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"turc" poems
Chanson. Mimi Pinson est une blonde, Une blonde que l'on connaît. Elle n'a qu'une robe au monde, Landerirette ! Et qu'un bonnet. Le Grand Turc en a davantage. Dieu voulut de cette façon La rendre sage. On ne peut pas la mettre en gage, La robe de Mimi Pinson. Mimi Pinson porte une rose, Une rose blanche au côté. Cette fleur dans son coeur éclose, Landerirette ! C'est la gaieté. Quand un bon souper la réveille, Elle fait sortir la chanson De la bouteille. Parfois il penche sur l'oreille, Le bonnet de Mimi Pinson. Elle a les yeux et la main prestes. Les carabins, matin et soir, Usent les manches de leurs vestes, Landerirette ! A son comptoir. Quoique sans maltraiter personne, Mimi leur fait mieux la leçon Qu'à la Sorbonne. Il ne faut pas qu'on la chiffonne, La robe de Mimi Pinson. Mimi Pinson peut rester fille, Si Dieu le veut, c'est dans son droit. Elle aura toujours son aiguille, Landerirette ! Au bout du doigt. Pour entreprendre sa conquête, Ce n'est pas tout qu'un beau garçon : Faut être honnête ; Car il n'est pas **** de sa tête, Le bonnet de Mimi Pinson. D'un gros bouquet de fleurs d'orange Si l'amour veut la couronner, Elle a quelque chose en échange, Landerirette ! A lui donner. Ce n'est pas, on se l'imagine, Un manteau sur un écusson Fourré d'hermine ; C'est l'étui d'une perle fine, La robe de Mimi Pinson. Mimi n'a pas l'âme vulgaire, Mais son coeur est républicain : Aux trois jours elle a fait la guerre, Landerirette ! En casaquin. A défaut d'une hallebarde, On l'a vue avec son poinçon Monter la garde. Heureux qui mettra sa cocarde Au bonnet de Mimi Pinson !
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Mimi Pinson
Chanson. Mimi Pinson est une blonde, Une blonde que l'on connaît. Elle n'a qu'une robe au monde, Landerirette ! Et qu'un bonnet. Le Grand Turc en a davantage. Dieu voulut de cette façon La rendre sage. On ne peut pas la mettre en gage, La robe de Mimi Pinson. Mimi Pinson porte une rose, Une rose blanche au côté. Cette fleur dans son coeur éclose, Landerirette ! C'est la gaieté. Quand un bon souper la réveille, Elle fait sortir la chanson De la bouteille. Parfois il penche sur l'oreille, Le bonnet de Mimi Pinson. Elle a les yeux et la main prestes. Les carabins, matin et soir, Usent les manches de leurs vestes, Landerirette ! A son comptoir. Quoique sans maltraiter personne, Mimi leur fait mieux la leçon Qu'à la Sorbonne. Il ne faut pas qu'on la chiffonne, La robe de Mimi Pinson. Mimi Pinson peut rester fille, Si Dieu le veut, c'est dans son droit. Elle aura toujours son aiguille, Landerirette ! Au bout du doigt. Pour entreprendre sa conquête, Ce n'est pas tout qu'un beau garçon : Faut être honnête ; Car il n'est pas **** de sa tête, Le bonnet de Mimi Pinson. D'un gros bouquet de fleurs d'orange Si l'amour veut la couronner, Elle a quelque chose en échange, Landerirette ! A lui donner. Ce n'est pas, on se l'imagine, Un manteau sur un écusson Fourré d'hermine ; C'est l'étui d'une perle fine, La robe de Mimi Pinson. Mimi n'a pas l'âme vulgaire, Mais son coeur est républicain : Aux trois jours elle a fait la guerre, Landerirette ! En casaquin. A défaut d'une hallebarde, On l'a vue avec son poinçon Monter la garde. Heureux qui mettra sa cocarde Au bonnet de Mimi Pinson !
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Fable XV, Livre I. Pauvre Turc ! qu'il est bon ! le charmant caractère ! S'écriait un enfant en promenant sa main Sur un dogue enchaîné qui, dit-on, par dédain, Impunément le laissait faire. Vilain Fox ! comme il est méchant ! Dit un moment après le même personnage, Agaçant un barbet qui, malgré maint outrage, Mordait à peine en se fâchant. Papa, c'est celui-ci qu'il faut mettre à la chaîne ; L'autre, dans la maison, doit errer librement. Le père avait la tête saine, Et pensa tout différemment. - Mon enfant, moins de promptitude, À porter condamnation ! Tu juges sur une action ; Il faut juger sur l'habitude. Différons donc, si tu m'en crois, De rien changer à l'ancien ordre ; Car si Fox a mordu, c'est la première fois ; C'est la première aussi que Turc cesse de mordre.
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L'enfant et les deux chiens
Un arabe à Marseille autrefois m'a conté Qu'un pacha turc dans sa patrie Vint porter certain jour un coffret cacheté Au plus sage dervis qui fût en Arabie. Ce coffret, lui dit-il, renferme des rubis, Des diamants d'un très grand prix : C'est un présent que je veux faire À l'homme que tu jugeras Être le plus fou de la terre. Cherche bien, tu le trouveras. Muni de son coffret, notre bon solitaire S'en va courir le monde. Avait-il donc besoin D'aller **** ? L'embarras de choisir était sa grande affaire : Des fous toujours plus fous venaient de toutes parts Se présenter à ses regards. Notre pauvre dépositaire Pour l'offrir à chacun saisissait le coffret : Mais un pressentiment secret Lui conseillait de n'en rien faire, L'assurait qu'il trouverait mieux. Errant ainsi de lieux en lieux, Embarrassé de son message, Enfin, après un long voyage, Notre homme et le coffret arrivent un matin Dans la ville de Constantin. Il trouve tout le peuple en joie : Que s'est-il donc passé ? Rien, lui dit un iman ; C'est notre grand vizir que le sultan envoie, Au moyen d'un lacet de soie, Porter au prophète un firman. Le peuple rit toujours de ces sortes d'affaires ; Et, comme ce sont des misères, Notre empereur souvent lui donne ce plaisir. - Souvent ? - Oui. - C'est fort bien ; votre nouveau vizir Est-il nommé ? - Sans doute : et le voilà qui passe. Le dervis, à ces mots, court, traverse la place, Arrive, et reconnaît le pacha son ami. Bon ! Te voilà ! Dit celui-ci : Et le coffret ? - Seigneur, j'ai parcouru l'Asie ; J'ai vu des fous parfaits, mais sans oser choisir : Aujourd'hui ma course est finie ; Daignez l'accepter, grand vizir.
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Le pacha et le dervis
Un arabe à Marseille autrefois m'a conté Qu'un pacha turc dans sa patrie Vint porter certain jour un coffret cacheté Au plus sage dervis qui fût en Arabie. Ce coffret, lui dit-il, renferme des rubis, Des diamants d'un très grand prix : C'est un présent que je veux faire À l'homme que tu jugeras Être le plus fou de la terre. Cherche bien, tu le trouveras. Muni de son coffret, notre bon solitaire S'en va courir le monde. Avait-il donc besoin D'aller **** ? L'embarras de choisir était sa grande affaire : Des fous toujours plus fous venaient de toutes parts Se présenter à ses regards. Notre pauvre dépositaire Pour l'offrir à chacun saisissait le coffret : Mais un pressentiment secret Lui conseillait de n'en rien faire, L'assurait qu'il trouverait mieux. Errant ainsi de lieux en lieux, Embarrassé de son message, Enfin, après un long voyage, Notre homme et le coffret arrivent un matin Dans la ville de Constantin. Il trouve tout le peuple en joie : Que s'est-il donc passé ? Rien, lui dit un iman ; C'est notre grand vizir que le sultan envoie, Au moyen d'un lacet de soie, Porter au prophète un firman. Le peuple rit toujours de ces sortes d'affaires ; Et, comme ce sont des misères, Notre empereur souvent lui donne ce plaisir. - Souvent ? - Oui. - C'est fort bien ; votre nouveau vizir Est-il nommé ? - Sans doute : et le voilà qui passe. Le dervis, à ces mots, court, traverse la place, Arrive, et reconnaît le pacha son ami. Bon ! Te voilà ! Dit celui-ci : Et le coffret ? - Seigneur, j'ai parcouru l'Asie ; J'ai vu des fous parfaits, mais sans oser choisir : Aujourd'hui ma course est finie ; Daignez l'accepter, grand vizir.
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À Juana la grenadine, Qui toujours chante et badine, Sultan Achmet dit un jour : - Je donnerais sans retour Mon royaume pour Médine, Médine pour ton amour. - Fais-toi chrétien, roi sublime ! Car il est illégitime, Le plaisir qu'on a cherché Aux bras d'un turc débauché. J'aurais peur de faire un crime. C'est bien assez du péché. - Par ces perles dont la chaîne Rehausse, ô ma souveraine, Ton cou blanc comme le lait, Je ferai ce qui te plaît, Si tu veux bien que je prenne Ton collier pour chapelet. Le 20 octobre 1828.
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Sultan Achmet
La lune était sereine et jouait sur les flots. - La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise, La sultane regarde, et la mer qui se brise, Là-bas, d'un flot d'argent brode les noirs îlots. De ses doigts en vibrant s'échappe la guitare. Elle écoute... Un bruit sourd frappe les sourds échos. Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos, Battant l'archipel grec de sa rame tartare ? Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour, Et coupent l'eau, qui roule en perles sur leur aile ? Est-ce un djinn qui là-haut siffle d'un voix grêle, Et jette dans la mer les créneaux de la tour ? Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? - Ni le noir cormoran, sur la vague bercé, Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé Du lourd vaisseau, rampant sur l'onde avec des rames. Ce sont des sacs pesants, d'où partent des sanglots. On verrait, en sondant la mer qui les promène, Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine... - La lune était sereine et jouait sur les flots. Le 2 septembre 1828.
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Clair de lune
L'habit râpé Vivent les bas de soie et les souliers vernis ! La chaise dépaillée Dieu dit aux bons fauteuils : fauteuils, je vous bénis ! Le poêle froid Comme un grand feu qui flambe et pétille en décembre Vous illumine l'âme en empourprant la chambre ! Le verre plein d'eau Ma foi, j'aime le vin. La soucoupe pleine de poussière Moi, j'aime le café. L'écuelle de bois C'est charmant de crier : garçon ! Perdreau truffé, Bordeaux retour de l'Inde, et saumon sauce aux huîtres ! Le carreau cassé Une fenêtre est belle alors qu'elle a des vitres. Le gousset vide Que l'usurier hideux, poussif, auquel tu dois, Agite un vieux billet de banque en ses vieux doigts, Fût-il gris comme un chantre et crasseux comme un diacre, Vénus vient toute nue en sa conque de nacre. Le lit de sangle Un édredon, c'est doux. L'écritoire Arétin, plein d'esprit, Vit content ; sous ses pieds il a quand il écrit Un charmant tapis turc qui réchauffe sa prose. Le trou de la serrure J'estime une portière épaisse, et, verte ou rose, Laissant voir, dans les plis du satin ouaté, Un mandarin qui prend une tasse de thé. Un papier timbré Verrès est riche et grand ; devant lui nul ne bouge. Le miroir fêlé Sur un frac brodé d'or j'aime un beau cordon rouge. L'escabeau boiteux Quel bonheur de courir à la croix de Berny Sur quelque ardent cheval plein d'un souffle infini, Démon aux crins épars né des vents de l'Ukraine ! La semelle percée Quelle joie ! En hiver, rouler au Cours-la-Reine, Quand le soleil dissout les brouillards pluvieux, Dans un landau qui fait blêmir les envieux ! Le plafond troué Et, tandis qu'au dehors siffle le vent féroce, Contempler, à travers les glaces du carrosse, Le ciel bleu, rayonnant d'une douce clarté ! Le ciel bleu Paix ! Comptez vous pour rien cette sérénité De marcher le front haut, et de se dire : en somme, Je mange du pain noir, mais je suis honnête homme ! Le 17 novembre 1853.
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Voix dans le grenier
L'habit râpé Vivent les bas de soie et les souliers vernis ! La chaise dépaillée Dieu dit aux bons fauteuils : fauteuils, je vous bénis ! Le poêle froid Comme un grand feu qui flambe et pétille en décembre Vous illumine l'âme en empourprant la chambre ! Le verre plein d'eau Ma foi, j'aime le vin. La soucoupe pleine de poussière Moi, j'aime le café. L'écuelle de bois C'est charmant de crier : garçon ! Perdreau truffé, Bordeaux retour de l'Inde, et saumon sauce aux huîtres ! Le carreau cassé Une fenêtre est belle alors qu'elle a des vitres. Le gousset vide Que l'usurier hideux, poussif, auquel tu dois, Agite un vieux billet de banque en ses vieux doigts, Fût-il gris comme un chantre et crasseux comme un diacre, Vénus vient toute nue en sa conque de nacre. Le lit de sangle Un édredon, c'est doux. L'écritoire Arétin, plein d'esprit, Vit content ; sous ses pieds il a quand il écrit Un charmant tapis turc qui réchauffe sa prose. Le trou de la serrure J'estime une portière épaisse, et, verte ou rose, Laissant voir, dans les plis du satin ouaté, Un mandarin qui prend une tasse de thé. Un papier timbré Verrès est riche et grand ; devant lui nul ne bouge. Le miroir fêlé Sur un frac brodé d'or j'aime un beau cordon rouge. L'escabeau boiteux Quel bonheur de courir à la croix de Berny Sur quelque ardent cheval plein d'un souffle infini, Démon aux crins épars né des vents de l'Ukraine ! La semelle percée Quelle joie ! En hiver, rouler au Cours-la-Reine, Quand le soleil dissout les brouillards pluvieux, Dans un landau qui fait blêmir les envieux ! Le plafond troué Et, tandis qu'au dehors siffle le vent féroce, Contempler, à travers les glaces du carrosse, Le ciel bleu, rayonnant d'une douce clarté ! Le ciel bleu Paix ! Comptez vous pour rien cette sérénité De marcher le front haut, et de se dire : en somme, Je mange du pain noir, mais je suis honnête homme ! Le 17 novembre 1853.
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