maigres paladins du diable, Les squelettes de Saladins.
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Fable XIII, Livre III. L'autre hiver, des badauds attroupés dans ma rue S'extasiaient devant une statue : C'était la reine de Paphos, Chef-d'œuvre qu'un artiste échappé du collège Avait tiré... - D'un marbre de Paros ? Non, lecteur ; mais d'un tas de neige. Le ciseau de Chaudet n'aurait pas excité Plus d'admiration dans la foule ébahie. « - Voilà ce qui s'appelle une œuvre de génie, « Un morceau vraiment fait pour la postérité ! « Que cette tête est noble et belle ! « Disaient, en soufflant dans leurs doigts, « Trois amateurs transis ; l'antiquité, je crois, « N'a rien à mettre en parallèle. « - Rien ! dit un antiquaire indigné du propos ; « Rien ! puis-je entendre un tel blasphème ? « Rien ! ne craignez-vous point de passer pour des sots ? « - Des sots ! nous, monsieur ? Sot vous-même, Si vous n'admirez pas ces formes, ces contours, « Cette pose à la fois sublime et naturelle, « Ce sourire où l'on voit se jouer les Amours : « Non, la Vénus de Praxitèle « N'est qu'un bloc en comparaison. « - Qu'un bloc ! » dit l'érudit étouffant de colère, Comme s'il n'avait pas raison, « J'espère aux ignorants démontrer le contraire ; « Je ne veux rien qu'un mois. » Et s'échappant soudain, Il grimpe à son taudis, s'enferme, prend la plume, Compulse maint et maint volume, Cite maint Grec et maint Romain ; Se fatigue la tête, et plus encor la main. Que d'encre prodiguée, et que d'encre perdue ! Non qu'au jour dit l'erreur n'eût été confondue, Et le goût rétabli dans son honneur vengé ; Mais, tandis qu'il grimpait, le temps avait changé, Et la Vénus était fondue.
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La statue de neige
Fable XIII, Livre III. L'autre hiver, des badauds attroupés dans ma rue S'extasiaient devant une statue : C'était la reine de Paphos, Chef-d'œuvre qu'un artiste échappé du collège Avait tiré... - D'un marbre de Paros ? Non, lecteur ; mais d'un tas de neige. Le ciseau de Chaudet n'aurait pas excité Plus d'admiration dans la foule ébahie. « - Voilà ce qui s'appelle une œuvre de génie, « Un morceau vraiment fait pour la postérité ! « Que cette tête est noble et belle ! « Disaient, en soufflant dans leurs doigts, « Trois amateurs transis ; l'antiquité, je crois, « N'a rien à mettre en parallèle. « - Rien ! dit un antiquaire indigné du propos ; « Rien ! puis-je entendre un tel blasphème ? « Rien ! ne craignez-vous point de passer pour des sots ? « - Des sots ! nous, monsieur ? Sot vous-même, Si vous n'admirez pas ces formes, ces contours, « Cette pose à la fois sublime et naturelle, « Ce sourire où l'on voit se jouer les Amours : « Non, la Vénus de Praxitèle « N'est qu'un bloc en comparaison. « - Qu'un bloc ! » dit l'érudit étouffant de colère, Comme s'il n'avait pas raison, « J'espère aux ignorants démontrer le contraire ; « Je ne veux rien qu'un mois. » Et s'échappant soudain, Il grimpe à son taudis, s'enferme, prend la plume, Compulse maint et maint volume, Cite maint Grec et maint Romain ; Se fatigue la tête, et plus encor la main. Que d'encre prodiguée, et que d'encre perdue ! Non qu'au jour dit l'erreur n'eût été confondue, Et le goût rétabli dans son honneur vengé ; Mais, tandis qu'il grimpait, le temps avait changé, Et la Vénus était fondue.
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J 'atterris sur la planète Vulvae En haut du Mont de Vénus Vulvae c'est le coeur battant de ma Muse. Ma muse est un dragon à quatre-vingt-huit têtes Et chacune de ses têtes me sourit Et m'offre là un thé vert, là une camomille Là un morceau de pain, là un verre d'eau de vie de mirabelle, Là un ballon de vin clairet Et comme je ne veux peiner aucune de ses têtes Qui tournoient autour de moi Je les cajole toutes en faisant une fumaison de musc Ainsi comme les abeilles les têtes se calment sevrées . Des quatre-vingt-huit têtes de ma muse Qui défilent sur le podium En me faisant les yeux doux de Chimène Celle que je préfère c'est la numéro trois Bien sûr je ne le lui ai jamais dit Je ne veux fâcher personne et surtout les numéros dix-neuf et quatorze, Ces succédanés de ma Muse, Dont j'apprécie les atours virevoltants de jaune et orange. Mais Coconchine c'est ma tête préférée Mon mannequin à moi Ne me demandez pas pourquoi Sa ***** minora Sa ***** majora Sa flore vaginale Son petit air coquin et absent en même temps Tout concourt à ce que ce soit ma prima donna. C'est peut-être sa couleur qui me chavire Ce bleu océan ou outre-mer Je sens que la cyprine qui en coulera Déteindra sur mes lèvres Soudain bleues à l 'unisson de ses envies. C'est une énigme Et son énigme me fascine. C'est un condensé de Vulvae La vulve de ma Muse. C'est la Vulve rêvée, fantasmée Intemporelle comme une pierre gravée Une vulve versatile, gredine. Faussement pudique Elle bat des cils Et volette comme une nymphe De morpho bleu et léger Au-dessus des orphies qui volettent elles aussi. Elle m'invite, Elle m'a choisi, Je suis l'Elu, Son cheval barbu Elle me désire, Elle me charrie Dans les tourbillons de la cyprine Qui m'entrouvre la porte de son vestibule et en pénétrant dans ce labyrinthe Je grave de mon silex Les flammes bleues du feu qui me dévore.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 11:28 AM UTC
Vulvae
J 'atterris sur la planète Vulvae En haut du Mont de Vénus Vulvae c'est le coeur battant de ma Muse. Ma muse est un dragon à quatre-vingt-huit têtes Et chacune de ses têtes me sourit Et m'offre là un thé vert, là une camomille Là un morceau de pain, là un verre d'eau de vie de mirabelle, Là un ballon de vin clairet Et comme je ne veux peiner aucune de ses têtes Qui tournoient autour de moi Je les cajole toutes en faisant une fumaison de musc Ainsi comme les abeilles les têtes se calment sevrées . Des quatre-vingt-huit têtes de ma muse Qui défilent sur le podium En me faisant les yeux doux de Chimène Celle que je préfère c'est la numéro trois Bien sûr je ne le lui ai jamais dit Je ne veux fâcher personne et surtout les numéros dix-neuf et quatorze, Ces succédanés de ma Muse, Dont j'apprécie les atours virevoltants de jaune et orange. Mais Coconchine c'est ma tête préférée Mon mannequin à moi Ne me demandez pas pourquoi Sa ***** minora Sa ***** majora Sa flore vaginale Son petit air coquin et absent en même temps Tout concourt à ce que ce soit ma prima donna. C'est peut-être sa couleur qui me chavire Ce bleu océan ou outre-mer Je sens que la cyprine qui en coulera Déteindra sur mes lèvres Soudain bleues à l 'unisson de ses envies. C'est une énigme Et son énigme me fascine. C'est un condensé de Vulvae La vulve de ma Muse. C'est la Vulve rêvée, fantasmée Intemporelle comme une pierre gravée Une vulve versatile, gredine. Faussement pudique Elle bat des cils Et volette comme une nymphe De morpho bleu et léger Au-dessus des orphies qui volettent elles aussi. Elle m'invite, Elle m'a choisi, Je suis l'Elu, Son cheval barbu Elle me désire, Elle me charrie Dans les tourbillons de la cyprine Qui m'entrouvre la porte de son vestibule et en pénétrant dans ce labyrinthe Je grave de mon silex Les flammes bleues du feu qui me dévore.
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Messieurs les beaux esprits dont la prose et les vers Sont d'un style pompeux et toujours admirable, Mais que l'on n'entend point, écoutez cette fable, Et tâchez de devenir clairs. Un homme qui montrait la lanterne magique Avait un singe dont les tours Attiraient chez lui grand concours. Jacqueau, c'était son nom, sur la corde élastique Dansait et voltigeait au mieux, Puis faisait le saut périlleux, Et puis sur un cordon, sans que rien le soutienne, Le corps droit, fixe, d'aplomb, Notre Jacqueau fait tout du long L'exercice à la prussienne. Un jour qu'au cabaret son maître était resté (C'était, je pense, un jour de fête), Notre singe en liberté Veut faire un coup de sa tête. Il s'en va rassembler les divers animaux Qu'il petit rencontrer dans la ville ; Chiens, chats, poulets, dindons, pourceaux, Arrivent bientôt à la file. Entrez, entrez, messieurs, criait notre Jacqueau, C'est ici, c'est ici qu'un spectacle nouveau Vous charmera gratis. Oui, messieurs, à la porte On ne prend point d'argent ; je fais tout pour l'honneur. A ces mots, chaque spectateur Va se placer, et l'on apporte La lanterne magique ; on ferme les volets, Et par un discours fait exprès Jacqueau prépare l'auditoire. Ce morceau vraiment oratoire Fit bâiller, mais on applaudit. Content de son succès, notre singe saisit Un verre peint qu'il met dans sa lanterne. Il sait comment on le gouverne, Et crie, en le poussant : Est-il rien de pareil ? Messieurs, vous voyez le soleil, Ses rayons et toute sa gloire. Voici présentement la lune, et puis l'histoire D'Adam, d'Ève et des animaux ... Voyez, messieurs, comme ils sont beaux ! Voyez la naissance du monde ; Voyez ... Les spectateurs, dans une nuit profonde, Écarquillaient leurs yeux et ne pouvaient rien voir, L'appartement, le mur, tout était noir. Ma foi, disait un chat, de toutes les merveilles Dont il étourdit nos oreilles, Le fait est que je ne vois rien. Ni moi non plus, disait un chien. Moi, disait un dindon, je vois bien quelque chose Mais je ne sais pour quelle cause Je ne distingue pas très bien. Pendant tous ces discours, le Cicéron moderne Parlait éloquemment, et ne se lassait point. Il n'avait oublié qu'un point : C'était d'éclairer sa lanterne.
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Le singe qui montre la lanterne magique
Messieurs les beaux esprits dont la prose et les vers Sont d'un style pompeux et toujours admirable, Mais que l'on n'entend point, écoutez cette fable, Et tâchez de devenir clairs. Un homme qui montrait la lanterne magique Avait un singe dont les tours Attiraient chez lui grand concours. Jacqueau, c'était son nom, sur la corde élastique Dansait et voltigeait au mieux, Puis faisait le saut périlleux, Et puis sur un cordon, sans que rien le soutienne, Le corps droit, fixe, d'aplomb, Notre Jacqueau fait tout du long L'exercice à la prussienne. Un jour qu'au cabaret son maître était resté (C'était, je pense, un jour de fête), Notre singe en liberté Veut faire un coup de sa tête. Il s'en va rassembler les divers animaux Qu'il petit rencontrer dans la ville ; Chiens, chats, poulets, dindons, pourceaux, Arrivent bientôt à la file. Entrez, entrez, messieurs, criait notre Jacqueau, C'est ici, c'est ici qu'un spectacle nouveau Vous charmera gratis. Oui, messieurs, à la porte On ne prend point d'argent ; je fais tout pour l'honneur. A ces mots, chaque spectateur Va se placer, et l'on apporte La lanterne magique ; on ferme les volets, Et par un discours fait exprès Jacqueau prépare l'auditoire. Ce morceau vraiment oratoire Fit bâiller, mais on applaudit. Content de son succès, notre singe saisit Un verre peint qu'il met dans sa lanterne. Il sait comment on le gouverne, Et crie, en le poussant : Est-il rien de pareil ? Messieurs, vous voyez le soleil, Ses rayons et toute sa gloire. Voici présentement la lune, et puis l'histoire D'Adam, d'Ève et des animaux ... Voyez, messieurs, comme ils sont beaux ! Voyez la naissance du monde ; Voyez ... Les spectateurs, dans une nuit profonde, Écarquillaient leurs yeux et ne pouvaient rien voir, L'appartement, le mur, tout était noir. Ma foi, disait un chat, de toutes les merveilles Dont il étourdit nos oreilles, Le fait est que je ne vois rien. Ni moi non plus, disait un chien. Moi, disait un dindon, je vois bien quelque chose Mais je ne sais pour quelle cause Je ne distingue pas très bien. Pendant tous ces discours, le Cicéron moderne Parlait éloquemment, et ne se lassait point. Il n'avait oublié qu'un point : C'était d'éclairer sa lanterne.
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Je te regarde à travers le glory hole de ton texte Et comme je suis voyant extra-lucide Je te lis comme si je t'avais moi-même écrite Mot par mot Lettre par lettre Signe par signe Tu m'avoues tous tes fantasmes inavouables Les mille fantasmes inavouables Qui te traversent la chair. Je suis le majordome intime de ton confessional Et tu me confesses tout tout tout Tout tout Tout et son contraire Agenouillée sur l'autel de la cuisine Pour pouvoir communier, excitée comme une puce vierge, À ma soupe aux poissons, À mes pieds de porc à la mode de Caen Et à ma caille aux raisins Tu me confesses ton désir de mariage à ma sainte Trinité Ce piment mortel Et tu réclames la fraise consacrée Le vin de messe bio sans sulphites Et tu m'implores d'être le témoin De tes énièmes noces en quatre jours Pour le meilleur et pour le pire Le vingt-six du joli mois des plaisirs. Tu me demandes conseil pour les préparatifs : La robe de mariée, les dragées, les deux cents invités Le traiteur, l'orchestre, la jarretière Tu passes tout en ***** Du faire-part Jusqu'à la petite lune de miel Jusqu'à ce que la petite rigor mortis nous sépare. Et moi je te suggère de me prendre Comme réalisateur pour épicer le film En panoramique de tes fantasmes. Libre à toi d'en être la script-girl, La monteuse, la scénariste ou projectionniste En plus d'être l'actrice principale, Je me réserverai tout juste une apparition en cameo Te servant en morceau de bravoure, En longs travellings avant et arrière À fleuret moucheté, ton fantasme inavouable.
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Nov 5, 2019
Nov 5, 2019 at 4:43 AM UTC
Tes fantasmes inavouables
Je te regarde à travers le glory hole de ton texte Et comme je suis voyant extra-lucide Je te lis comme si je t'avais moi-même écrite Mot par mot Lettre par lettre Signe par signe Tu m'avoues tous tes fantasmes inavouables Les mille fantasmes inavouables Qui te traversent la chair. Je suis le majordome intime de ton confessional Et tu me confesses tout tout tout Tout tout Tout et son contraire Agenouillée sur l'autel de la cuisine Pour pouvoir communier, excitée comme une puce vierge, À ma soupe aux poissons, À mes pieds de porc à la mode de Caen Et à ma caille aux raisins Tu me confesses ton désir de mariage à ma sainte Trinité Ce piment mortel Et tu réclames la fraise consacrée Le vin de messe bio sans sulphites Et tu m'implores d'être le témoin De tes énièmes noces en quatre jours Pour le meilleur et pour le pire Le vingt-six du joli mois des plaisirs. Tu me demandes conseil pour les préparatifs : La robe de mariée, les dragées, les deux cents invités Le traiteur, l'orchestre, la jarretière Tu passes tout en ***** Du faire-part Jusqu'à la petite lune de miel Jusqu'à ce que la petite rigor mortis nous sépare. Et moi je te suggère de me prendre Comme réalisateur pour épicer le film En panoramique de tes fantasmes. Libre à toi d'en être la script-girl, La monteuse, la scénariste ou projectionniste En plus d'être l'actrice principale, Je me réserverai tout juste une apparition en cameo Te servant en morceau de bravoure, En longs travellings avant et arrière À fleuret moucheté, ton fantasme inavouable.
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Vos narines qui vont en l'air, Non **** de vos beaux yeux quelconques, Sont mignonnes comme ces conques Du bord de mer de bains de mer ; Un sourire moins franc qu'aimable Découvre de petites dents, Diminutifs outrecuidants De celles d'un loup de la fable ; Bien en chair, lente avec du chien, On remarque votre personne, Et votre voix fine résonne Non sans des agréments très bien ; De la grâce externe et légère Et qui me laissait plutôt coi Font de vous un morceau de roi, Ô de roi non absolu, chère ! Toujours est-il, regret ou non, Que je ne sais pourquoi mon âme Par ces froids pense à vous, Madame De qui je ne sais plus le nom.
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À Madame ***
Un jour deux chauves dans un coin Virent briller certain morceau d'ivoire : Chacun d'eux veut l'avoir ; dispute et coups de poing. Le vainqueur y perdit, comme vous pouvez croire, Le peu de cheveux gris qui lui restaient encor. Un peigne était le beau trésor Qu'il eut pour prix de sa victoire.
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Les deux chauves