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"tristement" poems
Une lettre français!   Ne jamais révéler ce qui vérités que vous ressentez. Les sentiments ont été conjuré. il vous a fait si triste. Sentiments inhumés trouvés. Ne savais pas que vous aviez. Confus et si peur. Mon co-accusés faisaient. Dans un traumatisme. Où l'amour a volé son armure. Tout pour une dose de amore honnête. Un visage toujours caché afin qu'il ne se perde pas. La véritable amitié de la vie, la cause de ce gel. Une fois très fort, maintenant si tristement perdu. Vous a envoyé une carte pour le moment de l'année. Probablement jeté dans la poubelle de la peur. Je pourrais vous aimer jamais plus. Cela aurait pu être plus jamais. Mais maintenant, ma douce amie reposer en paix. Peut sommeil éternel pas venir trop tôt. Pour la gloire de l'amitié coincé au fond de cette tombe! Avec l'amour d'un ami poétique. Puisse notre amitié vraiment jamais de fin! par ladylivvi1 © 2013 ladylivvi1 (Tous droits réservés)
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Dec 9, 2013
Dec 9, 2013 at 1:34 AM UTC
A French Letter
Les âmes, c'est comme les plantes Elles ont besoin de soleil et d'eau. Le premier les nourrit de lumière Et l'autre de minéraux. Certaines âmes sont comme des images De la pure lumière sur du papier glacé. Elles ont perdu leur lien à la terre Et risque bientôt de se fâner. Aussi, comme un bouquet sur une toile flamande Les âmes sèches nous rappellent tristement la mort Et bientôt nous vident de nos minéraux.
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Mar 31, 2015
Mar 31, 2015 at 3:46 PM UTC
Les âmes sèches
Hier, la nuit d'été, qui nous prêtait ses voiles, Etait digne de toi, tant elle avait d'étoiles ! Tant son calme était frais ! tant son souffle était doux ! Tant elle éteignait bien ses rumeurs apaisées ! Tant elle répandait d'amoureuses rosées Sur les fleurs et sur nous ! Moi, j'étais devant toi, plein de joie et de flamme, Car tu me regardais avec toute ton âme ! J'admirais la beauté dont ton front se revêt. Et sans même qu'un mot révélât ta pensée, La tendre rêverie en ton cœur commencée Dans mon cœur s'achevait ! Et je bénissais Dieu, dont la grâce infinie Sur la nuit et sur toi jeta tant d'harmonie, Qui, pour me rendre calme et pour me rendre heureux, Vous fit, la nuit et toi, si belles et si pures, Si pleines de rayons, de parfums, de murmures, Si douces toutes deux ! Oh oui, bénissons Dieu dans notre foi profonde ! C'est lui qui fit ton âme et qui créa le monde ! Lui qui charme mon cœur ! lui qui ravit mes yeux ! C'est lui que je retrouve au fond de tout mystère ! C'est lui qui fait briller ton regard sur la terre Comme l'étoile aux cieux ! C'est Dieu qui mit l'amour au bout de toute chose, L'amour en qui tout vit, l'amour sur qui tout pose ! C'est Dieu qui fait la nuit plus belle que le jour. C'est Dieu qui sur ton corps, ma jeune souveraine, A versé la beauté, comme une coupe pleine, Et dans mon cœur l'amour ! Laisse-toi donc aimer ! - Oh ! l'amour, c'est la vie. C'est tout ce qu'on regrette et tout ce qu'on envie Quand on voit sa jeunesse au couchant décliner. Sans lui rien n'est complet, sans lui rien ne rayonne. La beauté c'est le front, l'amour c'est la couronne : Laisse-toi couronner ! Ce qui remplit une âme, hélas ! tu peux m'en croire, Ce n'est pas un peu d'or, ni même un peu de gloire, Poussière que l'orgueil rapporte des combats, Ni l'ambition folle, occupée aux chimères, Qui ronge tristement les écorces amères Des choses d'ici-bas ; Non, il lui faut, vois-tu, l'hymen de deux pensées, Les soupirs étouffés, les mains longtemps pressées, Le baiser, parfum pur, enivrante liqueur, Et tout ce qu'un regard dans un regard peut lire, Et toutes les chansons de cette douce lyre Qu'on appelle le cœur ! Il n'est rien sous le ciel qui n'ait sa loi secrète, Son lieu cher et choisi, son abri, sa retraite, Où mille instincts profonds nous fixent nuit et jour ; Le pêcheur a la barque où l'espoir l'accompagne, Les cygnes ont le lac, les aigles la montagne, Les âmes ont l'amour ! Le 21 mai 1833.
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Hier, la nuit d'été
Hier, la nuit d'été, qui nous prêtait ses voiles, Etait digne de toi, tant elle avait d'étoiles ! Tant son calme était frais ! tant son souffle était doux ! Tant elle éteignait bien ses rumeurs apaisées ! Tant elle répandait d'amoureuses rosées Sur les fleurs et sur nous ! Moi, j'étais devant toi, plein de joie et de flamme, Car tu me regardais avec toute ton âme ! J'admirais la beauté dont ton front se revêt. Et sans même qu'un mot révélât ta pensée, La tendre rêverie en ton cœur commencée Dans mon cœur s'achevait ! Et je bénissais Dieu, dont la grâce infinie Sur la nuit et sur toi jeta tant d'harmonie, Qui, pour me rendre calme et pour me rendre heureux, Vous fit, la nuit et toi, si belles et si pures, Si pleines de rayons, de parfums, de murmures, Si douces toutes deux ! Oh oui, bénissons Dieu dans notre foi profonde ! C'est lui qui fit ton âme et qui créa le monde ! Lui qui charme mon cœur ! lui qui ravit mes yeux ! C'est lui que je retrouve au fond de tout mystère ! C'est lui qui fait briller ton regard sur la terre Comme l'étoile aux cieux ! C'est Dieu qui mit l'amour au bout de toute chose, L'amour en qui tout vit, l'amour sur qui tout pose ! C'est Dieu qui fait la nuit plus belle que le jour. C'est Dieu qui sur ton corps, ma jeune souveraine, A versé la beauté, comme une coupe pleine, Et dans mon cœur l'amour ! Laisse-toi donc aimer ! - Oh ! l'amour, c'est la vie. C'est tout ce qu'on regrette et tout ce qu'on envie Quand on voit sa jeunesse au couchant décliner. Sans lui rien n'est complet, sans lui rien ne rayonne. La beauté c'est le front, l'amour c'est la couronne : Laisse-toi couronner ! Ce qui remplit une âme, hélas ! tu peux m'en croire, Ce n'est pas un peu d'or, ni même un peu de gloire, Poussière que l'orgueil rapporte des combats, Ni l'ambition folle, occupée aux chimères, Qui ronge tristement les écorces amères Des choses d'ici-bas ; Non, il lui faut, vois-tu, l'hymen de deux pensées, Les soupirs étouffés, les mains longtemps pressées, Le baiser, parfum pur, enivrante liqueur, Et tout ce qu'un regard dans un regard peut lire, Et toutes les chansons de cette douce lyre Qu'on appelle le cœur ! Il n'est rien sous le ciel qui n'ait sa loi secrète, Son lieu cher et choisi, son abri, sa retraite, Où mille instincts profonds nous fixent nuit et jour ; Le pêcheur a la barque où l'espoir l'accompagne, Les cygnes ont le lac, les aigles la montagne, Les âmes ont l'amour ! Le 21 mai 1833.
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Le couchant dardait ses rayons suprêmes Et le vent berçait les nénuphars blêmes ; Les grands nénuphars entre les roseaux Tristement luisaient sur les calmes eaux. Moi j'errais tout seul, promenant ma plaie Au long de l'étang, parmi la saulaie Où la brume vague évoquait un grand Fantôme laiteux se désespérant Et pleurant avec la voix des sarcelles Qui se rappelaient en battant des ailes Parmi la saulaie où j'errais tout seul Promenant ma plaie ; et l'épais linceul Des ténèbres vint noyer les suprêmes Rayons du couchant dans ses ondes blêmes Et les nénuphars, parmi les roseaux, Les grands nénuphars sur les calmes eaux.
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Promenade sentimentale
D'illusions fantastiques Quel doux esprit t'a bercé ? Qui t'a dit ces airs antiques, Ces contes du temps passé ? Que j'aime quand tu nous chantes Ces complaintes si touchantes, Ces cantiques de la foi, Que m'avait chantés mon père, Et que chanteront, j'espère, Ceux qui viendront après moi. Quand le soir, à la chaumière, La lampe unit tristement La pâleur de sa lumière Au vif éclat du sarment, Assis dans le coin de l'âtre, Sans doute tu vis le pâtre Rappeler des anciens jours, Récits d'amour, de constance. Et redire à l'assistance Ces airs qu'on retient toujours. Il a de vieilles ballades, Il a de joyeux refrains : Et pour les brebis malades Des remèdes souverains : Il connaît les noirs présages : Perçant le voile des âges Son œil lit dans l'avenir, Il donne des amulettes, Et prédit aux bachelettes Quand l'amour doit leur venir. Il ta montré la relique Et la croix qu'un pénitent A la sainte basilique A fait bénir en partant. Il t'a dit les eaux fangeuses Où dans les nuits orageuses Errent de pâles lueurs, Puis sur l'autel de la Vierge Il fa fait brûler un cierge A la mère des douleurs. Il a deviné ta peine, Il t'a conseillé parfois D'aller faire une neuvaine A Notre-Dame-des-Bois ; De partir pour la Galice ; Ou, vêtu du noir cilice D'aller, pieux voyageur, Déposer ton humble hommage Au pied de la vieille image De Saint Jacques-le-Majeur. Dans une chapelle basse, Devers la Saint-Jean d'été, Il t'a fait baiser la châsse Dont l'antique sainteté Donne à la foi populaire Le précieux scapulaire Qui du malin nous défend, Et sans travail, ni souffrance, Abrège la délivrance Des femmes en mal d'enfant. Il t'a fait dans les bruyères Voir, de **** les lieux maudits Où l'on dit que les sorcières S'assemblent les samedis ; Où pour d'impurs sortilèges A leurs festins sacrilèges S'asseoit l'archange déchu ; Où le voyageur qui passe S'enfuit en voyant la trace Qu'y grava son pied fourchu. Mais à l'angle de deux routes Il te recommande à Dieu : Il part ; et toi tu l'écoutes Après qu'il t'a dit adieu. Puis tu reviens et nous chantes Ces complaintes si touchantes, Ces cantiques de la foi Que m'avait chantés mon père, Et que chanteront, j'espère. Ceux qui viendront après moi.
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À Victor Hugo
D'illusions fantastiques Quel doux esprit t'a bercé ? Qui t'a dit ces airs antiques, Ces contes du temps passé ? Que j'aime quand tu nous chantes Ces complaintes si touchantes, Ces cantiques de la foi, Que m'avait chantés mon père, Et que chanteront, j'espère, Ceux qui viendront après moi. Quand le soir, à la chaumière, La lampe unit tristement La pâleur de sa lumière Au vif éclat du sarment, Assis dans le coin de l'âtre, Sans doute tu vis le pâtre Rappeler des anciens jours, Récits d'amour, de constance. Et redire à l'assistance Ces airs qu'on retient toujours. Il a de vieilles ballades, Il a de joyeux refrains : Et pour les brebis malades Des remèdes souverains : Il connaît les noirs présages : Perçant le voile des âges Son œil lit dans l'avenir, Il donne des amulettes, Et prédit aux bachelettes Quand l'amour doit leur venir. Il ta montré la relique Et la croix qu'un pénitent A la sainte basilique A fait bénir en partant. Il t'a dit les eaux fangeuses Où dans les nuits orageuses Errent de pâles lueurs, Puis sur l'autel de la Vierge Il fa fait brûler un cierge A la mère des douleurs. Il a deviné ta peine, Il t'a conseillé parfois D'aller faire une neuvaine A Notre-Dame-des-Bois ; De partir pour la Galice ; Ou, vêtu du noir cilice D'aller, pieux voyageur, Déposer ton humble hommage Au pied de la vieille image De Saint Jacques-le-Majeur. Dans une chapelle basse, Devers la Saint-Jean d'été, Il t'a fait baiser la châsse Dont l'antique sainteté Donne à la foi populaire Le précieux scapulaire Qui du malin nous défend, Et sans travail, ni souffrance, Abrège la délivrance Des femmes en mal d'enfant. Il t'a fait dans les bruyères Voir, de **** les lieux maudits Où l'on dit que les sorcières S'assemblent les samedis ; Où pour d'impurs sortilèges A leurs festins sacrilèges S'asseoit l'archange déchu ; Où le voyageur qui passe S'enfuit en voyant la trace Qu'y grava son pied fourchu. Mais à l'angle de deux routes Il te recommande à Dieu : Il part ; et toi tu l'écoutes Après qu'il t'a dit adieu. Puis tu reviens et nous chantes Ces complaintes si touchantes, Ces cantiques de la foi Que m'avait chantés mon père, Et que chanteront, j'espère. Ceux qui viendront après moi.
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À J.-K. Huysmans. Il fait nuit dans la chambre étroite et froide où l'homme Vient de rentrer, couvert de neige, en blouse, et comme Depuis trois jours il n'a pas prononcé deux mots, La femme a peur et fait des signes aux marmots. Un seul lit, un bahut disloqué, quatre chaises, Des rideaux jadis blancs conchiés des punaises, Une table qui va s'écroulant d'un côté, - Le tout navrant avec un air de saleté. L'homme, grand front, grands yeux pleins d'une sombre flamme A vraiment des lueurs d'intelligence et d'âme Et c'est ce qu'on appelle un solide garçon. La femme, jeune encore, est belle à sa façon. Mais la Misère a mis sur eux sa main funeste, Et perdant par degrés rapides ce qui reste En eux de tristement vénérable et d'humain, Ce seront la femelle et le mâle, demain. Tous se sont attablés pour manger de la soupe Et du boeuf, et ce tas sordide forme un groupe Dont l'ombre à l'infini s'allonge tout autour De la chambre, la lampe étant sans abat-jour. Les enfants sont petits et pâles, mais robustes En dépit des maigreurs saillantes de leurs bustes Qui disent les hivers passés sans feu souvent Et les étés subis dans un air étouffant. Non **** d'un vieux fusil rouillé qu'un clou supporte Et que la lampe fait luire d'étrange sorte, Quelqu'un qui chercherait longtemps dans ce retrait Avec l'oeil d'un agent de police verrait Empilés dans le fond de la boiteuse armoire, Quelques livres poudreux de « science » et d'« histoire », N, Et sous le matelas, cachés avec grand soin, Des romans capiteux cornés à chaque coin. Ils mangent cependant. L'homme, morne et farouche, Porte la nourriture écoeurante à sa bouche D'un air qui n'est rien moins nonobstant que soumis, Et son eustache semble à d'autres soins promis. La femme pense à quelque ancienne compagne, Laquelle a tout, voiture et maison de campagne, Tandis que les enfants, leurs poings dans leurs yeux clos, Ronflant sur leur assiette imitent des sanglots.
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La soupe du soir
À J.-K. Huysmans. Il fait nuit dans la chambre étroite et froide où l'homme Vient de rentrer, couvert de neige, en blouse, et comme Depuis trois jours il n'a pas prononcé deux mots, La femme a peur et fait des signes aux marmots. Un seul lit, un bahut disloqué, quatre chaises, Des rideaux jadis blancs conchiés des punaises, Une table qui va s'écroulant d'un côté, - Le tout navrant avec un air de saleté. L'homme, grand front, grands yeux pleins d'une sombre flamme A vraiment des lueurs d'intelligence et d'âme Et c'est ce qu'on appelle un solide garçon. La femme, jeune encore, est belle à sa façon. Mais la Misère a mis sur eux sa main funeste, Et perdant par degrés rapides ce qui reste En eux de tristement vénérable et d'humain, Ce seront la femelle et le mâle, demain. Tous se sont attablés pour manger de la soupe Et du boeuf, et ce tas sordide forme un groupe Dont l'ombre à l'infini s'allonge tout autour De la chambre, la lampe étant sans abat-jour. Les enfants sont petits et pâles, mais robustes En dépit des maigreurs saillantes de leurs bustes Qui disent les hivers passés sans feu souvent Et les étés subis dans un air étouffant. Non **** d'un vieux fusil rouillé qu'un clou supporte Et que la lampe fait luire d'étrange sorte, Quelqu'un qui chercherait longtemps dans ce retrait Avec l'oeil d'un agent de police verrait Empilés dans le fond de la boiteuse armoire, Quelques livres poudreux de « science » et d'« histoire », N, Et sous le matelas, cachés avec grand soin, Des romans capiteux cornés à chaque coin. Ils mangent cependant. L'homme, morne et farouche, Porte la nourriture écoeurante à sa bouche D'un air qui n'est rien moins nonobstant que soumis, Et son eustache semble à d'autres soins promis. La femme pense à quelque ancienne compagne, Laquelle a tout, voiture et maison de campagne, Tandis que les enfants, leurs poings dans leurs yeux clos, Ronflant sur leur assiette imitent des sanglots.
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Petits amis qui sûtes nous prouver Par A plus B que deux et deux font quatre, Mais qui depuis voulez parachever Une victoire où l'on se laissait battre, Et couronner vos conquêtes d'un coup Par ce soufflet à la mémoire humaine ; « Dieu ne vous a révélé rien du tout, Car nous disions qu'il n'est que l'ombre vaine, Que le profil et que l'allongement, Sur tous les murs que la peur édifie De votre pur et simple mouvement, Et nous dictons cette philosophie. » - Frères trop chers, laissez-nous rire un peu, Nous les fervents d'une logique rance, Qui justement n'avons de foi qu'en Dieu Et mettons notre espoir dans l'Espérance, Laissez-nous rire un peu, pleurer aussi, Pleurer sur vous, rire du vieux blasphème, Rire du vieux Satan stupide ainsi, Pleurer sur cet Adam dupe quand même ! Frère de nous qui payons vos orgueils, Tous fils du même Amour, ah ! la science, Allons donc, allez donc, c'est nos cercueils Naïfs ou non, c'est notre méfiance Ou notre confiance aux seuls Récits, C'est notre oreille ouverte toute grande Ou tristement fermée au Mot précis ! Frères, lâchez la science gourmande Qui veut voler sur les ceps défendus Le fruit sanglant qu'il ne faut pas connaître. Lâchez son bras qui vous tient attendus Pour des enfers que Dieu n'a pas fait naître, Mais qui sont l'œuvre affreuse du péché, Car nous, les fils attentifs de l'Histoire, Nous tenons pour l'honneur jamais taché De la Tradition, supplice et gloire ! Nous sommes sûrs des Aïeux nous disant Qu'ils ont vu Dieu sous telle ou telle forme, Et prédisant aux crimes d'à présent La peine immense ou le pardon énorme. Puisqu'ils avaient vu Dieu présent toujours, Puisqu'ils ne mentaient pas, puisque nos crimes Vont effrayants, puisque vos yeux sont courts, Et puisqu'il est des repentirs sublimes, Ils ont dit tout. Savoir le reste est bien : Que deux et deux fassent quatre, à merveille ! Riens innocents, mais des riens moins que rien, La dernière heure étant là qui surveille Tout autre soin dans l'homme en vérité ! Gardez que trop chercher ne vous séduise **** d'une sage et forte humilité... Le seul savant, c'est encore Moïse.
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Petits amis qui sûtes nous prouver
Petits amis qui sûtes nous prouver Par A plus B que deux et deux font quatre, Mais qui depuis voulez parachever Une victoire où l'on se laissait battre, Et couronner vos conquêtes d'un coup Par ce soufflet à la mémoire humaine ; « Dieu ne vous a révélé rien du tout, Car nous disions qu'il n'est que l'ombre vaine, Que le profil et que l'allongement, Sur tous les murs que la peur édifie De votre pur et simple mouvement, Et nous dictons cette philosophie. » - Frères trop chers, laissez-nous rire un peu, Nous les fervents d'une logique rance, Qui justement n'avons de foi qu'en Dieu Et mettons notre espoir dans l'Espérance, Laissez-nous rire un peu, pleurer aussi, Pleurer sur vous, rire du vieux blasphème, Rire du vieux Satan stupide ainsi, Pleurer sur cet Adam dupe quand même ! Frère de nous qui payons vos orgueils, Tous fils du même Amour, ah ! la science, Allons donc, allez donc, c'est nos cercueils Naïfs ou non, c'est notre méfiance Ou notre confiance aux seuls Récits, C'est notre oreille ouverte toute grande Ou tristement fermée au Mot précis ! Frères, lâchez la science gourmande Qui veut voler sur les ceps défendus Le fruit sanglant qu'il ne faut pas connaître. Lâchez son bras qui vous tient attendus Pour des enfers que Dieu n'a pas fait naître, Mais qui sont l'œuvre affreuse du péché, Car nous, les fils attentifs de l'Histoire, Nous tenons pour l'honneur jamais taché De la Tradition, supplice et gloire ! Nous sommes sûrs des Aïeux nous disant Qu'ils ont vu Dieu sous telle ou telle forme, Et prédisant aux crimes d'à présent La peine immense ou le pardon énorme. Puisqu'ils avaient vu Dieu présent toujours, Puisqu'ils ne mentaient pas, puisque nos crimes Vont effrayants, puisque vos yeux sont courts, Et puisqu'il est des repentirs sublimes, Ils ont dit tout. Savoir le reste est bien : Que deux et deux fassent quatre, à merveille ! Riens innocents, mais des riens moins que rien, La dernière heure étant là qui surveille Tout autre soin dans l'homme en vérité ! Gardez que trop chercher ne vous séduise **** d'une sage et forte humilité... Le seul savant, c'est encore Moïse.
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Je ne sais pourquoi Mon esprit amer D'une aile inquiète et folle vole sur la mer, Tout ce qui m'est cher, D'une aile d'effroi Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi ? Mouette à l'essor mélancolique. Elle suit la vague, ma pensée, À tous les vents du ciel balancée Et biaisant quand la marée oblique, Mouette à l'essor mélancolique. Ivre de soleil Et de liberté, Un instinct la guide à travers cette immensité. La brise d'été Sur le flot vermeil Doucement la porte en un tiède demi-sommeil. Parfois si tristement elle crie Qu'elle alarme au lointain le pilote Puis au gré du vent se livre et flotte Et plonge, et l'aile toute meurtrie Revole, et puis si tristement crie ! Je ne sais pourquoi Mon esprit amer D'une aile inquiète et folle vole sur la mer. Tout ce qui m'est cher, D'une aile d'effroi Mon amour le couve au ras des flots. Pourquoi, pourquoi ?
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Je ne sais pourquoi mon esprit amer
Églantine ! Humble fleur, comme moi solitaire, Ne crains pas que sur toi j'ose étendre ma main. Sans en être arrachée orne un moment la terre, Et comme un doux rayon console mon chemin. Quand les tièdes zéphirs s'endorment sous l'ombrage, Quand le jour fatigué ferme ses yeux brûlants, Quand l'ombre se répand et brunit le feuillage, Par ton souffle, vers toi, guide mes pas tremblants. Mais ton front, humecté par le froid crépuscule, Se penche tristement pour éviter ses pleurs ; Tes parfums sont enclos dans leur blanche cellule, Et le soir a changé ta forme et tes couleurs. Rose, console-toi ! Le jour qui va paraître, Rouvrira ton calice à ses feux ranimé ; Ta mourante auréole, il la fera renaître, Et ton front reprendra son éclat embaumé. Fleur au monde étrangère, ainsi que toi, dans l'ombre Je me cache et je cède à l'abandon du jour ; Mais un rayon d'espoir enchante ma nuit sombre : Il vient de l'autre rive... et j'attends son retour.
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L'églantine
Sois de bronze et de marbre et surtout sois de chair Certes, prise l'orgueil nécessaire plus cher, Pour ton combat avec les contingences vaines ; Que les poils de ta barbe ou le sang de tes veines ; Mais vis, vis pour souffrir, souffre pour expier, Expie et va-t'en vivre et puis reviens prier, Prier pour le courage et la persévérance De vivre dans ce siècle, hélas ! et cette France, Siècle et France ignorants et tristement railleurs. (Mais le règne est plus haut et la patrie ailleurs Et la solution est autre du problème.) Sois de chair et même aime cette chair, la même Que celle de Jésus sur terre et dans les cieux, Et dans le Très Saint-Sacrement si précieux Qu'il n'est de comparable à sa valeur que celle De ta chair vénérable en sa moindre parcelle Et dans le moindre grain de l'Hostie à l'autel ; Car ce mystère, l'Incarnation, est tel, Par l'exégèse autour comme par sa nature ; Qu'il fait égale au Créateur la créature, Cependant que, par un miracle encor plus grand, L'Eucharistie, elle, les confond et les rend Identiques. Or cette chair expiatoire. Fais-t'en une arme douloureuse de victoire Sur l'orgueil que Satan peut d'elle t'inspirer Pour l'orgueil qu'à jamais tu peux considérer Comme le prix suprême et le but enviable. Tout le reste n'est rien que malice du diable ! Alors, oui, sois de bronze impassible, revêts L'armure inaccessible à braver le Mauvais, Pudeur, Calme, Respect, Silence et Vigilance. Puis sois de marbre, et pur, sous le heaume qui lance Par ses trous le regard de tes yeux assurés, Marche à pas révérents sur les parvis sacrés.
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Sois de bronze et de marbre
Sois de bronze et de marbre et surtout sois de chair Certes, prise l'orgueil nécessaire plus cher, Pour ton combat avec les contingences vaines ; Que les poils de ta barbe ou le sang de tes veines ; Mais vis, vis pour souffrir, souffre pour expier, Expie et va-t'en vivre et puis reviens prier, Prier pour le courage et la persévérance De vivre dans ce siècle, hélas ! et cette France, Siècle et France ignorants et tristement railleurs. (Mais le règne est plus haut et la patrie ailleurs Et la solution est autre du problème.) Sois de chair et même aime cette chair, la même Que celle de Jésus sur terre et dans les cieux, Et dans le Très Saint-Sacrement si précieux Qu'il n'est de comparable à sa valeur que celle De ta chair vénérable en sa moindre parcelle Et dans le moindre grain de l'Hostie à l'autel ; Car ce mystère, l'Incarnation, est tel, Par l'exégèse autour comme par sa nature ; Qu'il fait égale au Créateur la créature, Cependant que, par un miracle encor plus grand, L'Eucharistie, elle, les confond et les rend Identiques. Or cette chair expiatoire. Fais-t'en une arme douloureuse de victoire Sur l'orgueil que Satan peut d'elle t'inspirer Pour l'orgueil qu'à jamais tu peux considérer Comme le prix suprême et le but enviable. Tout le reste n'est rien que malice du diable ! Alors, oui, sois de bronze impassible, revêts L'armure inaccessible à braver le Mauvais, Pudeur, Calme, Respect, Silence et Vigilance. Puis sois de marbre, et pur, sous le heaume qui lance Par ses trous le regard de tes yeux assurés, Marche à pas révérents sur les parvis sacrés.
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Il en passait des nuits à écrir’ des poèmes, Des mots pleins de ratures, sa vie à la bohème, Regardant dehors, il voyait la lune-pleine, Les étoiles du ciel sombre, éclairaient sa peine. Il se voyait déjà, volant ‘delà les cimes, Courant maladroit’ment, il était bellissime. La tête lui tourne, il semble qu’il hallucine, Il hallucine, il hurle et même, il s’enracine ! Peu import’ le chemin, il se guide avec l’âme, Et s’il croise quelqu’un, son récit il lui clame. Il n’y comprenait rien, peut-être était-ce un âne. Tristement à ses mots, toutes les fleurs se fanent. Il aimait observer les gens. Étonnamment, Leurs chants lui inspiraient de sa vie le roman. Et même seul, il veut les mots qui correspondent, Il en accoucherait comme les poules pondent, Dans tous textes, il en voulait un qui soit l’œuf d’or. Mais les passions, les accidents, il les ignore. Son imagination était en plein essor, Écrivant poèmes et poèmes, encore, encore, Ici, là bas, où qu’il soit il y vagabonde. Ça y est, il repose calmement sa blonde, Regarde autour de lui, il n’est pas seul pourtant. Toujours le pir’ moment pour ses etourdiss’ments.
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Oct 13, 2017
Oct 13, 2017 at 5:19 PM UTC
Étourdissements
Il est un arbre au cimetière Poussant en pleine liberté, Non planté par un deuil dicté, - Qui flotte au long d'une humble pierre. Sur cet arbre, été comme hiver, Un oiseau vient qui chante clair Sa chanson tristement fidèle. Cet arbre et cet oiseau c'est nous : Toi le souvenir, moi l'absence Que le temps - qui passe - recense... Ah, vivre encore à tes genoux ! Ah, vivre encor ! Mais quoi, ma belle, Le néant est mon froid vainqueur... Du moins, dis, je vis dans ton coeur ?
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Dernier espoir
Une terre au flanc maigre, âpre, avare, inclément, Où les vivants pensifs travaillent tristement, Et qui donne à regret à cette race humaine Un peu de pain pour tant de labeur et de peine ; Des hommes durs, éclos sur ces sillons ingrats ; Des cités d'où s'en vont, en se tordant les bras, La charité, la paix, la foi, sœurs vénérables ; L'orgueil chez les puissants et chez les misérables ; La haine au cœur de tous; la mort, spectre sans yeux, Frappant sur les meilleurs des coups mystérieux ; Sur tous les hauts sommets, des brumes répandues ; Deux vierges, la justice et la pudeur, vendues ; Toutes les passions engendrant tous les maux ; Des forêts abritant des loups sous leurs rameaux ; Là le désert torride, ici les froids polaires ; Des océans émus de subites colères, Pleins de mâts frissonnants qui sombrent dans la nuit ; Des continents couverts de fumée et de bruit, Où deux torches aux mains rugit la guerre infâme. Où toujours quelque part fume une ville en flamme, Où se heurtent sanglants les peuples furieux ; - Et que tout cela fasse un astre dans les cieux ! Octobre 1840.
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Une terre au flanc maigre
A la morne Chartreuse, entre des murs de pierre, En place de jardin l'on voit un cimetière, Un cimetière nu comme un sillon fauché, Sans croix, sans monument, sans tertre qui se hausse : L'oubli couvre le nom, l'herbe couvre la fosse ; La mère ignorerait où son fils est couché. Les végétations maladives du cloître Seules sur ce terrain peuvent germer et croître, Dans l'humidité froide à l'ombre des longs murs ; Des morts abandonnés douces consolatrices, Les fleurs n'oseraient pas incliner leurs calices Sur le vague tombeau de ces dormeurs obscurs. Au milieu, deux cyprès à la noire verdure Profilent tristement leur silhouette dure, Longs soupirs de feuillage élancés vers les cieux, Pendant que du bassin d'une avare fontaine Tombe en frange effilée une nappe incertaine, Comme des pleurs furtifs qui débordent des yeux. Par les saints ossements des vieux moines filtrée, L'eau coule à flots si clairs dans la vasque éplorée, Que pour en boire un peu je m'approchai du bord... Dans le cristal glacé quand je trempai ma lèvre, Je me sentis saisi par un frisson de fièvre : Cette eau de diamant avait un goût de mort !
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La fontaine du cimetière
Je n'ai vu qu'un regard de cette belle morte À travers le volet qui touche à votre porte, Ma soeur, et sur la vitre où passa ce regard, Ce fut l'adieu d'un ange obtenu par hasard. Et dans la rue encore on dirait, quand je passe, Que l'adieu reparaît à la claire surface. Mais il est un miroir empreint plus tristement De l'image fuyante et visible un moment : Ce miroir, c'est mon âme où, portrait plein de larmes, Revit la belle morte avec ses jeunes charmes.
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À Rouen, rue Ancrière
quand les anges sont des salauds on quitte le paradis pour l'enfer peuplé de gens anormaux c'est pas pire qu'un cimetière je juge pas, je blâme pas, mais j'aime pas les schémas la vie ne justifie pas qu'on se lie les bras j'ai shooté dans ce piège et j'me suis cassé on m'a jeté des braises de haine et d'avidité mauvais partenaire a la rue comme à la guerre j'ai figé des âmes de reproches en raté j'ai pas suivie la voie je suis un mystère différent donc inquiétant, limite dépravé les englués du paradis sont fiers de leurs pavés ils regardent en bas et s'emmerdent tristement tirent a boulets rouge, sûrs de leurs arguments férocement attachés a leur futilité
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Aug 20, 2021
Aug 20, 2021 at 12:04 PM UTC
Paradis de la haine
À grands plis sombres une ample tapisserie De haute lice, avec emphase descendrait Le long des quatre murs immenses d'un retrait Mystérieux où l'ombre au luxe se marie. Les meubles vieux, d'étoffe éclatante flétrie, Le lit entr'aperçu vague comme un regret, Tout aurait l'attitude et l'âge du secret, Et l'esprit se perdrait en quelque allégorie. Ni livres, ni tableaux, ni fleurs, ni clavecins ; Seule, à travers les fonds obscurs, sur des coussins, Une apparition bleue et blanche de femme Tristement sourirait - inquiétant témoin - Au lent écho d'un chant lointain d'épithalame, Dans une obsession de musc et de benjoin.
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Intérieur