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Au Roi (I)

(Sur la prise de Maastricht.)

Sonnet.

Grand roi, Maastricht est pris, et pris en treize jours :

Ce miracle était sûr à ta haute conduite,

Et n'a rien d'étonnant que cette heureuse suite

Qui de tes grands destins enfle le juste cours.

 

La Hollande, qui voit du reste de ses tours

Ses amis consternés, et sa fortune en fuite,

N'aspire qu'à baiser la main qui l'a détruite,

Et fait de tes bontés son unique recours.

 

Une clef qu'on te rend t'ouvre quatre provinces ;

Tu ne prends qu'une place et fais trembler cent princes ;

De l'Escaut jusqu'à l'Ebre en rejaillit l'effroi.

 

Tout s'alarme ; et l'Empire à tel point se ménage,

Qu'à son aigle lui-même il ferme le passage

Dès que son vol jaloux ose tourner vers toi.

p
Written by
Pierre Corneille
French
Lines·Words
16·129
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