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"utile" poems
Éloge de Monsieur de Montaigne (Dédié à Jean-Pierre) Toi seigneur de Montaigne, au si beau nom d'Eyquem que nul amateur de Bordeaux ne saurait négliger. Tu fus l'ami de La Boétie et un sage joyeux, Tu vécus en ton château, dont l'une des tours rondes, contenait une bibliothèque fournie. Toi, qui faisait cultiver ce vin de Bordeaux, qui sied au palais et plait tant aux anglais. Cher Montaigne ayant étudié à Bordeaux, au collège de Guyenne, Tu vécus en un temps empoisonné par les guerres de religion et ses sombres fureurs. Temps affreux ou l'homme égorgeait l'homme, qui ne partageait pas sa même lecture de la  Bible. Et dire que nous avions cru, ces temps-là, révolus ! C'est peut-être ce qui te poussa à choisir l'école stoïcienne, Bien que par ton tempérament et ta vie. Tu fus beaucoup plus proche des bonheurs de Lucrèce. Tu fus, un long temps, magistrat au Parlement de Bordeaux, bien que les chicaneries du Droit t'eussent vite lassées, et plus encore, la cruauté de ses modes de preuve. et cet acharnement infini des plaideurs, à n'en jamais finir, à faire rebondir les procès que tant d’énergie vaine te semblait pure perte. Mais tu voulais être utile et l'égoïsme étroit de l' «otium», choquait ta conscience. Tu eus un ami cher, Prince de Liberté et de distinction, Etienne de la Boétie, qui réfléchit avec profondeur, sur les racines de la tyrannie en nos propres faiblesses. Et de cette amitié, en recherchant les causes, Tu conclus et répondit ainsi : «Parce que c’était lui, parce que c’était moi» Révélant ainsi que la quintessence du bonheur de  vivre luit au cœur  de cette amitié dont nous sommes, à la fois, le réceptacle et l’offrande. Cher Michel de Montaigne, je voulais, te saluer ici et te faire savoir en quelle estime Je te tiens avec  tes «Essais» d’une bienveillante sagesse Qui font songer aux meilleurs vins mûris en barriques de chêne Et à ces cognacs qui éveillent l’Esprit et les sens, Même lorsque l’hiver nous pèse et nous engourdit Je voulais aussi te dire que de ton surnom J’ai nommé Jean-Pierre qui te ressemble si fort Et apporte une douce ironie à mes passions tumultueuses. Paul Arrighi
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Apr 21, 2016
Apr 21, 2016 at 6:16 AM UTC
Éloge de Monsieur de Montaigne
Éloge de Monsieur de Montaigne (Dédié à Jean-Pierre) Toi seigneur de Montaigne, au si beau nom d'Eyquem que nul amateur de Bordeaux ne saurait négliger. Tu fus l'ami de La Boétie et un sage joyeux, Tu vécus en ton château, dont l'une des tours rondes, contenait une bibliothèque fournie. Toi, qui faisait cultiver ce vin de Bordeaux, qui sied au palais et plait tant aux anglais. Cher Montaigne ayant étudié à Bordeaux, au collège de Guyenne, Tu vécus en un temps empoisonné par les guerres de religion et ses sombres fureurs. Temps affreux ou l'homme égorgeait l'homme, qui ne partageait pas sa même lecture de la  Bible. Et dire que nous avions cru, ces temps-là, révolus ! C'est peut-être ce qui te poussa à choisir l'école stoïcienne, Bien que par ton tempérament et ta vie. Tu fus beaucoup plus proche des bonheurs de Lucrèce. Tu fus, un long temps, magistrat au Parlement de Bordeaux, bien que les chicaneries du Droit t'eussent vite lassées, et plus encore, la cruauté de ses modes de preuve. et cet acharnement infini des plaideurs, à n'en jamais finir, à faire rebondir les procès que tant d’énergie vaine te semblait pure perte. Mais tu voulais être utile et l'égoïsme étroit de l' «otium», choquait ta conscience. Tu eus un ami cher, Prince de Liberté et de distinction, Etienne de la Boétie, qui réfléchit avec profondeur, sur les racines de la tyrannie en nos propres faiblesses. Et de cette amitié, en recherchant les causes, Tu conclus et répondit ainsi : «Parce que c’était lui, parce que c’était moi» Révélant ainsi que la quintessence du bonheur de  vivre luit au cœur  de cette amitié dont nous sommes, à la fois, le réceptacle et l’offrande. Cher Michel de Montaigne, je voulais, te saluer ici et te faire savoir en quelle estime Je te tiens avec  tes «Essais» d’une bienveillante sagesse Qui font songer aux meilleurs vins mûris en barriques de chêne Et à ces cognacs qui éveillent l’Esprit et les sens, Même lorsque l’hiver nous pèse et nous engourdit Je voulais aussi te dire que de ton surnom J’ai nommé Jean-Pierre qui te ressemble si fort Et apporte une douce ironie à mes passions tumultueuses. Paul Arrighi
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C'est le moment crépusculaire. J'admire, assis sous un portail, Ce reste de jour dont s'éclaire La dernière heure du travail. Dans les terres, de nuit baignées, Je contemple, ému, les haillons D'un vieillard qui jette à poignées La moisson future aux sillons. Sa haute silhouette noire Domine les profonds labours. On sent à quel point il doit croire À la fuite utile des jours. Il marche dans la plaine immense, Va, vient, lance la graine au **** Rouvre sa main, et recommence, Et je médite, obscur témoin, Pendant que, déployant ses voiles, L'ombre, où se mêle une rumeur, Semble élargir jusqu'aux étoiles Le geste auguste du semeur.
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Saison des semailles (Le soir)
“A poet's qualifications include common sense, knowledge of character, adherence to high ideals, combination of the dulce with the utile, intellectual superiority, appreciation of the noble history and lofty mission of poetry, and above all a willingness to listen to and profit by impartial criticism.” Ars Poeti a (ll. 295–476).[10]
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Nov 20, 2021
Nov 20, 2021 at 9:10 AM UTC
A Poet’s Qualifications
Une poulette jeune et sans expérience, En trottant, cloquetant, grattant, Se trouva, je ne sais comment, Fort **** du poulailler, berceau de son enfance. Elle s'en aperçut qu'il était déjà **** Comme elle y retournait, voici qu'un vieux renard A ses yeux troublés se présente. La pauvre poulette tremblante Recommanda son âme à Dieu. Mais le renard, s'approchant d'elle, Lui dit : hélas ! Mademoiselle, Votre frayeur m'étonne peu ; C'est la faute de mes confrères, Gens de sac et de corde, infâmes ravisseurs, Dont les appétits sanguinaires Ont rempli la terre d'horreurs. Je ne puis les changer, mais du moins je travaille A préserver par mes conseils L'innocente et faible volaille Des attentats de mes pareils. Je ne me trouve heureux qu'en me rendant utile ; Et j'allais de ce pas jusques dans votre asile Pour avertir vos soeurs qu'il court un mauvais bruit, C'est qu'un certain renard méchant autant qu'habile Doit vous attaquer cette nuit. Je viens veiller pour vous. La crédule innocente Vers le poulailler le conduit : A peine est-il dans ce réduit, Qu'il tue, étrangle, égorge, et sa griffe sanglante Entasse les mourants sur la terre étendus, Comme fit Diomède au quartier de Rhésus. Il croqua tout, grandes, petites, Coqs, poulets et chapons ; tout périt sous ses dents. La pire espèce de méchants Est celle des vieux hypocrites.
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La jeune poule et le vieux renard
Fable V, Livre II. Plus galant que sensé, Colin voulut jadis Réunir dans son champ l'agréable à l'utile, Et cultiver les fleurs au milieu des épis, Rien n'était, à son gré, plus sage et plus facile. Parmi les blés, dans la saison, Il va donc semant à foison Bluets, coquelicots, et mainte fleur pareille Qu'on voit égayer nos guérets, Quand Flore, en passant chez Cérès, A laissé pencher sa corbeille. Dans peu, se disait-il, que mon champ sera beau ! Avant l'ample récolte au moissonneur promise, Que de bouquets pour Suzette, pour Lise, Pour les fillettes du hameau ! Partant que de baisers ! oui, cadeau pour cadeau ; Ou rien pour rien, c'est ma devise. Le doux printemps paraît enfin : Le bluet naît avec la rose. En mai, le bonheur de Colin Faisait envie à maint voisin ; En août ce fut tout autre chose. Tandis qu'il n'était pas d'endroits Où la moisson ne fût certaine ; Que les trésors de Beauce au **** doraient la plaine, Et que le laboureur n'avait plus d'autre peine Que celle de trouver ses greniers trop étroits ; Trop **** désabusé de ses projets futiles, D'un œil obscurci par les pleurs, Colin, dans ses sillons stérilement fertiles, Cherche en vain les épis étouffés sous les fleurs. Vous qui dans ses travaux guidez la faible enfance, Ceci vous regarde, je crois ; Chez vous, on apprend à la fois Le latin, la musique, et l'algèbre, et la danse. C'est trop. Heureusement savons-nous, mes amis, Que le Rollin du jour n'est pas de cet avis. Enseigner moins, mais mieux, oui, tel est son système Colin, vous dit-il sagement, Ne cultivons que le froment, Le bluet viendra de lui-même.
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Les blés et les fleurs
Fable V, Livre II. Plus galant que sensé, Colin voulut jadis Réunir dans son champ l'agréable à l'utile, Et cultiver les fleurs au milieu des épis, Rien n'était, à son gré, plus sage et plus facile. Parmi les blés, dans la saison, Il va donc semant à foison Bluets, coquelicots, et mainte fleur pareille Qu'on voit égayer nos guérets, Quand Flore, en passant chez Cérès, A laissé pencher sa corbeille. Dans peu, se disait-il, que mon champ sera beau ! Avant l'ample récolte au moissonneur promise, Que de bouquets pour Suzette, pour Lise, Pour les fillettes du hameau ! Partant que de baisers ! oui, cadeau pour cadeau ; Ou rien pour rien, c'est ma devise. Le doux printemps paraît enfin : Le bluet naît avec la rose. En mai, le bonheur de Colin Faisait envie à maint voisin ; En août ce fut tout autre chose. Tandis qu'il n'était pas d'endroits Où la moisson ne fût certaine ; Que les trésors de Beauce au **** doraient la plaine, Et que le laboureur n'avait plus d'autre peine Que celle de trouver ses greniers trop étroits ; Trop **** désabusé de ses projets futiles, D'un œil obscurci par les pleurs, Colin, dans ses sillons stérilement fertiles, Cherche en vain les épis étouffés sous les fleurs. Vous qui dans ses travaux guidez la faible enfance, Ceci vous regarde, je crois ; Chez vous, on apprend à la fois Le latin, la musique, et l'algèbre, et la danse. C'est trop. Heureusement savons-nous, mes amis, Que le Rollin du jour n'est pas de cet avis. Enseigner moins, mais mieux, oui, tel est son système Colin, vous dit-il sagement, Ne cultivons que le froment, Le bluet viendra de lui-même.
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Fable II, Livre V. Je suis un peu badaud, je n'en disconviens pas. Tout m'amuse ; depuis ces batteurs d'entrechats, Depuis ces brillants automates, Dont Gardel fait mouvoir et les pieds et les bras, Jusqu'à ceux dont un fil règle et soutient les pas, Jusqu'aux Vestris à quatre pattes, Qui la queue en trompette, et le museau crotté, En jupe, en frac, en froc, en toque, en mitre, en casque, La plume sur l'oreille, ou la brette au côté, Modestes toutefois sous l'habit qui les masque, Moins fiers que nous de leurs surnoms, Quêtent si gaîment les suffrages Des musards de tous les cantons Et des enfants de tous les âges. L'argent leur vient aussi. Peut-on payer trop bien L'art, le bel art de Terpsichore ? Art unique ! art utile au singe, à l'homme, au chien. Comme il vous fait valoir un sot, une pécore ! C'est le clinquant qui les décore, Et fait quelque chose de rien. La critique, en dépit de mon goût et du vôtre, Traite pourtant, lecteur, cet art tout comme un autre. Quels succès sous sa dent ne sont pas expiés ? Qui n'en est pas victime en est le tributaire. Le grand Vestris, le grand Voltaire, Par sa morsure estropiés, Prouvent qu'il faut qu'on se résigne Et qu'enfin le génie à cette dent maligne Est soumis de la tète aux pieds. De cette vérité, que je ne crois pas neuve, Quelques roquets tantôt m'offraient encor la preuve. Tandis qu'au son du flageolet, Au bruit du tambourin, sautillant en cadence, Ces pauvres martyrs de la danse Formaient sous ma fenêtre un fort joli ballet, Un mâtin, cette fois ce n'était pas un homme, Un mâtin, qui debout n'a jamais fait un pas, Campé sur son derrière, aboyait, Dieu sait comme, Après ceux qui savaient ce qu'il ne savait pas, Après ceux, et c'est là le plaisant de l'affaire, Après ceux qui faisaient ce qu'il ne peut pas faire. Quoique mauvais danseur, en mes propos divers, Pour la danse, en tout temps, j'ai montré force estime. En douter serait un vrai crime ; J'en atteste ces petits vers. Mais que sert mon exemple à ce vaste univers ? Je n'en crois donc pas moins le sens de cette fable Au commun des mortels tout-à-fait applicable. Chiens et gens qui dansez, retenez bien ceci : L'ignorant est jaloux et l'impuissant aussi.
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Les chiens qui dansent
Fable II, Livre V. Je suis un peu badaud, je n'en disconviens pas. Tout m'amuse ; depuis ces batteurs d'entrechats, Depuis ces brillants automates, Dont Gardel fait mouvoir et les pieds et les bras, Jusqu'à ceux dont un fil règle et soutient les pas, Jusqu'aux Vestris à quatre pattes, Qui la queue en trompette, et le museau crotté, En jupe, en frac, en froc, en toque, en mitre, en casque, La plume sur l'oreille, ou la brette au côté, Modestes toutefois sous l'habit qui les masque, Moins fiers que nous de leurs surnoms, Quêtent si gaîment les suffrages Des musards de tous les cantons Et des enfants de tous les âges. L'argent leur vient aussi. Peut-on payer trop bien L'art, le bel art de Terpsichore ? Art unique ! art utile au singe, à l'homme, au chien. Comme il vous fait valoir un sot, une pécore ! C'est le clinquant qui les décore, Et fait quelque chose de rien. La critique, en dépit de mon goût et du vôtre, Traite pourtant, lecteur, cet art tout comme un autre. Quels succès sous sa dent ne sont pas expiés ? Qui n'en est pas victime en est le tributaire. Le grand Vestris, le grand Voltaire, Par sa morsure estropiés, Prouvent qu'il faut qu'on se résigne Et qu'enfin le génie à cette dent maligne Est soumis de la tète aux pieds. De cette vérité, que je ne crois pas neuve, Quelques roquets tantôt m'offraient encor la preuve. Tandis qu'au son du flageolet, Au bruit du tambourin, sautillant en cadence, Ces pauvres martyrs de la danse Formaient sous ma fenêtre un fort joli ballet, Un mâtin, cette fois ce n'était pas un homme, Un mâtin, qui debout n'a jamais fait un pas, Campé sur son derrière, aboyait, Dieu sait comme, Après ceux qui savaient ce qu'il ne savait pas, Après ceux, et c'est là le plaisant de l'affaire, Après ceux qui faisaient ce qu'il ne peut pas faire. Quoique mauvais danseur, en mes propos divers, Pour la danse, en tout temps, j'ai montré force estime. En douter serait un vrai crime ; J'en atteste ces petits vers. Mais que sert mon exemple à ce vaste univers ? Je n'en crois donc pas moins le sens de cette fable Au commun des mortels tout-à-fait applicable. Chiens et gens qui dansez, retenez bien ceci : L'ignorant est jaloux et l'impuissant aussi.
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À M. Plasschaert. Qui, en m'expédiant un ouvrage de sa façon, indiquait : À l'auteur de La Feuille... en Europe. Auteur aimable autant qu'utile, Votre livre m'est parvenu ; À votre but, à votre style, Ma raison vous a reconnu. Vos vers pleins de délicatesse Pour mon goût n'ont pas moins de prix On n'écrit pas mieux à Paris, Mais on y met mieux mon adresse. En Europe, où partout je vois Que les saints traités s'exécutent, Suis-je connu même des rois, Des bons rois qui me persécutent ? De m'y chercher qui prendrait soin, Sur la foi de votre apostille, Chercherait bien moins qu'une aiguille, Et dans quelle botte de foin ! Jouet du sort impitoyable, Au fait, je n'ai ni feu ni lieu ; Je suis à la grâce de Dieu : Qui m'écrira, m'écrive au diable ! Écrit à La Haye, en 1818.
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Auteur aimable autant qu'utile
Lorsque brusquement et soudainement le jour Devenait la nuit la plus obscure, compatriotes et amis On ne savait pas si on devait courir en se disant bonjour Adieu ou au revoir. La terre tremblait jusqu'à l'infini Sans halte, comme des trains nocturnes venant de plusieurs Directions. L'heure était vitale. On cherchait la lueur D'un espoir pour s'échapper de l'embrouillamini surnaturel Où des milliers de vies ont été disparues. Les biens matériels Ne sont pas importants, on se voit partir tel qu'on est Venu. On doit reconnaitre que l'argent est futile et la paix Est la chose la plus précieuse qu'on nécessite. Le passé C'est là que réside un bonheur furtif, éphémère et volatil C'est comme la fin d'un monde. Oh! Chaque être est utile. La faille a ouvert sa grande gueule pour engloutir: bébés Adultes, chiens, chats, maisons, édifices et routes en entier C'est l'apocalypse, c'est la fin pour des milliers de citoyens Qui ont disparu comme de la fumée dans les nuages ensorcelés Les trains étaient invisibles mais les gens montaient, les mains En l'air, dans des véhicules sans portes et ni pneus. Les pieds Lourds pesaient dix fois plus qu'un éléphant. On partait vers des Destinations inconnues. Les cris abasourdis et muets étaient Partout. La Terre tremblait. Elle a tremblé comme si elle voulait S'engloutir dans la mer où le flux et le reflux s'atterrissaient À la jupe du rideau où la fumée et la nébulosité se rencontraient Heureux sont ceux qui ont été sauvés et qui vivent en paix Le séisme est un avatar infernal qui apporte peines et regrets Haiti, notre pays a perdu des gens charmants, des petits enfants chéris A cause de l'égoïsme des dirigeants safres imbibés dans l'hypocrisie On ne cesse de dire à haute voix: pauvre Haiti. On ne cesse de pleurer En se demandant quand les larmes cesseront de sombrer et d'exsuder. Copyright© 10 Janvier 2021, Hébert Logerie, Tous Droits Réservés Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs recueils de poèmes.
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Jan 10, 2025
Jan 10, 2025 at 10:29 PM UTC
Le Séisme Infernal D'un Après-Midi Extraordinaire
Lorsque brusquement et soudainement le jour Devenait la nuit la plus obscure, compatriotes et amis On ne savait pas si on devait courir en se disant bonjour Adieu ou au revoir. La terre tremblait jusqu'à l'infini Sans halte, comme des trains nocturnes venant de plusieurs Directions. L'heure était vitale. On cherchait la lueur D'un espoir pour s'échapper de l'embrouillamini surnaturel Où des milliers de vies ont été disparues. Les biens matériels Ne sont pas importants, on se voit partir tel qu'on est Venu. On doit reconnaitre que l'argent est futile et la paix Est la chose la plus précieuse qu'on nécessite. Le passé C'est là que réside un bonheur furtif, éphémère et volatil C'est comme la fin d'un monde. Oh! Chaque être est utile. La faille a ouvert sa grande gueule pour engloutir: bébés Adultes, chiens, chats, maisons, édifices et routes en entier C'est l'apocalypse, c'est la fin pour des milliers de citoyens Qui ont disparu comme de la fumée dans les nuages ensorcelés Les trains étaient invisibles mais les gens montaient, les mains En l'air, dans des véhicules sans portes et ni pneus. Les pieds Lourds pesaient dix fois plus qu'un éléphant. On partait vers des Destinations inconnues. Les cris abasourdis et muets étaient Partout. La Terre tremblait. Elle a tremblé comme si elle voulait S'engloutir dans la mer où le flux et le reflux s'atterrissaient À la jupe du rideau où la fumée et la nébulosité se rencontraient Heureux sont ceux qui ont été sauvés et qui vivent en paix Le séisme est un avatar infernal qui apporte peines et regrets Haiti, notre pays a perdu des gens charmants, des petits enfants chéris A cause de l'égoïsme des dirigeants safres imbibés dans l'hypocrisie On ne cesse de dire à haute voix: pauvre Haiti. On ne cesse de pleurer En se demandant quand les larmes cesseront de sombrer et d'exsuder. Copyright© 10 Janvier 2021, Hébert Logerie, Tous Droits Réservés Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs recueils de poèmes.
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« De grâce, apprenez-moi comment l'on fait fortune, Demandait à son père un jeune ambitieux. - Il est, dit le vieillard, un chemin glorieux : C'est de se rendre utile à la cause commune, De prodiguer ses jours, ses veilles, ses talents, Au service de la patrie. - Oh ! trop pénible est cette vie ; Je veux des moyens moins brillants. - Il en est de plus sûrs, l'intrigue... - Elle est trop vile ; Sans vice et sans travail je voudrais m'enrichir. - Eh bien ! sois un simple imbécile, J'en ai vu beaucoup réussir. »
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Le jeune homme et le vieillard
J'aime le souvenir de ces époques nues, Dont Phoebus se plaisait à dorer les statues. Alors l'homme et la femme en leur agilité Jouissaient sans mensonge et sans anxiété, Et, le ciel amoureux leur caressant l'échine, Exerçaient la santé de leur noble machine. Cybèle alors, fertile en produits généreux, Ne trouvait point ses fils un poids trop onéreux, Mais, louve au coeur gonflé de tendresses communes, Abreuvait l'univers à ses tétines brunes. L'homme, élégant, robuste et fort, avait le droit D'être fier des beautés qui le nommaient leur roi ; Fruits purs de tout outrage et vierges de gerçures, Dont la chair lisse et ferme appelait les morsures ! Le Poète aujourd'hui, quand il veut concevoir Ces natives grandeurs, aux lieux où se font voir La nudité de l'homme et celle de la femme, Sent un froid ténébreux envelopper son âme Devant ce noir tableau plein d'épouvantement. Ô monstruosités pleurant leur vêtement ! Ô ridicules troncs ! torses dignes des masques ! Ô pauvres corps tordus, maigres, ventrus ou flasques, Que le dieu de l'Utile, implacable et serein, Enfants, emmaillota dans ses langes d'airain ! Et vous, femmes, hélas ! pâles comme des cierges, Que ronge et que nourrit la débauche, et vous, vierges, Du vice maternel traînant l'hérédité Et toutes les hideurs de la fécondité ! Nous avons, il est vrai, nations corrompues, Aux peuples anciens des beautés inconnues : Des visages rongés par les chancres du coeur, Et comme qui dirait des beautés de langueur ; Mais ces inventions de nos muses tardives N'empêcheront jamais les races maladives De rendre à la jeunesse un hommage profonde, - A la sainte jeunesse, à l'air simple, au doux front, A l'oeil limpide et clair ainsi qu'une eau courante, Et qui va répandant sur tout, insouciante Comme l'azur du ciel, les oiseaux et les fleurs, Ses parfums, ses chansons et ses douces chaleurs !
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J'aime le souvenir de ces époques nues
J'aime le souvenir de ces époques nues, Dont Phoebus se plaisait à dorer les statues. Alors l'homme et la femme en leur agilité Jouissaient sans mensonge et sans anxiété, Et, le ciel amoureux leur caressant l'échine, Exerçaient la santé de leur noble machine. Cybèle alors, fertile en produits généreux, Ne trouvait point ses fils un poids trop onéreux, Mais, louve au coeur gonflé de tendresses communes, Abreuvait l'univers à ses tétines brunes. L'homme, élégant, robuste et fort, avait le droit D'être fier des beautés qui le nommaient leur roi ; Fruits purs de tout outrage et vierges de gerçures, Dont la chair lisse et ferme appelait les morsures ! Le Poète aujourd'hui, quand il veut concevoir Ces natives grandeurs, aux lieux où se font voir La nudité de l'homme et celle de la femme, Sent un froid ténébreux envelopper son âme Devant ce noir tableau plein d'épouvantement. Ô monstruosités pleurant leur vêtement ! Ô ridicules troncs ! torses dignes des masques ! Ô pauvres corps tordus, maigres, ventrus ou flasques, Que le dieu de l'Utile, implacable et serein, Enfants, emmaillota dans ses langes d'airain ! Et vous, femmes, hélas ! pâles comme des cierges, Que ronge et que nourrit la débauche, et vous, vierges, Du vice maternel traînant l'hérédité Et toutes les hideurs de la fécondité ! Nous avons, il est vrai, nations corrompues, Aux peuples anciens des beautés inconnues : Des visages rongés par les chancres du coeur, Et comme qui dirait des beautés de langueur ; Mais ces inventions de nos muses tardives N'empêcheront jamais les races maladives De rendre à la jeunesse un hommage profonde, - A la sainte jeunesse, à l'air simple, au doux front, A l'oeil limpide et clair ainsi qu'une eau courante, Et qui va répandant sur tout, insouciante Comme l'azur du ciel, les oiseaux et les fleurs, Ses parfums, ses chansons et ses douces chaleurs !
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Fable I, Livre I. L'olive, aux champs, n'est pas ce qu'elle est sur la table ; Le premier qui, sur l'arbre, essaya d'en goûter, Fit une mine épouvantable ; Au feu voulut faire jeter Le tronc qui produisait un fruit si détestable. Mieux vaut le cultiver, lui dit la Déité Qui faisait ce présent à l'Attique fertile ; Plus qu'on ne croit, son fruit peut devenir utile, S'il se trouve chez vous un homme assez habile Pour corriger sa crudité. Minerve avait raison ; le fruit que l'on dédaigne, Par un fort habile homme à la fin ramassé, Dans l'eau propice où l'art le baigne, De ses défauts un jour se voit débarrassé. Il n'est, depuis, ami de bonne chère Qui n'en veuille en mille ragoûts ; Et grâce à l'apprêt qui tempère L'âpreté de son caractère, Ni trop douce, ni trop amère, L'olive est devenue un mets de tous les goûts. Cet apprêt que l'habile artiste Fit subir au fruit rebuté, Est celui que le fabuliste Doit donner à la vérité.
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L'olive
The sound of your silent voice, speaks loud from the page, after all it is a real choice, to fake and rage on the road, at the machine, not required to be unrequited, step closer and let me goad you to get angry, with what is said, how words alive were made dead, so they fall victim to gravity, depravity then slip into the malaise, of a hundred thousand other words, and a thousand thousand poets who like birds take flight, ***** after they have written rhymed verse or worse, prose, it matters not, none of this matters, it is rot, crumbling from my fingers and onto a keyboard, washing up on beaches around the world, the seashores, what are poems for, what poets do you adore, when you read their words, you see their hands, stained with pitch black ink, liken their one utile hand to a squid gripping a pen, twisted tentacles, that reach out a grab your heart and your head, but how, most of them are dead, or should be, oh to be a modern poet, write some words on paper with lines, add a treble clef and you'll do fine, if it is hard, find a bard, he will string the words, with thread attach the notes, measure what you said on a scale, add it all up and there you have music theory, explained by a math murderer
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Jun 5, 2014
Jun 5, 2014 at 2:09 AM UTC
Music Theory
Bien des gens ont mis leurs sentiments en mots pour soulager leur cœur trop lourd. Il me semble alors utile de le faire maintenant parce que traîner mon corps est un supplice. Je te sens m’éviter, sachant très bien ce qui s’est passé, mais refusant de prendre ta part de responsabilité. Nous étions deux. Tu m’as dit que c’était compliqué. J’ai tout accepté en étant sous l’effet de l’étincelle du moment que tu m’avais offert. Tu exprimais tes remords tout en continuant ce que nous avions commencé. Tout est flou à présent. Un instant tu était l’ami qui pouvait me faire sourire même lorsque le ciel me tombait sur la tête et en une fraction de seconde, tu balayais cette relation du revers de la main. « Je n’aurais pas dû faire ça » tu m’as dit. Et pourtant tu l’as fait. Je ne crois pas à l’effet de l’alcool. Étais-je simplement le fruit d’une impulsion ou juste une autre de plus? J’ai mal. Je t’ai donné l’occasion de m’expliquer et tu t’entêtes à éviter de me répondre clairement. Je ne peux plus manger. Tout me tente et me dégoûte à la fois. Je ne regrette pas que tu aies été le premier. C’était à la limite romantique. Cependant, je ne peux l’oublier, la scène repasse sans cesse. Je ne peux pas nier que je rêve d’un autre moment comme celui-là avec toi. Je n’aurais pas pu imaginer un first kiss plus parfait. Oui, il m’a surpris, mais je pense qu’il le fallait. Tu es tellement attentionné, tu ne sais pas la valeur que tu as. Tu as su me transmettre ta confiance et ta joie. Tu as rendu mes 18 ans inoubliables. Passer mes mains dans tes cheveux, danser avec incohérence au gré d’une musique qui faisait vibrer de l’intérieur et t’embrasser avec un peu trop de vigueur. Je ne pourrai jamais te dire à quel point tu es une personne hors du commun. J’ai presque honte de mes sentiments parce que je sais que pour toi, l’amitié est le seul fil qui nous relie. Il faut que ça sorte pour que j’aille mieux. Je me trouve si extravagante d’en faire toute une histoire pour de frivoles embrassades de bar, mais il y a de quoi se poser des questions. Je ne sais pas si tu aura le courage de tout lire. Dans mon fort intérieur je sens que j’éprouve quelque chose pour toi. C’est indéniable. J’ai passé des heures à scruter à la loupe ce que j’en pensais. Sans l’ombre d’un doute, ce n’est pas l’amitié qui me fait vivre. P.S. La fille qui rentra un jour au bar pour en ressortir comme une femme.
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Apr 28, 2019
Apr 28, 2019 at 11:35 PM UTC
L’âge adulte
Bien des gens ont mis leurs sentiments en mots pour soulager leur cœur trop lourd. Il me semble alors utile de le faire maintenant parce que traîner mon corps est un supplice. Je te sens m’éviter, sachant très bien ce qui s’est passé, mais refusant de prendre ta part de responsabilité. Nous étions deux. Tu m’as dit que c’était compliqué. J’ai tout accepté en étant sous l’effet de l’étincelle du moment que tu m’avais offert. Tu exprimais tes remords tout en continuant ce que nous avions commencé. Tout est flou à présent. Un instant tu était l’ami qui pouvait me faire sourire même lorsque le ciel me tombait sur la tête et en une fraction de seconde, tu balayais cette relation du revers de la main. « Je n’aurais pas dû faire ça » tu m’as dit. Et pourtant tu l’as fait. Je ne crois pas à l’effet de l’alcool. Étais-je simplement le fruit d’une impulsion ou juste une autre de plus? J’ai mal. Je t’ai donné l’occasion de m’expliquer et tu t’entêtes à éviter de me répondre clairement. Je ne peux plus manger. Tout me tente et me dégoûte à la fois. Je ne regrette pas que tu aies été le premier. C’était à la limite romantique. Cependant, je ne peux l’oublier, la scène repasse sans cesse. Je ne peux pas nier que je rêve d’un autre moment comme celui-là avec toi. Je n’aurais pas pu imaginer un first kiss plus parfait. Oui, il m’a surpris, mais je pense qu’il le fallait. Tu es tellement attentionné, tu ne sais pas la valeur que tu as. Tu as su me transmettre ta confiance et ta joie. Tu as rendu mes 18 ans inoubliables. Passer mes mains dans tes cheveux, danser avec incohérence au gré d’une musique qui faisait vibrer de l’intérieur et t’embrasser avec un peu trop de vigueur. Je ne pourrai jamais te dire à quel point tu es une personne hors du commun. J’ai presque honte de mes sentiments parce que je sais que pour toi, l’amitié est le seul fil qui nous relie. Il faut que ça sorte pour que j’aille mieux. Je me trouve si extravagante d’en faire toute une histoire pour de frivoles embrassades de bar, mais il y a de quoi se poser des questions. Je ne sais pas si tu aura le courage de tout lire. Dans mon fort intérieur je sens que j’éprouve quelque chose pour toi. C’est indéniable. J’ai passé des heures à scruter à la loupe ce que j’en pensais. Sans l’ombre d’un doute, ce n’est pas l’amitié qui me fait vivre. P.S. La fille qui rentra un jour au bar pour en ressortir comme une femme.
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Fable VI, Livre V. Quelques brochets jetés dans nos étangs N'y sont pas tout-à-fait nuisibles. Craints des poissons de tous les rangs, Mais au fretin lui seul terribles, S'ils vivent des petits, ils font vivre les grands. Des avortons, sans cesse, engloutissant la tourbe, Ils accroissent d'autant la part des gros mangeurs ; Et de plus à ces bons nageurs Ne laissent pas le temps de croupir dans la bourbe. Il faut dire la vérité : La critique est utile, et sa sévérité Dont notre apologue est l'emblème, Peut avoir au Parnasse un salutaire effet ; Mais encor, pour cela, faut-il que le brochet Ne soit pas du fretin lui-même.
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Les brochets
Some people get used to free services They can be your friends or your acquaintances. When you are too kind and helpful. These fools think you will be there doing that forever. When comes that one day you can't help them, They will tell you:" You are never there" and **** I call them "favour abusers". Pay attention, this is common when you are too utile. Remember that your time is precious, you are not obligated to respond to their demands. Or feel guilty to not have time. Plus it is for free !!!
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Jul 17, 2020
Jul 17, 2020 at 8:52 PM UTC
I don't owe them anything no more.
Aidons-nous mutuellement, La charge des malheurs en sera plus légère ; Le bien que l'on fait à son frère Pour le mal que l'on souffre est un soulagement. Confucius l'a dit ; suivons tous sa doctrine. Pour la persuader aux peuples de la Chine, Il leur contait le trait suivant. Dans une ville de l'Asie Il existait deux malheureux, L'un perclus, l'autre aveugle, et pauvres tous les deux. Ils demandaient au Ciel de terminer leur vie ; Mais leurs cris étaient superflus, Ils ne pouvaient mourir. Notre paralytique, Couché sur un grabat dans la place publique, Souffrait sans être plaint : il en souffrait bien plus. L'aveugle, à qui tout pouvait nuire, Etait sans guide, sans soutien, Sans avoir même un pauvre chien Pour l'aimer et pour le conduire. Un certain jour, il arriva Que l'aveugle à tâtons, au détour d'une rue, Près du malade se trouva ; Il entendit ses cris, son âme en fut émue. Il n'est tel que les malheureux Pour se plaindre les uns les autres. " J'ai mes maux, lui dit-il, et vous avez les vôtres : Unissons-les, mon frère, ils seront moins affreux. - Hélas ! dit le perclus, vous ignorez, mon frère, Que je ne puis faire un seul pas ; Vous-même vous n'y voyez pas : A quoi nous servirait d'unir notre misère ? - A quoi ? répond l'aveugle ; écoutez. A nous deux Nous possédons le bien à chacun nécessaire : J'ai des jambes, et vous des yeux. Moi, je vais vous porter ; vous, vous serez mon guide : Vos yeux dirigeront mes pas mal assurés ; Mes jambes, à leur tour, iront où vous voudrez. Ainsi, sans que jamais notre amitié décide Qui de nous deux remplit le plus utile emploi, Je marcherai pour vous, vous y verrez pour moi. "
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L'aveugle et le paralytique
Aidons-nous mutuellement, La charge des malheurs en sera plus légère ; Le bien que l'on fait à son frère Pour le mal que l'on souffre est un soulagement. Confucius l'a dit ; suivons tous sa doctrine. Pour la persuader aux peuples de la Chine, Il leur contait le trait suivant. Dans une ville de l'Asie Il existait deux malheureux, L'un perclus, l'autre aveugle, et pauvres tous les deux. Ils demandaient au Ciel de terminer leur vie ; Mais leurs cris étaient superflus, Ils ne pouvaient mourir. Notre paralytique, Couché sur un grabat dans la place publique, Souffrait sans être plaint : il en souffrait bien plus. L'aveugle, à qui tout pouvait nuire, Etait sans guide, sans soutien, Sans avoir même un pauvre chien Pour l'aimer et pour le conduire. Un certain jour, il arriva Que l'aveugle à tâtons, au détour d'une rue, Près du malade se trouva ; Il entendit ses cris, son âme en fut émue. Il n'est tel que les malheureux Pour se plaindre les uns les autres. " J'ai mes maux, lui dit-il, et vous avez les vôtres : Unissons-les, mon frère, ils seront moins affreux. - Hélas ! dit le perclus, vous ignorez, mon frère, Que je ne puis faire un seul pas ; Vous-même vous n'y voyez pas : A quoi nous servirait d'unir notre misère ? - A quoi ? répond l'aveugle ; écoutez. A nous deux Nous possédons le bien à chacun nécessaire : J'ai des jambes, et vous des yeux. Moi, je vais vous porter ; vous, vous serez mon guide : Vos yeux dirigeront mes pas mal assurés ; Mes jambes, à leur tour, iront où vous voudrez. Ainsi, sans que jamais notre amitié décide Qui de nous deux remplit le plus utile emploi, Je marcherai pour vous, vous y verrez pour moi. "
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Un gentil écureuil était le camarade, Le tendre ami d'un beau danois. Un jour qu'ils voyageaient comme Oreste et Pylade, La nuit les surprit dans un bois. En ce lieu point d'auberge ; ils eurent de la peine À trouver où se bien coucher. Enfin le chien se mit dans le creux d'un vieux chêne, Et l'écureuil plus haut grimpa pour se nicher. Vers minuit, c'est l'heure des crimes, Longtemps après que nos amis En se disant bon soir se furent endormis, Voici qu'un vieux renard affamé de victimes Arrive au pied de l'arbre, et, levant le museau, Voit l'écureuil sur un rameau. Il le mange des yeux, humecte de sa langue Ses lèvres qui de sang brûlent de s'abreuver ; Mais jusqu'à l'écureuil il ne peut arriver : Il faut donc par une harangue L'engager à descendre ; et voici son discours : Ami, pardonnez, je vous prie, Si de votre sommeil j'ose troubler le cours : Mais le pieux transport dont mon âme est remplie Ne peut se contenir ; je suis votre cousin Germain : Votre mère était sœur de feu mon digne père. Cet honnête homme, hélas ! à son heure dernière, M'a tant recommandé de chercher son neveu Pour lui donner moitié du peu Qu'il m'a laissé de bien ! Venez donc, mon cher frère, Venez, par un embrassement, Combler le doux plaisir que mon âme ressent. Si je pouvais monter jusqu'aux lieux où vous êtes, Oh ! J'y serais déjà, soyez-en bien certain. Les écureuils ne sont pas bêtes, Et le mien était fort malin ; Il reconnaît le patelin, Et répond d'un ton doux : je meurs d'impatience De vous embrasser, mon cousin ; Je descends : mais, pour mieux lier la connaissance, Je veux vous présenter mon plus fidèle ami, Un parent qui prit soin de nourrir mon enfance ; Il dort dans ce trou-là : frappez un peu ; je pense Que vous serez charmé de le connaître aussi. Aussitôt maître renard frappe, Croyant en manger deux : mais le fidèle chien S'élance de l'arbre, le happe, Et vous l'étrangle bel et bien. Ceci prouve deux points : d'abord, qu'il est utile Dans la douce amitié de placer son bonheur ; Puis, qu'avec de l'esprit il est souvent facile Au piège qu'il nous tend de surprendre un trompeur.
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L'écureuil, le chien et le renard
Un gentil écureuil était le camarade, Le tendre ami d'un beau danois. Un jour qu'ils voyageaient comme Oreste et Pylade, La nuit les surprit dans un bois. En ce lieu point d'auberge ; ils eurent de la peine À trouver où se bien coucher. Enfin le chien se mit dans le creux d'un vieux chêne, Et l'écureuil plus haut grimpa pour se nicher. Vers minuit, c'est l'heure des crimes, Longtemps après que nos amis En se disant bon soir se furent endormis, Voici qu'un vieux renard affamé de victimes Arrive au pied de l'arbre, et, levant le museau, Voit l'écureuil sur un rameau. Il le mange des yeux, humecte de sa langue Ses lèvres qui de sang brûlent de s'abreuver ; Mais jusqu'à l'écureuil il ne peut arriver : Il faut donc par une harangue L'engager à descendre ; et voici son discours : Ami, pardonnez, je vous prie, Si de votre sommeil j'ose troubler le cours : Mais le pieux transport dont mon âme est remplie Ne peut se contenir ; je suis votre cousin Germain : Votre mère était sœur de feu mon digne père. Cet honnête homme, hélas ! à son heure dernière, M'a tant recommandé de chercher son neveu Pour lui donner moitié du peu Qu'il m'a laissé de bien ! Venez donc, mon cher frère, Venez, par un embrassement, Combler le doux plaisir que mon âme ressent. Si je pouvais monter jusqu'aux lieux où vous êtes, Oh ! J'y serais déjà, soyez-en bien certain. Les écureuils ne sont pas bêtes, Et le mien était fort malin ; Il reconnaît le patelin, Et répond d'un ton doux : je meurs d'impatience De vous embrasser, mon cousin ; Je descends : mais, pour mieux lier la connaissance, Je veux vous présenter mon plus fidèle ami, Un parent qui prit soin de nourrir mon enfance ; Il dort dans ce trou-là : frappez un peu ; je pense Que vous serez charmé de le connaître aussi. Aussitôt maître renard frappe, Croyant en manger deux : mais le fidèle chien S'élance de l'arbre, le happe, Et vous l'étrangle bel et bien. Ceci prouve deux points : d'abord, qu'il est utile Dans la douce amitié de placer son bonheur ; Puis, qu'avec de l'esprit il est souvent facile Au piège qu'il nous tend de surprendre un trompeur.
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Fable VII, Livre IV. - Tandis qu'en vain cet arbre utile Attend l'eau dont il a besoin, Pourquoi prenez-vous tant de soin De cet arbre ingrat et stérile ? - Mon ami, c'est qu'il vient de ****
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L'arbre exotique et l'arbre indigène
Je ne veux plus lire de lettre, Sauf les lettres que le facteur Sera chargé de me remettre, Comme après tout on est le maître De lire tel ou tel auteur. Écoutez bien, gens de la ville : Montrer, avec ou sans motif, Lettre quelconque... est bien futile. Lettre toute autre est chose... utile Rarement portée à l'actif. Que le Duc d'Aumale s'en foute, Il ne vaut pas un sous-préfet ; Et... si j'eusse été... sur ma route, Le Général... Mignonne, écoute, Je sais fort ce que j'aurais fait. Ce n'est rien moins qu'une merveille, On le peut, sans se déranger. C'est le secret de ma bouteille. Je pourrais le dire à l'oreille Du beau Général Boulanger. Vous qui devinez tout, Madame, Ne divulguez rien, s'il vous plaît, Sinon, je vous écris : infâme ! Et si vous tirez votre lame, Je vous avance... mon valet. Hé ! là ! ce que je viens de dire, Ma mignonne, c'était en l'air : On ne te voit jamais écrire. Moi, je chante et ne veut que rire : Il me semble que c'est très clair. Je me dis avec insistance : Je n'attacherai plus de prix, Ni la plus petite importance, Qu'à ma propre correspondance, Si je me suis bien, bien compris. Lettres laides ou Lettres belles, J'y suis doucement résigné, Je n'en lirai pas de nouvelles, Je ne lirai plus même celles De Madame de Sévigné. Et si cette admirable Brune Me trouvait vilain garnement, Elle n'a, pour que j'en lise une, Par le facteur Rayon-de-Lune Qu'à me l'adresser, simplement.
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Les lettres
Deux chats qui descendaient du fameux Rodilard, Et dignes tous les deux de leur noble origine, Différaient d'embonpoint : l'un était gras à lard, C'était l'aîné ; sous son hermine D'un chanoine il avait la mine, Tant il était dodu, potelé, frais et beau : Le cadet n'avait que la peau Collée à sa tranchante échine. Cependant ce cadet, du matin jusqu'au soir, De la cave à la gouttière Trottait, courait, il fallait voir, Sans en faire meilleure chère. Enfin, un jour, au désespoir, Il tint ce discours à son frère : Explique-moi par quel moyen, Passant ta vie à ne rien faire, Moi travaillant toujours, on te nourrit si bien, Et moi si mal. La chose est claire, Lui répondit l'aîné : tu cours tout le logis Pour manger rarement quelque maigre souris... - N'est-ce pas mon devoir ? - D'accord, cela peut être : Mais moi je reste auprès du maître ; Je sais l'amuser par mes tours. Admis à ses repas sans qu'il me réprimande, Je prends de bons morceaux, et puis je les demande En faisant patte de velours, Tandis que toi, pauvre imbécile, Tu ne sais rien que le servir, Va, le secret de réussir, C'est d'être adroit, non d'être utile.
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Les deux chats
under this scratch of sky to us assigned I do not want to be useful I want to be close to you..... not telling you what you do not remember or do not know but gather the threads that tie our words dispersed in infinite space and knot them one by one, the words so to weave a net a safety net on which we may let us go, fall with all our thoughts before it's late of other possible goodness I do not know ................ sotto questo graffio di cielo a noi assegnato io non voglio esserti utile voglio esserti vicino..... non dirti cosa non ricordi o non sai ma raccogliere i fili a cui sono legate le nostre parole disperse nello spazio infinito e annodarle una ad una, le parole così da tessere una rete una rete di protezione sulla quale lasciarci andare cadere con tutti i nostri pensieri prima che sia tardi di altro bene possibile non so inútil bajo este rasguño del cielo a nosotros asignado no quiero ser util yo quiero estar cerca de ti..... no decirte lo que no recuerdas o no sabes en cambio recoger los hilos donde estàn atadas nuestras palabras dispersas en el espacio infinito y atarlas una por una, las palabras para tejer una red una red de seguridad en la que podemos dejarnos ir, caer con todos nuestros pensamientos antes de que sea tarde de otra posible bondad no sé ................ inutile sous cette égratignure du ciel pour nous assigné Je ne veux pas être utile Je veux être près de toi..... ne pas vous dire ce que vous ne rappelez ou ne savez pas mais rassembler les fils qui lient tous nos mots dispersés dans un espace infini et les nouer un par un, les mots ainsi tisser un filet un filet de sécurité sur lequel nous pouvons nous laisser aller, tomber avec toutes nos pensées avant qu'il soit **** d'autre bonté possible Je ne sais pas
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Nov 9, 2018
Nov 9, 2018 at 5:26 AM UTC
useless
under this scratch of sky to us assigned I do not want to be useful I want to be close to you..... not telling you what you do not remember or do not know but gather the threads that tie our words dispersed in infinite space and knot them one by one, the words so to weave a net a safety net on which we may let us go, fall with all our thoughts before it's late of other possible goodness I do not know ................ sotto questo graffio di cielo a noi assegnato io non voglio esserti utile voglio esserti vicino..... non dirti cosa non ricordi o non sai ma raccogliere i fili a cui sono legate le nostre parole disperse nello spazio infinito e annodarle una ad una, le parole così da tessere una rete una rete di protezione sulla quale lasciarci andare cadere con tutti i nostri pensieri prima che sia tardi di altro bene possibile non so inútil bajo este rasguño del cielo a nosotros asignado no quiero ser util yo quiero estar cerca de ti..... no decirte lo que no recuerdas o no sabes en cambio recoger los hilos donde estàn atadas nuestras palabras dispersas en el espacio infinito y atarlas una por una, las palabras para tejer una red una red de seguridad en la que podemos dejarnos ir, caer con todos nuestros pensamientos antes de que sea tarde de otra posible bondad no sé ................ inutile sous cette égratignure du ciel pour nous assigné Je ne veux pas être utile Je veux être près de toi..... ne pas vous dire ce que vous ne rappelez ou ne savez pas mais rassembler les fils qui lient tous nos mots dispersés dans un espace infini et les nouer un par un, les mots ainsi tisser un filet un filet de sécurité sur lequel nous pouvons nous laisser aller, tomber avec toutes nos pensées avant qu'il soit **** d'autre bonté possible Je ne sais pas
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You have tried to find love. You have searched in the most utile of places, thirsting for a sip. You have asked your lover what lies between her thighs maybe you could find some love there. She’d say rosé… she always does; the older it is, the drier it gets. And now, you have drunk so much rosé practically all day, or every other Thursday night till you have grown weary of its taste. But you have heard that love lasts forever_ a lingering heartthrob , not a recurring hiccup from too much wine_Yes, you have heard tales of a fairy tailing princesses until true love is found. Yet, you remain here-loveless, loveless and loveless again. Maybe if you looked for love less, just maybe you would find it, maybe it would find you. Maybe…eventually
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Nov 11, 2019
Nov 11, 2019 at 11:03 AM UTC
Love()less