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À une fille

Ma petite Nymphe Macée,

Plus blanche qu'ivoire taillé,

Plus blanche que neige amassée.

Plus blanche que le lait caillé,

Ton beau teint ressemble les lis

Avecque les roses cueillis.

 

Découvre-moi ton beau chef-d'œuvre,

Tes cheveux où le Ciel, donneur

Des grâces, richement découvre

Tous ses biens pour leur faire honneur ;

Découvre ton beau front aussi,

Heureux objet de mon souci.

 

Comme une Diane tu marches,

Ton front est beau, tes yeux sont beaux,

Qui flambent sous deux noires arches,

Comme deux célestes flambeaux,

D'où le brandon fut allumé,

Qui tout le cœur m'a consumé.

 

Ce fut ton œil, douce mignonne,

Que d'un fol regard écarté

Les miens encore emprisonne,

Peu soucieux de liberté,

Tous deux au retour du Printemps,

Et sur l'Avril de nos beaux ans.

 

Te voyant jeune, simple et belle,

Tu me suces l'âme et le sang ;

Montre-moi ta rose nouvelle,

Je dis ton sein d'ivoire blanc,

Et tes deux rondelets tétons,

Que s'enflent comme deux boutons.

 

Las ! puisque ta beauté première

Ne me daigne faire merci,

Et me privant de ta lumière,

Prend son plaisir de mon souci,

Au moins regarde sur mon front

Les maux que tes beaux yeux me font.

p
Written by
Pierre de Ronsard
French
Lines·Words
36·198
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