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160711- Journal

Avec mes premiers droits d’auteur je m’achèterai une vieille maison à retaper

Longeant une petite route déserte au milieu d’un champ immense

Je ne sais pas qui retapera ma maison

Je ne mentirai plus oh non jamais plus

Mais j’aimerais que l’ivresse me vienne plus vite

Comme ce mur blanc salement tacheté de jaune

Je voudrais tout couvrir, effacer toutes les traces

Ne plus penser à toi

Mais te dire à quel point tu m’as troué le cœur

Te tordre le cou devant un parterre de gens débiles

Oui

Je ne veux pas penser à la mort de mes parents

Encore moins à leur folie

Même si je sais, je sens qu’elle approche

Je me vois bien crever toute seule comme une vieille conne frigide entourée d’une centaine de cadavres de lapins dans cette vieille maison que j’aurais achetée avec mes droits d’auteur

Les gens je les déteste, ils ne se rendent pas compte du mal qu’ils peuvent faire

Ne se rendent jamais compte de rien

Non

De rien du tout

Pourtant

Je sais que ces trous du cul ont mal eux aussi

Je sens d’ici leur souffrance

Sous leurs mensonges et leurs faux-semblant je sens leur douleur d’inexistence

Mais moi vous savez

Je ne sais pas pour vous

Mais moi

Je veux juste écrire

JUSTE ECRIRE

Que mes parents demeurent immortels

Et aussi un peu d’amour charnel

Juste

Une fois

De temps à autre.

 

…/…

 

Avec mes premiers droits d’auteur je me suis achetée une vieille maison à retaper

Longeant une petite route déserte au milieu d’un champ immense

Mais comme mes parents sont morts et que je suis une vieille conne frigide qui n’aimera jamais un homme autre que son père

Personne n’a retapé ma maison

Vieille maison qui tombe à présent en ruine

Dans laquelle je m’effondre

Jour après jour

Minute

Après

Minute

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Written by
solenn-fresnay
French
Published
Mar 23, 2012
Lines·Words
44·306
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