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"tente" poems
La Llorona (ce poéme écrit après avoir écouté la chanson est dédié à Frida Kahlo et à Joan Baez) Sur les remparts de Tenochtitlan tu ne sors qu'à la nuit couchante les nuits ou la lune est orange tourne rouge de sang et d'amertume. Tu fais briller ta chevelure de geai, tel un diamant noir, ton nom est "Llorona la belle" qui nous appelle de ses pleurs. Et tente de nous attirer Avec sa voix rauque et ses pleurs. Tu annonces la venue de ceux par qui la mort doit advenir. Car telle est ta prophétie magicienne, du Monde Indien. Surtout passant, ferme les yeux et retiens ton amour naissant car la Llorona ne vient pas pour te serrer dans ses bras et te donner sa douce peau, Ni te couvrir de baisers. Elle se fait messagère de malheur. Et annonce les temps nouveaux D’où surgiront les hommes barbus, bardés de fer avec ces animaux fabuleux Et leur bâton de foudre et de tonnerre qui tuent mieux que la guerre fleurie. Son chant est hymne funèbre ou la prophétie s'accomplit dans les cliquetis d’acier, la maudite soif de l’or et le feu des bûchers. Garde toi de suivre « la pleureuse » qui t'annonce les jours maudits, ou le sang indien va couler et le Peuple être mis en servage. Loran ta beauté est venin cartes présages sont les flèches que nous lancent les "temps nouveaux". Pleurons, tous, notre liberté et les jours de cendre venus, et la chute des Dieux serpents. Paul Arrighi, Toulouse
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Jan 9, 2014
Jan 9, 2014 at 4:12 PM UTC
La Llorona
Acorda e já não sabe quem é, mas que diferença faz quando não se quer ser alguém? O cigarro queima enquanto pensa em respostas para a vida, meio dia. A fumaça preenche o vazio e alivia a ânsia que as dúvidas causam, enjoada pela própria ignorância, por mais que tente saber tudo, não sabe nada. Então percebe todas as pessoas indo aos seus destinos, como fantasmas, ninguém as nota, nem elas mesmas, é tudo automático e ninguém realmente sabe o que está fazendo. Qualquer obstáculo no caminho para o trabalho é razão para dizer que o dia foi terrível, pois digo que terrível é fazer o mesmo caminho todos os dias, voltar para casa e receber o olhar frio das pessoas que também tiveram um dia "terrível". O cigarro está quase no fim e acende outro logo em seguida, morrer cedo não é problema para alguém assim, então pensa em por que as pessoas querem envelhecer se todos os dias delas são iguais, semanas redundantes que se transformam em anos redundantes, vidas irrelevantes. Todos estão correndo para pagar seus impostos, todos estão preocupados em comprar móveis novos para suprir uma casa cheia de solidão. Uma televisão enorme ligada para o nada, fingir que não estamos sozinhos. Todos com tanto medo de irem contra o fluxo, gente desinteressante que acha o interessante esquisito. Gente que morre sem ler poesia.
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Aug 22, 2014
Aug 22, 2014 at 8:53 AM UTC
A Mesmice de Dias Diferentes
Il est difficile de dire adieu Lorsqu'on veut rester Le temps passe Les souvenirs s'estompent Les gens nous quittent Les sentiments changent Mais le coeur n'oublie jamais Passer à autres choses Ne se fait pas en un jour En quoi ça peut m'aider À vous dire vrai Je vois son visage À chaque fois Que je ferme les yeux Que je me reveille en larmes Parce qu'il n'est pas là J’ai comme les idees embrouillés Les reves et les espoirs brisés Les yeux embués Les poings serrés Les jambes paralysées Le coeur brisé J’ai tente de t’oublier Un bon nombre de fois Et je n’y suis jamais arrive
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Sep 19, 2015
Sep 19, 2015 at 1:19 AM UTC
Sablier
Chaque fois que j 'escalade Les parois des mots vers les pics inviolés J 'emmène avec moi dans l'expédition Mon éclaireuse d'élite. Ma sherpa me guide et me prévient Des chutes de sérac et des avalanches, Cuisine les rimes embrassées, porte les alexandrins Installe le campement des rimes embrassantes. Alors elle se repose sous sa tente Et, satisfaite, cure sa pipe Tout en fredonnant inconsciemment Ses deux quatrains suivis de  deux tercets Tandis que que moi je suçote Mes surelles poétiques confites. . Ma pisteuse pose ses pitons et ses broches à glace Dans l 'ombre des cimes Sans oxygène sans assistance Dans les nuages de la haute poésie. Nous avons ainsi planté nos sonnets Dans les vingt-et-un sommets continentaux Ma sherpa c'est mieux qu 'un sur-homme C'est une sur-femme, une sur-muse Une sur-déesse Une vieille briscarde C'est Junko Tabei et Bachendri Pal Et après chaque sommet qu 'elle franchit Sans désagrément Elle se retire sous sa tente Et, satisfaite, cure sa pipe Tout en fredonnant inconsciemment Ses deux quatrains suivis de deux tercets Tandis que moi je suçote Mes surelles poétiques confites. Parfois la chute d'un sérac imprévisible Nous emporte, nous ensevelit et nous broie presque Mais jamais ma sherpa ne se départit de sa pipe Ni moi de mes surelles Dans nos joutes poétiques.
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Aug 24, 2019
Aug 24, 2019 at 6:59 AM UTC
Ma sherpa
Souvent Bounaberdi, sultan des francs d'Europe, Que comme un noir manteau le semoun enveloppe, Monte, géant lui-même, au front d'un mont géant, D'où son regard, errant sur le sable et sur l'onde, Embrasse d'un coup d'œil les deux moitiés du monde Gisantes à ses pieds dans l'abîme béant. Il est seul et debout sur ce sublime faîte. À sa droite couché, le désert qui le fête D'un nuage de poudre importune ses yeux ; À sa gauche la mer, dont jadis il fut l'hôte, Elève jusqu'à lui sa voix profonde et haute, Comme aux pieds de son maître aboie un chien joyeux. Et le vieil empereur, que tout à tour réveille Ce nuage à ses yeux, ce bruit à son oreille, Rêve, et, comme à l'amante on voit songer l'amant, Croit que c'est une armée, invisible et sans nombre, Qui fait cette poussière et ce bruit pour son ombre, Et sous l'horizon gris passe éternellement ! Prière. Oh ! quand tu reviendras rêver sur la montagne, Bounaberdi ! regarde un peu dans la campagne Ma tente qui blanchit dans les sables grondants ; Car je suis libre et pauvre, un arabe du Caire, Et quand j'ai dit : Allah ! mon bon cheval de guerre Vole, et sous sa paupière a deux charbons ardents ! Novembre 1828.
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Bounaberdi
À cette terre, où l'on ploie Sa tente au déclin du jour, Ne demande pas la joie. Contente-toi de l'amour ! Excepté lui, tout s'efface. La vie est un sombre lieu Où chaque chose qui passe Ébauche l'homme pour Dieu. L'homme est l'arbre à qui la sève Manque avant qu'il soit en fleur. Son sort jamais ne s'achève Que du côté du malheur. Tous cherchent la joie ensemble ; L'esprit rit à tout venant ; Chacun tend sa main qui tremble Vers quelque objet rayonnant. Mais vers toute âme, humble ou fière, Le malheur monte à pas lourds, Comme un spectre aux pieds de pierre ; Le reste flotte toujours ! Tout nous manque, hormis la peine ! Le bonheur, pour l'homme en pleurs, N'est qu'une figure vaine De choses qui sont ailleurs. L'espoir c'est l'aube incertaine ; Sur notre but sérieux C'est la dorure lointaine D'un rayon mystérieux. C'est le reflet, brume ou flamme, Que dans leur calme éternel Versent d'en haut sur notre âme Les félicités du ciel. Ce sont les visions blanches Qui, jusqu'à nos yeux maudits, Viennent à travers les branches Des arbres du paradis ! C'est l'ombre que sur nos grèves Jettent ces arbres charmants Dont l'âme entend dans ses rêves Les vagues frissonnements ! Ce reflet des biens sans nombre, Nous l'appelons le bonheur ; Et nous voulons saisir l'ombre Quand la chose est au Seigneur ! Va, si haut nul ne s'élève ; Sur terre il faut demeurer ; On sourit de ce qu'on rêve, Mais ce qu'on a, fait pleurer. Puisqu'un Dieu saigne au Calvaire, Ne nous plaignons pas, crois-moi. Souffrons ! c'est la loi sévère. Aimons ! c'est la douce loi. Aimons ! soyons deux ! Le sage N'est pas seul dans son vaisseau. Les deux yeux font le visage ; Les deux ailes font l'oiseau. Soyons deux ! - Tout nous convie À nous aimer jusqu'au soir. N'ayons à deux qu'une vie ! N'ayons à deux qu'un espoir ! Dans ce monde de mensonges, Moi, j'aimerai mes douleurs, Si mes rêves sont tes songes, Si mes larmes sont tes pleurs ! Le 20 mai 1838.
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À cette terre, où l'on ploie
À cette terre, où l'on ploie Sa tente au déclin du jour, Ne demande pas la joie. Contente-toi de l'amour ! Excepté lui, tout s'efface. La vie est un sombre lieu Où chaque chose qui passe Ébauche l'homme pour Dieu. L'homme est l'arbre à qui la sève Manque avant qu'il soit en fleur. Son sort jamais ne s'achève Que du côté du malheur. Tous cherchent la joie ensemble ; L'esprit rit à tout venant ; Chacun tend sa main qui tremble Vers quelque objet rayonnant. Mais vers toute âme, humble ou fière, Le malheur monte à pas lourds, Comme un spectre aux pieds de pierre ; Le reste flotte toujours ! Tout nous manque, hormis la peine ! Le bonheur, pour l'homme en pleurs, N'est qu'une figure vaine De choses qui sont ailleurs. L'espoir c'est l'aube incertaine ; Sur notre but sérieux C'est la dorure lointaine D'un rayon mystérieux. C'est le reflet, brume ou flamme, Que dans leur calme éternel Versent d'en haut sur notre âme Les félicités du ciel. Ce sont les visions blanches Qui, jusqu'à nos yeux maudits, Viennent à travers les branches Des arbres du paradis ! C'est l'ombre que sur nos grèves Jettent ces arbres charmants Dont l'âme entend dans ses rêves Les vagues frissonnements ! Ce reflet des biens sans nombre, Nous l'appelons le bonheur ; Et nous voulons saisir l'ombre Quand la chose est au Seigneur ! Va, si haut nul ne s'élève ; Sur terre il faut demeurer ; On sourit de ce qu'on rêve, Mais ce qu'on a, fait pleurer. Puisqu'un Dieu saigne au Calvaire, Ne nous plaignons pas, crois-moi. Souffrons ! c'est la loi sévère. Aimons ! c'est la douce loi. Aimons ! soyons deux ! Le sage N'est pas seul dans son vaisseau. Les deux yeux font le visage ; Les deux ailes font l'oiseau. Soyons deux ! - Tout nous convie À nous aimer jusqu'au soir. N'ayons à deux qu'une vie ! N'ayons à deux qu'un espoir ! Dans ce monde de mensonges, Moi, j'aimerai mes douleurs, Si mes rêves sont tes songes, Si mes larmes sont tes pleurs ! Le 20 mai 1838.
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Sinto uma pressão que puxa A cabeça que roda parado Uma flor que quando cresce murcha A vontade de cair mesmo deitado Vi-me feliz E uma outra vez aceitei Não mudarei o que fiz Eu sei que não errei Mas a dúvida é dor Esperar é ficar parado Esperar por amor Esperança de não ser destroçado A alma em fraqueza Parte-se o coração Não tenho sequer certeza Porque sofro tanto então? Sofro em antecipação De um mundo escuro Imaginado a pior situação Mas tenho esperança para o futuro Ondulo como ondas do mar E por mais que tente navegar Ou chego à costa e posso respirar Ou acabo por me afogar
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Feb 11, 2019
Feb 11, 2019 at 9:22 AM UTC
Navegar
Chanson d'automne. Déjà plus d'une feuille sèche Parsème les gazons jaunis ; Soir et matin, la brise est fraîche, Hélas ! les beaux jours sont finis ! On voit s'ouvrir les fleurs que garde Le jardin, pour dernier trésor : Le dahlia met sa cocarde Et le souci sa toque d'or. La pluie au bassin fait des bulles ; Les hirondelles sur le toit Tiennent des conciliabules : Voici l'hiver, voici le froid ! Elles s'assemblent par centaines, Se concertant pour le départ. L'une dit : " Oh ! que dans Athènes Il fait bon sur le vieux rempart ! " Tous les ans j'y vais et je niche Aux métopes du Parthénon. Mon nid bouche dans la corniche Le trou d'un boulet de canon. " L'autre : " J'ai ma petite chambre A Smyrne, au plafond d'un café. Les Hadjis comptent leurs grains d'ambre Sur le seuil d'un rayon chauffé. " J'entre et je sors, accoutumée Aux blondes vapeurs des chibouchs, Et parmi les flots de fumée, Je rase turbans et tarbouchs. " Celle-ci : " J'habite un triglyphe Au fronton d'un temple, à Balbeck. Je m'y suspends avec ma griffe Sur mes petits au large bec. " Celle-là : " Voici mon adresse : Rhodes, palais des chevaliers ; Chaque hiver, ma tente s'y dresse Au chapiteau des noirs piliers. " La cinquième : " Je ferai halte, Car l'âge m'alourdit un peu, Aux blanches terrasses de Malte, Entre l'eau bleue et le ciel bleu. " La sixième : " Qu'on est à l'aise Au Caire, en haut des minarets ! J'empâte un ornement de glaise, Et mes quartiers d'hiver sont prêts. " " A la seconde cataracte, Fait la dernière, j'ai mon nid ; J'en ai noté la place exacte, Dans le pschent d'un roi de granit. " Toutes : " Demain combien de lieues Auront filé sous notre essaim, Plaines brunes, pics blancs, mers bleues Brodant d'écume leur bassin ! " Avec cris et battements d'ailes, Sur la moulure aux bords étroits, Ainsi jasent les hirondelles, Voyant venir la rouille aux bois. Je comprends tout ce qu'elles disent, Car le poète est un oiseau ; Mais, captif ses élans se brisent Contre un invisible réseau ! Des ailes ! des ailes ! des ailes ! Comme dans le chant de Ruckert, Pour voler, là-bas avec elles Au soleil d'or, au printemps vert !
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Ce que disent les hirondelles
Chanson d'automne. Déjà plus d'une feuille sèche Parsème les gazons jaunis ; Soir et matin, la brise est fraîche, Hélas ! les beaux jours sont finis ! On voit s'ouvrir les fleurs que garde Le jardin, pour dernier trésor : Le dahlia met sa cocarde Et le souci sa toque d'or. La pluie au bassin fait des bulles ; Les hirondelles sur le toit Tiennent des conciliabules : Voici l'hiver, voici le froid ! Elles s'assemblent par centaines, Se concertant pour le départ. L'une dit : " Oh ! que dans Athènes Il fait bon sur le vieux rempart ! " Tous les ans j'y vais et je niche Aux métopes du Parthénon. Mon nid bouche dans la corniche Le trou d'un boulet de canon. " L'autre : " J'ai ma petite chambre A Smyrne, au plafond d'un café. Les Hadjis comptent leurs grains d'ambre Sur le seuil d'un rayon chauffé. " J'entre et je sors, accoutumée Aux blondes vapeurs des chibouchs, Et parmi les flots de fumée, Je rase turbans et tarbouchs. " Celle-ci : " J'habite un triglyphe Au fronton d'un temple, à Balbeck. Je m'y suspends avec ma griffe Sur mes petits au large bec. " Celle-là : " Voici mon adresse : Rhodes, palais des chevaliers ; Chaque hiver, ma tente s'y dresse Au chapiteau des noirs piliers. " La cinquième : " Je ferai halte, Car l'âge m'alourdit un peu, Aux blanches terrasses de Malte, Entre l'eau bleue et le ciel bleu. " La sixième : " Qu'on est à l'aise Au Caire, en haut des minarets ! J'empâte un ornement de glaise, Et mes quartiers d'hiver sont prêts. " " A la seconde cataracte, Fait la dernière, j'ai mon nid ; J'en ai noté la place exacte, Dans le pschent d'un roi de granit. " Toutes : " Demain combien de lieues Auront filé sous notre essaim, Plaines brunes, pics blancs, mers bleues Brodant d'écume leur bassin ! " Avec cris et battements d'ailes, Sur la moulure aux bords étroits, Ainsi jasent les hirondelles, Voyant venir la rouille aux bois. Je comprends tout ce qu'elles disent, Car le poète est un oiseau ; Mais, captif ses élans se brisent Contre un invisible réseau ! Des ailes ! des ailes ! des ailes ! Comme dans le chant de Ruckert, Pour voler, là-bas avec elles Au soleil d'or, au printemps vert !
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xÀ Emmanuel Des Essarts. Quand d'une perte irréparable On garde au coeur le souvenir, On est parfois si misérable Qu'on délibère d'en finir. La vie extérieure oppresse : Son mobile et bruyant souci Fatigue... et dans cette détresse On murmure : « Que fais-je ici ? « Libre de fuir tout ce tumulte Où ma douleur n'a point de part, Où le train du monde l'insulte, Pourquoi retarder mon départ ? « Pourquoi cette illogique attente ? Les moyens sont prompts et divers, Pour l'homme que le néant tente, D'écarter du pied l'univers ! » Mais l'habitude, lâche et forte, Demande grâce au désespoir ; On se condamne et l'on supporte Un jour de plus sans le vouloir. Ah ! C'est qu'il faut si peu de chose Pour faire accepter chaque jour ! L'aube avec un bouton de rose Nous intéresse à son retour. La rose éclora tout à l'heure, Et l'on attend qu'elle ait souri ; Eclose, on attend qu'elle meure ; Elle est morte, une autre a fleuri ; On partait, mais une hirondelle Descend et glisse au ras du sol, Et l'oeil ne s'est séparé d'elle Qu'au ciel où s'est perdu son vol ; On partait, mais tout près s'éveille, Sous un battement d'éventail, Un frais zéphire qui conseille Avec l'espoir un dernier bail ; On partait, mais le bruit tout proche D'un marteau fidèle au labeur, Sonnant comme un mâle reproche, Fait rougir d'être un déserteur ; Tout nous convie à ne pas clore Notre destinée aujourd'hui ; Le malheur même est doux encore, Doux à soulager dans autrui : Une larme veut qu'on demeure Au moins le temps de l'essuyer ; Tout ce qui rit, tout ce qui pleure, Fait retourner le sablier. Ainsi l'agonie a des trêves : On ressaisit, au moindre appel, Le fil ténu des heures brèves Au seuil du mystère éternel. On accorde à cette agonie Que la main n'abrège jamais, Une lenteur indéfinie Où les adieux sont des délais ; Et sans se résigner à vivre Ni s'en aller avant son tour, On laisse les moments se suivre, Et le coeur battre au jour le jour.
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Au jour le jour
xÀ Emmanuel Des Essarts. Quand d'une perte irréparable On garde au coeur le souvenir, On est parfois si misérable Qu'on délibère d'en finir. La vie extérieure oppresse : Son mobile et bruyant souci Fatigue... et dans cette détresse On murmure : « Que fais-je ici ? « Libre de fuir tout ce tumulte Où ma douleur n'a point de part, Où le train du monde l'insulte, Pourquoi retarder mon départ ? « Pourquoi cette illogique attente ? Les moyens sont prompts et divers, Pour l'homme que le néant tente, D'écarter du pied l'univers ! » Mais l'habitude, lâche et forte, Demande grâce au désespoir ; On se condamne et l'on supporte Un jour de plus sans le vouloir. Ah ! C'est qu'il faut si peu de chose Pour faire accepter chaque jour ! L'aube avec un bouton de rose Nous intéresse à son retour. La rose éclora tout à l'heure, Et l'on attend qu'elle ait souri ; Eclose, on attend qu'elle meure ; Elle est morte, une autre a fleuri ; On partait, mais une hirondelle Descend et glisse au ras du sol, Et l'oeil ne s'est séparé d'elle Qu'au ciel où s'est perdu son vol ; On partait, mais tout près s'éveille, Sous un battement d'éventail, Un frais zéphire qui conseille Avec l'espoir un dernier bail ; On partait, mais le bruit tout proche D'un marteau fidèle au labeur, Sonnant comme un mâle reproche, Fait rougir d'être un déserteur ; Tout nous convie à ne pas clore Notre destinée aujourd'hui ; Le malheur même est doux encore, Doux à soulager dans autrui : Une larme veut qu'on demeure Au moins le temps de l'essuyer ; Tout ce qui rit, tout ce qui pleure, Fait retourner le sablier. Ainsi l'agonie a des trêves : On ressaisit, au moindre appel, Le fil ténu des heures brèves Au seuil du mystère éternel. On accorde à cette agonie Que la main n'abrège jamais, Une lenteur indéfinie Où les adieux sont des délais ; Et sans se résigner à vivre Ni s'en aller avant son tour, On laisse les moments se suivre, Et le coeur battre au jour le jour.
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Bien des gens ont mis leurs sentiments en mots pour soulager leur cœur trop lourd. Il me semble alors utile de le faire maintenant parce que traîner mon corps est un supplice. Je te sens m’éviter, sachant très bien ce qui s’est passé, mais refusant de prendre ta part de responsabilité. Nous étions deux. Tu m’as dit que c’était compliqué. J’ai tout accepté en étant sous l’effet de l’étincelle du moment que tu m’avais offert. Tu exprimais tes remords tout en continuant ce que nous avions commencé. Tout est flou à présent. Un instant tu était l’ami qui pouvait me faire sourire même lorsque le ciel me tombait sur la tête et en une fraction de seconde, tu balayais cette relation du revers de la main. « Je n’aurais pas dû faire ça » tu m’as dit. Et pourtant tu l’as fait. Je ne crois pas à l’effet de l’alcool. Étais-je simplement le fruit d’une impulsion ou juste une autre de plus? J’ai mal. Je t’ai donné l’occasion de m’expliquer et tu t’entêtes à éviter de me répondre clairement. Je ne peux plus manger. Tout me tente et me dégoûte à la fois. Je ne regrette pas que tu aies été le premier. C’était à la limite romantique. Cependant, je ne peux l’oublier, la scène repasse sans cesse. Je ne peux pas nier que je rêve d’un autre moment comme celui-là avec toi. Je n’aurais pas pu imaginer un first kiss plus parfait. Oui, il m’a surpris, mais je pense qu’il le fallait. Tu es tellement attentionné, tu ne sais pas la valeur que tu as. Tu as su me transmettre ta confiance et ta joie. Tu as rendu mes 18 ans inoubliables. Passer mes mains dans tes cheveux, danser avec incohérence au gré d’une musique qui faisait vibrer de l’intérieur et t’embrasser avec un peu trop de vigueur. Je ne pourrai jamais te dire à quel point tu es une personne hors du commun. J’ai presque honte de mes sentiments parce que je sais que pour toi, l’amitié est le seul fil qui nous relie. Il faut que ça sorte pour que j’aille mieux. Je me trouve si extravagante d’en faire toute une histoire pour de frivoles embrassades de bar, mais il y a de quoi se poser des questions. Je ne sais pas si tu aura le courage de tout lire. Dans mon fort intérieur je sens que j’éprouve quelque chose pour toi. C’est indéniable. J’ai passé des heures à scruter à la loupe ce que j’en pensais. Sans l’ombre d’un doute, ce n’est pas l’amitié qui me fait vivre. P.S. La fille qui rentra un jour au bar pour en ressortir comme une femme.
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Apr 28, 2019
Apr 28, 2019 at 11:35 PM UTC
L’âge adulte
Bien des gens ont mis leurs sentiments en mots pour soulager leur cœur trop lourd. Il me semble alors utile de le faire maintenant parce que traîner mon corps est un supplice. Je te sens m’éviter, sachant très bien ce qui s’est passé, mais refusant de prendre ta part de responsabilité. Nous étions deux. Tu m’as dit que c’était compliqué. J’ai tout accepté en étant sous l’effet de l’étincelle du moment que tu m’avais offert. Tu exprimais tes remords tout en continuant ce que nous avions commencé. Tout est flou à présent. Un instant tu était l’ami qui pouvait me faire sourire même lorsque le ciel me tombait sur la tête et en une fraction de seconde, tu balayais cette relation du revers de la main. « Je n’aurais pas dû faire ça » tu m’as dit. Et pourtant tu l’as fait. Je ne crois pas à l’effet de l’alcool. Étais-je simplement le fruit d’une impulsion ou juste une autre de plus? J’ai mal. Je t’ai donné l’occasion de m’expliquer et tu t’entêtes à éviter de me répondre clairement. Je ne peux plus manger. Tout me tente et me dégoûte à la fois. Je ne regrette pas que tu aies été le premier. C’était à la limite romantique. Cependant, je ne peux l’oublier, la scène repasse sans cesse. Je ne peux pas nier que je rêve d’un autre moment comme celui-là avec toi. Je n’aurais pas pu imaginer un first kiss plus parfait. Oui, il m’a surpris, mais je pense qu’il le fallait. Tu es tellement attentionné, tu ne sais pas la valeur que tu as. Tu as su me transmettre ta confiance et ta joie. Tu as rendu mes 18 ans inoubliables. Passer mes mains dans tes cheveux, danser avec incohérence au gré d’une musique qui faisait vibrer de l’intérieur et t’embrasser avec un peu trop de vigueur. Je ne pourrai jamais te dire à quel point tu es une personne hors du commun. J’ai presque honte de mes sentiments parce que je sais que pour toi, l’amitié est le seul fil qui nous relie. Il faut que ça sorte pour que j’aille mieux. Je me trouve si extravagante d’en faire toute une histoire pour de frivoles embrassades de bar, mais il y a de quoi se poser des questions. Je ne sais pas si tu aura le courage de tout lire. Dans mon fort intérieur je sens que j’éprouve quelque chose pour toi. C’est indéniable. J’ai passé des heures à scruter à la loupe ce que j’en pensais. Sans l’ombre d’un doute, ce n’est pas l’amitié qui me fait vivre. P.S. La fille qui rentra un jour au bar pour en ressortir comme une femme.
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Sonnet. Chaque nuit, tourmenté par un doute nouveau, Je provoque le sphinx, et j'affirme et je nie... Plus terrible se dresse aux heures d'insomnie L'inconnu monstrueux qui hante mon cerveau. En silence, les yeux grands ouverts, sans flambeau, Sur le géant je tente une étreinte infinie, Et dans mon lit étroit, d'où la joie est bannie, Je lutte sans bouger comme dans un tombeau. Parfois ma mère vient, lève sur moi sa lampe Et me dit, en voyant la sueur qui me trempe : « Souffres-tu, mon enfant ? Pourquoi ne dors-tu pas ? Je lui réponds, ému de sa bonté chagrine, Une main sur mon front, l'autre sur ma poitrine : « Avec Dieu cette nuit, mère, j'ai des combats. »
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La lutte
S'asseoir tous deux au bord d'un flot qui passe, Le voir passer ; Tous deux, s'il glisse un nuage en l'espace, Le voir glisser ; À l'horizon, s'il fume un toit de chaume, Le voir fumer ; Aux alentours, si quelque fleur embaume, S'en embaumer ; Si quelque fruit, où les abeilles goûtent, Tente, y goûter ; Si quelque oiseau, dans les bois qui l'écoutent, Chante, écouter... Entendre au pied du saule où l'eau murmure L'eau murmurer ; Ne pas sentir, tant que ce rêve dure, Le temps durer ; Mais n'apportant de passion profonde Qu'à s'adorer ; Sans nul souci des querelles du monde, Les ignorer ; Et seuls, heureux devant tout ce qui lasse, Sans se lasser, Sentir l'amour, devant tout ce qui passe, Ne point passer !
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Au bord de l'eau
Le bal champêtre est sous la tente. On prend en vain des airs moqueurs ; Toute une musique flottante Passe des oreilles aux coeurs. On entre, on fait cette débauche De voir danser en plein midi Près d'une Madelon point gauche Un Gros-Pierre point engourdi. On regarde les marrons frire ; La bière mousse, et les plateaux Offrent aux dents pleines de rire Des mosaïques de gâteaux. Le soir on va dîner sur l'herbe ; On est *** content, berger, roi, Et, sans savoir comment, superbe, Et tendre, sans savoir pourquoi. Feuilles vertes et nappes blanches ; Le couchant met le bois en feu ; La joie ouvre ses ailes franches : Comme le ciel immense est bleu !
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Fêtes de village en plein air
Voici le soir charmant, ami du criminel ; Il vient comme un complice, à pas de loup ; le ciel Se ferme lentement comme une grande alcôve, Et l'homme impatient se change en bête fauve. Ô soir, aimable soir, désiré par celui Dont les bras, sans mentir, peuvent dire : Aujourd'hui Nous avons travaillé ! - C'est le soir qui soulage Les esprits que dévore une douleur sauvage, Le savant obstiné dont le front s'alourdit, Et l'ouvrier courbé qui regagne son lit. Cependant des démons malsains dans l'atmosphère S'éveillent lourdement, comme des gens d'affaire, Et cognent en volant les volets et l'auvent. À travers les lueurs que tourmente le vent La Prostitution s'allume dans les rues ; Comme une fourmilière elle ouvre ses issues ; Partout elle se fraye un occulte chemin, Ainsi que l'ennemi qui tente un coup de main ; Elle remue au sein de la cité de fange Comme un ver qui dérobe à l'homme ce qu'il mange. On entend çà et là les cuisines siffler, Les théâtres glapir, les orchestres ronfler ; Les tables d'hôte, dont le jeu fait les délices, S'emplissent de catins et d'escrocs, leurs complices, Et les voleurs, qui n'ont ni trêve ni merci, Vont bientôt commencer leur travail, eux aussi, Et forcer doucement les portes et les caisses Pour vivre quelques jours et vêtir leurs maîtresses. Recueille-toi, mon âme, en ce grave moment, Et ferme ton oreille à ce rugissement. C'est l'heure où les douleurs des malades s'aigrissent ! La sombre Nuit les prend à la gorge ; ils finissent Leur destinée et vont vers le gouffre commun ; L'hôpital se remplit de leurs soupirs. - Plus d'un Ne viendra plus chercher la soupe parfumée, Au coin du feu, le soir, auprès d'une âme aimée. Encore la plupart n'ont-ils jamais connu La douceur du foyer et n'ont jamais vécu !
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Le crépuscule du soir
Voici le soir charmant, ami du criminel ; Il vient comme un complice, à pas de loup ; le ciel Se ferme lentement comme une grande alcôve, Et l'homme impatient se change en bête fauve. Ô soir, aimable soir, désiré par celui Dont les bras, sans mentir, peuvent dire : Aujourd'hui Nous avons travaillé ! - C'est le soir qui soulage Les esprits que dévore une douleur sauvage, Le savant obstiné dont le front s'alourdit, Et l'ouvrier courbé qui regagne son lit. Cependant des démons malsains dans l'atmosphère S'éveillent lourdement, comme des gens d'affaire, Et cognent en volant les volets et l'auvent. À travers les lueurs que tourmente le vent La Prostitution s'allume dans les rues ; Comme une fourmilière elle ouvre ses issues ; Partout elle se fraye un occulte chemin, Ainsi que l'ennemi qui tente un coup de main ; Elle remue au sein de la cité de fange Comme un ver qui dérobe à l'homme ce qu'il mange. On entend çà et là les cuisines siffler, Les théâtres glapir, les orchestres ronfler ; Les tables d'hôte, dont le jeu fait les délices, S'emplissent de catins et d'escrocs, leurs complices, Et les voleurs, qui n'ont ni trêve ni merci, Vont bientôt commencer leur travail, eux aussi, Et forcer doucement les portes et les caisses Pour vivre quelques jours et vêtir leurs maîtresses. Recueille-toi, mon âme, en ce grave moment, Et ferme ton oreille à ce rugissement. C'est l'heure où les douleurs des malades s'aigrissent ! La sombre Nuit les prend à la gorge ; ils finissent Leur destinée et vont vers le gouffre commun ; L'hôpital se remplit de leurs soupirs. - Plus d'un Ne viendra plus chercher la soupe parfumée, Au coin du feu, le soir, auprès d'une âme aimée. Encore la plupart n'ont-ils jamais connu La douceur du foyer et n'ont jamais vécu !
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Sonnet. Il est amer et doux, pendant les nuits d'hiver, D'écouter, près du feu qui palpite et qui fume, Les souvenirs lointains lentement s'élever Au bruit des carillons qui chantent dans la brume, Bienheureuse la cloche au gosier vigoureux Qui, malgré sa vieillesse, alerte et bien portante, Jette fidèlement son cri religieux, Ainsi qu'un vieux soldat qui veille sous la tente ! Moi, mon âme est fêlée, et lorsqu'en ses ennuis Elle veut de ses chants peupler l'air froid des nuits, Il arrive souvent que sa voix affaiblie Semble le râle épais d'un blessé qu'on oublie Au bord d'un lac de sang, sous un grand tas de morts, Et qui meurt, sans bouger, dans d'immenses efforts.
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La cloche fêlée
Je suis la Muse, Ta Muse Ta pudique, Ta sage cornemuse Sisypha, l 'allumeuse, tisseuse de tes envies, Je t'enflamme, Je te seconde, Je te féconde, Je suis l 'idée, le mot, le rêve, l'espoir L'image ! Je craque un mot sur le grattoir Et la flamme jaillit, tu enfantes un monde Le feu de ton imagination te rend fébrile Et je savoure, je me délecte et je me décapsule Quand sous l 'emprise de cette terrible envie de moi Religieusement tu bandes, tu gonfles, tu te dilates Tu brûles d'aller boire au plus profond de moi Tu aspires à m'aspirer en toi. J 'appuie à distance sur le détonateur Tu exploses ! Et moi au **** je danse, je cours, je vole, je souris et je dégouline de poèmes ! Tu sais tout, tu es mon ombre Tu m'as entendue Tu m'as vue dans le miroir chanter le vin clairet Tu as aperçu mes lambeaux de poèmes lubriques Tu me cherches dans chaque enlacement passionné Je te cherche aussi On s'est croisé au pied du Vésuve Je marchais insouciante Et tu m'as appelée Gradiva. Tu vois ? Même si on ne se voit jamais On se sera déjà vus ! Je suis ta Muse Notre amour est ainsi fait Amour-sourire de Muse et Artiste Nous nous imbriquons l'un dans l'autre Toi l 'artiste prodige et moi la sublime Muse Jamais je ne me suis doutée que j'avais les pieds aussi beaux ! C'est toi qui les as façonnés ainsi ? Alea jacta est C'est le destin qui m'a mis dans ta bouche Ne te mords pas les lèvres Accomplis tes quatre-vingt-huit travaux d'Hercule Je suis la résille de soie grège Que tu tisses lentement de tes doigts agiles En mailles losanges ou carrées Cette résille est digne des Pléiades.. Tu dévides ta navette et au fur à mesure que tu crochètes Le filet de soie prend forme Et se fait crespine Je m'inquiète : Vas-tu vouloir avec ce filet capturer Sisypha qui palpite au creux de ma nuque Pour la garder prisonnière de la cage De l 'oiseau qui me picore ? Ou vas-tu En ceindre mes cheveux Et les emprisonner Dans ta tour de soie ? Ou veux -tu que je le porte Sous ma bombe de cavalière chaque fois que je te chevauche Et que je tente de dresser ta monture Aux sabots gravés de mon monogramme ? Ou peut-être fétichiste Concoctes-tu derrière ces mailles Une surprise pour Sisypha : Un petit body décolleté en résille jaune Et un débardeur en résille noire ?
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 12:00 PM UTC
L 'allumeuse
Je suis la Muse, Ta Muse Ta pudique, Ta sage cornemuse Sisypha, l 'allumeuse, tisseuse de tes envies, Je t'enflamme, Je te seconde, Je te féconde, Je suis l 'idée, le mot, le rêve, l'espoir L'image ! Je craque un mot sur le grattoir Et la flamme jaillit, tu enfantes un monde Le feu de ton imagination te rend fébrile Et je savoure, je me délecte et je me décapsule Quand sous l 'emprise de cette terrible envie de moi Religieusement tu bandes, tu gonfles, tu te dilates Tu brûles d'aller boire au plus profond de moi Tu aspires à m'aspirer en toi. J 'appuie à distance sur le détonateur Tu exploses ! Et moi au **** je danse, je cours, je vole, je souris et je dégouline de poèmes ! Tu sais tout, tu es mon ombre Tu m'as entendue Tu m'as vue dans le miroir chanter le vin clairet Tu as aperçu mes lambeaux de poèmes lubriques Tu me cherches dans chaque enlacement passionné Je te cherche aussi On s'est croisé au pied du Vésuve Je marchais insouciante Et tu m'as appelée Gradiva. Tu vois ? Même si on ne se voit jamais On se sera déjà vus ! Je suis ta Muse Notre amour est ainsi fait Amour-sourire de Muse et Artiste Nous nous imbriquons l'un dans l'autre Toi l 'artiste prodige et moi la sublime Muse Jamais je ne me suis doutée que j'avais les pieds aussi beaux ! C'est toi qui les as façonnés ainsi ? Alea jacta est C'est le destin qui m'a mis dans ta bouche Ne te mords pas les lèvres Accomplis tes quatre-vingt-huit travaux d'Hercule Je suis la résille de soie grège Que tu tisses lentement de tes doigts agiles En mailles losanges ou carrées Cette résille est digne des Pléiades.. Tu dévides ta navette et au fur à mesure que tu crochètes Le filet de soie prend forme Et se fait crespine Je m'inquiète : Vas-tu vouloir avec ce filet capturer Sisypha qui palpite au creux de ma nuque Pour la garder prisonnière de la cage De l 'oiseau qui me picore ? Ou vas-tu En ceindre mes cheveux Et les emprisonner Dans ta tour de soie ? Ou veux -tu que je le porte Sous ma bombe de cavalière chaque fois que je te chevauche Et que je tente de dresser ta monture Aux sabots gravés de mon monogramme ? Ou peut-être fétichiste Concoctes-tu derrière ces mailles Une surprise pour Sisypha : Un petit body décolleté en résille jaune Et un débardeur en résille noire ?
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Sinto-me fraco e impotente Quando ouço o que dizes Só para me ver contente. Nessa vã tentativa, eu sorrio Para sentires que cumpriste o objetivo. Dizes-me que estou cada vez mais frio E eu calo-me para não ser repetitivo. Recuso-me a explicar-te novamente Que nada nem ninguém poderá mudar O que vai na minha mente E que ninguém me pode ajudar Mesmo que tente incansavelmente. É algo com que aprendi a lidar Embora contra a minha vontade E mesmo que tentasse explicar Iria ficar pela metade. Vou tentar: Talvez assim me sinta menos cobarde! É um sentimento que vem acompanhado... Por estar neste estado Acabo me sentindo culpado. Culpado por ser insuficiente. Insuficiente para o que quer que seja. Só quero seguir de forma prudente, Não é isso que todo o mundo deseja? Sinto-me um fardo, Não me leves a mal, Mas estou farto. São os sentimentos que se atropelam, Vozes na minha cabeça que não se calam, Dúvidas que se interpelam E outras coisas que me abalam E me deixam ansioso. A ansiedade gera medo E o medo gera ansiedade. É neste ciclo vicioso, Entre medos e outros enredos Que eu me encontro com a realidade.
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May 1, 2018
May 1, 2018 at 4:11 PM UTC
Eu
Toi ! sois bénie à jamais ! Ève qu'aucun fruit ne tente Il ! Qui de la vertu contente Habite les purs sommets ! Âme sans tache et sans rides, Baignant tes ailes candides, À l'ombre et bien **** des yeux, Dans un flot mystérieux, Moiré de reflets splendides ! Sais-tu ce qu'en te voyant L'indigent dit quand tu passes ? - « Voici le front plein de grâces Qui sourit au suppliant ! Notre infortune la touche. Elle incline à notre couche Un visage radieux ; Et les mots mélodieux Sortent charmants de sa bouche ! » - Sais-tu, les yeux vers le ciel, Ce que dit la pauvre veuve ? - « Un ange au fiel qui m'abreuve Est venu mêler son miel. Comme à l'herbe la rosée, Sur ma misère épuisée, Ses bienfaits sont descendus. Nos cœurs se sont entendus, Elle heureuse, et moi brisée ! J'ai senti que rien d'impur Dans sa gaîté ne se noie, Et que son front a la joie Comme le ciel a l'azur. Son œil de même a su lire Que le deuil qui me déchire N'a que de saintes douleurs. Comme elle a compris mes pleurs, Moi, j'ai compris son sourire ! » - Pour parler des orphelins, Quand, près du foyer qui tremble, Dans mes genoux je rassemble Tes enfants de ton cœur pleins ; Quand je leur dis l'hiver sombre, La faim, et les maux sans nombre Des petits abandonnés, Et qu'à peine sont-ils nés Qu'ils s'en vont pieds nus dans l'ombre ; Tandis que, silencieux, Le groupe écoute et soupire, Sais-tu ce que semblent dire Leurs yeux pareils à tes yeux ? - « Vous qui n'avez rien sur terre, Venez chez nous ! pour vous plaire Nous nous empresserons tous ; Et vous aurez comme nous Votre part de notre mère ! » Sais-tu ce que dit mon cœur ? - « Elle est indulgente et douce, Et sa lèvre ne repousse Aucune amère liqueur. Mère pareille à sa fille, Elle luit dans ma famille Sur mon front que l'ombre atteint. Le front se ride et s'éteint, La couronne toujours brille ! » - Au-dessus des passions, Au-dessus de la colère, Ton noble esprit ne sait faire Que de nobles actions. Quand jusqu'à nous tu te penches, C'est ainsi que tu t'épanches Sur nos cœurs que tu soumets. D'un cygne il ne peut jamais Tomber que des plumes blanches ! Octobre 18...
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Toi ! sois bénie à jamais
Toi ! sois bénie à jamais ! Ève qu'aucun fruit ne tente Il ! Qui de la vertu contente Habite les purs sommets ! Âme sans tache et sans rides, Baignant tes ailes candides, À l'ombre et bien **** des yeux, Dans un flot mystérieux, Moiré de reflets splendides ! Sais-tu ce qu'en te voyant L'indigent dit quand tu passes ? - « Voici le front plein de grâces Qui sourit au suppliant ! Notre infortune la touche. Elle incline à notre couche Un visage radieux ; Et les mots mélodieux Sortent charmants de sa bouche ! » - Sais-tu, les yeux vers le ciel, Ce que dit la pauvre veuve ? - « Un ange au fiel qui m'abreuve Est venu mêler son miel. Comme à l'herbe la rosée, Sur ma misère épuisée, Ses bienfaits sont descendus. Nos cœurs se sont entendus, Elle heureuse, et moi brisée ! J'ai senti que rien d'impur Dans sa gaîté ne se noie, Et que son front a la joie Comme le ciel a l'azur. Son œil de même a su lire Que le deuil qui me déchire N'a que de saintes douleurs. Comme elle a compris mes pleurs, Moi, j'ai compris son sourire ! » - Pour parler des orphelins, Quand, près du foyer qui tremble, Dans mes genoux je rassemble Tes enfants de ton cœur pleins ; Quand je leur dis l'hiver sombre, La faim, et les maux sans nombre Des petits abandonnés, Et qu'à peine sont-ils nés Qu'ils s'en vont pieds nus dans l'ombre ; Tandis que, silencieux, Le groupe écoute et soupire, Sais-tu ce que semblent dire Leurs yeux pareils à tes yeux ? - « Vous qui n'avez rien sur terre, Venez chez nous ! pour vous plaire Nous nous empresserons tous ; Et vous aurez comme nous Votre part de notre mère ! » Sais-tu ce que dit mon cœur ? - « Elle est indulgente et douce, Et sa lèvre ne repousse Aucune amère liqueur. Mère pareille à sa fille, Elle luit dans ma famille Sur mon front que l'ombre atteint. Le front se ride et s'éteint, La couronne toujours brille ! » - Au-dessus des passions, Au-dessus de la colère, Ton noble esprit ne sait faire Que de nobles actions. Quand jusqu'à nous tu te penches, C'est ainsi que tu t'épanches Sur nos cœurs que tu soumets. D'un cygne il ne peut jamais Tomber que des plumes blanches ! Octobre 18...
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Oh ! vous aurez trop dit au pauvre petit ange Qu'il est d'autres anges là-haut, Que rien ne souffre au ciel, que jamais rien n'y change, Qu'il est doux d'y rentrer bientôt ; Que le ciel est un dôme aux merveilleux pilastres, Une tente aux riches couleurs, Un jardin bleu rempli de lis qui sont des astres, Et d'étoiles qui sont des fleurs ; Que c'est un lieu joyeux plus qu'on ne saurait dire, Où toujours, se laissant charmer, On a les chérubins pour jouer et pour rire, Et le bon Dieu pour nous aimer ; Qu'il est doux d'être un coeur qui brûle comme un cierge, Et de vivre, en toute saison, Près de l'enfant Jésus et de la sainte Vierge Dans une si belle maison ! Et puis vous n'aurez pas assez dit, pauvre mère, A ce fils si frêle et si doux, Que vous étiez à lui dans cette vie amère, Mais aussi qu'il était à vous ; Que, tant qu'on est petit, la mère sur nous veille, Mais que plus **** on la défend ; Et qu'elle aura besoin, quand elle sera vieille, D'un homme qui soit son enfant ; Vous n'aurez point assez dit à cette jeune âme Que Dieu veut qu'on reste ici-bas, La femme guidant l'homme et l'homme aidant la femme, Pour les douleurs et les combats ; Si bien qu'un jour, ô deuil ! irréparable perte ! Le doux être s'en est allé !... - Hélas ! vous avez donc laissé la cage ouverte, Que votre oiseau s'est envolé ! Avril 1843.
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À la mère de l'enfant mort
lave bem teus cabelos e encha uma caneca com um excelente pó de café ou em grãos. selecione um bom hidratante e conheça cada centímetro de pele do teu corpo. acenda um cigarro, dê um trago e depois jogue-o fora, se assim preferir. tire uma foto de algo ou alguém que amas muito. depois emoldure e pendure numa parede bonita. talvez em tons de ciano ou magenta. olhe bem pro céu. se for chuva calce uma bota, se for sol ande descalço. ou vice-versa. pense no que gostaria de almoçar hoje. prepare uma refeição com as próprias mãos que supere suas expectativas. talvez alho e pimenta. ou quem sabe só um pouco de sal. tente sorrir agora e se não conseguir tudo bem. faça outra tentativa mais tarde. respire devagarinho. pense em todas as nuvens do mundo. diga que se ama apesar de tudo.
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Oct 26, 2017
Oct 26, 2017 at 11:54 PM UTC
cuide de si
When you're speaking a language that you're not used to, just Try. In my language, we say: Tente. This is the thing that puts my people in movement: We try. Nós tentamos, and this is what make us a happy people.
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Mar 8, 2016
Mar 8, 2016 at 8:52 PM UTC
Try
Ces vers que toi seule aurais lus, L'œil des indifférents les tente ; Sans gagner un ami de plus J'ai donc trahi ma confidente. Enfant, je t'ai dit qui j'aimais, Tu sais le nom de la première ; Sa grâce ne mourra jamais Dans mes yeux qu'avec la lumière. Ah ! si les jeunes gens sont fous, Leur enthousiasme s'expie ; On se meurtrit bien les genoux Quand on veut saluer la vie. J'ai cru dissiper cet amour ; Voici qu'il retombe en rosée, Et je sens son muet retour Où chaque larme s'est posée.
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À ma sœur
Ma muse, mon Intangible, Ma grande folie, mon gros grain de fantaisie Chaque fois que mon bec d'orphie bleu océan tranquille Tente d'arraisonner au coeur de tes abysses Pour t'engloutir de ses lèvres T'honorer et te chanter A peine t'a-t'il effleurée Tu te cabres apeurée dans les ténèbres. Tu rues des quatre fers Tu me désarçonnes. Sans ménagement Tu m'éjectes de ta fan zone. Tu te renfermes et tu me dis : Arrête ! Arrête ! Arrête ! Veux-tu donc me dépecer Après m'avoir harponnée Fait mariner, assaisonnée Me griller au feu de bois Et me déguster jusqu'à la dernière arête vert émeraude ? J'en perds ma grammaire et ma conjugaison L'intransitif se transitive Le passif s'active Le futur se conditionne À quoi tu joues, polissonne ? Tu ne parles pas la langue des orphies ? Comment veux-tu que je me raisonne Si constamment tu me déraisonnes Que je m'arc-boute Si en permanence tu me désarçonnes Que je m'aiguillonne Si aux portes du précipice tu me retiens du déséquilibre ?
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 11:37 AM UTC
Ma grande folie
Sachant toute la peine dont je suis cruellement frappée, je ne peux me résoudre à souffrir sous les coups d’un autre. Il paraît impensable de laisser volontairement entrer un second voleur dans mes entrailles. Je ressens encore les vils cicatrices qui m’ont été si sauvagement assénées. Mon corps, marqué au fer rouge, implore d’être à nouveau convoité. Un malfrat s’est emparé de ma lueur incandescente. Un maigre feu vacille désormais aux moindres tressaillements. C’est au gré des pleurs que meure le dernier éclat de mes jours heureux. Je n’ai eu de cesse que d’aimer, sans porter une réelle attention aux frasques enfantines. Aveuglement, c’est de cette manière que j’ai perdu pied. Le sol s’est dérobé et aucun rafiot ne fut assez vaillant pour contenir ma dérive. C'est en me débattant contre l'indomptable férocité de l’immensité que je tente de survivre à présent. Seule, poussant de grands gestes dans l’espoir d'agripper la vie. Et pourtant, je ne réussi qu'à empoigner une corde rompue, pitoyablement arrachée à sa jumelle de toujours. Je la voyais comme une onéreuse parure, aujourd’hui c’est une chaîne massive et je coule avec elle. Aucun hurlement ne parvient à rompre ce silence au milieu du tumulte.
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May 6, 2021
May 6, 2021 at 9:42 PM UTC
First, too short, love
Lorsque Abd-el-Kader dans sa geôle Vit entrer l'homme aux yeux étroits Que l'histoire appelle - ce drôle, - Et Troplong - Napoléon trois ; Qu'il vit venir, de sa croisée, Suivi du troupeau qui le sert, L'homme louche de l'Elysée, - Lui, l'homme fauve du désert ; Lui, le sultan né sous les palmes, Le compagnon des lions roux, Le hadji farouche aux yeux calmes, L'émir pensif, féroce et doux ; Lui, sombre et fatal personnage Qui, spectre pâle au blanc burnous, Bondissait, ivre de carnage, Puis tombait dans l'ombre à genoux ; Qui, de sa tente ouvrant les toiles, Et priant au bord du chemin, Tranquille, montrait aux étoiles Ses mains teintes de sang humain ; Qui donnait à boire aux épées, Et qui, rêveur mystérieux, Assis sur des têtes coupées, Contemplait la beauté des cieux ; Voyant ce regard fourbe et traître, Ce front bas, de honte obscurci, Lui, le beau soldat, le beau prêtre, Il dit : « Quel est cet homme-ci ? » Devant ce vil masque à moustaches, Il hésita ; mais on lui dit : « Regarde, émir, passer les haches ! Cet homme, c'est César bandit. « Ecoute ces plaintes amères Et cette clameur qui grandit. Cet homme est maudit par les mères, Par les femmes il est maudit ; « Il les fait veuves, Il les navre Il prit la France et la tua, Il ronge à présent son cadavre. » Alors le hadji salua. Mais au fond toutes ses pensées Méprisaient le sanglant gredin Le tigre aux narines froncées Flairait ce loup avec dédain. Jersey, le 20 novembre.
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Orientale
Lorsque Abd-el-Kader dans sa geôle Vit entrer l'homme aux yeux étroits Que l'histoire appelle - ce drôle, - Et Troplong - Napoléon trois ; Qu'il vit venir, de sa croisée, Suivi du troupeau qui le sert, L'homme louche de l'Elysée, - Lui, l'homme fauve du désert ; Lui, le sultan né sous les palmes, Le compagnon des lions roux, Le hadji farouche aux yeux calmes, L'émir pensif, féroce et doux ; Lui, sombre et fatal personnage Qui, spectre pâle au blanc burnous, Bondissait, ivre de carnage, Puis tombait dans l'ombre à genoux ; Qui, de sa tente ouvrant les toiles, Et priant au bord du chemin, Tranquille, montrait aux étoiles Ses mains teintes de sang humain ; Qui donnait à boire aux épées, Et qui, rêveur mystérieux, Assis sur des têtes coupées, Contemplait la beauté des cieux ; Voyant ce regard fourbe et traître, Ce front bas, de honte obscurci, Lui, le beau soldat, le beau prêtre, Il dit : « Quel est cet homme-ci ? » Devant ce vil masque à moustaches, Il hésita ; mais on lui dit : « Regarde, émir, passer les haches ! Cet homme, c'est César bandit. « Ecoute ces plaintes amères Et cette clameur qui grandit. Cet homme est maudit par les mères, Par les femmes il est maudit ; « Il les fait veuves, Il les navre Il prit la France et la tua, Il ronge à présent son cadavre. » Alors le hadji salua. Mais au fond toutes ses pensées Méprisaient le sanglant gredin Le tigre aux narines froncées Flairait ce loup avec dédain. Jersey, le 20 novembre.
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