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"prie" poems
Le garçon délabré qui n’a rien à faire Que de se gratter les doigts et se pencher sur mon épaule: ‘Dans mon pays il fera temps pluvieux, Du vent, du grand soleil, et de la pluie; C’est ce qu’on appelle le jour de lessive des gueux.’ (Bavard, baveux, à la croupe arrondie, Je te prie, au moins, ne bave pas dans la soupe). ‘Les saules trempés, et des bourgeons sur les ronces— C’est là, dans une averse, qu’on s’abrite. J’avais sept ans, elle était plus petite. Elle était toute mouillée, je lui ai donné des primevères.’ Les taches de son gilet montent au chiffre de trentehuit. ‘Je la chatouillais, pour la faire rire. J’éprouvais un instant de puissance et de délire.’ Mais alors, vieux lubrique, à cet âge … ‘Monsieur, le fait est dur. Il est venu, nous peloter, un gros chien; Moi j’avais peur, je l’ai quittée à mi-chemin. C’est dommage.’ Mais alors, tu as ton vautour! Va t’en te décrotter les rides du visage; Tiens, ma fourchette, décrasse-toi le crâne. De quel droit payes-tu des expériences comme moi? Tiens, voilà dix sous, pour la salle-de-bains. Phlébas, le Phénicien, pendant quinze jours noyé, Oubliait les cris des mouettes et la houle de Cornouaille, Et les profits et les pertes, et la cargaison d’étain: Un courant de sous-mer l’emporta très **** Le repassant aux étapes de sa vie antérieure. Figurez-vous donc, c’était un sort pénible; Cependant, ce fut jadis un bel homme, de haute taille.
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Dans Le Restaurant
Le garçon délabré qui n’a rien à faire Que de se gratter les doigts et se pencher sur mon épaule: ‘Dans mon pays il fera temps pluvieux, Du vent, du grand soleil, et de la pluie; C’est ce qu’on appelle le jour de lessive des gueux.’ (Bavard, baveux, à la croupe arrondie, Je te prie, au moins, ne bave pas dans la soupe). ‘Les saules trempés, et des bourgeons sur les ronces— C’est là, dans une averse, qu’on s’abrite. J’avais sept ans, elle était plus petite. Elle était toute mouillée, je lui ai donné des primevères.’ Les taches de son gilet montent au chiffre de trentehuit. ‘Je la chatouillais, pour la faire rire. J’éprouvais un instant de puissance et de délire.’ Mais alors, vieux lubrique, à cet âge … ‘Monsieur, le fait est dur. Il est venu, nous peloter, un gros chien; Moi j’avais peur, je l’ai quittée à mi-chemin. C’est dommage.’ Mais alors, tu as ton vautour! Va t’en te décrotter les rides du visage; Tiens, ma fourchette, décrasse-toi le crâne. De quel droit payes-tu des expériences comme moi? Tiens, voilà dix sous, pour la salle-de-bains. Phlébas, le Phénicien, pendant quinze jours noyé, Oubliait les cris des mouettes et la houle de Cornouaille, Et les profits et les pertes, et la cargaison d’étain: Un courant de sous-mer l’emporta très **** Le repassant aux étapes de sa vie antérieure. Figurez-vous donc, c’était un sort pénible; Cependant, ce fut jadis un bel homme, de haute taille.
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- Air breton. - Adieu, patrie ! L'onde est en furie. Adieu, patrie ! Azur ! Adieu, maison, treille au fruit mûr, Adieu, les fleurs d'or du vieux mur ! Adieu, patrie ! Ciel, forêt, prairie ! Adieu, patrie, Azur ! Adieu, patrie ! L'onde est en furie. Adieu, patrie, Azur ! Adieu, fiancée au front pur, Le ciel est noir, le vent est dur. Adieu, patrie ! Lise, Anna, Marie ! Adieu, patrie, Azur ! Adieu, patrie ! L'onde est cri furie. Adieu, patrie, Azur ! Notre œil, que voile un deuil futur, Va du flot sombre au sort obscur ! Adieu, patrie ! Pour toi mon cœur prie. Adieu, patrie, Azur ! Jersey, le 31 juillet 1853.
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Le chant de ceux qui s'en vont sur mer
Jeter ma gourme Voilà ce que je voudrais faire Et surtout la jeter avec toi Et commettre ainsi mes premières frasques Ou plutôt les secondes Car j'ai oublié les premières. Jeter sa gourme Ce n'est pas se gourmer Ce n'est pas un duel C'est faire exploser sa pureté séminale Et vouloir semer sa semence Aux quatre vents Mais moi ma semence telle une pivoine sauvage Vole légère et virginale pour se blottir en toi Te pénétrer, te fertiliser, ma méduse pélagique, à l'ombrelle bleue et rose, Jusqu'aux derniers interstices Accepte ma gourme, translucide et molle Je ne la jette pas Je te l'offre, cette efflorescence, Je te la destine Je te l'adresse dans tes eaux. Je suis dans ma seconde jeunesse Et je te prie de croire que cette gourme Est un précipité pimenté de cheval, d'hippocampe et d'hippopotame Même si elle n 'a rien d'un mastodonte. Et non seulement je veux qu'elle te fertilise Mais je veux que tu la goûtes Et la savoure comme un bon bourgogne Ou beaujolais nouveau Je veux que tu t'en badigeonnes Le corps et l'âme Je veux que tu t'en maquilles Les lèvres et les paupières Et que ce fluide soit ta crème de beauté permanente. Je veux que dans chaque café du petit matin Une deux ou trois gouttelettes de cette gourme vienne sucrer ta journée Et l'égayer de délicieuses bandaisons intimes Et invisibles mais réelles Lèche, prends, c'est de la tendresse liquide De la chaleur liquide De l'amour liquide C'est ma cyprine à moi Et comme je suis bavard et volubile Je m'en sers pour t'écrire En hiéroglyphes dont seule toi peut lire Les encres sympathiques Et je te dis : Ma gourme t'aime maintenant Ma douce, torride et brûlante Pelagia noctulica.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 4:11 AM UTC
Gourme
Jeter ma gourme Voilà ce que je voudrais faire Et surtout la jeter avec toi Et commettre ainsi mes premières frasques Ou plutôt les secondes Car j'ai oublié les premières. Jeter sa gourme Ce n'est pas se gourmer Ce n'est pas un duel C'est faire exploser sa pureté séminale Et vouloir semer sa semence Aux quatre vents Mais moi ma semence telle une pivoine sauvage Vole légère et virginale pour se blottir en toi Te pénétrer, te fertiliser, ma méduse pélagique, à l'ombrelle bleue et rose, Jusqu'aux derniers interstices Accepte ma gourme, translucide et molle Je ne la jette pas Je te l'offre, cette efflorescence, Je te la destine Je te l'adresse dans tes eaux. Je suis dans ma seconde jeunesse Et je te prie de croire que cette gourme Est un précipité pimenté de cheval, d'hippocampe et d'hippopotame Même si elle n 'a rien d'un mastodonte. Et non seulement je veux qu'elle te fertilise Mais je veux que tu la goûtes Et la savoure comme un bon bourgogne Ou beaujolais nouveau Je veux que tu t'en badigeonnes Le corps et l'âme Je veux que tu t'en maquilles Les lèvres et les paupières Et que ce fluide soit ta crème de beauté permanente. Je veux que dans chaque café du petit matin Une deux ou trois gouttelettes de cette gourme vienne sucrer ta journée Et l'égayer de délicieuses bandaisons intimes Et invisibles mais réelles Lèche, prends, c'est de la tendresse liquide De la chaleur liquide De l'amour liquide C'est ma cyprine à moi Et comme je suis bavard et volubile Je m'en sers pour t'écrire En hiéroglyphes dont seule toi peut lire Les encres sympathiques Et je te dis : Ma gourme t'aime maintenant Ma douce, torride et brûlante Pelagia noctulica.
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He wrote standing up, doubt if kneeling would have been his forte, yet, he had one, bought it in 1955, five years prior to a fatal accident en route to Paris from Lourmarin in Provence where I currently reside. Catherine, his daughter, gifted me the stool with a letter of provenance, both of which are still in my possession. But why, one must ask, did Albert Camus purchase Un Prie Dieu, he being an atheist. Is there anybody out there able to answer this question ? In poetry form! Here is a challenge for you. So, first, google Camus and find out what you can, then get writing. Ps. Photo of Stool on request. [email protected]
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Oct 27, 2018
Oct 27, 2018 at 5:42 AM UTC
Camus's Prayer Stool.
Pas à pas. Ô Femme, l’Ange Gardien de mon cœur Je te poursuivrais jusqu’au chemin du bonheur Je ferais d’énormes sacrifices pour rejoindre ta route Je t'en supplie de n’avoir absolument aucun doute Je te retrouverai parce que je t’aime tant, je t’aime Je m’en ficherai de toutes sortes de problèmes Souviens-toi de la jolie chanson d’Alain Barrière Je franchirai les frontières et briserai des barrières Pour t’exhumer, t’enchérir et t’aimer davantage Comme cela a été fait à travers les âges Si tu ne me revenais pas, si tu ne me revenais Toi et moi n’aurions jamais, jamais la paix Pas au pas, pas à pas, à petit et grand pas Toi et moi serons ensemble sous un nouveau toit. Malgré marées, vents et ouragans : je t’aime Et je ne vais pas hurler et crier que je t’aime. Femme, femme de mon cœur, si tu ne me revenais Pas à pas, je fouillerais les encyclopédies des secrets Pour trouver la porte de ton cœur et la clé de ton âme Je franchirai bravement toutes les frontières. Ô Femme ! Femme de mon être, je suis prêt pour être critiqué Flétri, censuré, canonné, voire crucifié et cloué Comme cela été fait à travers les ages Pour ressusciter l’amour et t’aimer davantage Je t’en prie de nourrir aucun, aucun doute Puisque tu seras seule sur ma voie, sur ma route Si tu ne me revenais pas, si tu ne me revenais Toi et moi n’aurions jamais, jamais la paix Pas au pas, pas à pas, à petit ou grand pas Toi et moi porterons ensemble la même croix. Malgré la pluie, le vent et le tonnerre : je t’aime Et je vais rigoler, rire, et sourire parce que je t’aime. P.S. Hommage à Alain Bellec (Barrière), un grand chanteur et poète. Copyright © Décembre 2004, Hébert Logerie, Tous droits réservés Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs livres de poésie.
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Dec 22, 2024
Dec 22, 2024 at 9:05 PM UTC
Si Tu Ne Me Revenais
Pas à pas. Ô Femme, l’Ange Gardien de mon cœur Je te poursuivrais jusqu’au chemin du bonheur Je ferais d’énormes sacrifices pour rejoindre ta route Je t'en supplie de n’avoir absolument aucun doute Je te retrouverai parce que je t’aime tant, je t’aime Je m’en ficherai de toutes sortes de problèmes Souviens-toi de la jolie chanson d’Alain Barrière Je franchirai les frontières et briserai des barrières Pour t’exhumer, t’enchérir et t’aimer davantage Comme cela a été fait à travers les âges Si tu ne me revenais pas, si tu ne me revenais Toi et moi n’aurions jamais, jamais la paix Pas au pas, pas à pas, à petit et grand pas Toi et moi serons ensemble sous un nouveau toit. Malgré marées, vents et ouragans : je t’aime Et je ne vais pas hurler et crier que je t’aime. Femme, femme de mon cœur, si tu ne me revenais Pas à pas, je fouillerais les encyclopédies des secrets Pour trouver la porte de ton cœur et la clé de ton âme Je franchirai bravement toutes les frontières. Ô Femme ! Femme de mon être, je suis prêt pour être critiqué Flétri, censuré, canonné, voire crucifié et cloué Comme cela été fait à travers les ages Pour ressusciter l’amour et t’aimer davantage Je t’en prie de nourrir aucun, aucun doute Puisque tu seras seule sur ma voie, sur ma route Si tu ne me revenais pas, si tu ne me revenais Toi et moi n’aurions jamais, jamais la paix Pas au pas, pas à pas, à petit ou grand pas Toi et moi porterons ensemble la même croix. Malgré la pluie, le vent et le tonnerre : je t’aime Et je vais rigoler, rire, et sourire parce que je t’aime. P.S. Hommage à Alain Bellec (Barrière), un grand chanteur et poète. Copyright © Décembre 2004, Hébert Logerie, Tous droits réservés Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs livres de poésie.
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La mer est plus belle Que les cathédrales, Nourrice fidèle, Berceuse de râles, La mer sur qui prie La Vierge Marie ! Elle a tous les dons Terribles et doux. J'entends ses pardons Gronder ses courroux. Cette immensité N'a rien d'entêté. Ô ! si patiente, Même quand méchante ! Un souffle ami hante La vague, et nous chante : « Vous sans espérance, Mourez sans souffrance ! » Et puis sous les cieux Qui s'y rient plus clairs, Elle a des airs bleus, Roses, gris et verts... Plus belle que tous, Meilleure que nous !
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La mer est plus belle
Injecte des mots dans mes veines Emplis mon coeur de passion Je suis ton jardin d'Eden Un esprit d'illusion Observe les étoiles dans mon regard Et la promesse des mots sérieux Ne te moque pas de mon ****** Je n'ai pas le temps de me perdre dans tes yeux Donne moi le temps de souffrir Pour comprendre la valeur d'un sourire Je ne suis pas une guerrière Bien qu'en contestent mes blessures dernières Invente-moi un poème Sous la lumière de la lune Je t'en prie reste toi-même Ton ombre est une importune Elle n'a jamais sur parler le language de ton âme Ou de ton corps en flamme Elle ne connaît pas la lumière qui émane de toi Ni la sureté que tu me procure en me prenant dans tes bras Je n'ai pas besoin de ta protection Si seulement tu me proposais l'option Des mensonges sur tes lèvres lorsque tu ne comprends pas Que la seule chose dont j'ai besoin chaque nuit, c'est toi Tu m'accuses de prendre trop de place Dans ton cœur protégé d'une cuirasse Je ne sais pas comment briser le bouclier autour de ta peur Et chaque jour un peu plus je me meurs De toi Du son de ta voix De ta présence tout près de moi Je me rétracte doucement Vers l'ombre que j'ai rejetée Ton cœur n'a rien de flamboyant J'ai compris que tu l'avais brûlé
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Sep 17, 2014
Sep 17, 2014 at 1:50 PM UTC
Ton coeur
March on, Tremble, Like silence, Like dusk, Fingers to the blade, Temples under bullets, Blood and dirt and bones, Feet forward, Unsteady, Like water, And being, Hearts in hands, Surrendering to gravity, Cold and dim and torn Je prie pour la morte à vous.
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Nov 5, 2011
Nov 5, 2011 at 10:46 PM UTC
Je Prie Pour la Morte à Vous
Atlas I beg you teach me to support the sky Atlas je t'en prie apprend moi a soutenir le ciel
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Mar 29, 2017
Mar 29, 2017 at 1:42 PM UTC
Atlas (10w)
Marie, qui voudrait votre beau nom tourner, Il trouverait Aimer : aimez-moi donc, Marie, Faites cela vers moi dont votre nom vous prie, Votre amour ne se peut en meilleur lieu donner. S'il vous plaît pour jamais un plaisir demener, Aimez-moi, nous prendrons les plaisirs de la vie, Pendus l'un l'autre au col, et jamais nulle envie D'aimer en autre lieu ne nous pourra mener. Si faut-il bien aimer au monde quelque chose : Celui qui n'aime point, celui-là se propose Une vie d'un Scythe, et ses jours veut passer Sans goûter la douceur des douceurs la meilleure. Eh, qu'est-il rien de doux sans Vénus ? las ! à l'heure Que je n'aimerai point, puissé-je trépasser !
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Marie, qui voudrait votre beau nom tourner
Un prêtre de Jupiter, Père de deux grandes filles, Toutes deux assez gentilles, De bien les marier fit son soin le plus cher. Les prêtres de ce temps vivaient de sacrifices, Et n'avaient point de bénéfices. La dot était fort mince. Un jeune jardinier Se présenta pour gendre ; on lui donna l'aînée. Bientôt après cet hyménée La cadette devint la femme d'un potier. À quelques jours de là, chaque épouse établie Chez son époux, le père va les voir. Bon jour, dit-il, je viens savoir Si le choix que j'ai fait rend heureuse ta vie, S'il ne te manque rien, si je peux y pourvoir. Jamais, répond la jardinière, Vous ne fîtes meilleure affaire : La paix et le bonheur habitent ma maison ; Je tâche d'être bonne, et mon époux est bon : Il sait m'aimer sans jalousie, Je l'aime sans coquetterie ; Aussi tout est plaisir, tout jusqu'à nos travaux ; Nous ne désirons rien, sinon qu'un peu de pluie Fasse pousser nos artichauts. - C'est là tout ? - Oui vraiment. -tu seras satisfaite, Dit le vieillard : demain je célèbre la fête De Jupiter ; je lui dirai deux mots. Adieu, ma fille. - Adieu, mon père. Le prêtre de ce pas s'en va chez la potière L'interroger, comme sa sœur, Sur son mari, sur son bonheur. Oh ! Répond celle-ci, dans mon petit ménage, Le travail, l'amour, la santé, Tout va fort bien en vérité ; Nous ne pouvons suffire à la vente, à l'ouvrage : Notre unique désir serait que le soleil Nous montrât plus souvent son visage vermeil Pour sécher notre poterie. Vous, pontife du dieu de l'air, Obtenez-nous cela, mon père, je vous prie ; Parlez pour nous à Jupiter. - Très volontiers, ma chère amie : Mais je ne sais comment accorder mes enfants ; Tu me demandes du beau temps, Et ta sœur a besoin de pluie. Ma foi, je me tairai, de peur d'être en défaut. Jupiter mieux que nous sait bien ce qu'il nous faut ; Prétendre le guider serait folie extrême. Sachons prendre le temps comme il veut l'envoyer : L'homme est plus cher aux dieux qu'il ne l'est à lui-même ; Se soumettre, c'est les prier.
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Le prêtre de Jupiter
Un prêtre de Jupiter, Père de deux grandes filles, Toutes deux assez gentilles, De bien les marier fit son soin le plus cher. Les prêtres de ce temps vivaient de sacrifices, Et n'avaient point de bénéfices. La dot était fort mince. Un jeune jardinier Se présenta pour gendre ; on lui donna l'aînée. Bientôt après cet hyménée La cadette devint la femme d'un potier. À quelques jours de là, chaque épouse établie Chez son époux, le père va les voir. Bon jour, dit-il, je viens savoir Si le choix que j'ai fait rend heureuse ta vie, S'il ne te manque rien, si je peux y pourvoir. Jamais, répond la jardinière, Vous ne fîtes meilleure affaire : La paix et le bonheur habitent ma maison ; Je tâche d'être bonne, et mon époux est bon : Il sait m'aimer sans jalousie, Je l'aime sans coquetterie ; Aussi tout est plaisir, tout jusqu'à nos travaux ; Nous ne désirons rien, sinon qu'un peu de pluie Fasse pousser nos artichauts. - C'est là tout ? - Oui vraiment. -tu seras satisfaite, Dit le vieillard : demain je célèbre la fête De Jupiter ; je lui dirai deux mots. Adieu, ma fille. - Adieu, mon père. Le prêtre de ce pas s'en va chez la potière L'interroger, comme sa sœur, Sur son mari, sur son bonheur. Oh ! Répond celle-ci, dans mon petit ménage, Le travail, l'amour, la santé, Tout va fort bien en vérité ; Nous ne pouvons suffire à la vente, à l'ouvrage : Notre unique désir serait que le soleil Nous montrât plus souvent son visage vermeil Pour sécher notre poterie. Vous, pontife du dieu de l'air, Obtenez-nous cela, mon père, je vous prie ; Parlez pour nous à Jupiter. - Très volontiers, ma chère amie : Mais je ne sais comment accorder mes enfants ; Tu me demandes du beau temps, Et ta sœur a besoin de pluie. Ma foi, je me tairai, de peur d'être en défaut. Jupiter mieux que nous sait bien ce qu'il nous faut ; Prétendre le guider serait folie extrême. Sachons prendre le temps comme il veut l'envoyer : L'homme est plus cher aux dieux qu'il ne l'est à lui-même ; Se soumettre, c'est les prier.
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Hymne aux morts de juillet. Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie Ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie. Entre les plus beaux noms leur nom est le plus beau. Toute gloire près d'eux passe et tombe éphémère ; Et, comme ferait une mère, La voix d'un peuple entier les berce en leur tombeau. Gloire à notre France éternelle ! Gloire à ceux qui sont morts pour elle ! Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts ! A ceux qu'enflamme leur exemple, Qui veulent place dans le temple, Et qui mourrons comme ils sont morts ! C'est pour ces morts, dont l'ombre est ici bienvenue, Que le haut Panthéon élève dans la nue, Au-dessus de Paris, la ville aux mille tours, La reine de nos Tirs et de nos Babylone, Cette couronne de colonnes Que le soleil levant redore tous les jours ! Gloire à notre France éternelle ! Gloire à ceux qui sont morts pour elle ! Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts ! A ceux qu'enflamme leur exemple, Qui veulent place dans le temple, Et qui mourrons comme ils sont morts ! Ainsi, quand de tels morts sont couchés dans la tombe, En vain l'oubli, nuit sombre où va tout ce qui tombe, Passe sur leur sépulcre où nous inclinons ; Chaque jour, pour eux seuls se levant plus fidèle, La gloire, aube toujours nouvelle, Fait luire leur mémoire et redore leurs noms ! Gloire à notre France éternelle ! Gloire à ceux qui sont morts pour elle ! Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts ! A ceux qu'enflamme leur exemple, Qui veulent place dans le temple, Et qui mourrons comme ils sont morts ! Juillet 1831.
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Hymne
Hymne aux morts de juillet. Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie Ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie. Entre les plus beaux noms leur nom est le plus beau. Toute gloire près d'eux passe et tombe éphémère ; Et, comme ferait une mère, La voix d'un peuple entier les berce en leur tombeau. Gloire à notre France éternelle ! Gloire à ceux qui sont morts pour elle ! Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts ! A ceux qu'enflamme leur exemple, Qui veulent place dans le temple, Et qui mourrons comme ils sont morts ! C'est pour ces morts, dont l'ombre est ici bienvenue, Que le haut Panthéon élève dans la nue, Au-dessus de Paris, la ville aux mille tours, La reine de nos Tirs et de nos Babylone, Cette couronne de colonnes Que le soleil levant redore tous les jours ! Gloire à notre France éternelle ! Gloire à ceux qui sont morts pour elle ! Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts ! A ceux qu'enflamme leur exemple, Qui veulent place dans le temple, Et qui mourrons comme ils sont morts ! Ainsi, quand de tels morts sont couchés dans la tombe, En vain l'oubli, nuit sombre où va tout ce qui tombe, Passe sur leur sépulcre où nous inclinons ; Chaque jour, pour eux seuls se levant plus fidèle, La gloire, aube toujours nouvelle, Fait luire leur mémoire et redore leurs noms ! Gloire à notre France éternelle ! Gloire à ceux qui sont morts pour elle ! Aux martyrs ! aux vaillants ! aux forts ! A ceux qu'enflamme leur exemple, Qui veulent place dans le temple, Et qui mourrons comme ils sont morts ! Juillet 1831.
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Fable XVII, Livre III. Deux dindons s'engraissaient dans une métairie ; Égaux en droits : l'un d'eux croyait pourtant valoir Bien plus que son confrère. Hé pourquoi, je vous prie ? Parce qu'il était blanc, et que l'autre était noir. Aussi Dieu sait quels droits à la prééminence Par un tel avantage il se croyait acquis, Toisant son commensal de l'œil dont un marquis Regarde un homme, de finance. Vient cependant la Saint-Martin. Le maître invite sa famille ; Le maître ordonne un grand festin : Il célébrait sa fête et mariait sa fille. Or ce jour de bombance et d'indigestion, Inscrit par La Reynière au rang des jours célèbres, Est pour la basse-cour un jour des plus funèbres. Le poulailler fut mis à contribution. Dans le garde-manger dès la veille on admire Deux compagnons de truffes parfumés. Lequel des deux fut blanc ? on ne saurait le dire, Car tous les deux étaient plumés. Ainsi, sous l'éclat dont il brille, Tel homme paraît sans égal, Jusqu'au moment triste et fatal Qui pour jamais nous déshabille.
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Les deux dindons
Oisive jeunesse A tout asservie, Par délicatesse J'ai perdu ma vie. Ah ! Que le temps vienne Où les coeurs s'éprennent. Je me suis dit : laisse, Et qu'on ne te voie : Et sans la promesse De plus hautes joies. Que rien ne t'arrête, Auguste retraite. J'ai tant fait patience Qu'à jamais j'oublie ; Craintes et souffrances Aux cieux sont parties. Et la soif malsaine Obscurcit mes veines. Ainsi la prairie A l'oubli livrée, Grandie, et fleurie D'encens et d'ivraies Au bourdon farouche De cent sales mouches. Ah ! Mille veuvages De la si pauvre âme Qui n'a que l'image De la Notre-Dame ! Est-ce que l'on prie La Vierge Marie ? Oisive jeunesse A tout asservie, Par délicatesse J'ai perdu ma vie. Ah ! Que le temps vienne Où les coeurs s'éprennent !
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Chanson de la plus haute tour
monday, april 25th 2016 Tu es le pèlerinage de mon cœur et mes mains se posent sur ton corps Comme elles se poseraient sur le sol des lieux saints Je me demande encore comment tu peux le faire battre aussi fort Parfois la douleur est si forte que je veux y mettre fin Mais comment pourrais-je cesser de croire au miracle que tu incarnes Tandis qu'il est le seul à apporter de la valeur à la vie que je mène À genoux, je regarde mes mains et je m'acharne Je prie pour que les mécréants de notre amour ne nous gênent L'idée que tu pourrais n'être qu'une illusion pour adoucir mes nuits Me déchire le cœur et attriste ma poésie
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Sep 23, 2017
Sep 23, 2017 at 1:52 PM UTC
mon lieu de dévotion
Vous m'envoyez, belle Emilie, Un poulet bien emmailloté ; Votre main discrète et polie L'a soigneusement cacheté. Mais l'aumône est un peu légère, Et malgré sa dextérité, Cette main est bien ménagère Dans ses actes de charité. C'est regarder à la dépense Si votre offrande est un paiement, Et si c'est une récompense, Vous n'aviez pas besoin d'argent. A l'avenir, belle Emilie, Si votre coeur est généreux, Aux pauvres gens, je vous en prie Faites l'aumône avec vos yeux. Quand vous trouverez le mérite, Et quand vous voudrez le payer, Souvenez-vous de Marguerite Et du poète Alain Chartier Il était bien laid, dit l'histoire, La dame était fille de roi ; Je suis bien obligé de croire Qu'il faisait mieux les vers que moi. Mais si ma plume est peu de chose, Mon coeur, hélas ! ne vaut pas mieux ; Fût-ce même pour de la prose Vos cadeaux sont trop dangereux. Que votre charité timide Garde son argent et son or, Car en ouvrant votre main vide Vous pouvez donner un trésor.
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À Madame M
Je prie, j'ai peur Je ris, je meurs Je joue, je gagne J'ai mal et je me soigne Et j'ai le même sang que toi //Translation\\ I pray, I'm afraid I laugh, I die I play, I win I hurt and I heal myself And I have the same blood as you
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Apr 7, 2017
Apr 7, 2017 at 9:39 PM UTC
And I have the same blood as you
Va dire, Amour, ce qui cause ma peine, A mon seigneur, que je m'en vais mourir, Et, par pitié, venant me secourir, Qu'il m'eût rendu la Mort moins inhumaine. A deux genoux je demande merci. Par grâce, Amour, va-t'en vers sa demeure. Dis-lui comment je prie et pleure ici, Tant et si bien qu'il faudra que je meure Tout enflammée, et ne sachant point l'heure Où finira mon adoré souci. La Mort m'attend, et s'il ne me relève De ce tombeau prêt à me recevoir, J'y vais dormir, emportant mon doux rêve ; Hélas ! Amour, fais-lui mon mal savoir. Depuis le jour où, le voyant vainqueur, D'être amoureuse, Amour, tu m'as forcée, Fût-ce un instant, je n'ai pas eu le coeur De lui montrer ma craintive pensée, Dont je me sens à tel point oppressée, Mourant ainsi, que la Mort me fait peur. Qui sait pourtant, sur mon pâle visage, Si ma douleur lui déplairait à voir ? De l'avouer je n'ai pas le courage. Hélas ! Amour, fais-lui mon mal savoir. Puis donc, Amour, que tu n'as pas voulu A ma tristesse accorder cette joie Que dans mon coeur mon doux seigneur ait lu, Ni vu les pleurs où mon chagrin se noie, Dis-lui du moins, et tâche qu'il le croie, Que je vivrais, si je ne l'avais vu. Dis-lui qu'un jour, une Sicilienne Le vit combattre et faire son devoir. Dans son pays, dis-lui qu'il s'en souvienne, Et que j'en meurs, faisant mon mal savoir.
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Complainte de Minuccio
Dis-mois juste ce qui se passe. Laisses moi entendre ta voix. Je t'en prie. Je t'aime. Tu me manques.
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Jun 7, 2018
Jun 7, 2018 at 2:29 PM UTC
Je t'en prie
Un gentil écureuil était le camarade, Le tendre ami d'un beau danois. Un jour qu'ils voyageaient comme Oreste et Pylade, La nuit les surprit dans un bois. En ce lieu point d'auberge ; ils eurent de la peine À trouver où se bien coucher. Enfin le chien se mit dans le creux d'un vieux chêne, Et l'écureuil plus haut grimpa pour se nicher. Vers minuit, c'est l'heure des crimes, Longtemps après que nos amis En se disant bon soir se furent endormis, Voici qu'un vieux renard affamé de victimes Arrive au pied de l'arbre, et, levant le museau, Voit l'écureuil sur un rameau. Il le mange des yeux, humecte de sa langue Ses lèvres qui de sang brûlent de s'abreuver ; Mais jusqu'à l'écureuil il ne peut arriver : Il faut donc par une harangue L'engager à descendre ; et voici son discours : Ami, pardonnez, je vous prie, Si de votre sommeil j'ose troubler le cours : Mais le pieux transport dont mon âme est remplie Ne peut se contenir ; je suis votre cousin Germain : Votre mère était sœur de feu mon digne père. Cet honnête homme, hélas ! à son heure dernière, M'a tant recommandé de chercher son neveu Pour lui donner moitié du peu Qu'il m'a laissé de bien ! Venez donc, mon cher frère, Venez, par un embrassement, Combler le doux plaisir que mon âme ressent. Si je pouvais monter jusqu'aux lieux où vous êtes, Oh ! J'y serais déjà, soyez-en bien certain. Les écureuils ne sont pas bêtes, Et le mien était fort malin ; Il reconnaît le patelin, Et répond d'un ton doux : je meurs d'impatience De vous embrasser, mon cousin ; Je descends : mais, pour mieux lier la connaissance, Je veux vous présenter mon plus fidèle ami, Un parent qui prit soin de nourrir mon enfance ; Il dort dans ce trou-là : frappez un peu ; je pense Que vous serez charmé de le connaître aussi. Aussitôt maître renard frappe, Croyant en manger deux : mais le fidèle chien S'élance de l'arbre, le happe, Et vous l'étrangle bel et bien. Ceci prouve deux points : d'abord, qu'il est utile Dans la douce amitié de placer son bonheur ; Puis, qu'avec de l'esprit il est souvent facile Au piège qu'il nous tend de surprendre un trompeur.
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L'écureuil, le chien et le renard
Un gentil écureuil était le camarade, Le tendre ami d'un beau danois. Un jour qu'ils voyageaient comme Oreste et Pylade, La nuit les surprit dans un bois. En ce lieu point d'auberge ; ils eurent de la peine À trouver où se bien coucher. Enfin le chien se mit dans le creux d'un vieux chêne, Et l'écureuil plus haut grimpa pour se nicher. Vers minuit, c'est l'heure des crimes, Longtemps après que nos amis En se disant bon soir se furent endormis, Voici qu'un vieux renard affamé de victimes Arrive au pied de l'arbre, et, levant le museau, Voit l'écureuil sur un rameau. Il le mange des yeux, humecte de sa langue Ses lèvres qui de sang brûlent de s'abreuver ; Mais jusqu'à l'écureuil il ne peut arriver : Il faut donc par une harangue L'engager à descendre ; et voici son discours : Ami, pardonnez, je vous prie, Si de votre sommeil j'ose troubler le cours : Mais le pieux transport dont mon âme est remplie Ne peut se contenir ; je suis votre cousin Germain : Votre mère était sœur de feu mon digne père. Cet honnête homme, hélas ! à son heure dernière, M'a tant recommandé de chercher son neveu Pour lui donner moitié du peu Qu'il m'a laissé de bien ! Venez donc, mon cher frère, Venez, par un embrassement, Combler le doux plaisir que mon âme ressent. Si je pouvais monter jusqu'aux lieux où vous êtes, Oh ! J'y serais déjà, soyez-en bien certain. Les écureuils ne sont pas bêtes, Et le mien était fort malin ; Il reconnaît le patelin, Et répond d'un ton doux : je meurs d'impatience De vous embrasser, mon cousin ; Je descends : mais, pour mieux lier la connaissance, Je veux vous présenter mon plus fidèle ami, Un parent qui prit soin de nourrir mon enfance ; Il dort dans ce trou-là : frappez un peu ; je pense Que vous serez charmé de le connaître aussi. Aussitôt maître renard frappe, Croyant en manger deux : mais le fidèle chien S'élance de l'arbre, le happe, Et vous l'étrangle bel et bien. Ceci prouve deux points : d'abord, qu'il est utile Dans la douce amitié de placer son bonheur ; Puis, qu'avec de l'esprit il est souvent facile Au piège qu'il nous tend de surprendre un trompeur.
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Ah ! longues nuicts d'hyver, de ma vie bourrelles, Donnez-moy patience, et me laissez dormir ! Vostre nom seulement, et suer et fremir Me fait par tout le corps, tant vous m'estes cruelles. Le sommeil tant soit peu n'évente de ses ailes Mes yeux tousjours ouverts, et ne puis affermir Paupiere sur paupiere, et ne fais que gemir, Souffrant comme Ixion des peines eternelles. Vieille ombre de la terre, ainçois ombre d'enfer, Tu m'as ouvert les yeux d'une chaine de fer, Me consumant au lict. navré de mille pointes ; Pour chasser mes douleurs ameine-moy la mort ; Hà Mort ! le port commun, des hommes le confort, Viens enterrer mes maux, je t'en prie à mains jointes.
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Sonnet (IV)
Philosophes hardis, qui passez votre vie A vouloir expliquer ce qu'on n'explique pas, Daignez écouter, je vous prie, Ce trait du plus sage des chats. Sur une table de toilette Ce chat aperçût un miroir ; Il y saute, regarde, et d'abord pense voir Un de ses frères qui le guette. Notre chat veut le joindre, il se trouve arrêté. Surpris, il juge alors la glace transparente, Et passe de l'autre côté, Ne trouve rien, revient, et le chat se présente. Il réfléchit un peu : de peur que l'animal, Tandis qu'il fait le tour, ne sorte, Sur le haut du miroir il se met à cheval, Deux pattes par ici, deux par là ; de la sorte Partout il pourra le saisir. Alors, croyant bien le tenir, Doucement vers la glace il incline la tête, Aperçoit une oreille, et puis deux... à l'instant, A droite, à gauche il va jetant Sa griffe qu'il tient toute prête : Mais il perd l'équilibre, il tombe et n'a rien pris. Alors, sans davantage attendre, Sans chercher plus longtemps ce qu'il ne peut comprendre, Il laisse le miroir et retourne aux souris : Que m'importe, dit-il, de percer ce mystère ? Une chose que notre esprit, Après un long travail, n'entend ni ne saisit, Ne nous est jamais nécessaire.
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Le chat et le miroir
Maîtresse, embrasse-moi, baise-moi, serre-moi, Haleine contre haleine, échauffe-moi la vie, Mille et mille baisers donne-moi je te prie, Amour veut tout sans nombre, amour n'a point de loi. Baise et rebaise-moi ; belle bouche pourquoi Te gardes-tu là-bas, quand tu seras blêmie, A baiser (de Pluton ou la femme ou l'amie), N'ayant plus ni couleur, ni rien semblable à toi ? En vivant presse-moi de tes lèvres de roses, Bégaie, en me baisant, à lèvres demi-closes Mille mots tronçonnés, mourant entre mes bras. Je mourrai dans les tiens, puis, toi ressuscitée, Je ressusciterai ; allons ainsi là-bas, Le jour, tant soit-il court, vaut mieux que la nuitée.
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Maîtresse, embrasse-moi, baise-moi, serre-moi
D'où vient-il ce bouquet oublié sur la pierre ? Dans l'ombre, humide encor de rosée, ou de pleurs, Ce soir, est-il tombé des mains de la prière ? Un enfant du village a-t-il perdu ces fleurs ? Ce soir, fut-il laissé par quelque âme pensive Sous la croix où s'arrête un pauvre voyageur ? Est-ce d'un fils errant la mémoire naïve Qui d'une pâle rose y cacha la blancheur ? De nos mères partout nous suit l'ombre légère ; Partout l'amitié prie et rêve à l'amitié ; Le pèlerin souffrant sur la route étrangère Offre à Dieu ce symbole, et croit en sa pitié ! Solitaire bouquet, ta tristesse charmante Semble avec tes parfums exhaler un regret. Peut-être es-tu promis au songe d'une amante : Souvent dans une fleur l'amour a son secret ! Et moi j'ai rafraîchi les pieds de la madone De lilas blancs, si chers à mon destin rêveur ; Et la Vierge sait bien pour qui je les lui donne : Elle entend la pensée au fond de notre cœur !
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Le bouquet sous la croix