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Le Séquoia du parc du casino de Luchon

Il se dressait dans la verdure,

Telle une hampe pour les cieux.

C'était un séquoia géant

Venu des prairies d’Amérique

Et des forêts Algonquines.

Il avait voyagé en cale,

Soigné comme un voyageur,

Argenté, durant toute la traversée.

Il fut planté mais aussi fêté

En l’an mille huit cent quatre-vingt

Dans le parc du futur Casino,

Puis soigné par des jardiniers

Amoureux de leur métier.

En ces années s’affermissait enfin

La République, certes bien trop conservatrice,

Elle l’est d’ailleurs bien restée.

C’était quand même la République

Même à Luchon qui étincelait encore

Des feux et des ors de la fête impériale

Qui lui avait amenés

Tant de touristes au gousset rembourré

Et quand s’affermissait cette République

En cette «belle époque» des fortunés

Et d'exploitation éhontée

De tant d’autres laissés bien seuls

Par la naissance et sans instruction.

Mes aïeux Pyrénéens

Le virent planter et même pousser

Car en ces temps, encore,

Les sages et les doux prenaient plaisir

À observer et contempler

Les belles Dames en leur vêture

Et les arbres pousser peu à peu,

Jusqu’un jour à feindre de dépasser

La cime des ardoises Pyrénéennes.

Ce fut un Séquoia somptueux

Dès qu’il atteint ses vingt ans

En cette année dix-neuf cent

Alors que la compagnie du Midi

Faisait construire, non **** de lui

Le bel hôtel palace qui fut fini

En 1916, j’en ais la gorge serrée

Car la bas, tant de maçons

Ne le virent jamais construit

Et n’eurent pas le bonheur

D’admirer le grand Séquoia pousser

Car leur jeunesse fut  ravie

Là-bas en Argonne ou à Verdun

Où tant de jeunes hommes mourraient

Dans les tranchées de leur  dernier souffle.

Paul Arrighi

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Written by
paul-daubin
63 / M
Published
Jun 2, 2016
Lines·Words
51·275
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