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Éloge de Monsieur de Montaigne

Éloge de Monsieur de Montaigne

 

(Dédié à Jean-Pierre)

 

Toi seigneur de Montaigne, au si beau nom d'Eyquem

que nul amateur de Bordeaux ne saurait négliger.

Tu fus l'ami de La Boétie et un sage joyeux,

Tu vécus en ton château, dont l'une des tours rondes,

contenait une bibliothèque fournie.

Toi, qui faisait cultiver ce vin de Bordeaux,

qui sied au palais et plait tant aux anglais.

Cher Montaigne ayant étudié à Bordeaux,

au collège de Guyenne,

Tu vécus en un temps empoisonné

par les guerres de religion et ses sombres fureurs.

Temps affreux ou l'homme égorgeait l'homme,

qui ne partageait pas sa même lecture de la  Bible.

Et dire que nous avions cru, ces temps-là, révolus !

C'est peut-être ce qui te poussa à choisir l'école stoïcienne,

Bien que par ton tempérament et ta vie.

Tu fus beaucoup plus proche des bonheurs de Lucrèce.

Tu fus, un long temps, magistrat au Parlement de Bordeaux,

bien que les chicaneries du Droit t'eussent vite lassées,

et plus encore, la cruauté de ses modes de preuve.

et cet acharnement infini des plaideurs,

à n'en jamais finir, à faire rebondir les procès

que tant d’énergie vaine te semblait pure perte.

Mais tu voulais être utile et l'égoïsme étroit de l' «otium»,

choquait ta conscience.

Tu eus un ami cher, Prince de Liberté et de distinction,

Etienne de la Boétie, qui réfléchit avec profondeur,

sur les racines de la tyrannie en nos propres faiblesses.

Et de cette amitié, en recherchant les causes,

Tu conclus et répondit ainsi :

«Parce que c’était lui, parce que c’était moi»

Révélant ainsi que la quintessence du bonheur de  vivre

luit au cœur  de cette amitié dont nous sommes,

à la fois, le réceptacle et l’offrande.

Cher Michel de Montaigne, je voulais,

te saluer ici et te faire savoir en quelle estime

Je te tiens avec  tes «Essais» d’une bienveillante sagesse

Qui font songer aux meilleurs vins mûris en barriques de chêne

Et à ces cognacs qui éveillent l’Esprit et les sens,

Même lorsque l’hiver nous pèse et nous engourdit

Je voulais aussi te dire que de ton surnom

J’ai nommé Jean-Pierre qui te ressemble si fort

Et apporte une douce ironie à mes passions tumultueuses.

Paul Arrighi

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Written by
paul-daubin
63 / M
Published
Apr 21, 2016
Lines·Words
46·368
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