Hello Poetry
Submit your work and get some sparkles! Create free account
Ceux-ci partent, ceux-là demeurent. Sous le sombre aquilon, dont les mille voix pleurent, Poussière et genre humain, tout s'envole à la fois. Hélas ! le même vent souffle, en l'ombre où nous sommes, Sur toutes les têtes des hommes, Sur toutes les feuilles des bois. Ceux qui restent à ceux qui passent Disent : - Infortunés ! déjà vos fronts s'effacent. Quoi ! vous n'entendrez plus la parole et le bruit ! Quoi ! vous ne verrez plus ni le ciel ni les arbres ! Vous allez dormir sous les marbres ! Vous aller tomber dans la nuit ! - Ceux qui passent à ceux qui restent Disent : - Vous n'avez rien à vous ! vos pleurs l'attestent ! Pour vous, gloire et bonheur sont des mots décevants, Dieu donne aux morts les biens réels, les vrais royaumes. Vivants ! vous êtes des fantômes ; C'est nous qui sommes les vivants ! - Février 1843.
0
507
Quia pulvis es
Ceux-ci partent, ceux-là demeurent. Sous le sombre aquilon, dont les mille voix pleurent, Poussière et genre humain, tout s'envole à la fois. Hélas ! le même vent souffle, en l'ombre où nous sommes, Sur toutes les têtes des hommes, Sur toutes les feuilles des bois. Ceux qui restent à ceux qui passent Disent : - Infortunés ! déjà vos fronts s'effacent. Quoi ! vous n'entendrez plus la parole et le bruit ! Quoi ! vous ne verrez plus ni le ciel ni les arbres ! Vous allez dormir sous les marbres ! Vous aller tomber dans la nuit ! - Ceux qui passent à ceux qui restent Disent : - Vous n'avez rien à vous ! vos pleurs l'attestent ! Pour vous, gloire et bonheur sont des mots décevants, Dieu donne aux morts les biens réels, les vrais royaumes. Vivants ! vous êtes des fantômes ; C'est nous qui sommes les vivants ! - Février 1843.
Victor Hugo
1802 - 1885/Male/French