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"savait" poems
Lui, vivant dans un désert sentimental total, avait le teint si blafard Elle, ayant la main mise sur tant de cœurs, était au sommet de sa gloire Lui, cherchait une poignée pour remplacer celle cassée de son armoire Elle, se trouvant aussi dans les parages, se tenait en face sur le trottoir Et le destin décida de croiser leurs chemins en croisant leurs regards Lui, envoûte par ses yeux, ne savait que faire, que sentir ou que croire Elle, en mordillant sa lèvre inférieure, avait sur lui le plus total pouvoir Lui, médusé sur place, sentit ce qu'il n'a jamais senti a quiconque égard Elle, à l’âme arrogante se tourna, s'en alla sans même un petit au revoir Lui, cœur brisé regretta de s’être livré à ce jeu aux risques ostentatoires Pour dire que l'amour ,guerre ou personne ne peut jamais rien prévoir Car, le cœur a ses raisons que la raison elle même ne saurait savoir
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Jan 5, 2013
Jan 5, 2013 at 10:37 PM UTC
concours de circonstances
Tandis que l'étoile inodore Que l'été mêle aux blonds épis Emaille de son bleu lapis Les sillons que la moisson dore, Avant que, de fleurs dépeuplés, Les champs aient subi les faucilles, Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Entre les villes andalouses, Il n'en est pas qui sous le ciel S'étende mieux que Peñafiel Sur les gerbes et les pelouses, Pas qui dans ses murs crénelés Lève de plus fières bastilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Il n'est pas de cité chrétienne, Pas de monastère à beffroi, Chez le Saint-Père et chez le Roi, Où, vers la Saint-Ambroise, il vienne Plus de bons pèlerins hâlés, Portant bourdon, gourde et coquilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Dans nul pays, les jeunes femmes, Les soirs, lorsque l'on danse en rond, N'ont plus de roses sur le front, Et n'ont dans le cœur plus de flammes ; Jamais plus vifs et plus voilés Regards n'ont lui sous les mantilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! La perle de l'Andalousie, Alice, était de Peñafiel, Alice qu'en faisant son miel Pour fleur une abeille eût choisie. Ces jours, hélas ! sont envolés ! On la citait dans les familles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Un étranger vint dans la ville, Jeune, et parlant avec dédain. Etait-ce un maure grenadin ? Un de Murcie ou de Séville ? Venait-il des bords désolés Où Tunis a ses escadrilles ?... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! On ne savait. - La pauvre Alice En fut aimée, et puis l'aima. Le doux vallon du Xarama De leur doux péché fut complice. Le soir, sous les cieux étoilés, Tous deux erraient par les charmilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! La ville était lointaine et sombre ; Et la lune, douce aux amours, Se levant derrière les tours Et les clochers perdus dans l'ombre, Des édifices dentelés Découpait en noir les aiguilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Cependant, d'Alice jalouses, En rêvant au bel étranger, Sous l'arbre à soie et l'oranger Dansaient les brunes andalouses ; Les cors, aux guitares mêlés, Animaient les joyeux quadrilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! L'oiseau dort dans le lit de mousse Que déjà menace l'autour ; Ainsi dormait dans son amour Alice confiante et douce. Le jeune homme aux cheveux bouclés, C'était don Juan, roi des Castilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Or c'est péril qu'aimer un prince. Un jour, sur un noir palefroi On la jeta de par le roi ; On l'arracha de la province ; Un cloître sur ses jours troublés De par le roi ferma ses grilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Le 13 avril 1828.
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Les bleuets
Tandis que l'étoile inodore Que l'été mêle aux blonds épis Emaille de son bleu lapis Les sillons que la moisson dore, Avant que, de fleurs dépeuplés, Les champs aient subi les faucilles, Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Entre les villes andalouses, Il n'en est pas qui sous le ciel S'étende mieux que Peñafiel Sur les gerbes et les pelouses, Pas qui dans ses murs crénelés Lève de plus fières bastilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Il n'est pas de cité chrétienne, Pas de monastère à beffroi, Chez le Saint-Père et chez le Roi, Où, vers la Saint-Ambroise, il vienne Plus de bons pèlerins hâlés, Portant bourdon, gourde et coquilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Dans nul pays, les jeunes femmes, Les soirs, lorsque l'on danse en rond, N'ont plus de roses sur le front, Et n'ont dans le cœur plus de flammes ; Jamais plus vifs et plus voilés Regards n'ont lui sous les mantilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! La perle de l'Andalousie, Alice, était de Peñafiel, Alice qu'en faisant son miel Pour fleur une abeille eût choisie. Ces jours, hélas ! sont envolés ! On la citait dans les familles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Un étranger vint dans la ville, Jeune, et parlant avec dédain. Etait-ce un maure grenadin ? Un de Murcie ou de Séville ? Venait-il des bords désolés Où Tunis a ses escadrilles ?... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! On ne savait. - La pauvre Alice En fut aimée, et puis l'aima. Le doux vallon du Xarama De leur doux péché fut complice. Le soir, sous les cieux étoilés, Tous deux erraient par les charmilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! La ville était lointaine et sombre ; Et la lune, douce aux amours, Se levant derrière les tours Et les clochers perdus dans l'ombre, Des édifices dentelés Découpait en noir les aiguilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Cependant, d'Alice jalouses, En rêvant au bel étranger, Sous l'arbre à soie et l'oranger Dansaient les brunes andalouses ; Les cors, aux guitares mêlés, Animaient les joyeux quadrilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! L'oiseau dort dans le lit de mousse Que déjà menace l'autour ; Ainsi dormait dans son amour Alice confiante et douce. Le jeune homme aux cheveux bouclés, C'était don Juan, roi des Castilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Or c'est péril qu'aimer un prince. Un jour, sur un noir palefroi On la jeta de par le roi ; On l'arracha de la province ; Un cloître sur ses jours troublés De par le roi ferma ses grilles... Allez, allez, ô jeunes filles, Cueillir des bleuets dans les blés ! Le 13 avril 1828.
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Fable II, Livre V. Je suis un peu badaud, je n'en disconviens pas. Tout m'amuse ; depuis ces batteurs d'entrechats, Depuis ces brillants automates, Dont Gardel fait mouvoir et les pieds et les bras, Jusqu'à ceux dont un fil règle et soutient les pas, Jusqu'aux Vestris à quatre pattes, Qui la queue en trompette, et le museau crotté, En jupe, en frac, en froc, en toque, en mitre, en casque, La plume sur l'oreille, ou la brette au côté, Modestes toutefois sous l'habit qui les masque, Moins fiers que nous de leurs surnoms, Quêtent si gaîment les suffrages Des musards de tous les cantons Et des enfants de tous les âges. L'argent leur vient aussi. Peut-on payer trop bien L'art, le bel art de Terpsichore ? Art unique ! art utile au singe, à l'homme, au chien. Comme il vous fait valoir un sot, une pécore ! C'est le clinquant qui les décore, Et fait quelque chose de rien. La critique, en dépit de mon goût et du vôtre, Traite pourtant, lecteur, cet art tout comme un autre. Quels succès sous sa dent ne sont pas expiés ? Qui n'en est pas victime en est le tributaire. Le grand Vestris, le grand Voltaire, Par sa morsure estropiés, Prouvent qu'il faut qu'on se résigne Et qu'enfin le génie à cette dent maligne Est soumis de la tète aux pieds. De cette vérité, que je ne crois pas neuve, Quelques roquets tantôt m'offraient encor la preuve. Tandis qu'au son du flageolet, Au bruit du tambourin, sautillant en cadence, Ces pauvres martyrs de la danse Formaient sous ma fenêtre un fort joli ballet, Un mâtin, cette fois ce n'était pas un homme, Un mâtin, qui debout n'a jamais fait un pas, Campé sur son derrière, aboyait, Dieu sait comme, Après ceux qui savaient ce qu'il ne savait pas, Après ceux, et c'est là le plaisant de l'affaire, Après ceux qui faisaient ce qu'il ne peut pas faire. Quoique mauvais danseur, en mes propos divers, Pour la danse, en tout temps, j'ai montré force estime. En douter serait un vrai crime ; J'en atteste ces petits vers. Mais que sert mon exemple à ce vaste univers ? Je n'en crois donc pas moins le sens de cette fable Au commun des mortels tout-à-fait applicable. Chiens et gens qui dansez, retenez bien ceci : L'ignorant est jaloux et l'impuissant aussi.
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Les chiens qui dansent
Fable II, Livre V. Je suis un peu badaud, je n'en disconviens pas. Tout m'amuse ; depuis ces batteurs d'entrechats, Depuis ces brillants automates, Dont Gardel fait mouvoir et les pieds et les bras, Jusqu'à ceux dont un fil règle et soutient les pas, Jusqu'aux Vestris à quatre pattes, Qui la queue en trompette, et le museau crotté, En jupe, en frac, en froc, en toque, en mitre, en casque, La plume sur l'oreille, ou la brette au côté, Modestes toutefois sous l'habit qui les masque, Moins fiers que nous de leurs surnoms, Quêtent si gaîment les suffrages Des musards de tous les cantons Et des enfants de tous les âges. L'argent leur vient aussi. Peut-on payer trop bien L'art, le bel art de Terpsichore ? Art unique ! art utile au singe, à l'homme, au chien. Comme il vous fait valoir un sot, une pécore ! C'est le clinquant qui les décore, Et fait quelque chose de rien. La critique, en dépit de mon goût et du vôtre, Traite pourtant, lecteur, cet art tout comme un autre. Quels succès sous sa dent ne sont pas expiés ? Qui n'en est pas victime en est le tributaire. Le grand Vestris, le grand Voltaire, Par sa morsure estropiés, Prouvent qu'il faut qu'on se résigne Et qu'enfin le génie à cette dent maligne Est soumis de la tète aux pieds. De cette vérité, que je ne crois pas neuve, Quelques roquets tantôt m'offraient encor la preuve. Tandis qu'au son du flageolet, Au bruit du tambourin, sautillant en cadence, Ces pauvres martyrs de la danse Formaient sous ma fenêtre un fort joli ballet, Un mâtin, cette fois ce n'était pas un homme, Un mâtin, qui debout n'a jamais fait un pas, Campé sur son derrière, aboyait, Dieu sait comme, Après ceux qui savaient ce qu'il ne savait pas, Après ceux, et c'est là le plaisant de l'affaire, Après ceux qui faisaient ce qu'il ne peut pas faire. Quoique mauvais danseur, en mes propos divers, Pour la danse, en tout temps, j'ai montré force estime. En douter serait un vrai crime ; J'en atteste ces petits vers. Mais que sert mon exemple à ce vaste univers ? Je n'en crois donc pas moins le sens de cette fable Au commun des mortels tout-à-fait applicable. Chiens et gens qui dansez, retenez bien ceci : L'ignorant est jaloux et l'impuissant aussi.
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Lorsque brusquement et soudainement le jour Devenait la nuit la plus obscure, compatriotes et amis On ne savait pas si on devait courir en se disant bonjour Adieu ou au revoir. La terre tremblait jusqu'à l'infini Sans halte, comme des trains nocturnes venant de plusieurs Directions. L'heure était vitale. On cherchait la lueur D'un espoir pour s'échapper de l'embrouillamini surnaturel Où des milliers de vies ont été disparues. Les biens matériels Ne sont pas importants, on se voit partir tel qu'on est Venu. On doit reconnaitre que l'argent est futile et la paix Est la chose la plus précieuse qu'on nécessite. Le passé C'est là que réside un bonheur furtif, éphémère et volatil C'est comme la fin d'un monde. Oh! Chaque être est utile. La faille a ouvert sa grande gueule pour engloutir: bébés Adultes, chiens, chats, maisons, édifices et routes en entier C'est l'apocalypse, c'est la fin pour des milliers de citoyens Qui ont disparu comme de la fumée dans les nuages ensorcelés Les trains étaient invisibles mais les gens montaient, les mains En l'air, dans des véhicules sans portes et ni pneus. Les pieds Lourds pesaient dix fois plus qu'un éléphant. On partait vers des Destinations inconnues. Les cris abasourdis et muets étaient Partout. La Terre tremblait. Elle a tremblé comme si elle voulait S'engloutir dans la mer où le flux et le reflux s'atterrissaient À la jupe du rideau où la fumée et la nébulosité se rencontraient Heureux sont ceux qui ont été sauvés et qui vivent en paix Le séisme est un avatar infernal qui apporte peines et regrets Haiti, notre pays a perdu des gens charmants, des petits enfants chéris A cause de l'égoïsme des dirigeants safres imbibés dans l'hypocrisie On ne cesse de dire à haute voix: pauvre Haiti. On ne cesse de pleurer En se demandant quand les larmes cesseront de sombrer et d'exsuder. Copyright© 10 Janvier 2021, Hébert Logerie, Tous Droits Réservés Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs recueils de poèmes.
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Jan 10, 2025
Jan 10, 2025 at 10:29 PM UTC
Le Séisme Infernal D'un Après-Midi Extraordinaire
Lorsque brusquement et soudainement le jour Devenait la nuit la plus obscure, compatriotes et amis On ne savait pas si on devait courir en se disant bonjour Adieu ou au revoir. La terre tremblait jusqu'à l'infini Sans halte, comme des trains nocturnes venant de plusieurs Directions. L'heure était vitale. On cherchait la lueur D'un espoir pour s'échapper de l'embrouillamini surnaturel Où des milliers de vies ont été disparues. Les biens matériels Ne sont pas importants, on se voit partir tel qu'on est Venu. On doit reconnaitre que l'argent est futile et la paix Est la chose la plus précieuse qu'on nécessite. Le passé C'est là que réside un bonheur furtif, éphémère et volatil C'est comme la fin d'un monde. Oh! Chaque être est utile. La faille a ouvert sa grande gueule pour engloutir: bébés Adultes, chiens, chats, maisons, édifices et routes en entier C'est l'apocalypse, c'est la fin pour des milliers de citoyens Qui ont disparu comme de la fumée dans les nuages ensorcelés Les trains étaient invisibles mais les gens montaient, les mains En l'air, dans des véhicules sans portes et ni pneus. Les pieds Lourds pesaient dix fois plus qu'un éléphant. On partait vers des Destinations inconnues. Les cris abasourdis et muets étaient Partout. La Terre tremblait. Elle a tremblé comme si elle voulait S'engloutir dans la mer où le flux et le reflux s'atterrissaient À la jupe du rideau où la fumée et la nébulosité se rencontraient Heureux sont ceux qui ont été sauvés et qui vivent en paix Le séisme est un avatar infernal qui apporte peines et regrets Haiti, notre pays a perdu des gens charmants, des petits enfants chéris A cause de l'égoïsme des dirigeants safres imbibés dans l'hypocrisie On ne cesse de dire à haute voix: pauvre Haiti. On ne cesse de pleurer En se demandant quand les larmes cesseront de sombrer et d'exsuder. Copyright© 10 Janvier 2021, Hébert Logerie, Tous Droits Réservés Hébert Logerie est l'auteur de plusieurs recueils de poèmes.
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Posé au bord de la fenêtre il regardait Passer les individus qui souriaient. Il s’était installé dans toutes les âmes de la terre, Mais eux ne le savaient guère. Posé au bord de la fenêtre il regardait Ce qu’il avait bien pu infliger. L’attente pouvait faire surgir des regrets, Cependant, il le savait. Il était posé sur toutes les fenêtres, Partout, tout le temps, il était présent. Il était posé sur la mienne, je lui disais « mais arrête ! » Me faisant rêver encore plus **** que l’utopie, Portant même un nom me donnant le tournis : Espoir.
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Jun 11, 2017
Jun 11, 2017 at 9:43 AM UTC
Désir
Sous un grand ciel gris, dans une grande plaine poudreuse, sans chemins, sans gazon, sans un chardon, sans une ortie, je rencontrai plusieurs hommes qui marchaient courbés. Chacun d'eux portait sur son dos une énorme Chimère, aussi lourde qu'un sac de farine ou de charbon, ou le fourniment d'un fantassin romain. Mais la monstrueuse bête n'était pas un poids inerte ; au contraire, elle enveloppait et opprimait l'homme de ses muscles élastiques et puissants ; elle s'agrafait avec ses deux vastes griffes à la poitrine de sa monture ; et sa tête fabuleuse surmontait le front de l'homme, comme un de ces casques horribles par lesquels les anciens guerriers espéraient ajouter à la terreur de l'ennemi. Je questionnai l'un de ces hommes, et je lui demandai où ils allaient ainsi. Il me répondit qu'il n'en savait rien, ni lui, ni les autres ; mais qu'évidemment ils allaient quelque part, puisqu'ils étaient poussés par un invincible besoin de marcher. Chose curieuse à noter : aucun de ces voyageurs n'avait l'air irrité contre la bête féroce suspendue à son cou et collée à son dos ; on eût dit qu'il la considérait comme faisant partie de lui-même. Tous ces visages fatigués et sérieux ne témoignaient d'aucun désespoir ; sous la coupole spleenétique du ciel, les pieds plongés dans la poussière d'un sol aussi désolé que ce ciel, ils cheminaient avec la physionomie résignée de ceux qui sont condamnés à espérer toujours. Et le cortège passa à côté de moi et s'enfonça dans l'atmosphère de l'horizon, à l'endroit où la surface arrondie de la planète se dérobe à la curiosité du regard humain. Et pendant quelques instants je m'obstinai à vouloir comprendre ce mystère ; mais bientôt l'irrésistible Indifférence s'abattit sur moi, et j'en fus plus lourdement accablé qu'ils ne l'étaient eux-mêmes par leurs écrasantes Chimères.
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Chacun sa chimère
Sous un grand ciel gris, dans une grande plaine poudreuse, sans chemins, sans gazon, sans un chardon, sans une ortie, je rencontrai plusieurs hommes qui marchaient courbés. Chacun d'eux portait sur son dos une énorme Chimère, aussi lourde qu'un sac de farine ou de charbon, ou le fourniment d'un fantassin romain. Mais la monstrueuse bête n'était pas un poids inerte ; au contraire, elle enveloppait et opprimait l'homme de ses muscles élastiques et puissants ; elle s'agrafait avec ses deux vastes griffes à la poitrine de sa monture ; et sa tête fabuleuse surmontait le front de l'homme, comme un de ces casques horribles par lesquels les anciens guerriers espéraient ajouter à la terreur de l'ennemi. Je questionnai l'un de ces hommes, et je lui demandai où ils allaient ainsi. Il me répondit qu'il n'en savait rien, ni lui, ni les autres ; mais qu'évidemment ils allaient quelque part, puisqu'ils étaient poussés par un invincible besoin de marcher. Chose curieuse à noter : aucun de ces voyageurs n'avait l'air irrité contre la bête féroce suspendue à son cou et collée à son dos ; on eût dit qu'il la considérait comme faisant partie de lui-même. Tous ces visages fatigués et sérieux ne témoignaient d'aucun désespoir ; sous la coupole spleenétique du ciel, les pieds plongés dans la poussière d'un sol aussi désolé que ce ciel, ils cheminaient avec la physionomie résignée de ceux qui sont condamnés à espérer toujours. Et le cortège passa à côté de moi et s'enfonça dans l'atmosphère de l'horizon, à l'endroit où la surface arrondie de la planète se dérobe à la curiosité du regard humain. Et pendant quelques instants je m'obstinai à vouloir comprendre ce mystère ; mais bientôt l'irrésistible Indifférence s'abattit sur moi, et j'en fus plus lourdement accablé qu'ils ne l'étaient eux-mêmes par leurs écrasantes Chimères.
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Une fauvette jeune et belle S'amusait à chanter tant que durait le jour ; Sa voisine la tourterelle Ne voulait, ne savait rien faire que l'amour. Je plains bien votre erreur, dit-elle à la fauvette ; Vous perdez vos plus beaux moments : Il n'est qu'un seul plaisir, c'est d'avoir des amants. Dites-moi, s'il vous plaît, quelle est la chansonnette Qui peut valoir un doux baiser. Je me garderais bien d'oser Les comparer, répondit la chanteuse : Mais je ne suis point malheureuse, J'ai mis mon bonheur dans mes chants. À ce discours, la tourterelle En se moquant s'éloigna d'elle. Sans se revoir elles furent dix ans. Après ce long espace, un beau jour de printemps, Dans la même forêt elles se rencontrèrent. L'âge avait bien un peu dérangé leurs attraits ; Longtemps elles se regardèrent Avant que de pouvoir se remettre leurs traits. Enfin la fauvette polie S'avance la première : eh ! Bon jour, mon amie, Comment vous portez-vous ? Comment vont les amants ? - Ah ! Ne m'en parlez pas, ma chère : J'ai tout perdu, plaisirs, amis, beaux ans ; Tout a passé comme une ombre légère. J'ai cru que le bonheur était d'aimer, de plaire... Ô souvenir cruel ! ô regrets superflus ! J'aime encore, on ne m'aime plus. J'ai moins perdu que vous, répondit la chanteuse : Cependant je suis vieille et je n'ai plus de voix ; Mais j'aime la musique, et suis encore heureuse Lorsque le rossignol fait retentir ces bois. La beauté, ce présent céleste, Ne peut sans les talents échapper à l'ennui : La beauté passe, un talent reste, On en jouit même en autrui.
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La tourterelle et la fauvette
Une fauvette jeune et belle S'amusait à chanter tant que durait le jour ; Sa voisine la tourterelle Ne voulait, ne savait rien faire que l'amour. Je plains bien votre erreur, dit-elle à la fauvette ; Vous perdez vos plus beaux moments : Il n'est qu'un seul plaisir, c'est d'avoir des amants. Dites-moi, s'il vous plaît, quelle est la chansonnette Qui peut valoir un doux baiser. Je me garderais bien d'oser Les comparer, répondit la chanteuse : Mais je ne suis point malheureuse, J'ai mis mon bonheur dans mes chants. À ce discours, la tourterelle En se moquant s'éloigna d'elle. Sans se revoir elles furent dix ans. Après ce long espace, un beau jour de printemps, Dans la même forêt elles se rencontrèrent. L'âge avait bien un peu dérangé leurs attraits ; Longtemps elles se regardèrent Avant que de pouvoir se remettre leurs traits. Enfin la fauvette polie S'avance la première : eh ! Bon jour, mon amie, Comment vous portez-vous ? Comment vont les amants ? - Ah ! Ne m'en parlez pas, ma chère : J'ai tout perdu, plaisirs, amis, beaux ans ; Tout a passé comme une ombre légère. J'ai cru que le bonheur était d'aimer, de plaire... Ô souvenir cruel ! ô regrets superflus ! J'aime encore, on ne m'aime plus. J'ai moins perdu que vous, répondit la chanteuse : Cependant je suis vieille et je n'ai plus de voix ; Mais j'aime la musique, et suis encore heureuse Lorsque le rossignol fait retentir ces bois. La beauté, ce présent céleste, Ne peut sans les talents échapper à l'ennui : La beauté passe, un talent reste, On en jouit même en autrui.
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Quand je regarde toi je vois le soleil Et je pense de la lune, ils sont toi et moi quand l'hiver me laisse brûler tu ne m'as rien dit, le silence se figea as-tu fait la lessive Je me suis allongé dans le panier Serre moi comme il la tenait en janvier Hier il a dansé, je ne l'avais pas vu marcher depuis des années aujourd hui je n'avais pas de pieds Je ne sais pas ce que j'ai fait hier il savait ce que j'ai dit aujourd'hui j'ai parlé en français cassé ~ when i look at you i see the sun and i think of the moon, they are me and you when winter lets me burn you didn't say anything to me, the silence froze did you do the laundry i layed in the basket hold me like he held her in january yesterday he danced, i had not seen him walk in years today i have no feet I do not know what i have done yesterday he knew what i said today i spoke in broken french ~
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Feb 3, 2021
Feb 3, 2021 at 6:56 PM UTC
panier à linge
Seul un homme debout auprès d'une colonne, Sans que ce grand fracas le dérange ou l'étonne, A la scène oubliée attachant son regard, Dans une extase sainte enivre ses oreilles. De ces accords profonds, de ces hautes merveilles Qui font luire ton nom entre tous, - ô Mozart ! - Ton génie avait pris le sien, et de ses ailes Le poussait par delà les sphères éternelles. L'heure, le lieu, le monde, il ne savait plus rien, Il s'était fait musique, et son coeur en mesure Palpitait et chantait avec une voix pure, Et lui seul te comprenait bien.
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Albertus (XLI)
À Alfred Denaut. C'était au milieu de la nuit, Une longue nuit de décembre ; Le feu, qui s'éteignait sans bruit, Rougissait par moments la chambre. On distinguait des rideaux blancs, Mais on n'entendait pas d'haleine ; La veilleuse aux rayons tremblants Languissait dans la porcelaine. Et personne, hélas ! ne savait Que l'enfant fût à l'agonie ; De lassitude, à son chevet, Sa mère s'était endormie. Mais, pour la voir, tout bas, pieds nus, Entr'ouvrant doucement la porte, Ses petits frères sont venus... Déjà la malade était morte. Ils ont dit : « Est-ce qu'elle dort ? Ses yeux sont fixes ; de sa bouche Nul murmure animé ne sort ; Sa main fait froid quand on la touché. « Quel grand silence dans le lit ! Pas un pli des draps ne remue ; L'alcôve effrayante s'emplit D'une solitude inconnue. « Notre mère est assise là ; Elle est tranquille, elle sommeille : Qu'allons-nous faire ? Laissons-la. Que Dieu lui-même la réveille ! » Et, sans regarder derrière eux, Vite dans leurs lits ils rentrèrent : Alors, se sentant malheureux, Avec épouvante ils pleurèrent.
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La Malade
Pendant que la mer gronde et que les vagues roulent, Et que sur l'horizon les tumultes s'écroulent, Ce veilleur, le poète, est monté sur sa tour. Ce qu'il veut, c'est qu'enfin la concorde ait son tour. Jadis, dans les temps noirs comme ceux où nous sommes, Le poète pensif ne se mêlait aux hommes Que pour les désarmer et leur verser son coeur ; Il aimait le vaincu sans haïr le vainqueur ; Il suppliait l'armée, il suppliait la ville ; Aux vivants aveuglés par la guerre civile Il montrait la clarté du vrai, du grand, du beau, Etant plus qu'eux tourné du côté du tombeau ; Et cet homme, au milieu d'un monde inexorable, Etait le messager de la paix vénérable. Il criait : N'a-t-on point assez souffert, hélas ! Ne serons-nous pas bons à force d'être las ? C'était la fonction de cette voix qui passe De demander à tous, pour tous, Paix ! Pitié ! Grâce ! Les devoirs sont encor les mêmes aujourd'hui. Le poète, humble jonc, a son coeur pour appui. Il veut que l'homme vive, il veut que l'homme crée. Le ciel, cette demeure inconnue et sacrée, Prouve par sa beauté l'éternelle douceur ; La poésie au front lumineux est la soeur De la clémence, étant la soeur de l'harmonie ; Elle affirme le vrai que la colère nie, Et le vrai c'est l'espoir, le vrai c'est la bonté ; Le grand rayon de l'art c'est la fraternité. À quoi bon aggraver notre sort par la haine ? Oh ! si l'homme pouvait écouter la géhenne, Si l'on savait la langue obscure des enfers, - De cette profondeur pleine du bruit des fers, De ce chaos hurlant d'affreuses destinées, De tous ces pauvres coeurs, de ces bouches damnées, De ces pleurs, de ces maux sans fin, de ces courroux, On entendrait sortir ce chant sombre : Aimons-nous ! L'ouragan, l'océan, la tempête, l'abîme, Et le peuple, ont pour loi l'apaisement sublime, Et, quand l'heure est venue enfin de s'épouser, Le gouffre éperdu donne à la terre un baiser ! Car rien n'est forcené, terrible, effréné, libre, Convulsif, effaré, fou, que pour l'équilibre ; Car il faut que tout cède aux branches du compas ; Car l'indignation des flots ne dure pas, L'écume est furieuse et n'est pas éternelle ; Le plus fauve aquilon demande à ployer l'aile ; Toute nuit mène à l'aube, et le soleil est sûr ; Tout orage finit par ce pardon, l'azur.
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Pendant que la mer gronde
Pendant que la mer gronde et que les vagues roulent, Et que sur l'horizon les tumultes s'écroulent, Ce veilleur, le poète, est monté sur sa tour. Ce qu'il veut, c'est qu'enfin la concorde ait son tour. Jadis, dans les temps noirs comme ceux où nous sommes, Le poète pensif ne se mêlait aux hommes Que pour les désarmer et leur verser son coeur ; Il aimait le vaincu sans haïr le vainqueur ; Il suppliait l'armée, il suppliait la ville ; Aux vivants aveuglés par la guerre civile Il montrait la clarté du vrai, du grand, du beau, Etant plus qu'eux tourné du côté du tombeau ; Et cet homme, au milieu d'un monde inexorable, Etait le messager de la paix vénérable. Il criait : N'a-t-on point assez souffert, hélas ! Ne serons-nous pas bons à force d'être las ? C'était la fonction de cette voix qui passe De demander à tous, pour tous, Paix ! Pitié ! Grâce ! Les devoirs sont encor les mêmes aujourd'hui. Le poète, humble jonc, a son coeur pour appui. Il veut que l'homme vive, il veut que l'homme crée. Le ciel, cette demeure inconnue et sacrée, Prouve par sa beauté l'éternelle douceur ; La poésie au front lumineux est la soeur De la clémence, étant la soeur de l'harmonie ; Elle affirme le vrai que la colère nie, Et le vrai c'est l'espoir, le vrai c'est la bonté ; Le grand rayon de l'art c'est la fraternité. À quoi bon aggraver notre sort par la haine ? Oh ! si l'homme pouvait écouter la géhenne, Si l'on savait la langue obscure des enfers, - De cette profondeur pleine du bruit des fers, De ce chaos hurlant d'affreuses destinées, De tous ces pauvres coeurs, de ces bouches damnées, De ces pleurs, de ces maux sans fin, de ces courroux, On entendrait sortir ce chant sombre : Aimons-nous ! L'ouragan, l'océan, la tempête, l'abîme, Et le peuple, ont pour loi l'apaisement sublime, Et, quand l'heure est venue enfin de s'épouser, Le gouffre éperdu donne à la terre un baiser ! Car rien n'est forcené, terrible, effréné, libre, Convulsif, effaré, fou, que pour l'équilibre ; Car il faut que tout cède aux branches du compas ; Car l'indignation des flots ne dure pas, L'écume est furieuse et n'est pas éternelle ; Le plus fauve aquilon demande à ployer l'aile ; Toute nuit mène à l'aube, et le soleil est sûr ; Tout orage finit par ce pardon, l'azur.
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Quand je regarde toi je vois le soleil Et je pense de la lune, ils sont toi et moi quand l'hiver me laisse brûler tu ne m'as rien dit, le silence se figea as-tu fait la lessive Je me suis allongé dans le panier Serre moi comme il la tenait en janvier Hier il a dansé, je ne l'avais pas vu marcher depuis des années aujourd hui je n'avais pas de pieds Je ne sais pas ce que j'ai fait hier il savait ce que j'ai dit aujourd'hui j'ai parlé en français cassé fin when i look at you i see the sun and i think of the moon, they are me and you when winter lets me burn you didn't say anything to me, the silence froze did you do the laundry i layed in the basket hold me like he held her in january yesterday he danced, i had not seen him walk in years today i have no feet I do not know what i have done yesterday he knew what i said today i spoke in broken french end
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Feb 3, 2021
Feb 3, 2021 at 6:54 PM UTC
“panier à linge”