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"vont" poems
Sous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il qu'il m'en souvienne La joie venait toujours après la peine Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Les mains dans les mains restons face à face Tandis que sous Le pont de nos bras passe Des éternels regards l'onde si lasse Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure L'amour s'en va comme cette eau courante L'amour s'en va Comme la vie est lente Et comme l'Espérance est violente Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Passent les jours et passent les semaines Ni temps passé Ni les amours reviennent Sous le pont Mirabeau coule la Seine Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure In English : Below the Mirabeau bridge there flows the Seine As for our love Must I recall how then After each sorrow joy would come again Let night come toll hours away Days go by me here I stay Let us stay hand in hand and face to face While down below The bridge of our embrace Roll the waves weary of our endless gaze Let night come toll hours away Days go by me here I stay Love goes away the way the waters flow Love goes away How life is long and slow How hope of life can deal so strong a blow Let night come toll hours away Days go by me here I stay The days the weeks are passing from our ken Neither time passed Nor love can come again Below the Mirabeau bridge there flows the Seine Let night come toll hours away Days go by me here I stay
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Nov 6, 2015
Nov 6, 2015 at 11:38 AM UTC
Le Pont Mirabeau by Guillaume Apollinaire
Ils ont vu les Pays-Bas, ils rentrent à Terre Haute; Mais une nuit d’été, les voici à Ravenne, A l’aise entre deux draps, chez deux centaines de punaises; La sueur aestivale, et une forte odeur de chienne. Ils restent sur le dos écartant les genoux De quatre jambes molles tout gonflées de morsures. On relève le drap pour mieux égratigner. Moins d’une lieue d’ici est Saint Apollinaire En Classe, basilique connue des amateurs De chapitaux d’acanthe que tournoie le vent. Ils vont prendre le train de huit heures Prolonger leurs misères de Padoue à Milan Où se trouvent la Cène, et un restaurant pas cher. Lui pense aux pourboires, et rédige son bilan. Ils auront vu la Suisse et traversé la France. Et Saint Apollinaire, raide et ascétique, Vieille usine désaffectée de Dieu, tient encore Dans ses pierres écroulantes la forme précise de Byzance.
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Lune De Miel
Il était très **** dehors était noir Comme un maudit soir Qui allait porter: angoisse et tristesse Pour une mère soudainement tombée en détresse Les escadrons de l’obscurité viennent d’exécuter Son enfant de vingt et une années Il avait prétendument un couteau en main Et l’innocence d’un jeune matin Fatal dans sa pensée. La technologie Peut, par hasard, améliorer ou détruire la vie Plusieurs cartouches tirées, le jeune homme est tombé Criblé de balles réservées pour des condamnés Les assassins nocturnes ont abattu une autre victime Ce qui est pire, c’est qu’ils ne vont pas payer pour cet horrible crime C’est abominable, le noir est souvent injustement ciblé Le racisme est un cancer qu’on doit éradiquer La mère est inconsolable Ses douleurs implacables Ses larmes intarissables Et ses peines incommensurables C’est triste et amer, la mère va enterrer son enfant C’est drôle, affreux, criminel et méchant Les malhonnêtes « foliciers » sans remords Viennent de causer un autre mort Ils ne connaissent pas les souffrances Endurées par une mère pour donner naissance A un bébé en bonne et parfaite santé Quelle tristesse! Quelle calamité! C’est une autre tranchée forcée C’est vraiment déchiré un cœur jadis farci de fierté Voir une mère pleurer dans une telle condition Est écœurante pour toute la famille Et les amis Qui brûlent dans un enfer imbibé de pénibles émotions L’ignorance et l’immaturité sont deux plaies Qui jamais ne sèment ni l’amour, ni la paix Les pleurs de la mère sont intarissables Ses douleurs inimaginables Ses peines incontrôlables Et la mère inconsolable. Copyright© March 2011, Hebert Logerie, Tous Droits Réservés Hebert Logerie est l’auteur de plusieurs recueils de poèmes.
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Sep 4, 2025
Sep 4, 2025 at 11:02 PM UTC
Les Pleurs Ou Les Larmes D’Une Mère
Il était très **** dehors était noir Comme un maudit soir Qui allait porter: angoisse et tristesse Pour une mère soudainement tombée en détresse Les escadrons de l’obscurité viennent d’exécuter Son enfant de vingt et une années Il avait prétendument un couteau en main Et l’innocence d’un jeune matin Fatal dans sa pensée. La technologie Peut, par hasard, améliorer ou détruire la vie Plusieurs cartouches tirées, le jeune homme est tombé Criblé de balles réservées pour des condamnés Les assassins nocturnes ont abattu une autre victime Ce qui est pire, c’est qu’ils ne vont pas payer pour cet horrible crime C’est abominable, le noir est souvent injustement ciblé Le racisme est un cancer qu’on doit éradiquer La mère est inconsolable Ses douleurs implacables Ses larmes intarissables Et ses peines incommensurables C’est triste et amer, la mère va enterrer son enfant C’est drôle, affreux, criminel et méchant Les malhonnêtes « foliciers » sans remords Viennent de causer un autre mort Ils ne connaissent pas les souffrances Endurées par une mère pour donner naissance A un bébé en bonne et parfaite santé Quelle tristesse! Quelle calamité! C’est une autre tranchée forcée C’est vraiment déchiré un cœur jadis farci de fierté Voir une mère pleurer dans une telle condition Est écœurante pour toute la famille Et les amis Qui brûlent dans un enfer imbibé de pénibles émotions L’ignorance et l’immaturité sont deux plaies Qui jamais ne sèment ni l’amour, ni la paix Les pleurs de la mère sont intarissables Ses douleurs inimaginables Ses peines incontrôlables Et la mère inconsolable. Copyright© March 2011, Hebert Logerie, Tous Droits Réservés Hebert Logerie est l’auteur de plusieurs recueils de poèmes.
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Les être, le cosmos, la terre et le vin (Dédié à l’incomparable génie Charles Baudelaire) Les ceps murissent longuement sous l’énigmatique lueur des cieux, irisés par les ondes astrales du Cosmos et ses grands vents de feu. Des gelées de janvier aux averses d’avril, le vigneron soigne ses vignes. qui souffrent des fournaises de l’été jusqu’à la bouilloire dorée de l’automne. Le vin est d’abord fruit des astres et des cieux, mais aussi de la patience et de l’art du vigneron. Il y a une magie du vin qui vient sceller les noces mystiques de l’azur, de la terre, du cosmos et des graves. Il existe dans le vin comme une consécration des noces d’or de la terre, des pierres et de l’azur, Qui lui donne son caractère âpre ou velouté, son goût inimitable, sa vraie signature, son héraldique. Un palais exercé saura toujours en déceler l’empreinte pour y trouver sa genèse et gouter ses merveilles. Mais c’est le vigneron qui consacre ces noces avec son savoir, son doigté, sa manière d’opérer le grand œuvre des vendanges. Le choix de la date des vendanges dépend de l’intuition humaine et correspond au sacre de l’automne. Au moment où les grappes pèsent et ou les raisins sont gonflés comme de lourds pendentifs, alors que les raisins mûrs sont prêts à sortir de leur enveloppe dorée pour se transformer en élixir. Le vigneron prend la décision sacrale de celle dont dépend la qualité du vin à naître. Et les vendanges vont se mener dans une atmosphère d’excitation et de sentiment de franchissement du danger. Désormais le vin sorti du pressoir va murir dans des barriques de chêne Le bois peut apporter sa chauffe méthodique afin que se mêlent au jus des arômes de bois et de forêts, C’est sûr, cette année, les forces de la nature et de l’Homme nous préparent un grand vin. Aussi quel honneur et quel rite magique que d’en boire les premières gorgées dans des coupes d’argent ou des verres de cristal, avant même que le vin ne soit fait et tiré pour en détecter les grands traits et les failles. Enfin, vient le moment de boire, comme une élévation des cœurs et des esprits. L’on ne boit bien qu’en groupe, qu’avec de vrais amis, sa chérie ou des belles. Boire c’est d’abord humer et découvrir par le nez les secrets d’un terroir et des pampres, puis humecter ses lèvres afin de s’imprégner des sucs et des saveurs, et puis boire surtout, c’est œuvre de finesse, d’expression de l’Esprit et de bonne humeur; qu’il y ait de l’ivresse, fort bien, mais jamais d’ivrognerie Paul Arrighi ; Toulouse(France), le 3 novembre 2013
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Nov 4, 2013
Nov 4, 2013 at 10:36 AM UTC
Les être, le cosmos, la terre et le vin (Dédié à l’incomparable génie Charles Baudelaire)
Les être, le cosmos, la terre et le vin (Dédié à l’incomparable génie Charles Baudelaire) Les ceps murissent longuement sous l’énigmatique lueur des cieux, irisés par les ondes astrales du Cosmos et ses grands vents de feu. Des gelées de janvier aux averses d’avril, le vigneron soigne ses vignes. qui souffrent des fournaises de l’été jusqu’à la bouilloire dorée de l’automne. Le vin est d’abord fruit des astres et des cieux, mais aussi de la patience et de l’art du vigneron. Il y a une magie du vin qui vient sceller les noces mystiques de l’azur, de la terre, du cosmos et des graves. Il existe dans le vin comme une consécration des noces d’or de la terre, des pierres et de l’azur, Qui lui donne son caractère âpre ou velouté, son goût inimitable, sa vraie signature, son héraldique. Un palais exercé saura toujours en déceler l’empreinte pour y trouver sa genèse et gouter ses merveilles. Mais c’est le vigneron qui consacre ces noces avec son savoir, son doigté, sa manière d’opérer le grand œuvre des vendanges. Le choix de la date des vendanges dépend de l’intuition humaine et correspond au sacre de l’automne. Au moment où les grappes pèsent et ou les raisins sont gonflés comme de lourds pendentifs, alors que les raisins mûrs sont prêts à sortir de leur enveloppe dorée pour se transformer en élixir. Le vigneron prend la décision sacrale de celle dont dépend la qualité du vin à naître. Et les vendanges vont se mener dans une atmosphère d’excitation et de sentiment de franchissement du danger. Désormais le vin sorti du pressoir va murir dans des barriques de chêne Le bois peut apporter sa chauffe méthodique afin que se mêlent au jus des arômes de bois et de forêts, C’est sûr, cette année, les forces de la nature et de l’Homme nous préparent un grand vin. Aussi quel honneur et quel rite magique que d’en boire les premières gorgées dans des coupes d’argent ou des verres de cristal, avant même que le vin ne soit fait et tiré pour en détecter les grands traits et les failles. Enfin, vient le moment de boire, comme une élévation des cœurs et des esprits. L’on ne boit bien qu’en groupe, qu’avec de vrais amis, sa chérie ou des belles. Boire c’est d’abord humer et découvrir par le nez les secrets d’un terroir et des pampres, puis humecter ses lèvres afin de s’imprégner des sucs et des saveurs, et puis boire surtout, c’est œuvre de finesse, d’expression de l’Esprit et de bonne humeur; qu’il y ait de l’ivresse, fort bien, mais jamais d’ivrognerie Paul Arrighi ; Toulouse(France), le 3 novembre 2013
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II. Oh ! vers ces vétérans quand notre esprit s'élève, Nous voyons leur front luire et resplendir leur glaive, Fertile en grands travaux. C'étaient là les anciens. Mais ce temps les efface ! France, dans ton histoire ils tiennent trop de place. France, gloire aux nouveaux ! Oui, gloire à ceux d'hier ! ils se mettent cent mille, Sabres nus, vingt contre un, sans crainte, et par la ville S'en vont, tambours battants. À mitraille ! leur feu brille, l'obusier tonne, Victoire ! ils ont tué, carrefour Tiquetonne, Un enfant de sept ans ! Ceux-ci sont des héros qui n'ont pas peur des femmes Ils tirent sans pâlir, gloire à ces grandes âmes ! Sur les passants tremblants. On voit, quand dans Paris leur troupe se promène, Aux fers de leurs chevaux de la cervelle humaine Avec des cheveux blancs ! Ils montent à l'assaut des lois ; sur la patrie Ils s'élancent ; chevaux, fantassins, batterie, Bataillon, escadron, Gorgés, payés, repus, joyeux, fous de colère, Sonnant la charge, avec Maupas pour vexillaire Et Veuillot pour clairon. Tout, le fer et le plomb, manque à nos bras farouches, Le peuple est sans fusils, le peuple est sans cartouches, Braves ! c'est le moment ! Avec quelques tribuns la loi demeure seule. Derrière vos canons chargés jusqu'à la gueule Risquez-vous hardiment ! Ô soldats de décembre ! ô soldats d'embuscades Contre votre pays ! honte à vos cavalcades Dans Paris consterné ! Vos pères, je l'ai dit, brillaient comme le phare ; Ils bravaient, en chantant une haute fanfare, La mort, spectre étonné ; Vos pères combattaient les plus fières armées, Le prussien blond, le russe aux foudres enflammées, Le catalan bruni, Vous, vous tuez des gens de bourse et de négoce. Vos pères, ces géants, avaient pris Saragosse, Vous prenez Tortoni ! Histoire, qu'en dis-tu ? les vieux dans les batailles Couraient sur les canons vomissant les mitrailles ; Ceux-ci vont, sans trembler, Foulant aux pieds vieillards sanglants, femmes mourantes Droit au crime. Ce sont deux façons différentes De ne pas reculer. Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
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À l'obéissance passive (II)
II. Oh ! vers ces vétérans quand notre esprit s'élève, Nous voyons leur front luire et resplendir leur glaive, Fertile en grands travaux. C'étaient là les anciens. Mais ce temps les efface ! France, dans ton histoire ils tiennent trop de place. France, gloire aux nouveaux ! Oui, gloire à ceux d'hier ! ils se mettent cent mille, Sabres nus, vingt contre un, sans crainte, et par la ville S'en vont, tambours battants. À mitraille ! leur feu brille, l'obusier tonne, Victoire ! ils ont tué, carrefour Tiquetonne, Un enfant de sept ans ! Ceux-ci sont des héros qui n'ont pas peur des femmes Ils tirent sans pâlir, gloire à ces grandes âmes ! Sur les passants tremblants. On voit, quand dans Paris leur troupe se promène, Aux fers de leurs chevaux de la cervelle humaine Avec des cheveux blancs ! Ils montent à l'assaut des lois ; sur la patrie Ils s'élancent ; chevaux, fantassins, batterie, Bataillon, escadron, Gorgés, payés, repus, joyeux, fous de colère, Sonnant la charge, avec Maupas pour vexillaire Et Veuillot pour clairon. Tout, le fer et le plomb, manque à nos bras farouches, Le peuple est sans fusils, le peuple est sans cartouches, Braves ! c'est le moment ! Avec quelques tribuns la loi demeure seule. Derrière vos canons chargés jusqu'à la gueule Risquez-vous hardiment ! Ô soldats de décembre ! ô soldats d'embuscades Contre votre pays ! honte à vos cavalcades Dans Paris consterné ! Vos pères, je l'ai dit, brillaient comme le phare ; Ils bravaient, en chantant une haute fanfare, La mort, spectre étonné ; Vos pères combattaient les plus fières armées, Le prussien blond, le russe aux foudres enflammées, Le catalan bruni, Vous, vous tuez des gens de bourse et de négoce. Vos pères, ces géants, avaient pris Saragosse, Vous prenez Tortoni ! Histoire, qu'en dis-tu ? les vieux dans les batailles Couraient sur les canons vomissant les mitrailles ; Ceux-ci vont, sans trembler, Foulant aux pieds vieillards sanglants, femmes mourantes Droit au crime. Ce sont deux façons différentes De ne pas reculer. Jersey, du 7 au 13 janvier 1853.
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Les portes des églises et celles des écoles sont fermées. Aucune personne décente n'est en effet dans les rues, Où l'on voit que des crimes abjects et des horribles abus. Plusieurs pare-brises sont brisés par des pierres mal lancées. La violence pleut dans les rues et dans les corridors; On ne voit ni les chiens, ni les chats en dehors. Des maigres oiseaux, sur les branches, avec dédain et stupeur, Regardent plusieurs voyous et charlatans au visage masqué. C'est triste de constater ces crimes odieux. Quelle horreur! Il y a une guerre hostile? On se demande quel parti va gagner? On peut entendre la voix venue d'un vieillard de quelques parts Qui crie faiblement: « Nous sommes tous des pauvres victimes, Des clochards, qui se suicident pour des politiciens, pour des avares. » Pas trop **** on peut voir une femme folle avec un ami intime, Tous deux en haillons. C'est une image de cauchemar qui prouve Que le pays est devenu un enfer sur la terre. A la radio, on dit Que quelques bateaux de la Marine Américaine se trouvent Dans la rade. Qu'est qu'ils font sur notre territoire? On fuit Ou on ne fuit pas? On n'en peut pas. Tout le monde est en prison. La violence neige de sang dans les rues d'un pays tropical, où la peur Règne. Les enfants n'osent pas aller jouer dans les rues, où la terreur Siffle comme des serpents, comme les mitraillettes des démons. Aucune guerre n'est civile et celle d'un même peuple est aussi violente Et diabolique. Mon Dieu, les choses vont très mal dans les rues avoisinantes. La violence pleut et tout le monde pleure. Les sinistrés sont partout aux abois. On attend l'arrivée des bons anges qui viendront peut-être dans quelques mois. Copyright © Juin 2019, Hébert Logerie, Tous droits réservés. Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs recueils de poésie. Tuesday, June 18, 2019
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Sep 11, 2025
Sep 11, 2025 at 1:12 AM UTC
La Violence Pleut Dans Les Rues
Les portes des églises et celles des écoles sont fermées. Aucune personne décente n'est en effet dans les rues, Où l'on voit que des crimes abjects et des horribles abus. Plusieurs pare-brises sont brisés par des pierres mal lancées. La violence pleut dans les rues et dans les corridors; On ne voit ni les chiens, ni les chats en dehors. Des maigres oiseaux, sur les branches, avec dédain et stupeur, Regardent plusieurs voyous et charlatans au visage masqué. C'est triste de constater ces crimes odieux. Quelle horreur! Il y a une guerre hostile? On se demande quel parti va gagner? On peut entendre la voix venue d'un vieillard de quelques parts Qui crie faiblement: « Nous sommes tous des pauvres victimes, Des clochards, qui se suicident pour des politiciens, pour des avares. » Pas trop **** on peut voir une femme folle avec un ami intime, Tous deux en haillons. C'est une image de cauchemar qui prouve Que le pays est devenu un enfer sur la terre. A la radio, on dit Que quelques bateaux de la Marine Américaine se trouvent Dans la rade. Qu'est qu'ils font sur notre territoire? On fuit Ou on ne fuit pas? On n'en peut pas. Tout le monde est en prison. La violence neige de sang dans les rues d'un pays tropical, où la peur Règne. Les enfants n'osent pas aller jouer dans les rues, où la terreur Siffle comme des serpents, comme les mitraillettes des démons. Aucune guerre n'est civile et celle d'un même peuple est aussi violente Et diabolique. Mon Dieu, les choses vont très mal dans les rues avoisinantes. La violence pleut et tout le monde pleure. Les sinistrés sont partout aux abois. On attend l'arrivée des bons anges qui viendront peut-être dans quelques mois. Copyright © Juin 2019, Hébert Logerie, Tous droits réservés. Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs recueils de poésie. Tuesday, June 18, 2019
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- Air breton. - Adieu, patrie ! L'onde est en furie. Adieu, patrie ! Azur ! Adieu, maison, treille au fruit mûr, Adieu, les fleurs d'or du vieux mur ! Adieu, patrie ! Ciel, forêt, prairie ! Adieu, patrie, Azur ! Adieu, patrie ! L'onde est en furie. Adieu, patrie, Azur ! Adieu, fiancée au front pur, Le ciel est noir, le vent est dur. Adieu, patrie ! Lise, Anna, Marie ! Adieu, patrie, Azur ! Adieu, patrie ! L'onde est cri furie. Adieu, patrie, Azur ! Notre œil, que voile un deuil futur, Va du flot sombre au sort obscur ! Adieu, patrie ! Pour toi mon cœur prie. Adieu, patrie, Azur ! Jersey, le 31 juillet 1853.
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Le chant de ceux qui s'en vont sur mer
A poem for my beloved grandmother, Omi A beautiful heart brought across on the gliders, Forced away by Red pride, the awful black spiders. She cried cross oceans in Grandpa’s camo embrace, Safely gone from the 30’s, and end to the chase, *“Zese mountains vere safe, Deutschland re-pborn. Ve vere ‘ere vhen this town bekan, Cyril.”* Omi’s voice pauses, marred by our Western smog, Christmas we sit at her feet and her eyes again fog. This story we hear, we’ve heard, but it is not cheap, Our roots are revealed and we cringe as Omi weeps, *“I vont drive, no and I can not vote, Pbut this landt is safe, Cyril ve are free!”* As her amber eyes ripple, it’s now time, we know, This country she loves, yet it’s pain the more so. The airs tightens thickly as we wait the remark, The blame she gives freely makes this land so dark, *“Bobby diedt and Monica followedt. Cyril, I bpuried my childt and ‘ushband here”* It wasn’t the Cancer or Smoke in their lungs, This country she blames and it’s pitch-forked tongues. So we hug to apologize for ‘ol Uncle Sam, Not ****** but Freedom she says poisons this land.
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Aug 27, 2012
Aug 27, 2012 at 12:33 PM UTC
America the Free
remember....damn, what his name... it'a right there... I know I know this... He used to play with the Beatles... Uh...Bass left handed... no, not John Lennon...the other one... not George, you know the other one.... no, definitely not Ringo C'mon Tag you know this... was married to Linda and then that other ***** He wrote "Michelle, my belle" and yesterday, all my troubles seemed so far away... sont des mot qui vont tres bien ensemble It's in there tag, don't blame it on the stroke or the smokes how can you not remember this... tres bien ensemble... If I can't remember him even for this brief moment, did he even exist in my solipsistic world.... now I need a place to hide away... Oh crap...McCartney... how do you forget McCartney Paul...duh...
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May 10, 2011
May 10, 2011 at 10:58 AM UTC
A McCartney Moment (with sampling)
Place de la Gare, à Charleville. Sur la place taillée en mesquines pelouses, Square où tout est correct, les arbres et les fleurs, Tous les bourgeois poussifs qu'étranglent les chaleurs Portent, les jeudis soirs, leurs bêtises jalouses. - L'orchestre militaire, au milieu du jardin, Balance ses schakos dans la Valse des fifres : Autour, aux premiers rangs, parade le gandin ; Le notaire pend à ses breloques à chiffres. Des rentiers à lorgnons soulignent tous les couacs : Les gros bureaux bouffis traînant leurs grosses dames Auprès desquelles vont, officieux cornacs, Celles dont les volants ont des airs de réclames ; Sur les bancs verts, des clubs d'épiciers retraités Qui tisonnent le sable avec leur canne à pomme, Fort sérieusement discutent les traités, Puis prisent en argent, et reprennent : " En somme !..." Épatant sur son banc les rondeurs de ses reins, Un bourgeois à boutons clairs, bedaine flamande, Savoure son onnaing d'où le tabac par brins Déborde - vous savez, c'est de la contrebande ; - Le long des gazons verts ricanent les voyous ; Et, rendus amoureux par le chant des trombones, Très naïfs, et fumant des roses, les pioupious Caressent les bébés pour enjôler les bonnes... - Moi, je suis, débraillé comme un étudiant, Sous les marronniers verts les alertes fillettes : Elles le savent bien ; et tournent en riant, Vers moi, leurs yeux tout pleins de choses indiscrètes. Je ne dis pas un mot : je regarde toujours La chair de leurs cous blancs brodés de mèches folles : Je suis, sous le corsage et les frêles atours, Le dos divin après la courbe des épaules. J'ai bientôt déniché la bottine, le bas... - Je reconstruis les corps, brûlé de belles fièvres. Elles me trouvent drôle et se parlent tout bas... - Et je sens les baisers qui me viennent aux lèvres.
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À la musique
Place de la Gare, à Charleville. Sur la place taillée en mesquines pelouses, Square où tout est correct, les arbres et les fleurs, Tous les bourgeois poussifs qu'étranglent les chaleurs Portent, les jeudis soirs, leurs bêtises jalouses. - L'orchestre militaire, au milieu du jardin, Balance ses schakos dans la Valse des fifres : Autour, aux premiers rangs, parade le gandin ; Le notaire pend à ses breloques à chiffres. Des rentiers à lorgnons soulignent tous les couacs : Les gros bureaux bouffis traînant leurs grosses dames Auprès desquelles vont, officieux cornacs, Celles dont les volants ont des airs de réclames ; Sur les bancs verts, des clubs d'épiciers retraités Qui tisonnent le sable avec leur canne à pomme, Fort sérieusement discutent les traités, Puis prisent en argent, et reprennent : " En somme !..." Épatant sur son banc les rondeurs de ses reins, Un bourgeois à boutons clairs, bedaine flamande, Savoure son onnaing d'où le tabac par brins Déborde - vous savez, c'est de la contrebande ; - Le long des gazons verts ricanent les voyous ; Et, rendus amoureux par le chant des trombones, Très naïfs, et fumant des roses, les pioupious Caressent les bébés pour enjôler les bonnes... - Moi, je suis, débraillé comme un étudiant, Sous les marronniers verts les alertes fillettes : Elles le savent bien ; et tournent en riant, Vers moi, leurs yeux tout pleins de choses indiscrètes. Je ne dis pas un mot : je regarde toujours La chair de leurs cous blancs brodés de mèches folles : Je suis, sous le corsage et les frêles atours, Le dos divin après la courbe des épaules. J'ai bientôt déniché la bottine, le bas... - Je reconstruis les corps, brûlé de belles fièvres. Elles me trouvent drôle et se parlent tout bas... - Et je sens les baisers qui me viennent aux lèvres.
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Laisse-moi vagabonder dans le désert de mes pensées Et verser mes larmes nostalgiques Tu sais bien que ma vie sans toi n'est qu'une mort attardée Insignifiante, mon existence hélas, des plus dramatiques Viens, fais-moi la cour tel jadis sous d'autres cieux Récites-moi tes bon vieux vers théâtraux. Je le sais bien, tu le veux Ces mots-là, qui n'existent que dans mes rêves les plus fous Oui, ils valent tellement plus qu'un simple bijou Tu ne me laisses pas le choix, à moi d'assoupir cette flamme Et de faire mes adieux à cette presqu'existence Je ne suis hélas qu'une simple femme Mes émotions vont s'enfouir dans le silence Ame impitoyable, je languie de toi, j'en meurs Et seule désormais je resterai rembrunie A vivre de mes maintes douleurs A respirer de ton amour, autrefois infini
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Apr 5, 2014
Apr 5, 2014 at 12:17 PM UTC
Mal de toi
Au bord du canal Saint-Martin (Paris Xème) Au bord du canal saint Martin, des mouettes piaillent au matin et les pigeons avec entrain, fondent sur les miettes de pain. Au bord du canal saint Martin, des promeneurs vont leur chemin, sous les marronniers immobiles, et s'arrêtent parfois «Chez Prune», Au bord du canal Saint-Martin, il y a des chats efflanqués, et des matous dodelinant, captant le regard des passants. Au bord du canal saint Martin, y' a des junkies à la dérive, et des bobos un peu frimeurs, longeant ses quais en leur verdeur. Au bord du canal saint Martin, des sans-logis errent en vain s’abandonnant au «sans souci», pour faire taire tous leurs ennuis. Au bord du canal saint Martin, l'on voit flotter quelques écluses, que les flâneurs et «songe creux», traversent et retraversent, sans fin, Au bord du canal saint Martin, il est aussi bien des canards dont plumage et mouvements, captent les regards des enfants. Au bord du canal saint Martin l'on aperçoit les «roubaisiennes», des pêcheurs du dimanche soir ' jouant à la pêche aux goujons. Au bord du canal saint Martin y a de l'espoir et des chagrins, des amoureux, mains dans les mains, des esseulés, dès le matin, Au bord du canal saint Martin, c'est tout près de l'hôtel du Nord, de la dégaine d'Arletty, qui tourne la tête aux titis. Au bord du canal saint Martin ce n’est pas soleil tous les matins, et faut parfois être malin, pour la bectance quand il fait faim. Au bord du canal. Saint Martin, paraitre sérieux semble vain tant les feuilles dorées tournoient et l’automne se fait câlin. Paul Arrighi
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Oct 31, 2013
Oct 31, 2013 at 11:31 AM UTC
Au bord du canal Saint-Martin (Paris Xème)
Au bord du canal Saint-Martin (Paris Xème) Au bord du canal saint Martin, des mouettes piaillent au matin et les pigeons avec entrain, fondent sur les miettes de pain. Au bord du canal saint Martin, des promeneurs vont leur chemin, sous les marronniers immobiles, et s'arrêtent parfois «Chez Prune», Au bord du canal Saint-Martin, il y a des chats efflanqués, et des matous dodelinant, captant le regard des passants. Au bord du canal saint Martin, y' a des junkies à la dérive, et des bobos un peu frimeurs, longeant ses quais en leur verdeur. Au bord du canal saint Martin, des sans-logis errent en vain s’abandonnant au «sans souci», pour faire taire tous leurs ennuis. Au bord du canal saint Martin, l'on voit flotter quelques écluses, que les flâneurs et «songe creux», traversent et retraversent, sans fin, Au bord du canal saint Martin, il est aussi bien des canards dont plumage et mouvements, captent les regards des enfants. Au bord du canal saint Martin l'on aperçoit les «roubaisiennes», des pêcheurs du dimanche soir ' jouant à la pêche aux goujons. Au bord du canal saint Martin y a de l'espoir et des chagrins, des amoureux, mains dans les mains, des esseulés, dès le matin, Au bord du canal saint Martin, c'est tout près de l'hôtel du Nord, de la dégaine d'Arletty, qui tourne la tête aux titis. Au bord du canal saint Martin ce n’est pas soleil tous les matins, et faut parfois être malin, pour la bectance quand il fait faim. Au bord du canal. Saint Martin, paraitre sérieux semble vain tant les feuilles dorées tournoient et l’automne se fait câlin. Paul Arrighi
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They say their is calm now, smells of spent munitions subsiding. Lying around and ferried under a different blue the viewers and listeners, the diners and walkers. One witness speaks of the bodies so high his wife could not climb over, another of explosions a block away. Carnage the reporter says as a man mentions the sight of men in black entering a music hall with Kalashnikov rifles, him gifted a choice not to enter. The news speaks of pierced body parts, an arm, a leg, a shoulder, so many dead, 120 the number that exist no more, rising, many many more the casualties of this next step in a new world war. Flashes and bangs, whistles and booms, sirens scream as forces reign down. Tears, shock, the misery on faces, much sadness heaped on a peace seeking nation. We now know some say why they chose Paris, some claim it is the fault of the west. Others of ignorance by intelligent beings that choose violence instead,of democracy, though democracy to them has lost its edge to a world full of capitalist cronies who themselves choose numbers over humanity, so's said. We are left to pick up pieces of what is left behind, we will grow stronger in the face of adversity. Hoping one day that the so called wise people are wise, seeing solutions instead of this continuous cycle of violence and death. Nos pensées vont à tous ceux qui sont touchés, nous montrons la solidarité avec le peuple français et à leurs invités.
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Nov 14, 2015
Nov 14, 2015 at 11:29 PM UTC
France pleure , nous pleurons avec vous .
Je suis né ici, je suis un enfant de l'héraut Un enfant de france et un enfant du monde. Mais je ne suis plus un enfant, Alors qui suis-je vraiment? Je suis fils de mes parents, Le fils d'une tragédie, le fils de l'eau et le frère d'un ange. Mais je suis en vie, Je suis le fils du terroir et de la pluie, Des animaux et des plantes qui m'ont nourris Mais le temps est passé et j'ai grandi, Alors qui suis-je aujourd'hui? Je suis un homme, de taille moyenne, Avec une tête pleine de questions, Avec une bouche qui souri souvent, Et des yeux qui pleurent presque autant, Parce qu'on m'a appris a avoir des sentiments, Et a savoir être faible autant qu’être fort, A partager toutes mes idées, Et ne chercher que la vérité. Je suis un élève du doute, Et aujourd’hui plus que jamais, Je me demande où mes pensées vont m'emmener. On m'a enseigné l'harmonie et gentillesse, Mais comment ne jamais blesser? Comment se faire des amis Sans se faire autant d'ennemis? Quel que soit ce que je suis, Quels que soient mes choix, Quelqu'un les appelleras erreurs Et me haïra pour ça. Mais on m'a aussi dit que les choix ne sont pas des erreurs. Alors qui suis-je? Je suis moi. Je forge mon petit bout de miroir, et je l’appellerais vérité. Et si quelqu'un viens me le reprocher, Je lui dirais: "désolé, Mais j'ai dû faire un choix."
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Nov 3, 2014
Nov 3, 2014 at 6:28 AM UTC
Qui suis-je?
(English) silences are buried voices, come and listen to them, just a touch and you will see them, burst into a thousand butterflies, disturbed just to speak a word, mystery in them lies.. silences are a tune, try making them into songs, silences are words, try making them into sentences, free them and they will fly away like birds.. silences are the skies, come open your wings and fly, silences are the touch of lies, do you feel them, like I? silences that lay with me, I'll share 'em with you, come, hold my hand, and let me bury you, you and I in the sands of chimes in the sands of time.. (French) nos silences .. silences sont enterrés voix, venir les écouter, juste une touche et vous les verrez, éclater en mille papillons, dérangé juste pour dire un mot, mystère en eux se trouve .. silences sont une mélodie, essayez en faire des chansons, silences sont des mots, essayez de les faire en phrases, libérer eux et ils vont se envoler comme des oiseaux .. silences sont les cieux, viennent ouvrir vos ailes et voler, silences sont la touche de mensonges, ne vous les sentez, comme je l'ai? silences qui se trouvaient avec moi, Je vais 'em part avec vous, venir, me tenir la main, et laissez-moi vous enterrer, vous et moi dans les sables de carillons dans les sables du temps ..
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Jan 15, 2015
Jan 15, 2015 at 10:19 AM UTC
our silences../nos silences
Je veux donner l'idée d'un divertissement innocent. Il y a si peu d'amusements qui ne soient pas coupables ! Quand vous sortirez le matin avec l'intention décidée de flâner sur les grandes routes, remplissez vos poches de petites inventions à un sol, - telles que le polichinelle plat mû par un seul fil, les forgerons qui battent l'enclume, le cavalier et son cheval dont la queue est un sifflet, - et le long des cabarets, au pied des arbres, faites-en hommage aux enfants inconnus et pauvres que vous rencontrerez. Vous verrez leurs yeux s'agrandir démesurément. D'abord ils n'oseront pas prendre ; ils douteront de leur bonheur. Puis leurs mains agripperont vivement le cadeau, et ils s'enfuiront comme font les chats qui vont manger **** de vous le morceau que vous leur avez donné, ayant appris à se défier de l'homme. Sur une route, derrière la grille d'un vaste jardin, au bout duquel apparaissait la blancheur d'un joli château frappé par le soleil, se tenait un enfant beau et frais, habillé de ces vêtements de campagne si pleins de coquetterie. Le luxe, l'insouciance et le spectacle habituel de la richesse, rendent ces enfants-là si jolis, qu'on les croirait faits d'une autre pâte que les enfants de la médiocrité ou de la pauvreté. À côté de lui, gisait sur l'herbe un joujou splendide, aussi frais que son maître, verni, doré, vêtu d'une robe pourpre, et couvert de plumets et de verroteries. Mais l'enfant ne s'occupait pas de son joujou préféré, et voici ce qu'il regardait : De l'autre côté de la grille, sur la route, entre les chardons et les orties, il y avait un autre enfant, sale, chétif, fuligineux, un de ces marmots-parias dont un œil impartial découvrirait la beauté, si, comme l'œil du connaisseur devine une peinture idéale sous un vernis de carrossier, il le nettoyait de la répugnante patine de la misère. À travers ces barreaux symboliques séparant deux mondes, la grande route et le château, l'enfant pauvre montrait à l'enfant riche son propre joujou, que celui-ci examinait avidement comme un objet rare et inconnu. Or, ce joujou, que le petit souillon agaçait, agitait et secouait dans une boîte grillée, c'était un rat vivant ! Les parents, par économie sans doute, avaient tiré le joujou de la vie elle-même. Et les deux enfants se riaient l'un à l'autre fraternellement, avec des dents d'une égale blancheur.
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Le joujou du pauvre
Je veux donner l'idée d'un divertissement innocent. Il y a si peu d'amusements qui ne soient pas coupables ! Quand vous sortirez le matin avec l'intention décidée de flâner sur les grandes routes, remplissez vos poches de petites inventions à un sol, - telles que le polichinelle plat mû par un seul fil, les forgerons qui battent l'enclume, le cavalier et son cheval dont la queue est un sifflet, - et le long des cabarets, au pied des arbres, faites-en hommage aux enfants inconnus et pauvres que vous rencontrerez. Vous verrez leurs yeux s'agrandir démesurément. D'abord ils n'oseront pas prendre ; ils douteront de leur bonheur. Puis leurs mains agripperont vivement le cadeau, et ils s'enfuiront comme font les chats qui vont manger **** de vous le morceau que vous leur avez donné, ayant appris à se défier de l'homme. Sur une route, derrière la grille d'un vaste jardin, au bout duquel apparaissait la blancheur d'un joli château frappé par le soleil, se tenait un enfant beau et frais, habillé de ces vêtements de campagne si pleins de coquetterie. Le luxe, l'insouciance et le spectacle habituel de la richesse, rendent ces enfants-là si jolis, qu'on les croirait faits d'une autre pâte que les enfants de la médiocrité ou de la pauvreté. À côté de lui, gisait sur l'herbe un joujou splendide, aussi frais que son maître, verni, doré, vêtu d'une robe pourpre, et couvert de plumets et de verroteries. Mais l'enfant ne s'occupait pas de son joujou préféré, et voici ce qu'il regardait : De l'autre côté de la grille, sur la route, entre les chardons et les orties, il y avait un autre enfant, sale, chétif, fuligineux, un de ces marmots-parias dont un œil impartial découvrirait la beauté, si, comme l'œil du connaisseur devine une peinture idéale sous un vernis de carrossier, il le nettoyait de la répugnante patine de la misère. À travers ces barreaux symboliques séparant deux mondes, la grande route et le château, l'enfant pauvre montrait à l'enfant riche son propre joujou, que celui-ci examinait avidement comme un objet rare et inconnu. Or, ce joujou, que le petit souillon agaçait, agitait et secouait dans une boîte grillée, c'était un rat vivant ! Les parents, par économie sans doute, avaient tiré le joujou de la vie elle-même. Et les deux enfants se riaient l'un à l'autre fraternellement, avec des dents d'une égale blancheur.
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À Max Jacob. Vers le palais de Rosemonde au fond du Rêve Mes rêveuses pensées pieds nus vont en soirée Le palais don du roi comme un roi nu s'élève Des chairs fouettées des roses de la roseraie On voit venir au fond du jardin mes pensées Qui sourient du concert joué par les grenouilles Elles ont envie des cyprès grandes quenouilles Et le soleil miroir des roses s'est brisé Le stigmate sanglant des mains contre les vitres Quel archer mal blessé du couchant le troua La résine qui rend amer le vin de Chypre Ma bouche aux agapes d'agneau blanc l'éprouva Sur les genoux pointus du monarque adultère Sur le mai de son âge et sur son trente et un Madame Rosemonde roule avec mystère Ses petits yeux tout ronds pareils aux yeux des Huns Dame de mes pensées au cul de perle fine Dont ni perle ni cul n'égale l'orient Qui donc attendez-vous De rêveuses pensées en marche à l'Orient Mes plus belles voisines Toc toc Entrez dans l'antichambre le jour baisse La veilleuse dans l'ombre est un bijou d'or cuit Pendez vos têtes aux patères par les tresses Le ciel presque nocturne a des lueurs d'aiguilles On entra dans la salle à manger les narines Reniflaient une odeur de graisse et de graillon On eut vingt potages dont trois couleurs d'urine Et le roi prit deux œufs pochés dans du bouillon Puis les marmitons apportèrent les viandes Des rôtis de pensées mortes dans mon cerveau Mes beaux rêves mort-nés en tranches bien saignantes Et mes souvenirs faisandés en godiveaux Or ces pensées mortes depuis des millénaires Avaient le fade goût des grands mammouths gelés Les os ou songe-creux venaient des ossuaires En danse macabre aux plis de mon cervelet Et tous ces mets criaient des choses nonpareilles Mais nom de Dieu ! Ventre affamé n'a pas d'oreilles Et les convives mastiquaient à qui mieux mieux Ah ! nom de Dieu ! qu'ont donc crié ces entrecôtes Ces grands pâtés ces os à moelle et mirotons Langues de feu où sont-elles mes pentecôtes Pour mes pensées de tous pays de tous les temps.
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Palais
À Max Jacob. Vers le palais de Rosemonde au fond du Rêve Mes rêveuses pensées pieds nus vont en soirée Le palais don du roi comme un roi nu s'élève Des chairs fouettées des roses de la roseraie On voit venir au fond du jardin mes pensées Qui sourient du concert joué par les grenouilles Elles ont envie des cyprès grandes quenouilles Et le soleil miroir des roses s'est brisé Le stigmate sanglant des mains contre les vitres Quel archer mal blessé du couchant le troua La résine qui rend amer le vin de Chypre Ma bouche aux agapes d'agneau blanc l'éprouva Sur les genoux pointus du monarque adultère Sur le mai de son âge et sur son trente et un Madame Rosemonde roule avec mystère Ses petits yeux tout ronds pareils aux yeux des Huns Dame de mes pensées au cul de perle fine Dont ni perle ni cul n'égale l'orient Qui donc attendez-vous De rêveuses pensées en marche à l'Orient Mes plus belles voisines Toc toc Entrez dans l'antichambre le jour baisse La veilleuse dans l'ombre est un bijou d'or cuit Pendez vos têtes aux patères par les tresses Le ciel presque nocturne a des lueurs d'aiguilles On entra dans la salle à manger les narines Reniflaient une odeur de graisse et de graillon On eut vingt potages dont trois couleurs d'urine Et le roi prit deux œufs pochés dans du bouillon Puis les marmitons apportèrent les viandes Des rôtis de pensées mortes dans mon cerveau Mes beaux rêves mort-nés en tranches bien saignantes Et mes souvenirs faisandés en godiveaux Or ces pensées mortes depuis des millénaires Avaient le fade goût des grands mammouths gelés Les os ou songe-creux venaient des ossuaires En danse macabre aux plis de mon cervelet Et tous ces mets criaient des choses nonpareilles Mais nom de Dieu ! Ventre affamé n'a pas d'oreilles Et les convives mastiquaient à qui mieux mieux Ah ! nom de Dieu ! qu'ont donc crié ces entrecôtes Ces grands pâtés ces os à moelle et mirotons Langues de feu où sont-elles mes pentecôtes Pour mes pensées de tous pays de tous les temps.
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I've reached Mecca. 10 Mathew Rd. Blessed Beat Les Musique; In the middle of this winding road. (Son les mots) Mersey shook the world In the beginning; In the end, It sailed across the universe. I get a feeling Beneath this burning neon sign. "The Cavern". I imagine I hear: "I am he And you are he..." Peaking above holy ground. Don't ask why We said the things We said today. That weight is heavy. Life is our hellos and goodbyes, Good mornings and good nights. And when I'm down, And am so tired, And when you needed someone, We worked it out... back then. Why worry over yesterday, Let things be. I'd hold your hand As we descend The thirty-three steps; And there, stand again Like we're seventeen; Before the altar of song. In this crypt I'm a child in line, Buying tickets. Now hold tight As the two of us Twist and twirl and shout. I'm happy to dance with you. From this cellar, Rose sons of man, To sing and teach Of love and peace, And the brotherhood Of man. Let's ascend the stairs, darling. It's getting better. The sun is out. The moon follows.
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Dec 5, 2014
Dec 5, 2014 at 10:15 AM UTC
The Cavern: Here Comes the Sun
Noirs de loupes, grêlés, les yeux cerclés de bagues Vertes, leurs doigts boulus crispés à leurs fémurs, Le sinciput plaqué de hargnosités vagues Comme les floraisons lépreuses des vieux murs ; Ils ont greffé dans des amours épileptiques Leur fantasque ossature aux grands squelettes noirs De leurs chaises ; leurs pieds aux barreaux rachitiques S'entrelacent pour les matins et pour les soirs ! Ces vieillards ont toujours fait tresse avec leurs sièges, Sentant les soleils vifs percaliser leur peau, Ou, les yeux à la vitre où se fanent les neiges, Tremblant du tremblement douloureux du crapaud. Et les Sièges leur ont des bontés : culottée De brun, la paille cède aux angles de leurs reins ; L'âme des vieux soleils s'allume, emmaillotée Dans ces tresses d'épis où fermentaient les grains. Et les Assis, genoux aux dents, verts pianistes, Les dix doigts sous leur siège aux rumeurs de tambour, S'écoutent clapoter des barcarolles tristes, Et leurs caboches vont dans des roulis d'amour. - Oh ! ne les faites pas lever ! C'est le naufrage... Ils surgissent, grondant comme des chats giflés, Ouvrant lentement leurs omoplates, ô rage ! Tout leur pantalon bouffe à leurs reins boursouflés. Et vous les écoutez, cognant leurs têtes chauves, Aux murs sombres, plaquant et plaquant leurs pieds tors, Et leurs boutons d'habit sont des prunelles fauves Qui vous accrochent l'oeil du fond des corridors ! Puis ils ont une main invisible qui tue : Au retour, leur regard filtre ce venin noir Qui charge l'oeil souffrant de la chienne battue, Et vous suez, pris dans un atroce entonnoir. Rassis, les poings noyés dans des manchettes sales, Ils songent à ceux-là qui les ont fait lever Et, de l'aurore au soir, des grappes d'amygdales Sous leurs mentons chétifs s'agitent à crever. Quand l'austère sommeil a baissé leurs visières, Ils rêvent sur leur bras de sièges fécondés, De vrais petits amours de chaises en lisière Par lesquelles de fiers bureaux seront bordés ; Des fleurs d'encre crachant des pollens en virgule Les bercent, le long des calices accroupis Tels qu'au fil des glaïeuls le vol des libellules - Et leur membre s'agace à des barbes d'épis.
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Les assis
Noirs de loupes, grêlés, les yeux cerclés de bagues Vertes, leurs doigts boulus crispés à leurs fémurs, Le sinciput plaqué de hargnosités vagues Comme les floraisons lépreuses des vieux murs ; Ils ont greffé dans des amours épileptiques Leur fantasque ossature aux grands squelettes noirs De leurs chaises ; leurs pieds aux barreaux rachitiques S'entrelacent pour les matins et pour les soirs ! Ces vieillards ont toujours fait tresse avec leurs sièges, Sentant les soleils vifs percaliser leur peau, Ou, les yeux à la vitre où se fanent les neiges, Tremblant du tremblement douloureux du crapaud. Et les Sièges leur ont des bontés : culottée De brun, la paille cède aux angles de leurs reins ; L'âme des vieux soleils s'allume, emmaillotée Dans ces tresses d'épis où fermentaient les grains. Et les Assis, genoux aux dents, verts pianistes, Les dix doigts sous leur siège aux rumeurs de tambour, S'écoutent clapoter des barcarolles tristes, Et leurs caboches vont dans des roulis d'amour. - Oh ! ne les faites pas lever ! C'est le naufrage... Ils surgissent, grondant comme des chats giflés, Ouvrant lentement leurs omoplates, ô rage ! Tout leur pantalon bouffe à leurs reins boursouflés. Et vous les écoutez, cognant leurs têtes chauves, Aux murs sombres, plaquant et plaquant leurs pieds tors, Et leurs boutons d'habit sont des prunelles fauves Qui vous accrochent l'oeil du fond des corridors ! Puis ils ont une main invisible qui tue : Au retour, leur regard filtre ce venin noir Qui charge l'oeil souffrant de la chienne battue, Et vous suez, pris dans un atroce entonnoir. Rassis, les poings noyés dans des manchettes sales, Ils songent à ceux-là qui les ont fait lever Et, de l'aurore au soir, des grappes d'amygdales Sous leurs mentons chétifs s'agitent à crever. Quand l'austère sommeil a baissé leurs visières, Ils rêvent sur leur bras de sièges fécondés, De vrais petits amours de chaises en lisière Par lesquelles de fiers bureaux seront bordés ; Des fleurs d'encre crachant des pollens en virgule Les bercent, le long des calices accroupis Tels qu'au fil des glaïeuls le vol des libellules - Et leur membre s'agace à des barbes d'épis.
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La plage de la tour Génoise de Sagone en Corse. Sur le mol étendu De la crique aux rochers Ou le sable nous offre Un couchage argenté Et d'où le clapotis Des vagues qui se meurent Offre un balancement Si propice à la sieste Nous ne nous lassons pas De regarder la mer Qui se montre si douce Mais peut, être, féroce Mais nous n'y songeons pas Occupés à laisser La torpeur nous saisir. Mais le meilleur moment Est quand le soleil S'étire, paressant Sur l'horizon, comme Une orange mure. Un zeste de fraîcheur Vient nous revigorer Et un léger zéphyr Aiguise notre incessant Besoin de nous bouger Alors que nous étions précédemment apaisés. Une salinité un peu plus épicée Fait songer aux poissons, Peut être que ce soir ? Là-bas sous les « paillotes » et d’autres «brises de mer» où des cuisiniers s'affairent Pour nous donner envie De découvrir quelques saveurs Et ces vins blancs si frais Qui font claquer la langue Et vont si bien avec des poissons grillés, Ce soir, aucune restriction Ni régime fâcheux, Laissons l'austérité A ses propagandistes intéressés Et vivons selon ce moment Ou vivre est une fête. A Sagone, ce soir, Comme si cette fête Ne devait pas finir. Paul Arrighi
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Jul 29, 2016
Jul 29, 2016 at 5:40 AM UTC
La plage de la tour Génoise de Sagone en Corse.
Au gibet noir, manchot aimable, Dansent, dansent les paladins, Les maigres paladins du diable, Les squelettes de Saladins. Messire Belzébuth tire par la cravate Ses petits pantins noirs grimaçant sur le ciel, Et, leur claquant au front un revers de savate, Les fait danser, danser aux sons d'un vieux Noël ! Et les pantins choqués enlacent leurs bras grêles Comme des orgues noirs, les poitrines à jour Que serraient autrefois les gentes damoiselles Se heurtent longuement dans un hideux amour. Hurrah ! les gais danseurs, qui n'avez plus de panse ! On peut cabrioler, les tréteaux sont si longs ! Hop ! qu'on ne sache plus si c'est bataille ou danse ! Belzébuth enragé racle ses violons ! Ô durs talons, jamais on n'use sa sandale ! Presque tous ont quitté la chemise de peau ; Le reste est peu gênant et se voit sans scandale. Sur les crânes, la neige applique un blanc chapeau : Le corbeau fait panache à ces têtes fêlées, Un morceau de chair tremble à leur maigre menton : On dirait, tournoyant dans les sombres mêlées, Des preux, raides, heurtant armures de carton. Hurrah ! la bise siffle au grand bal des squelettes ! Le gibet noir mugit comme un orgue de fer ! Les loups vont répondant des forêts violettes : A l'horizon, le ciel est d'un rouge d'enfer... Holà, secouez-moi ces capitans funèbres Qui défilent, sournois, de leurs gros doigts cassés Un chapelet d'amour sur leurs pâles vertèbres : Ce n'est pas un moustier ici, les trépassés ! Oh ! voilà qu'au milieu de la danse macabre Bondit dans le ciel rouge un grand squelette fou Emporté par l'élan, comme un cheval se cabre : Et, se sentant encor la corde raide au cou, Crispe ses petits doigts sur son fémur qui craque Avec des cris pareils à des ricanements, Et, comme un baladin rentre dans la baraque, Rebondit dans le bal au chant des ossements. Au gibet noir, manchot aimable, Dansent, dansent les paladins, Les maigres paladins du diable, Les squelettes de Saladins.
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Bal des pendus
Au gibet noir, manchot aimable, Dansent, dansent les paladins, Les maigres paladins du diable, Les squelettes de Saladins. Messire Belzébuth tire par la cravate Ses petits pantins noirs grimaçant sur le ciel, Et, leur claquant au front un revers de savate, Les fait danser, danser aux sons d'un vieux Noël ! Et les pantins choqués enlacent leurs bras grêles Comme des orgues noirs, les poitrines à jour Que serraient autrefois les gentes damoiselles Se heurtent longuement dans un hideux amour. Hurrah ! les gais danseurs, qui n'avez plus de panse ! On peut cabrioler, les tréteaux sont si longs ! Hop ! qu'on ne sache plus si c'est bataille ou danse ! Belzébuth enragé racle ses violons ! Ô durs talons, jamais on n'use sa sandale ! Presque tous ont quitté la chemise de peau ; Le reste est peu gênant et se voit sans scandale. Sur les crânes, la neige applique un blanc chapeau : Le corbeau fait panache à ces têtes fêlées, Un morceau de chair tremble à leur maigre menton : On dirait, tournoyant dans les sombres mêlées, Des preux, raides, heurtant armures de carton. Hurrah ! la bise siffle au grand bal des squelettes ! Le gibet noir mugit comme un orgue de fer ! Les loups vont répondant des forêts violettes : A l'horizon, le ciel est d'un rouge d'enfer... Holà, secouez-moi ces capitans funèbres Qui défilent, sournois, de leurs gros doigts cassés Un chapelet d'amour sur leurs pâles vertèbres : Ce n'est pas un moustier ici, les trépassés ! Oh ! voilà qu'au milieu de la danse macabre Bondit dans le ciel rouge un grand squelette fou Emporté par l'élan, comme un cheval se cabre : Et, se sentant encor la corde raide au cou, Crispe ses petits doigts sur son fémur qui craque Avec des cris pareils à des ricanements, Et, comme un baladin rentre dans la baraque, Rebondit dans le bal au chant des ossements. Au gibet noir, manchot aimable, Dansent, dansent les paladins, Les maigres paladins du diable, Les squelettes de Saladins.
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Viens, si tu veux rêver d'amour, Viens tresser ta couronne au fond de la campagne : Voici l'heure, hâtons-nous, ô ma jeune compagne ! Les songes dans les fleurs se cachent tout le jour. De leurs frêles prisons vont sortir les mensonges ; Le rêve d'une vierge est dans le frais jasmin : Hâtons-nous de cueillir et les fleurs et les songes, Les songes et les fleurs ne seront plus demain. Viens chercher le fragile espoir, L'amandier le balance en sa fleur argentée : Viens ! nous le saisirons sur la tige agitée ; Dans un rêve d'amour il est doux de le voir. De leurs frêles prisons vont sortir les mensonges ; Le rêve d'une vierge est dans le frais jasmin. Hâtons-nous de cueillir et les fleurs et les songes, Les songes et les fleurs ne seront plus demain. Ne pose jamais sur ton sein L'effroi du meurtrier, la sombre mandragore ; De sa tige brisée un cri s'échappe encore, Avec le rêve affreux qui poursuit l'assassin. De leurs frêles prisons vont sortir les mensonges ; Le rêve d'une vierge est dans le frais jasmin : Hâtons-nous de cueillir et les fleurs et les songes, Les songes et les fleurs ne seront plus demain. Cherchons celui qui vient des cieux ; Il console en dormant la douleur méprisée : Des larmes de la nuit la vanille arrosée Parfume son sourire et son vol gracieux. De leurs frêles prisons vont sortir les mensonges ; Le rêve d'une vierge est dans le frais jasmin : Hâtons-nous de cueillir et les fleurs et les songes, Les songes et les fleurs ne seront plus demain.
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Les songes et les fleurs
Viens, si tu veux rêver d'amour, Viens tresser ta couronne au fond de la campagne : Voici l'heure, hâtons-nous, ô ma jeune compagne ! Les songes dans les fleurs se cachent tout le jour. De leurs frêles prisons vont sortir les mensonges ; Le rêve d'une vierge est dans le frais jasmin : Hâtons-nous de cueillir et les fleurs et les songes, Les songes et les fleurs ne seront plus demain. Viens chercher le fragile espoir, L'amandier le balance en sa fleur argentée : Viens ! nous le saisirons sur la tige agitée ; Dans un rêve d'amour il est doux de le voir. De leurs frêles prisons vont sortir les mensonges ; Le rêve d'une vierge est dans le frais jasmin. Hâtons-nous de cueillir et les fleurs et les songes, Les songes et les fleurs ne seront plus demain. Ne pose jamais sur ton sein L'effroi du meurtrier, la sombre mandragore ; De sa tige brisée un cri s'échappe encore, Avec le rêve affreux qui poursuit l'assassin. De leurs frêles prisons vont sortir les mensonges ; Le rêve d'une vierge est dans le frais jasmin : Hâtons-nous de cueillir et les fleurs et les songes, Les songes et les fleurs ne seront plus demain. Cherchons celui qui vient des cieux ; Il console en dormant la douleur méprisée : Des larmes de la nuit la vanille arrosée Parfume son sourire et son vol gracieux. De leurs frêles prisons vont sortir les mensonges ; Le rêve d'une vierge est dans le frais jasmin : Hâtons-nous de cueillir et les fleurs et les songes, Les songes et les fleurs ne seront plus demain.
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I On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. - Un beau soir, foin des bocks et de la limonade, Des cafés tapageurs aux lustres éclatants ! - On va sous les tilleuls verts de la promenade. Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin ! L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ; Le vent chargé de bruits - la ville n'est pas **** - A des parfums de vigne et des parfums de bière... II - Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon D'azur sombre, encadré d'une petite branche, Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond Avec de doux frissons, petite et toute blanche... Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser. La sève est du champagne et vous monte à la tête... On divague ; on se sent aux lèvres un baiser Qui palpite là, comme une petite bête... III Le coeur fou robinsonne à travers les romans, - Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère, Passe une demoiselle aux petits airs charmants, Sous l'ombre du faux col effrayant de son père... Et, comme elle vous trouve immensément naïf, Tout en faisant trotter ses petites bottines, Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif... - Sur vos lèvres alors meurent les cavatines... IV Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août. Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire. Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût. - Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire !... - Ce soir-là..., - vous rentrez aux cafés éclatants, Vous demandez des bocks ou de la limonade... - On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade.
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Roman
I On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans. - Un beau soir, foin des bocks et de la limonade, Des cafés tapageurs aux lustres éclatants ! - On va sous les tilleuls verts de la promenade. Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin ! L'air est parfois si doux, qu'on ferme la paupière ; Le vent chargé de bruits - la ville n'est pas **** - A des parfums de vigne et des parfums de bière... II - Voilà qu'on aperçoit un tout petit chiffon D'azur sombre, encadré d'une petite branche, Piqué d'une mauvaise étoile, qui se fond Avec de doux frissons, petite et toute blanche... Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser. La sève est du champagne et vous monte à la tête... On divague ; on se sent aux lèvres un baiser Qui palpite là, comme une petite bête... III Le coeur fou robinsonne à travers les romans, - Lorsque, dans la clarté d'un pâle réverbère, Passe une demoiselle aux petits airs charmants, Sous l'ombre du faux col effrayant de son père... Et, comme elle vous trouve immensément naïf, Tout en faisant trotter ses petites bottines, Elle se tourne, alerte et d'un mouvement vif... - Sur vos lèvres alors meurent les cavatines... IV Vous êtes amoureux. Loué jusqu'au mois d'août. Vous êtes amoureux. - Vos sonnets La font rire. Tous vos amis s'en vont, vous êtes mauvais goût. - Puis l'adorée, un soir, a daigné vous écrire !... - Ce soir-là..., - vous rentrez aux cafés éclatants, Vous demandez des bocks ou de la limonade... - On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans Et qu'on a des tilleuls verts sur la promenade.
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Avec tout votre esprit, la belle indifférente, Avec tous vos grands airs de rigueur nonchalante, Qui nous font tant de mal et qui vous vont si bien, Il n'en est pas moins vrai que vous n'y pouvez rien. Il n'en est pas moins vrai que, sans qu'il y paraisse, Vous êtes mon idole et ma seule maîtresse ; Qu'on n'en aime pas moins pour devoir se cacher, Et que vous ne pouvez, Ninon, m'en empêcher. Il n'en est pas moins vrai qu'en dépit de vous-même, Quand vous dites un mot vous sentez qu'on vous aime, Que, malgré vos mépris, on n'en veut pas guérir, Et que d'amour de vous, il est doux de souffrir. Il n'en est pas moins vrai que, sitôt qu'on vous touche, Vous avez beau nous fuir, sensitive farouche, On emporte de vous des éclairs de beauté, Et que le tourment même est une volupté. Soyez bonne ou maligne, orgueilleuse ou coquette, Vous avez beau railler et mépriser l'amour, Et, comme un diamant qui change de facette, Sous mille aspects divers vous montrer tour à tour ; Il n'en est pas moins vrai que je vous remercie, Que je me trouve heureux, que je vous appartiens, Et que, si vous voulez du reste de ma vie, Le mal qui vient de vous vaut mieux que tous les biens. Je vous dirai quelqu'un qui sait que je vous aime : C'est ma Muse, Ninon ; nous avons nos secrets. Ma Muse vous ressemble, ou plutôt, c'est vous-même ; Pour que je l'aime encor elle vient sous vos traits. La nuit, je vois dans l'ombre une pâle auréole, Où flottent doucement les contours d'un beau front ; Un rêve m'apparaît qui passe et qui s'envole ; Les heureux sont les fous : les poètes le sont. J'entoure de mes bras une forme légère ; J'écoute à mon chevet murmurer une voix ; Un bel ange aux yeux noirs sourit à ma misère ; Je regarde le ciel, Ninon, et je vous vois ; Ô mon unique amour, cette douleur chérie, Ne me l'arrachez pas quand j'en devrais mourir ! Je me tais devant vous ; - quel mal fait ma folie ? Ne me plaignez jamais et laissez-moi souffrir.
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À Ninon
Avec tout votre esprit, la belle indifférente, Avec tous vos grands airs de rigueur nonchalante, Qui nous font tant de mal et qui vous vont si bien, Il n'en est pas moins vrai que vous n'y pouvez rien. Il n'en est pas moins vrai que, sans qu'il y paraisse, Vous êtes mon idole et ma seule maîtresse ; Qu'on n'en aime pas moins pour devoir se cacher, Et que vous ne pouvez, Ninon, m'en empêcher. Il n'en est pas moins vrai qu'en dépit de vous-même, Quand vous dites un mot vous sentez qu'on vous aime, Que, malgré vos mépris, on n'en veut pas guérir, Et que d'amour de vous, il est doux de souffrir. Il n'en est pas moins vrai que, sitôt qu'on vous touche, Vous avez beau nous fuir, sensitive farouche, On emporte de vous des éclairs de beauté, Et que le tourment même est une volupté. Soyez bonne ou maligne, orgueilleuse ou coquette, Vous avez beau railler et mépriser l'amour, Et, comme un diamant qui change de facette, Sous mille aspects divers vous montrer tour à tour ; Il n'en est pas moins vrai que je vous remercie, Que je me trouve heureux, que je vous appartiens, Et que, si vous voulez du reste de ma vie, Le mal qui vient de vous vaut mieux que tous les biens. Je vous dirai quelqu'un qui sait que je vous aime : C'est ma Muse, Ninon ; nous avons nos secrets. Ma Muse vous ressemble, ou plutôt, c'est vous-même ; Pour que je l'aime encor elle vient sous vos traits. La nuit, je vois dans l'ombre une pâle auréole, Où flottent doucement les contours d'un beau front ; Un rêve m'apparaît qui passe et qui s'envole ; Les heureux sont les fous : les poètes le sont. J'entoure de mes bras une forme légère ; J'écoute à mon chevet murmurer une voix ; Un bel ange aux yeux noirs sourit à ma misère ; Je regarde le ciel, Ninon, et je vous vois ; Ô mon unique amour, cette douleur chérie, Ne me l'arrachez pas quand j'en devrais mourir ! Je me tais devant vous ; - quel mal fait ma folie ? Ne me plaignez jamais et laissez-moi souffrir.
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