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"vivants" poems
The tourists mill about on weary feet, seeming clueless of their final destination. It appears, at least, they've had enough to eat, as their clothes can barely cope with new inflation. I wait, impatient, for the street to clear. I resist the urge to honk my horn or more. These beefy bon- vivants from foreign shores move like the sacred cows of Bangalore!
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Mar 7, 2013
Mar 7, 2013 at 7:01 AM UTC
Sacred Cattle
Essuie tes larmes Leve-toi L’heure de la tristesse Est passé Joins-toi aux vivants Car il reste beaucoup A faire Est ces larmes n’ont rien Effacé Mais tu peux voir Encore une fois Même avec tout ce qui S’est passé Le debut d’un rêve Avec des yeux d’espoir Ta vie Comme une personne sensé Ne pleure pas Ne sois pas triste Ouvre, pour que Puissent Entré L’amour et la joie Qui te reviendront Comme tu n’y a jamais Pensé Once Again (English version) Dry your tears And get up For the time Of sadness Is over Rejoin the living There is much To be done And these tears Cannot bring You closure But now You can see Once again A new dream With hope to inspire Your life now sane And wise again Even though You’ve gone Through the fire So do not cry And don’t be sad Open up So you can Receive them Love and joy Coming To you In a way You’d scarcely Believe in
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Feb 14, 2010
Feb 14, 2010 at 4:09 PM UTC
Encore Une Fois
La sensation s'apparente à une simple présence Incongrue et abstraite, tant sa distance De ces souvenirs qui exigent le poids des vivants Comme promesse qu'ensemble nous traverserons le temps Et tend à cette conviction presque vide de sens Que les acteurs éternels de la tendre enfance Puissent ainsi, pas à pas, suivre nos traces dans l'ombre Pour que ce peuple d'éther ne s'ajourne que dans la tombe Et que tombe cette folle histoire insensée, peu à peu Que le temps calcinera de son souffle de feu Ranimant en nous la flamme de ces instants d'ivresse Pour que reste derrière nous ces souvenirs délestés Et mieux vaut de son gré engendrer la cadence Que de subir dans la l'angoisse les désirs de délivrance Délaissant patiemment toute envie de se réjouir Pour que s'endorme dans la cendre ces trop lourds souvenirs Et quand viendra finalement la sensation de dissonance, Que la lourdeur de l'homme aspirant la transcendance S'exténue et s'allège dans l'accord des déceptions Pour qu'enfin vive souverain ce pays d'ombres et d'illusions. Et que sombre dérisoirement chaque pensée, peu à peu, Que le temps effacera d'un seul geste d'adieux Renvoyant au néant l'âme de ces habitants célestes Pour que ne gise sur la toile qu'une confuse fresque.
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Mar 28, 2021
Mar 28, 2021 at 5:50 PM UTC
Pays d'illusions (2012) [FR]
V. Ce n'est pas à moi, ma colombe, De prier pour tous les mortels, Pour les vivants dont la foi tombe, Pour tous ceux qu'enferme la tombe, Cette racine des autels ! Ce n'est pas moi, dont l'âme est vaine, Pleine d'erreurs, vide de foi, Qui prierais pour la race humaine, Puisque ma voix suffit à peine, Seigneur, à vous prier pour moi ! Non, si pour la terre méchante Quelqu'un peut prier aujourd'hui, C'est toi, dont la parole chante, C'est toi ! ta prière innocente, Enfant, peut se charger d'autrui ! Ah ! demande à ce père auguste Qui sourit à ton oraison Pourquoi l'arbre étouffe l'arbuste, Et qui fait du juste à l'injuste Chanceler l'humaine raison ? Demande-lui si la sagesse N'appartient qu'à l'éternité ? Pourquoi son souffle nous abaisse ? Pourquoi dans la tombe sans cesse Il effeuille l'humanité ? Pour ceux que les vices consument, Les enfants veillent au saint lieu , Ce sont des fleurs qui le parfument, Ce sont des encensoirs qui fument, Ce sont des voix qui vont à Dieu ! Laissons faire ces voix sublimes, Laissons les enfants à genoux. Pécheurs ! nous avons tous nos crimes, Nous penchons tous sur les abîmes, L'enfance doit prier pour tous ! Mai 1830.
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La prière pour tous (V)
Que j'aime à voir, dans la vallée Désolée, Se lever comme un mausolée Les quatre ailes d'un noir moutier ! Que j'aime à voir, près de l'austère Monastère, Au seuil du baron feudataire, La croix blanche et le bénitier ! Vous, des antiques Pyrénées Les aînées, Vieilles églises décharnées, Maigres et tristes monuments, Vous que le temps n'a pu dissoudre, Ni la foudre, De quelques grands monts mis en poudre N'êtes-vous pas les ossements ? J'aime vos tours à tête grise, Où se brise L'éclair qui passe avec la brise, J'aime vos profonds escaliers Qui, tournoyant dans les entrailles Des murailles, À l'hymne éclatant des ouailles Font répondre tous les piliers ! Oh ! lorsque l'ouragan qui gagne La campagne, Prend par les cheveux la montagne, Que le temps d'automne jaunit, Que j'aime, dans le bois qui crie Et se plie, Les vieux clochers de l'abbaye, Comme deux arbres de granit ! Que j'aime à voir, dans les vesprées Empourprées, Jaillir en veines diaprées Les rosaces d'or des couvents ! Oh ! que j'aime, aux voûtes gothiques Des portiques, Les vieux saints de pierre athlétiques Priant tout bas pour les vivants !
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Stances - Que j'aime à voir
A qui donc sommes-nous ? Qui nous a ? qui nous mène ? Vautour fatalité, tiens-tu la race humaine ? Oh ! parlez, cieux vermeils, L'âme sans fond tient-elle aux étoiles sans nombre ? Chaque rayon d'en haut est-il un fil de l'ombre Liant l'homme aux soleils ? Est-ce qu'en nos esprits, que l'ombre a pour repaires, Nous allons voir rentrer les songes de nos pères ? Destin, lugubre assaut ! O vivants, serions-nous l'objet d'une dispute ? L'un veut-il notre gloire, et l'autre notre chute ? Combien sont-ils là-haut ? Jadis, au fond du ciel, aux yeux du mage sombre, Deux joueurs effrayants apparaissaient dans l'ombre. Qui craindre? qui prier ? Les Manès frissonnants, les pâles Zoroastres Voyaient deux grandes mains qui déplaçaient les astres Sur le noir échiquier. Songe horrible! le bien, le mal, de cette voûte Pendent-ils sur nos fronts ? Dieu, tire-moi du doute ! O sphinx, dis-moi le mot ! Cet affreux rêve pèse à nos yeux qui sommeillent, Noirs vivants! heureux ceux qui tout à coup s'éveillent Et meurent en sursaut !
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À qui donc sommes-nous
Ah ! Si j'étais le cher petit enfant Qu'on aime bien, mais qui pleure souvent, *** comme un charme, Sans une larme, J'écouterais chanter l'heure et le vent... (Je dis cela pour le petit enfant). Si je logeais dans ce mouvant berceau, Pour mériter qu'on m'apporte un cerceau, Je serais sage Comme une image, Et je ferais moins de bruit qu'un oiseau... (Je dis cela pour l'enfant du berceau). Ah ! Si j'étais le blanc nourrisson, Pour qui je fais cette belle chanson, Tranquille à l'ombre, Comme au bois sombre, Je rêverais que j'entends le pinson... (Je dis cela pour le blanc nourrisson). Ah ! si j'étais l'ami des blancs poussins Dormant entre eux, doux et vivants coussins Sans que je pleure, J'irais sur l'heure Faire chorus avec ces petits saints... (Je dis cela pour l'ami des poussins). Si le cheval demandait à nous voir, Riant d'aller nager à l'abreuvoir, Fermant le gîte, Je crierais vite : « Demain l'enfant pourra vous recevoir !... » (Je dis cela pour l'enfant qu'il vient voir). Si j'entendais les loups hurler dehors Bien défendu par les grands et les forts, Fier comme un homme Qui fait un somme, Je répondrais : « Passez, Messieurs, je dors !... » (Je dis cela pour les loups du dehors). On n'entendit plus rien dans la maison, Ni le rouet, ni l'égale chanson ; La mère ardente, Fine et prudente, Fit l'endormie auprès de la cloison, Et suspendit tout bruit dans la maison.
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Pour endormir l'enfant
L'étang mystérieux, suaire aux blanches moires, Frisonne ; au fond du bois la clairière apparaît ; Les arbres sont profonds et les branches sont noires ; Avez-vous vu Vénus à travers la forêt ? Avez-vous vu Vénus au sommet des collines ? Vous qui passez dans l'ombre, êtes-vous des amants ? Les sentiers bruns sont pleins de blanches mousselines ; L'herbe s'éveille et parle aux sépulcres dormants. Que dit-il, le brin d'herbe ? et que répond la tombe ? Aimez, vous qui vivez ! on a froid sous les ifs. Lèvre, cherche la bouche ! aimez-vous ! la nuit tombe ; Soyez heureux pendant que nous sommes pensifs. Dieu veut qu'on ait aimé. Vivez ! faites envie, Ô couples qui passez sous le vert coudrier. Tout ce que dans la tombe, en sortant de la vie, On emporta d'amour, on l'emploie à prier. Les mortes d'aujourd'hui furent jadis les belles. Le ver luisant dans l'ombre erre avec son flambeau. Le vent fait tressaillir, au milieu des javelles, Le brin d'herbe, et Dieu fait tressaillir le tombeau. La forme d'un toit noir dessine une chaumière ; On entend dans les prés le pas lourd du faucheur ; L'étoile aux cieux, ainsi qu'une fleur de lumière, Ouvre et fait rayonner sa splendide fraîcheur. Aimez-vous ! c'est le mois où les fraises sont mûres. L'ange du soir rêveur, qui flotte dans les vents, Mêle, en les emportant sur ses ailes obscures, Les prières des morts aux baisers des vivants. Chelles, août 18...
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Crépuscule
Vaincus, mais non domptés, exilés, mais vivants, Et malgré les édits de l'Homme et ses menaces, N'ont point abdiqué, crispant leurs mains tenaces Sur des tronçons de sceptre, et rôdent dans les vents. Les nuages coureurs aux caprices mouvants Sont la poudre des pieds de ces spectres rapaces Et la foudre hurlant à travers les espaces N'est qu'un écho lointain de leurs durs olifants. Ils sonnent la révolte à leur tour contre l'Homme, Leur vainqueur stupéfait encore et mal remis D'un tel combat avec de pareils ennemis. Du Coran, des Védas et du Deutéronome, De tous les dogmes, pleins de rage, tous les dieux Sont sortis en campagne : Alerte ! et veillons mieux.
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Les Dieux
Oh dear Aida ! Ma soprano lyrique Je te mordille le lobule de l 'auricule Je grignote l'hélix et je fouine dans l 'anthélix Je visite ton auricule. Ce soir je suis chaton de lynx Ténor lyrique Je te danse ma marche triomphale Je suis Général cinq étoiles Radamès l'Egyptien Et je m'entortille la trompette dans le labyrinthe de tes cheveux Comme dans une pelote de laine Et je miaule et je ronronne : "Aïda, mon éthiopienne, Fille d'Amonasro, Ci-devant esclave d'Amnéris, ta rivale, Je suis ton esclave patenté Ensevelis-moi vivant Quand le moment viendra et pends un de mes osselets à tes boucles d'oreille Pour chanter ma mémoire " Et joignant l'acte à la parole Je t'administre un gentil piercing de mes griffes. Et pendant que je te fais mon piercing Toi tu joues aux osselets avec mon marteau, Mon enclume et mon étrier. Tu me dévores le vestige de mon oreille Et tu me dis : "tu m'aimes maintenant !" Je n'entends plus que le bruit de l'eau Qui se mélange aux violons et aux cymbales De l'orchestre philharmonique Qui m'envahit comme le déluge Et je te livre tous mes secrets Et je m'accroche à tes cheveux Soudain bleus avec des reflets verts Comme tes ongles d'ailleurs Tous verts sauf les pouces qui sont bleus Pour combiner avec mes oreilles noyées. N'est pas chaton de lynx qui veut N'est pas maîtresse de chaton de lynx qui veut Il faut accepter d'être lacérée de coups de griffes Certes le félin se retient Mais il a beau retenir ses griffes Il est encore gamin Il ne sait pas qu'il blesse Il ignore que tu saignes Il est innocent, le petiot, Il a tout juste un mois bientôt Et aux innocents les griffes pleines. Et tu es maternelle Tu lui prépares son lait Et quand il pleure la nuit Tu l'accueilles volontiers dans ta couche Heureux les chatons de lynx Gloria in excelsis deo Car c'est enterrés vivants avec leur muse Qu'ils connaîtront le paradis.
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Aug 21, 2019
Aug 21, 2019 at 6:38 AM UTC
Je te mordille le lobule de l'auricule
Oh dear Aida ! Ma soprano lyrique Je te mordille le lobule de l 'auricule Je grignote l'hélix et je fouine dans l 'anthélix Je visite ton auricule. Ce soir je suis chaton de lynx Ténor lyrique Je te danse ma marche triomphale Je suis Général cinq étoiles Radamès l'Egyptien Et je m'entortille la trompette dans le labyrinthe de tes cheveux Comme dans une pelote de laine Et je miaule et je ronronne : "Aïda, mon éthiopienne, Fille d'Amonasro, Ci-devant esclave d'Amnéris, ta rivale, Je suis ton esclave patenté Ensevelis-moi vivant Quand le moment viendra et pends un de mes osselets à tes boucles d'oreille Pour chanter ma mémoire " Et joignant l'acte à la parole Je t'administre un gentil piercing de mes griffes. Et pendant que je te fais mon piercing Toi tu joues aux osselets avec mon marteau, Mon enclume et mon étrier. Tu me dévores le vestige de mon oreille Et tu me dis : "tu m'aimes maintenant !" Je n'entends plus que le bruit de l'eau Qui se mélange aux violons et aux cymbales De l'orchestre philharmonique Qui m'envahit comme le déluge Et je te livre tous mes secrets Et je m'accroche à tes cheveux Soudain bleus avec des reflets verts Comme tes ongles d'ailleurs Tous verts sauf les pouces qui sont bleus Pour combiner avec mes oreilles noyées. N'est pas chaton de lynx qui veut N'est pas maîtresse de chaton de lynx qui veut Il faut accepter d'être lacérée de coups de griffes Certes le félin se retient Mais il a beau retenir ses griffes Il est encore gamin Il ne sait pas qu'il blesse Il ignore que tu saignes Il est innocent, le petiot, Il a tout juste un mois bientôt Et aux innocents les griffes pleines. Et tu es maternelle Tu lui prépares son lait Et quand il pleure la nuit Tu l'accueilles volontiers dans ta couche Heureux les chatons de lynx Gloria in excelsis deo Car c'est enterrés vivants avec leur muse Qu'ils connaîtront le paradis.
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Sonnet. La Nature est un temple où de vivants piliers Laissent parfois sortir de confuses paroles ; L'homme y passe à travers des forêts de symboles Qui l'observent avec des regards familiers. Comme de longs échos qui de **** se confondent Dans une ténébreuse et profonde unité, Vaste comme la nuit et comme la clarté, Les parfums, les couleurs et les sons se répondent. Il est des parfums frais comme des chairs d'enfants, Doux comme les hautbois, verts comme les prairies, - Et d'autres, corrompus, riches et triomphants, Ayant l'expansion des choses infinies, Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens, Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.
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Correspondances
Ceux-ci partent, ceux-là demeurent. Sous le sombre aquilon, dont les mille voix pleurent, Poussière et genre humain, tout s'envole à la fois. Hélas ! le même vent souffle, en l'ombre où nous sommes, Sur toutes les têtes des hommes, Sur toutes les feuilles des bois. Ceux qui restent à ceux qui passent Disent : - Infortunés ! déjà vos fronts s'effacent. Quoi ! vous n'entendrez plus la parole et le bruit ! Quoi ! vous ne verrez plus ni le ciel ni les arbres ! Vous allez dormir sous les marbres ! Vous aller tomber dans la nuit ! - Ceux qui passent à ceux qui restent Disent : - Vous n'avez rien à vous ! vos pleurs l'attestent ! Pour vous, gloire et bonheur sont des mots décevants, Dieu donne aux morts les biens réels, les vrais royaumes. Vivants ! vous êtes des fantômes ; C'est nous qui sommes les vivants ! - Février 1843.
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Quia pulvis es
Dieu dit un jour à son soleil : - Toi par qui mon nom luit, toi que ma droite envoie Porter à l'univers ma splendeur et ma joie, Pour que l'immensité me loue à son réveil ; De ces dons merveilleux que répand ta lumière, De ces pas de géant que tu fais dans les cieux, De ces rayons vivants que boit chaque paupière, Lequel te rend, dis-moi, dans toute ta carrière, Plus semblable à moi-même et plus grand à tes yeux ? Le soleil répondit en se voilant la face : - Ce n'est point d'éclairer l'immensurable espace, De faire étinceler les sables des déserts, De fondre du Liban la couronne de glace, Ni de me contempler dans le miroir des mers, Ni d'écumer de feu sur les vagues des airs : Mais c'est de me glisser aux fentes de la pierre Du cachot où languit le captif dans sa tour, Et d'y sécher des pleurs au bord d'une paupière Que réjouit dans l'ombre un seul rayon du jour ! - Bien ! reprit Jéhovah ; c'est comme mon amour ! Ce que dit le rayon au Bienfaiteur suprême, Moi, l'insecte chantant, je le dis à moi-même. Ce qui donne à ma lyre un frisson de bonheur, Ce n'est point de frémir au vain souffle de la gloire, Ni de jeter au temps un nom pour sa mémoire, Ni de monter au ciel dans un hymne vainqueur ; Mais c'est de résonner, dans la nuit du mystère, Pour l'âme sans écho d'un pauvre solitaire Qui n'a qu'un son lointain pour tout bruit sur la terre, Et d'y glisser ma voix par les fentes du cœur.
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La charité
Pour une toile fraîchement peinte Où j’ai mis mon âme et le reste aussi Sur une peinture franchement sainte Où j'ai mis fortune en pari, Et je perdus le reste ainsi Cette ville qui ne dort jamais La ville de la nuit Que l'on ne quitte jamais Celle que l'on fuit, Trottoirs où le soleil nous cuits Une nuit en la ville, Mille soleils, le Paris d’ici Où j'erre en pauvre imbécile Les secondes de ciel amincies J'en tire mon mal comme un cheval docile Le diable se cache parmis nous Est-ce que tu le crois ? Il réside chez les rois comme chez les fous Cheval de Troie Une Percée dans les étoiles, notre seul toit La ville des lumières éteintes Bidonville de lumières mortes La cité des lumières saintes Aux visages de toutes sortes Pas besoin des clés de la ville pour ouvrir ses portes La cité des vivants, Un Hadès aux yeux de tous La cité des mourants L’ombre où les maux des hommes poussent Et les pauvres de leurs malheurs toussent En ce jour aux nuages ocre Les feux sont déjà tombés, n'ayez crainte Les humeurs et les airs âcres, Déjà les ruisseaux et leurs teintes, Ont découlés des rues comme une plainte
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Apr 21, 2020
Apr 21, 2020 at 5:14 PM UTC
Le Paranoïaque du coin de rue
Immédiatement après le salut somptueux, Le luminaire éteint moins les seuls cierges liturgiques, Les psaumes pour les morts sont dits sur un mode mineur Par les clercs et le peuple saisi de mélancolie. Un glas lent se répand des clochers de la cathédrale Répandu par tous les campaniles du diocèse, Et plane et pleure sur les villes et sur la campagne Dans la nuit tôt venue en la saison arriérée. Chacun s'en fut coucher reconduit par la voix dolente Et douce à l'infini de l'airain commémoratoire Qui va bercer le sommeil un peu triste des vivants Du souvenir des décédés de toutes les paroisses.
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Immédiatement après le salut somptueux
Une terre au flanc maigre, âpre, avare, inclément, Où les vivants pensifs travaillent tristement, Et qui donne à regret à cette race humaine Un peu de pain pour tant de labeur et de peine ; Des hommes durs, éclos sur ces sillons ingrats ; Des cités d'où s'en vont, en se tordant les bras, La charité, la paix, la foi, sœurs vénérables ; L'orgueil chez les puissants et chez les misérables ; La haine au cœur de tous; la mort, spectre sans yeux, Frappant sur les meilleurs des coups mystérieux ; Sur tous les hauts sommets, des brumes répandues ; Deux vierges, la justice et la pudeur, vendues ; Toutes les passions engendrant tous les maux ; Des forêts abritant des loups sous leurs rameaux ; Là le désert torride, ici les froids polaires ; Des océans émus de subites colères, Pleins de mâts frissonnants qui sombrent dans la nuit ; Des continents couverts de fumée et de bruit, Où deux torches aux mains rugit la guerre infâme. Où toujours quelque part fume une ville en flamme, Où se heurtent sanglants les peuples furieux ; - Et que tout cela fasse un astre dans les cieux ! Octobre 1840.
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Une terre au flanc maigre
Ces vrais vivants qui sont les saints, Et les vrais morts qui seront nous, C'est notre double fête à tous, Comme la fleur de nos desseins, Comme le drapeau symbolique Que l'ouvrier plante gaîment Au faite neuf du bâtiment, Mais, au lieu de pierre et de brique, C'est de notre chair qu'il s'agit, Et de notre âme en ce nôtre œuvre Qui, narguant la vieille couleuvre, A force de travaux surgit. Notre âme et notre chair domptées Par la truelle et le ciment Du patient renoncement Et des heures dûment comptées. Mais il est des âmes encor, Il est des chairs encore comme En chantier, qu'à tort on dénomme Les morts, puisqu'ils vivent, trésor Au repos, mais que nos prières Seulement peuvent monnayer Pour, l'architecte, l'employer Aux grandes dépenses dernières. Prions, entre les morts, pour maints De la terre et du Purgatoire, Prions de façon méritoire Ceux de là-haut qui sont les saints.
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Toussaint
Les morts que l'on fait saigner dans leur tombe Se vengent toujours. Ils ont leur manière, et plaignez qui tombe Sous leurs grands coups sourds. Mieux vaut n'avoir jamais connu la vie, Mieux vaut la mort lente d'autres suivie, Tant le temps est long, tant les coups sont lourds. Les vivants qu'on fait pleurer comme on saigne Se vengent parfois. Ceux-là qu'ils ont pris, qu'un chacun les plaigne, Pris entre leurs doigts. Mieux vaut un ours et les jeux de sa patte, Mieux vaut cent fois le chanvre et sa cravate, Mieux vaut l'édredon d'Othello cent fois. Ô toi, persécuter, crains le vampire Et crains l'étrangleur : Leur jour de colère apparaîtra pire Que toute douleur. Tiens ton âme prête à ce jour ultime Qui surprendra l'assassin comme un crime Et fondra sur le vol comme un voleur.
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Les morts que l'on fait saigner dans leur tombe
Il naît sous le soleil de nobles créatures Unissant ici-bas tout ce qu'on peut rêver, Corps de fer, cœur de flamme, admirables natures. Dieu semble les produire afin de se prouver ; Il prend, pour les pétrir, une argile plus douce, Et souvent passe un siècle à les parachever. Il met, comme un sculpteur, l'empreinte de son pouce Sur leurs fronts rayonnants de la gloire des cieux, Et l'ardente auréole en gerbes d'or y pousse. Ces hommes-là s'en vont, calmes et radieux, Sans quitter un instant leur pose solennelle, Avec l'œil immobile et le maintien des dieux. Leur moindre fantaisie est une œuvre éternelle ; Tout cède devant eux ; les sables inconstants Gardent leurs pas empreints, comme un airain fidèle. Ne leur donnez qu'un jour ou donnez-leur cent ans, L'orage ou le repos, la palette ou le glaive : Ils mèneront à bout, leurs destins éclatants. Leur existence étrange est le réel du rêve : Ils exécuteront votre plan idéal, Comme un maître savant le croquis d'un élève ; Vos désirs inconnus, sous l'arceau triomphal Dont votre esprit en songe arrondissait la voûte, Passent assis en croupe au dos de leur cheval. D'un pied sûr, jusqu'au bout ils ont suivi la route Où, dès les premiers pas, vous vous êtes assis, N'osant prendre une branche au carrefour du doute. De ceux-là chaque peuple en compte cinq ou six, Cinq ou six tout au plus, dans les siècles prospères, Types toujours vivants dont on fait des récits. Nature avare, ô toi, si féconde en vipères, En serpents, en crapauds tout gonflés de venins, Si prompte à repeupler tes immondes repaires, Pour tant d'animaux vils, d'idiots et de nains, Pour tant d'avortements et d'œuvres imparfaites, Tant de monstres impurs échappés de tes mains, Nature, tu nous dois encore bien des poètes !
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Compensation
Il naît sous le soleil de nobles créatures Unissant ici-bas tout ce qu'on peut rêver, Corps de fer, cœur de flamme, admirables natures. Dieu semble les produire afin de se prouver ; Il prend, pour les pétrir, une argile plus douce, Et souvent passe un siècle à les parachever. Il met, comme un sculpteur, l'empreinte de son pouce Sur leurs fronts rayonnants de la gloire des cieux, Et l'ardente auréole en gerbes d'or y pousse. Ces hommes-là s'en vont, calmes et radieux, Sans quitter un instant leur pose solennelle, Avec l'œil immobile et le maintien des dieux. Leur moindre fantaisie est une œuvre éternelle ; Tout cède devant eux ; les sables inconstants Gardent leurs pas empreints, comme un airain fidèle. Ne leur donnez qu'un jour ou donnez-leur cent ans, L'orage ou le repos, la palette ou le glaive : Ils mèneront à bout, leurs destins éclatants. Leur existence étrange est le réel du rêve : Ils exécuteront votre plan idéal, Comme un maître savant le croquis d'un élève ; Vos désirs inconnus, sous l'arceau triomphal Dont votre esprit en songe arrondissait la voûte, Passent assis en croupe au dos de leur cheval. D'un pied sûr, jusqu'au bout ils ont suivi la route Où, dès les premiers pas, vous vous êtes assis, N'osant prendre une branche au carrefour du doute. De ceux-là chaque peuple en compte cinq ou six, Cinq ou six tout au plus, dans les siècles prospères, Types toujours vivants dont on fait des récits. Nature avare, ô toi, si féconde en vipères, En serpents, en crapauds tout gonflés de venins, Si prompte à repeupler tes immondes repaires, Pour tant d'animaux vils, d'idiots et de nains, Pour tant d'avortements et d'œuvres imparfaites, Tant de monstres impurs échappés de tes mains, Nature, tu nous dois encore bien des poètes !
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La servante au grand coeur dont vous étiez jalouse, Et qui dort son sommeil sous une humble pelouse, Nous devrions pourtant lui porter quelques fleurs. Les morts, les pauvres morts, ont de grandes douleurs, Et quand Octobre souffle, émondeur des vieux arbres, Son vent mélancolique à l'entour de leurs marbres, Certe, ils doivent trouver les vivants bien ingrats, A dormir, comme ils font, chaudement dans leurs draps, Tandis que, dévorés de noires songeries, Sans compagnon de lit, sans bonnes causeries, Vieux squelettes gelés travaillés par le ver, Ils sentent s'égoutter les neiges de l'hiver Et le siècle couler, sans qu'amis ni famille Remplacent les lambeaux qui pendent à leur grille. Lorsque la bûche siffle et chante, si le soir, Calme, dans le fauteuil, je la voyais s'asseoir, Si, par une nuit bleue et froide de décembre, Je la trouvais tapie en un coin de ma chambre, Grave, et venant du fond de son lit éternel Couver l'enfant grandi de son oeil maternel, Que pourrais-je répondre à cette âme pieuse, Voyant tomber des pleurs de sa paupière creuse ?
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La servante au grand coeur
Dans cette mascarade immense des vivants Nul ne parle à son gré ni ne marche à sa guise ; Faite pour révéler, la parole déguise, Et la face n'est plus qu'un masque aux traits savants. Mais vient l'heure où le corps, infidèle ministre, Ne prête plus son geste à l'âme éparse au **** Et, tombant tout à coup dans un repos sinistre, Cesse d'être complice et demeure témoin. Alors l'obscur essaim des arrière-pensées, Qu'avait su refouler la force du vouloir, Se lève et plane au front comme un nuage noir Où gît le vrai motif des œuvres commencées ; Le cœur monte au visage, où les plis anxieux Ne se confondent plus aux lignes du sourire ; Le regard ne peut plus faire mentir les yeux, Et ce qu'on n'a pas dit vient aux lèvres s'écrire. C'est l'heure des aveux. Le cadavre ingénu Garde du souffle absent une empreinte suprême, Et l'homme, malgré lui redevenant lui-même, Devient un étranger pour ceux qui l'ont connu. Le rire des plus gais se détend et s'attriste, Les plus graves parfois prennent des traits riants ; Chacun meurt comme il est, sincère à l'improviste : C'est la candeur des morts qui les rend effrayants.
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Dernière solitude
Âme ! être, c'est aimer. Il est. C'est l'être extrême. Dieu, c'est le jour sans borne et sans fin qui dit : j'aime. Lui, l'incommensurable, il n'a point de compas ; Il ne se venge pas, il ne pardonne pas ; Son baiser éternel ignore la morsure ; Et quand on dit : justice, on suppose mesure. Il n'est point juste ; il est. Qui n'est que juste est peu. La justice, c'est vous, humanité ; mais Dieu Est la bonté. Dieu, branche où tout oiseau se pose ! Dieu, c'est la flamme aimante au fond de toute chose. Oh ! tous sont appelés et tous seront élus. Père, il songe au méchant pour l'aimer un peu plus. Vivants, Dieu, pénétrant en vous, chasse le vice. L'infini qui dans l'homme entre, devient justice, La justice n'étant que le rapport secret De ce que l'homme fait à ce que Dieu ferait. Bonté, c'est la lueur qui dore tous les faîtes ; Et, pour parler toujours, hommes, comme vous faites, Vous qui ne pouvez voir que la forme et le lieu, Justice est le profil de la face de Dieu. Vous voyez un côté, vous ne voyez pas l'autre. Le bon, c'est le martyr ; le juste n'est qu'apôtre ; Et votre infirmité, c'est que votre raison De l'horizon humain conclut l'autre horizon. Limités, vous prenez Dieu pour l'autre hémisphère. Mais lui, l'être absolu, qu'est-ce qu'il pourrait faire D'un rapport ? L'innombrable est-il fait pour chiffrer ? Non, tout dans sa bonté calme vient s'engouffrer. On ne sait où l'on vole, on ne sait où l'on tombe, On nomme cela mort, néant, ténèbres, tombe, Et, sage, fou, riant, pleurant, tremblant, moqueur, On s'abîme éperdu dans cet immense coeur ! Dans cet azur sans fond la clémence étoilée Elle-même s'efface, étant d'ombre mêlée ! L'être pardonné garde un souvenir secret, Et n'ose aller trop haut ; le pardon semblerait Reproche à la prière, et Dieu veut qu'elle approche ; N'étant jamais tristesse, il n'est jamais reproche, Enfants. Et maintenant, croyez si vous voulez !
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Âme ! être, c'est aimer
Âme ! être, c'est aimer. Il est. C'est l'être extrême. Dieu, c'est le jour sans borne et sans fin qui dit : j'aime. Lui, l'incommensurable, il n'a point de compas ; Il ne se venge pas, il ne pardonne pas ; Son baiser éternel ignore la morsure ; Et quand on dit : justice, on suppose mesure. Il n'est point juste ; il est. Qui n'est que juste est peu. La justice, c'est vous, humanité ; mais Dieu Est la bonté. Dieu, branche où tout oiseau se pose ! Dieu, c'est la flamme aimante au fond de toute chose. Oh ! tous sont appelés et tous seront élus. Père, il songe au méchant pour l'aimer un peu plus. Vivants, Dieu, pénétrant en vous, chasse le vice. L'infini qui dans l'homme entre, devient justice, La justice n'étant que le rapport secret De ce que l'homme fait à ce que Dieu ferait. Bonté, c'est la lueur qui dore tous les faîtes ; Et, pour parler toujours, hommes, comme vous faites, Vous qui ne pouvez voir que la forme et le lieu, Justice est le profil de la face de Dieu. Vous voyez un côté, vous ne voyez pas l'autre. Le bon, c'est le martyr ; le juste n'est qu'apôtre ; Et votre infirmité, c'est que votre raison De l'horizon humain conclut l'autre horizon. Limités, vous prenez Dieu pour l'autre hémisphère. Mais lui, l'être absolu, qu'est-ce qu'il pourrait faire D'un rapport ? L'innombrable est-il fait pour chiffrer ? Non, tout dans sa bonté calme vient s'engouffrer. On ne sait où l'on vole, on ne sait où l'on tombe, On nomme cela mort, néant, ténèbres, tombe, Et, sage, fou, riant, pleurant, tremblant, moqueur, On s'abîme éperdu dans cet immense coeur ! Dans cet azur sans fond la clémence étoilée Elle-même s'efface, étant d'ombre mêlée ! L'être pardonné garde un souvenir secret, Et n'ose aller trop haut ; le pardon semblerait Reproche à la prière, et Dieu veut qu'elle approche ; N'étant jamais tristesse, il n'est jamais reproche, Enfants. Et maintenant, croyez si vous voulez !
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Maintenant, dans la plaine ou bien dans la montagne, Chêne ou sapin, un arbre est en train de pousser, En France, en Amérique, en Turquie, en Espagne, Un arbre sous lequel un jour je puis passer. Maintenant, sur le seuil d'une pauvre chaumière, Une femme, du pied agitant un berceau, Sans se douter qu'elle est la parque filandière, Allonge entre ses doigts l'étoupe d'un fuseau. Maintenant, **** du ciel à la splendeur divine, Comme une taupe aveugle en son étroit couloir, Pour arracher le fer au ventre de la mine, Sous le sol des vivants plonge un travailleur noir. Maintenant, dans un coin du monde que j'ignore, Il existe une place où le gazon fleurit, Où le soleil joyeux boit les pleurs de l'aurore, Où l'abeille bourdonne, où l'oiseau chante et rit. Cet arbre qui soutient tant de nids sur ses branches, Cet arbre épais et vert, frais et riant à l'oeil, Dans son tronc renversé l'on taillera des planches, Les planches dont un jour on fera mon cercueil ! Cette étoupe qu'on file et qui, tissée en toile, Donne une aile au vaisseau dans le port engourdi, À l'orgie une nappe, à la pudeur un voile, Linceul, revêtira mon cadavre verdi ! Ce fer que le mineur cherche au fond de la terre Aux brumeuses clartés de son pâle fanal, Hélas ! le forgeron quelque jour en doit faire Le clou qui fermera le couvercle fatal ! A cette même place où mille fois peut-être J'allai m'asseoir, le coeur plein de rêves charmants, S'entr'ouvrira le gouffre où je dois disparaître, Pour descendre au séjour des épouvantements !
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Stances
Maintenant, dans la plaine ou bien dans la montagne, Chêne ou sapin, un arbre est en train de pousser, En France, en Amérique, en Turquie, en Espagne, Un arbre sous lequel un jour je puis passer. Maintenant, sur le seuil d'une pauvre chaumière, Une femme, du pied agitant un berceau, Sans se douter qu'elle est la parque filandière, Allonge entre ses doigts l'étoupe d'un fuseau. Maintenant, **** du ciel à la splendeur divine, Comme une taupe aveugle en son étroit couloir, Pour arracher le fer au ventre de la mine, Sous le sol des vivants plonge un travailleur noir. Maintenant, dans un coin du monde que j'ignore, Il existe une place où le gazon fleurit, Où le soleil joyeux boit les pleurs de l'aurore, Où l'abeille bourdonne, où l'oiseau chante et rit. Cet arbre qui soutient tant de nids sur ses branches, Cet arbre épais et vert, frais et riant à l'oeil, Dans son tronc renversé l'on taillera des planches, Les planches dont un jour on fera mon cercueil ! Cette étoupe qu'on file et qui, tissée en toile, Donne une aile au vaisseau dans le port engourdi, À l'orgie une nappe, à la pudeur un voile, Linceul, revêtira mon cadavre verdi ! Ce fer que le mineur cherche au fond de la terre Aux brumeuses clartés de son pâle fanal, Hélas ! le forgeron quelque jour en doit faire Le clou qui fermera le couvercle fatal ! A cette même place où mille fois peut-être J'allai m'asseoir, le coeur plein de rêves charmants, S'entr'ouvrira le gouffre où je dois disparaître, Pour descendre au séjour des épouvantements !
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III. Prie encor pour tous ceux qui passent Sur cette terre des vivants ! Pour ceux dont les sentiers s'effacent À tous les flots, à tous les vents ! Pour l'insensé qui met sa joie Dans l'éclat d'un manteau de soie, Dans la vitesse d'un cheval ! Pour quiconque souffre et travaille, Qu'il s'en revienne ou qu'il s'en aille, Qu'il fasse le bien ou le mal ! Pour celui que le plaisir souille D'embrassements jusqu'au matin, Qui prend l'heure où l'on s'agenouille Pour sa danse et pour son festin, Qui fait hurler l'orgie infâme Au même instant du soir où l'âme Répète son hymne assidu, Et, quand la prière est éteinte, Poursuit, comme s'il avait crainte Que Dieu ne l'ait pas entendu ! Enfant ! pour les vierges voilées ! Pour le prisonnier dans sa tour ! Pour les femmes échevelées Qui vendent le doux nom d'amour ! Pour l'esprit qui rêve et médite ! Pour l'impie à la voix maudite Qui blasphème la sainte loi ! - Car la prière est infinie ! Car tu crois pour celui qui nie ! Car l'enfance tient lieu de foi ! Prie aussi pour ceux que recouvre La pierre du tombeau dormant, Noir précipice qui s'entrouvre Sous notre foule à tout moment ! Toutes ces âmes en disgrâce Ont besoin qu'on les débarrasse De la vieille rouille du corps. Souffrent-elles moins pour se taire ? Enfant ! regardons sous la terre ! Il faut avoir pitié des morts ! Mai 1830.
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La prière pour tous (III)
La cathédrale est majestueuse Que j'imagine en pleine campagne Sur quelque affluent de quelque Meuse Non **** de l'Océan qu'il regagne, L'Océan pas vu que je devine Par l'air chargé de sels et d'arômes. La croix est d'or dans la nuit divine D'entre l'envol des tours et des dômes. Des Angélus font aux campaniles Une couronne d'argent qui chante ; De blancs hibous, aux longs cris graciles, Tournent sans fin de sorte charmante ; Des processions jeunes et claires Vont et viennent de porches sans nombre, Soie et perles de vivants rosaires, Rogations pour de chers fruits d'ombre. Ce n'est pas un rêve ni la vie, C'est ma belle et ma chaste pensée, Si vous voulez ma philosophie, Ma mort choisie ainsi déguisée.
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La cathédrale est majestueuse