"ailleurs" poems
Il la traîna de force jusqu’à sa chambre
Lui tira les cheveux et lui fracassa la cervelle plusieurs fois contre le carrelage froid du couloir
- Carrelage de couleur marron jaune -
Au passage une de ses dents du haut s’est cassée, pas grave, on dira lundi à l’école qu’elle a mangé des cailloux tout le week-end avec ses cousines
Ses cousines qui par ailleurs l’ont laissée toute l’après-midi sur le toit de la voiture familiale
Juste pour une histoire de garçon
Et puis après tout, tu as assez bien finie, tu aurais pu atterrir dans la porcherie
Pour une simple histoire de choux de Bruxelles
Juste pour une histoire de choux de Bruxelles.
Maman ne m’a jamais dit comment on faisait l’amour
Mais maman tous les soirs me faisait l’amour
(Un cri)
Pour une simple histoire de choux de Bruxelles
Chaque jour de la semaine maintenant je suis défoncée
TOTALEMENT DEFONCEE.
Mais ne t’inquiète pas, lui dit-il en la serrant encore plus fort, maman rentrera bientôt
Et la petite fille qui pleurait et pleurait
Sentant cette chose immonde venir s’écraser contre sa poitrine
Ne t’inquiète donc pas, maman rentera bientôt
Et la petite fille qui pleurait chaque minute encore plus
Sentant cette chose immonde se balader contre son tout petit corps
Maman rentrera bientôt ?
JE N’AVAIS QUE CINQ ANS.
Maman ne m’a jamais dit comment on faisait l’amour
Mais maman tous les soirs me faisait l’amour
(Un cri)
Pour une simple histoire de choux de Bruxelles
Chaque jour de la semaine maintenant je suis défoncée
TOTALEMENT DEFONCEE.
Elle entra à l’hôpital une nuit d’hiver
Dans la voiture toute blanche il y avait de jolies lumières au-dessus de sa tête et puis aussi une jolie musique
Tout allait un peu vite mais les messieurs étaient si gentils
Et puis elle avait encore vomi un peu partout mais les infirmières étaient si belles et avaient les dents si blanches
Elle resta une dizaine de jours dans cette chambre rose bonbon, le bras accroché à un drôle de pied en acier caillé, sa gentille maman qui continuait chaque nuit à lui faire l’amour en cachette
Elle se souvient avoir failli mourir
Mais après tout, tu as assez bien fini, tu aurais pu atterrir dans la porcherie
Pour une simple histoire de choux de Bruxelles
Juste pour une histoire de choux de Bruxelles.
Maman ne m’a jamais dit comment on faisait l’amour
Mais maman tous les soirs me faisait l’amour
(Un cri)
Pour une simple histoire de choux de Bruxelles
Chaque jour de la semaine maintenant je suis défoncée
TOTALEMENT DEFONCEE.
A l’école elle faisait tout le temps pipi sur elle
Puis elle s’est mise à se raconter des histoires, juste pour atteindre plus facilement le paradis artificiel
C’était toujours mieux quand c’était maman
Enfin elle ne se rappelle plus très bien
Elle a tout mélangé
Dans sa tête tout s’est mélangé
Elle est très malheureuse encore aujourd’hui
Mais après tout, elle a assez bien fini, elle aurait pu atterrir dans la porcherie
Pour une simple histoire de choux de Bruxelles
Juste pour une histoire de choux de Bruxelles.
Sep 24, 2012
Sep 24, 2012 at 2:34 PM UTC
puisque les beuveries sont cruelles,
nous nous sommes couchés
dans le tombeau de Bacchus
mais il ne sait plus respirer
& moi non plus, d’ailleurs
tous ces anciens tableaux qui
me faisaient croire à sa gloire,
ne me satisfont plus comme avant
leur beauté est devenue banale
& je pense aux pétales de la Marguerite
Apr 22, 2013
Apr 22, 2013 at 11:37 AM UTC
Il se dressait dans la verdure,
Telle une hampe pour les cieux.
C'était un séquoia géant
Venu des prairies d’Amérique
Et des forêts Algonquines.
Il avait voyagé en cale,
Soigné comme un voyageur,
Argenté, durant toute la traversée.
Il fut planté mais aussi fêté
En l’an mille huit cent quatre-vingt
Dans le parc du futur Casino,
Puis soigné par des jardiniers
Amoureux de leur métier.
En ces années s’affermissait enfin
La République, certes bien trop conservatrice,
Elle l’est d’ailleurs bien restée.
C’était quand même la République
Même à Luchon qui étincelait encore
Des feux et des ors de la fête impériale
Qui lui avait amenés
Tant de touristes au gousset rembourré
Et quand s’affermissait cette République
En cette «belle époque» des fortunés
Et d'exploitation éhontée
De tant d’autres laissés bien seuls
Par la naissance et sans instruction.
Mes aïeux Pyrénéens
Le virent planter et même pousser
Car en ces temps, encore,
Les sages et les doux prenaient plaisir
À observer et contempler
Les belles Dames en leur vêture
Et les arbres pousser peu à peu,
Jusqu’un jour à feindre de dépasser
La cime des ardoises Pyrénéennes.
Ce fut un Séquoia somptueux
Dès qu’il atteint ses vingt ans
En cette année dix-neuf cent
Alors que la compagnie du Midi
Faisait construire, non **** de lui
Le bel hôtel palace qui fut fini
En 1916, j’en ais la gorge serrée
Car la bas, tant de maçons
Ne le virent jamais construit
Et n’eurent pas le bonheur
D’admirer le grand Séquoia pousser
Car leur jeunesse fut ravie
Là-bas en Argonne ou à Verdun
Où tant de jeunes hommes mourraient
Dans les tranchées de leur dernier souffle.
Paul Arrighi
Jun 2, 2016
Jun 2, 2016 at 1:16 PM UTC
Fable VII, Livre II.
Toi qui te dis mon camarade,
Devrais-je ici te rencontrer,
Bonnet ridicule et maussade ?
Le jour, peux-tu bien te montrer,
Si ce n'est au front d'un malade ?
Quel espoir te retient céans ?
De l'indolence épais emblème,
Te crois-tu chez ces fainéants
Qui te ceignaient pour diadème ?
Va, le prince à qui j'appartiens
Porte autrement qu'eux la couronne.
Vois tout l'éclat qui m'environne,
C'est de lui seul que je le tiens.
Actif dans la paix, dans la guerre,
Ce roi ne se repose guère ;
S'il me permet quelque repos,
C'est lorsque, des mains de la Gloire,
II prend le casque des héros
Ou le laurier de la Victoire.
Mais le bonnet, jusqu'à ce jour,
Vit-il jamais venir son tour ?
Pourquoi donc sort-il de l'armoire ?
Crois-moi, si tu crains les railleurs,
À la cour grand en est le nombre,
Crois-moi, rentre au plus tôt dans l'ombre,
Ou va chercher fortune ailleurs.
- C'est ici que je dois l'attendre.
Répond humblement le bonnet ;
Et je puis vous le prouver net,
Si vous consentez à m'entendre.
Partout où le trône est placé,
De droit vous vous dites admise ;
Eh bien ! moi, je me crois de mise
Partout où le lit est dressé.
N'en est-il en cette demeure ?
Nature y perd-elle ses droits ?
Ou, par bonheur, les yeux des rois
Seraient-ils ouverts à toute heure ?
Quand vient minuit, nous le voyons,
Votre noble poids les chagrine,
Et l'on dirait que quelque épine
Les tourmente sous vos rayons.
Mon règne alors succède au vôtre :
Le front de toute majesté
Qui veut dormir en liberté
Doit être coiffé comme un autre.
Et puis, mais soit dit entre nous,
N'est-il pas d'autres soins plus doux
Qui font quitter la compagnie
Et l'habit de cérémonie ?
À moi la nuit, à vous le jour :
Oui, bien que votre orgueil en gronde,
Mon crédit, même ici, se fonde
Sur les premiers besoins du monde :
Sur le sommeil et sur l'amour.
977
La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet;
Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.
Un éclair... puis la nuit! — Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité?
Ailleurs, bien **** d'ici! trop **** jamais peut-être!
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais!
Sep 26, 2015
Sep 26, 2015 at 11:20 AM UTC
Silence ! reprenons les travaux de mon âge.
Que le pinceau docile obéisse à mes doigts,
Des lieux que j'ai quittés qu'il retrace l'image,
Que ma harpe se mêle aux accents de ma voix ;
Sur un brillant tissu, que l'aiguille légère
Arrête les contours d'une fleur passagère.
Oh ! pourquoi, dédaignant ces faciles bonheurs,
Mon âme en murmurant s'envole-t-elle ailleurs ?
Tel mugit un torrent quand son onde écumante,
Dans un lit trop étroit, s'agite et se tourmente ;
Sur de noirs rochers, meurt un impuissant effort.
Et je me brise ainsi contre l'arrêt du sort !
Devant moi, sur la rive, il ferme la barrière,
Et mon âme est captive en son étroite sphère ;
Reculant dans la lutte entre elle et le destin,
Sous la main qui l'écrase elle ronge son frein !
Silence ! reprenons les travaux de mon âge.
Que le pinceau docile obéisse à mes doigts,
Des lieux que j'ai quittés qu'il retrace l'image ;
Que ma harpe se mêle aux accents de ma voix ;
Sur un brillant tissu, que l'aiguille légère
Arrête les contours d'une fleur passagère.
Qu'exiger de la vie ? A-t-elle un seul trésor,
Pour qui le pèserait comme on pèse de l'or ?
Sous la froide analyse et sous la main qui sonde,
S'évente le parfum des bonheurs de ce monde.
La nuit répand son deuil quand le soleil a lui ;
Le bonheur qui brillait se couche comme lui,
Et l'âme qui le sait, se sentant immortelle,
Ne voudrait que des biens qui durassent comme elle.
Elle cherche, formant vingt rêves tour à tour...
Le monde lui répond par ses bonheurs d'un jour !
Silence ! reprenons les travaux de mon âge.
Que le pinceau docile obéisse à mes doigts,
Des lieux que j'ai quittés qu'il retrace l'image ;
Que ma harpe se mêle aux accents de ma voix ;
Sur un brillant tissu, que l'aiguille légère
Arrête les contours d'une fleur passagère.
Mon âme, calme-toi, reprends un vol plus doux,
Et passe sous le joug d'un sort commun à tous.
851
Cygnes au blanc plumage, au port majestueux,
Est-il vrai, dites-moi, qu'un chant harmonieux,
De vos jours écoulés rompant le long silence,
Lorsque va se briser votre frêle existence,
Comme un cri de bonheur s'élève vers les cieux ?
Quand sous votre aile, un soir, votre long col se ploie
Pour le dernier sommeil... d'où vous vient cette joie ?
De vos jours rien ne rompt l'indolente douceur :
Lorsque tout va finir, cet hymne de bonheur,
Comme à des cœurs brisés, quel penser vous l'envoie ?
Ô cygnes de nos lacs ! votre destin est doux ;
De votre sort heureux chacun serait jaloux.
Vous voguez lentement de l'une à l'autre rive,
Vous suivez les détours de l'onde fugitive :
Que ne puis-je en ces flots m'élancer avec vous !
Moi, sous l'ardent soleil, je demeure au rivage...
Pour vous, l'onde s'entr'ouvre et vous livre passage ;
Votre col gracieux, dans les eaux se plongeant,
Fait jaillir sur le lac mille perles d'argent
Qui laissent leur rosée à votre blanc plumage ;
Et les saules pleureurs, ondoyants, agités,
- Alors que vous passez, par le flot emportés -
D'un rameau caressant, doucement vous effleurent
Sur votre aile qui fuit quelques feuilles demeurent,
Ainsi qu'un souvenir d'amis qu'on a quittés.
Puis le soir, abordant à la rive odorante
Où fleurit à l'écart le muguet ou la menthe,
Sur un lit de gazon vous reposez, bercés
Par la brise des nuits, par les bruits cadencés
Des saules, des roseaux , de l'onde murmurante.
Oh ! pourquoi donc chanter un chant mélodieux
Quand s'arrête le cours de vos jours trop heureux ?
Pleurez plutôt, pleurez vos nuits au doux silence,
Les étoiles, les fleurs, votre fraîche existence ;
Pourquoi fêter la mort ?... vous êtes toujours deux !
C'est à nous de chanter quand vient l'heure suprême,
Nous, tristes pèlerins, dont la jeunesse même
Ne sait pas découvrir un verdoyant sentier,
Dont le bonheur s'effeuille ainsi que l'églantier ;
Nous, si tôt oubliés de l'ami qui nous aime !
C'est à nous de garder pour un jour à venir,
Tristes comme un adieu, doux comme un souvenir,
Des trésors d'harmonie inconnus à la terre,
Qui ne s'exhaleront qu'à notre heure dernière.
Pour qui souffre ici-bas, il est doux de mourir !
Ô cygnes ! laissez donc ce cri de délivrance
À nos cœurs oppressés de muette souffrance ;
La vie est un chemin où l'on cache ses pleurs...
Celui qui les comprend est plus **** est ailleurs.
À nous les chants !... la mort, n'est-ce pas l'espérance ?
924
Le Père Labat était grand amateur de pastis
Qu 'il coupait de son rhum guêpes
Bien agricole à 55 degrés
Comme décollage
Avant d'ingurgiter coup sur coup
Un ou deux diablotins de Marie-Galante
Rôtis à point au boucan
Dans les hauts du volcan
De Dame Soufrière.
Le Père Labat pour compléter aimait sa purée d'avocat et banane jaune bien écrasée à la fourchette.
Or il advint qu'un jour à Pâques le Révérend Père
Plus vorace qu'à son habitude, comme illuminé,
Engloutit douze diablotines afin de rompre le jeûne du Carème.
Vous imaginez l 'indigestion que dut subir le saint homme.
Cette overdose charnelle se manifesta par une érection phénoménale
Qui prit possession du quidam qui entra en transe perpétuelle.
Il y avait là fort heureusement un docteur feuilles qui habitait dans les parages
Un maître quimboiseur
Fort connaisseur en herbes et onguents
Qui lui fit prescrire une bonne soupe de gombo bien pimentée pour lui éclaircir la bile.
Mais cela ne fit aucun effet. L'homme apparemment était dévôt de Priape.
L'urgence était urgentissime. Il s'agissait d'un cas de vie ou de mort.
Il y avait sur une goélette qui arrivait de la métropole
Un médicament miracle du nom de képone.
Un médicament miracle qui allait résoudre tous les problèmes
Le bois bandé ecclésiastique qui avait comme effet
Non pas de produire d'intenses érections mais d'avoir des bananes fruits et légumes de haute tenue.
C'était un nouveau médicament du nom français de chlordécone
Non remboursé par la Sécurité Sociale du Roi et du bon Colbert
Mais qui avait été testé sur d'autres cas terminaux comme celui du prélat.
Le saint homme dut suivre un régime de quarante jours et quarante nuits
Qui consistait à gober à longueur de journée des bananes jaunes
Trempées dans du jus de canne arrosé de moitié de chlordécone.
On ne sait par quel miracle mais le Père Labat fut sauvé et rentra illico au pays de ses ancêtres se consacrer à l'étude et à la méditation.
Mais jusqu 'à aujourd'hui encore les terres de la Soufrière et d'ailleurs sont contaminées.
Les bananes antillaises hantent de leur Chlordécone invisible et inodore les prostates cancéreuses de ces messieurs !
Sep 15, 2019
Sep 15, 2019 at 12:57 PM UTC
Il Pleut
Et on tire
Ce n’est pas un jeu
On se retire
Tout le monde a peur
Les bébés et les enfants pleurent
Hommes et femmes s’écœurent
Où tout le monde meurt
Dans les rues infestées d’idiots et de bandits
Ils sont nos ennemis
Ils ne sont pas nos amis
Ils tirent comme des fous
Les balles tombent comme des grains de pluie
Les gangsters ne sont pas doux
Ils sont des terroristes
Ils sont des mauvais touristes
Ils sont des robots criminels
Ils n’ont ni cœur, ni âme et ni esprit
Ils sont des damnés éternels
En destination des enfers
Leurs organes sont en fer
Ils ne sont pas des humains
Leurs mains sont imbibées de sang
Ils sont des malandrins
Ils sont des scélérats de Satan.
Il pleut
Et on tire
On se retire
Au milieu
De tout ce qui est mauvais
Le monde n’est pas en paix
C’est toute la terre en guerre
Au fond du cimetière
On ne fabrique pas d’armes
Chez nous
On n’a que des larmes
Chez nous
On pleure
Chez nous
On fabrique trop d’armes ailleurs
Trop de gens meurent
Tout le monde a peur
Il y a trop de misère et de malheur.
Copyright © Novembre 2024, Hébert Logerie, Tous droits réservés
Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs livres de poésie.
Nov 30, 2024
Nov 30, 2024 at 2:12 AM UTC
Jeune femme aux yeux noirs, étourdie, inconstante,
Entre mille pensers indécise et flottante,
Qui veut et ne veut pas, et bientôt ne sait plus
Où prendre ni fixer, tes voeux irrésolus,
Qui n'aime point le mal et pourtant ne peut faire
Un seul pas vers le bien que ton âme préfère,
Insouciante, et va livrant chaque matin,
Tes projets au hasard et ta vie au destin,
Sais-tu pourquoi je t'aime, et quelle main cachée
Retiens mon âme au char où tu l'as attachée,
Pourquoi je me plains tant dans tes bras, et ressens
Quelque chose de plus que l'ivresse des sens ?
C'est qu'il est, vois-tu bien, certaines destinées
Par des liens secrets l'une à l'autre enchaînées :
C'est qu'il peut arriver, parfois, que deux esprits
Se soient du premier coup reconnus et compris ;
Une triste clarté, de long regrets suivie,
De ses illusions a dépouillé ma vie ;
Elle a flétri ma joie, et n'a plus rien laissé
Dans le fond de mon coeur profondément blessé ;
Et toi, ton âme aussi, triste et désenchantée
De ces vestiges vains qui l'avaient trop flattée,
A reconnu leur vide et va bientôt finir
Ces rêves dissipés pour ne plus revenir.
C'est ce que j'aime en toi, c'est cette connaissance
Des misères de l'homme et de son impuissance ;
C'est ce bizarre aspect d'une femme à vingt ans
Dont la raison précoce a devancé le temps,
Que rien ne touche plus, et qui, jeune et jolie,
Ne croit pas à l'amour et sait comme on oublie,
C'est ce qui me ravit, m'enchante, et sur tes pas
Me retient malgré moi, car enfin n'est-ce pas
Quelque chose de neuf que de nous voir ensemble
Vieillards prématurés qu'un même esprit rassemble,
Avec ces cheveux noirs, avec ce jeune front
Qui des ans destructeurs n'a pas subi l'affront,
Discourir gravement des choses de la vie,
Railler, d'un rire amer, ces plaisirs qu'on envie,
Oublier le présent, ne pas nous souvenir
Que nous sommes tout seuls et parler d'avenir ?
C'est ce qui m'a frappé, moi, c'est ce caractère
Sérieux à la fois et léger, ce mystère
D'une humeur si mobile et d'un coeur si changeant,
De désirs en désirs sans cesse voltigeant.
Je t'aime, si fantasque et si capricieuse ;
Bonne femme d'ailleurs, point avaricieuse,
Au contraire prodigue, et jetant sans regrets
Son or, quand elle en a, sauf à compter après.
780
À cette terre, où l'on ploie
Sa tente au déclin du jour,
Ne demande pas la joie.
Contente-toi de l'amour !
Excepté lui, tout s'efface.
La vie est un sombre lieu
Où chaque chose qui passe
Ébauche l'homme pour Dieu.
L'homme est l'arbre à qui la sève
Manque avant qu'il soit en fleur.
Son sort jamais ne s'achève
Que du côté du malheur.
Tous cherchent la joie ensemble ;
L'esprit rit à tout venant ;
Chacun tend sa main qui tremble
Vers quelque objet rayonnant.
Mais vers toute âme, humble ou fière,
Le malheur monte à pas lourds,
Comme un spectre aux pieds de pierre ;
Le reste flotte toujours !
Tout nous manque, hormis la peine !
Le bonheur, pour l'homme en pleurs,
N'est qu'une figure vaine
De choses qui sont ailleurs.
L'espoir c'est l'aube incertaine ;
Sur notre but sérieux
C'est la dorure lointaine
D'un rayon mystérieux.
C'est le reflet, brume ou flamme,
Que dans leur calme éternel
Versent d'en haut sur notre âme
Les félicités du ciel.
Ce sont les visions blanches
Qui, jusqu'à nos yeux maudits,
Viennent à travers les branches
Des arbres du paradis !
C'est l'ombre que sur nos grèves
Jettent ces arbres charmants
Dont l'âme entend dans ses rêves
Les vagues frissonnements !
Ce reflet des biens sans nombre,
Nous l'appelons le bonheur ;
Et nous voulons saisir l'ombre
Quand la chose est au Seigneur !
Va, si haut nul ne s'élève ;
Sur terre il faut demeurer ;
On sourit de ce qu'on rêve,
Mais ce qu'on a, fait pleurer.
Puisqu'un Dieu saigne au Calvaire,
Ne nous plaignons pas, crois-moi.
Souffrons ! c'est la loi sévère.
Aimons ! c'est la douce loi.
Aimons ! soyons deux ! Le sage
N'est pas seul dans son vaisseau.
Les deux yeux font le visage ;
Les deux ailes font l'oiseau.
Soyons deux ! - Tout nous convie
À nous aimer jusqu'au soir.
N'ayons à deux qu'une vie !
N'ayons à deux qu'un espoir !
Dans ce monde de mensonges,
Moi, j'aimerai mes douleurs,
Si mes rêves sont tes songes,
Si mes larmes sont tes pleurs !
Le 20 mai 1838.
788
Take my breath away
Shake the ground beneath my feet
Let the earth swallow me alive
I want to sink inside so deep
I am split between moments
Stuck between the cracks
made inside time
Un corps ici
Une âme là-bas
Une tête ailleurs
Et des pensées nulle part
And just like that
Moments are no more
And memories are forevermore
Inside an oblivious mind
There but not there
I don't know what to do
I don't know what to be
I don't know who to be
¿Que Voy a Hacer?
It's not like I want to run away
But I so don't want be here
Jan 1, 2015
Jan 1, 2015 at 12:31 PM UTC
Vous a-t-on parlé déjà
D’un temple sans nom -
Sans mémoire et sans nom?
Il fût oublié et pourtant
Quelques-un croient encore
Que le temple existe bel et bien;
Qu’il se trouve juste ici,
Entre le jour et la nuit,
Entre le soleil et la pluie,
Entre le silence et le bruit;
Et que lorsqu’on s’y rend,
Lorsque l’on ouvre,
Lorsque l’on entre,
On y entre toujours;
Et que l’on vienne de ****
Que l’on vienne d’ailleurs,
Que l’on prenne son temps,
On y est toujours à l’heure;
Et quand enfin l'on s’y trouve,
Quand enfin l'on y est,
Entre et parmis ses infinis murs,
On n’en sort jamais;
Si l'on ose y discuter,
Que l'on ne prononce qu’un mot,
Celui-ci devient discours,
Interminable fardeau;
Et l'en son sein une seule pensée
Bien que plutôt éphémère,
Se transforme en grand brasier,
En immense calvaire;
Et que si l'on regarde,
L'on peut voir très bien
Que ce que l'on observe
N’est à peu près rien;
Et si l'on prête oreille, que l'on écoute,
Qu’un seul son enfin résonne,
Ce bruit sourd que l'on espionne
N'est nul autre que l'écho du doute;
Et quand finalement l'on oublie,
Qu'à tout jamais l'on s’y perd,
Lorsqu'enfin l'on s'y abandonne,
Se trace béante le contour d'une sortie;
Et que cela exige de souffrir,
De s'y faire saint, s'y faire martyre,
Qu’il nous faille le supplice d'y périr,
Finira-t-on au moins par en finir;
Et lorsqu'un jour l'on en sort,
Lorsque que le voudra enfin notre sort,
Ce n'est qu'alors, seulement qu'alors
Que sauront coexister vie et mort.
Et ce jour-là, cette nuit-là, dira-t-on,
Que l'existence fût un temple -
Un temple sans nom.
Dec 16, 2019
Dec 16, 2019 at 5:45 AM UTC
Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses,
Ô toi, tous mes plaisirs ! ô toi, tous mes devoirs !
Tu te rappelleras la beauté des caresses,
La douceur du foyer et le charme des soirs,
Mère des souvenirs, maîtresse des maîtresses !
Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon,
Et les soirs au balcon, voilés de vapeurs roses.
Que ton sein m'était doux ! que ton coeur m'était bon !
Nous avons dit souvent d'impérissables choses
Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon.
Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées !
Que l'espace est profond ! que le coeur est puissant !
En me penchant vers toi, reine des adorées,
Je croyais respirer le parfum de ton sang.
Que les soleils sont beaux dans les chaudes soirées !
La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison,
Et mes yeux dans le noir devinaient tes prunelles,
Et je buvais ton souffle, ô douceur ! ô poison !
Et tes pieds s'endormaient dans mes mains fraternelles.
La nuit s'épaississait ainsi qu'une cloison.
Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses,
Et revis mon passé blotti dans tes genoux.
Car à quoi bon chercher tes beautés langoureuses
Ailleurs qu'en ton cher corps et qu'en ton coeur si doux ?
Je sais l'art d'évoquer les minutes heureuses !
Ces serments, ces parfums, ces baisers infinis,
Renaîtront-il d'un gouffre interdit à nos sondes,
Comme montent au ciel les soleils rajeunis
Après s'être lavés au fond des mers profondes ?
- Ô serments ! ô parfums ! ô baisers infinis !
693
Abandon de soi
A la lumière
d'un clair de lune
Démission
Rupture
A la faveur d'un clair obscur
Se retirer
A pas feutrés
dans le silence
en partance
vers la voie lactée
Départ
pour un ailleurs
aux confins des mondes
Déployer ses ailes
Prendre son envol
vers d'autres rivages
Abolition du temps
et de ce passage
Ultime voyage
Dans le sillage
des Etoiles
caro royer
Dec 30, 2016
Dec 30, 2016 at 3:23 AM UTC
Mon coeur est en feu
Je suis à vif
L'élan me prends
Me dépose ailleurs
Je ne suis qu'un arbre sans écorce
La sève s'écoule de mes veines
Et je te regarde t'en aller
Apr 29, 2016
Apr 29, 2016 at 6:39 PM UTC
La flèche et le toit se sont effondrés,
Mais au moins aucun corps n'est mort.
Le vitrail a fondu de la chaleur
et des œuvres d'art inestimables d'ailleurs.
Notre-Dame est ouverte vers le ciel;
Son tabernacle profané.
Un trésor de la foi de l'homme est parti.
Peut-il être recréé?
Un curé âgé parcourt ses allées
Dont les murs résonnent les prières des hommes.
Il regarde les chœurs nus en ruine
et combat les sentiments de désespoir.
“Nous reconstruirons” pense le Père
comme les pierres chauffées deviennent froides.
«Nous élevons nos cœurs au Seigneur
Qui a payé la rançon pour nos âmes. "
Apr 16, 2019
Apr 16, 2019 at 8:51 AM UTC
Il me dit qu'il était très riche,
Mais qu'il craignait le choléra ;
- Que de son or il était chiche,
Mais qu'il goûtait fort l'Opéra ;
- Qu'il raffolait de la nature,
Ayant connu monsieur Corot ;
- Qu'il n'avait pas encor voiture,
Mais que cela viendrait bientôt ;
- Qu'il aimait le marbre et la brique,
Les bois noirs et les bois dorés ;
- Qu'il possédait dans sa fabrique
Trois contremaîtres décorés ;
- Qu'il avait, sans compter le reste,
Vingt mille actions sur le Nord ;
Qu'il avait trouvé, pour un zeste,
Des encadrements d'Oppenord ;
- Qu'il donnerait (fût-ce à Luzarches !)
Dans le bric-à-brac jusqu'au cou,
Et qu'au Marché des Patriarches
Il avait fait plus d'un bon coup ;
- Qu'il n'aimait pas beaucoup sa femme,
Ni sa mère ; - mais qu'il croyait
À l'immortalité de l'âme,
Et qu'il avait lu Niboyet !
- Qu'il penchait pour l'amour physique,
Et qu'à Rome, séjour d'ennui,
Une femme, d'ailleurs phtisique,
Etait morte d'amour pour lui.
Pendant trois heures et demie,
Ce bavard, venu de Tournai,
M'a dégoisé toute sa vie ;
J'en ai le cerveau consterné.
S'il fallait décrire ma peine,
Ce serait à n'en plus finir ;
Je me disais, domptant ma haine :
« Au moins, si je pouvais dormir ! »
Comme un qui n'est pas à son aise,
Et qui n'ose pas s'en aller,
Je frottais de mon cul ma chaise,
Rêvant de le faire empaler.
Ce monstre se nomme Bastogne ;
Il fuyait devant le fléau.
Moi, je fuirai jusqu'en Gascogne,
Ou j'irai me jeter à l'eau,
Si dans ce Paris, qu'il redoute,
Quand chacun sera retourné,
Je trouve encore sur ma route
Ce fléau, natif de Tournai.
638
Abandon de soi
A la lumière
d'un clair de lune
Démission
Rupture
à la faveur d'un clair obscur
S e retirer
à pas feutrés
en silence
vers la voie lactée
Départ
pour un ailleurs
aux confins des mondes
Déployer ses ailes
Prendre son envol
vers d'autres rives-âge
Abolition du temps
et de son passage
Dans le sillage
des Etoiles
Ultime voyage
Jan 11, 2017
Jan 11, 2017 at 1:06 PM UTC
Quelle était belle, l'époque ou nous pouvions rêver.
Quelle était belle, l'époque ou nous nous entendions à merveille.
Ou est elle, d'ailleurs ? Depuis si longtemps que je l'ai perdue, et que je la cherche.
Pensant trouver mon bonheur dans le tiens, je t'ai demandé de partir.
Es tu plus heureuse ?
Moi non plus.
Pensant te retrouver un jour, mes espoirs de te revoir sont perdus.
Jamais, jamais, jamais, jamais, je ne recommencerais.
Et toi ?
Tant de lassitude entre nous. Cela ne pouvait plus durer. Rien ne pouvait me forcer à rester. Enfin si. Tout le pouvait. Mais la totalité, c'est le néant et je ne puis m'imaginer vivre sans cette faim inhumaine d'îvresse.
Si ce n'est pas de ta faute, est-ce celle du temps ?
Mais aussi, ne puis-je pas oublier une telle débauche. Une telle perte de temps.
Tant de larmes pour si peu de satisfaction.
Je n'en retiens qu'une chose, cetait une erreur. Mais comment la réparer ?
Je n'oserai plus croiser dans ton regard cet amour que tu me donnais.
Je ne pourrai plus imaginer subir telle honte.
Jalousie disais tu. Ce n'est pour moi pas une excuse. Rien ne t'excusera jamais plus.
Aurais-je au moins essayé de te sortir de ce trou si profond que même un géant parmi les géants ne saurait en sortir. Cette vie parsemée d'embûches ne me conviens plus, mais que puis je y faire.
Jun 17, 2017
Jun 17, 2017 at 2:40 PM UTC
Je suis née éblouie par la ville des lumières
and grew up in a city that once couldn't sleep,
dazed by the lights, my whole life I fled from
a heritage I wasn't told I could keep.
Je suis née des trottoirs, des rues noueuses et sales
and grew up on a block which remained much cleaner
than my conscience because I remember seeing
through blue eyes a black man being clobbered for a
misdemeanor.
Je suis née dans un pays où les fleures se fanent
and grew up in a place where the flowers were fake,
a house where anything that wasn't of plastic
was soon tossed in the sky, left to plummet and break.
Je suis née à Paris
J'ai grandis à New York
Je mourrai, ailleurs
Sep 5, 2015
Sep 5, 2015 at 4:31 PM UTC
J'adorais ce mot : l'imprévu.
Ma vie parisienne se rythmait à ce terme,
Une chose encore que je n'avais jamais vécu.
On ne sait pas ce que la vie renferme.
Je me levais le matin, en me demandant
comme finirais-je ma journée ?
La réponse fut logique évidemment :
On ne le sait jamais.
Le boulevard de Saint-Germains-Des-Prés
je traversais, comme tout les jours d'ailleurs.
Observer les gens, c'est ce que j'aimais
et soudain ils m'ont fendu le cœur.
La ********** de la population bourgeoise
était contre celle des délaissées
Leurs vies était tout à fait sournoise
contre celle des désemparées.
Ainsi, sur le chemin menant à l'école,
je me suis questionnée.
Pourquoi cette triste métropole
m'a t-elle ouvert les yeux sur la réalité ?
Jun 11, 2017
Jun 11, 2017 at 2:56 PM UTC
.
you are a student of law
your family's well off
.
.
you've read some books
and maybe saw a few docs
you follow Paul Mason on twitter
young and anxious so
.
.
they caught you one time
a cop did a cavity search
illegally, while his friends watched
you've inhaled your share of their teargas
and saw your friends' limbs get smashed
.
.
your voice is most loud
in an aggrieved crowd
.
.
when the rage explodes
will you be there, next time?
you still believe, but for how long?
i think i was never a believer...
.
.
no, i don't doubt you
not a bit. well...
but you can always go back
to the career you came from
some of us cannot
.
.
"la beauté est dans la rue"
not always. but yeah, i know.
here's another one, from me:
"la vie est ailleurs"
.
.
this fervor will end, i know it
then, i will still walk here
then, you will walk elsewhere
this evening, though
we 'll march with you
.
Jun 17, 2015
Jun 17, 2015 at 12:09 PM UTC
Aux petits incidents il faut s'habituer.
Hier on est venu chez moi pour me tuer.
Mon tort dans ce pays c'est de croire aux asiles.
On ne sait quel ramas de pauvres imbéciles
S'est rué tout à coup la nuit sur ma maison.
Les arbres de la place en eurent le frisson,
Mais pas un habitant ne bougea. L'escalade
Fut longue, ardente, horrible, et Jeanne était malade.
Je conviens que j'avais pour elle un peu d'effroi.
Mes deux petits-enfants, quatre femmes et moi,
C'était la garnison de cette forteresse.
Rien ne vint secourir la maison en détresse.
La police fut sourde ayant affaire ailleurs.
Un dur caillou tranchant effleura Jeanne en pleurs.
Attaque de chauffeurs en pleine Forêt-Noire.
Ils criaient : Une échelle ! une poutre ! victoire !
Fracas où se perdaient nos appels sans écho.
Deux hommes apportaient du quartier Pachéco
Une poutre enlevée à quelque échafaudage.
Le jour naissant gênait la bande. L'abordage
Cessait, puis reprenait. Ils hurlaient haletants.
La poutre par bonheur n'arriva pas à temps.
" Assassin ! - C'était moi. - Nous voulons que tu meures !
Brigand ! Bandit ! " Ceci dura deux bonnes heures.
George avait calmé Jeanne en lui prenant la main.
Noir tumulte. Les voix n'avaient plus rien d'humain ;
Pensif, je rassurais les femmes en prières,
Et ma fenêtre était trouée à coups de pierres.
Il manquait là des cris de vive l'empereur !
La porte résista battue avec fureur.
Cinquante hommes armés montrèrent ce courage.
Et mon nom revenait dans des clameurs de rage :
A la lanterne ! à mort ! qu'il meure ! il nous le faut !
Par moments, méditant quelque nouvel assaut,
Tout ce tas furieux semblait reprendre haleine ;
Court répit ; un silence obscur et plein de haine
Se faisait au milieu de ce sombre viol ;
Et j'entendais au **** chanter un rossignol.
601
Promène-moi au long du fleuve
Inonde-moi à la rive
La reliure du livre,
Mainte fois épanoui comme
L'envergure d'une danseuse,
Déchirée par la pluie
Interpelle mon nom
Sur tes lèvres noyés,
et que je ne manque le chaos qui
m'attendait d'ailleurs, hier soir
Hommage d'un papillon,
Choyé par la lueur clignotante,
Un mensonge, une trahison atroce
Que quiconque n'essaie de dévorer ma démise
Je ne suis que vent, tempête, ouragan
Une bête ensorcelée,
Éternelle à la douleur
Puisse que tenace de jeunesse,
Et crise de nulle part,
Nous entrelace les mains dans la terre
Faites que je me retrouve six pieds sous la mer
Perdre sa langue,
Que sois chose plus pire
Que perdre sa voix,
Et ne plus pouvoir dormir
Toute qu'une brume
Triomphant l'aube, et
La chair de mon sang
Aussi fatal que le sifflement,
Le sifflement du vent
Dec 12, 2020
Dec 12, 2020 at 3:33 PM UTC