Hello Poetry
Submit your work and get some sparkles! Create free account
"audacieux" poems
(À un poète exilé) Généreux favoris des filles de mémoire, Deux sentiers différents devant vous vont s'ouvrir : L'un conduit au bonheur, l'autre mène à la gloire ; Mortels, il faut choisir. Ton sort, ô Manoel, suivit la loi commune ; La muse t'enivra de précoces faveurs ; Tes jours furent tissus de gloire et d'infortune, Et tu verses des pleurs ! Rougis plutôt, rougis d'envier au vulgaire Le stérile repos dont son coeur est jaloux Les dieux ont fait pour lui tous les biens de la terre, Mais la lyre est à nous. Les siècles sont à toi, le monde est ta patrie. Quand nous ne sommes plus, notre ombre a des autels Où le juste avenir prépare à ton génie Des honneurs immortels. Ainsi l'aigle superbe au séjour du tonnerre S'élance ; et, soutenant son vol audacieux, Semble dire aux mortels : je suis né sur la terre, Mais je vis dans les cieux. Oui, la gloire t'attend ; mais arrête, et contemple A quel prix on pénètre en ses parvis sacrés ; Vois : l'infortune, assise à la porte du temple, En garde les degrés. Ici, c'est ce vieillard que l'ingrate Ionie A vu de mers en mers promener ses malheurs : Aveugle, il mendiait au prix de son génie Un pain mouillé de pleurs. Là, le Tasse, brûlé d'une flamme fatale, Expiant dans les fers sa gloire et son amour, Quand il va recueillir la palme triomphale, Descend au noir séjour. Partout des malheureux, des proscrits, des victimes, Luttant contre le sort ou contre les bourreaux ; On dirait que le ciel aux coeurs plus magnanimes Mesure plus de maux. Impose donc silence aux plaintes de ta lyre, Des coeurs nés sans vertu l'infortune est l'écueil ; Mais toi, roi détrôné, que ton malheur t'inspire Un généreux orgueil ! Que t'importe après tout que cet ordre barbare T'enchaîne **** des bords qui furent ton berceau ? Que t'importe en quels lieux le destin te prépare Un glorieux tombeau ? Ni l'exil, ni les fers de ces tyrans du Tage N'enchaîneront ta gloire aux bords où tu mourras : Lisbonne la réclame, et voilà l'héritage Que tu lui laisseras ! Ceux qui l'ont méconnu pleureront le grand homme ; Athène à des proscrits ouvre son Panthéon ; Coriolan expire, et les enfants de Rome Revendiquent son nom. Aux rivages des morts avant que de descendre, Ovide lève au ciel ses suppliantes mains : Aux Sarmates grossiers il a légué sa cendre, Et sa gloire aux Romains.
0
862
La gloire
(À un poète exilé) Généreux favoris des filles de mémoire, Deux sentiers différents devant vous vont s'ouvrir : L'un conduit au bonheur, l'autre mène à la gloire ; Mortels, il faut choisir. Ton sort, ô Manoel, suivit la loi commune ; La muse t'enivra de précoces faveurs ; Tes jours furent tissus de gloire et d'infortune, Et tu verses des pleurs ! Rougis plutôt, rougis d'envier au vulgaire Le stérile repos dont son coeur est jaloux Les dieux ont fait pour lui tous les biens de la terre, Mais la lyre est à nous. Les siècles sont à toi, le monde est ta patrie. Quand nous ne sommes plus, notre ombre a des autels Où le juste avenir prépare à ton génie Des honneurs immortels. Ainsi l'aigle superbe au séjour du tonnerre S'élance ; et, soutenant son vol audacieux, Semble dire aux mortels : je suis né sur la terre, Mais je vis dans les cieux. Oui, la gloire t'attend ; mais arrête, et contemple A quel prix on pénètre en ses parvis sacrés ; Vois : l'infortune, assise à la porte du temple, En garde les degrés. Ici, c'est ce vieillard que l'ingrate Ionie A vu de mers en mers promener ses malheurs : Aveugle, il mendiait au prix de son génie Un pain mouillé de pleurs. Là, le Tasse, brûlé d'une flamme fatale, Expiant dans les fers sa gloire et son amour, Quand il va recueillir la palme triomphale, Descend au noir séjour. Partout des malheureux, des proscrits, des victimes, Luttant contre le sort ou contre les bourreaux ; On dirait que le ciel aux coeurs plus magnanimes Mesure plus de maux. Impose donc silence aux plaintes de ta lyre, Des coeurs nés sans vertu l'infortune est l'écueil ; Mais toi, roi détrôné, que ton malheur t'inspire Un généreux orgueil ! Que t'importe après tout que cet ordre barbare T'enchaîne **** des bords qui furent ton berceau ? Que t'importe en quels lieux le destin te prépare Un glorieux tombeau ? Ni l'exil, ni les fers de ces tyrans du Tage N'enchaîneront ta gloire aux bords où tu mourras : Lisbonne la réclame, et voilà l'héritage Que tu lui laisseras ! Ceux qui l'ont méconnu pleureront le grand homme ; Athène à des proscrits ouvre son Panthéon ; Coriolan expire, et les enfants de Rome Revendiquent son nom. Aux rivages des morts avant que de descendre, Ovide lève au ciel ses suppliantes mains : Aux Sarmates grossiers il a légué sa cendre, Et sa gloire aux Romains.
Continue reading...
57
Ceux qui tiennent le soc, la truelle ou la lime, Sont plus heureux que vous, enfants de l'art sublime ! Chaque jour les vient secourir Dans leurs quotidiennes misères ; Mais vous, les travailleurs pensifs aux mains légères, Vos ouvrages vous font mourir. L'austère paysan laboure pour les autres, Et ses rudes travaux sont pires que les vôtres ; Mais il retient, pour se nourrir, Sa part des gerbes étrangères ; Vous qui chantez, tressant des guirlandes légères, Les moissons vous laissent mourir. Le rouge forgeron, dans la nuit de sa forge, Sue au brasier brûlant qui lui sèche la gorge ; Mais il boit, sans les voir tarir, Les petits vins dans les gros verres ; Et vous qui ciselez l'or des coupes légères, Les celliers vous laissent mourir. Le pâle tisserand, courbé devant ses toiles, Ne contemple jamais l'azur ni les étoiles ; Mais il parvient à se couvrir, La froidure ne l'atteint guères ; Vous qui tramez le rêve en dentelles légères, Les longs hivers vous font mourir. L'audacieux maçon qui, d'étage en étage, Suspend sa vie au mince et frêle échafaudage À bien des dangers à courir ; Mais ses fils auront des chaumières ; Vous qui dressez vers Dieu des échelles légères, Sans foyer vous devez mourir. Tous vaincus, mais en paix avec la destinée, Aux approches du soir, la tâche terminée, Reviennent aimer sans souffrir Près des robustes ménagères ; Vous qui poursuivez l'âme aux caresses légères, Les tendresses vous font mourir.
0
703
La chanson des métiers
Ceux qui tiennent le soc, la truelle ou la lime, Sont plus heureux que vous, enfants de l'art sublime ! Chaque jour les vient secourir Dans leurs quotidiennes misères ; Mais vous, les travailleurs pensifs aux mains légères, Vos ouvrages vous font mourir. L'austère paysan laboure pour les autres, Et ses rudes travaux sont pires que les vôtres ; Mais il retient, pour se nourrir, Sa part des gerbes étrangères ; Vous qui chantez, tressant des guirlandes légères, Les moissons vous laissent mourir. Le rouge forgeron, dans la nuit de sa forge, Sue au brasier brûlant qui lui sèche la gorge ; Mais il boit, sans les voir tarir, Les petits vins dans les gros verres ; Et vous qui ciselez l'or des coupes légères, Les celliers vous laissent mourir. Le pâle tisserand, courbé devant ses toiles, Ne contemple jamais l'azur ni les étoiles ; Mais il parvient à se couvrir, La froidure ne l'atteint guères ; Vous qui tramez le rêve en dentelles légères, Les longs hivers vous font mourir. L'audacieux maçon qui, d'étage en étage, Suspend sa vie au mince et frêle échafaudage À bien des dangers à courir ; Mais ses fils auront des chaumières ; Vous qui dressez vers Dieu des échelles légères, Sans foyer vous devez mourir. Tous vaincus, mais en paix avec la destinée, Aux approches du soir, la tâche terminée, Reviennent aimer sans souffrir Près des robustes ménagères ; Vous qui poursuivez l'âme aux caresses légères, Les tendresses vous font mourir.
Continue reading...
36
I. Ô soldats de l'an deux ! ô guerres ! épopées ! Contre les rois tirant ensemble leurs épées, Prussiens, autrichiens, Contre toutes les Tyrs et toutes les Sodomes, Contre le czar du nord, contre ce chasseur d'hommes Suivi de tous ses chiens, Contre toute l'Europe avec ses capitaines, Avec ses fantassins couvrant au **** les plaines, Avec ses cavaliers, Tout entière debout comme une hydre vivante, Ils chantaient, ils allaient, l'âme sans épouvante Et les pieds sans souliers ! Au levant, au couchant, partout, au sud, au pôle, Avec de vieux fusils sonnant sur leur épaule, Passant torrents et monts, Sans repos, sans sommeil, coudes percés, sans vivres, Ils allaient, fiers, joyeux, et soufflant dans des cuivres Ainsi que des démons ! La Liberté sublime emplissait leurs pensées. Flottes prises d'assaut, frontières effacées Sous leur pas souverain, Ô France, tous les jours, c'était quelque prodige, Chocs, rencontres, combats ; et Joubert sur l'Adige, Et Marceau sur le Rhin ! On battait l'avant-garde, on culbutait le centre ; Dans la pluie et la neige et de l'eau jusqu'au ventre, On allait ! en avant ! Et l'un offrait la paix, et l'autre ouvrait ses portes, Et les trônes, roulant comme des feuilles mortes, Se dispersaient au vent ! Oh ! que vous étiez grands au milieu des mêlées, Soldats ! L'œil plein d'éclairs, faces échevelées Dans le noir tourbillon, Ils rayonnaient, debout, ardents, dressant la tête Et comme les lions aspirent la tempête Quand souffle l'aquilon, Eux, dans l'emportement de leurs luttes épiques, Ivres, ils savouraient tous les bruits héroïques, Le fer heurtant le fer, La Marseillaise ailée et volant dans les balles, Les tambours, les obus, les bombes, les cymbales, Et ton rire, ô Kléber ! La Révolution leur criait : - Volontaires, Mourez pour délivrer tous les peuples vos frères ! - Contents, ils disaient oui. - Allez, mes vieux soldats, mes généraux imberbes ! - Et l'on voyait marcher ces va-nu-pieds superbes Sur le monde ébloui ! La tristesse et la peur leur étaient inconnues. Ils eussent, sans nul doute, escaladé les nues Si ces audacieux, En retournant les yeux dans leur course olympique, Avaient vu derrière eux la grande République Montrant du doigt les cieux ! Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
0
671
À l'obéissance passive (I)
I. Ô soldats de l'an deux ! ô guerres ! épopées ! Contre les rois tirant ensemble leurs épées, Prussiens, autrichiens, Contre toutes les Tyrs et toutes les Sodomes, Contre le czar du nord, contre ce chasseur d'hommes Suivi de tous ses chiens, Contre toute l'Europe avec ses capitaines, Avec ses fantassins couvrant au **** les plaines, Avec ses cavaliers, Tout entière debout comme une hydre vivante, Ils chantaient, ils allaient, l'âme sans épouvante Et les pieds sans souliers ! Au levant, au couchant, partout, au sud, au pôle, Avec de vieux fusils sonnant sur leur épaule, Passant torrents et monts, Sans repos, sans sommeil, coudes percés, sans vivres, Ils allaient, fiers, joyeux, et soufflant dans des cuivres Ainsi que des démons ! La Liberté sublime emplissait leurs pensées. Flottes prises d'assaut, frontières effacées Sous leur pas souverain, Ô France, tous les jours, c'était quelque prodige, Chocs, rencontres, combats ; et Joubert sur l'Adige, Et Marceau sur le Rhin ! On battait l'avant-garde, on culbutait le centre ; Dans la pluie et la neige et de l'eau jusqu'au ventre, On allait ! en avant ! Et l'un offrait la paix, et l'autre ouvrait ses portes, Et les trônes, roulant comme des feuilles mortes, Se dispersaient au vent ! Oh ! que vous étiez grands au milieu des mêlées, Soldats ! L'œil plein d'éclairs, faces échevelées Dans le noir tourbillon, Ils rayonnaient, debout, ardents, dressant la tête Et comme les lions aspirent la tempête Quand souffle l'aquilon, Eux, dans l'emportement de leurs luttes épiques, Ivres, ils savouraient tous les bruits héroïques, Le fer heurtant le fer, La Marseillaise ailée et volant dans les balles, Les tambours, les obus, les bombes, les cymbales, Et ton rire, ô Kléber ! La Révolution leur criait : - Volontaires, Mourez pour délivrer tous les peuples vos frères ! - Contents, ils disaient oui. - Allez, mes vieux soldats, mes généraux imberbes ! - Et l'on voyait marcher ces va-nu-pieds superbes Sur le monde ébloui ! La tristesse et la peur leur étaient inconnues. Ils eussent, sans nul doute, escaladé les nues Si ces audacieux, En retournant les yeux dans leur course olympique, Avaient vu derrière eux la grande République Montrant du doigt les cieux ! Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
Continue reading...
56
Quand Don Juan descendit vers l'onde souterraine Et lorsqu'il eut donné son obole à Charon, Un sombre mendiant, l'oeil fier comme Antisthène, D'un bras vengeur et fort saisit chaque aviron. Montrant leurs seins pendants et leurs robes ouvertes, Des femmes se tordaient sous le noir firmament, Et, comme un grand troupeau de victimes offertes, Derrière lui traînaient un long mugissement. Sganarelle en riant lui réclamait ses gages, Tandis que Don Luis avec un doigt tremblant Montrait à tous les morts errant sur les rivages Le fils audacieux qui railla son front blanc. Frissonnant sous son deuil, la chaste et maigre Elvire, Près de l'époux perfide et qui fut son amant, Semblait lui réclamer un suprême sourire Où brillât la douceur de son premier serment. Tout droit dans son armure, un grand homme de pierre Se tenait à la barre et coupait le flot noir, Mais le calme héros, courbé sur sa rapière, Regardait le sillage et ne daignait rien voir.
0
481
Don Juan aux enfers
Fable XII, Livre IV. L'oiseau-roi veut-il reconnaître S'il a transmis sa force au fruit de son amour, Si l'aiglon sera digne un jour Du noble sang qui l'a fait naître ? À l'heure où du soleil le front plus épuré De splendeur inonde l'espace, Saisissant l'espoir de sa race, Il l'enlève, et lui fait contempler face à face Le prince étincelant du royaume azuré. Sur cet éclat que rien n'efface, Si l'aiglon jette un regard assuré ; Sans cligner même la paupière, S'il fixe un œil audacieux Sur l'immortel foyer d'où jaillit la lumière Qui nous force à baisser les yeux ; Exhalant l'orgueil qu'il respire, L'aigle annonce à la terre, au ciel, au monde entier, Qu'il a reconnu l'héritier Et de la foudre et de l'empire. Toi qu'aux vœux des Français l'amour vient de donner, Qu'en ton berceau sa main se plaît à couronner, Je te présage un règne aussi grand que prospère, Si, tout en l'admirant, tu peux, sans t'étonner, Entendre ou lire un jour l'histoire de ton père.
0
416
L'aigle, l'aiglon et le soleil
L'étoile du berger tremblote Dans l'eau plus noire et le pilote Cherche un briquet dans sa culotte. C'est l'instant, Messieurs, ou jamais, D'être audacieux, et je mets Mes deux mains partout désormais ! Le chevalier Atys, qui gratte Sa guitare, à Chloris l'ingrate Lance une oeillade scélérate. L'abbé confesse bas Eglé, Et ce vicomte déréglé Des champs donne à son coeur la clé. Cependant la lune se lève Et l'esquif en sa course brève File gaîment sur l'eau qui rêve.
0
305
En bateau