Hello PoetryVoting

Vote

Voting-Boards

Home

HomeFollowingInboxNotifications

Read

ReadLiftedFeedsHeartedHistoryMy poemsNew poem

Explore

ExploreOrbitsWordsTagsClassics
Log in
0
Stars
0
Embers
0
Alerts
0
Inbox

Vote

Voting-Boards

Home

HomeFollowingInboxNotifications

Read

ReadLiftedFeedsHeartedHistoryMy poemsNew poem

Explore

ExploreOrbitsWordsTagsClassics
Log in
0
Stars
0
Embers
0
Alerts
0
Inbox

Le chat et la lunette

Un chat sauvage et grand chasseur

S'établit, pour faire bombance,

Dans le parc d'un jeune seigneur

Où lapins et perdrix étaient en abondance.

Là, ce nouveau Nembrod, la nuit comme le jour,

A la course, à l'affût également habile,

Poursuivait, attendait, immolait tour-à-tour

Et quadrupède et volatile.

Les gardes épiaient l'insolent braconnier ;

Mais, dans le fort du bois caché près d'un terrier,

Le drôle trompait leur adresse.

Cependant il craignait d'être pris à la fin,

Et se plaignait que la vieillesse

Lui rendît l'oeil moins sûr, moins fin.

Ce penser lui causait souvent de la tristesse ;

Lorsqu'un jour il rencontre un petit tuyau noir

Garni par ses deux bouts de deux glaces bien nettes :

C'était une de ces lunettes

Faites pour l'opéra, que par hasard, un soir,

Le maître avait perdue en ce lieu solitaire.

Le chat d'abord la considère,

La touche de sa griffe, et de l'extrémité

La fait à petits coups rouler sur le côté,

Court après, s'en saisit, l'agite, la remue,

Etonné que rien n'en sortît.

Il s'avise à la fin d'appliquer à sa vue

Le verre d'un des bouts, c'était le plus petit.

Alors il aperçoit sous la verte coudrette

Un lapin que ses yeux tout seuls ne voyaient pas.

Ah ! Quel trésor ! Dit-il en serrant sa lunette,

Et courant au lapin qu'il croit à quatre pas.

Mais il entend du bruit ; il reprend sa machine,

S'en sert par l'autre bout, et voit dans le lointain

Le garde qui vers lui chemine.

Pressé par la peur, par la faim,

Il reste un moment incertain,

Hésite, réfléchit, puis de nouveau regarde :

Mais toujours le gros bout lui montre **** le garde,

Et le petit tout près lui fait voir le lapin.

Croyant avoir le temps, il va manger la bête ;

Le garde est à vingt pas qui vous l'ajuste au front,

Lui met deux balles dans la tête,

Et de sa peau fait un manchon.

 

Chacun de nous a sa lunette,

Qu'il retourne suivant l'objet ;

On voit là-bas ce qui déplaît,

On voit ici ce qu'on souhaite.

j
Written by
Jean-Pierre Claris de Florian
French
Lines·Words
47·349
AboutBlogFAQPrivacyTermsContact
© 2009-2026 Hello Poetry/v27.0 by @eliotyork
Explore
Hello PoetryVoting
Write