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"pierres" poems
Ils ont vu les Pays-Bas, ils rentrent à Terre Haute; Mais une nuit d’été, les voici à Ravenne, A l’aise entre deux draps, chez deux centaines de punaises; La sueur aestivale, et une forte odeur de chienne. Ils restent sur le dos écartant les genoux De quatre jambes molles tout gonflées de morsures. On relève le drap pour mieux égratigner. Moins d’une lieue d’ici est Saint Apollinaire En Classe, basilique connue des amateurs De chapitaux d’acanthe que tournoie le vent. Ils vont prendre le train de huit heures Prolonger leurs misères de Padoue à Milan Où se trouvent la Cène, et un restaurant pas cher. Lui pense aux pourboires, et rédige son bilan. Ils auront vu la Suisse et traversé la France. Et Saint Apollinaire, raide et ascétique, Vieille usine désaffectée de Dieu, tient encore Dans ses pierres écroulantes la forme précise de Byzance.
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Lune De Miel
~-English-~ The Beauty Of Flowers (Multiple Tankas II) The garden trellis Climbing Salêt Moss rose blooms Perfume light and sweet. Light lavender-pink blossoms— Nice outside or in a vase. English bluebells dance On either side of the path In the cool forest They nod and sway in sunlight Lifting their heads to the dawn Meadows full of blooms Larkspurs, Daisies, and Poppies All create beauty. So splendid a sight to see In the Spring and Summertime. Near the Dutch windmill Daffodils and iris bloom In the warm sunshine During the sweet summer day They look towards the blue sky Waterfalls o'er stones, Mossy and slick though they be My eyes do behold; Trillium of white and mauve, All amid Running Cedar. ~Timothy & Marian~ ~-French-~ La beauté des fleurs (plusieurs Tankas II) Le treillis de jardin Escalade Salêt Moss rose fleurs Parfum léger et doux. Lumière des fleurs de lavande-rose — Nice à l'extérieur ou dans un vase. Danse de jacinthes des bois français De chaque côté du chemin Dans la forêt cool Il hoche la tête et se balancent en plein soleil Soulever la tête à l'aube Prés de fleurs Larkspurs, marguerites et coquelicots Tous créent de la beauté. Tellement splendide un spectacle à voir Au printemps et en été. Près du moulin à vent hollandais Les jonquilles et les fleurs de l'iris Dans la chaleur du soleil Pendant la journée été doux Ils regardent vers le ciel bleu Chutes d'eau sur les pierres, Moussu et luisante, bien qu'ils Mes yeux Voici ; Trille blanc et mauve, Tout au milieu des Cèdres en cours d'exécution. ~ Timothy et Marian ~
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Jan 10, 2014
Jan 10, 2014 at 6:26 PM UTC
The Beauty Of Flowers (Multiple Tankas II)
~-English-~ The Beauty Of Flowers (Multiple Tankas II) The garden trellis Climbing Salêt Moss rose blooms Perfume light and sweet. Light lavender-pink blossoms— Nice outside or in a vase. English bluebells dance On either side of the path In the cool forest They nod and sway in sunlight Lifting their heads to the dawn Meadows full of blooms Larkspurs, Daisies, and Poppies All create beauty. So splendid a sight to see In the Spring and Summertime. Near the Dutch windmill Daffodils and iris bloom In the warm sunshine During the sweet summer day They look towards the blue sky Waterfalls o'er stones, Mossy and slick though they be My eyes do behold; Trillium of white and mauve, All amid Running Cedar. ~Timothy & Marian~ ~-French-~ La beauté des fleurs (plusieurs Tankas II) Le treillis de jardin Escalade Salêt Moss rose fleurs Parfum léger et doux. Lumière des fleurs de lavande-rose — Nice à l'extérieur ou dans un vase. Danse de jacinthes des bois français De chaque côté du chemin Dans la forêt cool Il hoche la tête et se balancent en plein soleil Soulever la tête à l'aube Prés de fleurs Larkspurs, marguerites et coquelicots Tous créent de la beauté. Tellement splendide un spectacle à voir Au printemps et en été. Près du moulin à vent hollandais Les jonquilles et les fleurs de l'iris Dans la chaleur du soleil Pendant la journée été doux Ils regardent vers le ciel bleu Chutes d'eau sur les pierres, Moussu et luisante, bien qu'ils Mes yeux Voici ; Trille blanc et mauve, Tout au milieu des Cèdres en cours d'exécution. ~ Timothy et Marian ~
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Les être, le cosmos, la terre et le vin (Dédié à l’incomparable génie Charles Baudelaire) Les ceps murissent longuement sous l’énigmatique lueur des cieux, irisés par les ondes astrales du Cosmos et ses grands vents de feu. Des gelées de janvier aux averses d’avril, le vigneron soigne ses vignes. qui souffrent des fournaises de l’été jusqu’à la bouilloire dorée de l’automne. Le vin est d’abord fruit des astres et des cieux, mais aussi de la patience et de l’art du vigneron. Il y a une magie du vin qui vient sceller les noces mystiques de l’azur, de la terre, du cosmos et des graves. Il existe dans le vin comme une consécration des noces d’or de la terre, des pierres et de l’azur, Qui lui donne son caractère âpre ou velouté, son goût inimitable, sa vraie signature, son héraldique. Un palais exercé saura toujours en déceler l’empreinte pour y trouver sa genèse et gouter ses merveilles. Mais c’est le vigneron qui consacre ces noces avec son savoir, son doigté, sa manière d’opérer le grand œuvre des vendanges. Le choix de la date des vendanges dépend de l’intuition humaine et correspond au sacre de l’automne. Au moment où les grappes pèsent et ou les raisins sont gonflés comme de lourds pendentifs, alors que les raisins mûrs sont prêts à sortir de leur enveloppe dorée pour se transformer en élixir. Le vigneron prend la décision sacrale de celle dont dépend la qualité du vin à naître. Et les vendanges vont se mener dans une atmosphère d’excitation et de sentiment de franchissement du danger. Désormais le vin sorti du pressoir va murir dans des barriques de chêne Le bois peut apporter sa chauffe méthodique afin que se mêlent au jus des arômes de bois et de forêts, C’est sûr, cette année, les forces de la nature et de l’Homme nous préparent un grand vin. Aussi quel honneur et quel rite magique que d’en boire les premières gorgées dans des coupes d’argent ou des verres de cristal, avant même que le vin ne soit fait et tiré pour en détecter les grands traits et les failles. Enfin, vient le moment de boire, comme une élévation des cœurs et des esprits. L’on ne boit bien qu’en groupe, qu’avec de vrais amis, sa chérie ou des belles. Boire c’est d’abord humer et découvrir par le nez les secrets d’un terroir et des pampres, puis humecter ses lèvres afin de s’imprégner des sucs et des saveurs, et puis boire surtout, c’est œuvre de finesse, d’expression de l’Esprit et de bonne humeur; qu’il y ait de l’ivresse, fort bien, mais jamais d’ivrognerie Paul Arrighi ; Toulouse(France), le 3 novembre 2013
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Nov 4, 2013
Nov 4, 2013 at 10:36 AM UTC
Les être, le cosmos, la terre et le vin (Dédié à l’incomparable génie Charles Baudelaire)
Les être, le cosmos, la terre et le vin (Dédié à l’incomparable génie Charles Baudelaire) Les ceps murissent longuement sous l’énigmatique lueur des cieux, irisés par les ondes astrales du Cosmos et ses grands vents de feu. Des gelées de janvier aux averses d’avril, le vigneron soigne ses vignes. qui souffrent des fournaises de l’été jusqu’à la bouilloire dorée de l’automne. Le vin est d’abord fruit des astres et des cieux, mais aussi de la patience et de l’art du vigneron. Il y a une magie du vin qui vient sceller les noces mystiques de l’azur, de la terre, du cosmos et des graves. Il existe dans le vin comme une consécration des noces d’or de la terre, des pierres et de l’azur, Qui lui donne son caractère âpre ou velouté, son goût inimitable, sa vraie signature, son héraldique. Un palais exercé saura toujours en déceler l’empreinte pour y trouver sa genèse et gouter ses merveilles. Mais c’est le vigneron qui consacre ces noces avec son savoir, son doigté, sa manière d’opérer le grand œuvre des vendanges. Le choix de la date des vendanges dépend de l’intuition humaine et correspond au sacre de l’automne. Au moment où les grappes pèsent et ou les raisins sont gonflés comme de lourds pendentifs, alors que les raisins mûrs sont prêts à sortir de leur enveloppe dorée pour se transformer en élixir. Le vigneron prend la décision sacrale de celle dont dépend la qualité du vin à naître. Et les vendanges vont se mener dans une atmosphère d’excitation et de sentiment de franchissement du danger. Désormais le vin sorti du pressoir va murir dans des barriques de chêne Le bois peut apporter sa chauffe méthodique afin que se mêlent au jus des arômes de bois et de forêts, C’est sûr, cette année, les forces de la nature et de l’Homme nous préparent un grand vin. Aussi quel honneur et quel rite magique que d’en boire les premières gorgées dans des coupes d’argent ou des verres de cristal, avant même que le vin ne soit fait et tiré pour en détecter les grands traits et les failles. Enfin, vient le moment de boire, comme une élévation des cœurs et des esprits. L’on ne boit bien qu’en groupe, qu’avec de vrais amis, sa chérie ou des belles. Boire c’est d’abord humer et découvrir par le nez les secrets d’un terroir et des pampres, puis humecter ses lèvres afin de s’imprégner des sucs et des saveurs, et puis boire surtout, c’est œuvre de finesse, d’expression de l’Esprit et de bonne humeur; qu’il y ait de l’ivresse, fort bien, mais jamais d’ivrognerie Paul Arrighi ; Toulouse(France), le 3 novembre 2013
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Les portes des églises et celles des écoles sont fermées. Aucune personne décente n'est en effet dans les rues, Où l'on voit que des crimes abjects et des horribles abus. Plusieurs pare-brises sont brisés par des pierres mal lancées. La violence pleut dans les rues et dans les corridors; On ne voit ni les chiens, ni les chats en dehors. Des maigres oiseaux, sur les branches, avec dédain et stupeur, Regardent plusieurs voyous et charlatans au visage masqué. C'est triste de constater ces crimes odieux. Quelle horreur! Il y a une guerre hostile? On se demande quel parti va gagner? On peut entendre la voix venue d'un vieillard de quelques parts Qui crie faiblement: « Nous sommes tous des pauvres victimes, Des clochards, qui se suicident pour des politiciens, pour des avares. » Pas trop **** on peut voir une femme folle avec un ami intime, Tous deux en haillons. C'est une image de cauchemar qui prouve Que le pays est devenu un enfer sur la terre. A la radio, on dit Que quelques bateaux de la Marine Américaine se trouvent Dans la rade. Qu'est qu'ils font sur notre territoire? On fuit Ou on ne fuit pas? On n'en peut pas. Tout le monde est en prison. La violence neige de sang dans les rues d'un pays tropical, où la peur Règne. Les enfants n'osent pas aller jouer dans les rues, où la terreur Siffle comme des serpents, comme les mitraillettes des démons. Aucune guerre n'est civile et celle d'un même peuple est aussi violente Et diabolique. Mon Dieu, les choses vont très mal dans les rues avoisinantes. La violence pleut et tout le monde pleure. Les sinistrés sont partout aux abois. On attend l'arrivée des bons anges qui viendront peut-être dans quelques mois. Copyright © Juin 2019, Hébert Logerie, Tous droits réservés. Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs recueils de poésie. Tuesday, June 18, 2019
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Sep 11, 2025
Sep 11, 2025 at 1:12 AM UTC
La Violence Pleut Dans Les Rues
Les portes des églises et celles des écoles sont fermées. Aucune personne décente n'est en effet dans les rues, Où l'on voit que des crimes abjects et des horribles abus. Plusieurs pare-brises sont brisés par des pierres mal lancées. La violence pleut dans les rues et dans les corridors; On ne voit ni les chiens, ni les chats en dehors. Des maigres oiseaux, sur les branches, avec dédain et stupeur, Regardent plusieurs voyous et charlatans au visage masqué. C'est triste de constater ces crimes odieux. Quelle horreur! Il y a une guerre hostile? On se demande quel parti va gagner? On peut entendre la voix venue d'un vieillard de quelques parts Qui crie faiblement: « Nous sommes tous des pauvres victimes, Des clochards, qui se suicident pour des politiciens, pour des avares. » Pas trop **** on peut voir une femme folle avec un ami intime, Tous deux en haillons. C'est une image de cauchemar qui prouve Que le pays est devenu un enfer sur la terre. A la radio, on dit Que quelques bateaux de la Marine Américaine se trouvent Dans la rade. Qu'est qu'ils font sur notre territoire? On fuit Ou on ne fuit pas? On n'en peut pas. Tout le monde est en prison. La violence neige de sang dans les rues d'un pays tropical, où la peur Règne. Les enfants n'osent pas aller jouer dans les rues, où la terreur Siffle comme des serpents, comme les mitraillettes des démons. Aucune guerre n'est civile et celle d'un même peuple est aussi violente Et diabolique. Mon Dieu, les choses vont très mal dans les rues avoisinantes. La violence pleut et tout le monde pleure. Les sinistrés sont partout aux abois. On attend l'arrivée des bons anges qui viendront peut-être dans quelques mois. Copyright © Juin 2019, Hébert Logerie, Tous droits réservés. Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs recueils de poésie. Tuesday, June 18, 2019
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Ma faim, Anne, Anne, Fuis sur ton âne. Si j'ai du goût, ce n'est guères Que pour la terre et les pierres. Dinn ! dinn ! dinn ! dinn ! Mangeons l'air, Le roc, les charbons, le fer. Mes faims, tournez. Paissez, faims, Le pré des sons ! Attirez le *** venin Des liserons ; Mangez Les cailloux qu'un pauvre brise, Les vieilles pierres d'église, Les galets, fils des déluges, Pains couchés aux vallées grises ! Mes faims, c'est les bouts d'air noir ; L'azur sonneur ; - C'est l'estomac qui me tire. C'est le malheur. Sur terre ont paru les feuilles ! Je vais aux chairs de fruit blettes. Au sein du sillon je cueille La doucette et la violette. Ma faim, Anne, Anne ! Fuis sur ton âne.
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Fêtes de la faim
Je suis seule Je suis enceinte Le vent me dit Rentrez, vous n'etes pas assez forte Je reste ici Les etoiles seront mes copains Le ciel mon abri Je dormirai avec les pierres La pluie me lave Mes souvenirs, l'amour Sont perdus Je n'ai pas besoin de l'argent Demain n'existe pas Seulement le silence Et un papillon
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Mar 29, 2013
Mar 29, 2013 at 3:24 PM UTC
Courage
Couchers de Soleil sur la Comtale ou un vaisseau sur la ville Il est en Toulouse, le soir comme un vaste vaisseau fantôme Jetant sa proue sur le canal et filant droit sur le cap Saint-Sernin, c'est la Comtale en son écrin. Comme une enchanteresse de couleurs, mêlée d'ocre du soir et d'orange soleil peignant les voiles de ce vaisseau. La luminosité en terrasse en fait un bel observatoire de la palette des nuages, des jeux infinis du soleil et des sourires de la lune qui scintillent sur Saint Sernin, font resplendir les grands grues de l'ancienne Toulouse, réveillée de son sommeil. Quand le vent d'autan souffle fort, comme un orchestre laissé seul sans partition et sans baguette, «La Comtale» frémit sous le choc et ce noble vaisseau de pierres voit ses terrasses dévastées, par les outils de jardinage et les plantes taillées menues. Mais chère et haute nef, «La Comtale», tu n’es jamais toi-même que lorsque le soleil luit et fait rougeoyer les briques ocres, transforme tes terrasses en jardins étagées à l’ombre des stores tirés des plantes aromatiques et des cactées qui parfument de menthe, de poivre et de miel nos thés glacés et limonades sirotées avec joie. Paul d’Aubin (Paul Arrighi), Toulouse (02 avril 2014)
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Apr 2, 2014
Apr 2, 2014 at 3:08 PM UTC
Couchers de Soleil sur la Comtale ou un vaisseau sur la ville
Regarde les squelettes qui dansent dans la cour Et l'odeur de violette qui va chassant le jour. Hier encore la fête, les nombreux petits-fours, Le sel des cacahuètes et le son des tambours. Aujourd'hui qu'elle est **** la joie de Mariette : Quelques restes de pain sur la table - des miettes - Et des grains de raisins que grignotent les guêpes, Quand le rouge du vin nous fait perdre la tête. Ils cliquettent les rires et grelottent les os ; Il chuinte le sabir des cages dans ce zoo : Mariette et Amir sont partis tout là-haut Sans même prévenir : j'en ai froid dans le dos. Regarde les squelettes qui dansent dans la cour Et l'odeur de violette qui va chassant le jour. Amir était poète, Mariette un amour. Qui sait que la mort guette quand on a de l'humour ? Hier, à la rivière, nous lancions des pierres, Les canettes de bières et les traits de lumières Éclairaient nos visages et plissaient nos regards : Qui sait que les présages ressembl'nt aux nénuphars ? Mariette portait ses jolies perles jaunes Et son rire de Corte. Amir était un faune Dont la longue crinière nous mettaient en chaleur. Qu'ils étaient beaux et fiers : quand j'y pense je pleure Regarde les squelettes qui dansent dans la cour Et l'odeur de violette qui va chassant le jour. C'est une étrange valse, une valse à trois temps, Celle du temps qui passe et te chasse, entêtant. Hier, ce jour, demain : étourdissant manège Aux chevaux de bois dur où je pleurais enfant. Osselets de mes mains, et mes pieds dans la neige : Quelle est cette blessure où s'épuise mon sang ? Mariette pleurait et riait à la fois, Qu'Amir aux yeux dorés nous raconte l'émoi De leur premier baiser sous un bel amandier. Leurs visages apaisés nous ont incendiés. Regarde les squelettes qui dansent dans la cour Et l'odeur de violette qui va chassant le jour...
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Nov 12, 2017
Nov 12, 2017 at 3:09 AM UTC
Et l'odeur de violette qui va chassant le jour
Regarde les squelettes qui dansent dans la cour Et l'odeur de violette qui va chassant le jour. Hier encore la fête, les nombreux petits-fours, Le sel des cacahuètes et le son des tambours. Aujourd'hui qu'elle est **** la joie de Mariette : Quelques restes de pain sur la table - des miettes - Et des grains de raisins que grignotent les guêpes, Quand le rouge du vin nous fait perdre la tête. Ils cliquettent les rires et grelottent les os ; Il chuinte le sabir des cages dans ce zoo : Mariette et Amir sont partis tout là-haut Sans même prévenir : j'en ai froid dans le dos. Regarde les squelettes qui dansent dans la cour Et l'odeur de violette qui va chassant le jour. Amir était poète, Mariette un amour. Qui sait que la mort guette quand on a de l'humour ? Hier, à la rivière, nous lancions des pierres, Les canettes de bières et les traits de lumières Éclairaient nos visages et plissaient nos regards : Qui sait que les présages ressembl'nt aux nénuphars ? Mariette portait ses jolies perles jaunes Et son rire de Corte. Amir était un faune Dont la longue crinière nous mettaient en chaleur. Qu'ils étaient beaux et fiers : quand j'y pense je pleure Regarde les squelettes qui dansent dans la cour Et l'odeur de violette qui va chassant le jour. C'est une étrange valse, une valse à trois temps, Celle du temps qui passe et te chasse, entêtant. Hier, ce jour, demain : étourdissant manège Aux chevaux de bois dur où je pleurais enfant. Osselets de mes mains, et mes pieds dans la neige : Quelle est cette blessure où s'épuise mon sang ? Mariette pleurait et riait à la fois, Qu'Amir aux yeux dorés nous raconte l'émoi De leur premier baiser sous un bel amandier. Leurs visages apaisés nous ont incendiés. Regarde les squelettes qui dansent dans la cour Et l'odeur de violette qui va chassant le jour...
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Ma Diva veut  être meublée de parenthèses De ïambes de jade meuble aux couleurs de toutes les toques Et manches et casaques de l 'arc-en-ciel Toque blanche manches vertes et casaque noire, Toque rose manches blanches et casaque verte. A l'intérieur des petites lunes enchantées Entre losanges, étoiles et petits pois Ma diva, oh la vilaine,  a mis des accolades et des crochets De jade blanc, digressions  ponctuées périodiquement Par d'exquises parties de ïambes en l'air. Qui dit ïambe dit trochée (me suis-je permis de préciser) Et qui dit ïambe et trochée dit scansion Alternance dans le pied, donc dans la marche Dans le pas cadencé, l 'amble, le trot  et le galop De la respiration longue et brève des solipèdes. A l 'intérieur des parenthèses enchantées Entre une espace et l 'autre de l 'écurie J'ai vu danser ainsi une diva de forte encolure Revendiquée modèle de Botero Embarquer en longe un soleil pas trop chaud Pour égayer le paddock de son haras De vieilles pierres et de prés, de sous-bois et de beaux paysages De musées et de concerts et de galipettes Au bras d'un cavalier épicurien Dragon de paille, bon à tout faire : Lad qui la sorte à la longe En chemise polaire de luxe Cavalier qui la monte Au grand steeple-chase de l'immortalité En cajolant ses flancs de liqueur de jade blanche Et  en même temps  groom qui la soigne En divaguant en elle au gré de ses envies De pierre semi-précieuse en transe.
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Sep 16, 2019
Sep 16, 2019 at 11:00 AM UTC
Partie de ïambes en l'air
Aux bords de la rivière « La Catena » en Corse Elle porte un nom qui signifie «chaîne»; mais est bien au contraire expérience de Liberté. Dans les temps féodaux, un seigneur de la Cinarca, y fit construire une place forte, Dont il ne reste plus que quelques pierres éparses et le baptistère, Ainsi que des rumeurs d'un cruel massacre, jamais éteintes, par les siècles. L'été, sa musique de roches se joint à la fraîcheur pour en faire un lieu de détente et de pur bonheur, Pourtant les rocs de granit en obstruent parfois le cours et font ressembler ce torrent à une rivière peuplée par des géants de pierre et de quelques noyés violacés rejetés par ses colères. Son grondement ininterrompu laisse planer comme une symphonie  fantastique de dangers diffus. Les truites «fario» n'en sont pas absentes, même si trop pêchées, elles se nichent au plus profond des creux et anfractuosités des rochers. Les rires des enfants, le ruissellement de l'eau si fraîche sur la peau sont le sourire de celles et ceux qui savent admirer ce temple vert, et contempler sur ses bords cette flamboyance  de la  nature propre à apaiser  l'inquiétude des êtres. La musique monotone de son courant pousse à la sieste, le plus furieux des « hommes pressés ». Et « la Catena » a l'air de nous dire : « sachez écouter ma musique et prendre le temps de vous poser un peu ». Paul Arrighi
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Jul 30, 2016
Jul 30, 2016 at 2:07 PM UTC
Aux bords de la rivière « La Catena » en Corse
Les deux Oliviers de Paomia, (Un épisode de l'exode de «Mainotes en Corse») Ridés, bossus, ces deux oliviers ressemblaient au passeur de l'Achéron, veillant aux portes du fleuve de l'enfer. Ce n’étaient pourtant que des pousses venues de Sparte, Replantées sur la terre Corse, pour nourrir une colonie d'émigrés. Ces oliviers furent même bénis par des popes, Puis soumis aux êtes brûlants, au sirocco dévastateurs, Mais ils avaient tenus debouts avec leurs nervures noueuses, et ni les entailles des hommes, ni le feu du ciel, ni les orages dévastateurs ne leur avait fait baisser rameux, Grecs et Corses s'étaient affrontés pour cette terre si bien plantée et cultivée, Mais ce n'était pas simple jalousies, ni rivalités de cultivateurs et de bergers, Il s'agissait d’affaire d'honneur et de désaccords avec Gènes qui avait donné ce qui ne lui appartenait point. Ils en virent; ces oliviers noueux, des saisons de félicité, de récoltes riantes d'olives et de figues, Ils entendirent aussi les conques de guerre et les cris effroyables lors des sièges de Paomia. Et puis un jour, les «mainotes» subjugués sous le nombre durent quitter la terre qu’ils avaient éveillée de leur sueur. Ils s'en vinrent résider à Ajacciu, y exercèrent d'autres métiers en attendant des temps meilleurs. Puis Marbeuf leur construisit Cargèse, plus près de la mer et les anciennes terres de Paomia furent désormais délaissées pour le pacage et les transhumances. L'Eglise elle-même et les pierres les maisons s'écroulèrent; Mais jamais ne disparurent ces deux oliviers gardiens des lieux, véritables cerbères des temps antiques. Ils veillaient désormais sur la quiétude des geais, des renards et des bandits. C'était un peu comme si l'esprit et les vertus de l'ancienne Sparte et de Paomia la neuve s'étaient fécondés et avaient donné enfantement à ces deux Oliviers. Paul Arrighi
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Feb 5, 2016
Feb 5, 2016 at 3:50 PM UTC
Les deux Oliviers de Paomia ( the two olive trees of Paomia)
Les deux Oliviers de Paomia, (Un épisode de l'exode de «Mainotes en Corse») Ridés, bossus, ces deux oliviers ressemblaient au passeur de l'Achéron, veillant aux portes du fleuve de l'enfer. Ce n’étaient pourtant que des pousses venues de Sparte, Replantées sur la terre Corse, pour nourrir une colonie d'émigrés. Ces oliviers furent même bénis par des popes, Puis soumis aux êtes brûlants, au sirocco dévastateurs, Mais ils avaient tenus debouts avec leurs nervures noueuses, et ni les entailles des hommes, ni le feu du ciel, ni les orages dévastateurs ne leur avait fait baisser rameux, Grecs et Corses s'étaient affrontés pour cette terre si bien plantée et cultivée, Mais ce n'était pas simple jalousies, ni rivalités de cultivateurs et de bergers, Il s'agissait d’affaire d'honneur et de désaccords avec Gènes qui avait donné ce qui ne lui appartenait point. Ils en virent; ces oliviers noueux, des saisons de félicité, de récoltes riantes d'olives et de figues, Ils entendirent aussi les conques de guerre et les cris effroyables lors des sièges de Paomia. Et puis un jour, les «mainotes» subjugués sous le nombre durent quitter la terre qu’ils avaient éveillée de leur sueur. Ils s'en vinrent résider à Ajacciu, y exercèrent d'autres métiers en attendant des temps meilleurs. Puis Marbeuf leur construisit Cargèse, plus près de la mer et les anciennes terres de Paomia furent désormais délaissées pour le pacage et les transhumances. L'Eglise elle-même et les pierres les maisons s'écroulèrent; Mais jamais ne disparurent ces deux oliviers gardiens des lieux, véritables cerbères des temps antiques. Ils veillaient désormais sur la quiétude des geais, des renards et des bandits. C'était un peu comme si l'esprit et les vertus de l'ancienne Sparte et de Paomia la neuve s'étaient fécondés et avaient donné enfantement à ces deux Oliviers. Paul Arrighi
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Tout près du lac filtre une source, Entre deux pierres, dans un coin ; Allègrement l'eau prend sa course Comme pour s'en aller bien **** Elle murmure : Oh ! quelle joie ! Sous la terre il faisait si noir ! Maintenant ma rive verdoie, Le ciel se mire à mon miroir. Les myosotis aux fleurs bleues Me disent : Ne m'oubliez pas ! Les libellules de leurs queues M'égratignent dans leurs ébats ; A ma coupe l'oiseau s'abreuve ; Qui sait ? - Après quelques détours Peut-être deviendrai-je un fleuve Baignant vallons, rochers et tours. Je broderai de mon écume Ponts de pierre, quais de granit, Emportant le steamer qui fume A l'Océan où tout finit. Ainsi la jeune source jase, Formant cent projets d'avenir ; Comme l'eau qui bout dans un vase, Son flot ne peut se contenir ; Mais le berceau touche à la tombe ; Le géant futur meurt petit ; Née à peine, la source tombe Dans le grand lac qui l'engloutit !
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La source
Malheureux comme les pierres triste au possible l'homme maigre le pupitre à musique aurait voulu périr Quel froid Le vent me perce à l'endroit des feuilles des oreilles mortes Seul comment battre la semelle Sur quel pied danser toute la semaine Le silence à n'en plus finir Pour tromper l'hiver jamais un mot tendre L'ombre de l'âme de l'ami L'écriture Rien que l'adresse Mon sang ne ferait qu'un tour Les sons se perdent dans l'espace. comme des doigts gelés Plus rien qu'un patin abandonné sur la glace Le quidam On voit le jour au travers.
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Personne pâle
Élégie au Mont « La Sposata» Comme un cheval fougueux Tu chevauches les pierres De ta montagne de granit. Tu domines le «Liamone». Et portes jusqu’à l’horizon Cette grandeur altière Qui est ton sceau de chevalier. La mariée ingrate Ayant laissé sa mère, sans un regard Fut transformée ici En monture de pierre. Mais par sa révolte, toujours indomptée Elle continue d’harnacher, la nuit, des chimères de feu et son rêve de fuite. Oh, montagnes sacrées Témoins de tant d’effrois Et de tant d’invasions, D’où les conques soufflaient Leurs cris stridents de guerre Pour porter **** l’alarme Quand l’aigle voyait les chèvres dévaler Oh, montagnes sacrées Qui virent tant d’étés Enflammer l’horizon Et calciner les pins Ou l’eau glacée des sources N’apaise pas les soifs de pureté Et ou les merles et les geais Tiennent commun concert Paul Arrighi , écrit en Corse au mois d'août
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Mar 19, 2014
Mar 19, 2014 at 3:23 PM UTC
Élégie au Mont « La Sposata»
Réveillez-vous, assez de honte ! Bravez boulets et biscayens. Il est temps qu'enfin le flot monte. Assez de honte, citoyens ! Troussez les manches de la blouse. Les hommes de quatre-vingt-douze Affrontaient vingt rois combattants. Brisez vos fers, forcez vos geôles ! Quoi ! vous avez peur de ces drôles ! Vos pères bravaient les titans ! Levez-vous ! foudroyez et la horde et le maître ! Vous avez Dieu pour vous et contre vous le prêtre Dieu seul est souverain. Devant lui nul n'est fort et tous sont périssables. Il chasse comme un chien le grand tigre des sables Et le dragon marin ; Rien qu'en soufflant dessus, comme un oiseau d'un arbre, Il peut faire envoler de leur temple de marbre Les idoles d'airain. Vous n'êtes pas armés ? qu'importe ! Prends ta fourche, prends ton marteau ! Arrache le gond de ta porte, Emplis de pierres ton manteau ! Et poussez le cri d'espérance ! Redevenez la grande France ! Redevenez le grand Paris ! Délivrez, frémissants de rage, Votre pays de l'esclavage, Votre mémoire du mépris ! Quoi ! faut-il vous citer les royalistes même ? On était grand aux jours de la lutte suprême. Alors, que voyait-on ? La bravoure, ajoutant à l'homme une coudée, Etait dans les deux camps. N'est-il pas vrai, Vendée, Ô dur pays breton ? Pour vaincre un bastion, pour rompre une muraille, Pour prendre cent canons vomissant la mitraille. Il suffit d'un bâton ! Si dans ce cloaque ou demeure, Si cela dure encore un jour, Si cela dure encore une heure, Je brise clairon et tambour, Je flétris ces pusillanimes, Ô vieux peuple des jours sublimes, Géants à qui nous les mêlions, Je les laisse trembler leurs fièvres, Et je déclare que ces lièvres Ne sont pas vos fils, ô lions ! Jersey, le 15 janvier 1853.
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À ceux qui dorment
Réveillez-vous, assez de honte ! Bravez boulets et biscayens. Il est temps qu'enfin le flot monte. Assez de honte, citoyens ! Troussez les manches de la blouse. Les hommes de quatre-vingt-douze Affrontaient vingt rois combattants. Brisez vos fers, forcez vos geôles ! Quoi ! vous avez peur de ces drôles ! Vos pères bravaient les titans ! Levez-vous ! foudroyez et la horde et le maître ! Vous avez Dieu pour vous et contre vous le prêtre Dieu seul est souverain. Devant lui nul n'est fort et tous sont périssables. Il chasse comme un chien le grand tigre des sables Et le dragon marin ; Rien qu'en soufflant dessus, comme un oiseau d'un arbre, Il peut faire envoler de leur temple de marbre Les idoles d'airain. Vous n'êtes pas armés ? qu'importe ! Prends ta fourche, prends ton marteau ! Arrache le gond de ta porte, Emplis de pierres ton manteau ! Et poussez le cri d'espérance ! Redevenez la grande France ! Redevenez le grand Paris ! Délivrez, frémissants de rage, Votre pays de l'esclavage, Votre mémoire du mépris ! Quoi ! faut-il vous citer les royalistes même ? On était grand aux jours de la lutte suprême. Alors, que voyait-on ? La bravoure, ajoutant à l'homme une coudée, Etait dans les deux camps. N'est-il pas vrai, Vendée, Ô dur pays breton ? Pour vaincre un bastion, pour rompre une muraille, Pour prendre cent canons vomissant la mitraille. Il suffit d'un bâton ! Si dans ce cloaque ou demeure, Si cela dure encore un jour, Si cela dure encore une heure, Je brise clairon et tambour, Je flétris ces pusillanimes, Ô vieux peuple des jours sublimes, Géants à qui nous les mêlions, Je les laisse trembler leurs fièvres, Et je déclare que ces lièvres Ne sont pas vos fils, ô lions ! Jersey, le 15 janvier 1853.
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Mot-dièse : pharaonne Synonyme : reine-pharaon Exemple: Hapshepsout Attributs : pagne court en chendjit Coiffe-némès Double-couronne pschent Collier Barbe postiche cérémonielle Sceptre foral Mot-cible : pharaonne Synonyme : maîtresse souveraine Exemple : Maakarê Attributs: double plume sur mortier Robe fourreau Croix ankh Serpent-Uraeus Couronne néret Mot-balise : momie Mot-clic : le sistre Mot-clé : la ménat Tous les mots du monde Dièse cible clic clé ou balise Tous les hashtags du monde Entre croisillons et carrés Ne mettront sous étiquette ni label Qu'une infime parcelle intérimaire De ma pharaonne titulaire. Ses hanches généreuses s'imbriquent Idéalement dans l'architecture des pyramides fanfaronnes Ses courbes défient les lignes droites lubriques des pierres Et serpentent en gazouillant Comme des vautours tumides Entre les grains de sable humide Et l'oeil du cyclone solaire. Ma pharaonne porte barbiche cérémonielle Tous azimuts elle agite son hochet sacré Et tous les mois sont avril pour elle Qui ne se découvre jamais d'un fil de siècle. Veuve numide jamais nue Mais toujours vulve sincère à neuf têtes Jamais postiche, jamais potiche, Jamais cruche, jamais crèche Pharaonne de plein exercice, Dame de haute lignée tout simplement fraîche Et éternellement dispose A célébrer en elle les clics et les clacs de l'immortalité.
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Oct 4, 2019
Oct 4, 2019 at 5:38 AM UTC
Mot-dièse : pharaonne
La flèche et le toit se sont effondrés, Mais au moins aucun corps n'est mort. Le vitrail a fondu de la chaleur et des œuvres d'art inestimables d'ailleurs. Notre-Dame est ouverte vers le ciel; Son tabernacle profané. Un trésor de la foi de l'homme est parti. Peut-il être recréé? Un curé âgé parcourt ses allées Dont les murs résonnent les prières des hommes. Il regarde les chœurs nus en ruine et combat les sentiments de désespoir. “Nous reconstruirons” pense le Père comme les pierres chauffées deviennent froides. «Nous élevons nos cœurs au Seigneur Qui a payé la rançon pour nos âmes. "
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Apr 16, 2019
Apr 16, 2019 at 8:51 AM UTC
Mardi des cendres
Ce bourg si paisible d'Alsace Semblait calme avant la menace. Pendant l'installation du camp, Lorsqu'on regardait **** devant, C'est avec grand effroi que tu te rendais compte À quel point ce qui se préparait serait honte. Voir tous ces enfants qui en sortent, Tels une gigantesque cohorte, Les bras chargés de pierres, Courbés, jusqu'en enfer. Et c'est dans la nuit, même sous la pluie, Et c'est dans le brouillard, à l'abris des regards, Qu'arrivaient tous ces deportés. Qui seraient pis que maltraités. Affaiblis par leur sort. Souvent, Ils finissent leur vie dans le ravin de la mort ; Si ce n'est en fumée Ou bien dans cette chambrée Où dorment même les bébés.
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Jun 12, 2017
Jun 12, 2017 at 2:10 PM UTC
Destin impitoyable
Aux petits incidents il faut s'habituer. Hier on est venu chez moi pour me tuer. Mon tort dans ce pays c'est de croire aux asiles. On ne sait quel ramas de pauvres imbéciles S'est rué tout à coup la nuit sur ma maison. Les arbres de la place en eurent le frisson, Mais pas un habitant ne bougea. L'escalade Fut longue, ardente, horrible, et Jeanne était malade. Je conviens que j'avais pour elle un peu d'effroi. Mes deux petits-enfants, quatre femmes et moi, C'était la garnison de cette forteresse. Rien ne vint secourir la maison en détresse. La police fut sourde ayant affaire ailleurs. Un dur caillou tranchant effleura Jeanne en pleurs. Attaque de chauffeurs en pleine Forêt-Noire. Ils criaient : Une échelle ! une poutre ! victoire ! Fracas où se perdaient nos appels sans écho. Deux hommes apportaient du quartier Pachéco Une poutre enlevée à quelque échafaudage. Le jour naissant gênait la bande. L'abordage Cessait, puis reprenait. Ils hurlaient haletants. La poutre par bonheur n'arriva pas à temps. " Assassin ! - C'était moi. - Nous voulons que tu meures ! Brigand ! Bandit ! " Ceci dura deux bonnes heures. George avait calmé Jeanne en lui prenant la main. Noir tumulte. Les voix n'avaient plus rien d'humain ; Pensif, je rassurais les femmes en prières, Et ma fenêtre était trouée à coups de pierres. Il manquait là des cris de vive l'empereur ! La porte résista battue avec fureur. Cinquante hommes armés montrèrent ce courage. Et mon nom revenait dans des clameurs de rage : A la lanterne ! à mort ! qu'il meure ! il nous le faut ! Par moments, méditant quelque nouvel assaut, Tout ce tas furieux semblait reprendre haleine ; Court répit ; un silence obscur et plein de haine Se faisait au milieu de ce sombre viol ; Et j'entendais au **** chanter un rossignol.
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Une nuit à Bruxelles
Aux petits incidents il faut s'habituer. Hier on est venu chez moi pour me tuer. Mon tort dans ce pays c'est de croire aux asiles. On ne sait quel ramas de pauvres imbéciles S'est rué tout à coup la nuit sur ma maison. Les arbres de la place en eurent le frisson, Mais pas un habitant ne bougea. L'escalade Fut longue, ardente, horrible, et Jeanne était malade. Je conviens que j'avais pour elle un peu d'effroi. Mes deux petits-enfants, quatre femmes et moi, C'était la garnison de cette forteresse. Rien ne vint secourir la maison en détresse. La police fut sourde ayant affaire ailleurs. Un dur caillou tranchant effleura Jeanne en pleurs. Attaque de chauffeurs en pleine Forêt-Noire. Ils criaient : Une échelle ! une poutre ! victoire ! Fracas où se perdaient nos appels sans écho. Deux hommes apportaient du quartier Pachéco Une poutre enlevée à quelque échafaudage. Le jour naissant gênait la bande. L'abordage Cessait, puis reprenait. Ils hurlaient haletants. La poutre par bonheur n'arriva pas à temps. " Assassin ! - C'était moi. - Nous voulons que tu meures ! Brigand ! Bandit ! " Ceci dura deux bonnes heures. George avait calmé Jeanne en lui prenant la main. Noir tumulte. Les voix n'avaient plus rien d'humain ; Pensif, je rassurais les femmes en prières, Et ma fenêtre était trouée à coups de pierres. Il manquait là des cris de vive l'empereur ! La porte résista battue avec fureur. Cinquante hommes armés montrèrent ce courage. Et mon nom revenait dans des clameurs de rage : A la lanterne ! à mort ! qu'il meure ! il nous le faut ! Par moments, méditant quelque nouvel assaut, Tout ce tas furieux semblait reprendre haleine ; Court répit ; un silence obscur et plein de haine Se faisait au milieu de ce sombre viol ; Et j'entendais au **** chanter un rossignol.
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Le calife a puni les gens de la montagne, Ses soldats sont venus ! Allah les accompagne, Car ils n'ont rien laissé de vivant derrière eux. Maintenant, oh ! quel deuil dans ce champ désastreux ! Les os de tout un peuple y gisent dans les pierres. Le vautour décharné, l'aigle aux rouges paupières Sont là seuls, triomphants, joyeux, le bec ouvert. Tout est mort. Le chemin qui va dans le désert Semble dallé, depuis Agra jusqu'à Nicée, De tous ces crânes blancs qui couvrent la chaussée ; Et quand des chameliers passent dans cet endroit, Le plus vieux, l'oeil fixé sur un poteau qu'on voit, Lit cette inscription au groupe qui l'écoute : « Les paveurs du calife ont pavé cette route. » Le 22 septembre 1846.
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Le calife a puni les gens de la montagne
Quand Michel-Ange eut peint la chapelle Sixtine, Et que de l'échafaud, sublime et radieux, Il fut redescendu dans la cité latine, Il ne pouvait baisser ni les bras ni les yeux ; Ses pieds ne savaient pas comment marcher sur terre ; Il avait oublié le monde dans les cieux. Trois grands mois il garda cette attitude austère ; On l'eût pris pour un ange en extase devant Le saint triangle d'or, au moment du mystère. Frère, voilà pourquoi les poètes, souvent, Buttent à chaque pas sur les chemins du monde ; Les yeux fichés au ciel, ils s'en vont en rêvant. Les anges secouant leur chevelure blonde, Penchent leur front sur eux et leur tendent les bras, Et les veulent baiser avec leur bouche ronde. Eux marchent au hasard et font mille faux pas ; Ils cognent les passants, se jettent sous les roues, Ou tombent dans des puits qu'ils n'aperçoivent pas. Que leur font les passants, les pierres et les boues ? Ils cherchent dans le jour le rêve de leurs nuits, Et le jeu du désir leur empourpre les joues. Ils ne comprennent rien aux terrestres ennuis, Et, quand ils ont fini leur chapelle Sixtine, Ils sortent rayonnants de leurs obscurs réduits. Un auguste reflet de leur œuvre divine S'attache à leur personne et leur dore le front, Et le ciel qu'ils ont vu dans leurs yeux se devine. Les nuits suivront les jours et se succéderont, Avant que leur regard et leur front ne s'abaissent, Et leurs pieds, de longtemps, ne se raffermiront. Tous nos palais sous eux s'éteignent et s'affaissent ; Leur âme à la coupole où leur œuvre reluit, Revole, et ce ne sont que leurs corps qu'ils nous laissent. Notre jour leur paraît plus sombre que la nuit ; Leur œil cherche toujours le ciel bleu de la fresque, Et le tableau quitté les tourmente et les suit. Comme Buonarroti, le peintre gigantesque, Ils ne peuvent plus voir que les choses d'en haut, Et que le ciel de marbre où leur front touche presque. Sublime aveuglement ! Magnifique défaut !
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Terza rima
Quand Michel-Ange eut peint la chapelle Sixtine, Et que de l'échafaud, sublime et radieux, Il fut redescendu dans la cité latine, Il ne pouvait baisser ni les bras ni les yeux ; Ses pieds ne savaient pas comment marcher sur terre ; Il avait oublié le monde dans les cieux. Trois grands mois il garda cette attitude austère ; On l'eût pris pour un ange en extase devant Le saint triangle d'or, au moment du mystère. Frère, voilà pourquoi les poètes, souvent, Buttent à chaque pas sur les chemins du monde ; Les yeux fichés au ciel, ils s'en vont en rêvant. Les anges secouant leur chevelure blonde, Penchent leur front sur eux et leur tendent les bras, Et les veulent baiser avec leur bouche ronde. Eux marchent au hasard et font mille faux pas ; Ils cognent les passants, se jettent sous les roues, Ou tombent dans des puits qu'ils n'aperçoivent pas. Que leur font les passants, les pierres et les boues ? Ils cherchent dans le jour le rêve de leurs nuits, Et le jeu du désir leur empourpre les joues. Ils ne comprennent rien aux terrestres ennuis, Et, quand ils ont fini leur chapelle Sixtine, Ils sortent rayonnants de leurs obscurs réduits. Un auguste reflet de leur œuvre divine S'attache à leur personne et leur dore le front, Et le ciel qu'ils ont vu dans leurs yeux se devine. Les nuits suivront les jours et se succéderont, Avant que leur regard et leur front ne s'abaissent, Et leurs pieds, de longtemps, ne se raffermiront. Tous nos palais sous eux s'éteignent et s'affaissent ; Leur âme à la coupole où leur œuvre reluit, Revole, et ce ne sont que leurs corps qu'ils nous laissent. Notre jour leur paraît plus sombre que la nuit ; Leur œil cherche toujours le ciel bleu de la fresque, Et le tableau quitté les tourmente et les suit. Comme Buonarroti, le peintre gigantesque, Ils ne peuvent plus voir que les choses d'en haut, Et que le ciel de marbre où leur front touche presque. Sublime aveuglement ! Magnifique défaut !
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Puisque rien ne t'arrête en cet heureux pays, Ni l'ombre du palmier, ni le jaune maïs, Ni le repos, ni l'abondance, Ni de voir à ta voix battre le jeune sein De nos sœurs, dont, les soirs, le tournoyant essaim Couronne un coteau de sa danse, Adieu, voyageur blanc ! J'ai sellé de ma main, De peur qu'il ne te jette aux pierres du chemin, Ton cheval à l'œil intrépide ; Ses pieds fouillent le sol, sa croupe est belle à voir, Ferme, ronde et luisante ainsi qu'un rocher noir Que polit une onde rapide. Tu marches donc sans cesse ! Oh ! que n'es-tu de ceux Qui donnent pour limite à leurs pieds paresseux Leur toit de branches ou de toiles ! Qui, rêveurs, sans en faire, écoutent les récits, Et souhaitent, le soir, devant leur porte assis, De s'en aller dans les étoiles ! Si tu l'avais voulu, peut-être une de nous, Ô jeune homme, eût aimé te servir à genoux Dans nos huttes toujours ouvertes ; Elle eût fait, en berçant ton sommeil de ses chants, Pour chasser de ton front les moucherons méchants, Un éventail de feuilles vertes. Mais tu pars ! - Nuit et jour, tu vas seul et jaloux. Le fer de ton cheval arrache aux durs cailloux Une poussière d'étincelles ; A ta lance qui passe et dans l'ombre reluit, Les aveugles démons qui volent dans la nuit Souvent ont déchiré leurs ailes. Si tu reviens, gravis, pour trouver ce hameau, Ce mont noir qui de **** semble un dos de chameau ; Pour trouver ma hutte fidèle, Songe à son toit aigu comme une ruche à miel, Qu'elle n'a qu'une porte, et qu'elle s'ouvre au ciel Du côté d'où vient l'hirondelle. Si tu ne reviens pas, songe un peu quelquefois Aux filles du désert, sœurs à la douce voix, Qui dansent pieds nus sur la dune ; Ô beau jeune homme blanc, bel oiseau passager, Souviens-toi, car peut-être, ô rapide étranger, Ton souvenir reste à plus d'une ! Adieu donc ! - Va tout droit. Garde-toi du soleil Qui dore nos fronts bruns, mais brûle un teint vermeil ; De l'Arabie infranchissable ; De la vieille qui va seule et d'un pas tremblant ; Et de ceux qui le soir, avec un bâton blanc, Tracent des cercles sur le sable ! Le 24 novembre 1828.
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Adieux de l'hôtesse arabe
Puisque rien ne t'arrête en cet heureux pays, Ni l'ombre du palmier, ni le jaune maïs, Ni le repos, ni l'abondance, Ni de voir à ta voix battre le jeune sein De nos sœurs, dont, les soirs, le tournoyant essaim Couronne un coteau de sa danse, Adieu, voyageur blanc ! J'ai sellé de ma main, De peur qu'il ne te jette aux pierres du chemin, Ton cheval à l'œil intrépide ; Ses pieds fouillent le sol, sa croupe est belle à voir, Ferme, ronde et luisante ainsi qu'un rocher noir Que polit une onde rapide. Tu marches donc sans cesse ! Oh ! que n'es-tu de ceux Qui donnent pour limite à leurs pieds paresseux Leur toit de branches ou de toiles ! Qui, rêveurs, sans en faire, écoutent les récits, Et souhaitent, le soir, devant leur porte assis, De s'en aller dans les étoiles ! Si tu l'avais voulu, peut-être une de nous, Ô jeune homme, eût aimé te servir à genoux Dans nos huttes toujours ouvertes ; Elle eût fait, en berçant ton sommeil de ses chants, Pour chasser de ton front les moucherons méchants, Un éventail de feuilles vertes. Mais tu pars ! - Nuit et jour, tu vas seul et jaloux. Le fer de ton cheval arrache aux durs cailloux Une poussière d'étincelles ; A ta lance qui passe et dans l'ombre reluit, Les aveugles démons qui volent dans la nuit Souvent ont déchiré leurs ailes. Si tu reviens, gravis, pour trouver ce hameau, Ce mont noir qui de **** semble un dos de chameau ; Pour trouver ma hutte fidèle, Songe à son toit aigu comme une ruche à miel, Qu'elle n'a qu'une porte, et qu'elle s'ouvre au ciel Du côté d'où vient l'hirondelle. Si tu ne reviens pas, songe un peu quelquefois Aux filles du désert, sœurs à la douce voix, Qui dansent pieds nus sur la dune ; Ô beau jeune homme blanc, bel oiseau passager, Souviens-toi, car peut-être, ô rapide étranger, Ton souvenir reste à plus d'une ! Adieu donc ! - Va tout droit. Garde-toi du soleil Qui dore nos fronts bruns, mais brûle un teint vermeil ; De l'Arabie infranchissable ; De la vieille qui va seule et d'un pas tremblant ; Et de ceux qui le soir, avec un bâton blanc, Tracent des cercles sur le sable ! Le 24 novembre 1828.
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Vents, souffles du zénith obscur et tutélaire, N'éveillerez-vous pas quelque immense colère Là-haut, dans le ciel sombre, en faveur des humains ? Puisque deux nations vont en venir aux mains Parce que les deux rois se sont pris de querelle ; Puisque la plaine verte où court la sauterelle, Où rit l'aube, où se chauffe au soleil le lézard, Va tout à l'heure voir passer l'affreux hasard Secouant dans la nuit ses mains pleines de flèches ; Puisqu'aux torrents taris entre les pierres sèches, Vont succéder demain de longs ruisseaux de sang ; Puisque le grand lion qui pour boire descend S'arrêtera pensif, surpris de ce flot rouge ; Puisque le paysan va trembler dans son bouge ; Puisque, si ces deux rois, le numide et le *** Ne sont pas soudain pris aux cheveux par quelqu'un, On va voir éclater pour leurs folles chimères La désolation lamentable des mères, Et les deux camps courir l'un sur l'autre acharnés, Et, lorsqu'ils se seront entre eux exterminés, Les durs vainqueurs, pareils aux bêtes des repaires, Tuer les hommes, fils, frères, maris et pères, Et les femmes, tordant leurs bras, cachant leurs seins, Fuir devant les baisers de tous ces assassins ; Puisque deux peuples vont tomber dans cet abîme, Vents, ne ferez-vous rien pour empêcher ce crime, Et, vous qui pénétrez dans les profondeurs, vous Qui vous réunissez ou vous dispersez tous Plus vite que l'éclair, là-haut, quand, bon vous semble, Vents, noirs avertisseurs, sur la terre qui tremble, En ce moment funeste, en ce champ odieux, N'amènerez-vous pas les formidables dieux ? Le 28 juillet 1870.
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Invocation du mage contre les deux rois
Vents, souffles du zénith obscur et tutélaire, N'éveillerez-vous pas quelque immense colère Là-haut, dans le ciel sombre, en faveur des humains ? Puisque deux nations vont en venir aux mains Parce que les deux rois se sont pris de querelle ; Puisque la plaine verte où court la sauterelle, Où rit l'aube, où se chauffe au soleil le lézard, Va tout à l'heure voir passer l'affreux hasard Secouant dans la nuit ses mains pleines de flèches ; Puisqu'aux torrents taris entre les pierres sèches, Vont succéder demain de longs ruisseaux de sang ; Puisque le grand lion qui pour boire descend S'arrêtera pensif, surpris de ce flot rouge ; Puisque le paysan va trembler dans son bouge ; Puisque, si ces deux rois, le numide et le *** Ne sont pas soudain pris aux cheveux par quelqu'un, On va voir éclater pour leurs folles chimères La désolation lamentable des mères, Et les deux camps courir l'un sur l'autre acharnés, Et, lorsqu'ils se seront entre eux exterminés, Les durs vainqueurs, pareils aux bêtes des repaires, Tuer les hommes, fils, frères, maris et pères, Et les femmes, tordant leurs bras, cachant leurs seins, Fuir devant les baisers de tous ces assassins ; Puisque deux peuples vont tomber dans cet abîme, Vents, ne ferez-vous rien pour empêcher ce crime, Et, vous qui pénétrez dans les profondeurs, vous Qui vous réunissez ou vous dispersez tous Plus vite que l'éclair, là-haut, quand, bon vous semble, Vents, noirs avertisseurs, sur la terre qui tremble, En ce moment funeste, en ce champ odieux, N'amènerez-vous pas les formidables dieux ? Le 28 juillet 1870.
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La caravane humaine au Sahara du monde, Par ce chemin des ans qui n'a pas de retour, S'en va traînant le pied, brûlée aux feux du jour, Et buvant sur ses bras la sueur qui l'inonde. Le grand lion rugit et la tempête gronde ; A l'horizon fuyard, ni minaret, ni tour ; La seule ombre qu'on ait, c'est l'ombre du vautour, Qui traverse le ciel cherchant sa proie immonde. L'on avance toujours, et voici que l'on voit Quelque chose de vert que l'on se montre au doigt : C'est un bois de cyprès semé de blanches pierres. Dieu, pour vous reposer, dans le désert du temps, Comme des oasis, a mis les cimetières : Couchez-vous et dormez, voyageurs haletants.
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La caravane