Hello Poetry
Submit your work and get some sparkles! Create free account
"ailleurs" poems
Il la traîna de force jusqu’à sa chambre Lui tira les cheveux et lui fracassa la cervelle plusieurs fois contre le carrelage froid du couloir - Carrelage de couleur marron jaune - Au passage une de ses dents du haut s’est cassée, pas grave, on dira lundi à l’école qu’elle a mangé des cailloux tout le week-end avec ses cousines Ses cousines qui par ailleurs l’ont laissée toute l’après-midi sur le toit de la voiture familiale Juste pour une histoire de garçon Et puis après tout, tu as assez bien finie, tu aurais pu atterrir dans la porcherie Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Juste pour une histoire de choux de Bruxelles. Maman ne m’a jamais dit comment on faisait l’amour Mais maman tous les soirs me faisait l’amour (Un cri) Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Chaque jour de la semaine maintenant je suis défoncée TOTALEMENT DEFONCEE. Mais ne t’inquiète pas, lui dit-il en la serrant encore plus fort, maman rentrera bientôt Et la petite fille qui pleurait et pleurait Sentant cette chose immonde venir s’écraser contre sa poitrine Ne t’inquiète donc pas, maman rentera bientôt Et la petite fille qui pleurait chaque minute encore plus Sentant cette chose immonde se balader contre son tout petit corps Maman rentrera bientôt ? JE N’AVAIS QUE CINQ ANS. Maman ne m’a jamais dit comment on faisait l’amour Mais maman tous les soirs me faisait l’amour (Un cri) Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Chaque jour de la semaine maintenant je suis défoncée TOTALEMENT DEFONCEE. Elle entra à l’hôpital une nuit d’hiver Dans la voiture toute blanche il y avait de jolies lumières au-dessus de sa tête et puis aussi une jolie musique Tout allait un peu vite mais les messieurs étaient si gentils Et puis elle avait encore vomi un peu partout mais les infirmières étaient si belles et avaient les dents si blanches Elle resta une dizaine de jours dans cette chambre rose bonbon, le bras accroché à un drôle de pied en acier caillé, sa gentille maman qui continuait chaque nuit à lui faire l’amour en cachette Elle se souvient avoir failli mourir Mais après tout, tu as assez bien fini, tu aurais pu atterrir dans la porcherie Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Juste pour une histoire de choux de Bruxelles. Maman ne m’a jamais dit comment on faisait l’amour Mais maman tous les soirs me faisait l’amour (Un cri) Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Chaque jour de la semaine maintenant je suis défoncée TOTALEMENT DEFONCEE. A l’école elle faisait tout le temps pipi sur elle Puis elle s’est mise à se raconter des histoires, juste pour atteindre plus facilement le paradis artificiel C’était toujours mieux quand c’était maman Enfin elle ne se rappelle plus très bien Elle a tout mélangé Dans sa tête tout s’est mélangé Elle est très malheureuse encore aujourd’hui Mais après tout, elle a assez bien fini, elle aurait pu atterrir dans la porcherie Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Juste pour une histoire de choux de Bruxelles.
0
Sep 24, 2012
Sep 24, 2012 at 2:34 PM UTC
"Des choux de Bruxelles"- 180109- Journal
Il la traîna de force jusqu’à sa chambre Lui tira les cheveux et lui fracassa la cervelle plusieurs fois contre le carrelage froid du couloir - Carrelage de couleur marron jaune - Au passage une de ses dents du haut s’est cassée, pas grave, on dira lundi à l’école qu’elle a mangé des cailloux tout le week-end avec ses cousines Ses cousines qui par ailleurs l’ont laissée toute l’après-midi sur le toit de la voiture familiale Juste pour une histoire de garçon Et puis après tout, tu as assez bien finie, tu aurais pu atterrir dans la porcherie Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Juste pour une histoire de choux de Bruxelles. Maman ne m’a jamais dit comment on faisait l’amour Mais maman tous les soirs me faisait l’amour (Un cri) Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Chaque jour de la semaine maintenant je suis défoncée TOTALEMENT DEFONCEE. Mais ne t’inquiète pas, lui dit-il en la serrant encore plus fort, maman rentrera bientôt Et la petite fille qui pleurait et pleurait Sentant cette chose immonde venir s’écraser contre sa poitrine Ne t’inquiète donc pas, maman rentera bientôt Et la petite fille qui pleurait chaque minute encore plus Sentant cette chose immonde se balader contre son tout petit corps Maman rentrera bientôt ? JE N’AVAIS QUE CINQ ANS. Maman ne m’a jamais dit comment on faisait l’amour Mais maman tous les soirs me faisait l’amour (Un cri) Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Chaque jour de la semaine maintenant je suis défoncée TOTALEMENT DEFONCEE. Elle entra à l’hôpital une nuit d’hiver Dans la voiture toute blanche il y avait de jolies lumières au-dessus de sa tête et puis aussi une jolie musique Tout allait un peu vite mais les messieurs étaient si gentils Et puis elle avait encore vomi un peu partout mais les infirmières étaient si belles et avaient les dents si blanches Elle resta une dizaine de jours dans cette chambre rose bonbon, le bras accroché à un drôle de pied en acier caillé, sa gentille maman qui continuait chaque nuit à lui faire l’amour en cachette Elle se souvient avoir failli mourir Mais après tout, tu as assez bien fini, tu aurais pu atterrir dans la porcherie Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Juste pour une histoire de choux de Bruxelles. Maman ne m’a jamais dit comment on faisait l’amour Mais maman tous les soirs me faisait l’amour (Un cri) Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Chaque jour de la semaine maintenant je suis défoncée TOTALEMENT DEFONCEE. A l’école elle faisait tout le temps pipi sur elle Puis elle s’est mise à se raconter des histoires, juste pour atteindre plus facilement le paradis artificiel C’était toujours mieux quand c’était maman Enfin elle ne se rappelle plus très bien Elle a tout mélangé Dans sa tête tout s’est mélangé Elle est très malheureuse encore aujourd’hui Mais après tout, elle a assez bien fini, elle aurait pu atterrir dans la porcherie Pour une simple histoire de choux de Bruxelles Juste pour une histoire de choux de Bruxelles.
Continue reading...
54
puisque les beuveries sont cruelles, nous nous sommes couchés dans le tombeau de Bacchus mais il ne sait plus respirer & moi non plus, d’ailleurs tous ces anciens tableaux qui me faisaient croire à sa gloire, ne me satisfont plus comme avant leur beauté est devenue banale & je pense aux pétales de la Marguerite
0
Apr 22, 2013
Apr 22, 2013 at 11:37 AM UTC
l'effeuillage vicieux
Il se dressait dans la verdure, Telle une hampe pour les cieux. C'était un séquoia géant Venu des prairies d’Amérique Et des forêts Algonquines. Il avait voyagé en cale, Soigné comme un voyageur, Argenté, durant toute la traversée. Il fut planté mais aussi fêté En l’an mille huit cent quatre-vingt Dans le parc du futur Casino, Puis soigné par des jardiniers Amoureux de leur métier. En ces années s’affermissait enfin La République, certes bien trop conservatrice, Elle l’est d’ailleurs bien restée. C’était quand même la République Même à Luchon qui étincelait encore Des feux et des ors de la fête impériale Qui lui avait amenés Tant de touristes au gousset rembourré Et quand s’affermissait cette République En cette «belle époque» des fortunés Et d'exploitation éhontée De tant d’autres laissés bien seuls Par la naissance et sans instruction. Mes aïeux Pyrénéens Le virent planter et même pousser Car en ces temps, encore, Les sages et les doux prenaient plaisir À observer et contempler Les belles Dames en leur vêture Et les arbres pousser peu à peu, Jusqu’un jour à feindre de dépasser La cime des ardoises Pyrénéennes. Ce fut un Séquoia somptueux Dès qu’il atteint ses vingt ans En cette année dix-neuf cent Alors que la compagnie du Midi Faisait construire, non **** de lui Le bel hôtel palace qui fut fini En 1916, j’en ais la gorge serrée Car la bas, tant de maçons Ne le virent jamais construit Et n’eurent pas le bonheur D’admirer le grand Séquoia pousser Car leur jeunesse fut  ravie Là-bas en Argonne ou à Verdun Où tant de jeunes hommes mourraient Dans les tranchées de leur  dernier souffle. Paul Arrighi
0
Jun 2, 2016
Jun 2, 2016 at 1:16 PM UTC
Le Séquoia du parc du casino de Luchon
Il se dressait dans la verdure, Telle une hampe pour les cieux. C'était un séquoia géant Venu des prairies d’Amérique Et des forêts Algonquines. Il avait voyagé en cale, Soigné comme un voyageur, Argenté, durant toute la traversée. Il fut planté mais aussi fêté En l’an mille huit cent quatre-vingt Dans le parc du futur Casino, Puis soigné par des jardiniers Amoureux de leur métier. En ces années s’affermissait enfin La République, certes bien trop conservatrice, Elle l’est d’ailleurs bien restée. C’était quand même la République Même à Luchon qui étincelait encore Des feux et des ors de la fête impériale Qui lui avait amenés Tant de touristes au gousset rembourré Et quand s’affermissait cette République En cette «belle époque» des fortunés Et d'exploitation éhontée De tant d’autres laissés bien seuls Par la naissance et sans instruction. Mes aïeux Pyrénéens Le virent planter et même pousser Car en ces temps, encore, Les sages et les doux prenaient plaisir À observer et contempler Les belles Dames en leur vêture Et les arbres pousser peu à peu, Jusqu’un jour à feindre de dépasser La cime des ardoises Pyrénéennes. Ce fut un Séquoia somptueux Dès qu’il atteint ses vingt ans En cette année dix-neuf cent Alors que la compagnie du Midi Faisait construire, non **** de lui Le bel hôtel palace qui fut fini En 1916, j’en ais la gorge serrée Car la bas, tant de maçons Ne le virent jamais construit Et n’eurent pas le bonheur D’admirer le grand Séquoia pousser Car leur jeunesse fut  ravie Là-bas en Argonne ou à Verdun Où tant de jeunes hommes mourraient Dans les tranchées de leur  dernier souffle. Paul Arrighi
Continue reading...
51
Fable VII, Livre II. Toi qui te dis mon camarade, Devrais-je ici te rencontrer, Bonnet ridicule et maussade ? Le jour, peux-tu bien te montrer, Si ce n'est au front d'un malade ? Quel espoir te retient céans ? De l'indolence épais emblème, Te crois-tu chez ces fainéants Qui te ceignaient pour diadème ? Va, le prince à qui j'appartiens Porte autrement qu'eux la couronne. Vois tout l'éclat qui m'environne, C'est de lui seul que je le tiens. Actif dans la paix, dans la guerre, Ce roi ne se repose guère ; S'il me permet quelque repos, C'est lorsque, des mains de la Gloire, II prend le casque des héros Ou le laurier de la Victoire. Mais le bonnet, jusqu'à ce jour, Vit-il jamais venir son tour ? Pourquoi donc sort-il de l'armoire ? Crois-moi, si tu crains les railleurs, À la cour grand en est le nombre, Crois-moi, rentre au plus tôt dans l'ombre, Ou va chercher fortune ailleurs. - C'est ici que je dois l'attendre. Répond humblement le bonnet ; Et je puis vous le prouver net, Si vous consentez à m'entendre. Partout où le trône est placé, De droit vous vous dites admise ; Eh bien ! moi, je me crois de mise Partout où le lit est dressé. N'en est-il en cette demeure ? Nature y perd-elle ses droits ? Ou, par bonheur, les yeux des rois Seraient-ils ouverts à toute heure ? Quand vient minuit, nous le voyons, Votre noble poids les chagrine, Et l'on dirait que quelque épine Les tourmente sous vos rayons. Mon règne alors succède au vôtre : Le front de toute majesté Qui veut dormir en liberté Doit être coiffé comme un autre. Et puis, mais soit dit entre nous, N'est-il pas d'autres soins plus doux Qui font quitter la compagnie Et l'habit de cérémonie ? À moi la nuit, à vous le jour : Oui, bien que votre orgueil en gronde, Mon crédit, même ici, se fonde Sur les premiers besoins du monde : Sur le sommeil et sur l'amour.
0
977
La couronne et le bonnet de nuit
Fable VII, Livre II. Toi qui te dis mon camarade, Devrais-je ici te rencontrer, Bonnet ridicule et maussade ? Le jour, peux-tu bien te montrer, Si ce n'est au front d'un malade ? Quel espoir te retient céans ? De l'indolence épais emblème, Te crois-tu chez ces fainéants Qui te ceignaient pour diadème ? Va, le prince à qui j'appartiens Porte autrement qu'eux la couronne. Vois tout l'éclat qui m'environne, C'est de lui seul que je le tiens. Actif dans la paix, dans la guerre, Ce roi ne se repose guère ; S'il me permet quelque repos, C'est lorsque, des mains de la Gloire, II prend le casque des héros Ou le laurier de la Victoire. Mais le bonnet, jusqu'à ce jour, Vit-il jamais venir son tour ? Pourquoi donc sort-il de l'armoire ? Crois-moi, si tu crains les railleurs, À la cour grand en est le nombre, Crois-moi, rentre au plus tôt dans l'ombre, Ou va chercher fortune ailleurs. - C'est ici que je dois l'attendre. Répond humblement le bonnet ; Et je puis vous le prouver net, Si vous consentez à m'entendre. Partout où le trône est placé, De droit vous vous dites admise ; Eh bien ! moi, je me crois de mise Partout où le lit est dressé. N'en est-il en cette demeure ? Nature y perd-elle ses droits ? Ou, par bonheur, les yeux des rois Seraient-ils ouverts à toute heure ? Quand vient minuit, nous le voyons, Votre noble poids les chagrine, Et l'on dirait que quelque épine Les tourmente sous vos rayons. Mon règne alors succède au vôtre : Le front de toute majesté Qui veut dormir en liberté Doit être coiffé comme un autre. Et puis, mais soit dit entre nous, N'est-il pas d'autres soins plus doux Qui font quitter la compagnie Et l'habit de cérémonie ? À moi la nuit, à vous le jour : Oui, bien que votre orgueil en gronde, Mon crédit, même ici, se fonde Sur les premiers besoins du monde : Sur le sommeil et sur l'amour.
Continue reading...
56
La rue assourdissante autour de moi hurlait. Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse, Une femme passa, d'une main fastueuse Soulevant, balançant le feston et l'ourlet; Agile et noble, avec sa jambe de statue. Moi, je buvais, crispé comme un extravagant, Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan, La douceur qui fascine et le plaisir qui tue. Un éclair... puis la nuit! — Fugitive beauté Dont le regard m'a fait soudainement renaître, Ne te verrai-je plus que dans l'éternité? Ailleurs, bien **** d'ici! trop **** jamais peut-être! Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais, Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais!
0
Sep 26, 2015
Sep 26, 2015 at 11:20 AM UTC
À une passante
Silence ! reprenons les travaux de mon âge. Que le pinceau docile obéisse à mes doigts, Des lieux que j'ai quittés qu'il retrace l'image, Que ma harpe se mêle aux accents de ma voix ; Sur un brillant tissu, que l'aiguille légère Arrête les contours d'une fleur passagère. Oh ! pourquoi, dédaignant ces faciles bonheurs, Mon âme en murmurant s'envole-t-elle ailleurs ? Tel mugit un torrent quand son onde écumante, Dans un lit trop étroit, s'agite et se tourmente ; Sur de noirs rochers, meurt un impuissant effort. Et je me brise ainsi contre l'arrêt du sort ! Devant moi, sur la rive, il ferme la barrière, Et mon âme est captive en son étroite sphère ; Reculant dans la lutte entre elle et le destin, Sous la main qui l'écrase elle ronge son frein ! Silence ! reprenons les travaux de mon âge. Que le pinceau docile obéisse à mes doigts, Des lieux que j'ai quittés qu'il retrace l'image ; Que ma harpe se mêle aux accents de ma voix ; Sur un brillant tissu, que l'aiguille légère Arrête les contours d'une fleur passagère. Qu'exiger de la vie ? A-t-elle un seul trésor, Pour qui le pèserait comme on pèse de l'or ? Sous la froide analyse et sous la main qui sonde, S'évente le parfum des bonheurs de ce monde. La nuit répand son deuil quand le soleil a lui ; Le bonheur qui brillait se couche comme lui, Et l'âme qui le sait, se sentant immortelle, Ne voudrait que des biens qui durassent comme elle. Elle cherche, formant vingt rêves tour à tour... Le monde lui répond par ses bonheurs d'un jour ! Silence ! reprenons les travaux de mon âge. Que le pinceau docile obéisse à mes doigts, Des lieux que j'ai quittés qu'il retrace l'image ; Que ma harpe se mêle aux accents de ma voix ; Sur un brillant tissu, que l'aiguille légère Arrête les contours d'une fleur passagère. Mon âme, calme-toi, reprends un vol plus doux, Et passe sous le joug d'un sort commun à tous.
0
852
Anxiété
Silence ! reprenons les travaux de mon âge. Que le pinceau docile obéisse à mes doigts, Des lieux que j'ai quittés qu'il retrace l'image, Que ma harpe se mêle aux accents de ma voix ; Sur un brillant tissu, que l'aiguille légère Arrête les contours d'une fleur passagère. Oh ! pourquoi, dédaignant ces faciles bonheurs, Mon âme en murmurant s'envole-t-elle ailleurs ? Tel mugit un torrent quand son onde écumante, Dans un lit trop étroit, s'agite et se tourmente ; Sur de noirs rochers, meurt un impuissant effort. Et je me brise ainsi contre l'arrêt du sort ! Devant moi, sur la rive, il ferme la barrière, Et mon âme est captive en son étroite sphère ; Reculant dans la lutte entre elle et le destin, Sous la main qui l'écrase elle ronge son frein ! Silence ! reprenons les travaux de mon âge. Que le pinceau docile obéisse à mes doigts, Des lieux que j'ai quittés qu'il retrace l'image ; Que ma harpe se mêle aux accents de ma voix ; Sur un brillant tissu, que l'aiguille légère Arrête les contours d'une fleur passagère. Qu'exiger de la vie ? A-t-elle un seul trésor, Pour qui le pèserait comme on pèse de l'or ? Sous la froide analyse et sous la main qui sonde, S'évente le parfum des bonheurs de ce monde. La nuit répand son deuil quand le soleil a lui ; Le bonheur qui brillait se couche comme lui, Et l'âme qui le sait, se sentant immortelle, Ne voudrait que des biens qui durassent comme elle. Elle cherche, formant vingt rêves tour à tour... Le monde lui répond par ses bonheurs d'un jour ! Silence ! reprenons les travaux de mon âge. Que le pinceau docile obéisse à mes doigts, Des lieux que j'ai quittés qu'il retrace l'image ; Que ma harpe se mêle aux accents de ma voix ; Sur un brillant tissu, que l'aiguille légère Arrête les contours d'une fleur passagère. Mon âme, calme-toi, reprends un vol plus doux, Et passe sous le joug d'un sort commun à tous.
Continue reading...
40
Cygnes au blanc plumage, au port majestueux, Est-il vrai, dites-moi, qu'un chant harmonieux, De vos jours écoulés rompant le long silence, Lorsque va se briser votre frêle existence, Comme un cri de bonheur s'élève vers les cieux ? Quand sous votre aile, un soir, votre long col se ploie Pour le dernier sommeil... d'où vous vient cette joie ? De vos jours rien ne rompt l'indolente douceur : Lorsque tout va finir, cet hymne de bonheur, Comme à des cœurs brisés, quel penser vous l'envoie ? Ô cygnes de nos lacs ! votre destin est doux ; De votre sort heureux chacun serait jaloux. Vous voguez lentement de l'une à l'autre rive, Vous suivez les détours de l'onde fugitive : Que ne puis-je en ces flots m'élancer avec vous ! Moi, sous l'ardent soleil, je demeure au rivage... Pour vous, l'onde s'entr'ouvre et vous livre passage ; Votre col gracieux, dans les eaux se plongeant, Fait jaillir sur le lac mille perles d'argent Qui laissent leur rosée à votre blanc plumage ; Et les saules pleureurs, ondoyants, agités, - Alors que vous passez, par le flot emportés - D'un rameau caressant, doucement vous effleurent Sur votre aile qui fuit quelques feuilles demeurent, Ainsi qu'un souvenir d'amis qu'on a quittés. Puis le soir, abordant à la rive odorante Où fleurit à l'écart le muguet ou la menthe, Sur un lit de gazon vous reposez, bercés Par la brise des nuits, par les bruits cadencés Des saules, des roseaux , de l'onde murmurante. Oh ! pourquoi donc chanter un chant mélodieux Quand s'arrête le cours de vos jours trop heureux ? Pleurez plutôt, pleurez vos nuits au doux silence, Les étoiles, les fleurs, votre fraîche existence ; Pourquoi fêter la mort ?... vous êtes toujours deux ! C'est à nous de chanter quand vient l'heure suprême, Nous, tristes pèlerins, dont la jeunesse même Ne sait pas découvrir un verdoyant sentier, Dont le bonheur s'effeuille ainsi que l'églantier ; Nous, si tôt oubliés de l'ami qui nous aime ! C'est à nous de garder pour un jour à venir, Tristes comme un adieu, doux comme un souvenir, Des trésors d'harmonie inconnus à la terre, Qui ne s'exhaleront qu'à notre heure dernière. Pour qui souffre ici-bas, il est doux de mourir ! Ô cygnes ! laissez donc ce cri de délivrance À nos cœurs oppressés de muette souffrance ; La vie est un chemin où l'on cache ses pleurs... Celui qui les comprend est plus **** est ailleurs. À nous les chants !... la mort, n'est-ce pas l'espérance ?
0
924
Le chant du cygne
Cygnes au blanc plumage, au port majestueux, Est-il vrai, dites-moi, qu'un chant harmonieux, De vos jours écoulés rompant le long silence, Lorsque va se briser votre frêle existence, Comme un cri de bonheur s'élève vers les cieux ? Quand sous votre aile, un soir, votre long col se ploie Pour le dernier sommeil... d'où vous vient cette joie ? De vos jours rien ne rompt l'indolente douceur : Lorsque tout va finir, cet hymne de bonheur, Comme à des cœurs brisés, quel penser vous l'envoie ? Ô cygnes de nos lacs ! votre destin est doux ; De votre sort heureux chacun serait jaloux. Vous voguez lentement de l'une à l'autre rive, Vous suivez les détours de l'onde fugitive : Que ne puis-je en ces flots m'élancer avec vous ! Moi, sous l'ardent soleil, je demeure au rivage... Pour vous, l'onde s'entr'ouvre et vous livre passage ; Votre col gracieux, dans les eaux se plongeant, Fait jaillir sur le lac mille perles d'argent Qui laissent leur rosée à votre blanc plumage ; Et les saules pleureurs, ondoyants, agités, - Alors que vous passez, par le flot emportés - D'un rameau caressant, doucement vous effleurent Sur votre aile qui fuit quelques feuilles demeurent, Ainsi qu'un souvenir d'amis qu'on a quittés. Puis le soir, abordant à la rive odorante Où fleurit à l'écart le muguet ou la menthe, Sur un lit de gazon vous reposez, bercés Par la brise des nuits, par les bruits cadencés Des saules, des roseaux , de l'onde murmurante. Oh ! pourquoi donc chanter un chant mélodieux Quand s'arrête le cours de vos jours trop heureux ? Pleurez plutôt, pleurez vos nuits au doux silence, Les étoiles, les fleurs, votre fraîche existence ; Pourquoi fêter la mort ?... vous êtes toujours deux ! C'est à nous de chanter quand vient l'heure suprême, Nous, tristes pèlerins, dont la jeunesse même Ne sait pas découvrir un verdoyant sentier, Dont le bonheur s'effeuille ainsi que l'églantier ; Nous, si tôt oubliés de l'ami qui nous aime ! C'est à nous de garder pour un jour à venir, Tristes comme un adieu, doux comme un souvenir, Des trésors d'harmonie inconnus à la terre, Qui ne s'exhaleront qu'à notre heure dernière. Pour qui souffre ici-bas, il est doux de mourir ! Ô cygnes ! laissez donc ce cri de délivrance À nos cœurs oppressés de muette souffrance ; La vie est un chemin où l'on cache ses pleurs... Celui qui les comprend est plus **** est ailleurs. À nous les chants !... la mort, n'est-ce pas l'espérance ?
Continue reading...
50
Le Père Labat était grand amateur de pastis Qu 'il coupait de son rhum guêpes Bien agricole à 55 degrés Comme décollage Avant d'ingurgiter coup sur coup Un ou deux diablotins de Marie-Galante Rôtis à point au boucan Dans les hauts du volcan De Dame Soufrière. Le Père Labat pour compléter  aimait sa purée d'avocat et banane jaune bien écrasée à la fourchette. Or il advint qu'un jour à Pâques le Révérend Père Plus vorace qu'à son habitude, comme illuminé, Engloutit douze diablotines afin de rompre le jeûne du Carème. Vous imaginez  l 'indigestion que dut subir le saint homme. Cette overdose charnelle se manifesta par une érection phénoménale Qui prit possession du quidam qui entra en transe perpétuelle. Il y avait là fort heureusement un docteur feuilles qui habitait dans les parages Un maître quimboiseur Fort connaisseur en herbes et onguents Qui lui fit prescrire une bonne soupe de gombo bien pimentée pour lui éclaircir la bile. Mais cela ne fit aucun effet. L'homme apparemment était dévôt de Priape. L'urgence était urgentissime. Il s'agissait d'un cas de vie ou de mort. Il y avait sur une  goélette qui arrivait de la métropole Un médicament miracle du nom de képone. Un médicament miracle qui allait résoudre tous les problèmes Le bois bandé ecclésiastique qui avait comme effet Non pas de produire d'intenses érections mais d'avoir des bananes fruits et légumes de haute tenue. C'était un nouveau médicament du nom français de chlordécone Non remboursé par la Sécurité Sociale du Roi et du bon Colbert Mais qui avait été testé sur d'autres cas terminaux comme celui du prélat. Le saint homme dut suivre un régime de quarante jours et quarante nuits Qui consistait à gober à longueur de journée des bananes jaunes Trempées dans du jus de canne arrosé de moitié de chlordécone. On ne sait par quel miracle mais le Père Labat fut sauvé et rentra illico au pays de ses ancêtres se consacrer à l'étude et à la méditation. Mais jusqu 'à aujourd'hui encore les terres de la Soufrière et d'ailleurs  sont contaminées. Les bananes antillaises hantent de leur Chlordécone invisible et inodore les prostates cancéreuses de ces messieurs !
0
Sep 15, 2019
Sep 15, 2019 at 12:57 PM UTC
Père Labat et bois bandé ecclésiastique
Le Père Labat était grand amateur de pastis Qu 'il coupait de son rhum guêpes Bien agricole à 55 degrés Comme décollage Avant d'ingurgiter coup sur coup Un ou deux diablotins de Marie-Galante Rôtis à point au boucan Dans les hauts du volcan De Dame Soufrière. Le Père Labat pour compléter  aimait sa purée d'avocat et banane jaune bien écrasée à la fourchette. Or il advint qu'un jour à Pâques le Révérend Père Plus vorace qu'à son habitude, comme illuminé, Engloutit douze diablotines afin de rompre le jeûne du Carème. Vous imaginez  l 'indigestion que dut subir le saint homme. Cette overdose charnelle se manifesta par une érection phénoménale Qui prit possession du quidam qui entra en transe perpétuelle. Il y avait là fort heureusement un docteur feuilles qui habitait dans les parages Un maître quimboiseur Fort connaisseur en herbes et onguents Qui lui fit prescrire une bonne soupe de gombo bien pimentée pour lui éclaircir la bile. Mais cela ne fit aucun effet. L'homme apparemment était dévôt de Priape. L'urgence était urgentissime. Il s'agissait d'un cas de vie ou de mort. Il y avait sur une  goélette qui arrivait de la métropole Un médicament miracle du nom de képone. Un médicament miracle qui allait résoudre tous les problèmes Le bois bandé ecclésiastique qui avait comme effet Non pas de produire d'intenses érections mais d'avoir des bananes fruits et légumes de haute tenue. C'était un nouveau médicament du nom français de chlordécone Non remboursé par la Sécurité Sociale du Roi et du bon Colbert Mais qui avait été testé sur d'autres cas terminaux comme celui du prélat. Le saint homme dut suivre un régime de quarante jours et quarante nuits Qui consistait à gober à longueur de journée des bananes jaunes Trempées dans du jus de canne arrosé de moitié de chlordécone. On ne sait par quel miracle mais le Père Labat fut sauvé et rentra illico au pays de ses ancêtres se consacrer à l'étude et à la méditation. Mais jusqu 'à aujourd'hui encore les terres de la Soufrière et d'ailleurs  sont contaminées. Les bananes antillaises hantent de leur Chlordécone invisible et inodore les prostates cancéreuses de ces messieurs !
Continue reading...
36
Il Pleut Et on tire Ce n’est pas un jeu On se retire Tout le monde a peur Les bébés et les enfants pleurent Hommes et femmes s’écœurent Où tout le monde meurt Dans les rues infestées d’idiots et de bandits Ils sont nos ennemis Ils ne sont pas nos amis Ils tirent comme des fous Les balles tombent comme des grains de pluie Les gangsters ne sont pas doux Ils sont des terroristes Ils sont des mauvais touristes Ils sont des robots criminels Ils n’ont ni cœur, ni âme et ni esprit Ils sont des damnés éternels En destination des enfers Leurs organes sont en fer Ils ne sont pas des humains Leurs mains sont imbibées de sang Ils sont des malandrins Ils sont des scélérats de Satan. Il pleut Et on tire On se retire Au milieu De tout ce qui est mauvais Le monde n’est pas en paix C’est toute la terre en guerre Au fond du cimetière On ne fabrique pas d’armes Chez nous On n’a que des larmes Chez nous On pleure Chez nous On fabrique trop d’armes ailleurs Trop de gens meurent Tout le monde a peur Il y a trop de misère et de malheur. Copyright © Novembre 2024, Hébert Logerie, Tous droits réservés Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs livres de poésie.
0
Nov 30, 2024
Nov 30, 2024 at 2:12 AM UTC
Trop De Peur Et De Malheur
Jeune femme aux yeux noirs, étourdie, inconstante, Entre mille pensers indécise et flottante, Qui veut et ne veut pas, et bientôt ne sait plus Où prendre ni fixer, tes voeux irrésolus, Qui n'aime point le mal et pourtant ne peut faire Un seul pas vers le bien que ton âme préfère, Insouciante, et va livrant chaque matin, Tes projets au hasard et ta vie au destin, Sais-tu pourquoi je t'aime, et quelle main cachée Retiens mon âme au char où tu l'as attachée, Pourquoi je me plains tant dans tes bras, et ressens Quelque chose de plus que l'ivresse des sens ? C'est qu'il est, vois-tu bien, certaines destinées Par des liens secrets l'une à l'autre enchaînées : C'est qu'il peut arriver, parfois, que deux esprits Se soient du premier coup reconnus et compris ; Une triste clarté, de long regrets suivie, De ses illusions a dépouillé ma vie ; Elle a flétri ma joie, et n'a plus rien laissé Dans le fond de mon coeur profondément blessé ; Et toi, ton âme aussi, triste et désenchantée De ces vestiges vains qui l'avaient trop flattée, A reconnu leur vide et va bientôt finir Ces rêves dissipés pour ne plus revenir. C'est ce que j'aime en toi, c'est cette connaissance Des misères de l'homme et de son impuissance ; C'est ce bizarre aspect d'une femme à vingt ans Dont la raison précoce a devancé le temps, Que rien ne touche plus, et qui, jeune et jolie, Ne croit pas à l'amour et sait comme on oublie, C'est ce qui me ravit, m'enchante, et sur tes pas Me retient malgré moi, car enfin n'est-ce pas Quelque chose de neuf que de nous voir ensemble Vieillards prématurés qu'un même esprit rassemble, Avec ces cheveux noirs, avec ce jeune front Qui des ans destructeurs n'a pas subi l'affront, Discourir gravement des choses de la vie, Railler, d'un rire amer, ces plaisirs qu'on envie, Oublier le présent, ne pas nous souvenir Que nous sommes tout seuls et parler d'avenir ? C'est ce qui m'a frappé, moi, c'est ce caractère Sérieux à la fois et léger, ce mystère D'une humeur si mobile et d'un coeur si changeant, De désirs en désirs sans cesse voltigeant. Je t'aime, si fantasque et si capricieuse ; Bonne femme d'ailleurs, point avaricieuse, Au contraire prodigue, et jetant sans regrets Son or, quand elle en a, sauf à compter après.
0
780
Déclaration
Jeune femme aux yeux noirs, étourdie, inconstante, Entre mille pensers indécise et flottante, Qui veut et ne veut pas, et bientôt ne sait plus Où prendre ni fixer, tes voeux irrésolus, Qui n'aime point le mal et pourtant ne peut faire Un seul pas vers le bien que ton âme préfère, Insouciante, et va livrant chaque matin, Tes projets au hasard et ta vie au destin, Sais-tu pourquoi je t'aime, et quelle main cachée Retiens mon âme au char où tu l'as attachée, Pourquoi je me plains tant dans tes bras, et ressens Quelque chose de plus que l'ivresse des sens ? C'est qu'il est, vois-tu bien, certaines destinées Par des liens secrets l'une à l'autre enchaînées : C'est qu'il peut arriver, parfois, que deux esprits Se soient du premier coup reconnus et compris ; Une triste clarté, de long regrets suivie, De ses illusions a dépouillé ma vie ; Elle a flétri ma joie, et n'a plus rien laissé Dans le fond de mon coeur profondément blessé ; Et toi, ton âme aussi, triste et désenchantée De ces vestiges vains qui l'avaient trop flattée, A reconnu leur vide et va bientôt finir Ces rêves dissipés pour ne plus revenir. C'est ce que j'aime en toi, c'est cette connaissance Des misères de l'homme et de son impuissance ; C'est ce bizarre aspect d'une femme à vingt ans Dont la raison précoce a devancé le temps, Que rien ne touche plus, et qui, jeune et jolie, Ne croit pas à l'amour et sait comme on oublie, C'est ce qui me ravit, m'enchante, et sur tes pas Me retient malgré moi, car enfin n'est-ce pas Quelque chose de neuf que de nous voir ensemble Vieillards prématurés qu'un même esprit rassemble, Avec ces cheveux noirs, avec ce jeune front Qui des ans destructeurs n'a pas subi l'affront, Discourir gravement des choses de la vie, Railler, d'un rire amer, ces plaisirs qu'on envie, Oublier le présent, ne pas nous souvenir Que nous sommes tout seuls et parler d'avenir ? C'est ce qui m'a frappé, moi, c'est ce caractère Sérieux à la fois et léger, ce mystère D'une humeur si mobile et d'un coeur si changeant, De désirs en désirs sans cesse voltigeant. Je t'aime, si fantasque et si capricieuse ; Bonne femme d'ailleurs, point avaricieuse, Au contraire prodigue, et jetant sans regrets Son or, quand elle en a, sauf à compter après.
Continue reading...
48
À cette terre, où l'on ploie Sa tente au déclin du jour, Ne demande pas la joie. Contente-toi de l'amour ! Excepté lui, tout s'efface. La vie est un sombre lieu Où chaque chose qui passe Ébauche l'homme pour Dieu. L'homme est l'arbre à qui la sève Manque avant qu'il soit en fleur. Son sort jamais ne s'achève Que du côté du malheur. Tous cherchent la joie ensemble ; L'esprit rit à tout venant ; Chacun tend sa main qui tremble Vers quelque objet rayonnant. Mais vers toute âme, humble ou fière, Le malheur monte à pas lourds, Comme un spectre aux pieds de pierre ; Le reste flotte toujours ! Tout nous manque, hormis la peine ! Le bonheur, pour l'homme en pleurs, N'est qu'une figure vaine De choses qui sont ailleurs. L'espoir c'est l'aube incertaine ; Sur notre but sérieux C'est la dorure lointaine D'un rayon mystérieux. C'est le reflet, brume ou flamme, Que dans leur calme éternel Versent d'en haut sur notre âme Les félicités du ciel. Ce sont les visions blanches Qui, jusqu'à nos yeux maudits, Viennent à travers les branches Des arbres du paradis ! C'est l'ombre que sur nos grèves Jettent ces arbres charmants Dont l'âme entend dans ses rêves Les vagues frissonnements ! Ce reflet des biens sans nombre, Nous l'appelons le bonheur ; Et nous voulons saisir l'ombre Quand la chose est au Seigneur ! Va, si haut nul ne s'élève ; Sur terre il faut demeurer ; On sourit de ce qu'on rêve, Mais ce qu'on a, fait pleurer. Puisqu'un Dieu saigne au Calvaire, Ne nous plaignons pas, crois-moi. Souffrons ! c'est la loi sévère. Aimons ! c'est la douce loi. Aimons ! soyons deux ! Le sage N'est pas seul dans son vaisseau. Les deux yeux font le visage ; Les deux ailes font l'oiseau. Soyons deux ! - Tout nous convie À nous aimer jusqu'au soir. N'ayons à deux qu'une vie ! N'ayons à deux qu'un espoir ! Dans ce monde de mensonges, Moi, j'aimerai mes douleurs, Si mes rêves sont tes songes, Si mes larmes sont tes pleurs ! Le 20 mai 1838.
0
788
À cette terre, où l'on ploie
À cette terre, où l'on ploie Sa tente au déclin du jour, Ne demande pas la joie. Contente-toi de l'amour ! Excepté lui, tout s'efface. La vie est un sombre lieu Où chaque chose qui passe Ébauche l'homme pour Dieu. L'homme est l'arbre à qui la sève Manque avant qu'il soit en fleur. Son sort jamais ne s'achève Que du côté du malheur. Tous cherchent la joie ensemble ; L'esprit rit à tout venant ; Chacun tend sa main qui tremble Vers quelque objet rayonnant. Mais vers toute âme, humble ou fière, Le malheur monte à pas lourds, Comme un spectre aux pieds de pierre ; Le reste flotte toujours ! Tout nous manque, hormis la peine ! Le bonheur, pour l'homme en pleurs, N'est qu'une figure vaine De choses qui sont ailleurs. L'espoir c'est l'aube incertaine ; Sur notre but sérieux C'est la dorure lointaine D'un rayon mystérieux. C'est le reflet, brume ou flamme, Que dans leur calme éternel Versent d'en haut sur notre âme Les félicités du ciel. Ce sont les visions blanches Qui, jusqu'à nos yeux maudits, Viennent à travers les branches Des arbres du paradis ! C'est l'ombre que sur nos grèves Jettent ces arbres charmants Dont l'âme entend dans ses rêves Les vagues frissonnements ! Ce reflet des biens sans nombre, Nous l'appelons le bonheur ; Et nous voulons saisir l'ombre Quand la chose est au Seigneur ! Va, si haut nul ne s'élève ; Sur terre il faut demeurer ; On sourit de ce qu'on rêve, Mais ce qu'on a, fait pleurer. Puisqu'un Dieu saigne au Calvaire, Ne nous plaignons pas, crois-moi. Souffrons ! c'est la loi sévère. Aimons ! c'est la douce loi. Aimons ! soyons deux ! Le sage N'est pas seul dans son vaisseau. Les deux yeux font le visage ; Les deux ailes font l'oiseau. Soyons deux ! - Tout nous convie À nous aimer jusqu'au soir. N'ayons à deux qu'une vie ! N'ayons à deux qu'un espoir ! Dans ce monde de mensonges, Moi, j'aimerai mes douleurs, Si mes rêves sont tes songes, Si mes larmes sont tes pleurs ! Le 20 mai 1838.
Continue reading...
65
Take my breath away Shake the ground beneath my feet Let the earth swallow me alive I want to sink inside so deep I am split between moments Stuck between the cracks made inside time              Un corps ici                                          Une âme là-bas Une tête ailleurs                          Et des pensées nulle part And just like that Moments are no more And memories are forevermore Inside an oblivious mind There but not there I don't know what to do I don't know what to be I don't know who to be ¿Que Voy a Hacer? It's not like I want to run away But I so don't want be here
0
Jan 1, 2015
Jan 1, 2015 at 12:31 PM UTC
QA09141
Vous a-t-on parlé déjà D’un temple sans nom - Sans mémoire et sans nom? Il fût oublié et pourtant Quelques-un croient encore Que le temple existe bel et bien; Qu’il se trouve juste ici, Entre le jour et la nuit, Entre le soleil et la pluie, Entre le silence et le bruit; Et que lorsqu’on s’y rend, Lorsque l’on ouvre, Lorsque l’on entre, On y entre toujours; Et que l’on vienne de **** Que l’on vienne d’ailleurs, Que l’on prenne son temps, On y est toujours à l’heure; Et quand enfin l'on s’y trouve, Quand enfin l'on y est, Entre et parmis ses infinis murs, On n’en sort jamais; Si l'on ose y discuter, Que l'on ne prononce qu’un mot, Celui-ci devient discours, Interminable fardeau; Et l'en son sein une seule pensée Bien que plutôt éphémère, Se transforme en grand brasier, En immense calvaire; Et que si l'on regarde, L'on peut voir très bien Que ce que l'on observe N’est à peu près rien; Et si l'on prête oreille, que l'on écoute, Qu’un seul son enfin résonne, Ce bruit sourd que l'on espionne N'est nul autre que l'écho du doute; Et quand finalement l'on oublie, Qu'à tout jamais l'on s’y perd, Lorsqu'enfin l'on s'y abandonne, Se trace béante le contour d'une sortie; Et que cela exige de souffrir, De s'y faire saint, s'y faire martyre, Qu’il nous faille le supplice d'y périr, Finira-t-on au moins par en finir; Et lorsqu'un jour l'on en sort, Lorsque que le voudra enfin notre sort, Ce n'est qu'alors, seulement qu'alors Que sauront coexister vie et mort. Et ce jour-là, cette nuit-là, dira-t-on, Que l'existence fût un temple - Un temple sans nom.
0
Dec 16, 2019
Dec 16, 2019 at 5:45 AM UTC
Un Temple Sans Nom (2017) [FR]
Vous a-t-on parlé déjà D’un temple sans nom - Sans mémoire et sans nom? Il fût oublié et pourtant Quelques-un croient encore Que le temple existe bel et bien; Qu’il se trouve juste ici, Entre le jour et la nuit, Entre le soleil et la pluie, Entre le silence et le bruit; Et que lorsqu’on s’y rend, Lorsque l’on ouvre, Lorsque l’on entre, On y entre toujours; Et que l’on vienne de **** Que l’on vienne d’ailleurs, Que l’on prenne son temps, On y est toujours à l’heure; Et quand enfin l'on s’y trouve, Quand enfin l'on y est, Entre et parmis ses infinis murs, On n’en sort jamais; Si l'on ose y discuter, Que l'on ne prononce qu’un mot, Celui-ci devient discours, Interminable fardeau; Et l'en son sein une seule pensée Bien que plutôt éphémère, Se transforme en grand brasier, En immense calvaire; Et que si l'on regarde, L'on peut voir très bien Que ce que l'on observe N’est à peu près rien; Et si l'on prête oreille, que l'on écoute, Qu’un seul son enfin résonne, Ce bruit sourd que l'on espionne N'est nul autre que l'écho du doute; Et quand finalement l'on oublie, Qu'à tout jamais l'on s’y perd, Lorsqu'enfin l'on s'y abandonne, Se trace béante le contour d'une sortie; Et que cela exige de souffrir, De s'y faire saint, s'y faire martyre, Qu’il nous faille le supplice d'y périr, Finira-t-on au moins par en finir; Et lorsqu'un jour l'on en sort, Lorsque que le voudra enfin notre sort, Ce n'est qu'alors, seulement qu'alors Que sauront coexister vie et mort. Et ce jour-là, cette nuit-là, dira-t-on, Que l'existence fût un temple - Un temple sans nom.
Continue reading...
53
Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses, Ô toi, tous mes plaisirs ! ô toi, tous mes devoirs ! Tu te rappelleras la beauté des caresses, La douceur du foyer et le charme des soirs, Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses ! Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon, Et les soirs au balcon, voilés de vapeurs roses. Que ton sein m'était doux ! que ton coeur m'était bon ! Nous avons dit souvent d'impérissables choses Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon. Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées ! Que l'espace est profond ! que le coeur est puissant ! En me penchant vers toi, reine des adorées, Je croyais respirer le parfum de ton sang. Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées ! La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison, Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles, Et je buvais ton souffle, ô douceur ! ô poison ! Et tes pieds s'endormaient dans mes mains fraternelles. La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison. Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses, Et revis mon passé blotti dans tes genoux. Car à quoi bon chercher tes beautés langoureuses Ailleurs qu'en ton cher corps et qu'en ton coeur si doux ? Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses ! Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis, Renaîtront-il d'un gouffre interdit à nos sondes, Comme montent au ciel les soleils rajeunis Après s'être lavés au fond des mers profondes ? - Ô serments ! ô parfums ! ô baisers infinis !
0
693
Le balcon
Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses, Ô toi, tous mes plaisirs ! ô toi, tous mes devoirs ! Tu te rappelleras la beauté des caresses, La douceur du foyer et le charme des soirs, Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses ! Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon, Et les soirs au balcon, voilés de vapeurs roses. Que ton sein m'était doux ! que ton coeur m'était bon ! Nous avons dit souvent d'impérissables choses Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon. Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées ! Que l'espace est profond ! que le coeur est puissant ! En me penchant vers toi, reine des adorées, Je croyais respirer le parfum de ton sang. Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées ! La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison, Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles, Et je buvais ton souffle, ô douceur ! ô poison ! Et tes pieds s'endormaient dans mes mains fraternelles. La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison. Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses, Et revis mon passé blotti dans tes genoux. Car à quoi bon chercher tes beautés langoureuses Ailleurs qu'en ton cher corps et qu'en ton coeur si doux ? Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses ! Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis, Renaîtront-il d'un gouffre interdit à nos sondes, Comme montent au ciel les soleils rajeunis Après s'être lavés au fond des mers profondes ? - Ô serments ! ô parfums ! ô baisers infinis !
Continue reading...
30
Abandon de soi A la lumière d'un clair de lune Démission Rupture A la faveur d'un clair obscur Se retirer A pas feutrés dans le silence en partance vers la voie lactée Départ pour un ailleurs aux confins des mondes Déployer ses ailes Prendre son envol vers d'autres rivages Abolition du temps et de ce passage Ultime voyage Dans le sillage des Etoiles caro royer
0
Dec 30, 2016
Dec 30, 2016 at 3:23 AM UTC
Dernier voyage
Mon coeur est en feu Je suis à vif L'élan me prends Me dépose ailleurs Je ne suis qu'un arbre sans écorce La sève s'écoule de mes veines Et je te regarde t'en aller
0
Apr 29, 2016
Apr 29, 2016 at 6:39 PM UTC
La peine de l'arbre
La flèche et le toit se sont effondrés, Mais au moins aucun corps n'est mort. Le vitrail a fondu de la chaleur et des œuvres d'art inestimables d'ailleurs. Notre-Dame est ouverte vers le ciel; Son tabernacle profané. Un trésor de la foi de l'homme est parti. Peut-il être recréé? Un curé âgé parcourt ses allées Dont les murs résonnent les prières des hommes. Il regarde les chœurs nus en ruine et combat les sentiments de désespoir. “Nous reconstruirons” pense le Père comme les pierres chauffées deviennent froides. «Nous élevons nos cœurs au Seigneur Qui a payé la rançon pour nos âmes. "
0
Apr 16, 2019
Apr 16, 2019 at 8:51 AM UTC
Mardi des cendres
Il me dit qu'il était très riche, Mais qu'il craignait le choléra ; - Que de son or il était chiche, Mais qu'il goûtait fort l'Opéra ; - Qu'il raffolait de la nature, Ayant connu monsieur Corot ; - Qu'il n'avait pas encor voiture, Mais que cela viendrait bientôt ; - Qu'il aimait le marbre et la brique, Les bois noirs et les bois dorés ; - Qu'il possédait dans sa fabrique Trois contremaîtres décorés ; - Qu'il avait, sans compter le reste, Vingt mille actions sur le Nord ; Qu'il avait trouvé, pour un zeste, Des encadrements d'Oppenord ; - Qu'il donnerait (fût-ce à Luzarches !) Dans le bric-à-brac jusqu'au cou, Et qu'au Marché des Patriarches Il avait fait plus d'un bon coup ; - Qu'il n'aimait pas beaucoup sa femme, Ni sa mère ; - mais qu'il croyait À l'immortalité de l'âme, Et qu'il avait lu Niboyet ! - Qu'il penchait pour l'amour physique, Et qu'à Rome, séjour d'ennui, Une femme, d'ailleurs phtisique, Etait morte d'amour pour lui. Pendant trois heures et demie, Ce bavard, venu de Tournai, M'a dégoisé toute sa vie ; J'en ai le cerveau consterné. S'il fallait décrire ma peine, Ce serait à n'en plus finir ; Je me disais, domptant ma haine : « Au moins, si je pouvais dormir ! » Comme un qui n'est pas à son aise, Et qui n'ose pas s'en aller, Je frottais de mon cul ma chaise, Rêvant de le faire empaler. Ce monstre se nomme Bastogne ; Il fuyait devant le fléau. Moi, je fuirai jusqu'en Gascogne, Ou j'irai me jeter à l'eau, Si dans ce Paris, qu'il redoute, Quand chacun sera retourné, Je trouve encore sur ma route Ce fléau, natif de Tournai.
0
638
À M. Eugène Fromentin
Il me dit qu'il était très riche, Mais qu'il craignait le choléra ; - Que de son or il était chiche, Mais qu'il goûtait fort l'Opéra ; - Qu'il raffolait de la nature, Ayant connu monsieur Corot ; - Qu'il n'avait pas encor voiture, Mais que cela viendrait bientôt ; - Qu'il aimait le marbre et la brique, Les bois noirs et les bois dorés ; - Qu'il possédait dans sa fabrique Trois contremaîtres décorés ; - Qu'il avait, sans compter le reste, Vingt mille actions sur le Nord ; Qu'il avait trouvé, pour un zeste, Des encadrements d'Oppenord ; - Qu'il donnerait (fût-ce à Luzarches !) Dans le bric-à-brac jusqu'au cou, Et qu'au Marché des Patriarches Il avait fait plus d'un bon coup ; - Qu'il n'aimait pas beaucoup sa femme, Ni sa mère ; - mais qu'il croyait À l'immortalité de l'âme, Et qu'il avait lu Niboyet ! - Qu'il penchait pour l'amour physique, Et qu'à Rome, séjour d'ennui, Une femme, d'ailleurs phtisique, Etait morte d'amour pour lui. Pendant trois heures et demie, Ce bavard, venu de Tournai, M'a dégoisé toute sa vie ; J'en ai le cerveau consterné. S'il fallait décrire ma peine, Ce serait à n'en plus finir ; Je me disais, domptant ma haine : « Au moins, si je pouvais dormir ! » Comme un qui n'est pas à son aise, Et qui n'ose pas s'en aller, Je frottais de mon cul ma chaise, Rêvant de le faire empaler. Ce monstre se nomme Bastogne ; Il fuyait devant le fléau. Moi, je fuirai jusqu'en Gascogne, Ou j'irai me jeter à l'eau, Si dans ce Paris, qu'il redoute, Quand chacun sera retourné, Je trouve encore sur ma route Ce fléau, natif de Tournai.
Continue reading...
48
Abandon de soi A la lumière d'un clair de lune Démission Rupture à la faveur d'un clair obscur S e retirer à pas feutrés en silence vers la voie lactée Départ pour un ailleurs aux confins des mondes Déployer ses ailes Prendre son envol vers d'autres rives-âge Abolition du temps et de son passage Dans le sillage des Etoiles Ultime voyage
0
Jan 11, 2017
Jan 11, 2017 at 1:06 PM UTC
Untitled
Quelle était belle, l'époque ou nous pouvions rêver. Quelle était belle, l'époque ou nous nous entendions à merveille. Ou est elle, d'ailleurs ? Depuis si longtemps que je l'ai perdue, et que je la cherche. Pensant trouver mon bonheur dans le tiens, je t'ai demandé de partir. Es tu plus heureuse ? Moi non plus. Pensant te retrouver un jour, mes espoirs de te revoir sont perdus. Jamais, jamais, jamais, jamais, je ne recommencerais. Et toi ? Tant de lassitude entre nous. Cela ne pouvait plus durer. Rien ne pouvait me forcer à rester. Enfin si. Tout le pouvait. Mais la totalité, c'est le néant et je ne puis m'imaginer vivre sans cette faim inhumaine d'îvresse. Si ce n'est pas de ta faute, est-ce celle du temps ? Mais aussi, ne puis-je pas oublier une telle débauche. Une telle perte de temps. Tant de larmes pour si peu de satisfaction. Je n'en retiens qu'une chose, cetait une erreur. Mais comment la réparer ? Je n'oserai plus croiser dans ton regard cet amour que tu me donnais. Je ne pourrai plus imaginer subir telle honte. Jalousie disais tu. Ce n'est pour moi pas une excuse. Rien ne t'excusera jamais plus. Aurais-je au moins essayé de te sortir de ce trou si profond que même un géant parmi les géants ne saurait en sortir. Cette vie parsemée d'embûches ne me conviens plus, mais que puis je y faire.
0
Jun 17, 2017
Jun 17, 2017 at 2:40 PM UTC
La belle époque
Je suis née éblouie par la ville des lumières and grew up in a city that once couldn't sleep, dazed by the lights, my whole life I fled from a heritage I wasn't told I could keep. Je suis née des trottoirs, des rues noueuses et sales and grew up on a block which remained much cleaner than my conscience because I remember seeing through blue eyes a black man being clobbered for a misdemeanor. Je suis née dans un pays où les fleures se fanent and grew up in a place where the flowers were fake, a house where anything that wasn't of plastic was soon tossed in the sky, left to plummet and break. Je suis née à Paris J'ai grandis à New York Je mourrai, ailleurs
0
Sep 5, 2015
Sep 5, 2015 at 4:31 PM UTC
Paris Meets New York in a Dream
J'adorais ce mot : l'imprévu. Ma vie parisienne se rythmait à ce terme, Une chose encore que je n'avais jamais vécu. On ne sait pas ce que la vie renferme. Je me levais le matin, en me demandant comme finirais-je ma journée ? La réponse fut logique évidemment : On ne le sait jamais. Le boulevard de Saint-Germains-Des-Prés je traversais, comme tout les jours d'ailleurs. Observer les gens, c'est ce que j'aimais et soudain ils m'ont fendu le cœur. La ********** de la population bourgeoise était contre celle des délaissées Leurs vies était tout à fait sournoise contre celle des désemparées. Ainsi, sur le chemin menant à l'école, je me suis questionnée. Pourquoi cette triste métropole m'a t-elle ouvert les yeux sur la réalité ?
0
Jun 11, 2017
Jun 11, 2017 at 2:56 PM UTC
Métropole
. you are a student of law your family's well off . . you've read some books and maybe saw a few docs you follow Paul Mason on twitter young and anxious so . . they caught you one time a cop did a cavity search illegally, while his friends watched you've inhaled your share of their teargas and saw your friends' limbs get smashed . . your voice is most loud in an aggrieved crowd . . when the rage explodes will you be there, next time? you still believe, but for how long? i think i was never a believer... . . no, i don't doubt you not a bit. well... but you can always go back to the career you came from some of us cannot . . "la beauté est dans la rue" not always. but yeah, i know. here's another one, from me: "la vie est ailleurs" . . this fervor will end, i know it then, i will still walk here then, you will walk elsewhere this evening, though we 'll march with you .
0
Jun 17, 2015
Jun 17, 2015 at 12:09 PM UTC
in march
Aux petits incidents il faut s'habituer. Hier on est venu chez moi pour me tuer. Mon tort dans ce pays c'est de croire aux asiles. On ne sait quel ramas de pauvres imbéciles S'est rué tout à coup la nuit sur ma maison. Les arbres de la place en eurent le frisson, Mais pas un habitant ne bougea. L'escalade Fut longue, ardente, horrible, et Jeanne était malade. Je conviens que j'avais pour elle un peu d'effroi. Mes deux petits-enfants, quatre femmes et moi, C'était la garnison de cette forteresse. Rien ne vint secourir la maison en détresse. La police fut sourde ayant affaire ailleurs. Un dur caillou tranchant effleura Jeanne en pleurs. Attaque de chauffeurs en pleine Forêt-Noire. Ils criaient : Une échelle ! une poutre ! victoire ! Fracas où se perdaient nos appels sans écho. Deux hommes apportaient du quartier Pachéco Une poutre enlevée à quelque échafaudage. Le jour naissant gênait la bande. L'abordage Cessait, puis reprenait. Ils hurlaient haletants. La poutre par bonheur n'arriva pas à temps. " Assassin ! - C'était moi. - Nous voulons que tu meures ! Brigand ! Bandit ! " Ceci dura deux bonnes heures. George avait calmé Jeanne en lui prenant la main. Noir tumulte. Les voix n'avaient plus rien d'humain ; Pensif, je rassurais les femmes en prières, Et ma fenêtre était trouée à coups de pierres. Il manquait là des cris de vive l'empereur ! La porte résista battue avec fureur. Cinquante hommes armés montrèrent ce courage. Et mon nom revenait dans des clameurs de rage : A la lanterne ! à mort ! qu'il meure ! il nous le faut ! Par moments, méditant quelque nouvel assaut, Tout ce tas furieux semblait reprendre haleine ; Court répit ; un silence obscur et plein de haine Se faisait au milieu de ce sombre viol ; Et j'entendais au **** chanter un rossignol.
0
601
Une nuit à Bruxelles
Aux petits incidents il faut s'habituer. Hier on est venu chez moi pour me tuer. Mon tort dans ce pays c'est de croire aux asiles. On ne sait quel ramas de pauvres imbéciles S'est rué tout à coup la nuit sur ma maison. Les arbres de la place en eurent le frisson, Mais pas un habitant ne bougea. L'escalade Fut longue, ardente, horrible, et Jeanne était malade. Je conviens que j'avais pour elle un peu d'effroi. Mes deux petits-enfants, quatre femmes et moi, C'était la garnison de cette forteresse. Rien ne vint secourir la maison en détresse. La police fut sourde ayant affaire ailleurs. Un dur caillou tranchant effleura Jeanne en pleurs. Attaque de chauffeurs en pleine Forêt-Noire. Ils criaient : Une échelle ! une poutre ! victoire ! Fracas où se perdaient nos appels sans écho. Deux hommes apportaient du quartier Pachéco Une poutre enlevée à quelque échafaudage. Le jour naissant gênait la bande. L'abordage Cessait, puis reprenait. Ils hurlaient haletants. La poutre par bonheur n'arriva pas à temps. " Assassin ! - C'était moi. - Nous voulons que tu meures ! Brigand ! Bandit ! " Ceci dura deux bonnes heures. George avait calmé Jeanne en lui prenant la main. Noir tumulte. Les voix n'avaient plus rien d'humain ; Pensif, je rassurais les femmes en prières, Et ma fenêtre était trouée à coups de pierres. Il manquait là des cris de vive l'empereur ! La porte résista battue avec fureur. Cinquante hommes armés montrèrent ce courage. Et mon nom revenait dans des clameurs de rage : A la lanterne ! à mort ! qu'il meure ! il nous le faut ! Par moments, méditant quelque nouvel assaut, Tout ce tas furieux semblait reprendre haleine ; Court répit ; un silence obscur et plein de haine Se faisait au milieu de ce sombre viol ; Et j'entendais au **** chanter un rossignol.
Continue reading...
38
Promène-moi au long du fleuve Inonde-moi à la rive La reliure du livre, Mainte fois épanoui comme L'envergure d'une danseuse, Déchirée par la pluie Interpelle mon nom Sur tes lèvres noyés, et que je ne manque le chaos qui m'attendait d'ailleurs, hier soir Hommage d'un papillon, Choyé par la lueur clignotante, Un mensonge, une trahison atroce Que quiconque n'essaie de dévorer ma démise Je ne suis que vent, tempête, ouragan Une bête ensorcelée, Éternelle à la douleur Puisse que tenace de jeunesse, Et crise de nulle part, Nous entrelace les mains dans la terre Faites que je me retrouve six pieds sous la mer Perdre sa langue, Que sois chose plus pire Que perdre sa voix, Et ne plus pouvoir dormir Toute qu'une brume Triomphant l'aube, et La chair de mon sang Aussi fatal que le sifflement, Le sifflement du vent
0
Dec 12, 2020
Dec 12, 2020 at 3:33 PM UTC
Poème gris