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"suivant" poems
La prudence est bonne de soi, Mais la pousser trop **** est une duperie : L'exemple suivant en fait foi. Des moineaux habitaient dans une métairie : Un beau champ de millet, voisin de la maison, Leur donnait du grain à foison. Ces moineaux dans le champ passaient toute leur vie, Occupés de gruger les épis de millet Le vieux chat du logis les guettait d'ordinaire, Tournait et retournait ; mais il avait beau faire, Sitôt qu'il paraissait la bande s'envolait. Comment les attraper ? Notre vieux chat y songe, Médite, fouille en son cerveau, Et trouve un tour tout neuf. II va tremper dans l'eau Sa patte dont il fait éponge. Dans du millet en grain aussitôt il la plonge ; Le grain s'attache tout autour. Alors à cloche-pied, sans bruit, par un détour, II va gagner le champ, s'y couche La patte en l'air et sur le dos, Ne bougeant non plus qu'une souche : Sa patte ressemblait à l'épi le plus gros. L'oiseau s'y méprenait, il approchait sans crainte, Venait pour becqueter ; de l'autre patte, crac, Voilà mon oiseau dans le sac. Il en prit vingt par cette feinte. Un moineau s'aperçoit du piège scélérat, Et prudemment fuit la machine ; Mais dès ce jour il s'imagine Que chaque épi de grain était patte de chat. Au fond de son trou solitaire II se retire, et plus n'en sort, Supporte la faim, la misère, Et meurt pour éviter la mort.
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Le chat et le moineau
Tes pieds sont aussi fins que tes mains, et ta hanche Est Large à faire envie à la plus belle blanche ; A l'artiste pensif ton corps est doux et cher ; Tes grands yeux de velours sont plus noirs que ta chair. Aux pays chauds et bleus où ton Dieu t'a fait naître, Ta tâche est d'allumer la pipe de ton maître, De pourvoir les flacons d'eaux fraîches et d'odeurs, De chasser **** du lit les moustiques rôdeurs, Et, dès que le matin fait chanter les platanes, D'acheter au bazar ananas et bananes. Tout le jour, où tu veux, tu mènes tes pieds nus Et fredonnes tout bas de vieux airs inconnus ; Et quand descend le soir au manteau d'écarlate, Tu poses doucement ton corps sur une natte, Où tes rêves flottants sont pleins de colibris, Et toujours, comme toi, gracieux et fleuris. Pourquoi, l'heureuse enfant, veux-tu voir notre France, Ce pays trop peuplé que fauche la souffrance, Et, confiant ta vie aux bras forts des marins, Faire de grands adieux à tes chers tamarins ? Toi, vêtue à moitié de mousselines frêles, Frissonnante là-bas sous la neige et les grêles, Comme tu pleurerais tes loisirs doux et francs, Si, le corset brutal emprisonnant tes flancs, Il te fallait glaner ton souper dans nos fanges Et vendre le parfum de tes charmes étranges, L'oeil pensif, et suivant, dans nos sales brouillards, Des cocotiers absents les fantômes épars !
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À une Malabaraise
Jusqu'à présent, lecteur, suivant l'antique usage, Je te disais bonjour à la première page. Mon livre, cette fois, se ferme moins gaiement ; En vérité, ce siècle est un mauvais moment. Tout s'en va, les plaisirs et les moeurs d'un autre âge, Les rois, les dieux vaincus, le hasard triomphant, Rosafinde et Suzon qui me trouvent trop sage, Lamartine vieilli qui me traite en enfant. La politique, hélas ! voilà notre misère. Mes meilleurs ennemis me conseillent d'en faire. Être rouge ce soir, blanc demain, ma foi, non. Je veux, quand on m'a lu, qu'on puisse me relire. Si deux noms, par hasard, s'embrouillent sur ma lyre, Ce ne sera jamais que Ninette ou Ninon.
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Sonnet au lecteur
Fable I, Livre V. « On suivait Paul hier, on le fuit aujourd'hui. Me direz-vous, monsieur, à quelle circonstance Il faut imputer l'inconstance Que le public montre envers lui ? » Après un moment de silence, Monsieur l'abbé répond : « Mets d'abord, mets, mon fils, « Ce bocal sur notre fenêtre. « Est-il découvert ? - Non. - Découvre-le. - Mon maître, Il est plein de sirop. - Fais ce que je te dis. « - Vous en aurez regret. - Peut-être. « Tu riras si je m'en repens. « - Ne voyez-vous donc pas quel essaim nous arrive ? « Voilà déjà plus d'un convive, « Qui se régale à nos dépens. « - Il faut que tout le monde vive, » Répond le sage en souriant. « Le sucre est un mets très friand ; « Mais n'est-il fait que pour nos bouches ? « Et la terre est-elle, entre nous, « Chiche à ce point d'un mets si doux, « Qu'on n'en puisse laisser aux mouches ? « Il nous en reste assez pour toi. « - Il est vrai. - Quant à Paul, quant à cette injustice « Dont tu veux savoir le pourquoi, « Nous en reparlerons ; pour l'instant laisse-moi : « L'objet vaut qu'on y réfléchisse. » Cependant autour du bocal Bourdonne l'essaim parasite, Et, comme à qui mieux mieux, chacun s'y précipite : Si vaste qu'elle soit, la panse de cristal Pour tant de commensaux bientôt est trop petite. Ce spectacle amusa l'écolier jusqu'au soir. N'ayant alors plus rien à voir, Il reprit son propos. « - Un peu de patience. « Est-ce en un jour, mon fils, que l'on peut tout savoir « Demain peut-être, grâce à notre expérience, « En dirai-je un peu plus. » De crainte d'accident, L'enfant veut recouvrir le vase en attendant. Mais notre précepteur autrement en décide. Il avait ses raisons. Le sirop cependant, De doux qu'il fut, devient acide. Plus matinal que le soleil, Notre écolier à son réveil De courir au bocal. Mais quelle est sa surprise ! Il ne retrouve, au lieu de ce peuple goulu, Q'une mouche confite, et qui, comme à la glu, Dans le sucre se trouvait prise. « D'où provient tout ce changement ? « - Du motif qui, dans ce moment, **** du malheureux Paul écarte tous les hommes. « Les mouches, les amis dans le temps où nous sommes « Se ressemblent plus qu'on ne croit. « Cet essaim qui croît ou décroît, « Suivant que la liqueur est plus douce ou plus aigre, « T'apprend ce qu'entre humains parfois nous éprouvons, « Suivant que le sort verse au vase où nous buvons, « Ou du sirop, ou du vinaigre. »
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Le sirop et les mouches
Fable I, Livre V. « On suivait Paul hier, on le fuit aujourd'hui. Me direz-vous, monsieur, à quelle circonstance Il faut imputer l'inconstance Que le public montre envers lui ? » Après un moment de silence, Monsieur l'abbé répond : « Mets d'abord, mets, mon fils, « Ce bocal sur notre fenêtre. « Est-il découvert ? - Non. - Découvre-le. - Mon maître, Il est plein de sirop. - Fais ce que je te dis. « - Vous en aurez regret. - Peut-être. « Tu riras si je m'en repens. « - Ne voyez-vous donc pas quel essaim nous arrive ? « Voilà déjà plus d'un convive, « Qui se régale à nos dépens. « - Il faut que tout le monde vive, » Répond le sage en souriant. « Le sucre est un mets très friand ; « Mais n'est-il fait que pour nos bouches ? « Et la terre est-elle, entre nous, « Chiche à ce point d'un mets si doux, « Qu'on n'en puisse laisser aux mouches ? « Il nous en reste assez pour toi. « - Il est vrai. - Quant à Paul, quant à cette injustice « Dont tu veux savoir le pourquoi, « Nous en reparlerons ; pour l'instant laisse-moi : « L'objet vaut qu'on y réfléchisse. » Cependant autour du bocal Bourdonne l'essaim parasite, Et, comme à qui mieux mieux, chacun s'y précipite : Si vaste qu'elle soit, la panse de cristal Pour tant de commensaux bientôt est trop petite. Ce spectacle amusa l'écolier jusqu'au soir. N'ayant alors plus rien à voir, Il reprit son propos. « - Un peu de patience. « Est-ce en un jour, mon fils, que l'on peut tout savoir « Demain peut-être, grâce à notre expérience, « En dirai-je un peu plus. » De crainte d'accident, L'enfant veut recouvrir le vase en attendant. Mais notre précepteur autrement en décide. Il avait ses raisons. Le sirop cependant, De doux qu'il fut, devient acide. Plus matinal que le soleil, Notre écolier à son réveil De courir au bocal. Mais quelle est sa surprise ! Il ne retrouve, au lieu de ce peuple goulu, Q'une mouche confite, et qui, comme à la glu, Dans le sucre se trouvait prise. « D'où provient tout ce changement ? « - Du motif qui, dans ce moment, **** du malheureux Paul écarte tous les hommes. « Les mouches, les amis dans le temps où nous sommes « Se ressemblent plus qu'on ne croit. « Cet essaim qui croît ou décroît, « Suivant que la liqueur est plus douce ou plus aigre, « T'apprend ce qu'entre humains parfois nous éprouvons, « Suivant que le sort verse au vase où nous buvons, « Ou du sirop, ou du vinaigre. »
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Et j'ai dit dans mon coeur : Que faire de la vie ? Irai-je encor, suivant ceux qui m'ont devancé, Comme l'agneau qui passe où sa mère a passé, Imiter des mortels l'immortelle folie ? L'un cherche sur les mers les trésors de Memnom, Et la vague engloutit ses voeux et son navire ; Dans le sein de la gloire où son génie aspire, L'autre meurt enivré par l'écho d'un vain nom. Avec nos passions formant sa vaste trame, Celui-là fonde un trône, et monte pour tomber ; Dans des pièges plus doux aimant à succomber, Celui-ci lit son sort dans les yeux d'une femme. Le paresseux s'endort dans les bras de la faim ; Le laboureur conduit sa fertile charrue ; Le savant pense et lit, le guerrier frappe et tue ; Le mendiant s'assied sur les bords du chemin. Où vont-ils cependant ? Ils vont où va la feuille Que chasse devant lui le souffle des hivers. Ainsi vont se flétrir dans leurs travaux divers Ces générations que le temps sème et cueille ! Ils luttaient contre lui, mais le temps a vaincu ; Comme un fleuve engloutit le sable de ses rives, Je l'ai vu dévorer leurs ombres fugitives. Ils sont nés, ils sont morts : Seigneur, ont-ils vécu ? Pour moi, je chanterai le maître que j'adore, Dans le bruit des cités, dans la paix des déserts, Couché sur le rivage, ou flottant sur les mers, Au déclin du soleil, au réveil de l'aurore. La terre m'a crié : Qui donc est le Seigneur ? Celui dont l'âme immense est partout répandue, Celui dont un seul pas mesure l'étendue, Celui dont le soleil emprunte sa splendeur ; Celui qui du néant a tiré la matière, Celui qui sur le vide a fondé l'univers, Celui qui sans rivage a renfermé les mers, Celui qui d'un regard a lancé la lumière ; Celui qui ne connaît ni jour ni lendemain, Celui qui de tout temps de soi-même s'enfante, Qui vit dans l'avenir comme à l'heure présente, Et rappelle les temps échappés de sa main : C'est lui ! c'est le Seigneur : que ma langue redise Les cent noms de sa gloire aux enfants des mortels. Comme la harpe d'or pendue à ses autels, Je chanterai pour lui, jusqu'à ce qu'il me brise...
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Stances
Et j'ai dit dans mon coeur : Que faire de la vie ? Irai-je encor, suivant ceux qui m'ont devancé, Comme l'agneau qui passe où sa mère a passé, Imiter des mortels l'immortelle folie ? L'un cherche sur les mers les trésors de Memnom, Et la vague engloutit ses voeux et son navire ; Dans le sein de la gloire où son génie aspire, L'autre meurt enivré par l'écho d'un vain nom. Avec nos passions formant sa vaste trame, Celui-là fonde un trône, et monte pour tomber ; Dans des pièges plus doux aimant à succomber, Celui-ci lit son sort dans les yeux d'une femme. Le paresseux s'endort dans les bras de la faim ; Le laboureur conduit sa fertile charrue ; Le savant pense et lit, le guerrier frappe et tue ; Le mendiant s'assied sur les bords du chemin. Où vont-ils cependant ? Ils vont où va la feuille Que chasse devant lui le souffle des hivers. Ainsi vont se flétrir dans leurs travaux divers Ces générations que le temps sème et cueille ! Ils luttaient contre lui, mais le temps a vaincu ; Comme un fleuve engloutit le sable de ses rives, Je l'ai vu dévorer leurs ombres fugitives. Ils sont nés, ils sont morts : Seigneur, ont-ils vécu ? Pour moi, je chanterai le maître que j'adore, Dans le bruit des cités, dans la paix des déserts, Couché sur le rivage, ou flottant sur les mers, Au déclin du soleil, au réveil de l'aurore. La terre m'a crié : Qui donc est le Seigneur ? Celui dont l'âme immense est partout répandue, Celui dont un seul pas mesure l'étendue, Celui dont le soleil emprunte sa splendeur ; Celui qui du néant a tiré la matière, Celui qui sur le vide a fondé l'univers, Celui qui sans rivage a renfermé les mers, Celui qui d'un regard a lancé la lumière ; Celui qui ne connaît ni jour ni lendemain, Celui qui de tout temps de soi-même s'enfante, Qui vit dans l'avenir comme à l'heure présente, Et rappelle les temps échappés de sa main : C'est lui ! c'est le Seigneur : que ma langue redise Les cent noms de sa gloire aux enfants des mortels. Comme la harpe d'or pendue à ses autels, Je chanterai pour lui, jusqu'à ce qu'il me brise...
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Alfred, j'ai vu des jours où nous vivions en frères, Servant les mêmes dieux aux autels littéraires : Le ciel n'avait formé qu'une âme pour deux corps ; Beaux jours d'épanchement, d'amour et d'harmonie, Où ma voix à la tienne incessamment unie Allait se perdre au ciel en de divins accords. Qui de nous a changé ? Pourquoi dans la carrière L'un court-il en avant, laissant l'autre en arrière ? Lequel des deux soldats a déserté les rangs ? Pourquoi ces deux vaisseaux qui naviguaient ensemble, Désespérant déjà d'un port qui les rassemble, Vont-ils chercher si **** des bords si différents ? Je n'ai pas dévoué mon maître aux gémonies, Je n'ai pas abreuvé de fiel et d'avanies L'idole où mes genoux s'usaient à se plier : Je n'ai point du passé répudié la trace, J'y suis resté fidèle, et n'ai point, comme Horace, Au milieu du combat jeté mon bouclier. Non, c'est toi qui changeas. Un nom qui se révèle T'éblouit des rayons de sa gloire nouvelle. Tu vois dans le bourgeon le fruit qui doit mûrir : Mécène du Virgile et saint Jean du Messie, Tu répands en tous lieux la saint Prophétie, Tu sèmes la parole et tu la fais fleurir. Je ne suis pas de ceux qui vont dans les ****** S'inspirer aux lueurs blafardes des bougies, Qui dans l'air obscurci par les vapeurs du vin, Tentent de ranimer leur muse exténuée, Comme un vieillard flétri qu'une prostituée Sous ses baisers impurs veut réchauffer en vain. C'est ainsi que j'entends l'œuvre de poésie : Chacun de nous s'est fait l'art à sa fantaisie, Chacun de nous l'a vu d'un différent côté. Prisme aux mille couleurs, chaque œil en saisit une Suivant le point divers où l'a mis la fortune : Dieu lui seul peut tout voir dans son immensité. Conserve la croyance et respecte la nôtre, Apôtre dévoué de la gloire d'un autre ; Fais-toi du nouveau Dieu confesseur et martyr, Ne crois pas que mon cœur cède comme une argile Ni que ta voix, prêchant le nouvel Évangile, Si chaude qu'elle soit, puisse me convertir. Adieu. Garde ta foi, garde ton opulence. Laisse-moi recueillir mon cœur dans le silence, Laisse-moi consumer mes jours comme un reclus ; Pardonne cependant à cette rêverie, C'est le chant d'un proscrit en quittant la patrie, C'est la voix d'un ami que tu n'entendras plus.
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À Alfred Tattet
Alfred, j'ai vu des jours où nous vivions en frères, Servant les mêmes dieux aux autels littéraires : Le ciel n'avait formé qu'une âme pour deux corps ; Beaux jours d'épanchement, d'amour et d'harmonie, Où ma voix à la tienne incessamment unie Allait se perdre au ciel en de divins accords. Qui de nous a changé ? Pourquoi dans la carrière L'un court-il en avant, laissant l'autre en arrière ? Lequel des deux soldats a déserté les rangs ? Pourquoi ces deux vaisseaux qui naviguaient ensemble, Désespérant déjà d'un port qui les rassemble, Vont-ils chercher si **** des bords si différents ? Je n'ai pas dévoué mon maître aux gémonies, Je n'ai pas abreuvé de fiel et d'avanies L'idole où mes genoux s'usaient à se plier : Je n'ai point du passé répudié la trace, J'y suis resté fidèle, et n'ai point, comme Horace, Au milieu du combat jeté mon bouclier. Non, c'est toi qui changeas. Un nom qui se révèle T'éblouit des rayons de sa gloire nouvelle. Tu vois dans le bourgeon le fruit qui doit mûrir : Mécène du Virgile et saint Jean du Messie, Tu répands en tous lieux la saint Prophétie, Tu sèmes la parole et tu la fais fleurir. Je ne suis pas de ceux qui vont dans les ****** S'inspirer aux lueurs blafardes des bougies, Qui dans l'air obscurci par les vapeurs du vin, Tentent de ranimer leur muse exténuée, Comme un vieillard flétri qu'une prostituée Sous ses baisers impurs veut réchauffer en vain. C'est ainsi que j'entends l'œuvre de poésie : Chacun de nous s'est fait l'art à sa fantaisie, Chacun de nous l'a vu d'un différent côté. Prisme aux mille couleurs, chaque œil en saisit une Suivant le point divers où l'a mis la fortune : Dieu lui seul peut tout voir dans son immensité. Conserve la croyance et respecte la nôtre, Apôtre dévoué de la gloire d'un autre ; Fais-toi du nouveau Dieu confesseur et martyr, Ne crois pas que mon cœur cède comme une argile Ni que ta voix, prêchant le nouvel Évangile, Si chaude qu'elle soit, puisse me convertir. Adieu. Garde ta foi, garde ton opulence. Laisse-moi recueillir mon cœur dans le silence, Laisse-moi consumer mes jours comme un reclus ; Pardonne cependant à cette rêverie, C'est le chant d'un proscrit en quittant la patrie, C'est la voix d'un ami que tu n'entendras plus.
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Près des ruisseaux, près des cascades, Dans les champs d'oliviers fleuris, Sur les rochers, sous les arcades Dont le temps sape les débris, Sous les murs du vieux monastère. Dans le bois qu'aime le mystère, Sous l'ombre du pin solitaire, Sous le platane aux frais abris ; A l'heure où, sous l'humble chaumière. Le chevrier prend son repas, A l'heure où brille la lumière, A l'heure où le jour ne luit pas ; L'été, quand sous le vert ombrage Tu viens t'asseoir après l'ouvrage : L'hiver, par le froid, par l'orage ; Toujours, partout, je suis tes pas. Lorsque les cloches argentines Réveillent l'oiseau dans son nid, C'est moi qui te suis à matines : Et quand la prière finit. Au sortir du temple gothique, C'est moi qui vais sous le portique T'offrir, suivant l'usage antique. L'eau sainte et le rameau bénit. Quand, vers la fin de la journée, Tu vas près du saint tribunal, Devant l'ermite prosternée. Incliner ton front virginal, C'est moi qui d'un air humble et tendre. Quand l'Angélus s'est fait entendre, Esclave assidu, vais t'attendre Auprès du confessionnal. Viens, je te dirai le cantique Que je suis allé, ce matin. Choisir pour toi dans la boutique D'un colporteur napolitain, Et contre la dent meurtrière Des loups errants dans la clairière, Je t'apprendrai quelle prière Il faut réciter en latin. Je mettrai dans ton oratoire Un missel à fermoirs dorés, Où des moines ont peint l'histoire De nos anciens livres sacrés ; Des apôtres les douze images, La bonne Vierge, et les trois Mages Au Christ apportant leurs hommages, Et baisant ses pieds adorés. Oh, regarde-moi sans colère ! Promets-moi que tu m'aimeras : Ne me défends pas de te plaire, Laisse-toi serrer dans mes bras ! Que cette froideur t'abandonne ; A péché secret Dieu pardonne, Et je mettrai sur ta madone Le voile que tu quitteras.
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À Gianetta
Près des ruisseaux, près des cascades, Dans les champs d'oliviers fleuris, Sur les rochers, sous les arcades Dont le temps sape les débris, Sous les murs du vieux monastère. Dans le bois qu'aime le mystère, Sous l'ombre du pin solitaire, Sous le platane aux frais abris ; A l'heure où, sous l'humble chaumière. Le chevrier prend son repas, A l'heure où brille la lumière, A l'heure où le jour ne luit pas ; L'été, quand sous le vert ombrage Tu viens t'asseoir après l'ouvrage : L'hiver, par le froid, par l'orage ; Toujours, partout, je suis tes pas. Lorsque les cloches argentines Réveillent l'oiseau dans son nid, C'est moi qui te suis à matines : Et quand la prière finit. Au sortir du temple gothique, C'est moi qui vais sous le portique T'offrir, suivant l'usage antique. L'eau sainte et le rameau bénit. Quand, vers la fin de la journée, Tu vas près du saint tribunal, Devant l'ermite prosternée. Incliner ton front virginal, C'est moi qui d'un air humble et tendre. Quand l'Angélus s'est fait entendre, Esclave assidu, vais t'attendre Auprès du confessionnal. Viens, je te dirai le cantique Que je suis allé, ce matin. Choisir pour toi dans la boutique D'un colporteur napolitain, Et contre la dent meurtrière Des loups errants dans la clairière, Je t'apprendrai quelle prière Il faut réciter en latin. Je mettrai dans ton oratoire Un missel à fermoirs dorés, Où des moines ont peint l'histoire De nos anciens livres sacrés ; Des apôtres les douze images, La bonne Vierge, et les trois Mages Au Christ apportant leurs hommages, Et baisant ses pieds adorés. Oh, regarde-moi sans colère ! Promets-moi que tu m'aimeras : Ne me défends pas de te plaire, Laisse-toi serrer dans mes bras ! Que cette froideur t'abandonne ; A péché secret Dieu pardonne, Et je mettrai sur ta madone Le voile que tu quitteras.
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Un jeune prince, avec son gouverneur, Se promenait dans un bocage, Et s'ennuyait suivant l'usage ; C'est le profit de la grandeur. Un rossignol chantait sous le feuillage : Le prince l'aperçoit, et le trouve charmant ; Et, comme il était prince, il veut dans le moment L'attraper et le mettre en cage. Mais pour le prendre il fait du bruit, Et l'oiseau fuit. Pourquoi donc, dit alors son altesse en colère, Le plus aimable des oiseaux Se tient-il dans les bois, farouche et solitaire, Tandis que mon palais est rempli de moineaux ? C'est, lui dit le mentor, afin de vous instruire De ce qu'un jour vous devez éprouver : Les sots savent tous se produire ; Le mérite se cache, il faut l'aller trouver.
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Le rossignol et le prince
Sonnet. Deux sonnets partagent la ville, Deux sonnets partagent la cour, Et semblent vouloir à leur tour Rallumer la guerre civile. Le plus sot et le plus habile En mettent leur avis au jour, Et ce qu'on a pour eux d'amour A plus d'un échauffe la bile. Chacun en parle hautement Suivant son petit jugement ; Et, s'il y faut mêler le nôtre, L'un est sans doute mieux rêvé, Mieux conduit, et mieux achevé ; Mais je voudrais avoir fait l'autre.
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Deux sonnets
Fable IV, Livre I. Sans ami, comme sans famille, Ici bas vivre en étranger ; Se retirer dans sa coquille Au signal du moindre danger ; S'aimer d'une amitié sans bornes ; De soi seul emplir sa maison ; En sortir, suivant la saison, Pour faire à son prochain les cornes ; Signaler ses pas destructeurs Par les traces les plus impures ; Outrager les plus tendres fleurs Par ses baisers ou ses morsures ; Enfin, chez soi, comme en prison, Vieillir de jour en jour plus triste, C'est l'histoire de l'égoïste, Et celle du colimaçon.
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Le colimaçon
A la nuit satine la belle Orion se mire dans l'air frissonnant des sables constellés, et sur les rives lactées où coule le Nil, je me pavane le nez dans les étoiles, suivant des yeux les volutes sorcières d'un havane suave embaumant Misraïm. Qu'ont-ils raconté ces hommes, venant de Mars, lorsqu'ils débarquèrent de leurs vaisseaux, fuyant leur terre moribonde ? Et quel espoir oublié chérissaient-ils que garde en son ventre le sphinx immobile ? Mon vieux Samir reprenons une rasade de ce doux Rhum couleur d'ambre parfumé de santal et laissons sous le sable soupirer ce mystère qui sommeille.
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Feb 16, 2025
Feb 16, 2025 at 4:28 PM UTC
Samir
Je veux te raconter, ô molle enchanteresse ! Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ; Je veux te peindre ta beauté, Où l'enfance s'allie à la maturité. Quand tu vas balayant l'air de ta jupe large, Tu fais l'effet d'un beau vaisseau qui prend le large, Chargé de toile, et va roulant Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent. Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses, Ta tête se pavane avec d'étranges grâces ; D'un air placide et triomphant Tu passes ton chemin, majestueuse enfant. Je veux te raconter, ô molle enchanteresse ! Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ; Je veux te peindre ta beauté, Où l'enfance s'allie à la maturité. Ta gorge qui s'avance et qui pousse la moire, Ta gorge triomphante est une belle armoire Dont les panneaux bombés et clairs Comme les boucliers accrochent des éclairs, Boucliers provoquants, armés de pointes roses ! Armoire à doux secrets, pleine de bonnes choses, De vins, de parfums, de liqueurs Qui feraient délirer les cerveaux et les coeurs ! Quand tu vas balayant l'air de ta jupe large, Tu fais l'effet d'un beau vaisseau qui prend le large, Chargé de toile, et va roulant Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent. Tes nobles jambes, sous les volants qu'elles chassent, Tourmentent les désirs obscurs et les agacent, Comme deux sorcières qui font Tourner un philtre noir dans un vase profond. Tes bras, qui se joueraient des précoces hercules, Sont des boas luisants les solides émules, Faits pour serrer obstinément, Comme pour l'imprimer dans ton coeur, ton amant. Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses, Ta tête se pavane avec d'étranges grâces ; D'un air placide et triomphant Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.
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Le beau navire
Je veux te raconter, ô molle enchanteresse ! Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ; Je veux te peindre ta beauté, Où l'enfance s'allie à la maturité. Quand tu vas balayant l'air de ta jupe large, Tu fais l'effet d'un beau vaisseau qui prend le large, Chargé de toile, et va roulant Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent. Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses, Ta tête se pavane avec d'étranges grâces ; D'un air placide et triomphant Tu passes ton chemin, majestueuse enfant. Je veux te raconter, ô molle enchanteresse ! Les diverses beautés qui parent ta jeunesse ; Je veux te peindre ta beauté, Où l'enfance s'allie à la maturité. Ta gorge qui s'avance et qui pousse la moire, Ta gorge triomphante est une belle armoire Dont les panneaux bombés et clairs Comme les boucliers accrochent des éclairs, Boucliers provoquants, armés de pointes roses ! Armoire à doux secrets, pleine de bonnes choses, De vins, de parfums, de liqueurs Qui feraient délirer les cerveaux et les coeurs ! Quand tu vas balayant l'air de ta jupe large, Tu fais l'effet d'un beau vaisseau qui prend le large, Chargé de toile, et va roulant Suivant un rythme doux, et paresseux, et lent. Tes nobles jambes, sous les volants qu'elles chassent, Tourmentent les désirs obscurs et les agacent, Comme deux sorcières qui font Tourner un philtre noir dans un vase profond. Tes bras, qui se joueraient des précoces hercules, Sont des boas luisants les solides émules, Faits pour serrer obstinément, Comme pour l'imprimer dans ton coeur, ton amant. Sur ton cou large et rond, sur tes épaules grasses, Ta tête se pavane avec d'étranges grâces ; D'un air placide et triomphant Tu passes ton chemin, majestueuse enfant.
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Traduites du latin d'Audoenus (Owen). Liv. I, . Ép. 30. Jeanne, toute la journée, Dit que le joug d'hyménée Est le plus âpre de tous ; Mais la pauvre créature, Tout le long de la nuit, jure Qu'il n'en est point de si doux. Liv. I, . Ép. 145. Les huguenotes de Paris Disent qu'il leur faut deux maris, Qu'autrement il n'est en nature De moyen par où, sans pécher, On puisse, suivant l'Écriture, Se mettre deux en une chair. Liv. II, . Ép. 47. Catin, ce gentil visage, Épousant un huguenot, Le soir de son mariage, Disait à ce pauvre sot : De peur que la différence En fait de religion, Rompant notre intelligence Nous mette en division ; Laisse-moi mon franc arbitre, Et du reste de la foi, Je veux avoir le chapitre, Si j'en dispute avec toi. Liv. II, . Ép. 88. Depuis que l'hiver est venu Je plains le froid qu'Amour endure, Sans songer que plus il est nu Et tant moins il craint la froidure. Liv. III, . Ép. 65. Dans les divers succès de la fin de leur vie, Le prodigue et l'avare ont de quoi m'étonner ; Car l'un ne donne rien qu'après qu'elle est ravie, Et l'autre après sa mort n'a plus rien à donner. Liv. III, . Ép. 124. Lorsque nous sommes mal, la plus grande maison Ne nous peut contenir, faute d'assez d'espace ; Mais, sitôt que Phylis revient à la raison, Le lit le plus étroit a pour nous trop de place.
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Épigrammes
Moi qui ne suis qu'un brin d'hysope dans la main Du Seigneur tout-puissant qui m'octroya la grâce, Je puis, si mon dessein est pur devant Sa face, Purifier autrui passant sur mon chemin. Je puis, si ma prière est de celles qu'allège L'Humilité du poids d'un désir languissant, Comme un païen peut baptiser en cas pressant, Laver mon prochain, le blanchir plus que la neige. Prenez pitié de moi, Seigneur, suivant l'effet Miséricordieux de Vos mansuétudes, Veuillez bander mon coeur, coeur aux épreuves rudes, Que le zèle pour Votre maison soulevait. Faites-moi prospérer dans mes voeux charitables Et pour cela, suivant le rite respecté, Gloire à la Trinité durant l'éternité, Gloire à Dieu dans les cieux les plus inabordables, Gloire au Père, fauteur et gouverneur de tout, Au Fils, créateur et sauveur, juge et partie, Au Saint-Esprit, de Qui la lumière est sortie, Par Quel ainsi qu'une eau lustrale mon sang bout, Moi qui ne suis qu'un brin d'hysope dans la main.
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Asperges me
Aidons-nous mutuellement, La charge des malheurs en sera plus légère ; Le bien que l'on fait à son frère Pour le mal que l'on souffre est un soulagement. Confucius l'a dit ; suivons tous sa doctrine. Pour la persuader aux peuples de la Chine, Il leur contait le trait suivant. Dans une ville de l'Asie Il existait deux malheureux, L'un perclus, l'autre aveugle, et pauvres tous les deux. Ils demandaient au Ciel de terminer leur vie ; Mais leurs cris étaient superflus, Ils ne pouvaient mourir. Notre paralytique, Couché sur un grabat dans la place publique, Souffrait sans être plaint : il en souffrait bien plus. L'aveugle, à qui tout pouvait nuire, Etait sans guide, sans soutien, Sans avoir même un pauvre chien Pour l'aimer et pour le conduire. Un certain jour, il arriva Que l'aveugle à tâtons, au détour d'une rue, Près du malade se trouva ; Il entendit ses cris, son âme en fut émue. Il n'est tel que les malheureux Pour se plaindre les uns les autres. " J'ai mes maux, lui dit-il, et vous avez les vôtres : Unissons-les, mon frère, ils seront moins affreux. - Hélas ! dit le perclus, vous ignorez, mon frère, Que je ne puis faire un seul pas ; Vous-même vous n'y voyez pas : A quoi nous servirait d'unir notre misère ? - A quoi ? répond l'aveugle ; écoutez. A nous deux Nous possédons le bien à chacun nécessaire : J'ai des jambes, et vous des yeux. Moi, je vais vous porter ; vous, vous serez mon guide : Vos yeux dirigeront mes pas mal assurés ; Mes jambes, à leur tour, iront où vous voudrez. Ainsi, sans que jamais notre amitié décide Qui de nous deux remplit le plus utile emploi, Je marcherai pour vous, vous y verrez pour moi. "
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L'aveugle et le paralytique
Aidons-nous mutuellement, La charge des malheurs en sera plus légère ; Le bien que l'on fait à son frère Pour le mal que l'on souffre est un soulagement. Confucius l'a dit ; suivons tous sa doctrine. Pour la persuader aux peuples de la Chine, Il leur contait le trait suivant. Dans une ville de l'Asie Il existait deux malheureux, L'un perclus, l'autre aveugle, et pauvres tous les deux. Ils demandaient au Ciel de terminer leur vie ; Mais leurs cris étaient superflus, Ils ne pouvaient mourir. Notre paralytique, Couché sur un grabat dans la place publique, Souffrait sans être plaint : il en souffrait bien plus. L'aveugle, à qui tout pouvait nuire, Etait sans guide, sans soutien, Sans avoir même un pauvre chien Pour l'aimer et pour le conduire. Un certain jour, il arriva Que l'aveugle à tâtons, au détour d'une rue, Près du malade se trouva ; Il entendit ses cris, son âme en fut émue. Il n'est tel que les malheureux Pour se plaindre les uns les autres. " J'ai mes maux, lui dit-il, et vous avez les vôtres : Unissons-les, mon frère, ils seront moins affreux. - Hélas ! dit le perclus, vous ignorez, mon frère, Que je ne puis faire un seul pas ; Vous-même vous n'y voyez pas : A quoi nous servirait d'unir notre misère ? - A quoi ? répond l'aveugle ; écoutez. A nous deux Nous possédons le bien à chacun nécessaire : J'ai des jambes, et vous des yeux. Moi, je vais vous porter ; vous, vous serez mon guide : Vos yeux dirigeront mes pas mal assurés ; Mes jambes, à leur tour, iront où vous voudrez. Ainsi, sans que jamais notre amitié décide Qui de nous deux remplit le plus utile emploi, Je marcherai pour vous, vous y verrez pour moi. "
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Sur fond sombre noyant un riche vestibule Où le buste d'Horace et celui de Tibulle Lointain et de profil rêvent en marbre blanc, La main gauche au poignard et la main droite au flanc, Tandis qu'un rire doux redresse la moustache, Le duc César, en grand costume, se détache. Les yeux noirs, les cheveux noirs et le velours noir Vont contrastant, parmi l'or somptueux d'un soir, Avec la pâleur mate et belle du visage Vu de trois quarts et très ombré, suivant l'usage Des Espagnols ainsi que des Vénitiens, Dans les portraits de rois et de patriciens. Le nez palpite, fin et droit. La bouche, rouge, Est mince, et l'on dirait que la tenture bouge Au souffle véhément qui doit s'en exhaler. Et le regard errant avec laisser-aller, Devant lui, comme il sied aux anciennes peintures, Fourmille de pensers énormes d'aventures. Et le front, large et pur, sillonné d'un grand pli, Sans doute de projets formidables rempli, Médite sous la toque où frissonne une plume S'élançant hors d'un nœud de rubis qui s'allume.
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César Borgia
Petit Jésus qui souffrez déjà dans votre chair Pour obéir au premier précepte de la Loi, Or, nous venons en ce jour saintement doux-amer, Vous offrir les prémices aussi de notre foi. Pour obéir, nous autres, à votre obéissance, Nous apportons sur l'autel le parfait hommage De nos péchés pénitents à votre innocence, Sur l'autel blanc où votre sang si pur, notre otage, Coule mystiquement comme il coula littéral Au Golgotha, comme il stilla, pas plus réel Mais littéral aussi, ce jour, dont le rituel Retient l'anniversaire cruel et lilial. Et nous circoncisons nos cœurs suivant votre exemple, Et nous voudrons ressembler à Vous-même, qui fites Le vieux Siméon, dans la solennité du temple, Exhaler vers vous une allégresse sans limites. L'ancien Adam qui se désolait dans son espoir Toujours remis d'enfin voir, de ses yeux, nous meilleurs, Nous très doux sans plus d'ire rouge ou d'orgueil noir, Va chanter un fier cantique de joie et de pleurs, Et dans les cieux les bienheureux et bienheureuses S'éjouiront plus que de coutume, et les anges, Pour ce que cette année, elle à peine dans les langes, Dès son premier souffle, a ces haleines amoureuses.
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Circoncision
Qu'attend-il sur la route Ce guerrier voyageur ? L'idole de son cœur, C'est la gloire, sans doute ? Mais à Notre-Dame d'Amour Il priait l'autre jour. Bien que l'on dût m'attendre, J'ai ralenti mes pas ; Mais il priait trop bas ; Dieu seul pouvait l'entendre. Ah ! si Notre-Dame d'Amour Voulait parler un jour ! Ne sait-il de victoire Qu'en suivant son drapeau ? Que sert-il d'être beau Pour n'aimer que la gloire ? Est-ce bien là, Dame d'Amour, Son vœu de l'autre jour ? Un charme m'environne... Vous qui priez pour nous, Pourquoi sur vos genoux Posa-t-il ma couronne ? Faudra-t-il pas, Dame d'Amour, Qu'il me la rende un jour ?
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Notre-Dame d'Amour
Ami, cache ta vie et répands ton esprit. Un tertre, où le gazon diversement fleurit ; Des ravins où l'on voit grimper les chèvres blanches ; Un vallon, abrité sous un réseau de branches Pleines de nids d'oiseaux, de murmures, de voix, Qu'un vent joyeux remue, et d'où tombe parfois, Comme un sequin jeté par une main distraite, Un rayon de soleil dans ton âme secrète ; Quelques rocs, par Dieu même arrangés savamment Pour faire des échos au fond du bois dormant ; Voilà ce qu'il te faut pour séjour, pour demeure ! C'est là, - que ta maison chante, aime, rie ou pleure, Qu'il faut vivre, enfouir ton toit, borner tes jours, Envoyant un soupir à peine aux antres sourds, Mirant dans ta pensée intérieure et sombre La vie obscure et douce et les heures sans nombre, Bon d'ailleurs, et tournant, sans trouble ni remords, Ton coeur vers les enfants, ton âme vers les morts ! Et puis, en même temps, au hasard, par le monde, Suivant sa fantaisie auguste et vagabonde, **** de toi, par delà ton horizon vermeil, Laisse ta poésie aller en plein soleil ! Dans les rauques cités, dans les champs taciturnes, Effleurée en passant des lèvres et des urnes, Laisse-la s'épancher, cristal jamais terni, Et fuir, roulant toujours vers Dieu, gouffre infini, Calme et pure, à travers les âmes fécondées, Un immense courant de rêves et d'idées, Qui recueille en passant, dans son flot solennel, Toute eau qui sort de terre ou qui descend du ciel ! Toi, sois heureux dans l'ombre. En ta vie ignorée, Dans ta tranquillité vénérable et sacrée, Reste réfugié, penseur mystérieux ! Et que le voyageur malade et sérieux Puisse, si le hasard l'amène en ta retraite, Puiser en toi la paix, l'espérance discrète, L'oubli de la fatigue et l'oubli du danger, Et boire à ton esprit limpide, sans songer Que, là-bas, tout un peuple aux mêmes eaux s'abreuve. Sois petit comme source et sois grand comme fleuve. Le 26 avril 1839.
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À un poète
Ami, cache ta vie et répands ton esprit. Un tertre, où le gazon diversement fleurit ; Des ravins où l'on voit grimper les chèvres blanches ; Un vallon, abrité sous un réseau de branches Pleines de nids d'oiseaux, de murmures, de voix, Qu'un vent joyeux remue, et d'où tombe parfois, Comme un sequin jeté par une main distraite, Un rayon de soleil dans ton âme secrète ; Quelques rocs, par Dieu même arrangés savamment Pour faire des échos au fond du bois dormant ; Voilà ce qu'il te faut pour séjour, pour demeure ! C'est là, - que ta maison chante, aime, rie ou pleure, Qu'il faut vivre, enfouir ton toit, borner tes jours, Envoyant un soupir à peine aux antres sourds, Mirant dans ta pensée intérieure et sombre La vie obscure et douce et les heures sans nombre, Bon d'ailleurs, et tournant, sans trouble ni remords, Ton coeur vers les enfants, ton âme vers les morts ! Et puis, en même temps, au hasard, par le monde, Suivant sa fantaisie auguste et vagabonde, **** de toi, par delà ton horizon vermeil, Laisse ta poésie aller en plein soleil ! Dans les rauques cités, dans les champs taciturnes, Effleurée en passant des lèvres et des urnes, Laisse-la s'épancher, cristal jamais terni, Et fuir, roulant toujours vers Dieu, gouffre infini, Calme et pure, à travers les âmes fécondées, Un immense courant de rêves et d'idées, Qui recueille en passant, dans son flot solennel, Toute eau qui sort de terre ou qui descend du ciel ! Toi, sois heureux dans l'ombre. En ta vie ignorée, Dans ta tranquillité vénérable et sacrée, Reste réfugié, penseur mystérieux ! Et que le voyageur malade et sérieux Puisse, si le hasard l'amène en ta retraite, Puiser en toi la paix, l'espérance discrète, L'oubli de la fatigue et l'oubli du danger, Et boire à ton esprit limpide, sans songer Que, là-bas, tout un peuple aux mêmes eaux s'abreuve. Sois petit comme source et sois grand comme fleuve. Le 26 avril 1839.
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41
Un chat sauvage et grand chasseur S'établit, pour faire bombance, Dans le parc d'un jeune seigneur Où lapins et perdrix étaient en abondance. Là, ce nouveau Nembrod, la nuit comme le jour, A la course, à l'affût également habile, Poursuivait, attendait, immolait tour-à-tour Et quadrupède et volatile. Les gardes épiaient l'insolent braconnier ; Mais, dans le fort du bois caché près d'un terrier, Le drôle trompait leur adresse. Cependant il craignait d'être pris à la fin, Et se plaignait que la vieillesse Lui rendît l'oeil moins sûr, moins fin. Ce penser lui causait souvent de la tristesse ; Lorsqu'un jour il rencontre un petit tuyau noir Garni par ses deux bouts de deux glaces bien nettes : C'était une de ces lunettes Faites pour l'opéra, que par hasard, un soir, Le maître avait perdue en ce lieu solitaire. Le chat d'abord la considère, La touche de sa griffe, et de l'extrémité La fait à petits coups rouler sur le côté, Court après, s'en saisit, l'agite, la remue, Etonné que rien n'en sortît. Il s'avise à la fin d'appliquer à sa vue Le verre d'un des bouts, c'était le plus petit. Alors il aperçoit sous la verte coudrette Un lapin que ses yeux tout seuls ne voyaient pas. Ah ! Quel trésor ! Dit-il en serrant sa lunette, Et courant au lapin qu'il croit à quatre pas. Mais il entend du bruit ; il reprend sa machine, S'en sert par l'autre bout, et voit dans le lointain Le garde qui vers lui chemine. Pressé par la peur, par la faim, Il reste un moment incertain, Hésite, réfléchit, puis de nouveau regarde : Mais toujours le gros bout lui montre **** le garde, Et le petit tout près lui fait voir le lapin. Croyant avoir le temps, il va manger la bête ; Le garde est à vingt pas qui vous l'ajuste au front, Lui met deux balles dans la tête, Et de sa peau fait un manchon. Chacun de nous a sa lunette, Qu'il retourne suivant l'objet ; On voit là-bas ce qui déplaît, On voit ici ce qu'on souhaite.
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Le chat et la lunette
Un chat sauvage et grand chasseur S'établit, pour faire bombance, Dans le parc d'un jeune seigneur Où lapins et perdrix étaient en abondance. Là, ce nouveau Nembrod, la nuit comme le jour, A la course, à l'affût également habile, Poursuivait, attendait, immolait tour-à-tour Et quadrupède et volatile. Les gardes épiaient l'insolent braconnier ; Mais, dans le fort du bois caché près d'un terrier, Le drôle trompait leur adresse. Cependant il craignait d'être pris à la fin, Et se plaignait que la vieillesse Lui rendît l'oeil moins sûr, moins fin. Ce penser lui causait souvent de la tristesse ; Lorsqu'un jour il rencontre un petit tuyau noir Garni par ses deux bouts de deux glaces bien nettes : C'était une de ces lunettes Faites pour l'opéra, que par hasard, un soir, Le maître avait perdue en ce lieu solitaire. Le chat d'abord la considère, La touche de sa griffe, et de l'extrémité La fait à petits coups rouler sur le côté, Court après, s'en saisit, l'agite, la remue, Etonné que rien n'en sortît. Il s'avise à la fin d'appliquer à sa vue Le verre d'un des bouts, c'était le plus petit. Alors il aperçoit sous la verte coudrette Un lapin que ses yeux tout seuls ne voyaient pas. Ah ! Quel trésor ! Dit-il en serrant sa lunette, Et courant au lapin qu'il croit à quatre pas. Mais il entend du bruit ; il reprend sa machine, S'en sert par l'autre bout, et voit dans le lointain Le garde qui vers lui chemine. Pressé par la peur, par la faim, Il reste un moment incertain, Hésite, réfléchit, puis de nouveau regarde : Mais toujours le gros bout lui montre **** le garde, Et le petit tout près lui fait voir le lapin. Croyant avoir le temps, il va manger la bête ; Le garde est à vingt pas qui vous l'ajuste au front, Lui met deux balles dans la tête, Et de sa peau fait un manchon. Chacun de nous a sa lunette, Qu'il retourne suivant l'objet ; On voit là-bas ce qui déplaît, On voit ici ce qu'on souhaite.
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Oh ! talk not to me of a name great in story ; The days of our youth are the days of our glory ; And the myrtle and ivy of sweet two-and-twenty Are worth all your laurels, though ever so plenty. BYRON. Un jour vient où soudain l'artiste généreux A leur poids sur son front sent les ans plus nombreux. Un matin il s'éveille avec cette pensée : - Jeunesse aux jours dorés, je t'ai donc dépensée ! Oh ! qu'il m'en reste peu ! Je vois le fond du sort, Comme un prodigue en pleurs le fond du coffre-fort. - Il sent, sous le soleil qui plus ardent s'épanche, Comme à midi les fleurs, sa tête qui se penche ; Si d'aventure il trouve, en suivant son destin, Le gazon sous ses pas mouillé comme au matin, Il dit, car il sait bien que son aube est passée : - C'est de la pluie, hélas ! et non de la rosée ! - C'en est fait. Son génie est plus mûr désormais. Son aile atteint peut-être à de plus fiers sommets ; La fumée est plus rare au foyer qu'il allume ; Son astre haut monté soulève moins de brumes ; Son coursier applaudi, parcourt mieux le champ clos ; Mais il n'a plus en lui, pour l'épandre à grands flots Sur des œuvres, de grâce et d'amour couronnées, Le frais enchantement de ses jeunes années ! Oh ! rien ne rend cela ! - Quand il s'en va cherchant Ces pensers de hasard que l'on trouve en marchant, Et qui font que le soir l'artiste chez son hôte Rentre le cœur plus fier et la tête plus haute, Quand il sort pour rêver, et qu'il erre incertain, Soit dans les prés lustrés, au gazon de satin, Soit dans un bois qu'emplit cette chanson sonore Que le petit oiseau chante à la jeune aurore, Soit dans le carrefour bruyant et fréquenté, - Car Paris et la foule ont aussi leur beauté, Et les passants ne sont, le soir, sur les quais sombres, Q'un flux et qu'un reflux de lumières et d'ombres ; - Toujours, au fond de tout, toujours, dans son esprit, Même quand l'art le tient, l'enivre et lui sourit, Même dans ses chansons, même dans ses pensées Les plus joyeusement écloses et bercées, Il retrouve, attristé, le regret morne et froid Du passé disparu, du passé, quel qu'il soit ! Novembre 1831.
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Un jour vient où soudain l'artiste généreux
Oh ! talk not to me of a name great in story ; The days of our youth are the days of our glory ; And the myrtle and ivy of sweet two-and-twenty Are worth all your laurels, though ever so plenty. BYRON. Un jour vient où soudain l'artiste généreux A leur poids sur son front sent les ans plus nombreux. Un matin il s'éveille avec cette pensée : - Jeunesse aux jours dorés, je t'ai donc dépensée ! Oh ! qu'il m'en reste peu ! Je vois le fond du sort, Comme un prodigue en pleurs le fond du coffre-fort. - Il sent, sous le soleil qui plus ardent s'épanche, Comme à midi les fleurs, sa tête qui se penche ; Si d'aventure il trouve, en suivant son destin, Le gazon sous ses pas mouillé comme au matin, Il dit, car il sait bien que son aube est passée : - C'est de la pluie, hélas ! et non de la rosée ! - C'en est fait. Son génie est plus mûr désormais. Son aile atteint peut-être à de plus fiers sommets ; La fumée est plus rare au foyer qu'il allume ; Son astre haut monté soulève moins de brumes ; Son coursier applaudi, parcourt mieux le champ clos ; Mais il n'a plus en lui, pour l'épandre à grands flots Sur des œuvres, de grâce et d'amour couronnées, Le frais enchantement de ses jeunes années ! Oh ! rien ne rend cela ! - Quand il s'en va cherchant Ces pensers de hasard que l'on trouve en marchant, Et qui font que le soir l'artiste chez son hôte Rentre le cœur plus fier et la tête plus haute, Quand il sort pour rêver, et qu'il erre incertain, Soit dans les prés lustrés, au gazon de satin, Soit dans un bois qu'emplit cette chanson sonore Que le petit oiseau chante à la jeune aurore, Soit dans le carrefour bruyant et fréquenté, - Car Paris et la foule ont aussi leur beauté, Et les passants ne sont, le soir, sur les quais sombres, Q'un flux et qu'un reflux de lumières et d'ombres ; - Toujours, au fond de tout, toujours, dans son esprit, Même quand l'art le tient, l'enivre et lui sourit, Même dans ses chansons, même dans ses pensées Les plus joyeusement écloses et bercées, Il retrouve, attristé, le regret morne et froid Du passé disparu, du passé, quel qu'il soit ! Novembre 1831.
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44
Sur les lagunes. Tra la, tra la, la, la, la laire ! Qui ne connaît pas ce motif ? A nos mamans il a su plaire, Tendre et *** moqueur et plaintif : L'air du Carnaval de Venise, Sur les canaux jadis chanté Et qu'un soupir de folle brise Dans le ballet a transporté ! Il me semble, quand on le joue, Voir glisser dans son bleu sillon Une gondole avec sa proue Faite en manche de violon. Sur une gamme chromatique, Le sein de perles ruisselant, La Vénus de l'Adriatique Sort de l'eau son corps rose et blanc. Les dômes sur l'azur des ondes, Suivant la phrase au pur contour, S'enflent comme des gorges rondes Que soulève un soupir d'amour. L'esquif aborde et me dépose, Jetant son amarre au pilier, Devant une façade rose, Sur le marbre d'un escalier. Avec ses palais, ses gondoles, Ses mascarades sur la mer, Ses doux chagrins, ses gaités folles, Tout Venise vit dans cet air. Une frêle corde qui vibre Refait sur un pizzicato, Comme autrefois joyeuse et libre, La ville de Canaletto !
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Sur le Carnaval de Venise II
Sonnet. Heureux l'enfant qui meurt dans sa septième année Avant l'âge où le cœur doit saigner pour jouir ; Qui meurt de défaillance, en regardant bleuir Sous les orangers d'or la Méditerranée ! On ne tient plus son âme aux leçons enchaînée, Et, libre de s'éteindre, il croit s'épanouir. Plus de maîtres ! c'est lui qui se fait obéir, Et sa mère est pour lui comme une sœur aînée. Par sa faiblesse même il fait céder les forts ; Il prend ce qu'il désire avant qu'on le lui donne, Et sa pâleur l'absout avant qu'on lui pardonne. Indocile et choyé, paresseux sans remords, C'est en suivant des yeux la fuite d'un navire Qu'un soir, pendant qu'il rêve un voyage, il expire.
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Dernières vacances