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"plafond" poems
Voici que la saison décline, L'ombre grandit, l'azur décroît, Le vent fraîchit sur la colline, L'oiseau frissonne, l'herbe a froid. Août contre septembre lutte ; L'océan n'a plus d'alcyon ; Chaque jour perd une minute, Chaque aurore pleure un rayon. La mouche, comme prise au piège, Est immobile à mon plafond ; Et comme un blanc flocon de neige, Petit à petit, l'été fond.
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Voici que la saison décline
#* Brilliance of liquid gold Speckled with glitter and stars Arresting the celestial plafond A touch of Neanderthal aesthetics Modern and ancient air Fusing under the beauteous sky*#
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Sep 22, 2021
Sep 22, 2021 at 8:56 AM UTC
Celestial Plafond
De ces journées ternes où le ciel plat et infini Plafonne sur nos vies, cantonnant nos humeurs, Se dresse parfois un luisant et pâle trait à l'horizon, Vaine rumeur lointaine d'avenirs moins sombres; Mais à en fixer le contraste, cette strate nous surplombant Se métamorphosera lentement en vierge ciel, Clair comme l'azure de ces lentes et chaudes journées, Et cette ligne lointaine, un rassurant paysage éloigné.
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Apr 5, 2022
Apr 5, 2022 at 8:33 PM UTC
Plafond (2012) [FR]
Ex-voto dans le goût espagnol. Je veux bâtir pour toi, Madone, ma maîtresse, Un autel souterrain au fond de ma détresse, Et creuser dans le coin le plus noir de mon coeur, **** du désir mondain et du regard moqueur, Une niche, d'azur et d'or tout émaillée, Où tu te dresseras, Statue émerveillée. Avec mes Vers polis, treillis d'un pur métal Savamment constellé de rimes de cristal, Je ferai pour ta tête une énorme Couronne ; Et dans ma jalousie, ô mortelle Madone, Je saurai te tailler un Manteau, de façon Barbare, roide et lourd, et doublé de soupçon, Qui, comme une guérite, enfermera tes charmes ; Non de Perles brodé, mais de toutes mes Larmes ! Ta Robe, ce sera mon Désir, frémissant, Onduleux, mon Désir qui monte et qui descend, Aux pointes se balance, aux vallons se repose, Et revêt d'un baiser tout ton corps blanc et rose. Je te ferai de mon Respect de beaux Souliers De satin, par tes pieds divins humiliés, Qui, les emprisonnant dans une molle étreinte, Comme un moule fidèle en garderont l'empreinte. Si je ne puis, malgré tout mon art diligent, Pour Marchepied tailler une Lune d'argent, Je mettrai le Serpent qui me mord les entrailles Sous tes talons, afin que tu foules et railles, Reine victorieuse et féconde en rachats, Ce monstre tout gonflé de haine et de crachats. Tu verras mes Pensers, rangés comme les Cierges Devant l'autel fleuri de la Reine des Vierges, Étoilant de reflets le plafond peint en bleu, Te regarder toujours avec des yeux de feu ; Et comme tout en moi te chérit et t'admire, Tout se fera Benjoin, Encens, Oliban, Myrrhe, Et sans cesse vers toi, sommet blanc et neigeux, En Vapeurs montera mon Esprit orageux. Enfin, pour compléter ton rôle de Marie, Et pour mêler l'amour avec la barbarie, Volupté noire ! des sept Péchés capitaux, Bourreau plein de remords, je ferai sept Couteaux Bien affilés, et, comme un jongleur insensible, Prenant le plus profond de ton amour pour cible, Je les planterai tous dans ton Coeur pantelant, Dans ton Coeur sanglotant, dans ton Coeur ruisselant !
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À une Madone
Ex-voto dans le goût espagnol. Je veux bâtir pour toi, Madone, ma maîtresse, Un autel souterrain au fond de ma détresse, Et creuser dans le coin le plus noir de mon coeur, **** du désir mondain et du regard moqueur, Une niche, d'azur et d'or tout émaillée, Où tu te dresseras, Statue émerveillée. Avec mes Vers polis, treillis d'un pur métal Savamment constellé de rimes de cristal, Je ferai pour ta tête une énorme Couronne ; Et dans ma jalousie, ô mortelle Madone, Je saurai te tailler un Manteau, de façon Barbare, roide et lourd, et doublé de soupçon, Qui, comme une guérite, enfermera tes charmes ; Non de Perles brodé, mais de toutes mes Larmes ! Ta Robe, ce sera mon Désir, frémissant, Onduleux, mon Désir qui monte et qui descend, Aux pointes se balance, aux vallons se repose, Et revêt d'un baiser tout ton corps blanc et rose. Je te ferai de mon Respect de beaux Souliers De satin, par tes pieds divins humiliés, Qui, les emprisonnant dans une molle étreinte, Comme un moule fidèle en garderont l'empreinte. Si je ne puis, malgré tout mon art diligent, Pour Marchepied tailler une Lune d'argent, Je mettrai le Serpent qui me mord les entrailles Sous tes talons, afin que tu foules et railles, Reine victorieuse et féconde en rachats, Ce monstre tout gonflé de haine et de crachats. Tu verras mes Pensers, rangés comme les Cierges Devant l'autel fleuri de la Reine des Vierges, Étoilant de reflets le plafond peint en bleu, Te regarder toujours avec des yeux de feu ; Et comme tout en moi te chérit et t'admire, Tout se fera Benjoin, Encens, Oliban, Myrrhe, Et sans cesse vers toi, sommet blanc et neigeux, En Vapeurs montera mon Esprit orageux. Enfin, pour compléter ton rôle de Marie, Et pour mêler l'amour avec la barbarie, Volupté noire ! des sept Péchés capitaux, Bourreau plein de remords, je ferai sept Couteaux Bien affilés, et, comme un jongleur insensible, Prenant le plus profond de ton amour pour cible, Je les planterai tous dans ton Coeur pantelant, Dans ton Coeur sanglotant, dans ton Coeur ruisselant !
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C'est la nuit ; la nuit noire, assoupie et profonde. L'ombre immense élargit ses ailes sur le monde. Dans vos joyeux palais gardés par le canon, Dans vos lits de velours, de damas, de linon, Sous vos chauds couvre-pieds de martres zibelines Sous le nuage blanc des molles mousselines, - Derrière vos rideaux qui cachent sous leurs plis Toutes les voluptés avec tous les oublis, Aux sons d'une fanfare amoureuse et lointaine, Tandis qu'une veilleuse, en tremblant, ose à peine Eclairer le plafond de pourpre et de lampas, Vous, duc de Saint-Arnaud, vous, comte de Maupas, Vous, sénateurs, préfets, généraux, juges, princes, Toi, César, qu'à genoux adorent tes provinces, Toi qui rêvas l'empire et le réalisas, Dormez, maîtres... - Voici le jour. Debout, forçats ! Jersey, le 28 octobre 1852.
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C'est la nuit ; la nuit noire
Voyager seul est triste, et j'ai passé la nuit Dans une étrange hôtellerie. À la plus vieille chambre un enfant m'a conduit, De galerie en galerie. Je me suis étendu sur un grand lit carré Flanqué de lions héraldiques ; Un rideau blanc tombait à longs plis, bigarré Du reflet des vitraux gothiques. J'étais là, recevant, muet et sans bouger, Les philtres que la lune envoie, Quand j'ouïs un murmure, un froissement léger, Comme fait l'ongle sur la soie ; Puis comme un battement de fléaux sourds et prompts Dans des granges très éloignées ; Puis on eût dit, plus près, le han des bûcherons Tour à tour lançant leurs cognées ; Puis un long roulement, un vaste branle-bas, Pareil au bruit d'un char de tôle Attelé d'un dragon toujours fumant et las, Qui souffle à chaque effort d'épaule ; Puis soudain serpenta dans l'infini du soir Un sifflement lugubre, intense, Comme le cri perçant d'une âme au désespoir En fuite par le vide immense. Or, c'était un convoi que j'entendais courir À toute vapeur dans la plaine. Il passa, laissant **** derrière lui mourir Son fracas et sa rouge haleine. Le passage du monstre un moment ébranla Les carreaux étroits des fenêtres, Fit geindre un clavecin poudreux qui dormait là Et frémir des portraits d'ancêtres ; Sur la tapisserie Actéon tressaillit, Diane contracta les lèvres ; Un plâtras détaché du haut du mur faillit Briser l'horloge de vieux sèvres. Ce fut tout. Le silence aux voûtes du plafond Replia lentement son aile, Et la nuit, arrachée à son rêve profond, Se redrapa plus solennelle. Mais mon cœur remué ne se put assoupir : J'écoutais toujours dans l'espace Cette course effrénée et ce strident soupir, Image d'un siècle qui passe.
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Effet de nuit
Voyager seul est triste, et j'ai passé la nuit Dans une étrange hôtellerie. À la plus vieille chambre un enfant m'a conduit, De galerie en galerie. Je me suis étendu sur un grand lit carré Flanqué de lions héraldiques ; Un rideau blanc tombait à longs plis, bigarré Du reflet des vitraux gothiques. J'étais là, recevant, muet et sans bouger, Les philtres que la lune envoie, Quand j'ouïs un murmure, un froissement léger, Comme fait l'ongle sur la soie ; Puis comme un battement de fléaux sourds et prompts Dans des granges très éloignées ; Puis on eût dit, plus près, le han des bûcherons Tour à tour lançant leurs cognées ; Puis un long roulement, un vaste branle-bas, Pareil au bruit d'un char de tôle Attelé d'un dragon toujours fumant et las, Qui souffle à chaque effort d'épaule ; Puis soudain serpenta dans l'infini du soir Un sifflement lugubre, intense, Comme le cri perçant d'une âme au désespoir En fuite par le vide immense. Or, c'était un convoi que j'entendais courir À toute vapeur dans la plaine. Il passa, laissant **** derrière lui mourir Son fracas et sa rouge haleine. Le passage du monstre un moment ébranla Les carreaux étroits des fenêtres, Fit geindre un clavecin poudreux qui dormait là Et frémir des portraits d'ancêtres ; Sur la tapisserie Actéon tressaillit, Diane contracta les lèvres ; Un plâtras détaché du haut du mur faillit Briser l'horloge de vieux sèvres. Ce fut tout. Le silence aux voûtes du plafond Replia lentement son aile, Et la nuit, arrachée à son rêve profond, Se redrapa plus solennelle. Mais mon cœur remué ne se put assoupir : J'écoutais toujours dans l'espace Cette course effrénée et ce strident soupir, Image d'un siècle qui passe.
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Dans les serres silencieuses Où l'hiver invite à s'asseoir, Sous un jour blême comme un soir Fument les plantes précieuses. L'une, raide, élançant tout droit Sa tige aux longues feuilles sèches, Darde au plafond, comme des flèches, Les pointes d'un calice étroit. Une autre, géante à chair grasse, Que hérissent de durs piquants, Ne sourit que tous les cinq ans Dans une éclosion sans grâce. Une autre, molle en ses efforts, Grimpe au vitrail, et la captive Regarde en pitié l'herbe active Qui tient tête au vent du dehors. Pas un souffle ici, rien ne bouge ; Toutes versent avec lenteur, À flots lourds, la fade senteur De leur floraison fixe et rouge. Celui qu'elles charment d'abord, Dans cet air qui bientôt lui pèse, Envahi par un grand malaise, Descend de l'ivresse à la mort. Ah ! Que mille fois plus aimée La violette, fleur des bois ! Et que plus saine mille fois La chambre qu'elle a parfumée ! Son baume, **** d'appesantir, Allège et fait l'âme nouvelle ; Mais fine, il faut s'approcher d'elle, La baiser, pour la bien sentir.
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Les serres et les bois
Quel temps de chien ! - il pleut, il neige ; Les cochers, transis sur leur siège, Ont le nez bleu. Par ce vilain soir de décembre, Qu'il ferait bon garder la chambre, Devant son feu ! A l'angle de la cheminée La chauffeuse capitonnée Vous tend les bras Et semble avec une caresse Vous dire comme une maîtresse, " Tu resteras ! " Un papier rose à découpures, Comme un sein blanc sous des guipures. Voile à demi Le globe laiteux de la lampe Dont le reflet au plafond rampe, Tout endormi. On n'entend rien dans le silence Que le pendule qui balance Son disque d'or, Et que le vent qui pleure et rôde, Parcourant, pour entrer en fraude, Le corridor. C'est bal à l'ambassade anglaise ; Mon habit noir est sur la chaise, Les bras ballants ; Mon gilet bâille et ma chemise Semble dresser, pour être mise, Ses poignets blancs. Les brodequins à pointe étroite Montrent leur vernis qui miroite, Au feu placés ; A côté des minces cravates S'allongent comme des mains plates Les gants glacés. Il faut sortir ! - quelle corvée ! Prendre la file à l'arrivée Et suivre au pas Les coupés des beautés altières Portant blasons sur leurs portières Et leurs appas. Rester debout contre une porte A voir se ruer la cohorte Des invités ; Les vieux museaux, les frais visages, Les fracs en coeur et les corsages Décolletés ; Les dos où fleurit la pustule, Couvrant leur peau rouge d'un tulle Aérien ; Les dandys et les diplomates, Sur leurs faces à teintes mates, Ne montrant rien. Et ne pouvoir franchir la haie Des douairières aux yeux d'orfraie Ou de vautour, Pour aller dire à son oreille Petite, nacrée et vermeille, Un mot d'amour ! Je n'irai pas ! - et ferai mettre Dans son bouquet un bout de lettre A l'Opéra. Par les violettes de Parme, La mauvaise humeur se désarme : Elle viendra ! J'ai là l'Intermezzo de Heine, Le Thomas Grain-d'Orge de Taine, Les deux Goncourt ; Le temps, jusqu'à l'heure où s'achève Sur l'oreiller l'idée en rêve, Me sera court.
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La bonne soirée
Quel temps de chien ! - il pleut, il neige ; Les cochers, transis sur leur siège, Ont le nez bleu. Par ce vilain soir de décembre, Qu'il ferait bon garder la chambre, Devant son feu ! A l'angle de la cheminée La chauffeuse capitonnée Vous tend les bras Et semble avec une caresse Vous dire comme une maîtresse, " Tu resteras ! " Un papier rose à découpures, Comme un sein blanc sous des guipures. Voile à demi Le globe laiteux de la lampe Dont le reflet au plafond rampe, Tout endormi. On n'entend rien dans le silence Que le pendule qui balance Son disque d'or, Et que le vent qui pleure et rôde, Parcourant, pour entrer en fraude, Le corridor. C'est bal à l'ambassade anglaise ; Mon habit noir est sur la chaise, Les bras ballants ; Mon gilet bâille et ma chemise Semble dresser, pour être mise, Ses poignets blancs. Les brodequins à pointe étroite Montrent leur vernis qui miroite, Au feu placés ; A côté des minces cravates S'allongent comme des mains plates Les gants glacés. Il faut sortir ! - quelle corvée ! Prendre la file à l'arrivée Et suivre au pas Les coupés des beautés altières Portant blasons sur leurs portières Et leurs appas. Rester debout contre une porte A voir se ruer la cohorte Des invités ; Les vieux museaux, les frais visages, Les fracs en coeur et les corsages Décolletés ; Les dos où fleurit la pustule, Couvrant leur peau rouge d'un tulle Aérien ; Les dandys et les diplomates, Sur leurs faces à teintes mates, Ne montrant rien. Et ne pouvoir franchir la haie Des douairières aux yeux d'orfraie Ou de vautour, Pour aller dire à son oreille Petite, nacrée et vermeille, Un mot d'amour ! Je n'irai pas ! - et ferai mettre Dans son bouquet un bout de lettre A l'Opéra. Par les violettes de Parme, La mauvaise humeur se désarme : Elle viendra ! J'ai là l'Intermezzo de Heine, Le Thomas Grain-d'Orge de Taine, Les deux Goncourt ; Le temps, jusqu'à l'heure où s'achève Sur l'oreiller l'idée en rêve, Me sera court.
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Chanson d'automne. Déjà plus d'une feuille sèche Parsème les gazons jaunis ; Soir et matin, la brise est fraîche, Hélas ! les beaux jours sont finis ! On voit s'ouvrir les fleurs que garde Le jardin, pour dernier trésor : Le dahlia met sa cocarde Et le souci sa toque d'or. La pluie au bassin fait des bulles ; Les hirondelles sur le toit Tiennent des conciliabules : Voici l'hiver, voici le froid ! Elles s'assemblent par centaines, Se concertant pour le départ. L'une dit : " Oh ! que dans Athènes Il fait bon sur le vieux rempart ! " Tous les ans j'y vais et je niche Aux métopes du Parthénon. Mon nid bouche dans la corniche Le trou d'un boulet de canon. " L'autre : " J'ai ma petite chambre A Smyrne, au plafond d'un café. Les Hadjis comptent leurs grains d'ambre Sur le seuil d'un rayon chauffé. " J'entre et je sors, accoutumée Aux blondes vapeurs des chibouchs, Et parmi les flots de fumée, Je rase turbans et tarbouchs. " Celle-ci : " J'habite un triglyphe Au fronton d'un temple, à Balbeck. Je m'y suspends avec ma griffe Sur mes petits au large bec. " Celle-là : " Voici mon adresse : Rhodes, palais des chevaliers ; Chaque hiver, ma tente s'y dresse Au chapiteau des noirs piliers. " La cinquième : " Je ferai halte, Car l'âge m'alourdit un peu, Aux blanches terrasses de Malte, Entre l'eau bleue et le ciel bleu. " La sixième : " Qu'on est à l'aise Au Caire, en haut des minarets ! J'empâte un ornement de glaise, Et mes quartiers d'hiver sont prêts. " " A la seconde cataracte, Fait la dernière, j'ai mon nid ; J'en ai noté la place exacte, Dans le pschent d'un roi de granit. " Toutes : " Demain combien de lieues Auront filé sous notre essaim, Plaines brunes, pics blancs, mers bleues Brodant d'écume leur bassin ! " Avec cris et battements d'ailes, Sur la moulure aux bords étroits, Ainsi jasent les hirondelles, Voyant venir la rouille aux bois. Je comprends tout ce qu'elles disent, Car le poète est un oiseau ; Mais, captif ses élans se brisent Contre un invisible réseau ! Des ailes ! des ailes ! des ailes ! Comme dans le chant de Ruckert, Pour voler, là-bas avec elles Au soleil d'or, au printemps vert !
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Ce que disent les hirondelles
Chanson d'automne. Déjà plus d'une feuille sèche Parsème les gazons jaunis ; Soir et matin, la brise est fraîche, Hélas ! les beaux jours sont finis ! On voit s'ouvrir les fleurs que garde Le jardin, pour dernier trésor : Le dahlia met sa cocarde Et le souci sa toque d'or. La pluie au bassin fait des bulles ; Les hirondelles sur le toit Tiennent des conciliabules : Voici l'hiver, voici le froid ! Elles s'assemblent par centaines, Se concertant pour le départ. L'une dit : " Oh ! que dans Athènes Il fait bon sur le vieux rempart ! " Tous les ans j'y vais et je niche Aux métopes du Parthénon. Mon nid bouche dans la corniche Le trou d'un boulet de canon. " L'autre : " J'ai ma petite chambre A Smyrne, au plafond d'un café. Les Hadjis comptent leurs grains d'ambre Sur le seuil d'un rayon chauffé. " J'entre et je sors, accoutumée Aux blondes vapeurs des chibouchs, Et parmi les flots de fumée, Je rase turbans et tarbouchs. " Celle-ci : " J'habite un triglyphe Au fronton d'un temple, à Balbeck. Je m'y suspends avec ma griffe Sur mes petits au large bec. " Celle-là : " Voici mon adresse : Rhodes, palais des chevaliers ; Chaque hiver, ma tente s'y dresse Au chapiteau des noirs piliers. " La cinquième : " Je ferai halte, Car l'âge m'alourdit un peu, Aux blanches terrasses de Malte, Entre l'eau bleue et le ciel bleu. " La sixième : " Qu'on est à l'aise Au Caire, en haut des minarets ! J'empâte un ornement de glaise, Et mes quartiers d'hiver sont prêts. " " A la seconde cataracte, Fait la dernière, j'ai mon nid ; J'en ai noté la place exacte, Dans le pschent d'un roi de granit. " Toutes : " Demain combien de lieues Auront filé sous notre essaim, Plaines brunes, pics blancs, mers bleues Brodant d'écume leur bassin ! " Avec cris et battements d'ailes, Sur la moulure aux bords étroits, Ainsi jasent les hirondelles, Voyant venir la rouille aux bois. Je comprends tout ce qu'elles disent, Car le poète est un oiseau ; Mais, captif ses élans se brisent Contre un invisible réseau ! Des ailes ! des ailes ! des ailes ! Comme dans le chant de Ruckert, Pour voler, là-bas avec elles Au soleil d'or, au printemps vert !
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La réalité étant trop épineuse pour mon grand caractère, - je me trouvai néanmoins chez ma dame, en gros oiseau gris bleu s'essorant vers les moulures du plafond et traînant l'aile dans les ombres de la soirée. Je fus, au pied du baldaquin supportant ses bijoux adorés et ses chefs-d'œuvre physiques, un gros ours aux gencives violettes et au poil chenu de chagrin, les yeux aux cristaux et aux argents des consoles. Tout se fait ombre et aquarium ardent. Au matin, - aube de juin batailleuse, - je courus aux champs, âne, claironnant et brandissant mon grief, jusqu'à ce que les Sabines de la banlieue vinrent se jeter à mon poitrail.
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Bottom
Lion ! J'étais pensif, ô bête prisonnière, Devant la majesté de ta grave crinière ; Du plafond de ta cage elle faisait un dais. Nous songions tous les deux, et tu me regardais. Ton regard était beau, lion. Nous autres hommes, Le peu que nous faisons et le rien que nous sommes, Emplit notre pensée, et dans nos regards vains Brillent nos plans chétifs que nous croyons divins, Nos vœux, nos passions que notre orgueil encense, Et notre petitesse, ivre de sa puissance ; Et, bouffis d'ignorance ou gonflés de venin, Notre prunelle éclate et dit : « Je suis ce nain ! » Nous avons dans nos yeux notre moi misérable. Mais la bête qui vit sous le chêne et l'érable, Qui paît le thym, ou fuit dans les halliers profonds, Qui dans les champs, où nous, hommes, nous étouffons, Respire, solitaire, avec l'astre et la rose, L'être sauvage, obscur et tranquille qui cause Avec la roche énorme et les petites fleurs, Qui, parmi les vallons et les sources en pleurs, Plonge son mufle roux aux herbes non foulées, La brute qui rugit sous les nuits constellées, Qui rêve et dont les pas fauves et familiers De l'antre formidable ébranlent les piliers, Et qui se sent à peine en ces profondeurs sombres, A sous son fier sourcil les monts, les vastes ombres, Les étoiles, les prés, le lac serein, les cieux, Et le mystère obscur des bois silencieux, Et porte en son œil calme, où l'infini commence, Le regard éternel de la nature immense. Juin 1842.
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Baraques de la foire
(A repost of an older poem, SILENCE, this time in french. Please scroll down lower for the .english version...) je sentir vous tous sur moi, et encore, vous un r e nulle part n e r. C'est l' q u i e u t d e que b r i n g s à l'esprit tout il est à propos de vous. vous s'animer si je regarde vers le haut le plafond, ou directement à travers t h e murs, je ferme les yeux et je vous trouverez toujours là. À ce stade, pas la moindre s o u n d pourrait briser le flux des souvenirs, ni ne pouvait distraire la sérénité que j'ai toujours connu quand je suis seul, pour, c'est dans le silence, que je vous trouve plus proche de moi ... (Publié 1997) Sally Droits d'auteur 2014 Rosalia Rosario A.Bayan ::::::::::::::::::: SILENCE... I feel you all over me, and yet, you a r e nowhere n e a r. It is the q u i e t u d e that b r i n g s to mind all there is about you. You come alive whether I look up the ceiling, or straight through t h e walls, I close my eyes, a n d I still find you there. At this p o i n t, even the slightest sound couldn't shatter the flow of m e m o r i e s, nor could it distract the serenity I have always known when I'm alone, for, it is in S I L E N C E that I find you closest to me... (Published 1997) Sally Copyright 2014 Rosalia Rosario A.Bayan
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Jun 12, 2017
Jun 12, 2017 at 11:58 PM UTC
Silence
---------------------- Sous le plafond blanc de notre maison, je suis la voix je fixe des règles je suis reine… pourtant, Sous un plafond de ciel bleu clair sans limites, Je suis infinitésimal... :::::::::::: sally b ©Rosalia Rosario A. Bayan >>>>>>>>>>>>>>>>> (English Version) Under the white ceiling of our house, I am the voice i set rules i am queen…yet, Under a ceiling of limitless light blue skies, I am infinitesimal... ::::::::::: sally b ©Rosalia Rosario A. Bayan
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Jan 10, 2023
Jan 10, 2023 at 5:11 AM UTC
Plafonds
Je me disais : - Cet homme est-il un saltimbanque ? Ne faut-il pas le plaindre ? Est-ce un sens qui lui manque ? Il ne comprend donc pas ? Est-ce un aveugle-né ? Un bègue ? Un sourd ? D'où vient que ce triste obstiné Méconnaît tout génie et toute gloire, et rampe, Tâchant d'éteindre l'astre et de souffler la lampe, Et déchire, dénigre, insulte, blesse, nuit, Et sur toute clarté va bavant de la nuit ? - Maintenant je t'ai vu de près, ô misérable ; J'ai vu ton œil, ton dos, ton échine, ton râble, Ton crâne plat, ton ventre odieux ; et du doigt Asmodée a levé le plafond de ton toit ; Je t'ai vu te traîner, ivre et triste ; et, farouche, Arracher en jouant les ailes d'une mouche. J'ai vu ton rire, hélas ! Je n'ai pas vu tes pleurs. Je t'ai vu haïr l'aube, et marcher sur les fleurs, Et sans cesse écraser la vie à ton passage ; Et battre les enfants, et cracher au visage De cette fille à qui tu donnes quinze sous ; J'ai vu tes vêtements dans l'ordure dissous ; J'ai vu ton cœur sans Dieu, ta chambre sans cuvette ; Je t'ai vu t'irriter au chant d'une fauvette, Toujours plisser le front, toujours crisper le poing ; Et j'ai compris pourquoi tu ne comprenais point.
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À ****
Chanson. Pour les bannis opiniâtres, La France est **** la tombe est près. Prince, préside aux jeux folâtres, Chasse aux femmes dans les théâtres, Chasse aux chevreuils dans les forêts Rome te brûle le cinname, Les rois te disent : mon cousin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Les us frappés sont les plus dignes. Ou l'exil ! ou l'Afrique en feu ! Prince, Compiègne est plein de cygnes, Cours dans les bois, cours dans les vignes, Vénus rayonne au plafond bleu ; La bacchante aux bras nus se pâme Sous sa couronne de raisin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Les forçats bâtissent le phare, Traînant leurs fers au bord des flots ! Hallali ! hallali ! fanfare ! Le cor sonne, le bois s'effare, La lune argente les bouleaux ; À l'eau les chiens ! le cerf qui branle Se perd dans l'ombre du bassin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Le père est au bagne à Cayenne Et les enfants meurent de faim. Le loup verse à boire à l'hyène ; L'homme à la mitre citoyenne Trinque en son ciboire d'or fin ; On voit luire les yeux de flamme Des faunes dans l'antre voisin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Les morts, au boulevard Montmartre, Rôdent, montrant leur plaie au cœur. Pâtés de Strasbourg et de Chartre, Sous la table, un tapis de martre Les belles boivent au vainqueur, Et leur sourire offre leur âme, Et leur corset offre leur sein. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Captifs, expirez dans les fièvres. Vous allez donc vous reposer ! Dans le vieux saxe et le vieux sèvres On soupe, on mange, et sur les lèvres Éclôt le doux oiseau baiser ; Et, tout en riant, chaque femme En laisse fuir un fol essaim. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! La Guyane, cachot fournaise, Tue aujourd'hui comme jadis. Couche-toi, joyeux et plein d'aise, Au lit où coucha Louis seize, Puis l'empereur, puis Charles dix ; Endors-toi, pendant qu'on t'acclame, La tête sur leur traversin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Ô deuil ! par un bandit féroce L'avenir est mort poignardé ! C'est aujourd'hui la grande noce, Le fiancé monte en carrosse ; C'est lui ! César le bien gardé ! Peuples, chantez l'épithalame ! La France épouse l'assassin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Le 25 janvier 1853.
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L'Empereur s'amuse
Chanson. Pour les bannis opiniâtres, La France est **** la tombe est près. Prince, préside aux jeux folâtres, Chasse aux femmes dans les théâtres, Chasse aux chevreuils dans les forêts Rome te brûle le cinname, Les rois te disent : mon cousin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Les us frappés sont les plus dignes. Ou l'exil ! ou l'Afrique en feu ! Prince, Compiègne est plein de cygnes, Cours dans les bois, cours dans les vignes, Vénus rayonne au plafond bleu ; La bacchante aux bras nus se pâme Sous sa couronne de raisin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Les forçats bâtissent le phare, Traînant leurs fers au bord des flots ! Hallali ! hallali ! fanfare ! Le cor sonne, le bois s'effare, La lune argente les bouleaux ; À l'eau les chiens ! le cerf qui branle Se perd dans l'ombre du bassin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Le père est au bagne à Cayenne Et les enfants meurent de faim. Le loup verse à boire à l'hyène ; L'homme à la mitre citoyenne Trinque en son ciboire d'or fin ; On voit luire les yeux de flamme Des faunes dans l'antre voisin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Les morts, au boulevard Montmartre, Rôdent, montrant leur plaie au cœur. Pâtés de Strasbourg et de Chartre, Sous la table, un tapis de martre Les belles boivent au vainqueur, Et leur sourire offre leur âme, Et leur corset offre leur sein. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Captifs, expirez dans les fièvres. Vous allez donc vous reposer ! Dans le vieux saxe et le vieux sèvres On soupe, on mange, et sur les lèvres Éclôt le doux oiseau baiser ; Et, tout en riant, chaque femme En laisse fuir un fol essaim. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! La Guyane, cachot fournaise, Tue aujourd'hui comme jadis. Couche-toi, joyeux et plein d'aise, Au lit où coucha Louis seize, Puis l'empereur, puis Charles dix ; Endors-toi, pendant qu'on t'acclame, La tête sur leur traversin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Ô deuil ! par un bandit féroce L'avenir est mort poignardé ! C'est aujourd'hui la grande noce, Le fiancé monte en carrosse ; C'est lui ! César le bien gardé ! Peuples, chantez l'épithalame ! La France épouse l'assassin. - Sonne aujourd'hui le glas, bourdon de Notre-Dame, Et demain le tocsin ! Le 25 janvier 1853.
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Comme la voiture traversait le bois, il la fit arrêter dans le voisinage d'un tir, disant qu'il lui serait agréable de tirer quelques balles pour tuer le Temps. Tuer ce monstre-là, n'est-ce pas l'occupation la plus ordinaire et la plus légitime de chacun ? - Et il offrit galamment la main à sa chère, délicieuse et exécrable femme, à cette mystérieuse femme à laquelle il doit tant de plaisirs, tant de douleurs, et peut-être aussi une grande partie de son génie. Plusieurs balles frappèrent **** du but proposé ; l'une d'elles s'enfonça même dans le plafond ; et comme la charmante créature riait follement, se moquant de la maladresse de son époux, celui-ci se tourna brusquement vers elle, et lui dit : « Observez cette poupée, là-bas, à droite, qui porte le nez en l'air et qui a la mine si hautaine. Eh bien ! cher ange, je me figure que c'est vous ». Et il ferma les yeux et il lâcha la détente. La poupée fut nettement décapitée. Alors s'inclinant vers sa chère, sa délicieuse, son exécrable femme, son inévitable et impitoyable Muse, et lui baisant respectueusement la main, il ajouta : « Ah ! mon cher ange, combien je vous remercie de mon adresse ! »
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Le galant tireur
Quand je te vois passer, ô ma chère indolente, Au chant des instruments qui se brise au plafond Suspendant ton allure harmonieuse et lente, Et promenant l'ennui de ton regard profond ; Quand je contemple, aux feux du gaz qui le colore, Ton front pâle, embelli par un morbide attrait, Où les torches du soir allument une aurore, Et tes yeux attirants comme ceux d'un portrait, Je me dis : Qu'elle est belle ! et bizarrement fraîche ! Le souvenir massif, royale et lourde tour, La couronne, et son coeur, meurtri comme une pêche, Est mûr, comme son corps, pour le savant amour. Es-tu le fruit d'automne aux saveurs souveraines ? Es-tu vase funèbre attendant quelques pleurs, Parfum qui fait rêver aux oasis lointaines, Oreiller caressant, ou corbeille de fleurs ? Je sais qu'il est des yeux, des plus mélancoliques Qui ne recèlent point de secrets précieux ; Beaux écrins sans joyaux, médaillons sans reliques, Plus vides, plus profonds que vous-mêmes, ô Cieux ! Mais ne suffit-il pas que tu sois l'apparence, Pour réjouir un coeur qui fuit la vérité ? Qu'importe ta bêtise ou ton indifférence ? Masque ou décor, salut ! J'adore ta beauté.
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L'amour du mensonge
Quand l'empire romain tomba désespéré, - Car, ô Rome, l'abîme où Carthage a sombré Attendait que tu la suivisses ! - Quand, n'ayant rien en lui de grand qu'il n'eût brisé, Ce monde agonisa, triste, ayant épuisé Tous les Césars et tous les vices ; Quand il expira, vide et riche comme Tyr ; Tas d'esclaves ayant pour gloire de sentir Le pied du maître sur leurs nuques ; Ivre de vin, de sang et d'or ; continuant Caton par Tigellin, l'astre par le néant, Et les géants par les eunuques ; Ce fut un noir spectacle et dont on s'enfuyait. Le pâle cénobite y songeait, inquiet, Dans les antres visionnaires ; Et, pendant trois cents ans, dans l'ombre on entendit Sur ce monde **** sur ce festin maudit, Un écroulement de tonnerres. Et Luxure, Paresse, Envie, Orgie, Orgueil, Avarice et Colère, au-dessus de ce deuil, Planèrent avec des huées ; Et, comme des éclairs sous le plafond des soirs, Les glaives monstrueux des sept archanges noirs Flamboyèrent dans les nuées. Juvénal, qui peignit ce gouffre universel, Est statue aujourd'hui ; la statue est de sel, Seule sous le nocturne dôme ; Pas un arbre à ses pieds ; pas d'herbe et de rameaux ; Et dans son oeil sinistre on lit ces sombres mots : « Pour avoir regardé Sodôme. » Février 1843.
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La statue
Sonnet. La musique souvent me prend comme une mer ! Vers ma pâle étoile, Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther, Je mets à la voile ; La poitrine en avant et les poumons gonflés Comme de la toile, J'escalade le dos des flots amoncelés Que la nuit me voile ; Je sens vibrer en moi toutes les passions D'un vaisseau qui souffre ; Le bon vent, la tempête et ses convulsions Sur l'immense gouffre Me bercent. D'autres fois, calme plat, grand miroir De mon désespoir !
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La musique
Je lisais Platon. - J'ouvris La porte de ma retraite, Et j'aperçus Lycoris C'est-à-dire Turlurette. Je n'avais pas dit encor Un seul mot à cette belle. Sous un vague plafond d'or Mes rêves battaient de l'aile. La belle, en jupon gris-clair, Montait l'escalier sonore ; Ses frais yeux bleus avaient l'air De revenir de l'aurore. Elle chantait un couplet D'une chanson de la rue Qui dans sa bouche semblait Une lumière apparue. Son front éclipsa Platon. Ô front céleste et frivole ! Un ruban sous son menton Rattachait son auréole. Elle avait l'accent qui plaît, Un foulard pour cachemire, Dans sa main son *** au lait, Des flammes dans son sourire. Et je lui dis (le Phédon Donne tant de hardiesse !) : - Mademoiselle, pardon, Ne seriez-vous pas déesse ?
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Interruption à une lecture de Platon
L'habit râpé Vivent les bas de soie et les souliers vernis ! La chaise dépaillée Dieu dit aux bons fauteuils : fauteuils, je vous bénis ! Le poêle froid Comme un grand feu qui flambe et pétille en décembre Vous illumine l'âme en empourprant la chambre ! Le verre plein d'eau Ma foi, j'aime le vin. La soucoupe pleine de poussière Moi, j'aime le café. L'écuelle de bois C'est charmant de crier : garçon ! Perdreau truffé, Bordeaux retour de l'Inde, et saumon sauce aux huîtres ! Le carreau cassé Une fenêtre est belle alors qu'elle a des vitres. Le gousset vide Que l'usurier hideux, poussif, auquel tu dois, Agite un vieux billet de banque en ses vieux doigts, Fût-il gris comme un chantre et crasseux comme un diacre, Vénus vient toute nue en sa conque de nacre. Le lit de sangle Un édredon, c'est doux. L'écritoire Arétin, plein d'esprit, Vit content ; sous ses pieds il a quand il écrit Un charmant tapis turc qui réchauffe sa prose. Le trou de la serrure J'estime une portière épaisse, et, verte ou rose, Laissant voir, dans les plis du satin ouaté, Un mandarin qui prend une tasse de thé. Un papier timbré Verrès est riche et grand ; devant lui nul ne bouge. Le miroir fêlé Sur un frac brodé d'or j'aime un beau cordon rouge. L'escabeau boiteux Quel bonheur de courir à la croix de Berny Sur quelque ardent cheval plein d'un souffle infini, Démon aux crins épars né des vents de l'Ukraine ! La semelle percée Quelle joie ! En hiver, rouler au Cours-la-Reine, Quand le soleil dissout les brouillards pluvieux, Dans un landau qui fait blêmir les envieux ! Le plafond troué Et, tandis qu'au dehors siffle le vent féroce, Contempler, à travers les glaces du carrosse, Le ciel bleu, rayonnant d'une douce clarté ! Le ciel bleu Paix ! Comptez vous pour rien cette sérénité De marcher le front haut, et de se dire : en somme, Je mange du pain noir, mais je suis honnête homme ! Le 17 novembre 1853.
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Voix dans le grenier
L'habit râpé Vivent les bas de soie et les souliers vernis ! La chaise dépaillée Dieu dit aux bons fauteuils : fauteuils, je vous bénis ! Le poêle froid Comme un grand feu qui flambe et pétille en décembre Vous illumine l'âme en empourprant la chambre ! Le verre plein d'eau Ma foi, j'aime le vin. La soucoupe pleine de poussière Moi, j'aime le café. L'écuelle de bois C'est charmant de crier : garçon ! Perdreau truffé, Bordeaux retour de l'Inde, et saumon sauce aux huîtres ! Le carreau cassé Une fenêtre est belle alors qu'elle a des vitres. Le gousset vide Que l'usurier hideux, poussif, auquel tu dois, Agite un vieux billet de banque en ses vieux doigts, Fût-il gris comme un chantre et crasseux comme un diacre, Vénus vient toute nue en sa conque de nacre. Le lit de sangle Un édredon, c'est doux. L'écritoire Arétin, plein d'esprit, Vit content ; sous ses pieds il a quand il écrit Un charmant tapis turc qui réchauffe sa prose. Le trou de la serrure J'estime une portière épaisse, et, verte ou rose, Laissant voir, dans les plis du satin ouaté, Un mandarin qui prend une tasse de thé. Un papier timbré Verrès est riche et grand ; devant lui nul ne bouge. Le miroir fêlé Sur un frac brodé d'or j'aime un beau cordon rouge. L'escabeau boiteux Quel bonheur de courir à la croix de Berny Sur quelque ardent cheval plein d'un souffle infini, Démon aux crins épars né des vents de l'Ukraine ! La semelle percée Quelle joie ! En hiver, rouler au Cours-la-Reine, Quand le soleil dissout les brouillards pluvieux, Dans un landau qui fait blêmir les envieux ! Le plafond troué Et, tandis qu'au dehors siffle le vent féroce, Contempler, à travers les glaces du carrosse, Le ciel bleu, rayonnant d'une douce clarté ! Le ciel bleu Paix ! Comptez vous pour rien cette sérénité De marcher le front haut, et de se dire : en somme, Je mange du pain noir, mais je suis honnête homme ! Le 17 novembre 1853.
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Jadis je vous disais : « Vivez, régnez, Madame ! Le salon vous attend ! le succès vous réclame ! Le bal éblouissant pâlit quand vous partez ! Soyez illustre et belle ! aimez ! riez ! chantez ! Vous avez la splendeur des astres et des roses ! Votre regard charmant, où je lis tant de choses, Commente vos discours légers et gracieux. Ce que dit votre bouche étincelle en vos yeux. Il semble, quand parfois un chagrin vous alarme, Qu'ils versent une perle et non pas une larme. Même quand vous rêvez, vous souriez encor, Vivez, fêtée et fière, ô belle aux cheveux d'or ! » Maintenant vous voilà pâle, grave, muette, Morte, et transfigurée, et je vous dis : « Poète ! Viens me chercher ! Archange ! être mystérieux ! Fais pour moi transparents et la terre et les cieux ! Révèle-moi, d'un mot de ta bouche profonde, La grande énigme humaine et le secret du monde ! Confirme en mon esprit Descarte ou Spinosa ! Car tu sais le vrai nom de celui qui perça, Pour que nous puissions voir sa lumière sans voiles, Ces trous du noir plafond qu'on nomme les étoiles ! Car je te sens flotter sous mes rameaux penchants ; Car ta lyre invisible a de sublimes chants ! Car mon sombre océan, où l'esquif s'aventure, T'épouvante et te plaît ; car la sainte nature, La nature éternelle, et les champs, et les bois, Parlent de ta grande âme avec leur grande voix ! » Paris, 1840. - Jersey, 1855.
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À Madame D. G. de G